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Conseil Municipal
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2006, VII - Question d’actualité du groupe U.M.P. sur les centres d’animation.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2006


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à la question d?actualité du groupe U.M.P., sur les centres d?animation.

Monsieur LE GOFF, vous avez la parole.

M. René LE GOFF. - Monsieur le Maire, les centres d?animation sont des équipements de proximité très appréciés des Parisiens, qu?ils soient jeunes ou adultes. Cette belle réalisation, résultat d?un formidable travail en commun des associations et de la Ville au cours des mandats précédents, s?est progressivement transformée en une activité parmi d?autres.

En juillet dernier, nous avons débattu de votre programme dit de justice sociale destiné à ces centres. Derrière cet artifice, se trouvait en fait la dernière pièce du processus de déstabilisation d?un programme d?animation locale qui va avoir du mal à s?en remettre.

Pourquoi la Ville s?acharne-t-elle une fois de plus sur les classes moyennes en les décourageant d?utiliser les équipements municipaux ? Pourquoi la Ville frappe-t-elle les plus démunis en augmentant le tarif qui leur était appliqué dans des centres recherchant une politique volontariste d?accueil du plus grand nombre de participants, voulue par certains arrondissements ? Pourquoi la Ville écarte-t-elle les familles nombreuses qui bénéficiaient d?une nette diminution du tarif ? Pourquoi la Ville s?en prend-elle aux célibataires qui sont pénalisés par le calcul de leur quotient familial ? Pourquoi la Ville condamne-t-elle les étudiants en intégrant les ressources de leurs parents pour le calcul de leur tarif ?

Ma deuxième observation tient à la transformation de l?esprit même de ces centres. Il y régnait une atmosphère de convivialité fort appréciée qui depuis la rentrée se perd en raison de la nouvelle mission administrative très lourde imposée aux centres d?animation dont ce n?est pas le métier que de calculer le quotient familial.

Ma dernière interrogation porte sur l?avenir que vous réservez à ces structures. On ne peut pas dire qu?elles bénéficient d?une large communication de la part de la Ville. Ces centres sont rattachés à la Direction de la Jeunesse et des Sports. Comment attirer dès lors le public le moins jeune ?

Si, en revanche, vous allez sur le site officiel de la Ville, vous trouvez, après de très longues recherches, les centres d?animation sous la rubrique ?éducation? puis ?activités après l?école? puis ?pendant les vacances?. Tout cela, vous l?avouerez, est bien restrictif et donc peu efficace dans la recherche d?usagers toujours plus nombreux.

Bizarre, également votre volonté de multiplier les offres de loisirs destinées aux jeunes avec une concurrence féroce entre les différents prestataires. La municipalisation de nombreuses activités, comme par exemple les conservatoires de musique, s?accompagne d?une volonté de voir ces structures municipales s?imposer comme étant les plus efficaces.

De ce fait, il est donc facile de comprendre que les centres d?animation ne sont plus dans vos priorités. A l?observation, il paraît évident que vous allez transformer progressivement ces centres en maisons de la jeunesse et de la culture dont vos amis de la Ligue de l?enseignement et de Léo Lagrange se disent spécialistes de la gestion et de l?animation. Ils sont d?ailleurs en position monopolistique et attendent probablement avec impatience de mettre la main sur l?ensemble du marché parisien.

Bref, en quelques mots, vous avez réussi à casser un dispositif qui donnait satisfaction à de nombreux Parisiens. Le désaveu est net : près de 20 % de baisse de fréquentation. Aujourd?hui, vous leur devez une explication. Vous devez, Monsieur le Maire, nous dire la vérité.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. CHERKI.

M. Pascal CHERKI, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Les 42 centres d?animation parisiens gérés par des associations partenaires sont des équipements de proximité très importants qui proposent chaque année 350 activités de loisirs à près de 60.000 usagers d?âges divers.

Les conventions de gestion pour la quasi totalité de ces équipements passés en décembre 2000, soit quelques mois avant l?alternance municipale, sont arrivées à échéance le 31 août dernier et ont permis une vaste remise à plat du secteur.

Pour ce qui est du mode de contractualisation, les arrondissements ont opté soit pour la délégation, soit pour le marché de service public, prolongeant le choix de gestion partenariale avec le secteur associatif.

A l?issue des procédures de mise en concurrence auxquelles tous les arrondissements ont été étroitement associés, des choix consensuels validés par les Conseils d?arrondissement - à l?exception du 5e - ont pu s?opérer en retenant les meilleurs candidats à partir des critères précis suivants : proposition financière, qualité du programme d?activité, projet pédagogique politique du personnel.

Sur les 17 nouveaux contrat, 8 ont été passés avec des associations locales et concernent 18 centres d?animation, 7 contrats ont par ailleurs été passés avec des fédérations d?éducation populaire, Fédération Léo Lagrange, Fédération des M.J.C. en Ile-de-France pour un total de 12 équipements.

Enfin, 2 contrats ont été signés avec une association à vocation principalement parisienne : l?association ?ACTI CE?, anciennement ?Paris pour les jeunes? et concernant 6 centres d?animation. La chasse aux petites associations au bénéfice des grandes fédérations - soi-disant politiquement proches, mais de qui ? - sur laquelle certains semblent fantasmer n?a donc pas eu lieu. Que chacun s?en trouve rassuré.

Sur le contenu de ces contrats, la notion d?éducation populaire a été clairement réaffirmée. Les centres qui avaient parfois eu tendance à se transformer en gymnases clubs municipaux tournés vers la seule consommation loisirs ont vu de nouveaux objectifs leur être formulés en termes de mixité sociale, intergénérationnelle et sexuelle, d?animation locale, d?activité de proximité et de convivialité en partenariat avec l?ensemble du secteur associatif parisien.

En sus des activités courantes programmées, une place importante doit en outre désormais être faite aux activités d?insertion et à celles traitant de question de sensibilisation à l?envi-ronnement. L?intégration des personnes porteuses de handicaps physiques ou mentaux fait également l?objet de clauses contractuelles impératives.

A travers tous ces aspects, la Ville souhaite ainsi favoriser une meilleure intégration des centres d?animation dans la vie de proximité comme vecteur du lien social et comme équipement structurant du territoire d?implantation.

Au-delà de ces reformulations de fond, la Ville a également souhaité profiter de cette occasion pour refondre l?ensemble de sa politique tarifaire. Celle-ci relevait antérieurement d?une logique des plus farfelues aboutissant à des écarts des droits d?inscription allant du simple au quadruple pour une même activité entre deux arrondissements, voire même entre deux centres situés dans le même arrondissement. L?égalité d?accès à ce service public municipal s?en trouvait mise à mal.

Un important travail technique a ainsi été réalisé par les services de la Ville afin de procéder à une harmonisation tarifaire pour l?ensemble des activités sur l?ensemble des arrondissements.

Surtout, la Ville a souhaité introduire des éléments de justice sociale en modulant les tarifs proposés aux usagers en tenant compte de leurs ressources, comme le pratiquent à peu près toutes les communes. Le principe du quotient familial s?applique donc depuis cette rentrée et permet aux familles les plus défavorisées de bénéficier d?une décote allant jusqu?à 50 % du tarif moyen. L?objectif de cette réforme coûteuse, certes, pour les finances de la Ville est bien d?enfin permettre l?accès à ces structures au plus grand nombre.

Je me réjouis d?ailleurs que cette réforme ait fait l?objet d?un vote unanime du Conseil de Paris en mai dernier. Cette vaste remise à plat du secteur des centres d?animation subit quelques petits à-coups logistiques en ce début de saison avec notamment une légère baisse du nombre d?inscrits.

Pour l?heure et selon les chiffres qui devront être actualisés et affinés dans les prochaines semaines, la baisse de fréquentation enregistrée serait légèrement inférieure à 10 % par rapport à l?automne dernier.

Cette tendance ne tient pas principalement à la définition de ces nouveaux tarifs globalement plus avantageux pour les usagers mais avant tout au changement de gestionnaire parfois couplé avec des changements de mode de gestion selon le mode opéré par les arrondissements.

Ainsi, alors que chaque année la rentrée se prépare dès le printemps avec un système de préinscription très confortable pour les usagers et les associations gestionnaires, la chose était impossible en 2006, les contrats arrivant à échéance au 31 août sans garantie d?éventuelle reconduction. Cette anticipation n?a pas été possible et a créé quelques contrariétés.

Quoi qu?il en soit, les petites difficultés aujourd?hui rencontrées qui sont inévitables dans le contexte d?une réforme de cette ampleur et qui méritent un minimum de recul pour être appréhendées finement sont actuellement en cours d?expertise pour tenter d?apporter les améliorations nécessaires. Je ne manquerai pas d?en tenir informé l?ensemble des élus parisiens qui sont, autant que moi, attachés à ces structures de terrain si précieuses.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur CHERKI.

Réplique de M. LE GOFF.

M. René LE GOFF. - Merci, Monsieur le Maire, de me donner la parole.

Cette réponse est bizarre car elle ne répond pas à la question de fond. Si on vous écoute, il n?y a finalement qu?une faible baisse. Or pourtant, il y a quelques jours cette baisse était de 15 à 20 %.

Bizarre également le fait que vous n?êtes pas cohérent au niveau des chiffres. En juillet : 55.000. Sur le document de compte rendu de mandat : 60.000. Bizarre !

Bizarre le fait que vous n?abordiez pas le problème financier. Et Dieu sait si les augmentations de budget sont importantes.

Bizarre également que vous n?abordiez pas les problèmes concernant le personnel de ces centres. Et certains de ces personnels, Monsieur le Maire, sont très inquiets sur leur futur.

Nous avons donc écouté une réponse qui est lénifiante. Nous ne sommes pas rassurés et nous sommes persuadés que les centres d?animation sont en train de perdre ce qui faisait leur succès. Cette inquiétude, nous vous l?exprimons et nous l?exprimerons à chaque fois que nous en aurons l?occasion.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Bien. Les questions d?actualité sont terminées.