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Mai 2007
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Conseil Municipal
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2007, Vœu déposé par le groupe “Les Verts” relatif à la statue de Charles Fourier, dans le 18e arrondissement.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2007


 

Mme Mireille FLAM, adjointe, présidente. - Nous allons examiner maintenant le v?u référencé n° 27 dans le fascicule qui ne se rattache à aucun projet de délibération et qui est relatif à la statue de Charles Fourier dans le 18e. Il a été déposé par le groupe ?Les Verts?.

M. Sylvain GARELa la parole.

M. Sylvain GAREL. - Merci, Madame la Maire.

Encore une fois un v?u que nous avons déposé mais qui a été adopté par l?ensemble du Conseil du 18e arrondissement. C?est une histoire à épisodes. Je vais vous raconter les principaux.

Il y avait depuis très longtemps près du boulevard de Clichy, une statue de Charles Fourier, un des grands socialistes utopistes du XIXe siècle. Cette statue a été fondue pendant la guerre à la demande des Allemands pour faire des armes et des munitions, comme beaucoup d?autres statues parisiennes, mais comme c?était la statue d?un personnage de Gauche, comme par hasard, on a oublié de la refaire, contrairement à d?autres, après la guerre. Cela a été aussi le cas pour la statue du Chevalier de La Barre que l?on a inaugurée il y a 2 ou 3 ans dans le 18e.

Cette statue a une histoire particulière : en 1969, les situationnistes pour rendre hommage à Charles Fourier, ont créé une fausse statue qui est restée là pendant 3 jours. C?est une des seules actions des Situationnistes après la guerre, enfin après mai 1968. Excusez-moi du lapsus. SARKOZY parlant tellement de mai 1968 dans des termes guerriers, j?ai fait un lapsus révélateur de l?ambiance actuelle.

Après mai 1968 donc, les Situationnistes ont fait cette statue qui est restée quelques jours en place avant d?être démontée. Lorsqu?en 2001 la nouvelle majorité s?est retrouvée à la Mairie de Paris et à la mairie du 18e, nous avons décidé qu?il fallait remplacer la statue de Charles Fourier. Pour des raisons que je n?évoquerai pas ici, c?est très compliqué apparemment de trouver un statuaire capable de faire une statue qui plaise à tout le monde.

Comme cette statue est toujours vide sur un grand socle, des artistes s?inspirant des Situationnistes ont construit une nouvelle fausse statue qui est très particulière. C?est une espèce de cabine téléphonique en verre, avec un escalier en fer, ce qui fait que tout le monde peut monter sur le socle de la statue et devenir Charles Fourier ou qui il veut ; devenez vous-même une statue, tel est le concept.

Cette installation extrêmement solide et apparemment sécuritaire est en place depuis 2 mois. Au lieu qu?il y ait un socle vide et en attendant qu?une statue plaisant à tout le monde puisse être installée sur ce socle, nous souhaitons que cette statue éphémère puisse rester là sans être démontée pour que ce socle ne reste pas désespérément vide pendant encore des années.

Mme Mireille FLAM, adjointe, présidente. - Monsieur GIRARD, vous avez la parole.

M. Christophe GIRARD, adjoint. - C?est avec grand plaisir que je vais donc proposer l?adoption du v?u. Ce monument érigé, en l?honneur de Charles Fourier, boulevard de Clichy, dû au sculpteur Emile Derré en 1899, a été fondu pendant l?Occupation, le 22 novembre 1941.

Ce sont les disciples du penseur, regroupés dans l?école sociétaire phalanstérienne qui prirent l?initiative de sa réalisation. Au banquet phalanstérien du 7 avril 1896, le président de l?Association coopérative de travail qui répandait les théories fouriéristes a émis la proposition qui fut adoptée avec enthousiasme. Un comité se forma sur le champ comportant des hommes politiques comme Léon Bourgeois et Gustave Mesureur. Les inscriptions furent reçues par la rénovation, organe de l?école phalanstérienne.

Le Conseil municipal accepta le principe du monument le 8 juillet 1899. La Ville de Paris avait souhaité, conformément au v?u émis par le Conseil municipal en 1995 et en 2002, rendre un nouvel hommage à Charles Fourier en ce même emplacement. Le Comité de l?art dans la Ville a été saisi à 2 reprises de ce dossier. Après examen de différentes propositions artistiques, ce comité a retenu un projet qui n?a pas reçu l?assentiment de l?arrondissement. Le collectif aéroporté, représenté par l?artiste Steven Richard, a récemment installé sur le socle inoccupé une cabine de verre pourvue d?un escalier métallique permettant aux passants d?y entrer.

J?y suis passé. Ce n?est pas mal. C?est assez merveilleux que dans une ville il y ait de l?initiative artistique spontanée. Cette initiative s?est développée en dehors de tout cadre réglementaire. Il n?existe pas malheureusement à l?heure actuelle de garantie de sécurité du public concernant la présence de cette installation dans cet espace public. La Direction des Affaires culturelles a donc mis en demeure l?artiste de lui fournir un dossier de sécurité complet comprenant notamment l?avis d?un bureau de contrôle agréé.

Lorsque la Ville de Paris aura l?assurance que la sécurité du public est pourvue, l?éventualité du maintien de l?installation sera examinée par le Comité de l?art dans la Ville. Je propose donc l?adoption de ce v?u très sympathique.

Mme Mireille FLAM, adjointe, présidente. - Oui, Monsieur LELLOUCHE, vous avez la parole.

M. Pierre LELLOUCHE. - Merci, Madame le Maire.

Je voudrais dire à mon ami Christophe GIRARD qu?en tant qu?élu riverain de cette statue, je trouve que la structure provisoire actuelle n?est franchement pas du meilleur goût. En revanche, s?agissant de la suggestion de rendre hommage au socialisme utopique, à Fourier et aux initiatives qu?ont pris les phalanstères à une certaine époque de notre histoire, je n?y vois que des avantages parce que cela fait partie de l?histoire de Paris, de l?histoire de nos idées politiques et de notre vie politique.

Ce mouvement a essaimé d?ailleurs à travers le monde. Il a laissé, y compris dans le 9e arrondissement, un certain nombre de traces, notamment les premières cités ouvrières qui sont des structures urbaines très intéressantes. Personnellement, je suis à fond pour cette initiative. Je voulais le dire.

Mme Mireille FLAM, adjointe, présidente. - Très bien.

Je mets aux voix, à main levée, ce v?u qui fait l?unanimité.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le voeu est adopté. (2007, V. 137).