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Decembre 2014
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Discussion budgétaire - Explications de vote.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2014


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous allons ce matin procéder au vote du budget et nous avons, bien entendu, les explications de votes. C'est maintenant le temps des explications de vote. Je rappelle que chaque groupe a 5 minutes, vraiment 5 minutes pour exprimer son point de vue et son vote. Et donc, je vais démarrer ce tour de parole, conformément à ce qui a été adopté en conférence d'organisation, par M. Nicolas BONNET pour le parti Communiste - Front de Gauche. Vous avez la parole, Monsieur le Président.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Madame la Maire. Madame la Maire, Monsieur le Préfet, mes chers collègues, tout d'abord, Madame la Maire, je souhaitais vous remercier et vous féliciter pour ce budget que nous allons adopter, vous remercier pour la méthode, pour le travail que l'on a mené ensemble depuis le mois de juin. Je voudrais saluer la transparence du travail qu'a mené aussi Julien BARGETON, ainsi que l'ensemble de vos adjoints. Je voudrais remercier l'ensemble des groupes de la majorité, les Ecologistes de Paris, les Radicaux de Gauche et les Indépendants, et bien sûr, l'ensemble de mes collègues Communistes et Front de Gauche, qui m'ont aidé fortement pour mon premier budget de cette mandature. Je voudrais aussi remercier l'ensemble de mes collaborateurs, Gilles GARNIER, le secrétaire général du groupe, Aurélien CORONAS, Samir AMZIANE et Elsa MORINET, qui m'ont accompagné aussi dans ce travail. Je voudrais vous dire, Madame la Maire, que nous vous avions alertée dès le débat d'orientation budgétaire sur le fait que nous ne nous inscririons pas dans une politique d'austérité. Je vous ai alertée aussi sur le besoin d'abord de travailler à des recettes, avant de lancer des économies. Je vous ai alertée sur le besoin de mettre à contribution les plus riches, pour à la fois protéger les plus pauvres et permettre à ce que Paris soit une ville qui accueille toutes et tous. Vous nous avez entendus. Vous nous avez entendus et vous êtes allée au-delà, au-delà dans un plan d'investissements qui, au départ, était prévu à 8,5 milliards d'euros, et qui sera de 10 milliards, qui sera un plan de relance pour l'emploi, pour l'économie et qui sera un bien pour les futures générations. C'est en ce sens que nous sommes inscrits, en ce sens que nous sommes inscrits aussi dans la négociation forte avec l'Etat. Et dans ce Conseil de Paris, une nouvelle fois, nous adopterons un v?u à la majorité, qui demande à l'Etat de faire le nécessaire pour que les collectivités territoriales continuent à investir. C'est 70 % de l'investissement en France. Et dans ce v?u, nous réitérons notre demande à ce que l'Etat ne sacrifie pas les collectivités territoriales et ne baisse pas les dotations, ou au moins les remette à plat, comme l'ensemble des 13.000 maires de France qui ont adopté cette motion à l'A.M.F. Je voudrais aussi vous dire que pour l'année 2015-2016, nous nous inscrirons pleinement dans ce que nous appellerons les Assises des finances locales, parce que nous avons vu à travers ce Conseil de Paris, nos débats, que la question de l'impôt et la question de la contribution de toutes et tous, et notamment des plus riches, est au c?ur de la problématique budgétaire, est au c?ur de la question des collectivités d'aujourd'hui. Donc, nous attendons fortement de ces Assises des finances locales pour remettre à plat, à la fois la fiscalité mais aussi l'ensemble de nos tarifs, comme on l'a fait avec de nouvelles tranches sur le quotient familial. Je voudrais noter aussi que dans le débat que nous avons eu, nous avons entendu beaucoup l'opposition s'attaquer à la gauche et, notamment, à l'intervention des communistes sur ce budget. Oui, comme le disait un éminent représentant du patronat, M. CHOTARD, du Conseil national du patronat français : "On ne fait pas?". Ce n'est pas le même ! C?était un proche de M. GATTAZ père, qui disait : "On ne fait pas la même politique avec un parti communiste influent dans notre pays et c'est le cas à Paris". Voilà. Donc nous aurons une politique importante en termes de logement et notamment, en préemptant dans le diffus. Nous félicitons la majorité d'avoir abondé par un amendement à 10 millions d'euros le compte foncier pour continuer à préempter dans le diffus, et pourquoi pas dans le 16e arrondissement pour transformer les quartiers, comme le quartier Montmorency ou le quartier de La Muette, qui est un ghetto de riches et qui a besoin de mixité pour faire avancer les choses ? Nous nous félicitons aussi d'un v?u qui a été repris par l'Exécutif, présenté par l'U.M.P., pour pouvoir transformer plusieurs mètres carrés de bureaux à Paris en logements sociaux. Nous accompagnerons ce v?u par un v?u du Parti Communiste pour que le siège de l'U.M.P. fasse aussi cet effort. Je voudrais enfin saluer certaines avancées suite à des amendements que nous avons portés. Nous avions voulu investir dans l'avenir. Plusieurs v?ux permettent, notamment aux écoles parisiennes, avec les classes découvertes, avec les transports, avec les vacances "Arc-en-ciel", de donner les moyens aux enfants de nos écoles. Je terminerai, Madame la Maire, en saluant aussi, bien sûr, les amendements qui ont été portés pour les parcs interdépartementaux et aussi un v?u sur la gratuité des CD. Nous nous en félicitons. Ce budget est un vrai budget de gauche. Merci à toutes et à tous. Nous le voterons.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur le Président. La parole à M. Jean-Bernard BROS, président du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants.

M. Jean-Bernard BROS. - Madame la Maire, mes chers collègues, la construction d'un budget est le moment de fixer le cap de l?action municipale en faisant - c'est la règle du jeu - des compromis au service de l'intérêt général. Beaucoup de choses ont été dites sur ce budget depuis hier. Au groupe R.G.C.I., nous pensons raisonnablement que le budget qui nous est présenté est porteur d'ambition. Une ambition qui s'inscrit sur le long terme et c'est un gage -je le crois - de sérénité et de confiance. Nous avions formulé un certain nombre de demandes via des amendements. Concernant le soutien aux associations, concernant l'affichage de libre expression et concernant l'Observatoire parisien de la laïcité, ces demandes ont été prises en compte par l'Exécutif, ce dont nous nous réjouissons. Mes chers collègues, cela a été dit et répété, nous devons composer avec une situation particulière liée à la baisse des dotations et la hausse de la péréquation. Mais la preuve est également que nous pouvons trouver des solutions et avancer avec le Gouvernement. Je pense, par exemple, à la modernisation de la taxe de séjour et de la taxe sur les résidences secondaires. Il est nécessaire que cela soit dit. Je souhaite également, au nom des élus de mon groupe, réaffirmer que la question de la dette n'est pas un non sujet. La dette qui augmente pèsera immanquablement, à un moment ou à un autre, sur les générations futures. C'est une réalité qu'il nous faut garder à l'esprit. J'appelle de nouveau à la nécessité, au-delà du budget 2015, de porter des projets emblématiques et audacieux. Nous devons collectivement marquer la mandature d'empreintes durables, ce que nous faisons, par exemple, avec le logement et la transition énergétique. Mais il nous faut le faire aussi avec des projets directement et physiquement visibles et marquants. C'est là un double processus que nous devons encore enclencher. Il nous faut aussi - c'est un chantier - continuer d'adapter au mieux notre service public aux pratiques et évolutions de vie des Parisiennes et des Parisiens. C'est un enjeu crucial pour notre Municipalité. La séquence budgétaire qui nous est proposée constitue un premier pas positif qui pose le cadre d'action et la méthode de travail qui animera cette mandature. En tant que groupe membre de la majorité municipale, soucieux d?une ville qui se modernise et avance tout en demeurant solidaire, nous nous reconnaissons dans ce que fixe le budget primitif de la Ville de Paris pour 2015. Aucun de nos engagements n'est renié, certains sont même amplifiés. Ce que les gens attendent de nous, c'est que l'on tienne nos promesses et que nous concrétisions nos engagements. Nous en prenons le chemin. Madame la Maire, mes chers collègues, pour toutes ces raisons, avec confiance et vigilance, les membres du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants voteront unanimement le budget primitif qui nous est aujourd'hui présenté. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur le Président. La parole est à Mme Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET pour le groupe U.M.P.

Mme Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET. - Merci.

Madame la Maire, votre budget, c'est d'abord l'histoire d'un déni devenu un mensonge, l'histoire d'un trou de 400 millions d'euros que vous n'avez pas voulu voir et qu'il a bien finalement fallu combler.

La Ville, mes chers collègues, a fait la cigale pendant 13 ans : 35 % d'agents en plus, dérapages de chantiers en série, tout ceci a été couvert par la dette. Un endettement rendu possible par l'excellente santé financière de la Ville en 2001 puisqu?alors, la dette était très faible. Tout ceci a aussi été couvert par des recettes exceptionnelles pendant ces 13 années, dues à la conjoncture. Mais voilà, l'heure de vérité est arrivée. La Ville est aujourd'hui devant un effet de ciseaux, avec une hausse continue des dépenses et une baisse rapide des recettes. C'est l'heure de vérité et l'heure de vérité, c?est l'heure du choix. Vous auriez pu, Madame la Maire, opter pour la raison, l'effort, le courage. Cette voie existe, nous l'avons prouvé. C'est celle du budget alternatif que nous avons déposé hier et longuement présenté. Et cette voie, vous l'avez refusée. Du coup, ce sont vos faiblesses que les Parisiens vont payer. Votre faiblesse, Madame la Maire, est devant l'Etat, tant vous avez mal négocié, tant il est décevant pour les Parisiens qui pensaient être protégés d'une mauvaise négociation, du fait d'avoir un maire de la même couleur politique que celle du Gouvernement, raté. Ce sont vos faiblesses que les Parisiens vont payer aussi comme les faiblesses de votre majorité, puisqu'avec cette majorité composite, avec cette majorité de plus en plus tendue, ce sont seulement sur les nouvelles dépenses que vous réussissez à vous mettre d'accord, mais les nouvelles dépenses, in fine, il faut bien que quelqu'un les finance. Michel Audiard disait : "Les bêtises, c'est comme les impôts : on finit toujours par les payer". Les Parisiens vont payer deux fois. Ils vont payer les impôts tout de suite, avec la création d'une nouvelle taxe, une explosion de tous les tarifs, et ils vont payer les bêtises demain par la dette, parce que la dette, il faudra bien la payer aussi. Nous nous élevons contre cette fuite en avant. Oui, un autre budget est possible, oui, une autre politique est possible. Nous voterons donc contre ce budget. Nous vous appelons à revenir à de meilleurs sentiments concernant notre budget alternatif. Nous nous abstiendrons aussi sur le budget de la Préfecture de police. Le débat, hier, a bien montré que, pour vous, la sécurité, c'était bon pour le discours le temps d'une campagne. Je ne reprends pas les arguments excellemment développés par Philippe GOUJON et Frédéric PÉCHENARD. Cette abstention, c?est tout à la fois un appel à plus d'engagement pour la sécurité et un coût de semonce et d'alerte pour la suite. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - M. Eric AZIÈRE pour le groupe UDI-MODEM.

M. Eric AZIÈRE. - Merci, Madame la Maire. Beaucoup de choses ont déjà été dites par mes collègues sur la culture, le tourisme, l'environnement, la sécurité, l'urbanisme. Permettez-moi, à l'occasion de cette explication de vote, de traduire d?abord une impression générale avant deux remarques de fond. La première impression générale, c'est que ce premier budget de la mandature apparaît plus dans un contexte de politique nationale, comme l'opportunité d'une posture de gauche que comme un budget au service des Parisiens. Je viens d?en entendre les intonations dans les interventions précédentes. On a le sentiment que c'est plus le budget du collectif "Vive la gauche à Paris" que celui de Mme la Maire de Paris. Bertrand DELANOË nous avait habitués à un supplément d'âme parisienne dans la mise en ?uvre de ses options stratégiques. Sur le fond, ce budget 2015, en deux mots, est caractérisé par l'investissement public sur une ligne d?endettement sans précédent et surtout une ponction des ménages parisiens phénoménale. Vous nous dites qu'il y a là matière à relancer l'activité économique à Paris et en France, à l'heure même où la plupart des collectivités locales françaises s'apprêtent à réduire leur investissement. Pourtant, cette ligne déterminée de l'endettement sans limite trouve ses adversaires, y compris dans les rangs du Parti Socialiste. Dans les colonnes du "Parisien", je prends ce seul exemple, je cite Gérard COLLOMB, le maire de Lyon : "Ils se trompent totalement : vivre à crédit pour relancer la consommation, mais quand ont-ils dit qu'il fallait désendetter ? Jamais." L'autre caractéristique de votre budget, c'est la ponction des familles parisiennes, sans exception, toutes classes sociales confondues. Votre budget 2015, c?est "haro sur les ménages" ! Sous couvert d'équité ou de justice sociale, en fait, ce sont de nouvelles recettes que vous voulez ramasser. Dans l'évolution des recettes courantes de fonctionnement de la collectivité parisienne, depuis ces dernières années, les impôts et taxes n'ont jamais représenté une part aussi importante. Dès lors, forcément, les taux d'imposition des Parisiens ne suffisent plus, selon vous, à assurer la justice sociale, une juste répartition, la solidarité. Non, il vous faut créer de nouvelles tranches de quotient familial, car toutes les autres ont déjà été largement ponctionnées, il faut le dire, ces dernières années, par des hausses similaires depuis 2010 : services municipaux, cantines, conservatoires, activités périscolaires, centres d'animation, stationnement, fourrière, PV, taxe de séjour, logements meublés, résidences secondaires, logements vacants, bureaux vides, cotisations foncières des entreprises, bientôt le prix de l'eau, jusqu'à la taxe de fossoyage. Alors, voyez-vous, ce n'est pas tant le ciblage des familles parisiennes les plus aisées que vous voulez mettre injustement en évidence dans cette ponction généralisée mais c'est l'effet cumulatif qui en découle, qui est insoutenable financièrement pour toutes les familles parisiennes, pour toutes les Parisiennes et pour tous les Parisiens. Pour ces ménages, toutes ces dispositions viennent s?ajouter, en plus, à la fin de l'uniformité des allocations familiales et leur modulation qui va entrer en vigueur au 1er juillet 2015. En fait, pour tous les ménages qui vivent à Paris, votre budget 2015 est synonyme de perte de pouvoir d'achat. C'est la raison pour laquelle nous voterons contre. Dès lors, étonnez-vous d'ailleurs que l'on fasse moins de bébés à Paris ou que le nombre de familles qui quittent Paris soit supérieur au nombre de celles qui s'y installent. A ce rythme-là, s'il y a moins de familles, il y aura moins d'enfants et s'il y a moins d'enfants, qui va rembourser la dette ? Dans ce budget 2015, nous partageons avec vous un seul objectif : celui de consacrer? Écoutez-moi, s'il vous plaît ! Vous avez du mal à entendre la vérité, cela se comprend.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Laissez M. AZIÈRE poursuivre son intervention dans le calme.

M. Eric AZIÈRE. - Dans ce budget 2015, nous partageons avec vous un seul objectif : celui de consacrer un quart du budget pour faire un quart de logements qui soient sociaux à Paris, à l'horizon 2025. Mais, là encore, nous voulons qu'ils ne se fassent pas au détriment du parc intermédiaire, impérative voie de sortie du parc social qui est aujourd'hui sinistré. Nous voulons aussi que cette politique du logement privilégie la construction sur l'acquisition. Voilà, Madame la Maire, vous aurez compris, au nom de toutes ces raisons, que nous ne voterons pas votre budget 2015. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur AZIÈRE. La parole est à M. Rémi FÉRAUD, pour le groupe Socialiste et Apparentés.

M. Rémi FÉRAUD, maire du 10e arrondissement. - Madame la Maire, Monsieur le Préfet, mes chers collègues, le groupe Socialiste et Apparentés votera, bien sûr, résolument ce budget 2015. D'abord, parce que c'est le budget des promesses tenues, qui inscrit en actes et en chiffres les priorités de notre campagne : - le logement et le logement social qui fait toujours si peur à la Droite parisienne, comme elle vient de le rappeler ce matin ; - les transports ; - la culture et l'éducation ; - l'innovation et les réseaux intelligents ; - la sécurité : nous, nous étions là, Madame KOSCIUSKO-MORIZET, pour en parler hier après-midi ; - l'environnement ; - la propreté ; - la gestion des déchets. Ensuite, parce que c'est un budget de combat qui a trouvé des sources d'économie en nous-mêmes mais qui assume aussi d'aller chercher des financements nouveaux. Et puis, parce que c'est, en effet, un vrai budget de Gauche qui assume des politiques qui bénéficient avant tout à la classe moyenne et aux Parisiens les plus fragiles, un budget qui valorise l?investissement et qui fait des efforts mais toujours dans la justice. Ainsi, la création des nouvelles tranches pour les Q.F. 9 et 10, soit pour des revenus supérieurs respectivement à 10.000 et 15.000 euros par mois. Pour la Droite parisienne, est-ce que c?est ce niveau de revenus, la classe moyenne ? Au risque de les décevoir, ou de les étonner plus exactement, oui, la majorité, la très grande majorité des Parisiens n'ont pas ce niveau de revenus. Et puis, la hausse des tarifs de stationnement, alors qu?il s'agit d'un réajustement nécessaire pour lutter également contre la pollution : dans les mots, à l'U.M.P., aujourd'hui, on est pour l'écologie mais, dans les actes, la Droite parisienne reste le parti de la bagnole. Je voudrais aussi remercier l'ensemble de l'Exécutif pour la méthode d'élaboration de ce budget : la Maire de Paris, Anne HIDALGO, évidemment mais également l'ensemble des adjoints et particulièrement Julien BARGETON, Emmanuel GRÉGOIRE, Bruno JULLIARD et Colombe BROSSEL, pour leur...

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Pardon, Monsieur le Président. Je demande aux collaborateurs du groupe U.M.P. soit de sortir et d'avoir cette discussion à l'extérieur, soit de respecter le calme et le sérieux de ces débats. Donc, soit vous restez mais je ne vous entends pas, soit vous sortez : c'est très simple ! Monsieur le Président, vous pouvez poursuivre.

M. Rémi FÉRAUD, maire du 10e arrondissement. - Je vous remercie. Je veux les remercier pour le sérieux de leur travail mais également pour la méthode d'élaboration de ce budget, pour avoir permis aussi aux groupes de s'exprimer et à notre groupe de porter trois amendements sur la sécurité, sur l'éducation, sur la prise en charge de personnes à la rue à Paris. Quelle alternative présente l'Opposition municipale ? Elle ne figure, en tout cas, pas dans un prétendu contre-budget qui, d'ailleurs, a fait flop et disons-le très clairement : il ne s'agit pas d'un contre-budget. La violence des critiques de la Droite parisienne masque beaucoup de vide et d'incohérence car, si on additionne toutes les dépenses induites par les v?ux et amendements depuis le début de la mandature, on voit bien que la Droite parisienne n'apporte pas de recettes nouvelles et creuse les dépenses de fonctionnement. En revanche, jamais d'investissements : - ni d'investissements privés, avec la tour Triangle qui est un projet qui amène de l'emploi, de la dynamique, de l'attractivité à Paris ; - ni publics, avec un programme d'investissement de la mandature de 10 milliards d'euros pour les priorités de Paris, sujet très important sur lequel la présidente du groupe U.M.P. n'a pas daigné intervenir. Nous connaissons, en réalité, l'alternative que propose la Droite parisienne : ce serait le déclin de Paris ! Le travail sérieux, c'est notre Majorité qui l'a fait pour franchir le fameux palier des 400 millions d'euros dont vous n'avez plus parlé ce matin, et nous l'avons franchi sans rien renier de nos engagements. Le volontarisme pour Paris, c'est nous également, c'est la Gauche parisienne rassemblée. Alors, ce budget est un moment important. Nous étions attendus, notre rassemblement était attendu, le respect de nos engagements, notre capacité à bien gérer Paris. Nous sommes au rendez-vous. Nous sommes très fiers de voter ce budget ce matin.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur le Président. David BELLIARD pour le groupe Ecologiste de Paris.

M. David BELLIARD. - Merci, Madame la Maire. Mes chers collègues, pendant cette phase de préparation du budget, le premier de la mandature qui donne véritablement le coup d?envoi de la mise en ?uvre de nos engagements communs, un travail important a été mené. Il a donné lieu à de nombreuses discussions et échanges avec l?ensemble des groupes de la majorité et avec votre Exécutif. Ces discussions ont été, je le crois, de qualité et je vous en remercie. Je ne vais pas revenir sur le débat budgétaire au cours duquel mes collègues ont pu développer notre analyse et où nous avons pu souligner notre attachement à la logique qui prévaut pour ce budget volontariste, pour consolider et développer de nouvelles filières économiques et écologiques, pour protéger les plus fragiles, pour renforcer l?offre de logements et de transports en donnant notamment une vraie place pour les transports doux. Oui, ce budget, tant dans son volet dépenses que dans son volet recettes, est un budget social et de transformation écologique de la Ville qui traduit en acte les engagements que nous avons tenus devant les Parisiennes et les Parisiens. Je me limiterai à quelques points liés à nos dernières discussions avec un regret d?abord, celui de ne pas être parvenus à un point d?accord concernant notre v?u sur les Maisons de naissance, cela aurait été le signe de l?engagement de notre Municipalité à ouvrir de nouvelles solutions pour les femmes enceintes qui souhaitent accoucher dans un cadre moins médicalisé mais sécurisé car adossés à des établissements disposant des blocs techniques de pointe nécessaires en cas de problème. En outre, nos discussions ont montré que nous avons besoin d?approfondir un certain nombre de sujets, en particulier sur la publicité et sa place dans notre ville, ou encore sur la politique de cession d?actifs dit non stratégiques. Il nous semble en effet que toutes les options doivent être évaluées avant d?entreprendre la vente pure et simple des biens. Et lors de nos discussions budgétaires préalables, nous avons été satisfaits de constater que ce travail d?approfondissement peut d?ores et déjà s?initier. Comme peuvent d?ailleurs s?initier un certain nombre d?études préalables que nous avions demandées, notamment pour la réalisation de nos engagements communs. Ainsi, dans les prochains mois, nous serons particulièrement attentifs à la réalisation des études concernant la stratégie énergétique de la Ville pour 2050 et à l?agriculture urbaine. Pour cette dernière, si nous voulons véritablement engager des réalisations d?ampleur, nous devons très rapidement identifier les lieux dans la Capitale qui peuvent accueillir de l?agriculture urbaine, et notamment les toits qui pourraient techniquement les supporter. De la même manière, nous souhaitons la réussite du plan "1.000 immeubles" et l?atteinte de l?objectif ambitieux de 1.000 immeubles du parc privé rénovés pendant la mandature. La réalisation de ce plan est pour nous un objectif majeur pour atteindre ceux du Plan Climat et réaliser un effet de levier significatif pour entraîner la rénovation énergétique des bâtiments de notre Ville. La réévaluation du budget de l?Agence parisienne du climat de 150.000 euros est à ce titre une bonne nouvelle. Enfin, nous nous réjouissons de voir que Paris soutiendra la mobilisation des associations qui s?engageront dans le cadre de la COP21 qui se tiendra en 2015, à hauteur de notre demande de 200.000 euros, comme nous nous réjouissons de constater que nous engageons un travail sur la faisabilité d?un projet de logements participatifs pour les Roms. Ces deux points illustrent notre double engagement de soutenir les plus fragiles d?entre nos concitoyennes et concitoyens d?une part, et d?autre part d?engager la transformation écologique de notre Ville en s?appuyant sur les initiatives populaires et associatives, en s?appuyant sur les Parisiennes et les Parisiens eux-mêmes. Dans ces conditions, bien évidemment, nous voterons ce budget. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, Monsieur le Président du groupe Ecologiste de Paris. L?ensemble des présidents de groupe se sont exprimés sur leurs explications de vote. Nous allons maintenant procéder au vote des amendements et des v?ux des dossiers inclus dans la discussion budgétaire, et des différents budgets. Je demande bien sûr le calme, qu?il n?y ait pas de conversations ou de perturbations du vote, puisque nous allons procéder à un vote qui va durer un certain temps.