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Mars 2015
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Vœu déposé par le GEP relatif à une candidature pour les Jeux Olympiques de 2024. Vœu déposé par Mme SIMONNET relatif à la candidature pour les Jeux Olympiques de 2024. Vœu déposé par l'Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2015


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Les v?ux n° 112, n° 113, n° 113 bis ont trait à la candidature de Paris pour les Jeux Olympiques de 2024. Je donne la parole à M. David BELLIARD, pour le groupe Ecologiste de Paris.

M. David BELLIARD. - Madame la Maire, mes chers collègues, ce v?u est un v?u de surprise et de mauvaise surprise. Surprise de voir que deux jours seulement après notre question d'actualité où vous aviez rappelé la concertation et la nécessité d'une concertation jusqu'en juin, vous avez annoncé la quasi-candidature aux Jeux Olympiques de notre Ville. Surprise donc de voir s'évaporer tout espoir de concertation, d'information et de choix partagés avec l'ensemble des Franciliennes et des Franciliens. Pourtant, ce débat est un débat important ; les Jeux Olympiques sont un projet d'envergure. Alors, juste quelques mots : le coût d?une simple candidature est évalué entre 60 et 100 millions d'euros, à mettre en regard aux 46 millions d'euros du budget d'investissement des sports. Un certain nombre de doutes et de questions subsistent sur cette candidature. Il nous semble donc important qu'un débat large soit mené avec l'ensemble des Franciliennes et des Franciliens, qu'ils puissent avoir leur mot à dire, qu'ils puissent décider eux-mêmes à la fois sur les Jeux Olympiques et sur le choix entre Jeux Olympiques et Expo universelle. C'est l'objet de ce v?u.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, David BELLIARD. Mme Danielle SIMONNET, qui a déposé aussi un v?u sur ce sujet.

Mme Danielle SIMONNET. - Oui, mes chers collègues, alors qu?on vient, hélas, notre Assemblée vient d'accepter que le Département de Paris puisse être à l'initiative de la fermeture des 11 C.I.O. départementaux, là, par contre, sans aucune délibération collective, la Ville de Paris pourrait s'engager à sortir le tapis rouge pour le C.I.O. olympique. Les sommes en jeu n?ont aucun rapport. Franchement, ces Jeux Olympiques pourraient constituer un moment de l'Histoire important, unificateur de l'Humanité, mais regardons la réalité en face ! Les Jeux Olympiques, tels qu'ils sont organisés dans leur forme actuelle, sont totalement détournés au service des intérêts privés des multinationales. Il n'y a aucun Jeux Olympiques ces dernières décennies dont les budgets n'aient pas explosé et été dépassés. Qui paie la facture à la fin ? Ce sont les peuples, avec des politiques d'austérité. Alors, moi, je vous le dis : la seule candidature pour ces Jeux Olympiques, elle, coûte entre 60 millions et 100 millions d'euros, alors que le budget d'investissement de la Ville de Paris dédié aux équipements sportifs, c?est 46 millions d'euros pour l'année 2015. On parle de la concertation et, sur des décisions aussi centrales, là, par contre, il faudrait faire sans le peuple. Au final, ce sera contre le peuple ! Alors, non, il faut et je souhaite que notre Assemblée assume un vrai débat contradictoire sur ces Jeux Olympiques et qu'il puisse y avoir une décision aussi du peuple de Paris et, plus largement, du peuple de la Région Ile-de-France sur ces Jeux-là. Je veux dire? On pourrait, hélas, mais je n'aurai pas le temps, revenir sur ce qui a été voté au Parlement en décembre, pour que, que ce soit sur l'Euro ou que ce soit sur les Jeux Olympiques, les organisateurs de ces Jeux Olympiques soient en plus défiscalisés. Vous imaginez tous ces cadeaux ! Et quelles sont les grandes infrastructures qui vont bénéficier de l?organisation de ces J.O. ? Je pense que sur les équipements sportifs, ce ne sera pas le sport de proximité, qui, lui, en aurait besoin. Et également, sur la question du transport, ce ne sera pas les petites circulations nécessaires qui sont aujourd?hui importantes inter-quartiers, ce sera simplement les grands axes, pour permettre à ce que le Village olympique et les grands équipements soient accessibles en un temps record. Donc non, ces Jeux Olympiques, hélas, dans leur forme actuelle, ne répondent pas à l?intérêt général, et il faut qu?il y ait une véritable concertation pour que les citoyennes et les citoyens aient leur mot à dire. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci. Jean-François MARTINS, à la fois pour répondre et présenter le v?u de l?Exécutif.

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Merci, Madame la Maire. Monsieur BELLIARD, Madame SIMONNET, deux, trois mots d?abord sur certains points de votre intervention. Monsieur BELLIARD, d?abord, je veux le redire ici, la Maire de Paris l?a déjà affirmé : il n?y a pas d?impossibilité à conduire l?Exposition universelle et les Jeux Olympiques. Ce n'est pas l?un ou l?autre, poussons deux candidatures éventuellement jusqu?à leur terme et nous verrons bien. Précisons ici que la candidature olympique est le choix d?une ville, la candidature à l?Exposition universelle est le choix d?un Etat et d?un pays, et donc, elles sont de nature différente. Evidemment, souligner la modération et toute la finesse du propos de Mme SIMONNET, qui connaît déjà donc le contenu de la candidature et qui sait déjà ce qu?il y aura dedans et que ça fera souffrir les peuples, alors même qu?une seule ligne n?est pas écrite. Pour ramener les choses à ce qu?elles sont, le 12 mars dernier à l?Hôtel de Ville, Bernard LAPASSET, Président du Centre français pour le sport international, Denis MASSEGLIA, Président du Comité national olympique, et Tony ESTANGUET, membre du C.I.O. français, médaillé olympique, ont remis à la Maire de Paris une étude d?opportunité, comportant l?ensemble des éléments, à la fois des enseignements des candidatures passées, d?un héritage que pourrait laisser une candidature olympique et l?organisation des Jeux à notre ville, à la métropole et à la France, et une manière de travailler. Dès l?après-midi de ce rendu de rapport, la Maire de Paris a souhaité que l?ensemble des groupes et l?ensemble des maires d?arrondissement puissent être associés pour entendre M. LAPASSET, M. ESTANGUET, et que vous puissiez, tous les groupes politiques au Conseil de Paris, être associés et connaître l?ensemble des éléments de ce rapport d?opportunité. Dès le 13 mars, le lendemain, la Maire de Paris a fait le choix de recevoir l?ensemble des maires de la métropole, de la petite couronne, de toutes celles et ceux qui participeraient à une telle candidature olympique. Ainsi, dès que le mouvement sportif a fini son travail et nous a fait cette proposition, le choix de la concertation a été le choix résolu de l?Exécutif municipal. Depuis le début, par ailleurs, l?autre exigence qui a été la nôtre, ce sont des exigences de sobriété, d?éthique, d?héritage et de souci écologique, ce qui nous a permis, y compris depuis maintenant plus d?un an, sur ce sujet, de réfléchir autant avec la tête qu?avec le c?ur, d?éviter le risque de l?enthousiasme béat et extatique, pour avoir une discussion rationnelle, raisonnable et ambitieuse avec le mouvement sportif. C?est pourquoi aujourd?hui nous sommes en situation de dire : le mouvement sportif nous propose un projet de qualité, sobre, ambitieux, écologique, qui laisse un héritage pour la métropole, et ce projet de qualité, le mouvement sportif est en capacité de l?assumer lui-même et d?assumer le "leadership" d?une candidature. C?est le point fondamental des enseignements des candidatures passées. Le mouvement sportif doit être fer de lance. Alors, sans présager des débats que nous aurons au Conseil de Paris prochain, je veux juste vous dire que sur la participation et la concertation, c?est l?un des choix et l?une des cultures politiques fortes de cet Exécutif et de cette majorité municipale : des conseils citoyens que nous avons hier votés, chère Colombe, au budget participatif, chère Pauline, la participation, l?association des citoyens fait partie de notre logiciel politique et évidemment, il s?appliquera aussi à la question olympique. C?est pourquoi je vous propose de retirer vos deux v?ux en faveur du v?u de l?Exécutif, qui marque notre souhait d?associer les Parisiennes et les Parisiens, mais au-delà de cela, l?ensemble de ceux qui seront concernés du monde sportif à la métropole, d?ici le dépôt de la candidature, dont je rappelle qu?il aura lieu en septembre 2015 et pas avant, et qu?évidemment, d?ici le prochain Conseil de Paris et d?ici ce mois de septembre, nous ayons le temps de continuer à en débattre entre nous et que nous adressions à l?A.D.A. les mêmes recommandations de participation sur l?Exposition universelle. Voilà, Monsieur BELLIARD, Madame SIMONNET, ce que je pouvais vous répondre et vous propose donc de retirer vos v?ux.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Jean-François MARTINS. Je vais aussi compléter cette très bonne réponse en vous disant que dans un premier temps, il nous revenait bien sûr de nous poser la question, pas simplement de notre capacité à organiser les jeux, mais pourquoi. Si jamais Paris était candidate, pourquoi nous organiserions les jeux ? La question du financement, du modèle économique des jeux, je l?ai posée tout de suite. Je l?ai posée d'ailleurs dès le mois de novembre dans une conférence de presse, en demandant à l?Etat de tenir le calendrier des sportifs, puisque je fais confiance au mouvement sportif, et je crois que nous avons raison de faire confiance au mouvement sportif pour nous indiquer le chemin de cette candidature et la porter, être devant pour porter cette candidature. Et le mouvement sportif a fait un travail notamment d?analyse de nos points forts et de nos points faibles, et a bien sûr regardé de près plusieurs sujets : la question de nos échecs passés, la question du modèle économique et la question de l?empreinte écologique des jeux. Ce travail a été présenté, comme cela a été dit, devant la presse, mais j?ai tenu à ce qu?on le partage, avec l?ensemble des présidents de groupe, des maires d?arrondissement de Paris, qui se sont réunis le soir même pour avoir l?information dont je dispose, dont nous disposons et qu?elle soit partagée. A partir de cette information partagée, j?ai décidé et j?en ai fait part immédiatement aux présidents de groupe présents ou représentés lors de cette réunion du 12 mars, que nous puissions engager un débat avec l?association des Conseils d?arrondissement. Et j?ai souhaité que pour le mois prochain, les conseils d?arrondissement, les 20 conseils d?arrondissement de Paris puissent se prononcer sur une candidature aux Jeux Olympiques avant que le Conseil de Paris lui-même, le 12 avril prochain, ne se prononce sur cette candidature. Je n?étais pas obligée de procéder de cette façon, puisque l?engagement de la Ville, je peux le prendre en tant que Maire, mais je pense qu?il est important d?associer les échelons de proximité démocratique que sont les mairies d?arrondissement, libre à elles, d?ailleurs, comme cela a été suggéré par un certain nombre d?entre vous, d?organiser pour ces conseils d?arrondissement la présence du mouvement sportif et associatif local, pour assister à ces débats ; et bien sûr, ensuite, débats au Conseil de Paris. Il y a d?autres formes, il y aura d?autres formes de consultation et d?association de la population parisienne. Parallèlement à cela, j?ai souhaité rappeler ce que j?ai dit oralement à plusieurs reprises, et devant la presse, et devant les plus hautes autorités de l?Etat, et au mouvement sportif également : j?ai souhaité apporter, non pas des conditions "sine qua non", mais des éléments qui permettront de donner de la force à une candidature. Sur le modèle économique, j?ai demandé que l?on puisse avoir tout de suite des modalités d?organisation d?un fonds, un fonds qui pourrait être logé à la Caisse des dépôts et qui permette d?accueillir des financements publics et privés pour que, s?il y a candidature, si notre Assemblée la vote et si on la porte, il y ait des effets immédiats, positifs de cette candidature, que cette candidature n?attende pas 2024 pour produire des effets. Pour cela, il faut engager tout de suite des moyens, qui ne sont pas les moyens que nous avons prévus au budget de Paris, puisque cette perspective de candidature ne figurait pas dans les engagements que j?avais pris vis-à-vis des Parisiens. Et donc, ce fonds, qui serait un fonds pour amorcer et soutenir la candidature, je l?ai demandé. J?ai demandé également un deuxième point très important : la gouvernance. Pour la gouvernance de ce projet, il faut que les sportifs soient devant. C?est le mouvement sportif qui va convaincre. Jean-François LAMOUR, qui a porté aussi la candidature précédente, le sait : un des points de faiblesse, c?est la question du mouvement sportif qui doit être devant pour porter la candidature. Ensuite, c?est la Ville qui s'engage. La signature, c?est la Ville. C'est cela, dans le procédé des Jeux. Et donc, je souhaite qu?il y ait une gouvernance qui soit resserrée, qu?on ne soit pas avec 15 interlocuteurs, beaucoup de personnes qui, chacune, pourrait aller de sa petite phrase ou de son intervention. Il faut de l?efficacité, si nous nous engageons. Cette efficacité, je souhaite la porter avec l?ensemble des élus, et notamment les maires du Grand Paris, que j?ai réunis immédiatement. Et une réunion de la métropole du Grand Paris est aussi prévue à cet effet, avec des initiatives qui seront prises dans d?autres villes, comme celle que nous prenons consistant à faire voter nos conseils d?arrondissement et le Conseil de Paris. Mais je pense qu?il faut une gouvernance extrêmement coordonnée, les sportifs devant, la Ville et l'Etat qui réunisse et regroupe l'ensemble des collectivités. C'est ce dispositif-là qui peut nous donner de l'efficacité parce qu'il s'agit pour nous d'aller vers une candidature qui marque, qui soit une candidature efficace. Enfin, dernier point, je me suis exprimée dans la presse de cette façon-là, donc je le fais aussi devant le Conseil de Paris, je pense que la question du pourquoi d'une candidature est la clé de la réussite de notre candidature. Et le pourquoi, c'est notamment la force, l'impact d'une mobilisation de Paris et des autres collectivités, notamment pour apporter et soutenir un espoir concret et réel sur des territoires qui sont les territoires de l'avenir de notre République. Je parle ainsi de la Seine-Saint-Denis. La Seine-Saint-Denis est un territoire stratégique par sa population jeune, par sa population issue de la diversité et par le caractère stratégique du positionnement de ce territoire, qui nous ouvre non seulement sur Roissy mais aussi sur le nord de l'Europe. Je pense qu'il y a un récit, une histoire forte à construire entre Paris et la Seine-Saint-Denis pour porter avec efficacité cette candidature aux Jeux Olympiques. C'est de cela dont nous allons débattre, déjà le mois prochain dans les conseils d'arrondissement et au Conseil de Paris, et avec l'ensemble des Parisiens, mais c'est de cette façon-là, très clairement : les sportifs devant, une coordination forte Etat, Ville et mouvements sportifs englobant l'ensemble du territoire. C'est comme cela que nous pourrons réussir si nous portons cette candidature, une candidature faite d'espoir et de signal à la jeunesse sur un territoire extraordinaire par ses potentialités, auquel Paris s'associe pour donner l'élan dont on a besoin aujourd'hui Voilà ce que je voulais vous dire également en appui de la démarche qui est la nôtre et qui vient devant ce Conseil de Paris. Alors, j?ai plusieurs demandes d'explication de vote. Je vais bien sûr donner la parole successivement, pour l'UMP, à Mme Anne-Charlotte BUFFETEAU, pour l'UDI, à Mme JÉGO et pour groupe Communiste - Front de Gauche, à M. Sergio TINTI. Madame Anne-Charlotte BUFFETEAU, vous avez la parole.

Mme Anne-Charlotte BUFFETEAU. - Merci, Madame la Maire. Mes chers collègues, en toute cohérence et parce que le groupe UMP n'a jamais caché qu'il était favorable à la candidature de Paris aux Jeux Olympiques 2024, nous voterons le v?u de l'Exécutif. Nous aurons très vite l'occasion, comme vous venez de le rappeler, d'évoquer plus longuement ce dossier et de nous prononcer officiellement sur cette candidature à l'occasion de nos Conseils d'arrondissement dans 15 jours, puis au Conseil de Paris qui suivra. Si les votes s'avéraient favorables, il nous restera donc ensuite cinq mois pour informer les Parisiens et les Franciliens et je l'espère, pour les convaincre. Il nous restera cinq mois pour construire un dossier de candidature solide avec l'ensemble des partenaires institutionnels évidemment, mais également économiques. A ce propos, lors de la restitution du rapport d'opportunité, le 2 février dernier, vous nous annonciez une rencontre avec le monde économique à la mi-mars. Je me permets de vous interroger sur ce point : qu'en est-il de cette rencontre prévue ? Plus largement, je pense qu'il serait effectivement souhaitable que vous organisiez une réunion avec l'ensemble des groupes à ce sujet et avant, peut-être, les Conseils d'arrondissement. Je me réjouis donc que vous le proposiez dans le v?u de l'Exécutif. L'information des élus la plus exhaustive et la plus précise possible sur la candidature de Paris, au-delà de la synthèse du rapport d'opportunité qui nous a été distribué en février, c'est encore le meilleur moyen de défendre ici et ailleurs cette candidature et au final, de soutenir au mieux le mouvement sportif dans cette aventure puisque c'est lui et lui seul, comme vous venez de le rappeler, qui la porte. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup. J'en profite puisque la question est posée mais demain, nous réunissons les partenaires économiques à Roland Garros avec le mouvement sportif français. J'invite les présidents de groupe à s'y joindre. Je vous fais passer cette information complémentaire de la réunion que nous allons faire avant, avec les présidents de groupe, avant les Conseils d'arrondissement, mais nous parlerons également lundi, je crois, au conseil des arrondissements, de ce sujet-là également. Bien sûr, demain, vous pouvez vous joindre à cette réunion pour observer, écouter et voir la mobilisation du monde économique qui s'engage. Madame JÉGO, vous avez la parole pour le groupe UDI.

Mme Ann-Katrin JÉGO. - Merci, Madame la Maire. Mes chers collègues, la candidature de Paris à l'organisation des Jeux Olympiques et para-olympiques est incontestablement une opportunité en termes de rayonnement international, d'attractivité économique et touristique, d'aménagement du territoire, de cohésion sociale et de participation citoyenne. Nous partageons cette vision reprise dans l'un des considérants du v?u de l'Exécutif, tant il est vrai que notre ville a besoin de grands projets pour briller et retrouver sa place de ville phare du XXIe siècle. Malheureusement, c'est le Président de la République qui, le premier, a porté cette idée en déclarant qu'il souhaitait la candidature de la Capitale pour 2024. Depuis, l'Exécutif donne le sentiment d'approuver du bout des lèvres ce projet. A chaque fois qu?un pas en avant est fait, il est accompagné de conditions qui ne semblent démontrer ni votre enthousiasme ni votre mobilisation. Il est évident que cette opportunité devrait être portée avant tout par le mouvement sportif, tout comme il est évident que la Ville de Paris ne pourra imposer son diktat, ni à la métropole ni à la région. Comme vous le disiez, Madame la Maire, il est important d'analyser les causes des précédents échecs de la candidature de Paris mais aussi de comprendre que rien ne sera possible si les instances olympiques internationales, qui scrutent nos débats, ne sentent pas derrière l'Exécutif un enthousiasme sans faille. Pour ce qui concerne le groupe UDI-MODEM, nous considérons qu?il faut créer au sein du Conseil de Paris les conditions d?un large consensus afin de porter ensemble une ambition olympique qui dépasse non seulement les termes de notre mandat, mais aussi tout ce que nous pourrons accomplir au cours de cette mandature. La défense légitime des intérêts de Paris dans ce dossier ne doit pas ternir l'image d'unité et de dynamisme qui sera le gage de notre succès à tous. Merci.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, mais je pense que vous n'avez pas entendu tout à fait l'enthousiasme qui est le mien. C'est dommage, car d'autres l'ont entendu. Et ce que je voulais vous dire également, c'est qu'il nous faut aussi dans cette affaire, porter les intérêts des Parisiens. On ne peut pas s'engager dans une aventure de cette nature-là, avec les remarques qui sont faites notamment sur le coût, sur le modèle économique, sur l'empreinte écologique, sans avoir en tête que les Parisiens doivent pouvoir aussi être défendus, leurs aspirations doivent pouvoir être portées. Donc si je ne me mettais pas en situation de dire et de chercher l'organisation la plus efficace qui soit, et du point de vue du modèle économique, et de la gouvernance? M. SAINT-ETIENNE vient de me dire qu'il pourrait être mis en place un groupe stratégique, bien sûr, avec les présidents de groupe. Je suis d'accord, ce sont des modalités que nous allons créer et mettre en place. Il faut que nous soyons nombreux à coordonner nos efforts. Mais je n'avais pas entendu non plus l'UDI dire pendant la campagne qu'elle était farouchement favorable aux Jeux Olympiques, voilà ! On progresse tous. À partir d?aujourd'hui, tout ce que nous disons est pris en compte par le C.I.O. Donc ne relativisez pas mon enthousiasme alors qu?il est réel. Merci. Je donne la parole à M. Sergio TINTI, pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

M. Sergio TINTI. - Merci, Madame la Maire. Nous voterons le v?u proposé par l'Exécutif, tout d'abord car nous soutenons la démarche qui est la vôtre, Madame la Maire, le calendrier proposé et le rôle attribué au mouvement sportif dans ce qui, nous l'espérons, sera une très belle aventure. Mais également car nous saluons la prise en compte de la nécessaire concertation citoyenne par des réunions publiques. D'ailleurs, je me permets de vous dire que mon groupe politique n'a pas attendu ce v?u pour organiser des réunions sur le sujet. Vendredi prochain, à 18 heures, ici, à l'Hôtel de Ville, salle de l'auditorium, avec mon ami Jean VUILLERMOZ, nous réunirons présidents de fédération, représentants du mouvement sportif parisien et élus. Et la réunion, nous l'avons appelée "Jeux Olympiques et Paralympiques à Paris, pourquoi et pour qui ?" Donc, vraiment, nous nous retrouvons sur les mêmes thématiques. Nous voterons ce v?u aussi car nous partageons l?engagement de la Ville à travailler avec les collectivités qui pourraient être concernées par cette candidature. Et enfin, nous voterons ce v?u car il a l'intelligence de ne pas opposer Jeux Olympiques et Paralympiques et l'Exposition Universelle, qu'il replace à leur juste niveau de compétences. Merci, Madame la Maire.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, et bravo pour l'initiative que vous prenez, qui est effectivement une initiative très importante. La parole est à M. Rémi FÉRAUD, pour le groupe Socialiste et Apparentés.

M. Rémi FÉRAUD, maire du 10e arrondissement. - Merci, Madame la Maire. Les Jeux Olympiques peuvent être une formidable ambition. Vous y avez fixé vous-même des objectifs, des conditions, puis une méthode. Nous en parlerons au prochain Conseil de Paris de manière approfondie. C'est le v?u de l'Exécutif qui, aujourd'hui, vient préciser cette méthode, associant les citoyens, les élus, y compris d?arrondissement, les milieux économiques, et donnant la priorité au mouvement sportif. Je veux aussi rappeler que nous avons été, comme présidents de groupe, associés dès le départ - pas seulement les présidents de groupe de la majorité, mais de l'ensemble du Conseil de Paris - à cette méthode au moment de la remise du rapport il y a juste quelques semaines. Nous en débattrons, j'imagine, assez longuement au prochain Conseil de Paris. Voilà pourquoi il n'est pas nécessaire de présenter des v?ux qui viennent se prononcer en réalité sur le fond, avant que le débat ne soit engagé. Et voilà pourquoi je veux aussi saluer et dire que nous voterons évidemment le v?u de l'Exécutif qui vient préciser la méthode dans les prochaines semaines et dans les prochains mois.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur le président du groupe Socialiste et Apparentés. Nous allons maintenant passer aux votes. Le v?u n° 112 du groupe Ecologiste de Paris est-il maintenu ?

M. David BELLIARD. - Il est maintenu. L'accélération du calendrier que vous avez indiqué, montre bien que la concertation aura lieu après que les décisions ne soient prises par le Conseil de Paris. Je pense que le débat est essentiel, au moins pour une chose : que le rêve olympique que vous nous avez décrit tout à l'heure, ne se transforme pas comme pour d'autres villes en cauchemar olympique. C'est aussi pour cela que le débat est important.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Bien sûr. Merci, David BELLIARD. Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 112 du groupe Ecologiste de Paris avec un avis défavorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le v?u est rejeté. Madame SIMONNET, j'imagine que vous maintenez votre v?u n° 113 ?

Mme Danielle SIMONNET. - Oui, je le maintiens.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 113 avec un avis défavorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le v?u est rejeté. Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 113 bis de l'Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le v?u est adopté. (2015, V. 105).