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Novembre 2006
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2006, DVD 124 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer une convention triennale avec l’association “La Prévention Routière”. - Attribution de la subvention correspondante. - Montant : 70.000 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2006


 

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Nous passons à présent au projet de délibération DVD 124. Ce projet concerne l?autorisation accordée à M. le Maire de Paris de signer une convention triennale avec l?association ?La prévention routière? et l?attribution d?une subvention correspondante pour un montant de 70.000 euros.

Madame KUSTER, vous avez la parole.

Mme Brigitte KUSTER. - Merci, Madame la Maire.

Nous approuvons sans réserve tout ce qui peut concourir à réduire la fréquence et la gravité des accidents de la circulation parisienne. A ce titre, on ne peut que se féliciter des actions menées par ?La Prévention routière? en direction de toutes les catégories de la population, notamment les enfants et adolescents et les personnes âgées qui sont les plus vulnérables.

Nous avons tous constaté, avec beaucoup de regret, la hausse en 2005 de 2 % du nombre des accidents et celle de 3 % du nombre des victimes. Parmi ces accidents, si on regarde les chiffres de 2005, 50,3 % concernent les deux-roues motorisés, pendant que 22,7 % concernent les piétons. Ces chiffres sont d?autant plus préoccupants que ces deux catégories circulent sans protection ou presque et que les accidents qui les touchent sont, la plupart du temps, graves. La politique municipale ayant pour effet d?augmenter le nombre des deux-roues motorisés de plus de 14 % depuis 2001, tout en diminuant l?espace de la voirie qui leur est autorisé ; qu?entendez-vous faire pour contribuer à réduire ce taux d?accidentologie que vous avez vraisemblablement alimenté par les mesures que vous avez prises ?

En ce qui concerne les usagers les plus vulnérables, à savoir les piétons, qu?entendez-vous faire alors que nous apprenons par une statistique récente de la Préfecture de police que sur 12 axes aménagés les accidents ont augmenté de 5,4 %, le nombre des victimes de 19 % et celui des morts de 17,3 % ? Il apparaît que les boulevard Saint-Marcel, Clichy et Rochechouart, Strasbourg et Montparnasse sont particulièrement concernés.

A travers cette statistique, le découpage inattendu et asymétrique de la voirie est mis en cause notamment par les incompréhensions générées par un partage illogique de l?espace, que ce soit de la part des conducteurs ou des piétons pour ne citer qu?eux. Quelles sont donc les actions que vous entendez conduire pour faire diminuer ces accidents ?

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Monsieur BAUPIN, vous avez la parole.

M. Denis BAUPIN, adjoint, au nom de la 3e Commission.

-Oui, je remercie Mme KUSTER pour son intervention qui n?estpas directement en rapport avec la subvention mais plus globalement sur la politique de la Municipalité en matière de sécurité routière.

C?est vrai, vous avez raison sur le fait qu?il y a eu en 2005 une hausse de l?accidentologie mais elle est intervenue après plusieurs années de baisses très importantes. On est à peu près aujourd?hui entre 50 et 60 décès par an dus à l?insécurité routière. C?est 50 à 60 de trop, mais dans la mandature précédente, on était à 90 décès par an. Cette baisse était déjà extrêmement significative.

Vous avez raison de souligner que les principales victimes sont les deux-roues motorisés et les piétons qui sont mal protégés par rapport aux nouveaux tanks que nous voyons circuler dans la ville que sont les 4x4 qui se multiplient, avec des sécurités de plus en plus importantes pour leur conducteur, aux dépens des autres. C?est un vrai sujet d?inquiétude pour nous, d?autant que, comme chacun le sait, les 4x4, du fait du positionnement de leur pare-choc, ont une traumatologie 5 fois plus grave que les autres véhicules.

En ce qui concerne les deux-roues motorisés, je voulais vous dire que je suis particulièrement surpris de votre questionnement sur ce que nous comptons faire pour améliorer la sécurité. En effet, et vous le savez, nous discutons depuis de longs mois avec les associations de motards pour mettre en place un code de bonne conduite, sur lequel nous avions trouvé un terrain d?entente entre associations et Ville de Paris de façon à mieux encadrer les comportements et donc de diminuer les comportements à risque.

Nous sommes au regret aujourd?hui de constater que le Préfet de police - mandaté par le Gouvernement, en l?occurrence le Ministre de l?Intérieur - nous a fait savoir qu?il refusait que cette charte de bonne conduite soit adoptée et que les comportements que nous souhaitions encadrer puissent l?être. Donc on reste dans une situation de flou total dans laquelle beaucoup de comportements à risque sont de fait tolérés puisque non verbalisés sans que l?on indique aux usagers les comportements qui seraient les moins dangereux.

Moi, je le regrette beaucoup parce qu?il est vrai que les deux-roues motorisés payent un très lourd tribut à l?accidentologie grave dans Paris. Plus de la moitié - vous avez eu raison de le souligner - et ce depuis de très nombreuses années. Même si cela a baissé en nombre, de même que l?ensemble de l?acciden-tologie, il n?en reste pas moins vrai que cette accidentologie reste extrêmement importante.

En ce qui concerne les piétons, j?ai bien noté comme vous qu?il y avait un accroissement des accidents graves concernant les piétons et notamment les personnes âgées. C?est un point sur lequel les services de la Préfecture de police notamment ont attiré l?attention en indiquant que les accidents qui étaient intervenus et qui avaient causé des accidentés graves ou des décès en l?occurrence étaient dus à des comportements inattentifs de la part des automobilistes. Donc il y a là un sujet de préoccupation.

Nous travaillons avec les services de la Préfecture de police pour regarder ce qui peut être fait.

En tout état de cas de cause, j?ai au moins un message que je souhaiterais adresser aux formations politiques ici présentes et qui sont en relation avec des candidats à la présidentielle.

Tous les 7 ans auparavant, et tous les 5 ans maintenant, nous avons cette tradition particulièrement déplorable qui est celle de l?amnistie pour les comportements dangereux qui concernent le Code de la route. Une amnistie qui est annoncée à l?avance et qui en général porte sur l?année écoulée : cela a pour conséquence que des comportements de plus en plus dangereux se développent dans l?impunité.

Et sur Paris, les statistiques, au cours des dernières décennies, montrent que c?est entre 15 et 30 décès supplémentaires à chaque élection présidentielle. Donc si les formations politiques pouvaient faire passer le message aux candidats à la présidentielle, pour qu?ils annoncent par avance qu?il n?y aura aucune amnistie concernant le Code de la route, ce serait sans doute beaucoup de vies qui seraient épargnées dans la Capitale et sur le reste du territoire national.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci.

Monsieur le Représentant du Préfet de police, vous avez la parole.

M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. Merci, Madame le Maire.

Juste un mot pour préciser que si le Préfet de police mandaté par le Ministère de l?Intérieur et le Ministre de l?Equipement n?est pas en mesure de parapher la charte des deux-roues, c?est pour une seule raison : c?est qu?elle comprend une clause sur les remontées de files qui est contraire au Code de la route.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 124.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2006, DVD 124).