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Novembre 2006
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Conseil Municipal
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2006, Voeu déposé par Mme Violette BARANDA, M. Jean-François BLET et les membres du groupe “Les Verts” relatif à la création d’un espace dédié aux adolescents et jeunes adultes sur le secteur du Bassin de la Villette.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2006


 

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous examinons maintenant en 7e Commission le v?u référencé n° 64 dans le fascicule qui ne se rattache à aucun projet de délibération et qui est relatif à la création d?un espace dédié aux adolescents au Bassin de la Villette.

Madame BARANDA, vous avez la parole.

Mme Violette BARANDA. - Merci.

De quoi s?agit-il, Monsieur le Maire ? D?une demande exprimée déjà en 1987 lors de la création de la Z.A.C. du Bassin de la Villette qui s?étendait sur plus de 20 hectares dans le 19e arrondissement. Cette opération lancée dès 1986 est née d?une délibération votée par cette Assemblée en 1987. Les habitants avaient au moment de l?enquête publique émis des réserves sur le manque d?équipement d?accompagnement. En effet, seul un commissariat de police était attendu. Et pourtant 1.000 logements devaient voir le jour.

Déjà la résidence Edith Girard, comprenant plusieurs centaines de logements, venait d?être construite et avait absorbé une partie des populations mal logées de la Goutte-d?Or. Seul un terrain de tennis avait vu le jour pour cette opération.

Soucieux de créer une véritable mixité, les habitants firent entendre leur parole car en effet aucune école, crèche, aucun local associatif n?étaient prévus. Et ce fut seulement après une forte mobilisation de terrain, qui fut menée par la turbulente Association du Bassin de la Villette et ses riverains que le bon sens populaire fut enfin reconnu et tout cela après de nombreux blocages de chantier.

Certes, aujourd?hui nous avions bien deux nouvelles écoles. Les écoles Noguères et Tandou en préfabriqué nouveau style. Certes, nous avons bien obtenu le L.A.S.C.A.R., local associatif, sportif, culturel et artistique, où il y a aujourd?hui ?Le cafézoïde?, le café des enfants. Certes, nous avons obtenu le terrain de sport de la rue Tandou mais le compte n?y est toujours pas, d?autant qu?il ne sera bientôt plus accessible.

Les équipements en direction des plus grands ne sont toujours pas au rendez-vous, vingt ans après. Il y a un mini local de 60 mètres carrés géré par l?A.S. ?Laumière?, une association sportive, un centre social rue des Ardennes qui est à saturation.

Les lieux que je viens de vous énumérer sont importants mais ne sont qu?une goutte d?eau dans le canal par rapport aux énormes besoins de ce secteur surdensifié. Il n?est plus à démontrer les besoins des enfants et des jeunes qui deviennent prégnants, surtout sur la rue Tandou et Euryale-Dehaynin où le seul lieu de rencontres devient la rue.

Si les très jeunes enfants sont fortement pris en charge par la remarquable structure ?cafézoïde?, n?oublions pas qu?ils grandissent, que 24 % de la population du 19e arrondissement a moins de 20 ans et que la situation des adolescents et des jeunes adultes n?est pas enviable et ce n?est pas la création récente d?un poste d?éducateur spécialisé pour couvrir 20 hectares qui permettra aujourd?hui de retrouver la plénitude et la tranquillité.

L?occupation continue de l?espace public rue de Tandou et l?utilisation intensive du terrain de sport rue Nicole-Chouraqui montrent l?ampleur des besoins en matière d?équipements pour les jeunes de plus de 12 ans. Ce n?est pas la fermeture dudit terrain de sport de la rue Chouraqui qui arrangera les difficultés. Il ne fera que renforcer cette carence en déplaçant les problèmes.

Considérant le manque de locaux pour le plus grand quartier du 19e arrondissement,

Considérant que les enfants lorsqu?ils grandissent, s?ils n?ont plus de lieu pour se rencontrer, finissent par se regrouper dans la rue ou squattent les halls des immeubles et les terrains de sport,

Les jeunes du Bassin de la Villette, comme ceux du 19e arrondissement, comme ceux de Paris et comme ceux de toute la France ont droit à ce que l?on propose toutes les solutions pour pallier les difficultés actuelles. Et on ne peut leur refuser, au prétexte que le seul local qui serait disponible dans le secteur, l?ancienne auberge de jeunesse Léo Lagrange, qui est devenue depuis plusieurs années la Maison des rapatriés et qui est sous occupée, soit le seul lieu qui leur serait aujourd?hui accessible.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Il faut conclure, Madame BARANDA.

Mme Violette BARANDA. - Considérant que la population dite les jeunes aspire aussi à la dignité et que cela passe par la reconnaissance de certains besoins, entre autres de locaux et que malgré le travail entrepris par les associations, l?équilibre du Bassin de la Villette est au bord de la rupture. Et pourtant, nous ne sommes pas politique de la ville. Que la situation des jeunes et des jeunes adultes en difficulté doit être prise en compte et sans tarder.

L?ancienne auberge de jeunesse n?étant pas ouverte sur le quartier, les habitants du conseil de quartier souhaitent que ces locaux soient à nouveau ouverts sur le quartier et qu?ils soient dédiés aux jeunes sans pour autant chasser bien sûr l?association ou les associations de rapatriés.

Sur proposition de Violette BARANDA, Jean-François BLET et des élus du groupe ?Les Verts?, le Conseil de Paris émet le voeu que d?une part le bail de la Maison des rapatriés soit dénoncé et que cet immeuble retrouve sa vocation d?espace ouvert sur le quartier et dédié aux jeunes. Dans le cadre de cette restructuration seront prévus les moyens significatifs pour répondre aux besoins d?une jeunesse dont il ne faut jamais oublier la diversité.

Un appel à projets sera lancé et devra tenir compte des aspirations des jeunes à s?exprimer et à s?organiser par eux-mêmes tout en garantissant la sécurité et la tranquillité des alentours.

Que d?autre part, le terrain de sport de la rue Chouraqui puisse continuer à fonctionner avec du personnel Ville de Paris ou une association garante de cet espace.

Je vous remercie.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je vous rappelle, Madame BARANDA, que c?est trois minutes la présentation d?un v?u. Vous en avez fait 5 minutes 12 secondes. Et que vous n?êtes pas obligée de nous infliger la lecture d?un texte que nous avons sous les yeux.

M. CHERKI pour répondre. Ce n?est pas M. CHERKI qui répond ?

Mme Odette CHRISTIENNE, adjointe. - Ce n?est pas M. CHERKI, c?est moi.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Vous n?allez pas répondre à deux en plus !

Mme Odette CHRISTIENNE, adjointe. - Oui, nous allons être deux à répondre et fort longuement.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Allez, Madame CHRISTIENNE.

Mme Odette CHRISTIENNE, adjointe. - Evidemment, je ne vais pas répondre pour le terrain de sport mais pour le devenir de la Maison des rapatriés. Je voudrais tout de même rappeler que les rapatriés gardent, pour beaucoup, des séquelles consécutives à ce qu?ils ont vécu comme un déracinement brutal et un accueil qu?ils ont ressenti comme mauvais. Ils demandent encore, 40 ans après les événements, une attention, des aides des services sociaux et des associations qui les représentent, il leur faut donc des lieux de rencontre.

Il y a trois permanences de rapatriés qui sont maintenues à Paris dans les 17e, 19e et 20e arrondissements. Les permanents, des bénévoles, sont chargés de les recevoir, de les conseiller, de les orienter, mais ils organisent également des réunions intergénérationnelles et interethniques, des soirées culturelles. Ils ont besoin de locaux.

Notre attention est appelée sur cette permanence du 19e arrondissement qui est dans un immeuble communal. Je dois dire que, si ces associations ne font pas partie de l?Office national des combattants, elles ont des relations très étroites avec des associations d?anciens combattants, les associations de Harkis par exemple, mais aussi des liens avec le monde associatif des anciens? Français d?Afrique du Nord, également des Français d?Outre-Mer et de leurs nombreux amis.

Depuis deux ans, nous suivons l?évolution des associations occupant les lieux. Il y a eu une réunion, concernant cette Maison des rapatriés, le 15 février 2006. Il avait été, au préalable, demandé aux associations occupant un ou plusieurs bureaux de l?immeuble, de faire connaître leurs activités régulières.

On fait observer, avec le maire du 19e arrondissement, qu?il y a pour les jeunes cinq centres d?animation dans le 19e arrondissement. Alors, on ne se voit pas chassant ces associations présentes.

En revanche, on envisage une restructuration du bâtiment qui laisserait en place des associations déjà implantées, qui serait, par exemple, pour un rez-de-chaussée, un espace ouvert au quartier. On prévoit également l?accueil d?autres associations. Il y a une étude en cours. D?ailleurs, des travaux sont prévus pour la réfection des toitures, dès à présent. Il y a donc un projet à l?étude. On ne peut opposer comme cela des jeunes et des associations qui ont toutes leurs caractéristiques à prendre en compte. Cela ne me paraît pas une bonne chose. On ne met pas les gens dehors de cette façon.

Je souhaite, pour ma part, que le v?u soit retiré.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - D?accord.

Monsieur CHERKI, c?est sur la deuxième partie du v?u, si j?ai bien compris.

M. Pascal CHERKI, adjoint. - Excessivement brièvement, Monsieur le Président. La rue Nicole-Chouraqui est une voie piétonne, en impasse, qui sépare deux écoles maternelles, qui n?ont aucun accès et qui conduit au terrain de sport.

Le terrain d?éducation physique de la rue Nicole-Chouraqui était à l?origine, c?est important pour comprendre, un terrain de la DASCO, que la DJS a aménagé pour la DASCO.

La Direction des Affaires scolaires, en raison d?un certain nombre de problèmes de sécurité - en tout cas, vécus par elle comme cela - sur ce site ne s?est plus sentie en mesure de le gérer et, en 2003, il a été réaffecté à la Direction de la Jeunesse et des Sports.

Comme il y a eu un certain nombre d?agressions, le maire du 19e arrondissement, Roger MADEC, a demandé la fermeture de cette voie, ce qui va entraîner son déclassement du domaine public vers le domaine privé. Quand cette procédure aura abouti, à ce moment-là, on va réintégrer le terrain dans le champ de la DASCO.

La Direction des Affaires scolaires s?est vue réaffecter ce terrain, qui sera - c?est important - intégré à la cour de récréation de l?école maternelle, vraisemblablement au début de l?année 2007, et l?ensemble de ces décisions - je tiens à le dire - ont été prises cet été sur la demande pressante du maire du 19e arrondissement.

Aux yeux de Roger MADEC, il apparaissait, de son point de vue, évident que ce site, étant totalement enclavé et isolé, présentait une difficulté majeure de sécurisation. De ce point de vue, Roger MADEC a considéré que la sagesse conduisait à élaborer ce processus.

J?invite les élus du 19e...

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Le voeu satisfait, là-dessus ?

M. Pascal CHERKI, adjoint. - Oui.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Voilà. Le v?u satisfait M. CHERKI sur la partie qui vous concernait. Si j?ai bien compris, Mme CHRISTIENNE, en revanche, s?oppose assez fortement à ce que l?on intervienne sur la Maison des rapatriés.

Madame BARANDA ? Rapidement !

Mme Violette BARANDA. - Nous n?avons pas demandé que les associations de rapatriés s?en aillent. Il y a une personne, d?ailleurs, dans cette maison. J?habite juste à côté. Elle fait 800 mètres carrés. Quand nous avons besoin de locaux pour faire des réunions ou des fêtes, nous payons quand même la salle 600 euros. D?accord ? 600 euros ! Je tiens à vous le dire.

Et ne pas dire qu?il y a des besoins dans le secteur, je vous invite, Madame CHRISTIENNE, à venir rue Tandou et rue LéonGiraud, où est cette association, et vous verrez ce que je dis.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Madame BARANDA, on ne refait pas? J?ai compris qu?il y avait dans le projet de Mme CHRISTIENNE, quand même, une partie qui concernerait le quartier. Je vous propose de vous rapprocher pour examiner ces questions.

Sous cette réserve, qu?est-ce que je fais du v?u ? Vous le retirez ?

Vous le retirez. Les réponses vont dans votre sens.

Il est retiré.