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Novembre 2006
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Conseil Municipal
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2006, SGRI 81 - Subvention de fonctionnement au “Forum des Organisations de Solidarité Internationale Issues des Migrations” (FORIM), sise 14, passage Dubail (10e), pour “la conception et la conduite d’une formation sur le thème Genre, migrations et codéveloppement”. - Montant : 10.000 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2006


 

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Nous passons à l?examen du projet de délibération SGRI 81. Il s?agit de la subvention de fonctionnement au Forum des organisations de solidarité internationale issues des migrations, le F.O.R.I.M., pour la conception et la conduite d?une formation sur le thème ?Genre, migration et co-développement?.

Madame ATALLAH, vous avez la parole.

Mme Marie-Thérèse ATALLAH . - Merci, Madame la Maire.

Par ce projet de délibération, vous nous proposez d?approuver l?attribution d?une subvention de 10.000 euros au profit du Forum des organisations de solidarité internationale issues des migrations pour la conception et la conduite d?une formation sur le thème ?Genre, migration et co-développement?.

Rappelons tout d?abord que le Forum des organisations internationales issues des migrations est une plateforme nationale réunissant réseaux, fédérations et associations issus de l?immigration, engagés dans des actions d?intégration en France et de développement dans les pays d?origine.

Créé en 2002, le F.O.R.I.M. représente aujourd?hui 700 associations. Il assure un rôle d?interface entre associations de migrants et Pouvoirs publics sur les questions de co-développe-ment.

Permettez-moi tout d?abord de souligner l?importance d?une telle organisation dans notre pays en termes de solidarité internationale, mais aussi d?intégration des populations immigrées dans notre société.

Se regrouper autour de la problématique du développement des pays dont sont issues les populations migrantes représente en soi une avancée considérable en termes de démocratie et de développement. Cela permettrait le dialogue et l?échange entre acteurs de développement, au-delà de leur appartenance à une Nation, une religion ou une ethnie.

Dans une telle organisation, les appartenances identitaires peuvent devenir une source d?enrichissement pour réussir le développement dans chaque pays et dans chaque région, au lieu qu?elles ne soient un facteur de blocage ou de repli.

Pour revenir à l?objet principal de notre projet de délibération qui est de financer cette formation sur la conception et la conduite d?une formation sur le thème ?Genre, migration et co-développement?, nous nous réjouissons de voir que le rôle de la femme dans les projets de développement des pays d?origine occupe une place importante et nous pensons qu?elle devrait effectivement être favorisée et renforcée dans tous les domaines de la vie politique, économique et culturelle.

Introduire le concept du genre, ou ?gender? en anglais, pour favoriser les femmes dans les projets de développement des pays d?origine devrait permettre surtout la reconnaissance de leur participation effective dans ce domaine, mais aussi soutenir systématiquement le principe de l?égalité des droits dans tous les domaines de la vie publique dans un pays.

N?ayant malheureusement pas le temps d?aborder ce sujet plus profondément ici, je souhaiterais toutefois apporter quelques remarques sur deux points que j?estime importants dans ce projet de délibération.

Premièrement, sur la représentativité des continents et des régions au sein du F.O.R.I.M. Je regrette l?absence des pays du Proche-Orient dont les acteurs du développement ont bien besoin de notre soutien pour réussir à faire évoluer leur société vers la démocratie et notamment en matière d?égalité de droits entre les femmes et les hommes.

Les 700 associations membres du F.O.R.I.M. interviennent dans différentes régions du monde : Afrique subsaharienne, Maghreb, Asie du sud-est, Caraïbes, Océan Indien. Il est souhaitable d?informer et de sensibiliser les associations d?émigrants issus des pays du Proche-Orient afin de les motiver à adhérer à cette organisation et leur permettre de sortir de leur isolement et d?échanger avec les autres acteurs du développement, dans les autres pays du monde.

Deuxièmement, nous ne pouvons pas nous empêcher d?attirer l?attention ici sur la place des femmes au sein du Conseil d?administration de cette organisation qu?est le F.O.R.I.M. Sans pouvoir être très précise sur l?identification des prénoms de ses membres qui figurent dans la présentation de l?association, j?ai constaté avec le plus grand regret que les femmes y sont largement minoritaires.

Pour finir, nous souhaiterions dire ici que nous votons ce projet de délibération avec la conviction que les femmes sont le moteur du progrès et du développement dans les pays du Sud. Il est de notre devoir de les soutenir.

Je vous remercie.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Pierre SCHAPIRA, vous avez la parole.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, au nom de la 9e Commission. - Merci, Madame la Maire.

Je remercie évidemment Mme ATALLAH pour son intérêt envers le F.O.R.I.M. C?est vrai, plateforme nationale, réunissant les réseaux, les fédérations, vous avez décrit tout cela parfaitement, avec plus de 700 associations, il assure le rôle d?interface entre les associations de migrants et les Pouvoirs publics sur les questions de co-développement dont nous pourrions parler longuement et regretter les lacunes.

Le F.O.R.I.M., vous avez raison, souhaite élargir son domaine d?intervention au Proche-Orient, bien évidemment. C?est son souhait. Mais, vous avez oublié une région, l?Amérique Latine. Il souhaite aussi le faire. Il n?y a pas que le Moyen-Orient, il y a aussi l?Amérique Latine.

Je suis désolé, cela ne dépend pas de nous, mais exclusivement des réseaux nationaux. Nous n?y pouvons rien.

D?autre part, comme vous le savez, la place des femmes immigrées dans le développement des pays d?origine et dans la résolution des problèmes sociaux et d?intégration en France est importante. Elle est encore assez peu reconnue.

Conscient que les Pouvoirs publics et les associations sont tous favorables pour travailler à une meilleure valorisation des femmes dans les projets associatifs, le F.O.R.I.M., qui compte plusieurs femmes dans son Conseil d?administration - la parité y est certes loin d?être acquise, mais il n?y a pas que là -, encourage la participation active des femmes à son action et compte diverses associations de femmes parmi ses membres, notamment l?Association des femmes de Gagnoa que vous connaissez particulièrement bien.

Le F.O.R.I.M. a par ailleurs organisé à Paris, en novembre 2002, une journée sur ce thème ?Femmes, migration et développement?. La réflexion qui a été alors menée a conclu à la nécessité de renforcer les capacités d?action et d?intervention des membres du F.O.R.I.M. sur les problématiques du genre, pour parler en termes onusiens, comme vous le faites.

Par conséquent, je suis d?accord avec vous sur tout cela, mais nous ne sommes pas à leur place et dans tout ce qui est engagé en termes de développement, nous laissons les associations indépendantes. Il est vrai que nous devons leur dire un certain nombre de choses, notamment sur l?élargissement géographique et sur le rôle des femmes, mais elles sont indépendantes et ce n?est pas pour cela que nous allons supprimer les subventions.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SGRI 81.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2006, SGRI 81).