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Novembre 2006
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Conseil Municipal
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2006, Voeu déposé par Melle Charlotte NENNER et les membres du groupe “Les Verts” relatif à la suppression des derniers axes rouges parisiens. Voeu déposé par l’Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2006


 

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Maintenant, nous examinons les v?ux référencés n° 41 et n° 41 bis dans le fascicule relatifs à la suppression des derniers axes rouges parisiens. Ces v?ux sont déposés par le groupe ?Les Verts? et par l?Exécutif.

Madame Charlotte NENNER, vous avez la parole.

Melle Charlotte NENNER. - Merci, Madame la Maire.

Les axes rouges sont les symboles de la politique du tout-voiture et des autoroutes urbaines. La suppression des axes rouges sur le plan du symbole est donc importante pour résolument tourner cette page de l?histoire de Paris, marquée par les projets autoroutiers des années 1970, par la création des voies expresses sur les berges de la Seine, par la transformation de nombreux boulevards en autoroutes urbaines et de rues et places en parkings.

Espaces publics dégradés, rues dangereuses, pollution, bruit, embouteillages, voilà le résultat de dizaines d?années consacrées à adapter Paris à la voiture.

Les axes rouges constituent les dernières reliques de cette politique dépassée. Ils ont été instaurés au départ pour fluidifier la circulation, mais on en connaît depuis les effets pervers.

Non seulement ces axes rouges ont dégradé la vie des piétons et des riverains, en créant des autoroutes urbaines, mais sur le plan de la circulation, le bilan est même tout à fait négatif. Loin de fluidifier la circulation, ces axes ont attiré de plus en plus de voitures, accélérant ainsi le nombre de déplacements motorisés et provoquant à nouveau des embouteillages. Ces axes rouges ont sacrifié l?espace public sur l?illusion d?une fluidité de la circulation.

Depuis 2001, la politique volontariste a permis de transformer en profondeur de nombreux axes rouges. J?en citerai trois mais ce ne sont pas les seuls : l?avenue Jean-Jaurès, le boulevard de Magenta et l?avenue Jean-Moulin. Mais tous les axes rouges n?ont pas encore été supprimés.

Vous avez souhaité qu?en 2007, il y ait une longue pose sans travaux. Cela ne nous empêche pas de prendre des initiatives sur le plan symbolique et réglementaire.

C?est pourquoi nous proposons par ce v?u la suppression de tous les axes rouges à Paris, sans attendre un aménagement long et coûteux de type ?espace civilisé?.

Il est un peu tôt pour les v?ux de bonne année, mais je souhaite que 2007 soit l?année de la fin des axes rouges parce que nous devons réaffirmer que les rues ne sont pas des routes, que l?espace public ne sert pas qu?à rouler avec un moteur et quatre roues. J?espère que nous fêterons ensemble la dépose du dernier panneau ?axe rouge?.

(Applaudissements sur les bancs du groupe ?Les Verts?).

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Monsieur BAUPIN, vous avez la parole.

M. Denis BAUPIN, adjoint. - J?ai peu de choses à ajouter à l?intervention de Mme NENNER si ce n?est que je la trouve un peu optimiste lorsqu?elle dit que les axes rouges sont les dernières reliques. J?ai le sentiment qu?il y a encore d?autres reliques de l?époque du tout-automobile, malheureusement, dans Paris, en plus des axes rouges, dont certaines ne sont pas très éloignées d?ici.

Mais en l?occurrence, au-delà de la boutade, il est évident que ces axes rouges ont marqué les esprits, vu la place donnée à l?automobile dans la Capitale. Ils ont aussi marqué un échec, clairement. Ces axes rouges étaient faits pour fluidifier la circulation automobile et ils ne l?ont jamais fluidifiée. Au contraire, ils ont attiré plus d?automobiles.

De fait, comme vous l?avez indiqué, nous avons d?ores et déjà traité de nombreux axes rouges au cours de cette mandature municipale, traités soit en espace civilisé, soit avec des couloirs de bus. Ce dispositif dérogatoire n?a donc plus de raison d?être.

C?est la raison pour laquelle je partage totalement votre point de vue sur le fait que cette signalétique spécifique, qui marquait au fer rouge, quasiment, ces boulevards, doit être supprimée.

En ce qui concerne la réglementation, il est évident qu?elle ne peut pas être la même selon tous les axes et qu?il est nécessaire qu?elle soit adaptée au cas par cas. Par ailleurs, un certain nombre d?axes doivent être traités, au-delà simplement de la suppression de cette signalétique, pour être mis en conformité avec la philosophie qui est celle de la Municipalité. Ce sera évidemment dans le cadre du Plan de déplacements de Paris.

C?est pour ces raisons, pour avoir un texte complètement conforme à cette ambition, que l?Exécutif a proposé le v?u n° 41 bis qui entérine bien la suppression de la signalétique spécifique et que le débat soit poursuivi dans le cadre du Plan de déplacements de Paris sur la façon de réaménager l?ensemble de ces axes.

Je vous propose de retirer le v?u n° 41 et de voter le v?u n° 41 bis.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Sur cette proposition, Madame NENNER, êtes-vous d?accord ? Sur le retrait du v?u n° 41 ?

Melle Charlotte NENNER. - Oui.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Très bien, merci.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le voeu est adopté. (2006, V. 387).