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Mars 2015
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe Ecologiste de Paris relatif au stade Roland Garros.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2015


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous passons au v?u n° 114 qui a trait au stade Roland Garros. Je donne la parole à M. CONTASSOT.

M. Yves CONTASSOT. - Madame la Maire, mes chers collègues, malgré les pressions les plus intenses vis-à-vis de la Commission supérieure des sites, cette dernière n'a toujours pas émis un avis favorable au permis de construire dans le jardin classé des serres d?Auteuil. Bien au contraire. Conformément à une règle essentielle en matière de continuité de l?Etat, la Commission supérieure des sites a confirmé sa décision prise en 2011, émettant des réserves sur le projet et conditionnant tout accord au strict respect de ces réserves. Cela prouve que les Ministres de l'Ecologie se succèdent, sans que leur avis ne change pour autant. Le dernier rapport du Commissariat général au développement durable démontre que la Fédération française de tennis n'a toujours pas compris la nécessité de respecter les points de vue différents du sien et d'accepter que des études sérieuses et indépendantes soient menées pour analyser les propositions alternatives, moins dévastatrices de l'environnement. Le v?u que nous déposons s'inscrit totalement dans la suite de ce qui a été décidé lors des deux dernières réunions de la Commission des sites : revoir le périmètre de la concession, étudier sérieusement les alternatives, garantir la traversée du site hors tournoi. S'il ne s'agit aujourd'hui que d'un v?u, nous ne doutons pas que vous saurez convaincre la Fédération française de tennis de respecter scrupuleusement la volonté qui sera exprimée. En avril 2013, celui qui n'était pas encore un de vos adjoints s'est exprimé sur Twitter en disant "qu?il ne fallait pas s'entêter dans un projet mal foutu, ne respectant ni la démocratie locale, ni le projet d'extension". Il avait déjà déclaré quelques mois avant dans "Le Parisien" : "Je défends la couverture de l?A13 pour étendre Roland Garros et protéger les serres d'Auteuil". Ces déclarations étaient d'autant plus cohérentes qu'elles s'inscrivaient dans la continuité de celles de l'ancien maire de Paris, qui avait publié un communiqué de presse en juin 2006. Je le cite : "Le bois de Boulogne, site envisagé dans le dossier de la candidature de Paris 2012 étant écarté, un nouvel emplacement proche du stade Roland Garros et respectant scrupuleusement la charte des bois, a été recherché. Les premières études montrent que le stade municipal Georges Hébert pourrait répondre à ces exigences. Il convient désormais de les poursuivre, notamment avec la mairie du 16e arrondissement et l?ensemble des acteurs concernés". Il concluait ainsi : "En revanche, il est exclu que le périmètre des serres d'Auteuil, au demeurant protégé au titre de la législation sur les sites, soit en quoi que ce soit concerné par les activités du tournoi". Puisse l'ancien Maire de Paris être entendu. Nous ne doutons pas que l'ensemble de notre Assemblée saura lui faire ce plaisir en votant notre v?u intégrant l'amendement que l'Exécutif a déposé, ce dernier devant permette, je l?espère, d'obtenir l'unanimité. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Monsieur CONTASSOT, comment pouvez-vous faire référence à Bertrand DELANOË sur ce dossier, alors qu?avec Bertrand DELANOË nous soutenons la transformation de Roland Garros du début à la fin, que nous avons porté tout cela avec M. GOASGUEN et beaucoup d'autres au sein de la Commission nationale des sites ? S'il vous plaît, n'allez pas chercher des références en mentant. C'est parce que nous ne portons pas atteinte aux serres d'Auteuil et parce que nous valorisons ce site, que Bertrand DELANOË, comme moi-même, nous l'avons toujours soutenu. Enfin, Monsieur CONTASSOT, faites référence à votre propre opinion plutôt que d'aller faire des man?uvres aussi grossières que celles-là ! Je donne la parole à Jean-François MARTINS pour vous répondre.

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Merci, Madame la Maire. Le projet de modernisation de Roland Garros est un sujet bien connu de notre Assemblée. Nous avons eu l'occasion d'en débattre à de nombreuses reprises. Cela a fait l'objet d'études, de concertation, de débats agités dans ce Conseil depuis cinq ans. Je veux redire ici l'enjeu qu'il représente, évidemment, pour la Fédération française de tennis, le sport parisien, l'image de la France et même, eu égard au débat que nous venons juste d'avoir avant ce v?u, sur notre capacité à moderniser nos grandes installations sportives et les inscrire dans une ambition olympique. C'est pourquoi, notamment, le calendrier qui prévoit un achèvement des travaux en 2019, soit près de 10 ans après le lancement de l'opération, mérite désormais d'être tenu. Depuis cinq ans - M. CONTASSOT le sait parfaitement - de nombreuses réunions publiques se sont tenues, concertations publiques sous l'égide d'un garant après la saisine de la Commission nationale du débat public en 2011, l'examen de la Commission supérieure des sites en 2011 également, un examen de la Commission des sites départementale en 2013, une enquête publique dont le rapport extrêmement favorable a été rendu en 2014, tout comme celui de l'autorité environnementale. Depuis 2009, de nombreuses améliorations ont été apportées au projet initial, en lien avec la F.F.T. et la Ville. On peut notamment noter que la C.O.D.P. Roland Garros a été avenantée en 2012 sur deux points qui avaient fait l'objet des réserves du commissaire-enquêteur, l?exclusion du périmètre de la concession temporaire des serres historiques de Formigé et la réduction de la durée d'occupation de l?avenue Gordon-Bennett de neuf à six semaines. L'alternative constituée par la couverture de l?A13 - qui est l'objet de votre v?u - a fait elle aussi fait l'objet de premières études à l'époque, qui avaient conduit la commissaire-enquêtrice à exprimer un avis négatif sur le sujet, disant : "A l'examen de tous les éléments et de la complexité de leur mise en ?uvre, la solution de la couverture de l'A13 n'était pas appropriée aux enjeux de la modernisation du stade". Un rapport commandé par la Ministre de l?Ecologie, du développement durable et de l'énergie au conseil général de l'environnement du développement durable, a néanmoins formulé le souhait que des analyses complémentaires soient diligentées sur certains points : les coûts supplémentaires de l'opération de couverture, l'inadaptation de cette option aux besoins de la F.F.T., l'insertion paysagère de la dalle de la couverture, les nuisances liées aux déviations de circulation durant le tournoi et les risques de débordement sur le bois. La Fédération française de tennis et la Ville de Paris ont pris l'engagement de mener l'ensemble des études nécessaires à relever ces points et à soulever ces réserves, et de pouvoir faire l'étude de faisabilité approfondie répondant à ces points avant la délivrance des permis de construire. Ainsi, Monsieur CONTASSOT, l'engagement que nous avons pris, nous sommes prêts à le formaliser en amendant votre v?u, de sorte que nous puissions avoir toutes les garanties des études neutres et indépendantes, dont le cahier des charges serait rédigé collectivement par les groupes du Conseil de Paris, afin qu?avant toute délivrance des permis de construire, nous puissions avoir cette étude indépendante qui relève les points que je viens d'évoquer. Ainsi, vous devez avoir sur table un amendement qui permet d'atteindre cet objectif sur la base de votre v?u, Monsieur CONTASSOT. Je vous demande si vous acceptez cet amendement et si nous pouvons donc voter pour avoir désormais tous les éléments en main d'ici quelques semaines, pour maintenant nous engager en conscience, de manière claire et éclairée, sur ce projet d'aménagement.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Jean-François MARTINS. Je pense que nous avons tous le souci de la protection et de la préservation de ce site magnifique. Nous n'y mettons pas les mêmes actes après, mais je conviens, en tous les cas je souhaite que ce dossier puisse être porté avec le maximum de force et de réussite parce que c'est aussi un sujet important par rapport à ce dont nous avons discuté précédemment sur les J.O. Donc, je suis d'accord pour que, effectivement, on éclaire, comme cela a été demandé par le Ministère de l'Ecologie, que l'on éclaire encore non pas cette salle mais nos lumières sur les points qui ont été précisés. Et qu'ensuite, nous puissions procéder, après, bien sûr, une présentation à l'ensemble des groupes? La proposition qui est faite de faire contribuer les présidents de groupe de cette Assemblée à l'élaboration du cahier des charges de l'étude est aussi, je crois, un signal pour que nous puissions avancer ensemble sur ce dossier majeur qui doit pouvoir nous réunir. In fine, une fois que tout aura été dit et étudié, nous devons trouver le plus large consensus et appui possible sur ce v?u que vous avez porté, Monsieur CONTASSOT. J'ai des explications de vote. Je vous redonnerai, bien sûr, la parole après. Tout d'abord, Thomas LAURET, pour le groupe Socialiste et Apparentés.

M. Thomas LAURET. - Si le groupe Ecologiste a toujours été contre le projet d'extension sur une partie des serres d?Auteuil, je veux rappeler que l?UMP a été favorable depuis 2011 et que le député-maire du 16e arrondissement disait, lors du Conseil d'arrondissement du 8 avril 2013 : il tenait à souligner que "le soi-disant projet alternatif a, en fait, pour objet de faire partir Roland Garros du 16e arrondissement car, sur le plan juridique, sauf à modifier le P.L.U. et à déclasser des espaces boisés, il n'est pas possible de construire sur le périphérique, sur l'autoroute en l'occurrence, autre chose que des espaces boisés ouverts qui ne correspondent pas aux besoins de la F.F.T." M. GOASGUEN estime que : "si d?aventure cette proposition était retenue, elle aurait toutes les chances d'être annulée à son tour par le Tribunal administratif. Ce projet soulèverait dès lors la question du maintien de Roland Garros dans l'arrondissement." Je n'imagine pas aujourd'hui que l'UMP ait varié de position par rapport à cette position et qu'il s'agit d'une posture politicienne. En l'occurrence, comme nous sommes, nous-mêmes, soucieux collectivement de sérieux et de cohérence, nous sommes favorables à ce qu'il y ait une étude complémentaire, mais nous souhaitons que le cahier des charges de cette étude soit discuté par les présidents de groupe, que les conclusions de cette étude soient discutées en Conseil de Paris et que des réponses soient apportées aussi dans les meilleurs délais aux réserves pendantes émises par la Commission supérieure des sites. En effet, au-delà des contraintes juridiques, techniques et financières du projet, qui a déjà cinq ans de procédure - cela a été rappelé -, je crains que cette alternative porte préjudice au plan environnemental et paysager en créant un ouvrage en hauteur incongru à l?orée du bois de Boulogne, qui pourrait lui-même être critiqué à juste titre par des associations protectrices de l'environnement. Aussi, nous voterons favorablement le v?u amendé.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup. Je rappelle : c'est une minute, les explications de vote. Pour le groupe UDI-MODEM, Madame JÉGO, vous avez la parole.

Mme Ann-Katrin JÉGO. - Merci, Madame la Maire. L'agrandissement de Roland Garros est un sujet sensible sur lequel il existe entre nous des points de convergence et des points de divergence. Je crois que nous sommes tous d'accord pour affirmer l'intérêt de la présence de ce stade à Paris, notamment en raison du tournoi qu?il accueille : intérêt sportif, économique et touristique. La divergence porte sur l'extension nécessaire à la survie du site : - les uns, dont la Fédération française de tennis, le Premier Ministre et vous-même, Madame la Maire, plaident pour l?extension sur le parc des serres d'Auteuil ; - les autres, les associations de riverains, la Ministre de l'Ecologie et nous-mêmes au groupe UDI-MODEM, plaident pour que l?on ne confonde pas vitesse et précipitation. Ne sacrifions pas le patrimoine architectural et botanique des serres d'Auteuil simplement parce que l?on n?a pas pris le temps d?étudier la solution alternative, à savoir le recouvrement d'une partie de l?A13. Depuis votre élection, vous ne cessez de plaider en faveur du collaboratif, de la concertation et de l?écoute des premiers concernés, à savoir les Parisiens. Elue du 16e arrondissement où vivent une grande partie des Parisiens concernés, je ne peux qu'appuyer le v?u de nos collègues du groupe Ecologiste, pour vous demander qu?aucune décision irréversible concernant les serres d'Auteuil ne soit prise, tant que nous n'y verrons pas plus clair sur ce projet alternatif de couverture de l'A13. Celui-ci présente de nombreux avantages : non seulement d'épargner notre patrimoine mais aussi de lutter contre la très forte pollution routière, particulièrement concentrée dans ce secteur. Alors que Paris s?apprête à accueillir la COP21, nous pourrions marquer l?Histoire de la ville par un geste d'urbanisme plus audacieux que la brutale destruction d'un rare patrimoine botanique centenaire. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Simplement, il n'y a pas de destruction du patrimoine botanique français, mais je crois que l'on a apporté la réponse. Monsieur GOASGUEN, vous avez la parole pour le groupe UMP.

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. - Merci, Madame la Maire. Je vais citer Bertrand DELANOË, moi, parce que tout à l'heure vous avez fait une réflexion à M. CONTASSOT et j'avais l'impression que Bertrand DELANOË était, comme les serres d?Auteuil, un site classé et qu?il fallait demander la permission maintenant pour en parler ! Mais je voudrais dire quand même que, de ce point de vue, vous aviez voté, nous avions voté à l'unanimité le 25 mars 2013 cette étude dont on parle et que Mme Ségolène ROYAL a reprise. En réalité, la norme était respectée. M. LAURET est toujours en retard d'une guerre. Il n?a pas très bien compris, en réalité, que le groupe Socialiste avait changé de position hier, mais il faudra lui dire. Il y a un problème d'information interne dans votre groupe puisque j'ai l'impression, en l?écoutant?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je compte sur vous, Monsieur GOASGUEN !

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. - ? qu?il était très hostile à la modification que vous avez apportée à juste titre. Mais quel pataquès avant d'y arriver, pour adopter simplement quelque chose qui était dans la norme ! Mme Ségolène ROYAL fait faire un rapport ; vous trouvez que les conclusions de ce rapport ne sont pas valables ; vous allez courir auprès du Premier Ministre qui est en pleine période de crise, pour d'autres raisons sans doute, et qui pique une crise supplémentaire ; la F.F.T. nous dit : "Mais c'est terrible, ce que vous allez faire ! C'est des guerres, les Jeux Olympiques eux-mêmes sont engagés." Je vous signale d?ailleurs que Roland Garros n?est pas en comptabilité sur les Jeux Olympiques, car le C.I.O. lui-même a considéré que la norme actuelle de Roland Garros était suffisante pour les Jeux Olympiques, contrairement à ce que vous affirmez dans votre lettre. Je tiens mes sources du C.I.O.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - J?ai aussi mes sources, Monsieur GOASGUEN !

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. - Alors, pourquoi ce déchaînement, alors que, finalement, vous avez décidé de faire un amendement qui nous va très bien. Ah, je sais bien que quelquefois les chapeaux sont difficiles à avaler ! Madame HIDALGO, bonne digestion ! Je vous félicite quand même d'avoir retrouvé la norme et de vous être séparée d'un Premier Ministre qui me paraît un peu nerveux. Essayez de donner quelques conseils à M. LAURET sur l?adaptation du système !

Mme LA MAIRE DE PARIS. - J'ai l'impression que M. GOASGUEN est beaucoup plus stimulé par des débats qui n'ont rien à voir avec notre Conseil de Paris et par des préoccupations d'un autre ordre, qui ne sont pas tout à fait celles qui ont été exposées par les différents représentants des groupes ici présents. Moi, vous savez, j'ai cette méthode qui est, lorsqu'il y a des désaccords, lorsqu'on diverge - et c'est vrai que l'on a une position différente depuis très longtemps sur Roland Garros avec le groupe Ecologie - Les Verts -, de regarder ce qui peut nous rapprocher, et de façon rationnelle et objective. Il se trouve que, sur le plan de la rationalité et de l'objectivité, le fait de pouvoir conduire cette étude qui est demandée pour donner de la force à ce projet, je n'ai pas à m?y opposer. J'ai l'esprit de consensus et l'esprit ouvert au dialogue. C'est peut-être assez différent de ce que vous pouvez voir dans d'autres familles politiques où le vote obligatoire, et même la démonstration du vote obligatoire fait partie de votre culture, pas de la mienne. Donc, je préfère cette méthode qui, certes, nécessite beaucoup de dialogues, de discussions, de convergences, mais qui me paraît plus moderne, plus adaptée à ce qu'est notre ville et à ce besoin de démocratie exprimé par nos concitoyens et par les Parisiens tout court. Donc, je vais mettre aux voix le v?u n° 114 ainsi amendé, avec les précisions apportées par Jean-François MARTINS. Monsieur CONTASSOT, vous avez, bien sûr, la parole.

M. Yves CONTASSOT. - Merci, Madame la Maire. Simplement pour vous dire que, effectivement, les amendements qui ont été proposés ne dénaturent en rien notre v?u. Ils précisent sur quelques points, notamment les modalités qui vont permettre à l'ensemble des groupes de se mettre d'accord sur le cahier des charges, et c'est une excellente chose, que l'on puisse en rediscuter ensuite, lorsque l'étude sera terminée, devant ce Conseil lui-même. Donc, nous acceptons, et quand je dis "nous", c'est bien le groupe Ecologiste et pas moi, nous acceptons évidemment cet amendement.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Yves CONTASSOT. Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 114 ainsi amendé, avec un avis favorable de l?Exécutif. Qui est pour ? Voilà, c?est joli, ça ! Qui est contre ? Qui s?abstient ? Le v?u amendé est donc adopté à l'unanimité. (2015, V. 106). Merci pour vos encouragements, Monsieur GOASGUEN.