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Decembre 2014
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Conseil Municipal
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Discussion budgétaire - Audition des orateurs. (Suite).

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2014


 

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - Nous continuons notre débat avec les orateurs inscrits selon l'ordre décidé en conférence d'organisation. Je donne la parole à Mme Joëlle MOREL.

Mme Joëlle MOREL. - Merci, Monsieur le Maire. La terre brûle ! La terre brûle !

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - Mao a failli s?évanouir !

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - C'est la politique de la terre brûlée.

Mme Joëlle MOREL. - Exactement. Ce constat est partagé par l'ensemble des scientifiques, mais aussi par l'ensemble des Terriens. Sur le rythme actuel des émissions de gaz à effet de serre, l'élévation de température moyenne du globe sera comprise entre +4°C et +8°C à l'horizon de 2100. Ce dérèglement climatique est désormais perçu par l'ensemble des habitants de notre planète. Nous n'avons plus le choix. Nous ne pouvons pas laisser faire. Monsieur le Maire, chers collègues, notre planète brûle ! A notre échelle, les Parisiens et les Parisiennes partagent cette angoisse et demandent des interventions concrètes et des mises en ?uvre rapides. Paris a des solutions. Grâce aux écologistes qui ont soulevé depuis des années l'ensemble de ces questions et grâce à nos élus écologistes qui, depuis 2001, dans le cadre de cette Assemblée, ont élaboré des outils, des moyens, des actions ont été mises en ?uvre. 70.000 mètres carrés d'équipements publics sont aux normes climat, 25.000 logements sociaux depuis le début du Plan Climat sont rénovés. 100 écoles ont bénéficié aussi d'une rénovation thermique. 40 % d'alimentation durable sont servis dans les crèches. Nous saluons ces actions, mais elles ne sont pas à l'échelle de l'urgence. Mesdames et Messieurs, mes collègues, la terre brûle. Ensemble, j'en suis sûre, nous agirons pour que l'année 2015 soit l'année du Plan Climat parisien. La 21e conférence des Nations-Unis sur le climat est l'occasion de valoriser notre savoir-faire local. Cette ambition ne s'arrêtera pas en 2015, mais traversera, bien évidemment, l'ensemble de la mandature. Nous avons de belles avancées : les 100 millions d'euros pour le vélo, des moyens pour l'économie sociale et solidaire et la santé, et nous attendons, avec impatience d'ailleurs, les états-généraux du Grand Paris de l'économie circulaire, une ligne de transports en commun sur les quais et les 840 millions d'euros pour la transition énergétique. Mais cela n'est pas à la mesure de l'enjeu parce que, Monsieur le Maire, chers collègues, la terre brûle ! Il faut faire plus, et plus vite ! Je déclinerai ces propositions en huit points. Premièrement, permettez-moi de vous présenter l'amendement relatif à la subvention de l'agence parisienne du climat. L'agence parisienne du climat est l'outil parisien n° 1 pour atteindre les objectifs du Plan Climat Energie de Paris. Il est aujourd'hui nécessaire de lui donner les moyens pour intervenir à l'échelle métropolitaine, couvrir également le secteur tertiaire, l'accompagnement des bailleurs sociaux, la question des mobilités, mais aussi la préparation de la COP 21. Etre le point d'entrée opérationnel du plan 1.000 immeubles. Pour cela, le Groupe Ecologiste de Paris demande qu'une subvention de 870.000 euros pour 2015 lui soit versée. Deuxièmement, le groupe Ecologiste de Paris dépose un v?u et un amendement concernant l'amélioration de la sortie du diesel à Paris. La charte logistique urbaine durable signée fin 2013 est entrée dans sa phase opérationnelle et c'est pourquoi il est urgent d'accompagner cette charte par notre v?u qui demande l'inscription des décisions suivantes : la mise en place d'un calendrier précis de sortie du diesel pour les fourgonnettes, utilitaires et poids lourd. Notre amendement sur cette thématique concerne la dé-diésélisation du parc automobile de la Préfecture de police de Paris. En permettant d'ajouter un million d'euros en crédits de paiement pour le lancement de la dé-diésélisation du parc automobile de la Préfecture de police, la Ville de Paris répondra à l'urgence d'améliorer la qualité de l'air et impulsera une action forte et exemplaire dans le cadre de la COP 21. Troisièmement, la Ville de Paris a prévu de consacrer 30 hectares dédiés à l'agriculture urbaine d'ici à 2020. Ce chiffre, très inférieur à celui d'un grand nombre de capitales mondiales, est à suivre avec la plus grande attention. Constatons qu'il nous manque des études et des savoir-faire en ce domaine. C'est pourquoi le Groupe Ecologiste de Paris propose un amendement pour une étude de faisabilité sur l'agriculture urbaine en complément de celle de l'A.P.U.R., qui permettra de repérer les adresses qui répondent à l'ensemble des critères. Nous avons estimé le coût de cette étude à la somme de 100.000 euros à ajouter au budget de fonctionnement de la DEVE. Quatrièmement, nous présentons un amendement pour le lancement d'un appel à projets COP 21 en direction des associations. Il faut donc se donner les meilleures conditions possibles pour que, dans tous les quartiers, toutes les associations déclinent la COP 21 à leur mesure. L'implication des citoyens et des citoyennes ne se décrète pas de manière autoritaire, mais se construit par un processus d'accompagnement. C'est pourquoi le Groupe Ecologiste de Paris propose que soit inscrite au budget primitif 2015, au titre de l'environnement, une majoration exceptionnelle de 200.000 euros en fonctionnement pour le lancement d'un appel à projets et la participation de la Ville aux projets des associations qui se tiendront à Paris dans le cadre de la mobilisation en lien avec la COP 21. Cinquièmement, la terre brûle ! Nous avons le devoir de ne pas aggraver le problème. Plus jamais nous ne devrons lancer des grands projets inutiles et énergivores. Aussi les écologistes portent le v?u sur l?éco-conditionnalité des investissements en ces termes : que l'ensemble des projets faisant l'objet d'une subvention d'équipement de la Ville, démontrent leur prise en compte du Plan Climat et précisent, à chaque étape du projet, les objectifs de réduction des consommations énergétiques de développement de la production d'énergies renouvelables, de prise en considération éventuelle des déplacements induits, de diminution des émissions de gaz à effet de serre et, le cas échéant, de végétalisation. Sixièmement, j'insiste sur le v?u relatif au plan 1.000 immeubles énergivores de la Ville de Paris. Une grande part des émissions de gaz à effet de serre à Paris provient du chauffage du bâtiment. Pour les immeubles mal isolés thermiquement, c'est un triple gâchis : gâchis écologique par la surconsommation, gâchis social car ce sont souvent des populations défavorisées qui souffrent de ce mal-être, gâchis financier puisque souvent des aides sociales viennent partiellement compenser le coût de ces surconsommations. La terre brûle ! Nous ne pouvons plus accepter ce triple gâchis. C'est pourquoi les écologistes demandent que le budget consacré au plan 1.000 immeubles énergivores, permette un accompagnement et une incitation suffisante pour obtenir de manière effective le vote des travaux dans 1.000 immeubles parisiens d'ici la fin de la mandature. Septièmement, il est important d'avoir une vision à long terme. C'est pourquoi nous déposons un amendement pour le lancement d'une étude pour la stratégie énergétique de la Ville à l'horizon 2030-2050, qui vise à donner une vision cohérente de l'ensemble des projets en matière de politique énergétique et, notamment, le Groupe Ecologiste de Paris demande que le budget de fonctionnement 2015 de la DEVE soit abondé de 200.000 euros pour réaliser cette étude. Je voudrais terminer par un v?u sur un élément ponctuel, mais hautement symbolique. C?est un v?u contre la décision de la Préfecture d'interdire aux piétons et cyclistes d'utiliser les voies sur berges le dimanche. En suspendant l'opération "Paris Respire", la Préfecture contribue à amplifier le trafic automobile et réduit les déplacements doux. Comment, durant la Convention climat de Lima, peut-on être autant à rebours des priorités ? Etre en sens inverse de ce qui fait consensus ? La Terre brûle et la Préfecture fait brûler du gas-oil ! C'est pourquoi nous présentons un v?u pour demander à la Préfecture de police de prendre conscience des urgences et de rétablir au plus tôt l'opération "Paris Respire" sur les voies sur berges. Je vous remercie, Monsieur le Maire.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - Merci, Madame. Je donne la parole à Mme Raphaëlle PRIMET.

Mme Raphaëlle PRIMET. - Madame la Maire, mes chers collègues, j'interviendrai, pour ma part, sur la culture et les personnels. Nous avons travaillé conjointement avec le groupe Ecologiste sur une proposition concernant l'offre musicale des discothèques parisiennes. Si, historiquement, le prêt de livres a toujours été gratuit dans nos établissements, il n'en est rien pour les CD où il faut payer 30 euros à l'année. C'est un obstacle majeur et une des causes de la baisse de la fréquentation des discothèques. Cette situation a quelque chose de paradoxal : les bibliothécaires nous disent la difficulté à expliquer aux usagers que Victor Hugo est gratuit quand Mozart est payant. Avec la musique gratuite sur Internet, certains peuvent penser que le problème de l'accès démocratique à la musique est réglé, mais c?est mettre de côté tout le travail pédagogique qui permet de créer des ponts et d'initier à la découverte de musiques différentes et variées. Pour les afficionados, le développement de sections spécialisées dans différents styles (opéra ou blues, musiques du monde ou rock) mettant en valeur les fonds riches et les raretés de nos discothèques, où les amateurs profitent des conseils avisés des discothécaires. Nous demandons donc d'anticiper sur les conclusions des diverses études pour expérimenter dès 2015 la gratuité des prêts CD pour les jeunes mineurs et les bénéficiaires de minima sociaux parce que nous croyons à l'avenir d'une offre musicale modernisée. Nous vous proposons un autre amendement pour apporter un soutien à l'association "Ferraille" pour l'organisation de "Formula Bula", un festival de bandes dessinées et arts associés qui avait lieu à Saint-Ouen mais à qui le nouveau maire UDI de la ville a décidé unilatéralement de couper les financements, pensant sans doute que, pour ses habitants, la culture est un supplément d?âme inutile, à moins qu?il n'ait pas apprécié le contenu trop novateur tourné vers la bande dessinée indépendante. Nous pensons, au contraire, que permettre l'accès au plus grand nombre à la culture dans ses formes les plus diverses est facteur d'émancipation. "Formula Bula" travaille sur l'interpénétration des arts graphiques sonores et de la bande dessinée. C'est un festival ouvert à la fois à ceux qui bousculent les règles du Neuvième Art mais aussi à des auteurs reconnus ou internationaux, comme Carlos GIMÉNEZ dont ils sont les premiers à avoir exposé les planches en France. Nous proposons donc à la Ville de prendre le relais pour que ce festival puisse continuer à Paris et perdurer dans les années à venir. J'aborde maintenant les questions de personnels. Nous avons accueilli ce budget 2015 avec appréhension. Comment pourrait-il en être autrement après l'annonce de la baisse des dotations par l'Etat ? Nous le voyons, dans de trop nombreuses collectivités, elles causent des dégâts importants qui se traduisent in fine par une dégradation des conditions de travail des agents et un recul du service public. En ce qui nous concerne, la masse salariale est relativement préservée dans le budget de la Ville, sachant qu'il est prévu qu'elle augmente de 1,7 %, pour garantir la progression des carrières en interne. Et, pourtant, n'oublions pas que les fonctionnaires restent victimes du gel du point d'indice appliqué par les gouvernements successifs depuis 2010. Nous appelons d'ailleurs Mme la Maire dans un v?u à interpeller le Ministre de la Fonction publique pour mettre fin à ce blocage Je suis convaincue que la Majorité nous suivra dans cette démarche. L'augmentation de la masse salariale appelle une deuxième remarque : le solde net du budget "emploi" de la Ville sera positif, ce qui n'était pas arrivé depuis des années. La masse salariale va continuer de s'accroître et c'est une bonne chose pour nous qui considérons les dépenses de personnels comme des investissements utiles à la collectivité. Mais il y a encore de nombreux secteurs qui manquent de personnels comme la Petite enfance, la Propreté, les Parcs et Jardins et les A.S.E.M. Nous remarquons ensuite l'effort consenti en direction des services publics de proximité et des nouveaux équipements, mais cet effort, réalisé au prix de redéploiements dans les services fonctionnels, nous pose aussi question, car, même si les postes disparaissent, certaines missions qui étaient exercées par ces services, ne disparaîtront pas pour autant et devront être assurées par les agents de service de proximité. Pour prendre l'exemple des bibliothécaires, l'an passé, la décision a été prise de fermer le service central qui s'occupait de la préparation des documents. Du coup, ce sont les bibliothécaires eux-mêmes qui doivent s'en occuper et donc ils consacrent moins de temps aux usagers. C'est une situation qui n'est pas positive. Ces données qualitatives ne sortent malheureusement pas des tableaux et statistiques mais nous devons les prendre en compte si nous ne voulons pas que les redéploiements se traduisent par une dégradation du service public. Dans de nombreux services, la politique de redéploiement a atteint ses limites et ne permet plus de répondre aux enjeux, aux besoins constatés sur le terrain. C'est le cas notamment au sein de la Direction de la Propreté. C'est la raison pour laquelle nous avons déposé un v?u rattaché à ce budget. Il manque, à l'heure actuelle, plusieurs centaines de postes d'éboueurs sur l'ensemble de Paris. Nous avons également besoin de postes d'encadrants et d'agents verbalisateurs chargés de faire respecter les règles élémentaires de propreté sur les voies et espaces publics. Je réagirai au passage aux propos de la droite et à la proposition phare du contre-budget de l'UMP en matière de personnels. La réduction de l'absentéisme : pointer les agents comme une variable d'ajustement du budget est, à proprement parler, scandaleux. Je rappelle à Mme KOSCIUSKO-MORIZET quelques chiffres simples qui lui feront prendre conscience, j'espère, de la pénibilité du travail des agents de la Fonction Publique Territoriale. Une récente étude du cabinet SOFAXIS sur l'absentéisme nous apporte justement des éléments objectifs sur le sujet : - nationalement, 30 % des agents publics territoriaux travaillent le dimanche, même occasionnellement, contre 25,8 % dans le privé ; - 16 % remplissent des astreintes, contre 8 % dans le privé ; - 35 % sont exposés à des risques biologiques, contre 18 % des salariés du privé ; - en 2010, 10 % des départs en retraite se sont faits au motif de l'invalidité. Dans ces conditions, nous ne pouvons pas accepter que l'absentéisme des agents soit qualifié de gaspillage et qu'en creux, la Droite se permette de considérer les fonctionnaires comme des fainéants qui profiteraient des soi-disant largesses du service public. Nous pourrions peut-être proposer à nos chers collègues de l'UMP d'être intégrés à la Direction de la DPE et d'aller travailler avec des équipes d'éboueurs. Cet enseignement en vaudrait sûrement mille autres et leur ferait, à coup sûr, changer d'avis sur l'absentéisme. Pour finir, le groupe Communiste a également souhaité aborder la question du travail du dimanche des agents. Nous le savons, c'est une question d'ampleur. Là encore, contrairement à ce que dit la Droite, Paris est loin d'être une ville morte le dimanche. Pour preuve, plusieurs milliers d'agents municipaux y travaillent : dans les médiathèques, les parcs et jardins, les équipements sportifs. Depuis des mois, les agents des piscines se battent pour l'augmentation de leur prime et une égalité de traitement avec les personnels des autres directions. Mais aujourd'hui, du fait des élections professionnelles et d'autres motifs, le dialogue avec les organisations syndicales est au point mort. Nous présentons donc un v?u qui demande la reprise du dialogue social. Nous devons avoir un débat sur la nécessité ou pas de faire fonctionner certains services publics le dimanche. Dans certains cas, cela se justifie, dans d'autres beaucoup moins, mais dans tous les cas, la concertation avec les salariés et la juste compensation des efforts consentis doivent être notre boussole. Je vous remercie.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - Merci, Madame. Je donne la parole à M. Jean-Pierre LECOQ.

M. Jean-Pierre LECOQ, maire du 6e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire. Madame la Maire, mes chers collègues, parmi les attributions d'une collectivité territoriale, vous le savez, l'entretien et le fonctionnement des écoles, des collèges à Paris et des cités scolaires constituent normalement une des priorités municipales, au même titre que la propreté ou l'entretien de la voirie, par exemple. Or, malheureusement, nous allons voir que les contraintes budgétaires renforcées par le coût grandissant de la réforme dite des rythmes scolaires pèsent de tout leur poids sur le budget "éducation" de notre Ville. En une année, la masse salariale va passer de 344 millions d'euros à 440 millions d'euros, sous l'effet de la création de près de 1.200 postes supplémentaires dont, certes, 150 ASEM bien nécessaires. Ce coût supplémentaire vient alourdir une réforme qui fait quasiment l'unanimité contre elle et dont la suppression prochaine, je l'espère, ne fera que des heureux. Contrairement à ce que vous disiez en Commission, Madame l'adjointe, dont les documents projetés ne nous ont d'ailleurs pas été fournis, nous arrivons à un coût net pour l?ARE, déduction faite des versements de la Caisse d'allocations familiales, de 42,3 millions d'euros exactement en 2015, et non pas de 14 millions. Alors, évidemment, ce surcoût, cette ponction, a des effets directs, tant sur le budget de fonctionnement que sur celui de l'investissement. Il n'épargne pas non plus les services annexes de l'enseignement qui recouvrent, pour l'essentiel, les dépenses de restauration qui stagnent, alors qu?un audit de l'état des cuisines parisiennes s'impose et que la hausse des contributions des familles dans de nombreux arrondissements, va générer des rentrées d'argent et en génère déjà. Sur ce dernier point, plusieurs de mes collègues, dont Alix BOUGERET, reviendront. Mais à générer des tarifs de restauration aussi élevés que dans l'enseignement privé sous contrat d'association, vous prenez une lourde responsabilité : celle d'encourager les transferts d'élèves du public vers le privé. Dans ce domaine sensible, vous le savez, mes chers collègues, les familles votent avec leurs pieds. Personnellement, je ne souhaite pas contribuer, Madame la Maire, à ce phénomène d'évitement de l'enseignement public à Paris. Sur le plan de l'investissement, 2015 se présente en retrait sensible par rapport à 2014, avec 110 millions d'euros prévus. Un chiffre en baisse sensible. L'année antérieure, nous avions dénombré 137 millions d'euros. Sur ces 110 millions d'euros, 78 sont affectés au premier degré et seulement 28 au second degré, ce qui est notoirement insuffisant vu la situation de nombreux collèges, ce que vous reconnaissiez vous-mêmes. Mais l'héritage, mes chers collègues, ne peut plus être évoqué. Cela fera bientôt 14 ans que votre majorité est aux commandes, et force est de constater que les opérations de restructuration des collèges, comme d'ailleurs des cités scolaires parisiennes, sont au point mort. En matière de construction scolaire, Paris et la Région Ile-de-France ont ralenti considérablement leurs efforts d'investissement alors qu?il s'agit d'une de leurs attributions prioritaires. Si l'on ajoute à cela l'absence de refonte des formations sur lesquelles l'Académie, la Région et la Ville, à travers ses lycées municipaux, auraient dû travailler de concert depuis 10 ans, on réalise que l'éducation n'est plus un des budgets prioritaires de la Ville. Il est malheureusement devenu une variable d'ajustement. Asphyxiés par la montée en puissance de l?ARE, vous allez diminuer drastiquement le nombre de classes de découverte et priver un bon nombre d?écoles de la Capitale, soi-disant au nom de la justice sociale. En réalité, c'est tout le système éducatif parisien qui est sous tension et qui perd progressivement ses moyens. Ainsi en est-il, par exemple, du corps des professeurs de la Ville de Paris, dont l'existence même a été menacée par l?ARE et dont les effectifs diminuent régulièrement. Même les crédits dévolus aux fournitures scolaires sont en baisse. Peut-être allez-vous demander, au nom de votre justice sociale, à certains petits Parisiens, de payer leurs cahiers et les craies pour les tableaux ! La mauvaise gestion dont vous avez héritée, vous conduit à des remises en cause drastiques accentuées par le coût de l?ARE. Nous ne voterons donc pas ce budget en peau de chagrin - et pas en peau de léopard - qui sacrifie l'avenir et discrimine les petits Parisiens selon leur lieu de résidence.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Maire. La parole est à Mme Fadila MÉHAL.

Mme Fadila MÉHAL. - Monsieur le Maire, chers collègues, avant d'évoquer le budget culturel 2015, je voudrais rappeler, pour les centristes que nous sommes, que la culture est d?abord un bien humain, un bien immatériel, un bien précieux, qui ne saurait être marchandisé ou mercantilisé, même si les contraintes budgétaires obligent à une gestion rigoureuse de toutes les dépenses. Au groupe UDI-MODEM, nous croyons que l'accès à la culture est pour notre collectivité un investissement, et non une charge. Oui, c'est un investissement pour éduquer, épanouir chaque Parisien et lui permettre de partager une représentation du monde qui l'élève et le grandit. C'est un investissement vital pour les jeunes générations pour apprendre à se découvrir, à comprendre l'autre et, surtout, à le respecter. Aussi, nous nous réjouissons que malgré la disette qui sévit, le budget 2015 n'accuse pas une trop grande baisse et que celle-ci est maîtrisée. Je ne vais pas revenir sur les chiffres, abondamment commentés. Je veux aussi saluer le changement de cap opéré en matière de politique culturelle par rapport aux mandatures précédentes, puisqu'il s'agit aujourd'hui de rénover, de restaurer, d'améliorer et de créer aussi des petits équipements de proximité, et de s'engager non plus comme les années précédentes sur de nouveaux projets lourds financièrement. Nous sommes favorables car l'époque demande sobriété et retenue. Sans doute - je parle de ces grands projets, parfois pharaoniques - ces projets ont été utiles dans un contexte de rééquilibrage territorial pour donner à l'Est parisien, notamment, une attractivité culturelle accrue. Je pense au 104, je pense à l'Institut des cultures d?Islam et aujourd'hui, à la Philharmonie. Si l'utilité de ces établissements culturels n'est pas contestable, force est de constater que le défaut de gouvernance qui a prévalu pour certains établissements, notamment dans la maîtrise des travaux, a engendré des coûts qui ont doublé, parfois même triplé, et qu'il n'est pas possible de reproduire cette dérive, sauf à hypothéquer très gravement les finances de Paris. Par ailleurs, en face des dépenses chaque jour grandissantes et du désengagement de plus en plus patent des crédits publics, il faut peut-être s'interroger sur la diversification des recettes. En effet, vous savez que le budget des recettes représente 0,2 % du budget global. Voilà pourquoi il est souhaitable que nous entamions une réflexion sur les moyens d'augmenter les recettes pour la culture. Il me semble que nous avons des marges de progression en matière de mécénat et de fonds privés. Cette question a déjà été posée de façon insistante lors du séminaire culture que nous avons tenu le 26 novembre. Pour nous, le partenariat public/privé est à redynamiser. Il doit être bien plus respectueux des identités de chacun. A cette condition, il peut devenir la clé de voûte d'une politique culturelle partagée, ambitieuse à l'échelle métropolitaine. Oui, la culture est un investissement. Oui, la culture a un coût, mais on oublie trop souvent qu?elle fait vivre des milliers de personnes à Paris : intermittents, artistes, professeurs, agents d'accueil, gardiens de musée. Il convient de responsabiliser le citoyen face à cette réalité et ne pas lui donner l'impression que la culture est gratuite, même si les barrières tarifaires doivent être levées. Non, la culture n'est pas un supplément d'âme cosmétique pour accompagner une situation économique morose. C'est un droit, mais aussi, en contrepartie, un droit qui impose des obligations, dont celle de le respecter à son juste prix et de respecter l'acte créatif artistique et intellectuel, et de reconnaître la richesse économique produite. Je voudrais illustrer mes propos avec un exemple très concret. Certains grands musées - c'est le cas à Londres, à New York - ont fait le choix intéressant d'expérimenter un tarif d'entrée qui serait libre. Je souhaiterais que nous puissions, dans le cadre de nos travaux à venir avec Paris Musées, envisager la mise en place d'une expérimentation d'un droit d'entrée libre qui permettrait à chacun, selon ses ressources, de participer à la bonne marche financière du musée. Ce droit d'entrée pourrait même être d'un centime d'euro symbolique, mais il aurait l'avantage de responsabiliser les visiteurs et de leur montrer qu'ils ont à prendre une part concrète dans le financement des activités qui les touchent et les épanouissent. De la même manière, il faut responsabiliser les associations et les établissements culturels. Ils sont bien sûr utiles et essentiels. Cependant - et j'insiste - cela implique une responsabilité particulière, notamment du point de vue de leur bonne gestion. Le montant des dotations des associations culturelles est annoncé en baisse, comme est annoncé d'ailleurs une remise à plat des critères d'attribution. Ce dernier point, Monsieur le Maire, nous rassemble, car c'est une revendication du groupe centriste depuis de longues années sur les critères d'attribution. Nous serions même très heureux que l'opposition soit associée à l'élaboration de ces nouveaux critères d'attribution. Vous le savez, la transparence est une exigence incontournable pour que s'éloigne le soupçon d'attribution partisane. C'est pourquoi le groupe UDI-MODEM sera attentif à ce que les réductions ou hausses de subventions soient effectuées selon des critères objectifs. Nous serons aussi vigilants sur les baisses de subventions inexpliquées, comme aussi sur les octrois de subventions à des associations qui n'ont pas toujours fait preuve d'une gestion saine ces dernières années, malgré un accroissement considérable des subventions de la Ville. J'y reviendrai quand le temps de débattre de ces projets de délibération sera venu. Pour terminer, Monsieur le Maire, soyez assuré que le groupe UDI-MODEM est et restera un partenaire ouvert et actif pour que la culture et la mémoire demeurent des priorités de la mandature et veillera en responsabilité pour que le coût de cette ambition culturelle soit toujours maîtrisé. Je vous remercie.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - Merci, Madame MÉHAL. Je donne la parole à Mme Nathalie MAQUOI.

Mme Nathalie MAQUOI. - Merci, Monsieur le Maire. Chers collègues, je souhaite par cette intervention mettre en valeur la priorité présentée par Bruno JULLIARD, qui est de consacrer une part importante du budget culture en 2015 à l'éducation artistique, aux pratiques amateurs et au soutien à la jeune création. En effet, 17 conservatoires d'arrondissement accueillent aujourd'hui 20.000 élèves, et on peut constater qu'il y a eu 3.000 places supplémentaires depuis 2008 dans le domaine de la formation musicale. Après les nouveaux conservatoires du 17e, du 13e et plus récemment celui du 12e, la Municipalité inaugurera bientôt le nouveau conservatoire des arrondissements du Centre de Paris dans la Canopée, aux Halles. L'effort en termes d'investissement et de fonctionnement est considérable, et le budget 2015 exprime clairement une volonté de poursuivre dans cette direction avec des crédits conséquents consacrés à ces équipements qui délivrent une formation de qualité sur l'ensemble du territoire parisien. Parallèlement au financement des conservatoires, le dispositif "Art pour grandir" permet l'éducation artistique des enfants par l'art au contact d'artistes et d'institutions culturelles. 26.000 enfants en bénéficient et notamment, un effort particulier est fait vers ceux qui habitent les quartiers populaires. Dans le même esprit, la Ville soutient l'éducation à l'image avec "Écoles au cinéma", "Collèges au cinéma" qui concernent 55.000 enfants et adolescents. Dans le cadre de l?ARE, 20.000 enfants bénéficient des programmes d'éducation artistique de qualité proposés par les musées municipaux, la Maison du geste et de l'image et des associations soutenues par la Ville. Concernant les pratiques amateurs, je voudrais souligner le travail exemplaire développé par la Maison des pratiques artistiques amateurs qui facilite, favorise, accompagne les désirs de pratique des Parisiens pour que la question des locaux ou les barrières économiques et sociales ne soit pas un frein. On aura aussi, toujours sous la Canopée, une quatrième antenne pour laquelle nous allons voter des crédits dans le budget primitif 2015, qui complétera le réseau existant des antennes de Saint-Germain, de Broussais et de Saint-Blaise, et qui permettra notamment - c?est important - d'accueillir des orchestres et des chorales. Chaque année, 5.000 amateurs se produisent en public ou répètent dans les locaux de la M.P.A.A. L'effort financier fait dans le budget pour les pratiques amateurs se lit également dans le soutien aux ateliers "Beaux-arts" de Paris et à l?association "Paris ateliers" qui, ensemble, accueillent 10.000 amateurs. La tarification selon les Q.F. rend accessible l'initiation dans près de 90 métiers d'arts, à tous les Parisiens, quel que soit leur revenu. Paris doit continuer à être aussi une ville mondiale pour la création artistique. C?est pourquoi le budget 2015 soutient encore la jeune création. D'abord, le centre Barbara-Fleury-Goutte d'Or, qui participe à l?émergence des jeunes créateurs dans le domaine des musiques actuelles. Le 104, la Gaîté Lyrique, la Maison des Métallos réservent une part de leur programmation et de leur espace de travail, là aussi, à de jeunes créateurs. Enfin, un autre équipement aussi dans la Canopée, "La place", viendra offrir la reconnaissance au mouvement hip-hop par ses espaces de travail favorisant l'émergence en danse, en grâce, en musique. Il accueillera aussi un incubateur et sera un lieu de diffusion. L'effort budgétaire est réel pour cet outil novateur. L'éducation artistique, les pratiques amateurs, le soutien à la jeune création sont essentiels pour que la culture ne soit pas réservée à quelques-uns. Ces choix budgétaires offrent aux Parisiens d'accéder à une pratique culturelle sans barrière économique. La Ville démontre également sa réflexion, et je voudrais rassurer là la présidente de la 2e Commission concernant la participation des publics, dans l'objectif de dépasser les freins symboliques à l'accès à la culture. Ainsi, l'argent, et je crois, en tout cas c'est la volonté qu'on partage tous, est vraiment bien employé. Les premiers bénéficiaires de ces choix politiques sont les jeunes. Les équipements jeunesse de proximité participent à cette dynamique. 51 centres d'animation attirent près de 60.000 usagers, 80.000 jeunes se rendent chaque année dans une des 19 antennes jeunes ou espaces jeunes, 43.000 contremarques sont distribuées dans les trois kiosques jeunes. Dans le budget primitif pour l'exercice 2015, 8,7 millions d'euros seront consacrés à favoriser l'accès des jeunes à l'autonomie et à leur insertion sous la direction de Pauline VÉRON. Je tiens à remercier les services de la Ville, particulièrement la DJS, qui a cette année fourni un travail titanesque pour lister et chiffrer tous les dispositifs, de près ou de loin, en faveur des jeunes Parisiens et Parisiennes, fournissant ainsi au Conseil de Paris un bleu budgétaire intitulé "La jeunesse, c'est capital" d'une grande exhaustivité. Rédigé et présenté à notre Assemblée pour la seconde année consécutive au moment de notre débat, ce document constitue un travail de recensement et de synthèse de tous les dispositifs municipaux en faveur des jeunes de 11 à 30 ans. Cela met en lumière l'approche profondément transversale qu'a notre collectivité de la jeunesse grâce au travail de la DJS et grâce au réseau des 34 correspondants jeunesse au sein des 20 directions. Cette transversalité se voit autant par le nombre de directions concernées - au moins 18 - que par la variété des domaines proposés et les montants budgétés. Notre collectivité propose aux jeunes des dispositifs relevant de l'emploi, du logement, de la santé, de l'insertion, de la culture, de la participation citoyenne, des loisirs. Pour les crédits de fonctionnement, plus de 54 millions d'euros sont attribués à des actions en faveur des jeunes. Ce à quoi il faut ajouter 109 millions d'euros supplémentaires consacrés aux contrats jeunes majeurs destinés aux jeunes de 18 à 21 ans, aux emplois d'avenir, au service civique, aux pôles jeunes, et on ne peut que remarquer aussi la part du public jeune dans certains dispositifs de droit commun et centres d'animation que j'ai déjà cités, les contrats uniques d'insertion, l?aide à la solvabilité pour les personnes en situation de handicap. Pour cette année 2015, je souhaite souligner particulièrement deux axes de la politique municipale en faveur des jeunes qui se lisent dans ce budget. Le premier, c'est donner une meilleure visibilité à la politique municipale de la jeunesse. Pauline VÉRON a lancé lors de notre dernier Conseil une réforme globale des équipements dédiés à la jeunesse en concertation avec les responsables d'équipement, le réseau de jeunesse et les mairies d'arrondissement pour proposer à notre Assemblée d'ici 18 mois une nouvelle carte plus lisible de ces équipements municipaux dédiés à la jeunesse. L'objectif recherché est qu'un maximum de jeunes en ait connaissance pour bénéficier des propositions offertes et trouver des lieux de soutien indispensables à la mise en place de leurs projets personnels et collectifs. C'est pourquoi il y a aussi d'ici la fin de l'année prochaine la réalisation complète du plan d'action "Jeunes et numérique" qui permettra de mieux adapter les moyens de communication de la Ville aux usages numériques des jeunes en commençant par refondre le site jeunes.paris.fr. Le deuxième axe est de systématiser la participation des jeunes à la politique municipale. La réforme engagée au Conseil parisien de la jeunesse, qui a donné lieu à beaucoup de débats dans notre Assemblée en septembre dernier, correspond à cet objectif. Le succès a été au rendez-vous. Je crois qu'il y a eu 700 candidatures déposées pour pourvoir les 100 places du Conseil pour les deux années à venir. La participation des jeunes sera un guide réel des politiques choisies pour notre Conseil grâce à la mise en place d'une clause d'impact jeunesse pour tous les projets soumis à notre Assemblée pour mieux évaluer l?impact des dispositifs proposés sur la vie quotidienne des jeunes Parisiens. Je conclurai donc, mes chers collègues, en vous invitant à voter ce budget primitif 2015 avec enthousiasme, en tout cas pour ce qui concerne la culture et la jeunesse.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - Merci, Madame. La parole est à Mme Aurélie SOLANS.

Mme Aurélie SOLANS. - Merci. Monsieur le Maire, mes chers collègues, comme nous nous le sommes fixés ensemble ici le mois dernier, faisons le Paris des enfants. Avec ses centaines de milliers d'enfants, notre Ville doit faire face à des besoins énormes : accueil des tout petits, accès aux loisirs, à la culture, cadre scolaire et périscolaire, soutien à la parentalité. Notre politique en direction des enfants doit relever bien des défis, et ce, d'autant que de nombreuses familles vivent des situations difficiles qui les fragilisent : mal-logement, précarité et chômage, parcours migratoire déstabilisant, monoparentalité. Le budget de l'éducation, et en particulier des affaires scolaires, doit, pour le groupe Ecologiste, être à la hauteur de ces besoins. Tout d'abord, de façon générale, sur ce budget 2015 qui nous est proposé, nous formulons deux remarques. Première remarque : malgré le contexte budgétaire contraint, ce budget est globalement maintenu à la hauteur de 2014, conformément aux engagements pris, ce que nous saluons. J?en relèverai deux éléments importants. D'une part, les efforts sur la restauration scolaire, avec 81,5 millions d'euros, gage d'une ambition partagée en faveur de l'alimentation de nos enfants. D'autre part, le budget concernant les aménagements des nouveaux rythmes éducatifs, les A.R.E., est conforté. Le processus de professionnalisation des animateurs et de recrutement d'A.T.S.E.M. continue, et le financement des ateliers est à même hauteur. Deuxième remarque : cependant et pour le dire franchement, nous constatons un manque certain de lisibilité sur ce budget pour nous, les élus, ainsi que de concertation avec les acteurs sur les décisions importantes. Je pense, pour en donner deux exemples, à la suppression de l'enveloppe "projet socio-éducatif des caisses des écoles", ou encore, à la diminution par deux du budget "transports scolaires". Qu'il soit nécessaire de rationaliser certaines aides, et même de faire certaines économies, est tout à fait audible, mais à la condition de l'énoncer clairement et en amont. Une fois cette précision faite, précisons que certaines diminutions budgétaires posent problèmes, en premier lieu, pour le milieu scolaire, la diminution des transports scolaires et des classes de découverte nous paraissent problématiques. Ce sont des moyens pour les classes qui sont autant d'expériences, de découvertes et d'apprentissages hors les murs de l'école. Ils permettent aux enseignants de renouveler leur pédagogie loin du cadre urbain. Deux exemples types : les sorties en forêt et en ferme pédagogique. Ils sont autant de temps forts qui structurent la scolarité. En deuxième lieu, pour ce qui concerne les vacances, je tiens à dire notre attachement à cette réponse municipale que sont les séjours "Arc-en-ciel", baissés pour ainsi dire de moitié. C'est en période de vaches maigres un choix qui diminuera la possibilité de bien des petits Parisiens de partir en vacances et à découvrir le vaste monde.

Sur les caisses des écoles, le projet d'une refonte globale courant 2015 est bienvenu, mais il nous semble nécessaire d'acter dès aujourd'hui dans ce budget primitif les premières réformes : d'abord, la suppression du financement des projets socio-éducatifs devra, selon nous, être compensée. La déprécarisation des personnes en cours est une avancée historique que nous saluons. Elle concernera un grand nombre d'agents. Nous proposons - et c'est le sens de notre v?u - qu'elle se poursuive avec une attention particulière aux temps très partiels et aux vacataires. Ils doivent à terme devenir portion congrue, tant ils génèrent de précarité. Par ailleurs, nous saluons les modifications apportées à la tarification qui - nous le souhaitons - amèneront de nouvelles marges de man?uvre au service de la qualité, en plus de favoriser l'équité entre les familles.

Sur la hausse de la qualité de l'assiette et une démarche de développement durable, nous proposons, pour le budget 2015, deux améliorations conformes à nos exigences écologiques. D'abord, nous proposons que la valorisation des déchets organiques soit intégrée dans les critères de détermination de la subvention complémentaire qualité. C'est une exigence pour diminuer nos émissions de gaz à effet de serre, en même temps qu'une ambition d'éducation à l'environnement. Enfin, dans cette même logique incitative, nous proposons que le plafond de l'enveloppe qualité soit augmenté à 7 % de l'enveloppe globale. Derrière des batailles de chiffres qui peuvent paraître anodines, il s'agit en réalité de doter les caisses des écoles des moyens d'atteindre notre objectif ambitieux d'augmentation de la part d'alimentation issue de l'agriculture biologique. Avant de conclure, je terminerai en vous présentant notre proposition d'un amendement budgétaire en faveur du développement des maisons de naissance. La transition avec les enjeux liés à l'éducation est assumée. Elle correspond à une philosophie de vie globale pour les enfants et leurs parents. Tout d'abord, ces maisons de naissance, quelles sont-elles ? D'une part, elles sont des lieux de suivi de la grossesse et de l'accouchement, sous la responsabilité médicale de sages-femmes. Elles proposent un accompagnement global, peu technicisé, depuis le début de la grossesse jusqu'à l'après-naissance, avec une même sage-femme ou parfois deux. D'autre part, elles sont, et physiquement, et juridiquement, autonomes, bien qu'associées à une maternité partenaire avec qui elles travaillent en étroite collaboration. Ensuite, en existe-t-il ? Dans un premier temps, ce type de structure alternative à l'accouchement en structure hospitalière s'est développé en Amérique du Nord. Elles se sont ensuite implantées chez nous, en Europe, avec des résultats très positifs. Pour exemple, l'Allemagne en compte aujourd'hui 130. En France, l'application de la loi du 6 décembre 2013 autorisera bientôt leur expérimentation. Dans l'attente de la publication des décrets d'application, des projets ont été initiés. C'est par exemple, à Paris, le cas du C.A.L.M., partenaire de la maternité des Bleuets. Enfin, pourquoi en soutenir le développement à Paris ? Parce que leur ouverture répond à une attente de femmes, de couples à un parcours naissance le moins médicalisé possible, dans un cadre non hospitalier, parce que leur ouverture répond à un droit de la parturiente au libre choix du lieu et des conditions de la naissance de son enfant, conformément aux recommandations de l'Organisation mondiale de la santé. Nous pensons donc qu'elles trouveront toutes leur place dans le parcours de périnatalité parisien. Notre Ville pourra, en adoptant ce budget, y apporter une aide financière et contribuer ainsi à une innovation en France. Pour conclure sur ces différents points que je viens d'évoquer, je tiens à insister sur l'exigence d'égalité qui les sous-tend, égalité des droits, égalité d'accès à la qualité, égalité entre les quartiers. Je vous remercie.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - Merci, Madame. La parole est à Mme Fanny GAILLANNE.

Mme Fanny GAILLANNE. - Merci. Monsieur le Maire, chers collègues, j'aimerais revenir brièvement sur les évolutions qui ont marqué la politique de la ville durant cette année 2014, car elles nous interpellent sur les actions à développer dans les quartiers populaires pour 2015. La réforme menée dans le courant de l'année, suite à l'adoption de la loi de programmation pour la Ville et la cohésion urbaine, la loi LAMY, prévoit un critère unique de définition de la géographie prioritaire. Ce choix du Gouvernement a été la source de nombreux échanges entre la Ville et l'Etat pour tenter de trouver une application locale qui tienne compte des spécificités parisiennes : la forte densité de population en milieu urbain, le point important des populations non recensées, S.D.F., familles logées en hôtel meublé, etc. Le choix de cette méthodologie à critère unique de revenus, même s'il était pondéré sur l'Ile-de-France, a réduit de manière importante le nombre de Parisiens habitant dans les quartiers "politique de la ville". Ceci étant dit, le dialogue engagé avec l'Etat a permis de renforcer le dispositif prévu pour les quartiers sortants du contrat urbain de cohésion sociale, qui entreront dans les quartiers dits de veille active, qui garantissent certains dispositifs comme les adultes-relais, la réussite éducative et les ateliers sociolinguistiques. Au-delà des négociations qui continuent d'ailleurs entre la Ville et l'Etat sur le contrat de Ville, qui devra être adopté par notre Assemblée en début d'année, le budget 2015 est l'occasion pour la Ville de réaffirmer son attachement à une politique de la ville ambitieuse. C'est le sens du v?u que nous avons déposé pour rappeler que dans le cadre d'un budget 2015 contraint, la Ville de Paris et l'ensemble de ses directions sanctuarisent les financements en direction des quartiers populaires. C'est tout le sens du travail engagé pour le renforcement des moyens de droit commun dans les quartiers populaires. Cela a déjà été dit et je connais l'engagement des uns et des autres sur cette question, mais nous souhaitons le réaffirmer le plus clairement possible, et ce notamment parce que - nous le savons - c'est un gage de sérénité pour nos partenaires associatifs. Leur confiance en notre soutien et leur capacité à envisager l'avenir est l'une des clés de la réussite des actions menées avec et pour les Parisiens dans les quartiers populaires. C'est pourquoi nous tenons à affirmer aujourd'hui avec vous cet engagement : la Ville de Paris sanctuarise ses subventions dans les quartiers populaires. Je vous remercie.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame. La parole est à M. Pierre LELLOUCHE.

M. Pierre LELLOUCHE. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire. Mes chers collègues, parmi les très rares bonnes nouvelles de l'actuel Gouvernement de M. VALLS et de M. HOLLANDE, il y a l'élargissement du champ de compétences de M. Laurent FABIUS, Ministre des Affaires étrangères, l'un des rares hommes d'expérience et de poids dans ce Gouvernement, au tourisme, et plus généralement à la question de l'attractivité de notre pays. Grâce à M. FABIUS, un certain nombre de thèmes portés jusque-là et - je dois dire - un peu en vain par plusieurs responsables de l'opposition, dont votre serviteur, commencent à être compris des Français. L'industrie du tourisme, par exemple, qui est l'une de nos toutes premières industries nationales, en 2013, représentait 7,4 % du P.I.B. et rassemblait, rien que sur la Région Ile-de-France, 400.000 emplois, soient près de 10 % de l'emploi salarié de la région. Ces objectifs interpellent donc très directement la politique de la Ville en la matière, et j'ai regardé avec attention votre plan d'investissement, au demeurant totalement elliptique, comme l'a dit ce matin notre ami Jean-François LEGARET. J'ai regardé votre budget, et que faites-vous en matière d'attractivité de la Capitale, dans la compétition internationale ? Vous vous félicitez - et vous n'avez pas tort - du travail accompli dans le secteur des startups et des pépinières d'entreprises, surtout dans le numérique, lors de la mandature précédente. Vous savez comme moi que beaucoup de ces entreprises ont du mal à croître et à demeurer durablement en France. Or, je note que votre plan d'investissement ne prévoit, pour suivre cet effort sur cinq ans, que 100 millions d?euros sur les 10 milliards prévus, c?est-à-dire autant que pour le plan vélo et bien moins que les 262 millions du plan de végétalisation. L?écologie, c?est bien mais l?emploi, c?est mieux. Pour le reste, j?ai du mal à voir où se situent vos efforts en matière d?attractivité. Je passe sur le manque d?infrastructures, d?accès par exemple des aéroports et de la capitale. Un sujet souvent évoqué par M. FABIUS et je ne vois cependant pas la moindre mention de solution dans le cadre de la future métropole parisienne. L?attractivité, c?est aussi la propreté de la Ville et, en la matière, je crois que vous avez fait l?unanimité des Parisiens et des touristes contre vous. L?attractivité, c?est la politique de circulation qui est un échec et qui va devenir extrêmement coûteuse pour tous ceux qui doivent travailler dans notre ville ou s?y déplacer. L?attractivité, ce sont aussi nos hôtels pour lesquels vous avez augmenté les taxes, contre l?avis de M. FABIUS, pour boucher le trou de 470 millions d'euros de votre budget, que vous êtes incapables de résorber par des mesures d?économie de fonctionnement. Au contraire, vous allez embaucher 12.000 fonctionnaires supplémentaires. L?attractivité, ce sont les taxis. Or, la Ville ne dit rien, alors même que le Gouvernement patine entre le rapport du regretté M. Thévenoud, vous savez, ce monsieur qui avait un problème de phobie administrative, et les décisions de justice concernant UBER. L?attractivité, c?est de permettre à des personnes qui vivent à l?extérieur de venir travailler et donc se loger à Paris. Or, vous avez, grâce à Mme HIDALGO, inventé une deuxième taxe d?habitation pour les résidences secondaires, une taxe spéciale HIDALGO. L?attractivité, c?est l?ouverture des magasins le dimanche, sujet sur lequel je travaille depuis dix-sept ans et sur lequel j?ai déposé plusieurs propositions de loi. L?application de la loi actuelle est bloquée par Mme HIDALGO qui est déjà contre la suivante proposée par M. MACRON, ministre de l?Economie d?un Gouvernement VALLS socialiste, contre lequel vous êtes déjà en guerre. Vous êtes au parti socialiste et vous êtes en guerre contre le Gouvernement socialiste. Quant à l?investissement étranger, je vous rappelle qu?il représente 1,7 million d?emplois sur notre territoire et 30.000 emplois supplémentaires par an. Je ne vois là encore aucune proposition émanant de la Capitale. Quand allez-vous vous doter d?un conseil, à l?image des autres grandes capitales mondiales, de responsables économiques internationaux qui pourraient vous aider à consolider une véritable politique d?investissements étrangers à Paris, comme je le propose depuis de longues années. Le mot d?attractivité, pour tout dire, n?est prononcé qu'une seule fois dans les documents de la Ville. Vous préférez? Je cite Mme HIDALGO ce matin, c'était touchant : vous préférez vous placer dans la suite - je cite - "de la gestion saine et rigoureuse de son prédécesseur". En effet, 15.000 fonctionnaires en plus, 25 % d'augmentation d'impôts et 35 % d'augmentation de la dette en 13 ans : voilà une belle politique d'attractivité qui est tout simplement lamentable pour l'avenir de notre Capitale.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - En tant qu?adjoint à l'attractivité, je me sens particulièrement sensible à ce discours. Je ne le commenterai pas. Je vais donner la parole à M. Eric AZIÈRE.

M. Eric AZIÈRE. - Merci, Monsieur le Maire. Mes chers collègues, le logement est au c?ur de ce débat budgétaire. C'est votre priorité politique budgétaire mais, au fond, c'est sans doute aussi une priorité depuis toujours pour les Parisiennes et pour les Parisiens. Et permettez-moi de croire que cela le restera d'ailleurs longtemps ! Votre objectif est d'atteindre un taux de 30 % de logements sociaux financés en 2030. Si, déjà, à l'horizon de 2025 et comme la loi l'impose, nous parvenons à un parc parisien social qui représente un quart du parc total de logements, eh bien, je vous le dis, nous serons collectivement fiers des résultats obtenus. Donc, nous pouvons au moins considérer que jusqu'en 2025, nous partageons un objectif en commun : un quart des dépenses d'investissement pour un quart du parc de logements parisiens à conventionnement social. Seulement, voilà, si l'objectif de 25 % en 2025 nous est commun, les voies et les moyens pour y parvenir méritent débat, en ce qui concerne, tout d'abord, le mode de production de ces logements entre la construction et l'acquisition et concernant la structure de ce parc. Avec une inscription de plus de 50 % au compte foncier dans ce budget 2015, vous avez largement décidé de favoriser des modes de production qui priorisent farouchement l'acquisition-réhabilitation et l'acquisition-conventionnement, y compris en recourant à la préemption, dont on peut discuter non pas tant la méthode, qui est légale et inscrite dans notre Code, dans le PLU, ni la cible - je fais confiance à l'A.P.U.R. pour identifier les 257 immeubles en question -, mais le coût, surtout, à court, moyen et à long terme. Disons les choses clairement : le recours à la préemption renforcée est entre un épouvantail à moineaux et une usine à gaz. Pour illustrer cette orientation et pour ne prendre en référence que l'année 2014, les acquisitions en matière de logement social ont dépassé largement les logements construits à Paris : à peine 40 % de constructions neuves et une hausse des acquisitions-conventionnement de 86 %. En ce qui concerne cette fois le budget d'investissement, on notera que 93 % des dépenses et investissements dans votre budget 2015 sont consacrés aux logements sociaux au titre de l'article 55. Je note que 1 % sont consacrés à l'aide à l'habitat, 6 % à la gestion du domaine intercalaire. On est donc, il faut le constater, dans l'exclusivité absolue d'une politique du logement à Paris qui exclut de fait le logement intermédiaire. Le logement intermédiaire, précisément le P.L.I., qui est un parc en voie de disparition à Paris, est pourtant le complément indispensable, le segment impératif au parc social que nous voulons. Sans la reconstitution d'un parc intermédiaire vital à Paris, les efforts budgétaires que nous faisons seront sans effet sur le volume de la demande de logements sociaux. Puisque ce parc sera gelé, ce parc social sera définitivement attribué à vie à une population qui, vous le savez, n'aura jamais les moyens économiques et financiers d'en sortir, faute d'une passerelle vers le parc privé en passant par le parc intermédiaire. Quand je dis "une passerelle", il faudrait à Paris une bretelle d'autoroute ! Avec un taux de rotation de moins de 5 % sur le parc social, la demande absorbée se fait au détriment d'un véritable parcours social et résidentiel de logements au détriment d'un ascenseur social à Paris en matière de logements, qui ne fonctionne pas, rendant chaque palier plus difficile à franchir. D'ailleurs, je pose une question : qu?est devenu le parc P.L.I. à Paris ? Quel en est son nombre réel, en nombre de logements ? Dans une confusion permanente, à tel point que l?on se demande si elle n'est pas entretenue, on désigne généralement d'un même terme les logements à loyer libre et P.L.I., ce qui permet de relativiser leur disparition au nom du conventionnement social. En effet, tout ce qui est libre à Paris est déjà un peu suspect ! Comme le rappelait ce matin Marielle de SARNEZ, ce sont plus de 2.000 P.L.I. chaque année qui plongent dans le puits sans fonds du conventionnement après acquisition. Cette reconstruction ou reconstitution d'un parc de logements intermédiaires sous conditions de ressources, doit commencer sans attendre. C'est pourquoi je vous propose d'annoncer clairement que vous avez, comme nous, une compréhension du parcours résidentiel à Paris qui justifie une production de logements intermédiaires conséquente. Je vous propose, sur votre objectif de 10.000 logements produits chaque année, dont nous pensons d?ailleurs qu'il est largement illusoire, que nous puissions au moins faire en sorte qu'un tiers soit chaque année voué aux classes intermédiaires qui ont besoin d'un P.L.I.. 3.500 logements par an jusqu'en 2025, c'est 35.000 P.L.I. qui s'ajouteraient aux 5 à 10.000 qui subsistent encore. Ce serait le début d'une vision lucide et ouverte de la réalité de la demande. Nous, nous pensons qu'il ne faut pas attendre 2025 pour ouvrir la politique du logement à Paris à d'autres priorités. Par ailleurs, votre priorité politique et budgétaire abandonne littéralement et définitivement l'accession à la propriété, dont l'absence de programme pénalise à 100 % les jeunes de 20 à 25 ans à Paris et très largement les 30 à 35 ans qui n'étaient que 7 % à avoir un pouvoir d'achat immobilier leur permettant d'opérer sur le marché immobilier. Bien entendu, sans ces primo-accédants, qui sont exclus tout d'abord du neuf, trop rare, trop cher, en fait, entre le premier trimestre 2012 et le quatrième trimestre 2014, les primo-accédants à Paris ont vu leur âge moyen passer de 33 à 39 ans, avec au moins un revenu moyen de 53.769 euros. Autant dire que l?accession à la propriété, grâce à vous, est réservée aux plus riches, avec un apport moyen de 200.000 euros. Vous voulez une ville de locataires du logement social. C'est dans cette conception-là de la population parisienne que vous pensez la mixité sociale. Nous, c'est dans la réalité économique et dans la diversité sociale de Paris que nous voulons réorienter la politique du logement. Les Parisiens sont ainsi de moins en moins nombreux à pouvoir acquérir un bien immobilier à Paris. Le taux de propriétaires à Paris est d'ailleurs beaucoup plus bas (33 %) que dans le reste de notre pays où ce taux atteint 58 %. A ce titre, les prêts "Paris Logement" et prêts "Parcours résidentiels" sont en baisse continuelle. Ils sont fixés dans le budget 2015 à 7 millions d'euros contre 9 millions d'euros en 2012 ; c'est nettement insuffisant. C'est la raison pour laquelle nous vous proposerons, avec Christian SAINT-ETIENNE, Yves POZZO di BORGO et l'ensemble des élus du groupe UDI-MODEM, un v?u pour que le montant du P.P.L. 0 % soit majoré de 50 % et que le volume des subventions correspondantes soient modifié en conséquence et porté à 10,5 millions d'euros en A.P. Une véritable politique du logement pourrait être tournée vers toutes les pistes d?amélioration du logement à Paris, le logement social et le logement d'hébergement d'urgence sur lequel il faut bien donner un satisfecit au bilan de l'Exécutif. Le logement et foyers étudiants et ouvriers, sur lesquels les marges de progression sont très nettement performables. Le P.L.A.-I., le Plus, le P.L.S. mais aussi, au-delà de cette nomenclature classique, au-delà des ?illères, le P.L.I., le parc de logements à loyers libres détenu par les bailleurs sociaux, mais aussi l'aide à l'accession à la propriété, le prêt Paris Logement, le prêt Parcours Résidentiel, l'aide à l'amélioration de l'habitat privé. En effet, la vie à Paris dans ces années 2000 est un parcours en mouvement pour une femme, pour un homme, mariés puis séparés puis remariés, avec plus ou moins d'enfants qui vont et viennent et quelquefois reviennent par ces temps de crise. Votre politique du logement doit s'ouvrir à cette vision réaliste, vivante du parcours résidentiel à Paris plutôt que de congeler l'habitat à Paris dans des catégories définitives, dans des visions captives socialement, dans une nomenclature sociologiquement discutable non sans arrière-pensée politique. Voilà, ma conclusion est que puisse 2015 être l'année de la lucidité et de la diversité d'une véritable politique du logement à Paris qui embrasse dans ses murs toutes les Parisiennes et tous les Parisiens dans la réalité de leur famille, de leur vie et de leur bonheur. Je vous remercie.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - Merci, Monsieur AZIÈRE. Je vous rappelle que les catégories de logement sont définies par la loi. Monsieur David ASSOULINE, vous avez la parole.

M. David ASSOULINE. - Monsieur le Président, Monsieur le Maire, mes chers collègues, c?est un plaisir, une énorme satisfaction que de défendre un budget qui acte concrètement, dans la vie des Parisiennes et des Parisiens, les engagements pris devant eux au moment où ils ont été appelés à choisir leur Maire de Paris et les équipes municipales dans les arrondissements. Ce n'était pas évident. Ce n'était pas simple à élaborer et à réussir, tant la conjoncture internationale, nationale, tant la crise économique et budgétaire est forte, tant les contraintes qui en résultent ne permettent pas la facilité. Mais cela a été possible grâce à une gestion saine depuis 2001, ce qui n'a pas été le cas nationalement depuis 2002. Oui, tenir ses engagements, c'est le premier acte, la base même du lien de confiance qui lie les élus à celles et ceux qui les ont élus, et c'est comme cela que peut se renouer la confiance qui se distend entre les citoyens et la politique dans notre pays. Et c'est comme cela que l'abstention peut être combattue. Et c'est comme cela aussi que l'on peut réduire la place qu'occupent les démagogues et les populistes dans le débat public et les votes. Ils nous ont élus pour que l'on crée plus de logements. Nous le faisons. 10.000 logements sociaux, 573 millions d'autorisations de programme. Ils nous ont élus pour que l'on poursuive et amplifie les grands aménagements urbains tout comme l'offre de transports dont Paris a besoin. Nous le faisons. C?est 97 millions d'autorisations de programmes pour les espaces verts et l'environnement. Ils nous ont élus pour que Paris soit respirable et à la hauteur du défi de la transition énergétique. Nous le faisons. C'est tout ce qui est investi en particulier pour ces espaces verts et pour l'environnement, mais pour 333 millions d'autorisations de programme pour la politique de déplacement et 133 millions pour l'urbanisme. Ils nous ont élus aussi pour que Paris soit une ville solidaire, que ceux qui y vivent puissent y rester, que les quartiers populaires ne soient ni paupérisés ni ghettoïsés, ni vidés de nos concitoyens les plus démunis. Nous le faisons. Nous le faisons malgré une baisse de recettes parce que les dix dernières années, une gestion saine de notre ville nous le permet aujourd'hui. Et je veux dire aux donneurs de leçon de la droite, à Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, qui s?exprimait ce matin, qui a fait partie des gouvernements précédents, et à M. LELLOUCHE, qui a encore voulu donner des leçons tout à l'heure et qui lui aussi en faisait partie, que dans le même temps, ces 10 dernières années, sur le plan national, c?est le doublement de la dette, 100 %, et sur les cinq dernières années de leur gouvernement, 600 milliards. Alors, oui, sur le plan national, c'est plus difficile avec un tel héritage. Avec l'héritage de deux mandatures de gauche à Paris, nous pouvons nous permettre cette politique aussi ambitieuse. Ils nous reprochent aussi de nous endetter, oubliant que cet endettement aujourd'hui est un endettement pour le patrimoine de demain entièrement tourné vers l'investissement - 10 milliards sur la mandature. Si cela avait été le cas les dix dernières années au plan national, notre compétitivité dont parlait M. LELLOUCHE aurait été "boostée" et la balance du commerce extérieur n'aurait pas explosé de façon exponentielle comme ce fut le cas sur le plan national les dix dernières années de gouvernement de la droite. Je veux dire aussi que critiquer l'investissement parce qu'on investirait trop? j'ai vu que les 10 milliards ont été critiqués. Mais alors, pas d'investissement public? mais la dernière fois, on discutait de 500 millions d'investissements privés pour la Tour Triangle. Ils nous disaient non aussi, la droite, pas d'investissement privé ! Pas d'investissement public ! C'est la vitrification de Paris ! Et on nous parle d'attractivité et de compétitivité? je veux dire à ces donneurs de leçon qu'heureusement que nous sommes aujourd'hui, non seulement dans la préparation de l'avenir, mais dans le maintien des équilibres nécessaires au bien-être à Paris : la solidarité, le social, le logement, l'école, les crèches, tout ce qui fait qu?il fait bon vivre ensemble à Paris et que c'est une gageure aujourd'hui, et je veux saluer la détermination de la Maire de Paris et de son Exécutif à faire en sorte, alors que tout tourne autour de présupposés ou d'évidences contraires sur le plan national, que l'on peut conjuguer la justice sociale, que l'on peut conjuguer la solidarité, que l'on peut conjuguer de tenir ses engagements en faveur des plus défavorisés pour que tout le monde puisse vivre à Paris et en même temps, se projeter dans la modernité pour que Paris soit et reste attractive et soit à la pointe des capitales mondiales.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci, David ASSOULINE. La parole est à Mme Sandrine MÉES, pour le groupe Ecologiste. Il vous reste 7 minutes 20 pour trois intervenants.

Mme Sandrine MÉES. - Merci, Monsieur le Maire. Merci, chers collègues. Notre terre brûle. Lutter contre la pollution de l'air est urgent et au XXIe siècle, l?écologie n?a plus à être sacrifiée à l'emploi et à l?attractivité, comme nous venons de l'entendre sur les bancs de la droite. Après ce bref préambule, je commence "in medias res" car la planète brûle et le temps file. Libérer Paris des véhicules polluants, cela passe par la limitation de leur emprise physique sur l'espace public. La municipalité poursuit son travail pour cet enjeu, loin des effets d'annonce que nous entendons à la droite de nos rangs, par la revalorisation du stationnement des autocars, la révision du zonage du stationnement rotatif, des négociations avec les concessionnaires des parcs de stationnement souterrain parisiens pour que les tarifs pour les Parisiens deviennent plus abordables, ainsi qu?avec le travail avec les acteurs concernés par le stationnement professionnel. C'est pour soutenir ce travail ambitieux que le groupe écologiste a déposé un amendement à ce budget visant à inscrire 20.000 euros pour une étude sur l'évolution du stationnement des deux-roues motorisés à Paris à l'horizon 2020. En effet, dans la croissance importante des déplacements en deux-roues motorisés depuis plusieurs années, la pression sur le stationnement est accentuée, la pression sur l?espace public aussi. Cette étude aura pour but de dégager les pistes qui permettent de mieux réguler le stationnement des deux-roues motorisés, parvenir à l'objectif que ces deux-roues motorisés ne stationnent plus sur les trottoirs. Ainsi, la lutte contre la pollution de l'air et pour un meilleur partage de l'espace public est une priorité à laquelle nous travaillons, et les premiers engagements concrets, vous pouvez les constater dès ce premier budget. Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup. Pour le groupe Communiste - Front de gauche, la parole est à M. Sergio TINTI.

M. Sergio TINTI. - Merci, Monsieur le Maire. La part de l?investissement dans les équipements sportifs reste un réel enjeu de notre mandature. Le service public du sport et des activités sportives fait partie de ces domaines des collectivités locales qui sont un peu à part, car il s'occupe, au même titre que la culture, du temps libre des Parisiennes et des Parisiens. Cette délégation est une des plus importantes en termes d'équipements publics et contribue, par le biais de ces installations sportives, à l'accomplissement des programmes scolaires de l?éducation physique et sportive du primaire jusqu'à l'université. Elle fait partie aussi de ces délégations qui visent à favoriser l'épanouissement de l'individu, en proposant une offre accessible d'activités sur leur temps libre. Cet enjeu de socialisation et de santé publique est profondément social, car le sport pour tous est aussi un moyen de réduction des inégalités et de démocratisation des pratiques. Nous touchons donc ici à la vie quotidienne des Parisiennes et des Parisiens et à la gestion d'une partie de leurs loisirs. Cet appui aux forces fournies par notre collectivité passe essentiellement par deux facteurs : la création et l'entretien des équipements, d?une part, et l'accompagnement du tissu sportif parisien, qu?il soit municipal ou associatif. Au niveau des équipements, nous considérons très positive la part accordée aux équipements sportifs de proximité dans le plan d'investissement de la mandature. Le fait que 46 millions d?euros soient inscrits dans le budget 2015 pour construire de nouveaux équipements et rénover la structure existante, est pour nous un réel motif de satisfaction. Cet effort est tout à fait louable, mais il était avant tout nécessaire. L'effort fourni par la Municipalité depuis 2001 compense pour une grande part le manque abyssal d'équipements de proximité sportifs, ou autres d?ailleurs, laissé par la droite. Le grand projet que la droite vient de présenter aujourd'hui, notamment au niveau de l'investissement, résonne plutôt comme un déjà vu. Néanmoins, nos efforts devront se traduire également par des créations de poste pour gérer ces équipements, afin que le service public soit exercé dans les meilleures conditions possibles. Nous devons persévérer dans cet effort de rattrapage de ce retard. Le développement du sport à Paris va obligatoirement de pair avec l'augmentation des lieux à la disposition des Parisiennes et des Parisiens pour le pratiquer. Répondre aux nouveaux besoins dans le domaine des pratiques sportives et de loisirs nous semble aujourd'hui incontournable. Cette ambition d'améliorer l'offre sportive doit être maintenue au niveau de la Ville, comme au niveau métropolitain. C'est d'ailleurs pour cela que nous avons déposé un v?u rattaché à ce budget, relatif au maintien du niveau de fonctionnement dans le soutien financier des parcs interdépartementaux. Ce manque d'équipement était d?ailleurs évident au moment du débat d?octobre sur l'extension des horaires d'ouverture des équipements municipaux. Les pistes que nous avions évoquées lors de ce débat, notamment par les négociations avec le Rectorat pour rendre accessibles les équipements sportifs des groupes scolaires parisiens, doivent continuer pour donner accès aux associations à plus de créneaux et, donc, cibler ce maillage d'un tissu sportif qui n'a fait que se développer depuis maintenant plus de 12 ans. C'est d?ailleurs au soutien à ce tissu sportif qu?est lié notre amendement au budget concernant le sport, visant à rétablir les subventions aux associations sportives de proximité. Nous pensons qu'il est nécessaire de garantir à ces structures les moyens de faire un travail de qualité indispensable pour répondre aux demandes des citoyens de notre Ville, notamment les plus jeunes, et de faire vivre ainsi le sport à Paris. Enfin, parler de la politique sportive à Paris, c'est bien sûr parler de ceux qui la permettent quotidiennement sur le terrain. Je parle des agents de la Ville de la Direction de la Jeunesse et des Sports, qui font un travail indispensable qui n'est pas toujours des plus aisés et qui méritent une amélioration de leurs conditions de travail, amélioration qui devra passer aussi, nous l'espérons, par la réouverture des discussions sur la question des primes du dimanche. C'est en ce sens que nous avons déposé un v?u relatif à la relance du dialogue social au sujet des primes dominicales. Il est impératif, maintenant que les élections professionnelles sont passées, d?arriver rapidement à un accord respectueux des revendications portées par les agents depuis de nombreux mois. Alors que nous défendons le temps libéré pour les salariés dans le débat sur le travail du dimanche, il est normal que les agents de la fonction publique qui prennent sur eux d'offrir aux Parisiens et aux Parisiennes des activités sportives ou culturelles sur le temps libéré, puissent bénéficier d'une rétribution juste. Plutôt satisfait de ce budget 2015 dans le domaine du sport, notamment au niveau de l'investissement, le groupe Communiste - Front de Gauche restera vigilant sur l?exigence d?une politique sportive ambitieuse à la hauteur des attentes des Parisiennes et des Parisiens. Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Monsieur TINTI. Pour le groupe U.M.P., la parole est à Mme Delphine BÜRKLI.

Mme Delphine BÜRKLI, maire du 9e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire. Dans la série des cadeaux de Noël faits aux Parisiens, je vous propose pour ma part d?aborder cet après-midi celui de la hausse de la taxe de séjour, dont on nous annonce la mise en place en début d'année prochaine après la trêve des confiseurs, une hausse qui sera définitivement adoptée dans quelques jours au Parlement, mais dont on connaît désormais les grandes lignes et, surtout, son impact sur les hôtels 3 et 4 étoiles, puisque les 5 étoiles visés au départ ne sont en réalité que 50 à Paris. On compte en revanche 284 hôtels 4 étoiles et, surtout, 664 hôtels 3 étoiles, le 9e étant l'arrondissement de Paris où il y a la plus forte concentration d?hôtels 3 et 4 étoiles. On est bien loin de cette image de taxe des palaces, régulièrement évoquée dans le débat fiscal et au sein de notre Assemblée. Vous allez me dire, comme c?est votre habitude, que Paris accueille chaque année un nombre croissant de touristes venus pour affaires ou agrément. Certes. Mais laissez-moi vous dire que les faiblesses de notre ville sont malheureusement de plus en plus visibles, consécutives à une absence totale de politique touristique ambitieuse depuis de trop nombreuses années. J?ai tiré le signal d'alarme en juillet dernier devant vous, en proposant de faire du tourisme une grande cause parisienne. Cette proposition reste toujours d'actualité face à la baisse de la fréquentation des hôtels de 2,4 % début 2014, avec notamment un recul de la clientèle étrangère. C'est un signal non négligeable à prendre en compte. Dans votre rapport budgétaire, vous nous indiquez que la taxe de séjour atteindra un montant prévisionnel de 80,5 millions d?euros en 2015, en hausse de 40 millions d'euros par rapport au B.P. 2014, soit 98 % d'augmentation. C'est une aubaine pour alimenter les caisses de la Ville qui se vident, mais quelle étonnante façon de valoriser le secteur touristique parisien, pourtant si porteur, et en particulier en termes de création d?emplois. Je me permets de vous rappeler que le nombre d'emplois de la filière tourisme dans Paris est estimé, selon l'INSEE, à 180.000, soit 15 % du total parisien. Si l'on ajoute les emplois indirects, ceux des grands magasins du boulevard Haussmann, par exemple, qui accueillent 45 millions de visiteurs annuels, le chiffre passe à 22 % des emplois, soit un salarié parisien sur cinq qui dépend du secteur touristique. Dans votre budget 2015, je n'ai rien trouvé qui soit un signal positif en direction du secteur économique touristique. Bien au contraire, tous les signaux sont au rouge : relèvement des tarifs de stationnement des autocars sans proposer ne serait-ce que le lancement d'une étude sur le développement de modes de transports alternatifs, non polluants - et nous en avons cruellement besoin dans le Centre de Paris -, opposition à la création sur l'ensemble de Paris d'une zone touristique permettant l'ouverture dominicale des commerces, absence de décisions pour améliorer les liaisons entre le Centre de la Capitale et l'aéroport de Paris Charles de Gaulle, et hausse de la taxe de séjour. Autant de signaux négatifs qui inquiètent non seulement les Parisiens, les élus que nous sommes, jusqu'à certains socialistes et non des moindres, MM. VALLS, MACRON, FABIUS, qui ne manquent pas de vous interpeler sur tous ces sujets stratégiques depuis plusieurs mois. Ce budget primitif 2015, mais également votre plan d'investiture de la mandature, sont la preuve qu?à Paris, sur la question du secteur touristique, nous continuons à vivre sur nos acquis, sans chercher à développer l'extraordinaire potentiel que nous avons entre les mains et à ne pas voir, à ignorer même, la concurrence féroce que nous livrent les capitales européennes et mondiales. Vous nous dites que dans les quatre années à venir, ce sont 3.700 nouvelles chambres d'hôtel qui sont prévues. C'est encore bien en-deçà des besoins. Tous les professionnels le disent : il manque aujourd'hui 15.000 à 20.000 chambres d'hôtel pour pouvoir répondre à la demande sur les 3 et 4 étoiles. Depuis 20 ans, le nombre de chambres d'hôtel augmente à Paris de façon continue, mais à un rythme peu soutenu : + 5 % entre 1999 et 2010, alors qu?il a augmenté de 37 % sur le reste du territoire dans le même temps. Résultat : le taux moyen d'occupation des hôtels parisiens s?établit à 80 %, 100 % sur certaines périodes, et l'ajustement se fait par les prix qui ne cessent d?augmenter au profit de Berlin, Barcelone, Rome ou Londres qui affichent, toutes, des tarifs moyens hôteliers inférieurs aux nôtres. La seule réponse de la gauche parisienne face à cet enjeu majeur, est de taxer plus et encore plus. En Allemagne, pour 100 euros dépensés par un touriste dans une chambre d?hôtel, c?est 19 euros qui partent dans les caisses de la ville et de l'Etat. A Paris, sans compter la future hausse, c'est 25 euros. De surcroît, la justification que vous faites de cette taxe est particulièrement inexacte. Vous avancez l'argument - je cite - de la modernisation de la taxe par les efforts de la Ville pour promouvoir l'attractivité touristique. Très bien. Quand on regarde votre rapport, la réalité est toute autre. Dans les faits, si les recettes de la taxe de séjour n'ont cessé de progresser ! La subvention de la Ville à l?Office du tourisme quant à elle stagne depuis 2002. Vous ne manquerez pas de me répondre tout à l?heure que les investissements de la Ville en faveur de l?attractivité touristique ne se résument pas à la subvention à l?Office du tourisme, mais représentent, comme l'affirme la communication, un effort financier de 250 millions d?euros, ce à quoi, je vous réponds d?ores et déjà que l?emploi que vous faites des recettes de la taxe de séjour est bien au contraire souvent totalement ignoré de son objet initial si l?on en croit le B.P. 2014, puisque le fruit de la taxe a permis la rénovation de l?éclairage rue d?Avron dans le 20e arrondissement, le financement d?une mystérieuse ligne budgétaire "Investissements, art dans la ville" et la contribution de 11 millions d?euros à la Préfecture de police et à la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris. L?importance de cette contribution suscite d?ailleurs plusieurs interrogations légitimes. Cette somme a-t-elle permis de financer des actions spécifiques de sécurité pour les touristes et, si oui, lesquelles ? Ou s?agit-il simplement d?un mode de financement de la contribution générale due de façon légale pour les actions municipales de la Préfecture de police pourtant pas annoncées en baisse pour 2015 ? Je précise que ce n?est pas le principe même de cette taxe que nous contestons. Mon collègue Jean-François LEGARET l?a déjà rappelé, c?est la majorité municipale de 1993 qui l?avait instituée alors que le groupe socialiste avait voté contre. Aujourd?hui, nous contestons l?usage de cette taxe et l?abus que vous en faites. Votre politique touristique est aujourd?hui en roue libre parce que vous considérez que cet atout va de soi, parce que vous sous-estimez ce secteur économique essentiel qui reste mal-aimé et sous-exploité. Vous prétendez que le tourisme est une richesse inépuisable dans notre ville, innée et qui existera toujours. Ce qui vous amène à vous reposer sur nos acquis et c?est une faute. C?est une faute de continuer d?associer dans nos représentations le tourisme à l?oisiveté et aux loisirs, et de considérer qu?il n?est pas sérieux pour un pays développé de s?en préoccuper. Je vous propose d?impulser une nouvelle politique touristique pour Paris conciliée au bien-être des Parisiens, de mieux accueillir nos visiteurs comme il convient, avec enthousiasme, et non pas en les considérant comme une simple dépense de fonctionnement. Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci, Madame BÜRKLI. Pour le groupe UDI-MODEM, la parole est à M. Yann WEHRLING.

M. Yann WEHRLING. - Monsieur le Maire, chers collègues, mon intervention portera sur le budgétaire climat. Dans ce débat budgétaire, je me réjouis de constater que notre Ville a réalisé un exercice comptable carbone, permettant au travers du bleu budgétaire climat annexé au budget 2015 de pouvoir bien comprendre quelles sont les dépenses de notre collectivité qui contribuent à la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre. L?exercice n?est pas encore une généralité en France dans les collectivités, il convient donc de le saluer. Je dois néanmoins reconnaître une fois de plus que le document que vous avez publié est plus un document émanant des services de la communication de la Mairie que de la Direction des Finances. Dans la forme, cette annexe au budget n?apporte quasiment aucune information budgétaire nous permettant grosso modo de connaître la valeur carbone des euros dépensés par la Ville de Paris. Au lieu de cela, nous avons une liste des réalisations ayant contribué aux réductions des émissions de gaz à effet de serre. C?est fort instructif, certes, mais un rapport exhaustif et éclairant devrait indiquer quelles sont les dépenses qui, elles, auront contribué aussi aux gaz à effet de serre. Car évidemment une ville comme Paris, dans son activité, produit des gaz à effet de serre et il convient également d?en faire la liste dans un tel rapport : notre flotte de véhicules, les transports en commun, la consommation énergétique de tous les bâtiments de la Ville mais aussi, de manière indirecte par notre commande publique, nos investissements, notamment dans le champ du B.T.P. ; il convient de ne pas oublier l?énergie grise contenue dans les matériaux de construction. Et je ne peux m?empêcher d?ajouter qu?un bilan carbone d?une ville comme Paris doit aussi intégrer les émissions de ce qu?elle peut permettre en termes d?urbanisme. Ainsi je ne résisterai pas à vous rappeler que la tour Triangle sera un poids à mettre du côté de la balance de l?augmentation des émissions de gaz à effet de serre de la Ville. Sur le fond, malgré l?absence de données budgétaires et s?il faut considérer ce document comme un rapport annuel du Plan Climat plus que comme un rapport budgétaire, j?en ferai une lecture comptable non pas budgétaire mais une lecture sur son objet même : la réduction des gaz à effet de serre et le respect des objectifs initiaux annoncés en 2007 et confirmés en 2012. Je les rappelle ici. Le plan se fixe d?atteindre en 2020, par rapport à 2004 à l?échelle de la Ville, 25 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre, 25 % de réduction des consommations énergétiques du territoire et 25 % de consommation énergétique du territoire provenant des énergies renouvelables. 2020, c?est-à-dire la fin de ce mandat, ce bleu climat permet-il d?y voir clair sur le respect de ces objectifs ? Les chiffres se multiplient au point de nous noyer. On a beau croiser et recroiser les chiffres, impossibles de s?y retrouver de manière claire et simple. Comment, par exemple, ne pas réussir dans un tel document à expliquer sur trois graphiques par exemple la courbe d?avancement des réductions de gaz à effet de serre, de consommation énergétique et de recours aux énergies renouvelables . C?est un exercice qui ne devrait pas être trop compliqué mais on n?arrive pas à l?avoir. Comme le disait une des amies de Mme la Maire, quand c?est flou, c?est qu?il y a un loup. A la louche, mais en n?ayant évidemment pas les outils à ma disposition pour vérifier cela finement, j?ai néanmoins tenté quelques calculs que, je l?espère, vous réussirez à contredire en nous rassurant tous. 25 % de consommation d?origine renouvelable, bel objectif mais qu?en est-il aujourd?hui ? A vue de nez, j?estime cette situation aujourd?hui à 13 %. Il s?agirait donc de doubler d?ici 2020. Est-ce réaliste ? 25 % de gaz à effet de serre d?ici 2020, encore une fois un bel objectif. Le dernier bilan de la période 2007-2012 que j?ai pu voir dans les documents de la Ville faisait apparaître une réduction tendancielle des émissions de gaz à effet de serre à Paris de 2 % entre 2004 et 2009, soit en moyenne 0,4 % par an. Une rapide extrapolation nous conduits à moins 6,4 % d?ici 2020 par rapport à 2004, autant dire très loin de l?objectif des moins 25 %. Et j?imagine difficilement que nous pourrions faire en cinq ans plus de 1,5 fois plus qu?au cours des dix dernières années. Quelques focus encore qui confortent cette première appréciation et impression. Dans le domaine de la rénovation énergétique du bâtiment, si on peut noter, comme d?autres orateurs l?ont dit, les remarquables efforts réalisés dans le domaine de la rénovation du logement social avec plus de 12 % du parc qui aura été rénové depuis 2007, on ne peut que constater que, dans le privé, les quelques 800 logements rénovés depuis 2008 représentent moins de 0,1 % des logements parisiens à Paris. Ceci ne faisant que confirmer ce que tout un chacun constate au quotidien, à savoir que la très grande majorité du bâti parisien reste un véritable gruyère énergétique. Additionné au parc social, ce maigre effort ne constitue au final pas plus de 3 % du parc de logements, sachant que l?effort de réduction des gaz à effet de serre voulu dans le Plan Climat est de moins 25 %, je le rappelle encore, ce faible progrès dans un champ qui constitue pourtant près du quart des consommations énergétiques et des émissions de CO2, on est en droit de douter de l?atteinte desdits 25 %. En comparant le bleu climat 2013 au bleu climat 2014, les indicateurs de suivi annuel confirment eux aussi les inquiétudes. Beaucoup de chiffres sont positifs : baisse des consommations du côté de la C.P.C.U. mais baisse de la part des énergies renouvelables dans le réseau de la même C.P.C.U. ; baisse des consommations des équipements de la Ville ; infime baisse des émissions de CO2 de l?administration parisienne ; augmentation de l?usage des transports en commun, du fret de marchandises par rail et du Vélib?. Mais d?autres indicateurs sont plus négatifs tels que l?augmentation des déplacements en véhicules automobiles, la baisse du fret de marchandises par le fleuve, l?augmentation des jours de pollution de l?air, etc. Indicateurs négatifs réduisant les indicateurs positifs. Je serais ravi que vous contredisiez mes calculs pour nous rassurer tous sur le fait qu?une fois de plus les grands objectifs des Plans Climat qui ont fleuri ces dernières années ne sont pas que des plans de com? difficiles à atteindre. Il est pour le moins assez délicat, vous le reconnaîtrez, de pouvoir lire dans le bleu budgétaire avec limpidité le suivi de ces avancées. J?en conclus une chose essentielle, non pas de vous jeter la pierre sur une action qui ne serait pas au rendez-vous de vos ambitions, bien souvent, en écologie comme en tout domaine dans lequel on voudrait jouer d?excellence, j?ai tendance à préférer une certaine modestie d?ambition mais des résultats à la hauteur que des montagnes qui accouchent de souris. En attendant, s?il se confirmait que nous ne serons pas en mesure d?atteindre, comme je le crains, 25 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre, 25 % de réduction de consommation énergétique et 25 % de consommation énergétique du territoire provenant d?énergies renouvelables, dans ce débat budgétaire, j?en déduis une chose essentielle : les objectifs du Plan Climat ne seront pas atteints et, même si je peux bien déceler dans vos communications un volontarisme destiné à vous donner l?image d?une collectivité digne d?accueillir fin 2015 la Conférence climatique, l?écologie supporte de plus en plus difficilement l?affichage en décalage des réalités. Il n?est pas trop tard pour éviter cela. La question que je me pose légitimement, c?est que dans un tel débat budgétaire, si les actions n?ont pas les résultats qui permettront d?atteindre les objectifs du Plan Climat, c?est donc qu?il faut "booster" l?action, notamment en terme d?arbitrages budgétaires qui, je le crois, dans ce domaine, manquent en réalité d?ambition. Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci, Yann WEHRLING. Pour le groupe Socialiste et Apparentés, la parole est à M. François VAUGLIN.

M. François VAUGLIN, maire du 11e arrondissement. - Ce premier budget de la mandature, c?est celui des engagements tenus. Malgré la difficulté du contexte? et encore, que n?avons-nous entendu l'opposition gloser sur notre soi-disant impéritie, intempérance, disait ce matin M. LEGARET, jusqu?à ce qu?elle présente finalement un contre-budget dont il faut bien dire qu'il est plein de commentaires sur notre action mais bien vide de propositions concrètes pour les Parisiens. Malgré les difficultés, donc, ce premier budget traduit avec fidélité nos priorités : faire de Paris une ville toujours plus dynamique, solidaire et environnementalement responsable, sans augmenter les impôts. La solidarité se traduit particulièrement par l'effort soutenu que nous déployons pour les familles, l'enfance et la jeunesse : 439 places en crèche auront été livrées depuis les dernières municipales et 602 le seront dès l'an prochain, en ligne avec le nouveau "plan crèches" du Plan d'investissement pour la mandature. Afin de multiplier l?offre d?accueil, le montant des subventions aux 34.000 places d'accueil collectif connaîtra une hausse très sensible de 7 millions d'euros, portant son montant total à 90 millions. L?effort d?investissement pour les locaux scolaires conduira à livrer l?an prochain plusieurs écoles et collèges, dans le 10e, le 13e, le 15e et le 17e. L'entretien ne sera pas en reste non plus, puisque notre collectivité consacrera 75 millions d'euros à l'entretien lourd dans nos arrondissements. Vous le savez, l'intervention de Paris dans les écoles ne se limite pas au clos et au couvert. Par son engagement sur le périscolaire, Paris présente une offre unique aux enfants dans nos écoles. Cet effort sera maintenu pour proposer des ateliers de qualité dans le cadre de l'aménagement des rythmes éducatifs, des activités périscolaires gratuites, favorisant l?accès à la culture, à la science et aux sports. Le maintien de la totale gratuité de ces activités préservera le pouvoir d'achat des familles parisiennes, sans renier la qualité de l'offre périscolaire. Puisque la carte de l'éducation prioritaire vient d'être revue par le Rectorat, je voudrais en dire un mot. Cette réforme est juste dans ses principes puisqu?elle propose de réaffecter les moyens, en légère augmentation globale à Paris, sur les écoles qui en ont le plus besoin. Sa mise en ?uvre a toutefois nécessité une grande vigilance des élus locaux que nous sommes et je tiens à saluer le travail conduit par Alexandra CORDEBARD pour défendre les besoins des écoles dans nos quartiers. Je parle en connaissance de cause car mon arrondissement est celui qui porte le plus lourd effet de cette réattribution des moyens : le 11e voit 11 de ses écoles sortir de l?éducation prioritaire sans aucune entrée nouvelle. C'est pourquoi je tiens à défendre un amendement proposé par mon groupe, celui des élus Socialistes et Apparentés, pour organiser un accompagnement des écoles qui sortent de ce dispositif. En effet, la Ville apporte des moyens supplémentaires aux écoles en éducation prioritaire et c'est heureux. Afin de lisser l'effet de la sortie de 45 écoles de ce réseau, nous souhaitons abonder le projet de budget 2015 de 50.000 euros pour les moyens matériels de ces écoles et de 250.000 euros pour maintenir les moyens supplémentaires consacrés aux ateliers bleus, aux classes de découverte à la neige, à la mer, à la campagne, aux classes vertes et aux classes patrimoine. Cet effort supplémentaire permettra de maintenir un niveau de deux ateliers pour les écoles concernées et un taux de satisfaction de 60 % des classes de découverte. Pour conclure, je voudrais souligner combien nos choix budgétaires marquent un engagement d'autant plus fort car c?est lorsque les choses sont difficiles que les choix prennent tout leur sens. Solidarité, environnement et innovation sont au rendez-vous du budget 2015 : c?est la raison de notre soutien entier à ce projet pour Paris.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire. Pour le groupe Écologiste de Paris, la parole est à Mme Marie ATALLAH.

Mme Marie ATALLAH. - Merci, Monsieur le Maire. Mon intervention porte sur la politique sociale de ce premier budget de la mandature. Je souhaiterais, tout d'abord, dire que nous partageons l?approche adoptée pour construire ce premier budget. Comme l'avait annoncé Mme la Maire, il doit permettre à Paris d?être, malgré la crise, une ville dynamique et solidaire. En ce sens, les économistes estiment que ce premier budget social se fixe des objectifs ambitieux et comporte des mesures fortes qui répondent clairement aux enjeux sociaux du contexte actuel. Avec 2,3 milliards d'euros pour la solidarité, c?est un budget social qui résiste aux contraintes de la politique sociale de l'Etat. En augmentant les budgets relatifs aux aides légales, comme le R.S.A. (plus 33 millions d'euros), l?A.P.A. (plus 7 millions d'euros) ou la P.C.H. (plus 18 millions d'euros), Paris assume pleinement ses responsabilités en matière de solidarité. C'est d'ailleurs l'occasion pour nous, élus écologistes, d?exprimer ici haut et fort notre mécontentement vis-à-vis de l'Etat qui refuse de verser à notre collectivité la totalité de sa part de financement des aides légales. Avec un premier budget de 3 millions pour la grande cause de lutte contre l'exclusion, c'est un budget social qui vise à faire de Paris une ville modèle de protection et d'insertion sociale des catégories les plus fragiles de sa population. Les élus écologistes participent, aux côtés de Mme VERSINI, au chantier de l?élaboration du "Pacte parisien contre l'exclusion" et saluent le financement de ses deux premiers projets prévus pour 2015 : un accueil de jour pour familles avec enfants mineurs et un huitième restaurant solidaire dans le 19e arrondissement. Un autre projet concret nous semble être prioritaire, Monsieur le Maire, à réaliser en 2015. C'est pour cela que nous soumettons à notre Assemblée un amendement budgétaire relatif à la création d?un espace d'accueil pérenne et favorable à l?insertion des familles de culture Rom. Ce budget social est aussi fondé sur les valeurs de l'efficacité, l?équité et la justice sociale. Avec les mesures de modernisation et rationalisation de la gestion et du fonctionnement du Centre d'action sociale de la Ville et les mesures de réforme relatives à certaines prestations, Paris arrive à préserver sa politique de solidarité en faveur des Parisiens qui rencontrent des difficultés financières pour assumer toutes les dépenses de la vie quotidienne. Les élus écologiste soutiennent toutes ces mesures qui répondent à l'objectif de l'équité et de la justice sociale. Cependant, nous souhaitons proposer ici que soit évalué l'impact de ces nouvelles mesures sur la mobilité des personnes âgées dans la ville pour ce qui concerne la réforme liée à l'attribution de la carte de transport et sur la qualité du service rendu aux usagers en ce qui concerne la mesure qui consiste à supprimer le financement du coût supplémentaire appliqué par certains intervenants dans le domaine de l'aide à domicile. Nous soutenons également ce budget qui vise le double objectif de la réduction des inégalités sociales comme des disparités spatiales. Avec l'annonce qu'aucun arrondissement parisien ne sortira du prochain dispositif "politique de la ville" et le maintien des financements de la Ville dans le cadre de ce dispositif, Paris réaffirme son engagement pour une action transversale et territorialisée en faveur de l'ensemble de ses quartiers populaires, quartiers qui ont bien besoin d?une double action : l?une urbaine et l'autre en direction de ces populations en difficulté. Pour mieux mobiliser les habitants des quartiers populaires de Paris et les intéresser à l?amélioration de leur territoire, nous souhaitons souligner ici l'importance du chantier relatif au budget participatif, qui constitue l?un des plus beaux défis de la mandature, et souhaitons proposer que soit menée une expérimentation spécifique aux quartiers populaires, en vue de faire émerger des projets élaborés par et pour les habitants de ces quartiers qui, malheureusement, restent éloignés de la participation à la vie de la cité. Mon dernier point, que je souhaite souligner ici, est celui du budget de l'intégration des populations étrangères et immigrées à Paris. Le budget en faveur de l'intégration se doit, d?abord et avant tout, d?aider les plus démunis dans leur accès au droit commun dans la ville, dans tous les domaines de la vie quotidienne, notamment et surtout le logement. Pour n'en citer qu'un parmi de nombreux exemples qui illustrent les difficultés de ces populations les plus démunies, je citerai le Plan de réhabilitation des foyers de travailleurs migrants que nous soutenons depuis son lancement en 2005 et qui nécessite aujourd'hui, selon nous, un accompagnement plus adapté, une meilleure volonté d'accélérer l'avancement de ce chantier qui dure depuis plus de dix ans. Avec 20 millions, ce budget spécifique à l'intégration correspond à notre vision de Paris capitale mondiale qui assume sa culture plurielle et qui se veut être une ville refuge pour les personnes qui fuient la misère économique ou écologique, les violences des guerres ou encore la violence des dictatures. La population étrangère ou immigrée compte entre 15 et 20 % de la population parisienne. Elle est, pour nous, une source de richesse. Elle contribue à nourrir la diversité sociologique et culturelle de Paris, mais aussi amplifie son rayonnement économique et sa capacité d'ouverture sur le monde. Enfin, vous aurez compris, Monsieur le Maire, notre soutien fort à ce choix budgétaire en faveur de notre objectif d'une ville solidaire et durable, nous l'assumons avec vous et nous resterons actifs pour contribuer à faire avancer le progrès social et humain. Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame ATALLAH. Il restera une minute pour votre dernière intervention. Pour le groupe Communiste et Front de Gauche, je donne la parole à M. Jean-Noël AQUA.

M. Jean-Noël AQUA. - Merci, Monsieur le Maire. Mon intervention portera sur nos deux v?ux concernant les lignes budgétaires de subvention aux pôles de compétitivité, ainsi que sur le projet de délibération sur "Paris et compagnie", qui a été rattachée au débat budgétaire. La baisse de 11 milliards des dotations aux collectivités territoriales est à l'origine des difficultés financières que nous rencontrons. Elle s'inscrit dans le pacte de prétendue responsabilité conclu par un Gouvernement désireux de satisfaire aux dogmes libéraux qui transpirent aussi, d'ailleurs, dans le contre-budget de l'UMP, aux dogmes libéraux imposés par Bruxelles, et notamment au dogme des 3 % de services publics. Au-delà de son caractère non-scientifique, ce dogme des 3 % s'inscrit dans une logique avant tout comptable, où les intérêts du capital passent avant l'intérêt de la population. Les collectivités en font aujourd'hui les frais. Pour notre majorité élue sur un programme solidement ancré sur des valeurs de gauche, où le social et le développement des services publics sont fondamentaux, la baisse des dotations aux collectivités est contraire aux engagements de la gauche, mais c'est une réalité. Nous l'avons amortie et en partie compensée par une série de financements alternatifs, mais elle nous oblige à faire certains choix sur le court terme. Dans ce contexte, le soutien direct aux entreprises doit être revu à la baisse. Il s'agit tout d'abord d'une mesure de justice et d'équilibre. Il serait incompréhensible que notre collectivité fasse des économies sur certains budgets, comme par exemple sur celui du scolaire ou de l'enseignement supérieur, et pas sur le soutien direct aux entreprises. Je parle ici du soutien direct. J'insiste, car notre collectivité, en garantissant des services publics de qualité, par exemple, en matière de transport, de recherche ou d'infrastructures, soutient "de facto" le tissu socioéconomique de notre territoire, dont bénéficient déjà largement les entreprises. Mais au-delà de notre volonté de réaliser des efforts équilibrés, il s'agit aussi, par ces deux v?ux, de responsabiliser les responsables. Je ne parle pas des responsables politiques, quoi que certains, sur les bancs de l'UMP, ont participé aux gouvernements qui ont mis en place les politiques libérales à l'origine de la crise que nous connaissons, et répètent aujourd'hui leur leçon éculée. Ils et elles prétendent aujourd'hui revenir aux affaires en se lavant les mains de leurs responsabilités. Il s'agirait d'arrêter de prendre les gens pour des imbéciles. Mais la crise financière de 2008, dont nous continuons de payer les conséquences, est à la base, quand même, une crise du secteur privé qui a été transférée aux états via le soutien massif au secteur bancaire, puis économique. Par effet domino, les collectivités en paient désormais la facture avec la diminution de leurs dotations. Tout ceci pour garantir, dans une vision soi-disant libérale de l'économie, une politique de l'offre, où l'on favorise les entreprises en priant pour que ce soit bon pour l'ensemble de la société. N'étant pas adeptes des vaines espérances, nous pensons qu'il faut agir autrement. Les entreprises ont bénéficié du soutien de la collectivité à l'origine de nos difficultés : elles doivent aujourd'hui contribuer à l'effort collectif, d'autant que les entreprises bénéficient déjà largement du soutien direct de notre collectivité, et ceci sans contrepartie, et visiblement sans résultats probants, puisque le chômage continue de sévir. Elles vont bénéficier de nouveaux dispositifs, comme par exemple le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, ou le crédit impôt recherche nouvelle génération. Avec ces deux dispositifs, ce sont près de 20 et 5 milliards qui s'ajoutent aux 80 milliards de multiples aides, subventions, allégements de cotisations sociales, dont la Cour des comptes pointe l'absence de résultats probants. Le soutien aux pôles de compétitivité s'inscrit dans cette logique, qu'il devient urgent de remplacer, vu son inefficacité et son injustice. Au-delà des efforts d'économies, nous devons revoir profondément la nature de notre soutien au secteur économique. Je l'ai déjà pointé ici : la clé d'un soutien aux entreprises de nouvelle génération est pour nous dans la conditionnalité des aides. La puissance publique doit allouer son soutien en fonction d'objectifs clairement identifiés, facilement évaluables et définis démocratiquement. Ainsi, nous pourrons promouvoir des critères économiques, sociaux, en termes de création d'emplois, mais aussi de respect du Code du travail, des critères environnementaux et sanitaires, mais aussi des critères déontologiques. Pour conclure, au vu de nos engagements pour une politique basée sur les valeurs de la gauche en matière de logement, éducation, culture, services publics, vie sociale, etc., nous pensons que le soutien direct au secteur économique doit être revu à la baisse. Nous demandons donc, par le biais de deux amendements, que le budget de subvention aux pôles de compétitivité et à l'agence "Paris et compagnie" soit réduit afin de limiter les conséquences de la réduction des dotations aux collectivités sur l'action publique. Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, adjoint, président. - Merci beaucoup, Jean-Noël AQUA. Pour le groupe UMP, la parole est à Mme Sylvie CEYRAC.

Mme Sylvie CEYRAC. - Monsieur le Maire, chers collègues, au dernier Conseil de Paris, je m'inquiétais d'éventuelles suppressions ou modifications d'aides facultatives du Centre d'action sociale de la Ville de Paris. Si vous avez accepté de sanctuariser les aides facultatives destinées aux familles, conformément au v?u de mon groupe que vous aviez pourtant rejeté, vous avez malheureusement concentré les économies sur les personnes âgées ou handicapées. Les aides facultatives sociales du Centre d'action sociale concernent près de 212.000 Parisiennes et Parisiens, pour un budget de 187 millions d'euros. Or, ces économies, vous les avez ciblées sur les cartes de transport, dites cartes Emeraude et Améthyste. Depuis 2012, vous aviez déjà institué une participation de 40 euros annuels. Vous souhaitez désormais que cette participation soit progressive, pourquoi pas, mais si un tiers d'entre eux bénéficieront encore de la gratuité totale, deux tiers verront leur participation aller de 30 à 380 euros pour deux zones, et de 160 à 410 euros pour cinq zones. Certes, ramenée au mois, la participation demandée reste inférieure au coût réel de ces "pass", mais les personnes âgées ou handicapées savent compter et sauront ce que cela leur coûtera à l'année. Vous aurez beau vous justifier en disant que vous intervenez par ailleurs pour ces publics à hauteur de 101 millions d'euros, cette réforme aura sans doute des conséquences douloureuses pour beaucoup. Vous le savez, cette carte de transport est pour elles un précieux sésame, qui leur permet de sortir, de se déplacer sans limite, d'aller à des spectacles, des conférences, des expositions, mêmes pour quelquefois aller faire leur marché, tout simplement ; bref, de garder un lien social indispensable et éviter l'isolement dont souffrent tant de personnes fragilisées. Vous devez cependant aussi vous souvenir de l'impact qu'a eu la participation de 40 euros que vous avez instituée en 2012. Au dernier Conseil de Paris, j'avais déjà lu une lettre, parmi tant d'autres reçues, écrite au maire du 15e, parce que, pour un petit dépassement d'un euro, d'un seul euro, une personne ne pouvait plus bénéficier du Navigo à 40 euros, et elle expliquait qu'elle était très touchée et que cela était une vraie catastrophe pour elle. Pour certains, le paiement de 40 euros a déjà été problématique. Imaginez la situation dans laquelle vous mettrez ceux qui devront payer 380 euros. Ainsi, vous faites 14 millions d'économies en année pleine, au détriment des Parisiennes et des Parisiens âgés ou handicapés qui seront directement victimes de votre mauvaise gestion. Enfin, je crains que vous soyez obligés de réformer prochainement les conditions d'accès au Navigo Emeraude Améthyste, puisqu'à la fin de l'année 2015, le S.T.I.F. mettra en place un Navigo unique. Pourquoi alors ne pas attendre cette échéance pour proposer une réforme ? Augmenter leur participation financière de façon importante, c'est aussi prendre le risque de décourager les personnes âgées ou handicapées d'en faire la demande. Serait-ce votre objectif ? Ainsi, vous aurez moins de scrupules à supprimer cette aide plus tard. Vous aurez compris que notre groupe s'oppose totalement à cette réforme et qu'il ne la votera pas.

M. Bruno JULLIARD, adjoint, président. - Merci, Madame. Pour le groupe Socialiste et Apparentés, la parole est à Mme Marinette BACHE.

Mme Marinette BACHE. - Merci, Monsieur le Maire. Monsieur le Maire, mes chers collègues, c'est avec sérénité et une certaine émotion que j'interviens sur le premier budget de cette mandature. Sérénité, car ce budget est dans la continuité de la politique d'union de la gauche à Paris, qui gère les affaires de notre Ville depuis 2001, avec un haut niveau d'investissement, qui va au-delà de nos engagements électoraux, puisque désormais, nous avons pour objectif d'atteindre les 10 milliards d'euros.

La crise qui perdure nécessite que nous mobilisions l'ensemble de nos ressources pour permettre la sauvegarde et le développement de l'emploi, des services publics et à notre solidarité de pouvoir s'exercer et s'amplifier, cela malgré les contraintes de plus en plus lourdes que nous impose l'Etat et qui s'ajoutent au passif des transferts de charges sans compensation sous Nicolas Sarkozy, et la montée en puissance de notre participation au fonds de solidarité.

Sérénité, donc, et émotion, car ce premier budget permettra d'entrer dans le concret : le contrat électoral passé avec les Parisiens. Il permettra également d'apporter le sceau, la vision, la détermination de la Maire de Paris à la politique menée par notre Municipalité. Ce budget, comme annoncé dans les orientations budgétaires, est le budget de la solidarité. En République, la solidarité et la justice sociale se greffent sur un même pilier, celui de l'égalité. Leurs vecteurs en sont les impôts et les services publics. Je ne sais pas si chacun "contribue selon ses capacités et reçoit en fonction de ses besoins", soit, comme l'a dit M. VESPERINI, et confirmé par ce que j'ai entendu ce matin sur les bancs de la droite, "un pur manuel du socialisme", mais je sais que cela n'a rien à voir avec le fait de vouloir, comme le chante, dans son arrondissement, M. LECOQ, sanctionner les familles qui gagnent honnêtement leur vie, comme si seules les plus aisées gagnaient honnêtement leur vie. La droite a ses concepts ; nous, nous avons les nôtres, dont celui de justice sociale, qui unifie notre majorité municipale. Cette majorité est de gauche et donc, considère que les impôts parisiens doivent plus aider les familles dont le quotient familial est de 2.500 euros que celles dont le quotient familial est de 5.000 euros. Ainsi, le changement tarifaire dans l'accès aux services publics parisiens va dans le bon sens. Oui il ne serait pas normal que nos impôts contribuent de façon identique lorsqu?un foyer avec deux enfants gagne 700, 1.700, 5.700, 7.500, 10.000 ou 15.000 euros par mois. Ce n'est pas un nouvel impôt, comme le dit la droite, c?est permettre l'accès de tous à nos services publics avec une indemnité dégressive suivant le niveau de revenu, indemnité qui, elle, est payée avec les impôts des Parisiens. La création des deux tranches supplémentaires exprime simplement cela. Il faut être d'une totale mauvaise foi pour y déceler la fin de la mixité sociale dans les conservatoires. S'il y a un problème dans les conservatoires, c?est la surreprésentation des tranches supérieures. S'il y a un problème de mixité sociale, c'est la très faible participation des milieux populaires. Je le rappelle à la droite : malgré un rattrapage certain, le taux d'effort est plus important dans les milieux populaires que pour ceux qui bénéficient de hauts revenus. Pour les conservatoires, l'effort demandé est même le double. Il me semble qu?il serait intéressant que lors de cette mandature, nous nous fixions comme objectif de rendre cet effort au moins égal. Cette solidarité s'exprime par nos services publics, et les élues républicaines socialistes sont particulièrement heureuses de constater que ce premier budget y crée avec détermination des emplois. 1.292 emplois créés, dont 117 liés à la création de nouveaux équipements ou à leur extension - gymnases, bibliothèques, crèches, écoles et collèges. 40 postes supplémentaires pour nos crèches, ce qui permettra d'améliorer les conditions de travail des personnels de la petite enfance et donc la qualité de ce service public essentiel à la progression de l'égalité femmes-hommes. Une priorité affichée par la création de 1.000 nouvelles places sur l'objectif des 5.000. Mes propos ne sont pas totalement désintéressés car dans les 57 millions d'euros des nouveaux projets de crèches prévus par ce budget, 14 sont dédiés à la reconstruction de la crèche collective 14-16, rue de Noisy et trois à la restructuration de la crèche rue Pelleport, dans le 20e. Je note également avec satisfaction que nombre de ces emplois (940) sont liés à la mise en ?uvre du contrat "Enfance jeunesse" signé avec la C.A.F., qui permet de donner des moyens supplémentaires aux écoles maternelles et primaires des quartiers prioritaires. Car nous devrons absolument accentuer, non seulement notre investissement dans les quartiers prioritaires de la Ville - c'est un des axes du P.I.M. -, mais nous devons y accentuer la présence et le développement de nos services publics. La présence de services publics et d'agents publics dans ces quartiers est un gage d'amélioration du quotidien. Ce budget le permettra. Il accentuera la possibilité pour tous les Parisiens d'accéder à la culture, à des écoles et à des loisirs de qualité, et à des soins en secteur 1. Saluons tout particulièrement les 15 millions d'euros consacrés aux bibliothèques et les 48 millions d?euros consacrés aux politiques en faveur de la jeunesse et du sport. Il serait trop long bien sûr de faire état ici de l'ensemble de nos politiques et des acteurs qui permettent d'aider à l'égalité d'accès au droit, qui est un objectif fondamental des services publics. Citons les cours municipaux d'adultes, les PAD, les PIMS, le programme de réussite éducative, la mission égalité femmes-hommes, sans oublier le programme départemental d?insertion et le programme d'accès à l'emploi qui, avec 55 millions d'euros, sont loin d'être un gadget. Notre soutien aux associations qui accompagnent les chercheurs d'emploi pour près de 22 millions d'euros et concerne souvent de petites associations qui interviennent dans les quartiers politique de la ville en y développant des actions sur mesure et les formations à visée professionnelle et/ou qualifiantes. Avoir accès au droit passe aussi par la maîtrise de notre langue. Son enseignement est le premier acte de solidarité vis-à-vis des nouveaux Parisiens issus de l'immigration non francophone. C'est environ 4 millions d'euros qui sont consacrés aux passerelles linguistiques vers l'emploi, et 6 millions d'euros pour l'apprentissage du français. Cet apprentissage est également organisé pour les jeunes dans 46 centres d'animation. De la même façon et pour les mêmes raisons, notre majorité peut s'enorgueillir de soutenir un vaste tissu d'associations ?uvrant à l'intégration sur les thèmes de la citoyenneté et de l'accès au droit. Je n'oublie pas non plus notre politique sociale, mais Léa FILOCHE devrait développer ce thème dans un instant. Notre enveloppe budgétaire dédiée de 3 millions d'euros permettra de commencer la mise en ?uvre du pacte parisien contre la grande exclusion. Nous saluons à ce propos la conception réaffirmée par la continuation du projet "Premières heures" qu?il ne saurait y avoir de sortie durable de la rue sans accès à l'emploi. Ce budget remet au goût du jour le volontarisme politique et la promotion de la citoyenneté, de l'égalité, de l'accès au droit. En même temps, il ?uvre à la relance économique pour Paris et l?Ile-de-France. Puisse-t-il inspirer d'autres décideurs en manque de repères et d'efficacité ! Bien sûr, les élues républicaines et socialistes voteront ce budget avec enthousiasme. Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Marinette BACHE. Pour le groupe Écologiste de Paris, la parole est à Mme Fatoumata KONÉ, pour une minute.

Mme Fatoumata KONÉ. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, la Ville de Paris est un centre culturel majeur. Elle joue un rôle de premier ordre sur la scène culturelle nationale et internationale et doit donc montrer l'exemple. Le groupe Écologiste de Paris se réjouit de la préservation du budget culturel durant cette mandature. Cette quasi-stabilité budgétaire permettra de continuer le travail des acteurs qui officient dans ce domaine pour notre Ville. Il nous semble toutefois nécessaire de réaffirmer notre vigilance dans le futur pour que ne se renouvellent pas les décisions que nous avons condamnées dans le passé concernant les choix trop prestigieux et coûteux faits dans notre ville en matière d'équipements culturels tels que la philharmonie. Les enjeux majeurs, pour tous les grands équipements culturels de ce type dans notre ville se résument en deux points : l'égalité d'accès à la culture, l'égalité entre les quartiers. L'égalité entre les quartiers demeure un combat à poursuivre dans notre ville. Ce clivage est-ouest est encore trop présent. C'est également par des équipements et des projets de proximité ancrés localement que nous parviendrons véritablement à rétablir un équilibre. Dans la continuité de ces revendications d'égalité d'accès à la culture, le groupe Écologiste de Paris a déposé un v?u relatif à l?étude de la gratuité des prêts de CD dans les bibliothèques jeunesse pour permettre au plus grand nombre de profiter de cette offre. Sur le plan des équipements culturels, nous nous réjouissons du maintien de la subvention de fonctionnement d'un montant de 40.000 euros allouée à la maison d'Europe et d'Orient. Nous souhaitons rappeler l'importance de ce type de structure unique en Europe, qui a pour but la création artistique et l?activité culturelle en relation avec l'idée européenne. Merci.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame KONÉ. La parole est à Mme Emmanuelle BECKER, pour le groupe Communiste - Front de gauche.

Mme Emmanuelle BECKER. - Merci, Monsieur le Maire. Chers collègues, maintenir les investissements pour les écoles et les collèges de notre territoire témoigne d'un programme politique ambitieux sur les questions d'éducation. Le budget d'investissement est en hausse de 7 % par rapport à l'année 2014, et cet effort maintenu est un réel motif de satisfaction. Cependant, nous pensons que certaines économies sur le fonctionnement du périscolaire ne nous semblent pas judicieuses. Les baisses prévues, notamment sur les projets comme les vacances arc-en-ciel, les classes découverte, les ateliers bleus ou encore les budgets alloués au transport scolaire doivent être selon nous réévaluées et compensées. Et c'est dans ce sens que nous déposons plusieurs amendements au budget 2015. C'est par ces dispositifs que notre majorité de gauche se distingue depuis plusieurs années. Nous portons collectivement l'exigence d'un périscolaire de qualité pour tous. Pourquoi porter l'exigence d'un périscolaire de qualité pour tous ? Car nous sommes conscients que cela permettra de contribuer à réduire les inégalités sociales qui touchent les jeunes Parisiens en fonction de leur naissance ou de leur territoire. Dans cette période de crise, d'accroissement en flèche des inégalités économiques dans notre pays, les moyens alloués au périscolaire pour éviter cette reproduction des inégalités sont des enjeux cruciaux. C'est sur l'égalité que nous concentrons notre combat sur l'école. Notre combat pour la réduction des inégalités, nous le menons par le biais de notre v?u sur la réforme de la carte de l'éducation prioritaire. Les moyens supplémentaires accordés à l'apprentissage dans les quartiers qui concentrent les difficultés doivent être déterminés à partir des besoins formulés par les communautés éducatives et les élus de proximité. Notre combat pour la réduction des inégalités, nous le menons en soutenant la création de nouvelles tranches supérieures au quotient familial pour améliorer la progressivité des contributions des foyers. Garantir plus de moyens aux caisses des écoles pour délivrer une alimentation saine à tous les enfants parisiens en faisant contribuer davantage les foyers dont le revenu se situe entre 10.000 et 15.000 euros par mois ou supérieur à 15.000 euros par mois relève pour nous de l'équité et de la justice sociale. C?est également dans ce sens que nous nous opposons fermement à tous les systèmes de dérogation à la carte scolaire. La carte scolaire, outil républicain de mixité sociale, est l'outil le plus important dont nous disposons pour limiter le phénomène de ghettoïsation scolaire. Enfin, nous sommes fermement opposés aux subventions que nous sommes obligés de verser aux établissements scolaires privés. Combien de temps encore cette loi va nous obliger à financer ces écoles, collèges, lycées privés ? Combien de temps allons-nous contribuer à ce système contraire à notre vision d'école républicaine ? Ne nous y trompons pas, ce budget 2015 est ambitieux sur les questions du périscolaire. Nous pensons qu'il doit être encore plus ambitieux pour donner encore plus de chances aux enfants parisiens de se sortir du cercle vicieux des inégalités économiques et sociales. Il n'y a pas de séparation entre investissement et fonctionnement sur l?école : tous les moyens mis en place représentent un investissement sur l'avenir. Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci, Madame BECKER. Pour le groupe U.M.P., la parole est à Mme Julie BOILLOT.

Mme Julie BOILLOT. - Merci, Monsieur le Maire. Monsieur le Maire, mes chers collègues, je m'attacherai à partager avec vous quelques réflexions sur le budget consacré aux transports, à la voirie et aux déplacements. Commençons par les points positifs car, oui, il y en a quelques-uns. Nous adhérons à la création de 200 nouvelles places de stationnement autopartage, au maintien de l'effort sur le dispositif PAM, au déploiement de 216 nouvelles bornes d'Autolib' et à la mise en place d'un abonnement spécifique aux entreprises, à la création de 60 bornes de charge rapide électrique, ou à la poursuite de la prolongation du T3 et de la ligne 14. Nous adhérons aussi au principe de consacrer un effort financier important à l'amélioration du quotidien des 100.000 riverains immédiats du boulevard périphérique, par la pose de nouvelles enrobées phoniques. Les transports disposent en 2015 d'une enveloppe stabilisée. La contribution au S.T.I.F. est maintenue à 374 millions d'euros, mais les priorités que vous défendez au sein de l'autorité organisatrice, loin de nous convaincre, nous opposent. La mise en place du "pass" Navigo à tarif unique au 1er octobre 2015, sent bon le coup de pouce électoraliste pour les régionales. Ce tarif unique artificiellement sous-évalué à 70 euros, coûte aussi 550 millions d'euros en année pleine, pèse principalement sur les entreprises parisiennes par une augmentation du versement de transport et se fait au détriment de l'investissement sur le réseau existant. Pourtant les usagers, qu'ils soient Parisiens ou Franciliens, nous le disent et nous le répètent. L'amélioration de leurs conditions de circulation, fiabilité, sécurité, confort, est leur priorité première. L'association des usagers des transports en Ile-de-France vous l?a d'ailleurs vertement rappelé, mais pour reprendre les propos du député socialité Olivier FAURE : "Espérons que les électeurs, eux, se souviendront de ce cadeau". Nous, nous aurions fait autrement. A Paris, le lancement de l'expérimentation de l'ouverture continue du métro le week-end, l'extension des horaires de circulation sur le réseau bus ou tramway, ou encore le développement de minibus de desserte des bois, auraient été plus utiles dès 2015. Vous regardez beaucoup ailleurs en Europe, notamment quand il s?agit de justifier le doublement des tarifs de stationnement. Mais inspirez-vous aussi des bonnes pratiques, londoniennes ou berlinoises, pour améliorer l'existant et innover dans les services. S'agissant de la voirie, un chiffre a retenu mon attention : 1,8 million d'euros. C'est le budget de fonctionnement consacré à l'entretien de la chaussée et des trottoirs, qui représente 48 % du domaine parisien dédié exclusivement aux piétons et cyclistes. Vous assumez de réduire ce budget d'entretien. J'ai une question simple : comment pouvez-vous continuer à promouvoir les modes de déplacement doux que sont la marche et le vélo, lorsque l'entretien de l'espace public dédié existant est délaissé. Pour rappel, en 2014, vous avez consacré 4 millions d'euros au seul comblement des nids-de-poule sur la chaussée. Enfin, en matière de déplacement, vous créez 1.500 nouvelles places de deux-roues motorisés, ce qui portera le stationnement total à 43.500 places, alors que circulent dans Paris et la proche banlieue au moins 150.000 engins. La Maire de Paris s'est engagée à créer 20.000 nouveaux emplacements sur la mandature. Il va donc falloir se montrer plus ambitieux pour tenir cette promesse d'ici 2020. Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci, Madame BOILLOT. La parole est à Mme Léa FILOCHE, pour le groupe Socialiste et Apparentés.

Mme Léa FILOCHE. - Merci, Monsieur le Maire. Mes chers collègues, la gestion saine des finances de notre capitale permet aujourd'hui l'élaboration d'un budget sérieux et combatif, présentant notamment au niveau de la solidarité un engagement sans précédent. C'est à ce sujet d'ailleurs que je souhaite attirer votre attention parce que la crise que connaît notre pays touche les plus précaires de nos concitoyens. Nous le savons tous : il est essentiel que les collectivités soient un rempart face aux effets de cette même crise. Même si nous regrettons encore que les dotations des collectivités soient revues à la baisse par l'Etat, nous souhaitons tout de même faire de Paris une ville qui protège, qui innove et qui renforce la solidarité. Cela faisait partie de nos engagements de campagne et le budget social que je souhaite vous présenter maintenant, le prouve. Cela a déjà été dit, mais dans le cadre des 130 millions d'euros d'économies de fonctionnement, nous avons conservé notre objectif premier de ne pas dégrader la qualité des services rendus aux Parisiens, notamment pour les plus vulnérables. Nous avons aussi gardé comme principe que les agents de la Ville qui participent au bon fonctionnement de ces services publics, ne soient pas mis de côté dans ce budget. J?y reviendrai dans la seconde partie de mon intervention. L'effort budgétaire que nous présentons nous permet, dès 2015, d'engager une politique d'investissement ambitieuse pour répondre aux besoins des Parisiens avec, en particulier, 86 millions d'euros dédiés aux familles et à la petite enfance, et 27 millions d'euros pour l'action sociale et la santé. Dans le cadre du plan d'investissement qui a été présenté, le focus en matière de création des nouveaux équipements est tout aussi impressionnant : ouverture de deux EHPAD dans le 15e arrondissement et le 14e arrondissement, ouverture de deux restaurants solidaires dans le 8e arrondissement et le 9e arrondissement, ouverture d'un nouveau local de l?EPI Minimes afin de permettre aux bénéficiaires du RSA du centre de Paris de bénéficier d'un accueil de proximité. Je suis désolée, mais il y a vraiment beaucoup de bruit autour de moi. Merci beaucoup. Nous portons aussi sur la ligne de fonctionnement 3 millions d'euros pour la mise en ?uvre du pacte parisien contre la grande exclusion que Dominique VERSINI développe actuellement dans le cadre de groupes de travail, à la fois très productifs et très dynamiques. Pour ce qui concerne le budget du centre d'action sociale de la Ville de Paris, le CASVP, nous avons choisi de revaloriser certaines offres et de prolonger leur durée d'attribution. C'est notamment le cas pour Paris Solidarité et tous ses corollaires qui seront valables pour deux ans à partir du deuxième renouvellement. C'est aussi le choix que nous avons fait pour les prestations de soutien à domicile (téléalarme, coiffure, pédicure, port de repas) qui seront désormais valables pour quatre ans et en maintenant une facturation du service fait en annualisant le service et en conservant la possibilité de le résilier à tout moment. C'est aussi le cas pour ce que l'on connaît sous le nom de PAPADO, Paris Petit à domicile, qui est versée désormais directement jusqu'aux trois ans de l'enfant, alors qu?elle l'était seulement pendant un an. Dans ce cadre-là, nous revalorisons aussi le plafond de ressources du dispositif Paris Santé, passant pour les personnes seules de 891,69 euros à 900 euros et pour les couples de 1.417,53 euros à 1.430 euros. Nous supprimons l'obligation de détenir la carte Paris à domicile, et de sa participation financière qui était de 38 euros, pour avoir accès aux prestations de maintien à domicile. Désormais, nous attribuerons l'aide Paris Energie Familles sur la base des revenus déclarés dans l'imposition, et non sur les ressources, comme c'est le cas pour l'aide au logement. Enfin, nous révisons la grille de participation financière à l'obtention du "pass" Navigo, Emeraude, Améthyste. Je sais que ce point fait débat dans les rangs de l'opposition. Nous prenons les mesures qui nous paraissent, encore une fois, répondre au mieux à la progressivité des aides et, donc, à une meilleure justice sociale. La révision des conditions d'attribution des cartes de transport permettra à la Ville de réaliser une économie substantielle estimée à 5 millions d'euros à terme. Les Parisiens qui verront leur contribution augmenter de façon importante sont, pour une grande partie d'entre eux, ceux qui bénéficient de revenus largement situés au-dessus du revenu médian national. Par ailleurs, j'en profite aussi pour rappeler que Paris demeure exemplaire en matière d'aide au transport en Ile-de-France, puisque les autres départements de la petite couronne réservent ce type d'aide déjà aux seules personnes non imposables. Nous sommes donc encore dans un cadre qui se veut progressif et réaliste vis-à-vis des Parisiens. Je profite de mon intervention pour vous présenter l'amendement budgétaire des élus du Groupe Socialiste et Apparentés, qui demande qu'une subvention exceptionnelle de 50.000 euros soit attribuée à Emmaüs Solidarité pour leur permettre de répondre à la détresse psychologique et aux besoins des personnes fuyant les persécutions et les guerres, qui se retrouvent à Paris dans l?attente d'une régularisation, dont la situation ne permet d'avoir pour l'instant que très peu de secours. Nous souhaitons, par cet amendement, attirer l'attention des élus que nous sommes, mais aussi de tous les Parisiens, sur le fait que la solidarité est la base de notre vivre ensemble et que c'est une priorité pour nous. Je vous invite donc à soutenir par votre vote favorable cet amendement budgétaire. Et sans transition, mais avec tout autant de volonté de vous convaincre et de valoriser nos choix budgétaires, je continue mon intervention par la présentation des choix en matière d?emploi dans le budget 2015, parce qu?à ces économies qui s'inscrivent parfaitement dans la recherche constante d'une plus grande efficience de la dépense publique, s'ajoute une hausse maîtrisée des dépenses de personnels dédiées à l'action sociale de notre Ville et de notre Département. Je citerai ici, et c'est rare, Pierre Mauroy, qui disait très bien : "Etre fonctionnaire territorial n'est pas un gros mot". Eh non ! Un fonctionnaire territorial, c?est celui qui permet que tous les Parisiens bénéficient d'un bon niveau de service public, des plus petits aux plus âgés, des logements en passant par la voirie, de la propreté, des espaces verts. Les fonctionnaires territoriaux sont aujourd'hui nos meilleurs porte-paroles en matière de qualité de service public. Je prends comme exemple le CASVP qui poursuivra sa gestion rigoureuse des ressources humaines, tout en prenant en compte les évolutions réglementaires, ainsi que les mesures d'adaptation des emplois nécessaires pour répondre aux besoins des Parisiens. Dans ce cadre, nous créons quatre postes pour permettre l'ouverture des deux restaurants solidaires. Nous mettons en place l'avancement automatique d'échelons pour les agents, permettant une politique dynamique de promotion de grade et de progression de carrière, et donc de rémunération plus satisfaisante pour ces personnels qui, pour la grande majorité d'entre eux, font des métiers difficiles auprès de publics très fragiles. J'en profite d'ailleurs pour leur rendre hommage et les remercier pour le dévouement dont ils font preuve en particulier durant les périodes hivernales. Mais le BP 2015 n'oublie pas non plus de donner les moyens humains suffisants et nécessaires à la bonne mise en musique de notre politique parisienne, toujours plus solidaire et au service des Parisiens. En ce qui concerne les personnels de la Ville, nous avons décidé de mobiliser d'importants moyens pour faire en sorte que notre administration puisse correctement relever les défis qui s'imposent à nous, dans un cadre très contraint budgétairement ; je ne reviens pas sur ce cadre. Le budget de la collectivité en matière de dépenses de personnels s'élève à 2.259 millions d'euros. La progression de 35 millions d'euros par rapport aux crédits ouverts en 2014 correspond, en fait, à la revalorisation des grilles indiciaires pour les agents de catégorie C qui travaillent à la Ville. C'est aussi lié à l'impact de l'évolution du S.M.I.C. et des cotisations employeurs dont nous nous acquittons. Avec ce budget 2015, la Ville réaffirme donc sa volonté d'améliorer le pouvoir d'achat, les carrières, ainsi que les conditions de travail de celles et ceux qui permettent au quotidien que la qualité des services publics que nous souhaitons soit une réalité pour les Parisiens. Et là aussi, je profite de mon intervention pour les remercier de leur engagement et de leur présence indispensable sur le terrain, comme en back office. Sans eux, il est certain que la Ville de Paris ne serait pas ce qu?elle est. Nous avons donc préparé ce budget primitif 2015 avec la création de 117 postes au titre des nouveaux équipements, 83 postes au titre des renforcements et 151 au titre de l'aménagement des rythmes éducatifs. De plus, avec le concours de la C.A.F., ce sont 940 postes qui sont ouverts au titre du contrat "Enfance Jeunesse". C'est à destination des enfants et dans le périscolaire que nous créons de nouveaux postes en priorité. Au total, la Ville va donc créer 1.291 postes, auxquels il faut ajouter 55 transformations de contractuels en titulaires, dans l'objectif, que nous avons toujours, de résorber l'emploi précaire. C'est donc, et j?en conclus par-là, en matière sociale un budget volontariste et guidé par la justice sociale que nous avons portée durant la campagne. C'est aussi un budget qui se veut rigoureux par les temps qui courent, tout en n?oubliant pas que, pour avoir un meilleur service public, il faut assumer une politique salariale forte. Je crois bien que c'est ce à quoi nous sommes arrivés avec ce budget et c'est plutôt une force pour notre collectivité d'assumer non seulement ses priorités en matière sociale pour les Parisiens mais aussi en matière salariale pour les agents qui assurent au quotidien la réussite de nos engagements. Je vous remercie.

(Mme la Maire de Paris reprend place au fauteuil de la présidence).

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, Madame FILOCHE. Je donne la parole à M. Didier LE RESTE, pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

M. Didier LE RESTE. - Merci, Madame la Maire. Avant d'évoquer le budget sous l'angle de la problématique des transports, je voudrais dire deux choses. Déjà, pour dire que notre groupe ce matin n'a pas boudé son plaisir d'entendre des élus de Droite reconnaître à leur façon la consistance et la portée de l'action des Communistes à Paris. Je pense que cela devait être relevé ; une fois n'est pas coutume ! Deuxièmement, j'ai été aussi, mais je ne suis pas le seul, surpris et interpellé d'entendre Mme Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET donner des leçons de bonne gestion, de moindre endettement de la Ville alors qu?elle a fait partie de gouvernements de Droite qui ont sérieusement augmenté la dette publique, de l'ordre de 600 milliards d'euros en quelques années, passant de 66 % du P.I.B. à 86 %. J'appelle donc à un devoir de mémoire et aussi à une certaine humilité. Cela dit, le groupe Communiste - Front de Gauche constate avec une certaine satisfaction que la lutte contre la pollution atmosphérique a été prise par le bon angle : celui des investissements importants dans les transports publics, des investissements dans les transports qui se font notamment sous l'impulsion du Syndicat des Transports d?Ile-de-France, dont nous faisons partie. En matière d'organisation des transports, la dimension régionale est pertinente. C'est donc plus de 1 milliard d'euros qui seront investis par le S.T.I.F. pour le budget 2015, des investissements dont les Parisiennes et les Parisiens profiteront. Nous pouvons notamment parler du prolongement de certaines lignes de métro parisien, de la fusion de ses lignes 3 bis et 7 bis qui amélioreront la qualité de vie de ceux qui vivent et travaillent à Paris. Les 140 millions d'euros de ressources supplémentaires pour la Région, issus de recettes fiscales nouvellement créées, vont participer au renouveau du tissu des transports franciliens. Nous pouvons également nous réjouir de la mise en place du "pass" Navigo à tarif unique, avancée permise par la Gauche au Conseil régional qui abolit en partie le système des zones de transport francilien, pour donner plus d'unité à la Région Ile-de-France, et marque une nouvelle étape nécessaire à la transition écologique. Nous avons gagné des batailles très importantes sur les investissements, mais il nous reste encore de nombreux chantiers pour réaliser cette transition écologique qui devient de plus en plus indispensable et qui doit être portée par le service public, si nous voulons qu'elle soit partagée par tous. Nous pensons notamment à l?acheminement des marchandises dans Paris, dans une conception de multimodalité. Des investissements doivent être réalisés en ce sens, aux fins de développer le fluvial et le ferroviaire pour que les pôles multimodaux servent à un nouveau développement économique de Paris : un développement économique écoresponsable pour faire revivre l'industrie dans le respect de l'environnement. A cet effet, et toujours dans le souci d'améliorer la qualité de l'air, nous proposons, entre autres, de lancer une filière de construction de bus électriques qui serait profitable à nos opérateurs publics, comme la R.A.T.P. notamment. Comme vous le mentionnez dans votre communication, nous insistons sur le fait, pour ne pas insulter l'avenir, de conserver des infrastructures de transport, comme la Petite ceinture ferroviaire, ou du moins certains tronçons, pour organiser cette multimodalité. Nous ne pouvons pas nous passer de ressources qui sont déjà à notre disposition pour créer un Paris durable, écologiquement responsable, pour que les bienfaits d'un plus grand respect de l'environnement soient bénéfiques à tous. Au niveau du budget parisien, nous actons positivement le fait que nous nous dirigeons vers la réduction de la place de l'automobile, comme des véhicules à énergie fossile en général. C?est un plan de lutte contre la pollution atmosphérique qui se met en place, pour lequel s'organise l'alternative à l'utilisation des hydrocarbures dans notre ville en limitant l'utilisation des véhicules diesel. Si nous sommes, bien entendu, d?accord avec l'esprit, nous devons cependant être vigilants sur les moyens que nous mettons en place pour y arriver. La transition écologique est un défi qui doit profiter à tous les acteurs de notre territoire et le cadre budgétaire contraint ne doit pas, de notre point de vue, restreindre les dispositifs de promotion de l'utilisation des transports en commun ; je veux parler de la réforme du "pass" Navigo-Emeraude-Améthyste, qui a été mis en place pour favoriser l'utilisation des transports pour les personnes âgées. L'amendement présenté par ma camarade Danièle PREMEL a aussi pour but de ne pas diminuer ces incitations à privilégier les transports publics. À l'exception des remarques que nous avons faites sur certains aspects, la part "transport" du budget 2015 est dans l'ensemble satisfaisante. Beaucoup a été fait, beaucoup reste à faire, mais ce processus doit continuer d?associer les Parisiennes et les Parisiens, si nous ne voulons pas casser cette dynamique. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, Didier LE RESTE. La parole est à Mme Catherine DUMAS, pour le groupe U.M.P.

Mme Catherine DUMAS. - Merci, Madame la Maire. Madame la Maire, en ce qui concerne votre politique culturelle, je voudrais tout d'abord faire une remarque de forme. Lors de votre élection, nous avons pris bonne note du fait que votre premier adjoint était également chargé de la culture et des métiers d'art. Nous nous en sommes réjouis. La culture, si proche du sommet de l'Exécutif ! Dans le cadre du fonctionnement de la 2e Commission, nous avons souhaité l'organisation d'un séminaire afin d'éclairer les Commissions sur les grandes orientations culturelles de la Ville. Cette rencontre a eu lieu le 26 novembre et nous vous en remercions. En revanche, quelques jours plus tard, quelle n'a pas été notre surprise, lors de la réunion de notre Commission, de nous voir proposer pour discuter du budget une série de "slides" difficilement déchiffrables et dont vous avez refusé de nous communiquer une version papier ! En clair, les commissaires n'ont pas pu préparer cette séance dans des conditions acceptables. Cette rétention d'information est un mauvais signe vis-à-vis de l'opposition mais également vis-à-vis des Parisiens. Sur le fond, une fois n'est pas coutume, je n'ai rien à redire sur les acquisitions dans les musées ou encore sur les crédits budgétés en faveur du patrimoine cultuel. En revanche, nous avions cru comprendre que les métiers d'art confiés à M. JULLIARD étaient une de vos priorités. Pas du tout ! Il apparaît que les crédits sont en baisse de 18 %. Quel dommage ! Alors qu?ils représentent des emplois qualifiés à Paris, une valorisation de nos savoir-faire à l'international. Les artisans et créateurs parisiens apprécieront ! En ce qui concerne la Philharmonie, qui alimente régulièrement la presse, qui ouvrira dans un mois, nous ne connaissons toujours pas le montant exact de la subvention. Vous nous avez expliqué que le financement public devait diminuer sans que la programmation n'en pâtisse. Pouvez-vous nous éclairer sur ce point ? Enfin, je voudrais dire quelques mots sur la nuit à Paris ou plutôt vous interroger sur la nuit à Paris : Quelles sont les décisions du premier Conseil parisien de la nuit ? Y a-t-il une politique ambitieuse en la matière, avec un Paris qui vivrait 24 heures sur 24, comme c'est le cas dans de nombreuses capitales européennes ? Et puisque c'est d'actualité, que préparez-vous pour le 31 décembre, alors que vous vous êtes enfin ralliée à notre idée qu'il n'était plus possible de voir des "Nuits magiques" dans le monde entier et rien à Paris ? Alors, en conclusion, Madame la Maire, allez-vous enfin réveiller le réveillon du Nouvel An ?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je rappelle que c'est le débat budgétaire. Monsieur François-David CRAVENNE, vous avez la parole.

M. François-David CRAVENNE. - Merci, Madame la Maire. Madame la Maire, mes chers collègues, le marxisme avait fait du socialisme l'avant-dernière étape de la transformation de la société, dont l'aboutissement était le communisme. Cette société idéale, basée sur le fameux principe "à chacun ses besoins", envisageait dans cette étape ultime un échelonnement des salaires allant de 1 à 6. La nouvelle grille tarifaire concernant les conservatoires mais aussi, comme Florence BERTHOUT l?a talentueusement dénoncé tout à l'heure, les centres d'animation et les cantines, a réveillé en moi ces souvenirs d'étudiant. Marx lui-même avait vu dans cet échelonnement salarial, de 1 à 6 donc, le modèle le plus abouti de la justice sociale. Il n?avait pas à ma connaissance songé à aller plus loin. L?Exécutif parisien, si ! Pour vous, Madame la Maire, la définition des nouveaux tarifs a d?abord un objectif de lisibilité. Ce qui est parfaitement lisible, c?est avant tout une intention politique à laquelle le héros de l?extrême gauche mondiale lui-même n?avait pas songé. C?est ce que j?appellerai la contribution punitive. Il serait d?ailleurs intéressant de procéder à une étude comparative du pouvoir d?achat d?une famille bénéficiant d?aides diverses, je pense notamment à certaines catégories de familles qui ont accès aux logements, avec celui d?une famille que la gauche parisienne semble considérer comme riche. Cette famille, après s?être acquittée de l?impôt sur le revenu au niveau que nous connaissons, doit payer un loyer dans le parc privé. Cette famille à laquelle on a supprimé les allocations familiales et qui doit désormais débourser des sommes importantes afin que leurs enfants puissent accéder à ces activités. Ajouter à cela l?augmentation corollaire des prix des repas dans les cantines scolaires et autres taxes inventées par les esprits très créatifs en la matière de votre équipe, ces familles sont-elles in fine vraiment privilégiées ? Nous aurions certainement des surprises en comparant avec des catégories dites inférieures le niveau de vie de ces familles visées par ces nouvelles augmentations. On devine aisément les visées politiques, voire politiciennes, qui se cachent derrière de telles mesures en constatant, hélas, une fois encore avec consternation, qu?elles s?éloignent de plus en plus clairement du prétexte derrière lesquelles elles s?abritent, celui de la justice et de la mixité sociale. Nous souhaiterions que vous arrêtiez d?utiliser votre créativité pour affaiblir des Parisiens et que vous la mettiez, entre autres, au service d?une politique d?enseignement musical digne de ce nom. Depuis des années, l?Exécutif a progressivement centralisé l?administration des conservatoires municipaux d?arrondissement et abandonné les synergies artistiques qui existaient entre les arrondissements. En 2013, devant la fronde des élèves, parents d?élèves et professeurs des conservatoires, l?Exécutif avait en revanche eu raison d?abandonner sa réforme, consistant à coordonner l?ensemble de l?enseignement musical à Paris, dont l?une des pistes était de créer un tronc commun avec une formation qui démarrerait pour tous les enfants à l?école et se poursuivrait pour les plus motivés au conservatoire. Ne recommencez pas vos erreurs d?hier. Nous avons reçu des professeurs furieux, nous avons écouté des parents d?élèves qui ne comprennent pas d?être si peu entendus. Pourquoi n?avez-vous pas à c?ur de valoriser les conservatoires au lieu de chercher à les supprimer ? Pourquoi faites-vous de la provocation en disant que les conservatoires portent bien leur nom ? Pourquoi cette méfiance à l?égard des personnels des équipements publics qui cherchent à dispenser un enseignement de qualité ? Pourquoi ne voulez-vous pas voir que les Parisiens ne supportent plus d?être moins bien traités que les habitants des villes de banlieue qui considèrent leur conservatoire comme des fleurons exigeants d?un enseignement spécialisé de qualité ? Montrez votre bonne volonté en acceptant notre v?u : constituer un groupe de travail avec la totalité des sensibilités politiques de notre Assemblée afin de dessiner ensemble une politique musicale exigeante et exemplaire. Les Parisiens le méritent vraiment.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. DUBUS.

M. Jérôme DUBUS. - Merci, Madame la Maire, mon propos concernera le budget du logement. Depuis 2001, année après année, vous nous servez la même rengaine : le logement pour tous les Parisiens doit être une priorité. Mais si vous le réaffirmez chaque année comme une litanie, c?est précisément que cela n?est pas le cas. Lors du lancement de votre grand plan de mobilisation pour le logement, nous avions eu un petit espoir. On y parlait logement intermédiaire, on y parlait parcours résidentiel, on faisait allusion à la transformation de bureaux en logements, à la nécessaire réduction des contraintes du Plan local d?urbanisme, bref, à une politique plus ouverte et plus pragmatique. Mais ce projet de budget douche tous nos maigres espoirs. C?est bien la même politique du logement mais en pire que vous allez appliquer. Les petits arrangements entre alliés ont à nouveau été privilégiés au détriment des Parisiens : de 2001 à 2014, en faveur des Verts, aujourd?hui, en faveur des communistes, inspirateurs de votre projet municipal écrit sous leur dictée. La très faible contrition amorcée en juin a donc aujourd?hui disparu. A aucun moment, l?Exécutif municipal ne s?est demandé si la politique menée et les outils choisis n?avaient précipité la crise du logement que nous connaissons. Et pourtant les résultats sont là et ils sont catastrophiques. Plus vous dépensez, plus le nombre de demandeurs de logements augmente. Plus vous dépensez, moins la Ville attribue de logements sociaux. Plus vous dépensez et plus le taux de rotation dans le logement social baisse. Enfin, plus vous dépensez et plus les départs des familles s?accentuent, la timide progression démographique de Paris n?étant due qu?à l?amélioration du solde naturel par une baisse de la mortalité. Et cette politique coûte excessivement cher. Bien sûr à la Ville qui augmente les crédits du compte foncier pour financer cette mesure absurde de préemption dans le secteur diffus cher à M. BROSSAT, mais aussi à l?Etat puisque Paris consomme à lui seul 20 % des crédits nationaux consacrés au logement. Oui, mes chers collègues, vous avez bien entendu : 20 % des crédits nationaux ! Je note d?ailleurs que si la dotation publique est maintenue en 2015, c?est grâce aux recettes d?action logement, c?est-à-dire à l?argent qu?y consacrent les entreprises, tant vilipendées ce matin par M. BONNET, ce M. BONNET qui n?entend décidément rien à l?économie. On va donc accentuer les fractures de la politique précédente : conventionnement à marche forcée du parc intermédiaire des bailleurs sociaux, préemption dans le secteur diffus, des armes connues pour leur cherté, leur efficacité pour centrifuger les classes moyennes, leur capacité à aggraver la crise en détruisant la fluidité du marché et le parcours résidentiel. Rien dans ce budget sur le logement intermédiaire, rien sur la relance de la construction neuve, rien sur la transformation de bureaux en logements. Les signaux donnés sont clairs : vous avez amplifié le verrouillage de l?accès au logement, vous allez continuer à gaspiller des ressources foncières et financières à votre seul bénéfice électoral. Oui, je prends le pari aujourd?hui, dans un an, le nombre de demandeurs de logement à Paris aura encore augmenté. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - La parole est à Mme Alix BOUGERET, pour le groupe U.M.P.

Mme Alix BOUGERET. - Merci, Madame la Maire. Quelques mots pour évoquer les caisses des écoles et les modalités d?attribution de la subvention de la Ville, modalités qui font l?objet d?un projet de délibération que vous avez malheureusement, et je n?ose imaginer volontairement, noyé dans le débat budgétaire alors qu'il méritait pourtant un vrai échange au même titre que la regrettable hausse des tarifs. Sous couvert de reconduire le cadre de financement des caisses par la Ville, vous amorcez en réalité un long processus de recentralisation, de remise en cause même des caisses, ce qui n?est pas acceptable. D?abord vous reconduisez un mode de calcul hybride, qui ne peut mécaniquement qu?entraîner des déficits chroniques pour les caisses des écoles car vous persistez à calculer le prix de revient en vous fondant sur l?ensemble des repas servis et non sur le nombre des repas subventionnables. Dans ces conditions, difficile pour les caisses d?avoir un budget à l?équilibre. Une fois encore, vous encouragez la prime à la mauvaise gestion. Vous reconduisez donc le dispositif, dites-vous, avec quelques amendements. Si peu, finalement. L?abandon pur et simple de la subvention pour les séjours vacances. Certes, vous renvoyez les caisses à leurs possibilités d?organiser tout de même ces séjours, mais avec quels moyens et dans quel cadre ? Vous le savez, les conséquences immédiates seront la fin de ces séjours. J?imagine que vous renverrez alors la faute sur les présidents des caisses. Vous entérinez également l?abandon de la subvention en projets socioéducatifs pourtant très appréciés des écoles. Quelques amendements donc. Vous ne reconduisez pas un dispositif, vous organisez sa mise à mort et de manière à peine cachée. Mais votre capacité à mettre les caisses des écoles devant le fait accompli n?est plus à démontrer et mon collègue Jean-Baptiste MENGUY va y revenir. Comment ne pas évoquer le prochain étage de la fusée ? Non contents de réduire le champ d?intervention des caisses des écoles, vous amorcez la nouvelle étape de sa remise en cause dans leur autonomie pourtant juridiquement incontestable. Un mot sur la lettre de mission du Secrétaire général sur la refonte de la restauration scolaire qui, j?espère, fera enfin l?objet d?échanges nourris avec les présidents des caisses des écoles. Cette note illustre une fois de plus le dédain avec lequel vous traitez les caisses des écoles faisant fi du travail remarquable effectué par la plupart d?entre elles qui ne vous ont pas attendus pour promouvoir une alimentation durable, puisque c?est bien là l?objectif officiel. Nous venons dans le 17e arrondissement de repasser nos marchés alimentaires en tenant compte bien sûr de la nécessité d?introduire une part d?aliments bio mais pas uniquement. C?est bien l?affichage, mais privilégier les produits locaux, frais, les labels qualité et le tout dans un souci d?équilibre budgétaire, c?est mieux. Madame la Maire, même la restauration scolaire fait les frais de votre gestion recentralisatrice, dogmatique et de votre besoin de dégager à tout prix des économies budgétaires. Comment ne pas craindre que cela ne se fasse au détriment de la qualité des repas servis aux petits Parisiens. L?autonomie des caisses des écoles est le gage d?un service de proximité de qualité. Comptez sur mon groupe et chacun des neuf présidents des caisses qui y siègent pour veiller à ce qu?elle soit respectée.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Pour terminer ce tour de table, la parole est à M. MENGUY, pour le groupe U.M.P.

M. Jean-Baptiste MENGUY. - Merci, Madame la Maire. Madame la Maire, en imposant dans le cadre de ce débat budgétaire l?adoption de deux nouveaux tarifs pour la restauration scolaire et, en même temps, la modification des modalités d?attribution de leurs subventions, vous aurez infligé aux caisses des écoles des vingt arrondissements parisiens sept réformes d?ampleur en moins de cinq ans. Pire, nous avons en moins de deux mois débattu de trois réformes structurantes. Aucune collectivité publique ne peut sérieusement subir un tel rythme sans conséquences dommageables pour son bon fonctionnement. Par vos choix politiques et budgétaires depuis 2009, vous avez, avec votre majorité, distillé sept bombes à retardement : l'harmonisation des tarifs d'abord, la réforme du mode de financement ensuite, la mise en place des nouveaux rythmes éducatifs, le chamboulement des tarifs avant les élections, la nouvelle convention d'occupation du domaine public lors du dernier Conseil et donc, ce mois-ci, la création de deux nouveaux tarifs et la modification des modalités d'attribution des subventions. Sept bombes à retardement qui ont d'ores et déjà fait voler en éclat les bases de la bonne gestion et des économies réalisées par des établissements publics qui peuvent employer jusqu?à 300 agents, comme dans le 15e arrondissement, pour servir près de 14.000 repas par jour. Sept bombes dont il est avéré aujourd'hui, de façon objective, par l'analyse même du comptable public chargé des 20 caisses, qu'elles sont la cause directe des déficits majeurs que nous devons maintenant assumer en mettant en place une politique d'économies drastique et brutale. Sept attaques en règle qui, lorsqu?elles se mêlent sur le terrain à une gestion pour le moins frauduleuse, précipitent inéluctablement la mort cérébrale et administrative de caisses des écoles comme celle du 12e arrondissement. Et comme si cela ne suffisait pas, l'avenir s'assombrit un peu plus chaque jour, et ma collègue Alix BOUGERET vient excellemment de l'évoquer. En effet, il semble, et vous ne l'avez toujours pas démenti, qu'un certain nombre de subventions sociales et d?aides aux écoles sont appelées à disparaître purement et simplement. Il s'agit là des subventions pour les séjours de vacances pour les familles les plus démunies, des subventions pour l?achat de livres, jouets et prix pour les élèves, mais également de la limitation des tickets de transport pour les sorties de classe, voire même du nombre de poches de glace par école pour soigner les élèves. Voilà donc votre conception pour le moins personnelle de la justice sociale et budgétaire. Enfin, vous avez décidé il y a quelques jours de nommer une chef de projet, je cite, "pour l'organisation de la restauration". Le titre à lui seul est déjà une atteinte au principe d'autonomie des caisses. Sa mission devra répondre à quatre objectifs : développer une approche plus transversale de la fonction restauration, maîtriser l'évolution des coûts en mettant en place une politique d'achat plus efficiente, intégrer les objectifs de développement durable en augmentant le recours à l'alimentation biologique et durable, et améliorer les relations avec les usagers et simplifier leurs démarches. Derrière ces objectifs, qui font déjà partie du métier même des caisses des écoles, se cache tout simplement la mort annoncée des caisses des écoles par une recentralisation totale au niveau le plus éloigné des administrés : celui de la Mairie de Paris. Madame la Maire, à l'image de votre budget, puisque je suis le dernier orateur, votre attitude à l'égard des caisses des écoles et du service qu'elles rendent au quotidien à des milliers de Parisiens est claire : vous préférez naviguer à vue que gérer en responsabilité ; vous préférez défendre vos propres certitudes que le service rendu aux Parisiens ; vous préférez la bureaucratie à la proximité ; vous préférez les cadeaux politiques à la justice sociale. Revoyez tout cela, Madame la Maire, car il n'est pas juste que les Parisiens soient les vaches à lait permanentes, même biologiques, de vos erreurs politiques car à ce rythme-là, après la grève des taxis, vous aurez bientôt la grève des taxés ! Je vous remercie.