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Avril 2015
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Ouverture de la séance.

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2015


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, la séance est ouverte. Adoption de comptes rendus.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Le compte rendu sommaire de la séance des 16, 17 et 18 mars 2015 a été affiché. Le compte rendu intégral de cette même séance a été publié au Bulletin municipal et général officiel des débats. Y a-t-il des observations sur ces documents ? Il n?y en a pas. Ils sont donc adoptés. Je vous remercie. V?u déposé par l'Exécutif relatif à la candidature de Paris à l'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. V?u déposé par le groupe PCF-FG relatif à la candidature de Paris pour l'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je vous demande de prendre place. Nos travaux démarrent dans le sérieux et l?écoute qui conviennent. La Conférence d?organisation a décidé d?un débat à organiser sur un v?u que j?ai souhaité porter à notre Conseil après qu?il ait été débattu dans chacun des Conseils d?arrondissement des mairies d?arrondissement à Paris. Il s?agit du v?u n° 1 bis de l?Exécutif relatif à la candidature de Paris à l?organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques. Permettez-moi de saluer très chaleureusement en notre nom à tous la présence, à nos côtés, d?Emmanuelle ASSMANN qui porte avec elle l?ensemble du Mouvement olympique et paralympique - elle est la bienvenue dans notre Assemblée - et de Tony ESTANGUET qui est un membre éminent du C.I.O. Il jouera un rôle très actif dans ce dossier de candidature pour les Jeux Olympiques. Mes chers collègues, une candidature aux Jeux Olympiques se construit comme une course à étapes. Pour espérer gagner, il est donc indispensable d?avancer pas à pas sans céder à la pression médiatique, et elle est forte - je veux saluer l?ensemble des journalistes présents ce matin - et à veiller à ce que les forces vives d?une société fassent émerger un projet commun et convergent vers lui. Je demande aux retardataires de s?assoir avec calme et de ne pas faire de bruit pour que nous puissions avoir un débat serein. C?est ce que nous avons fait en commençant par laisser l?initiative au Mouvement sportif qui est l?alpha et l?oméga de toute candidature crédible. En résistant à la fausse urgence médiatique, nous avons donné aux sportifs du temps pour réfléchir, consulter, analyser les causes de nos précédents échecs et envisager les moyens d?un succès à venir. Leurs conclusions ont été claires aussi bien sur l?opportunité d?une candidature que sur le sens que l?on devait lui donner et les modalités selon lesquelles elle devait s?écrire. En se saisissant de ces premiers éléments, notre Assemblée a ensuite débattu des conditions dans lesquelles Paris pourrait accueillir les Jeux en 2024. Les impératifs de sobriété et d?implication de la Métropole sont alors apparus en pleine cohérence avec les réflexions menées par les sportifs. Il nous revient aujourd'hui, en adoptant un v?u particulièrement exigeant et engageant, de franchir une nouvelle étape sur le chemin de la candidature parce que les conditions que j?avais posées au nom des Parisiens en novembre dernier sont aujourd'hui réunies. Je souhaite donc que nous adressions un signe très fort de soutien au Mouvement sportif avant qu?il ne prenne sa décision. Ces conditions étaient claires et consistaient en un certain nombre de garanties fondamentales aux yeux des Parisiens, garanties en termes d?éthique, politiques et financières, de sobriété, de soutien financier de l'Etat, mais également de respect des élus locaux et des représentants du Mouvement sportif. Je considère aujourd'hui que nous avons reçu ces différentes garanties. Sur le plan de l'éthique politique et financière, le C.I.O. a pris des engagements clairs qui permettent à Paris d'envisager de concourir avec ses valeurs fondamentales. Sur le plan de la sobriété, il s'est engagé à favoriser des candidatures plus respectueuses à la fois des citoyens et de l?environnement. Dans le même temps, l'Etat a compris la nécessité pour lui de s'engager financièrement aux côtés de la ville candidate. Enfin, comme je l'avais demandé, le Gouvernement a laissé aux acteurs du dossier le temps, le temps de réfléchir pour le mouvement sportif, le temps de délibérer pour les élus locaux, en un mot, le temps de nous donner aujourd'hui la chance de gagner demain. Toutes les incertitudes qui subsistaient en fin d'année dernière ayant été levées, notre collectivité peut aujourd'hui afficher ce que j'appellerais "des ambitions responsables". Elle est d'autant plus fondée à candidater aujourd'hui qu'à l'épreuve des attentats qui l'ont frappée en janvier, elle a su montrer une unité, un désir commun de démocratie, de paix, qui sont constitutifs de l?esprit olympique. Il y a du sens, pour une société qui a été frappée parce qu'elle était ouverte et tolérante, à accueillir les Jeux Olympiques. Pour redire à la face du monde, nous ne céderons pas sur la liberté, nous ne céderons pas sur la tolérance, nous ne céderons pas sur l'ouverture. Le mouvement qui est né dans la société parisienne en réaction aux attaques terroristes, compte aujourd'hui et doit compter demain dans le choix et les modalités d'une candidature. Il y a, dans l'esprit du 11 janvier et dans l'esprit olympique originel, une même unité dans la diversité, une même convergence dans le respect des différences et une même revendication de paix commune et de partage. Parce que cette unité est fondatrice du sens même de la candidature de Paris, elle doit rester présente à chaque étape de la longue aventure d'une candidature. C'est la raison pour laquelle l'implication de nos concitoyens doit être permanente. Elle passe évidemment par les élus dont la voix doit être entendue. Elle l'a été en février lorsque nous avons débattu, ici même, des conditions d'une candidature. Elle l'a été également la semaine dernière lorsque chaque Conseil d'arrondissement a eu l'occasion de se prononcer sur le v?u que nous examinons aujourd'hui. Elle le sera à chaque fois que ce sera nécessaire parce que nous assumons d'être une société démocratique au sein de laquelle chaque grande réalisation doit emprunter le chemin de la démocratie. C'est dans ce même esprit que les Parisiens seront consultés en 2016. Je suis persuadée que leurs voix, leurs désirs, leurs différences, n'affaibliront pas une candidature, mais la renforceront. Sur ce sujet comme sur tous les autres, nous devons donc prendre le risque et jouer le jeu de la démocratie. Cela implique qu'avant la question du comment, nous posions celle du pourquoi. Au-delà du symbole, au-delà des retombées en termes d'attractivité, pourquoi une candidature de Paris fait-elle sens aujourd'hui ? D'abord, parce qu'elle constituerait un puissant levier au service des progrès auxquels les Parisiens et les Parisiennes aspirent. Derrière les Jeux Olympiques, il faut voir des milliers de logements construits, l'amélioration du réseau de transport en commun, l'accélération de la transition écologique. Il faut voir aussi la réduction des inégalités territoriales et la consolidation de la cohésion sociale. Les Jeux sont donc un moyen d'aller plus vite et plus loin dans les domaines où nos concitoyens souhaitent des avancées concrètes. L'héritage qu'ils laisseront, ces Jeux, va bien au-delà des horizons sportifs et médiatiques. Il concerne l'urbanisme, l'écologie, l'éducation, l'habitat. En un mot, il concerne le visage de notre ville. Il s'agit donc de construire une candidature qui ressemble à notre société et qui ressemble à notre territoire. Cela implique évidemment que la dimension métropolitaine soit assumée et revendiquée, ce que nous faisons, les Jeux Olympiques devant être pensés et réalisés comme un formidable moyen de souder Paris et les départements qui l'entourent. Il nous faut saisir dès aujourd'hui toutes les opportunités dont serait porteuse une candidature pour la Métropole pour réduire les fractures économiques, sociales et culturelles qui font, par exemple, de Paris et de la Seine-Saint-Denis, des territoires à la fois si proches et si lointains. Pour bâtir ensemble une candidature et des Jeux qui soient des accélérateurs de progrès, il nous faudra évidemment mobiliser toutes les composantes de la société parisienne et métropolitaine. Ces Jeux doivent être ceux des citoyens dans toutes leurs diversités culturelles : les jeunes, en particulier, et les femmes sont appelés à y jouer un rôle essentiel, un rôle fondateur de leur implication dans la vie de la cité. Les Jeux Paralympiques seront aussi un moment extraordinaire pour dire combien nous devons vivre ensemble et nous enrichir de nos singularités. C'est en mobilisant notre société prise dans sa diversité que nous pourrons créer les conditions d'une candidature, candidature qu?il revient au Mouvement sportif de construire et de porter avant d?en être à chaque instant le leader naturel. Mes chers collègues, l'expression de notre soutien à une candidature n'exige pas que nous abolissions nos différences ou que nous mettions nos débats en sourdine. Je nous fais confiance. Cette candidature doit exprimer une unité fondamentale que les Parisiens ont donnée à voir au monde entier en se levant comme un seul homme le 11 janvier dernier. J'invite donc chacun et chacune d'entre nous à voter ce v?u, à rejoindre cette aventure universelle avec ce qu'il est, avec ce qu'il représente, avec ce qu'il espère pour Paris. C?est fort de ce soutien que le Mouvement sportif pourra dans les prochains mois inscrire définitivement notre ville, je l'espère, dans cette belle et grande aventure humaine que sont les Jeux Olympiques. Je vous remercie. La Conférence d'organisation a donc convenu d'un débat organisé avec un tour de parole des différents groupes politiques et des élus de notre Assemblée. Nous commençons par David BELLIARD, président du groupe Ecologiste de Paris. Monsieur le Président, vous avez la parole.

M. David BELLIARD. - Merci, Madame la Maire. Mes chers collègues, le débat de ce matin sur une éventuelle candidature parisienne pour l'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, était attendue et dans quelques minutes, nous allons voter pour un résultat qui ne fait guère de doute. Et pourtant, des doutes, Madame la Maire, il y en a, et cela malgré la presque unanimité de notre Conseil en faveur des Jeux Olympiques qui voient dans un même élan l?opposition de droite et une partie de notre majorité main dans la main pour soutenir ce projet. Comme si, face au Comité international olympique, notre Assemblée était comme Rusalka, la sirène dans l?opéra de Dvorak, prête au sacrifice de la voix pour gagner les fruits bien illusoires de l'amour terrestre. Et pourtant, même si comme vous nous partageons l'amour du sport, de la voix, il en faut pour rappeler les doutes et les interrogations que suscite une telle candidature. A commencer par le coût de la candidature elle-même, qui oscille entre 60 et 100 millions d'euros, soit les 2/3 de l?investissement de 150 millions d'euros que nous allons consacrer sur 5 ans au Plan Vélo, activité physique s'il en est. A l'heure où nous connaissons une grève dans les gymnases et les piscines de notre ville, à l?heure où nous sommes confrontés à la vétusté de nos installations, à l'heure où nous investirons un petit 46 millions d'euros pour améliorer le sport à Paris en 2015, est-il vraiment sérieux de vouloir consacrer une telle somme pour soutenir une candidature dont le résultat est bien hypothétique ? Et quand bien même, imaginons donc qu?après avoir dépensé ces quelques 100 millions d?euros, Paris soit choisi comme ville-hôte des J.O. 2024. Pour quel coût ? Le rapport du Mouvement sportif, le seul document d?ailleurs sur lequel s?appuie votre décision, nous dit que l?organisation de cet événement coûterait 4 milliards d?euros. Et pourtant pas un expert, pas un économiste sérieux ne confirme ce chiffrage. La fourchette basse de l?investissement serait plutôt de 6 milliards d?euros, au bas mot. Nos voisins britanniques avaient eux aussi annoncé 5 milliards d?euros pour organiser les Jeux de 2012 pour finir sur une facture à plus de 10 milliards. Ce doublement du montant initialement prévu a une raison simple : la logique même des Jeux Olympiques contemporains et du Comité international olympique, c?est l?inflation des dépenses et le toujours plus. Pour gagner, Paris devra faire plus que Boston, plus que Hambourg, plus que Rome. Et côté recettes, qu?en est-il ? On nous dit que les Jeux Olympiques seront une manne financière sans précédent et profiteront à tous. A tous ? Ah non ! Pas aux commerçants éloignés des sites sportifs, puisque la consommation de l?afflux des spectateurs se concentre aux abords des sites olympiques qui seront trustés par des enseignes mondiales avec qui le C.I.O. aura préalablement contracté. On constate même pendant les Jeux une diminution du chiffre d?affaires pour les commerces habituels. Mais de cela, sans surprise, le rapport du Mouvement sportif n?en fait pas mention. Alors les J.O. vont-ils profiter à l?Etat qui va récupérer des impôts supplémentaires ? Encore raté ! Le C.I.O., comme de nombreux organisateurs d?événements sportifs internationaux, sera exempté d?impôts. Si Paris organise les J.O. en 2024, la France va se transformer en immense paradis fiscal pour un C.I.O. qui génère des milliards d?euros de recettes. Pour toutes ces raisons, vous conviendrez, Madame la Maire, mes chers collègues, que l?on peut légitimement interroger la balance coûts-bénéfices d?un tel événement. C?est aussi notre rôle, en tant qu?élus en responsabilité de ne pas tomber dans le piège de l?amour aveugle du sport et de la pression médiatique pour préserver un développement raisonné et durable de la Capitale et de notre Région. C?est aussi notre rôle de ne pas faire le pas de trop, celui qui mettrait en danger très gravement les comptes de notre collectivité. Nous ne sommes pas contre les grands événements sportifs a priori. Ainsi nous soutenons l?accueil des "Gay Games" et de la Coupe du monde de football féminin. Nous voulons que notre Ville puisse organiser des événements internationaux exemplaires, porteurs des valeurs de pédagogie, d?humanisme et d?échange, qui sont celles que nous défendons. Pourquoi d?ailleurs, Madame la Maire, ne pas consacrer nos efforts vers un événement comme l?Exposition universelle, par exemple, dont le modèle économique est autrement plus sobre et les valeurs plus en adéquation avec le projet que nous défendons pour Paris et la Région Ile-de-France ? Vous nous dites que vous n?avez pas abandonné cette piste, mais à vouloir courir deux lièvres à la fois, on revient souvent bredouille. Pour choisir entre ces deux événements, entre J.O. et Exposition universelle, organisons une vaste concertation citoyenne, mais je laisserai ma collègue Anne SOUYRIS compléter mon propos. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur BELLIARD. Je demande à l?ensemble des conseillers de notre Assemblée d?être respectueux de la parole des uns et des autres, de bien vouloir écouter les présidents de groupe lorsqu?ils s?expriment. Merci, David BELLIARD. Permettez-moi de vous dire qu?il y a eu hier le Marathon de Paris et que notre collègue Christophe NAJDOVSKI, adjoint Vert aux transports et déplacements, l?a couru. J?ai pu l?applaudir au départ. Bravo, Christophe, c?est une belle épreuve et il a le courage d?être là ce matin. Je voulais vraiment le remercier. Nous poursuivons nos débats et je donne maintenant la parole à Nicolas BONNET-OULALDJ pour le groupe Communiste et Front de gauche. Je vous demande vraiment d?écouter. Il y a un brouhaha qui n?est pas très agréable. Nicolas BONNET-OULALDJ, président du groupe Communiste et Front de gauche.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Madame la Maire, Monsieur le Préfet, mes chers collègues, chère Emmanuelle ASSMANN, cher Tony ESTANGUET. En me demandant pourquoi organiser les Jeux Olympiques et Paralympiques, je me suis posé une question : quels seraient les mots que j?aurais envie de dire aux Parisiens, au monde entier, au Comité international olympique pour motiver la candidature de Paris ? D?abord l?humain, puis le partage, la solidarité, la joie de vivre librement et de s?émanciper à travers une culture universelle du progrès qu?est le sport. Nous voulons que la candidature de Paris soit un souffle nouveau pour le sport, en répondant aux besoins des populations. Paris peut être le lieu de résurgence d?un idéal collectif universel, soucieux de laisser un héritage pour le monde entier. En me demandant pourquoi, j?ai relu ces mots de Nelson Paillou, ancien président du C.N.O.S.F. qui a accueilli à Paris le Congrès du centenaire du C.I.O. en 1994. Après un siècle d?olympisme, il nous disait : si on veut que le sport ait un avenir, il faut qu?il soit humain. S?il échappe à l?homme, il disparaîtra, comme il a déjà disparu par le passé. Mais il peut disparaitre par la perfidie, l?arrivisme des hommes ou la rentabilité abusive des pratiques sportives. J?irai plus loin que lui. Si nous voulons des Jeux durables, qui mettent le sport au service de l?être humain et de son émancipation, il faut s?attacher à libérer le sport de sa marchandisation et reconquérir l?idéal humaniste et olympique. Sur les contradictions qui traversent l?olympisme, Nelson Paillou nous disait que l?essentiel est d?en parler sans doute, mais ce n?est pas suffisant. Il faut convaincre, triompher pour qu?au troisième millénaire, ce ne soit pas les Jeux du cirque qui s?imposent mais le sport humaniste qui triomphe. En définitive, l?avenir des Jeux dépend de la manière dont les forces de progrès dans le monde seront capables de les inscrire plus étroitement dans la logique des déclarations universelles des Droits de l?homme, vers plus de démocratie, de paix et de justice sociale. Si nous voulons une candidature qui rassemble largement, qui soit utile aux populations et aboutisse, il faut parler franc et être lucide. Nous entendons des critiques justes sur les dernières éditions. Elles seront un atout si nous en faisons des exigences populaires et les conditions de la réussite de ces Jeux du XXIe siècle. Pour cela, Madame la Maire, nous vous proposons de créer des comités populaires pour la réussite des Jeux Olympiques et Paralympiques. Leur rôle sera de porter les exigences et les recommandations des citoyens. Je pense d?abord à ces militants qui font vivre le sport. Ecoutons leurs demandes, notamment en termes d?accès au sport pour tous, de développement de l?E.P.S. à l?école, d?équipements et de financement du sport. Mon collègue Sergio TINTI reviendra sur ces aspects. Nous devons anticiper ce que sera le monde en 2024. Alors que la situation internationale est marquée par l?accroissement des inégalités et de nombreuses guerres, la solidarité entre les peuples est la première importance. Nous devons construire une voie solide, universelle, pour un monde de partage et de progrès, dans lequel le sport joue un rôle essentiel de formation des citoyens du monde. Notre candidature peut s?incarner à travers des symboles forts. Parlons de partage en mettant fin à la frontière du périphérique par l?écriture d?un trait d?union entre Paris et sa banlieue. Ou encore garantir l?égalité entre les femmes et les hommes et la mixité des compétitions sportives en s?appuyant sur le combat initié à Paris dès 1921 par Alice Milliat. Nous devons vaincre le racisme, la xénophobie et l?antisémitisme, et nous inspirer de celles et ceux qui se sont mobilisés en 1936 contre la récupération des Jeux par les nazis. Nous pouvons incarner des Jeux écologistes, avec par exemple la reconquête de la Seine ou de la Petite ceinture ferroviaire par des déplacements non polluants. Plutôt que la pollution mercantile de l?espace public par des sponsors, menons un travail de mémoire en suivant l?exemple du v?u que nous avons adopté pour nommer Bercy Arena Alain Mimoun. Cette candidature doit être le symbole de la relance économique, un accélérateur pour l?emploi et l?aménagement des territoires déshérités. Des investissements publics doivent répondre aux besoins des populations plutôt qu?aux intérêts privés. L?idée d?une candidature "low cost", défendue par ceux qui ne veulent pas mettre un centime, ne serait rien d?autre que la poursuite des politiques d?austérité. Pour nous, la question est toute autre. Le plus important, c?est l?héritage laissé aux populations en accord avec nos engagements. La construction du village olympique sera un plus pour le logement social et étudiant. Le développement des transports en commun est un atout pour lutter contre la pollution, ainsi que pour l?accessibilité des personnes à mobilité réduite. Mais nous devrons agir fermement pour que l?Etat s?engage sur un budget ambitieux. Travaillons dès maintenant sur un plan de financement pour les neuf ans à venir. Aujourd?hui le budget de la Nation consacré aux sports est ridicule : 0,14 %. C?est l?occasion de lancer une mobilisation sur le financement du sport à hauteur de 1 %. Une loi olympique pourrait parfaire la description de notre mobilisation sur la place du sport en France et les conditions de son financement. Madame la Maire, mes chers collègues, si nous avons une carte à jouer, c?est celle d?une candidature différente, ancrée dans les valeurs humanistes, avec une ambition nouvelle pour le sport dans notre pays.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur le Président. Jean-Bernard BROS, président du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants.

M. Jean-Bernard BROS. - Madame la Maire, chers collègues, de manière très claire, les élus du groupe RGCI soutiennent la démarche de l'Exécutif de porter la candidature de Paris à l'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. Nous y voyons là une réelle opportunité pour Paris mais aussi pour toute la métropole. Avoir un cap comme celui de l?organisation des Jeux Olympiques constituera immanquablement un accélérateur pour les grands projets urbains métropolitains. Il lancera surtout une dynamique positive reposant sur les valeurs de l?olympisme, qui sont des valeurs universalistes, qui rassemblent et font du bien, surtout dans la période que nous traversons. Les enquêtes d'opinion sont plus qu'encourageantes. A titre d'exemple, 69 % des moins de 35 ans sont favorables à une candidature aux Jeux Olympiques, preuve que la démarche que nous engageons s?inscrit vers l'avenir et regarde vers l'avant. Concrètement, les Jeux Olympiques en France obligeront l'Etat à investir sur notre territoire. A un moment où les dotations baissent, c'est un point important qui ne doit pas être négligé, car l?un de nos premiers défis est de répondre à une nécessité de maîtrise des coûts. Nous le savons : nous ne sommes pas en mesure de faire des investissements inconsidérés. Les contraintes nous obligent donc à la mesure et à la retenue budgétaire, ce qui doit favoriser, je le crois, la créativité. Le gigantisme et les dépenses inconsidérées sont derrière nous, ce qui n'est, au fond, pas une mauvaise chose. Nous sommes convaincus que la candidature de Paris est également une opportunité pour le Mouvement sportif francilien et parisien. La médiatisation de sports qui n?en bénéficient pas d'habitude est une chance : faire connaître la diversité des pratiques sportives, dont regorge notre territoire, bénéficiera à nos milliers de clubs ; et nous connaissons l'importance de ces clubs par leur contribution aux politiques de citoyenneté et de cohésion sociale. Le deuxième grand défi que nous devons relever est très certainement le défi écologique : Paris devra faire preuve d'exemplarité en la matière ; et nous avons les capacités de le faire. Irriguer le monde de nos bonnes pratiques, c'est déjà ce que notre Ville fait en préparation de la COP 21 et nous pourrons mieux encore le faire à l?horizon 2024. De plus, avec l?expérience de nombreux événements sportifs internationaux qui nous attendent ces prochaines années, nous aurons de quoi expérimenter tout ce qui contribuerait à améliorer l'accueil et la réussite des Jeux. Paris a un savoir-faire reconnu, ne l'oublions pas. Je souhaitais enfin, mes chers collègues, saluer la méthode mise en ?uvre pour préparer, dans le rassemblement, cette nouvelle candidature. Nous avons appris de nos expériences passées. J?étais aux premières loges, comme d'autres ici en 2005, et je pense qu?il faut s?appuyer sur cet échec que nous avons eu le temps d'analyser - je dirais même "de digérer" - pour réussir cette nouvelle candidature. La création d?une association dédiée, portée par le Mouvement sportif, est une bonne chose. La volonté de faire participer les Parisiennes et les Parisiens, les Franciliens, et notamment les plus jeunes, est aussi une ambition que nous partageons. Mes chers collègues, soyons enthousiastes : la perspective qui est devant nous est exceptionnelle. Certes, mettons des garde-fous, portons des vigilances, avançons avec lucidité mais, tout de même, le Mouvement sportif, l'Etat, la Région, l?Ile-de-France, la Ville de Paris, les acteurs économiques, nous avançons tous dans le même sens. Politiquement, nous sommes, à une écrasante majorité, en accord avec la perspective des Jeux Olympiques. C'est un scénario rare qui montre que le travail a été bien fait. Notre groupe l?a souvent dit : nous devons nous engager sur des projets ambitieux. Et puis, nous pensons que la question de l'Exposition universelle de 2025, que nous souhaitons ardemment, n'est pas contradictoire avec la perspective d'accueillir les Jeux Olympiques. Alors, mes chers collègues, "oui", un grand "oui" au nom de mon groupe, un grand "oui" pour que Paris s'engage, candidate et, in fine, obtienne l'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques en 2024. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, cher Jean-Bernard BROS. Madame KOSCIUSKO-MORIZET, présidente de l'UMP.

Mme Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET. - Du groupe UMP, Madame la Maire, seulement du groupe UMP !

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Moi, je raisonne toujours à l'échelle de Paris.

Mme Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET. - Même ! Le président de l?UMP à l?échelle de Paris est mon collègue Philippe GOUJON. Mes chers collègues, Madame la Maire, aujourd'hui, au groupe UMP, justement, nous sommes heureux que vous souhaitiez finalement vous engager dans la voie des J.O. Il nous revient maintenant ensemble de faire partager cet enthousiasme à tous : - l'enthousiasme de faire rayonner Paris à l'occasion des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 ; - l?enthousiasme d?offrir aux Parisiens, aux Franciliens, aux Français tout simplement, l'héritage qui peut découler de l'accueil d'un tel événement. Je l'ai déjà dit, je ferai tout mon possible, ainsi que tous les élus de mon groupe, pour que Paris ait ces Jeux en 2024. Nous refusons que l?on passe de nouveau à côté de cette opportunité : l?opportunité incontestable que représente l'accueil des J.O. en termes de développement des infrastructures et des territoires. Et puis, l'engouement, le dynamisme, tout ce qui entoure toutes les phases d'une candidature, du projet à la décision du C.I.O., et, quand l?issue est favorable, à la concrétisation et à l'après-J.O. Londres est la plus belle illustration des effets positifs que peut générer l?accueil des J.O. deux ans après encore. La Grande-Bretagne estime les retombées liées aux Jeux à 14 milliards de livres sterling et cela continue. A nous donc, désormais, de nous mobiliser et de soutenir le Mouvement sportif. C'est lui le leader de la candidature, c'est lui qui devra la porter, nous l?espérons, jusqu'au succès, avec notre soutien. A ce stade, il nous semble indispensable de rappeler et de ne pas oublier que cette candidature, c'est celle des sportifs, d'abord des sportifs. Ce sont eux qui vont encore travailler beaucoup. Si j?avais un message, ce serait le suivant : eux devant et nous tous ensemble derrière. Jean-François LAMOUR reviendra dans quelques instants sur la gouvernance. Je ne m?étendrai donc pas et j'insisterai simplement sur l?exigence de collégialité qui doit présider aux tentations d'individualité. Je concluerai mon propos par un souhait, Madame la Maire : celui que ces J.O. soient aussi ceux de la Métropole, dont c'est l'ADN d'accueillir, de soutenir, de porter ce type d'événement. Je crois d?ailleurs que le rapport d'opportunité, que le Mouvement sportif vous a remis en février, entérine lui aussi la dimension métropolitaine de cette candidature mais, même si vous l'évoquez de temps à autres, je m'étonne que vous ne souhaitiez pas associer plus clairement le Grand Paris davantage, au même titre que la Région, par exemple, dans ce projet. Les J.O. peuvent être le grand projet fédérateur d?énergies autour du Grand Paris. Nous avons tous à gagner à ce que le Grand Paris soit partie prenante de cette aventure et le Grand Paris a lui aussi tout à gagner de son côté. Les J.O., c'est l'occasion de le construire et c?est aussi comme cela qu'il nous faut envisager cette candidature : le construire autour d?un grand projet fédérateur. Les J.O. 2024 peuvent booster notre métropole. A présent, le monde nous regarde, le C.I.O. nous regarde. Alors, pour ce qui est du groupe UMP, les J.O. à Paris, c'est un grand "oui".

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Madame KOSCIUSKO-MORIZET. Je donne la parole à Eric AZIÈRE, président du groupe UDI-MODEM.

M. Eric AZIÈRE. - Merci, Madame la Maire. Mes chers collègues, chère Emmanuelle ASSMANN, cher Tony ESTANGUET, au nom du groupe UDI-MODEM et dans l'esprit et la tradition de la trêve olympique, je déclare ouverte la trêve politique sur la candidature de Paris aux Jeux Olympiques de 2024. D'ailleurs, la trêve n'est-elle pas l?un des principes fondamentaux de l?olympisme, une coutume qui a duré près de 1.200 ans dans la Grèce antique et que nous devons bien pouvoir respecter quelques années entre les groupes de l'Opposition et de la Majorité municipale ? D'ailleurs, qui sait où les Parisiens décideront de nous placer d'ici là ? En tout état de cause, nous serons tous liés par ce vote à la gouvernance de ce défi impératif. Mais, en réalité, je crois que cette trêve politique, dont nous décidons ce matin le respect, est un signal d'unité très fort des principaux groupes du Conseil de Paris et doit donner à la candidature de Paris un atout supplémentaire, une force, une autorité morale sur laquelle le Mouvement sportif pourra s'appuyer. Autre principe majeur de l'olympisme : c?est celui de la solidarité. Ces Jeux doivent être non seulement les troisièmes Jeux Olympiques d'été organisés à Paris depuis 1900 mais ils doivent être aussi les premiers pour le Grand Paris. C'est la solidarité appliquée aux territoires, du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest ; c'est la candidature de toute une Métropole. Et c'est un autre atout de cette candidature que d'être conçue et réalisée par une ville au centre des plus grandes et des plus attractives zones urbaines du monde. Et c'est sans doute aussi, Madame la Maire, son intelligence, son modèle économique peut-être qu'il faut rendre vertueux, économe par les synergies financières qu'il peut provoquer. Le Grand Paris, c'est le P.I.B. le plus élevé d'Europe, la première destination au monde pour les rencontres d'affaires et pour le tourisme, la plus grande concentration d'étudiants en Europe, le plus grand secteur hôtelier du monde, mais surtout ces Jeux peuvent être l?occasion de révéler le plus grand projet de renouvellement urbain en Europe : le Grand Paris. Ce Grand Paris que nous bâtissons aujourd?hui sera en plénitude de sa puissance administrative et financière, ayant achevé la plupart de ses grandes infrastructures de transports en 2024, autant de projets urbains, d?équipements dans lesquels la compatibilité des destinations olympiques et urbaines est possible. Enfin, il y a le principe de non-discrimination, et c?est particulièrement au handicap que je pense, car si bien évidemment, aucune discrimination n?est pire qu?une autre, concernant l?accessibilité des lieux recevant du public, la sensibilisation et la mobilisation des acteurs publics n?ont pas été jusqu?à présent à la hauteur de l?enjeu. Et les Jeux Paralympiques doivent être un formidable accélérateur de ce principe. Ils font maintenant partie des Jeux Olympiques. C?est le troisième événement sportif mondial, aux athlètes comme les autres, sportifs comme les autres, tout simplement un peu superhéros sur les bords quand même. Après le tournant de la popularité prise à Londres, ils doivent apporter à Paris leur mental, leur volonté, l?exigence du meilleur dans ce domaine, l?accessibilité. Le troisième principe, c?est celui du développement durable dans le but de réduire au minimum les effets négatifs pour l?environnement et de fournir à Paris un modèle vert pour l?olympisme. Pour conclure, la véritable question à poser aux Parisiens et aux habitants de la Métropole demain, ce n?est pas de savoir s?ils sont d?accord pour la candidature de Paris, mais s?ils veulent avec nous la victoire de Paris, s?ils veulent les Jeux à Paris. Nous, nous nous engageons ce matin pour gagner, pas pour jouer. Nous voulons les Jeux et nous les aurons. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur le Président, Eric AZIÈRE. Et merci, c?est vrai que c?est une trêve sur ce sujet, en tous les cas, que nous votons ce matin, si l?ensemble du Conseil donne sa majorité. La parole est à Rémi FÉRAUD, Président du groupe socialiste et apparentés.

M. Rémi FÉRAUD, maire du 10e arrondissement. - Madame la Maire, chers collègues, Paris doit-elle être candidate aux Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, à quelles conditions, comment ? Voici les questions que nous devons poser avant d?engager notre ville dans une compétition que l?on sait par expérience rude et exigeante. Cette candidature doit être mûrement réfléchie et préparée pour nous donner toutes les chances de gagner. Comme vous l?avez dit, nous n?irons pas porter une simple candidature de témoignage, nous irons pour gagner, ce qui nécessite le soutien massif du mouvement sportif, des Français, des Parisiens, des Franciliens, de la jeunesse. Et pour être efficace cette candidature ne peut...

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Monsieur le Président, juste un instant : je demande vraiment à ceux qui ont des conversations à faire de les faire à l?extérieur de l?hémicycle, et de bien vouloir avoir la courtoisie d?écouter les orateurs, notamment les présidents de groupe qui s?expriment. C?est ce que j?ai dit. J?ai dit "notamment", puisque là, il s?agit d?un président de groupe, mais les orateurs, notamment les présidents de groupe. Monsieur le Président, vous avez la parole.

M. Rémi FÉRAUD, maire du 10e arrondissement. - Merci. Et pour être efficace, cette candidature ne peut bien entendu pas être une candidature en solo. Elle doit bien sûr s?appuyer sur la Métropole et constituer un accélérateur de développement du territoire, notamment sur l?axe Paris Seine-Saint-Denis, qui doit profiter de cette opportunité pour écrire une nouvelle page de la Métropole. Cette candidature doit permettre de réduire les inégalités territoriales en accentuant la dynamique à l??uvre au Nord et à l?Est de la Capitale. Et l?exemple de Londres a montré l?importance du legs olympique lorsque le projet est pensé à court, moyen, mais aussi long terme. La stratégie qui a été d?utiliser en décor le Londres historique, mais tout en ajoutant une vaste opération de renouvellement urbain dans l?est londonien en difficulté urbaine, c?est là évidemment un modèle de développement urbain qui nous intéresse particulièrement pour la candidature de Paris. Car nous savons que Paris a déjà une longue tradition d?accueil de manifestations internationales qui ont marqué son histoire, y compris architecturale. Les J.O. 2024 constitueront une nouvelle opportunité d?imprimer une marque novatrice et de façonner notre Capitale. Nous accueillerons par ailleurs d?autres grands événements dans les prochaines années, comme chacun le sait. Et puis, pour concourir, nous devons également avoir l?assurance de la parfaite équité de traitement des candidatures. C?est évidemment un point très important, et le mouvement olympique français, le président du Comité français du sport international, Bernard LAPASSET, ont fourni des garanties sur ce point, qui doivent évidemment se confirmer. Alors, plusieurs orateurs l?ont dit : le modèle économique des Jeux doit être radicalement différent des précédents. C?est évidemment un point très important pour nous. Les Jeux de 2024 doivent être également un modèle de développement durable, et en accueillant la COP 21 cette année, en adoptant une charte ambitieuse pour tous les événements organisés à Paris, nous devons décider de mesures fortes dans un monde plus que jamais menacé par le dérèglement climatique. Nous avons déjà pris des mesures courageuses, notamment en matière d?éradication du diesel, dans ce mandat, de suppressions des sacs plastiques jetables et de promotion de l?économie circulaire. Les Jeux de 2024 devront s?inscrire dans cette dynamique. Anne HIDALGO et Jean-François MARTINS ont toujours annoncé qu?il fallait que les conditions soient réunies avant d?avancer une candidature. Ainsi, la constance est bien de notre côté, depuis la campagne électorale. Il suffit de reprendre les déclarations des mois de novembre et décembre 2013. Je ne polémiquerai pas, puisque nous avons déclaré une trêve, mais chacun peut reprendre les déclarations de ce moment, y compris aussi après l?interview du Président de la République au mois de novembre dernier, car la constance, c?est une constance de principe et une constance de méthode. Afin d?enclencher une dynamique vertueuse désormais, les avis du plus grand nombre, enfin, d?un grand nombre d?acteurs ont déjà été recueillis : les groupes politiques, les élus d?arrondissements, les acteurs métropolitains et régionaux, les décideurs économiques, le milieu sportif, bien évidemment, qui doit être au-devant de cette candidature. Nous devons désormais travailler ensemble à la création d?une véritable dynamique populaire, qui ne passe pas forcément par un référendum, et nous devons peut-être nous inspirer de la dynamique du budget participatif de la démocratie locale, qui caractérise aussi la forme de démocratie parisienne que nous mettons en ?uvre avec les Parisiens. Nous devrons impliquer la jeunesse en nous appuyant notamment sur les milliers de clubs parisiens et nos équipements sportifs. Chers collègues, après le 11 janvier, nous avons montré, tous les Parisiens, Paris a montré qu?il avait en lui une formidable énergie universaliste, généreuse, solidaire, qui rejoint les idéaux présents dans la charte olympique. Le message de tolérance et de fraternité, nous devons le porter, et cette candidature est aussi un moyen de faire vivre ce message. C?est là évidemment un élément que nous devons et que nous pouvons tous prendre en compte. C?est pourquoi, bien sûr, avec tous les élus du groupe Socialiste et Apparentés, nous voterons sans hésitation pour le v?u que vous nous présentez.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur le Président, Rémi FÉRAUD. La parole est à Mme SIMONNET, non inscrite, pour deux minutes.

Mme Danielle SIMONNET. - Le v?u présenté démontre, je trouve, toute l?hypocrisie de votre conception de la concertation, et plus largement de la démocratie. Vous décidez seule des J.O., et seulement alors, l?avis des Parisiens et des Parisiennes vous intéresse. Pour ma part et sans surprise, je voterai contre ce v?u, et je ne serai pas de cette belle union sacrée scellée ce matin entre le PS, l?UMP et l?UDI. Les Jeux Olympiques sous leur forme actuelle sont une aberration économique et écologique. Tous les Jeux, tous les Jeux ont coûté bien plus cher que les estimations initiales : trois fois le montant initial pour les J.O. de Londres de 2012, dix fois pour ceux de la Grèce de 2004, sans parler de ceux de la Russie et de leur coût écologique encore inestimable aujourd'hui. Aucune étude, vous m?entendez, aucune étude n?a réussi à démontrer les retombées en termes d?emplois et de niveau de revenus des habitants, au contraire. En définitive, c?est au peuple en retour de payer les factures par plus d?austérité. Les seuls bénéficiaires de ces Jeux sous leur forme actuelle, ce sont les multinationales qui en profitent pour signer des contrats juteux avec l?Etat, via des partenariats publics privés sur les grandes infrastructures, et une saturation de l?espace public de publicité. Et les parlementaires ont d'ailleurs d?ores et déjà prévu depuis décembre dernier d?exonérer d?impôts les organisateurs des J.O. Les installations sportives dédiées aux J.O. ne correspondent pas aux besoins de la population. Pour encourager la pratique du sport, eh bien, au lieu du gigantisme des installations olympiques qui ne resserviront pas durablement, la Ville devrait prioritairement construire des équipements de proximité, notamment dans les quartiers les plus mal dotés. La seule candidature coûte entre 60 et 100 millions d?euros, alors que le budget d?investissement de la Ville de Paris dédié aux équipements sportifs ne s?élève qu?à 46 millions d?euros pour 2015. Et pour les transports, la priorité sera donnée aux lignes reliant en moins de 30 minutes les sites olympiques au village olympique alors que l'urgence sociale exigerait de prioriser le développement de la desserte fine et la désaturation des lignes les plus fréquentées. Plutôt que ces J.O. au profit des multinationales?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame SIMONNET, il va falloir conclure.

Mme Danielle SIMONNET. - Je termine ma phrase, Madame la Maire. Exigeons plus d?investissements publics pour répondre aux besoins sociaux et impératifs écologiques. Votre refus d?engager une réelle consultation de la population avant toute décision de candidature est un déni démocratique.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci. Madame SOUYRIS, vous avez la parole, pour le groupe Ecologiste de Paris.

Mme Anne SOUYRIS. - Madame la Maire, mes chers collègues, comme l?a rappelé mon collègue David BELLIARD, la décision de candidature de Paris nous semble précipitée. Trop de doutes sur le coût réel. Trop d'interrogations sur les éventuels bénéfices que nous pourrions en retirer. Enfin, aucune concertation n?a été menée préalablement avec les Franciliennes et les Franciliens et du coup, ne subsiste aucune possibilité de changer quoi que ce soit ni de remettre les valeurs de l?olympisme au centre de ces J.O., trop souvent bafouées par l'actuelle gouvernance. Alors, oui, c'est vrai, si l'on considère que les instituts de sondage ne se sont jamais trompés dans l?histoire et qu?ils disent vrai, les Franciliennes et les Franciliens veulent des Jeux Olympiques. Avec 58 % de Parisiens et de parisiennes favorables dans un récent sondage, ce n'est pas l'euphorie populaire. Vous avez annoncé une concertation citoyenne en 2016. Nous nous en félicitons, mais pourquoi ne pas l'organiser avant d'engager notre ville dans la course à la candidature ? Quitte à demander l'avis à nos concitoyens et nos concitoyennes, autant que ce ne soit pas un avis inutile et d'avance mis de côté, car non seulement une concertation sans écoute est un facteur de désillusion démocratique mais en plus, c'est un processus avorté puisqu?il ne permet pas de proposer un projet plus conforme à l'attente des citoyens et des citoyennes. En un an, nous avons engagé ensemble un vrai travail sur le renouveau de la démocratie participative ; nous avons lancé un budget participatif ; avec vous, Madame la Maire, nous avons souhaité redonner du pouvoir de décision et d'action aux Parisiens et aux Parisiennes. Cette rénovation de la démocratie locale, ne l'arrêtons pas aux grands projets. Pourquoi cette crainte d'aller jusqu'au bout ? Serait-ce parce que lorsque cela s'est fait ailleurs, des villes ont dû retirer leur candidature ? Comme Cracovie, pour les J.O. d?hiver 2022 ou encore Stockholm et Oslo, qui ont choisi de se retirer de la course pour cause d'effondrement du soutien populaire. Conséquence, les J.O. d?hiver 2022 se dérouleront soit à Pékin, soit à Almaty, au Kazakhstan, deux pays reconnus pour respecter les droits de l?homme et la liberté de la presse. Il y a bien un ver dans le fruit. Car comment ne pas évoquer les valeurs et les modes de fonctionnement du Comité international olympique, si loin des valeurs originales de l'olympisme ? Cet organisme au fonctionnement opaque, sur lequel personne n'a réellement de prise, les membres étant choisis par cooptation, ne représente ni les Etats, ni les villes et encore moins les intérêts des citoyens et des citoyennes. L'objectif du C.I.O. s'est pour l'instant réduit à maximiser ses bénéfices défiscalisés, générant tractations, triche, corruption avec au final, des choix pour le moins contestables. Chacun et chacune d'entre nous a en tête les derniers jeux d?hiver à Sotchi, en pleine crise ukrainienne, qui se sont révélés un désastre environnemental. Le C.I.O. nous dit qu'il a changé. Nous en attendons toujours les preuves : en acceptant de payer des impôts aux Etats organisateurs mettant ainsi fin à cette exonération fiscale injuste, en organisant les Jeux Olympiques et Paralympiques au même moment pour permettre à tous les sportifs de bénéficier de la même visibilité médiatique, en adoptant un fonctionnement transparent et démocratique où pourrait être représentée la société civile avec un projet réellement co-construit et qui ne tomberait plus dans le nationalisme exacerbé, en mettant fin au maximalisme des constructions et des infrastructures liées aux J.O. pour que cet événement international soit porteur d'un nouveau modèle vertueux sur les plans environnementaux, fiscal et éthique. A l'heure actuelle, les J.O. 2024 sont encore loin, trop loin de cet événement exemplaire auquel nous aspirons. Nous comprenons que le C.I.O. ai besoin de Paris pour redorer son image mais franchement, Paris a-t-elle besoin du C.I.O. ? Pour toutes ces raisons, pour toutes ces questions, pour tous ces doutes, les écologistes ne voteront pas le v?u de l'Exécutif. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame SOUYRIS. Monsieur Sergio TINTI, vous avez la parole pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

M. Sergio TINTI. - Merci, Madame la Maire. Un grand projet sportif tel que les Jeux Olympiques et Paralympiques doit être l?occasion d?une mobilisation populaire exceptionnelle impliquant les Parisiens et les Franciliens. Le sport est un opérateur de changement. Il faut s?emparer des potentialités de la candidature de Paris aux Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 pour amorcer la réforme de la place du sport à Paris ainsi que dans notre pays. Nous ne sommes pas les seuls à en être convaincus. En amont du vote, dans les derniers conseils d'arrondissement du mois de mars, le Comité des offices du mouvement sportif parisien s?exprime non seulement en faveur des Jeux Olympiques, mais aussi de la nécessité d'un engagement important et ambitieux de l'Etat sur la durée. Nous partageons cette conviction. Cette ambition ne peut pas se contenter d'un budget national du sport à 0.14 % du budget de l'Etat. Nous demandons un programme pluriannuel national soutenu par un budget sport à hauteur de 1 % du budget de l'Etat, un programme finalisé au développement des installations sportives de proximité, au développement du sport pour tous avec un effort important sur l'accessibilité des lieux de pratique, au soutien important du mouvement sportif. C'est un programme que nous inscrivons dans un cadre que nous appelons "de loi olympique", bâti sur une conception de service public des sports moderne et de qualité. C'est ce même service public qui aujourd'hui est remis en cause à Paris dans un long conflit qui, né sur des revendications de prime du dimanche, se transforme en confrontation entre droit aux pratiques sportives et droit à une juste rémunération. L'amour de Paris pour le sport ne peut pas s'envisager en dehors d?un service public du sport de qualité. C?est bien pour l?amour du service public que nous pensons que le sport doit être le premier bénéficiaire de l?organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques à Paris en 2024. Cette candidature ne pourra pas donc créer de dynamique si nous ne l'envisageons comme un investissement. D?abord, investissement économique. C'est ce que nous appelons l'héritage des jeux, sur lequel mon ami Nicolas BONNET-OULALDJ s'est déjà exprimé en réponse aux besoins et exigences des populations. Mais aussi investissement humain. Comment faire pour que notre candidature s'imprègne d'une dynamique populaire ? Comment réussir la fête avec les populations ? Comment garantir une connotation populaire à cette loi olympique que nous demandons avec le mouvement sportif ? Et quelle cohérence avec notre projet de société ? Trois piliers pour donner un sens populaire à notre candidature. Le premier : l?école, du primaire à l'Université. Il faut s'appuyer sur l'école comme lieu privilégié de démocratisation des pratiques sportives. Il faut s?appuyer sur le sport scolaire, trop souvent négligé, comme un vecteur de transmission de valeurs essentielles à la formation des citoyens de demain. Deuxième pilier : les clubs et les associations, organismes dans lesquels se mélangent partage d?émotion et partage des compétences. Courroies de transmission des valeurs sportives universelles qui font tant défaut dans notre société aujourd'hui. Troisième pilier : le mouvement des bénévoles, une belle expression de l'engagement citoyen le plus noble car désintéressé et souvent indispensable à la pérennisation des clubs et des événements sportifs, exemple le plus réussi de l'intergénérationnel que nous prônons dans notre politique de la ville. C'est dans ce cadre que notre proposition de comité populaire pour la réussite des Jeux Olympiques et Paralympiques trouve tout son sens. A Paris, ce comité réunissant le mouvement sportif fédéral, le mouvement associatif local, le sport scolaire et les citoyennes et citoyens pourrait donc voir le jour, donnant aux offices du mouvement sportif parisien, pour lesquels nous demandons une refonte, un rôle de coordination. Dans cette perspective, les formes des concertations publiques qui seront proposées devront permettre de faire remonter les exigences et inquiétudes des populations afin que même les plus sceptiques puissent être entendus et que le débat soit constructif. Il faut que les Parisiennes et les Parisiens puissent s?emparer de ce débat populaire afin de se réapproprier l'idéal olympique et de réfléchir à ce que signifie "faire société". Si, comme vous le souhaitez, Madame la Maire, la candidature de Paris aux Jeux Olympiques en 2024 doit raconter une histoire, selon les conditions que nous proposons, voilà ce qu'elle pourrait être : l'histoire de la génération 2024 et du Paris que nous voulons lui laisser en héritage. Merci, Madame la Maire.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Sergio TINTI. Je vais donner la parole à Jean-François LAMOUR, pour le groupe UMP. Je veux dire ici que sa présence dans notre Assemblée et son engagement dans cette candidature est et sera un atout pour la candidature parisienne.

M. Jean-François LAMOUR. - Merci, Madame la Maire. Tout d?abord, je voudrais saluer Emmanuelle et Tony. Je suis très heureux de les voir parmi nous aujourd'hui parce que c?est effectivement un moment important pour le sport français, pour le sport olympique et paralympique. Et puis, vous en serez d?accord, peut-être, avec moi, je crois qu?il faut que nous ayons une pensée amicale, mais aussi triste, pour Patrice Dominguez, qui nous a quittés hier. C?était un amoureux du jeu et des Jeux, et il nous manque beaucoup. Mes chers collègues, au travers de ce v?u, nous sommes à l?aube d?une nouvelle candidature de Paris aux Jeux Olympiques et Paralympiques d?été. Après 1992, 2008 et 2012, il s?agit de la quatrième tentative, celle du tout ou rien. En aucun cas, elle ne peut être le témoignage, en attendant des jours meilleurs, en 2028. Collectivement, nous avons déjà beaucoup donné. Les Parisiens, les Français sont sortis frustrés de ces aventures, se consolant malgré tout, et de la plus belle des manières, avec le Mondial 98, les Championnats du monde d?athlétisme en 2003 ou encore, grâce à une très belle Coupe du monde en 2007, pour ne citer que ces grandes compétitions. Mais rien ne vaut les Jeux ! C?est peu dire que nous ne pouvons pas rater cette fois-ci le rendez-vous de la France avec l?olympisme. A ce stade, une nouvelle défaite signerait rien moins que la fin des ambitions françaises pour accueillir enfin cette compétition magique. Je ne reviendrai pas sur ce qu?il y a à attendre ou pas d?un événement de cette ampleur et concentrerai, comme l?a dit tout à l?heure Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, mon intervention sur ce que je crois être les clés d?un possible succès de notre démarche. Ma conviction est que si nous suivons rigoureusement ces lignes, nous aurons vraiment mis toutes les chances de notre côté. Pour partir à la conquête de ce Graal et obtenir à nouveau ces Jeux d?été, la première question que nous devons nous poser est de savoir si nous avons effectivement tiré les enseignements de nos échecs successifs. Ceux qui ont suivi de près les précédentes candidatures, et spécialement celle de 2012, savent que le principal atout de Londres face à Paris était d?avoir un leadership unifié et pleinement responsable en la personne de Sebastian COE, dont je rappelle qu?il était tout à la fois politique et sportif. De ce point de vue, il semble que tout le monde ait enfin compris l?intérêt de cette gouvernance à temps plein, si je puis dire, et déliée surtout de contingences qui ne manqueraient pas d?altérer notre force olympique. L?expérience nous montre en effet que nous devons être là en appui, en soutien, et pas en première ligne car, aussi vrai que la course pour les Jeux est un sport collectif, quiconque espérerait tirer personnellement son épingle du jeu réduirait immanquablement nos chances de l?emporter. C?est bien sûr au mouvement sportif et à lui seul de porter la candidature. Encore faut-il qu?il recèle en son sein le profil adéquat qui s?impose de lui-même et, dans cette perspective, Bernard LAPASSET peut être la bonne personne pour conduire, au nom du mouvement sportif et en notre nom, la candidature de Paris pour finalement faire mieux que ses prédécesseurs. Cette candidature est désormais sur la rampe de lancement ; reste à mettre du carburant et allumer la mèche en évitant que le moteur ait des ratés. Pour le carburant, Etat, Ville, Région et entreprises ont l?air plutôt partant, même si la perspective de l?Exposition Universelle 2025 entame l?enthousiasme de certains. Pour autant, j?entends ici ou là quelques velléités d?en découdre entre collectivités ; certains veulent jouer collectif avec des arrière-pensées ; d?autres n?arrivent pas à se faire à l?idée qu?il faudra bien s?effacer devant le mouvement sportif. Et puisqu?on parle de carburant, Madame la Maire, je crois qu?il est important aussi de dire, aujourd'hui peut-être, dans le cadre de la réponse que vous apporterez ou que votre adjoint aux sports apportera à nos interventions, à quel montant ou de quelle manière vous participerez à l?élaboration de l?association de préfiguration en attendant le comité de candidature. Côté mèche, ensuite, l?adoption la plus large possible du présent v?u manifestera de façon claire et solennelle l?enthousiasme des Parisiens pour la candidature de leur ville. Côté ratés, enfin, il nous faut prendre garde à ne pas confondre candidature aux Jeux et négociation entre l?Etat et la Ville de Paris. En effet, nous devons toujours garder à l?esprit que le Comité international olympique suit avec une scrupuleuse attention chacun de nos propos. Et si ses membres viennent à se forger l?opinion que la candidature parisienne est tributaire de bisbilles politiciennes et budgétaires, alors je préfère vous prévenir tout de suite, chers collègues : cette belle initiative aura fait long feu. Car la compétition sera rude. Le principe non écrit mais toujours respecté d?alternance des continents accueillant les Jeux Olympiques peut sembler favorable à l?Europe pour cette fois-ci mais l?Amérique du Nord, sevrée de Jeux depuis l?expérience catastrophiques d?Atlanta, en 1996, ne s?en laissera pas conter. Comme d?ailleurs Rome et Hambourg, qui chercheront à marquer des points dès les premiers mètres de la compétition et disposeront eux aussi de solides arguments à faire valoir. Chers collègues, pour parvenir à nos fins, nous devons donner le meilleur de nous-mêmes. Dans les mois et les années qui viennent, notre unique motivation devra être de montrer à chacun des membres du Comité international olympique et cela, bien sûr, dans le respect des règles, que la candidature de Paris est préférable à toute autre. Notre dossier ne devra pas simplement être bon : il devra être le meilleur. Et sur cette qualité et cette volonté, il faudra aller chercher chaque voix avec les dents : c?est le job de Bernard LAPASSET, de Tony et d?Emmanuelle car dans ce domaine, nous avons certainement des progrès à faire. À nous de relever ce défi et à chacun, à notre place, d?aider à convaincre. Pour ce faire, nous ne devons pas raisonner en favoris, mais en challengers ; nous ne devons pas raisonner en rentiers, mais en ouvriers obstinés d?un projet qui rassemble 11 millions de Parisiens et de Franciliens. J?appelle enfin votre attention, mes chers collègues, sur la nécessité de nous projeter au-delà des frontières du périphérique. Paris sera bien sûr le symbole de la candidature, mais elle n?en sera pas le centre, tout du moins sur le plan géographique, puisque par exemple, le village olympique, notamment, devrait se situer en Seine-Saint-Denis. A cet égard, il nous faut avancer main dans la main avec chacune des collectivités concernées, peut-être un jour la future métropole, mais surtout la région capitale, pour créer entre nous les synergies qui nous permettront de faire la course au même rythme. C?est à ces conditions, me semble-t-il, qu?après cent ans d?absence, cent ans d?absence? la flamme olympique pourra à nouveau briller dans la Capitale. Les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 sont une occasion unique, une chance formidable pour le sport français et pour toutes celles et ceux qui le font vivre au quotidien. Cette chance, il ne tient qu?à nous de la saisir !

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Jean-François LAMOUR. J?approuve chaque point de votre propos. La parole est à Mme Marielle de SARNEZ, pour le groupe UDI-MODEM.

Mme Marielle de SARNEZ. - Merci beaucoup. Derrière Jean-François LAMOUR, dont j?approuve l?ensemble des éléments, je veux vous dire mon soutien, notre soutien à la candidature de Paris aux Jeux Olympiques et aux Jeux Paralympiques de 2024. Je serais très heureuse, personnellement, que l?esprit olympique et ses valeurs puissent être incarnés par Paris. Je pense qu?il y a un certain nombre de conditions de la réussite, et c?est celles-ci que je voudrais énumérer rapidement devant vous. La première de ces conditions, c?est d?abord la question de la gouvernance. Tout le monde l?a dit ici, il faut que ce soit le mouvement sportif qui incarne la gouvernance. Je crois que c?est bien parti pour, et c?est une bonne chose. J?ai d?ailleurs lu le rapport d?opportunité, que je trouve de très grande qualité, et qui devrait être très largement diffusé. C?est le premier point. Deuxième point, les questions budgétaires. On a besoin de sobriété. Les temps sont à la sobriété, et c?est comme cela aussi qu?on renoue avec les valeurs de l?olympisme et donc, on doit garder le cap en matière budgétaire, ne pas trop dépenser. Les 6 milliards, il faut vraiment les tenir. Troisièmement, la question des infrastructures. On a la chance d?avoir, et vous le dites dans le rapport, la plupart des infrastructures nécessaires existantes aujourd'hui ou qui seront livrées demain ou après-demain. C?est une bonne chose. Evidemment, pour les infrastructures nouvelles - je pense au village olympique -, il faut qu?elles soient durables, utiles, pertinentes. La transformation du village olympique en logements pourra évidemment être de nature à le nourrir. Quatrième condition de la réussite : la question des transports. Il faut un engagement de l'Etat, des pouvoirs publics. Il faut que l'on améliore la qualité des transports parisiens et franciliens. C?est vital. Il faut améliorer la qualité de l'existant et, probablement, accélérer le calendrier, notamment du Grand Paris sur tous les secteurs concernés - je pense au nord-est de la Capitale - désenclaver, régler la question des embouteillages. Bref, il y a du travail à faire avec un vrai plan d?investissement de l'Etat. Enfin, il faut que l'on associe les territoires. Paris, c'est formidable, mais il faut que la Région Ile-de-France soit associée. Il faut que chacun des départements de l?Ile-de-France soit partie prenante du projet et puis, sans doute aussi, d'autres régions - la Normandie ou la Bretagne pour la voile - d'autres grandes villes pour le football : Lille, Bordeaux, Lyon. C'est très important que cet esprit-là diffuse. Si nous arrivons ainsi à respecter ces conditions de la réussite, nous aurons un projet qui sera cohérent, pertinent. Je ne doute pas qu'il aura le soutien d'une large majorité de notre opinion publique. Merci beaucoup.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Marielle de SARNEZ. La parole est à Mme Véronique LEVIEUX, pour le groupe Socialiste et Apparentés.

Mme Véronique LEVIEUX. - Merci, Madame la Maire. Mes chers collègues, chère Emmanuelle ASSMANN, cher Tony ESTANGUET, permettez-moi d'ouvrir ces propos. Madame la Maire, vous avez parlé du marathon. Des gens connus ici l?ont fait, d?autres moins connus aussi : beaucoup d'agents de la ville, des collaborateurs. Permettez-moi de faire un petit clin d'?il à Audrey qui a fait un très beau résultat hier. C?est cela la diversité du sport. Il y a les gens plus connus et les nombreux anonymes. Hier, ils étaient très nombreux pour une très belle manifestation. Je suis donc très heureuse de participer à ce débat que vous avez voulu, Madame la Maire, afin que chacun puisse exprimer ses positions, ses attentes, voire ses craintes, afin d'organiser au plus vite une concertation avec la population et que Paris prenne clairement et rapidement une position. Cette prise de position, ce n'est pas uniquement à nous, ni même à nos partenaires que nous la devons. Nous la devons évidemment au mouvement sportif olympique et paralympique français. En effet, s'il y a débat aujourd'hui, c?est sur la base de l?étude d'opportunité pilotée par Bernard LAPASSET, sur l?intérêt d?une candidature de la France et de Paris pour les J.O. de 2024. Car oui - et vous insistez sur ce point avec justesse dans le v?u que vous avez voulu nous proposer - et en tirant cela des leçons du passé, c'est le mouvement sportif, les sportifs, qui ont la légitimité pour porter cette candidature tout au long du processus. Il est donc sain que nous nous prononcions maintenant et que ce débat soit libre d?engagements qui auraient pu être tenus dans un cadre de campagne électorale et qui auraient détourné les principaux enjeux. Parlons des sportifs. Nous sommes dans un pays qui bénéficie de structures sportives, d'un tissu associatif, qui sait faire le lien entre le sport amateur, les jeunes, les clubs et les athlètes de haut niveau. Nous avons un très beau maillage collectif. Les clubs et les associations à Paris notamment portent une éducation populaire ouverte à tous et à toutes. Cette richesse est également basée sur l'ensemble et l'implication des nombreux bénévoles. C'est un atout pour notre candidature. Je souhaite également rappeler à celles et ceux qui ont la faiblesse coupable de ne retenir que les sports professionnels à haute attractivité médiatique et très sponsorisés, que les sports olympiques regroupent une grande diversité d'activités. La majeure partie des sportifs travaille dans la passion, dans la plus grande discrétion, avec humilité et avec bien souvent des sacrifices. Seuls les gens ont la capacité de donner à ces sports et sportifs la reconnaissance. Je tiens aussi à souligner l'ensemble des dispositifs qui visent à soutenir les athlètes dans leur carrière et associer leur carrière et leur pratique sportive, telle la bourse de solidarité olympique, ou bien encore le programme de suivi de carrière des athlètes. La diversité du sport, c?est naturellement et, bien sûr, de parler de l'accueil des Jeux Paralympiques. Dans quelques semaines, vont se tenir à Tours les 22e Jeux nationaux de l'avenir du handisport qui vont rassembler 500 à 600 jeunes de 12 à 20 ans. Je souhaite que ce débat soit un débat d?encouragement et qu?il puisse se tourner vers l'avenir à l'issue de nos débats. Je tiens aussi à saluer la manifestation qui sera accueillie au stade Charléty dans quelques semaines dans le domaine de l?athlétisme, qui doit être un grand moment de mobilisation et de sensibilisation. Notre candidature collective doit aussi être tournée vers la modernité. Là aussi, des leçons peuvent être tirées des expériences précédentes. Je tiens à souligner à ce titre, par exemple, l'inauguration récente du Tremplin, premier incubateur de start-ups dédiées au sport, créé par la Ville et par l?INSEP. Là aussi, cette modernité est un atout de notre candidature et nous y travaillons déjà. Je pense que Jean-François MARTINS pourra nous en dire quelques mots. Madame la Maire, vous le savez mieux que personne, une candidature qui nécessiterait des dépenses et des chantiers inconsidérés, comme cela a pu être le cas par la passé, est inenvisageable. Les Parisiens et les Franciliens ne nous le permettront pas. Nous sommes donc résolument tournés vers une candidature d?efficacité et de sobriété. Nous avons des atouts avec la qualité et le nombre des équipements pouvant accueillir des manifestations sportives de grande ampleur. C'est ce qui nous permet aussi de porter - et cela a été rappelé à plus d'un titre - la dimension fortement francilienne et métropolitaine de notre candidature pour créer cette solidarité des territoires et des populations. Vous l'aurez compris, nous portons cette candidature avec envie. C'est d'abord l'envie qui nous porte, cette envie immense d'accueillir ces Jeux. Ne sous-estimons pas l?impact économique et en termes d'attractivité que cette manifestation comporte pour notre territoire. Nous sommes tournés vers ce grand événement qui doit nous permettre de nous réunir tous autour de cet objectif commun. Je voulais dire à M. BELLIARD qui sous-entendait tout à l'heure que notre candidature devait faire plus que les candidatures?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Il reste deux orateurs de votre groupe.

Mme Véronique LEVIEUX. - Notre candidature ne fera pas plus : elle fera mieux et en cohérence avec ses valeurs et avec l?identité qu'est Paris et sa Métropole. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous. La parole est à Mme Anne-Charlotte BUFFETEAU pour le groupe UMP.

Mme Anne-Charlotte BUFFETEAU. - Madame la Maire, mes chers collègues, les Jeux Olympiques et Paralympiques représentent un idéal. Mais comme tout idéal, il implique des règles strictes. La première d?entre elles, c?est l?unité. Nous devons faire bloc derrière le Mouvement sportif qui porte cette candidature et qui a déjà réalisé un travail formidable. L'unité, c'est la raison d'être de ce v?u. C?est la démarche qui nous anime avec Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET et Jean-François LAMOUR au sein de l?opposition municipale. Nous ferons tout à la place qui est la nôtre, tout notre possible pour que Paris obtienne les Jeux. Si je regrette que l?ensemble des groupes ici représentés ne soit pas favorable à notre candidature, je me réjouis que 19 Conseils d'arrondissement sur 20 l'aient adoptée. Voilà la preuve que l?ambition olympique doit être portée au plus près des Parisiens et le plus loin possible des divisions politiques. La preuve également qu'en tant que responsables politiques, notre devoir est de nous tenir en support du mouvement sportif, et certainement pas l'inverse. Notre devoir, c?est de permettre au monde sportif d'incarner en toute liberté notre ambition pour Paris et la France. Ceci étant dit, je voudrais insister sur deux aspects prioritaires de notre candidature. Son caractère durable d'abord. Le v?u rappelle avec force la nécessité de bâtir une candidature utile pour les Parisiens, utile avant, pendant et après les Jeux. Le Conseil national olympique insiste d'ailleurs sur la notion d'héritage. Dans tout héritage, il y a un actif et un passif. L'actif, ce sont les infrastructures nouvelles qui verront le jour. On connaît l?urgence de bâtir une piscine de référence mondiale à Paris, mais pas uniquement. L'héritage doit porter sur le dialogue fructueux et durable que Paris devra nouer avec les départements voisins dans le cadre de la région et de la Métropole. Nous disposons d?une occasion unique de donner enfin corps au Grand Paris. La Métropole existe certes dans la loi, mais pas encore dans les mentalités. Quoi de mieux, donc, que le plus grand événement sportif au monde pour donner du sens au Grand Paris. J'ajoute que notre capacité à dialoguer au sein de la Métropole et la concomitance entre l?achèvement du réseau de transports Grand Paris Express et la date des Jeux, sont des atouts considérables pour notre candidature, qu'il faut absolument valoriser. Mais un héritage, c'est aussi un passif qu'il faut à toutes forces rejeter. Il faut bannir les projets sans lendemain qui ont parfois défiguré les villes hôtes et tirer le meilleur du patrimoine existant. Paris bénéficie d'atouts exceptionnels pour accueillir un grand nombre d?épreuves et un public venu du monde entier. Il faut donc construire quand c'est nécessaire et seulement là où c'est nécessaire. Cela rejoint mon deuxième point : le caractère responsable de notre candidature. Le v?u prône à raison un nouveau modèle économique qui exclut les dépenses somptuaires que l?on a pu observer lors des éditions précédentes. Dépenser moins ne veut pas dire faire moins bien. Au contraire, nous sommes en mesure de faire mieux que nos concurrents, tout en préservant l?équilibre économique de la Ville. Nous devons prouver que nous sommes en capacité d'inventer ce nouveau modèle à la fois plus sobre sur le plan financier et beaucoup plus respectueux de l'environnement. C?est un argument de poids que nous devrons revendiquer avec force et enthousiasme. Paris 2024 commence dès aujourd'hui. Le vote de ce v?u à l?unanimité, je l?espère, sera un premier signal de notre mobilisation, mais d'autres signaux devront venir très vite. On le sait : Paris dispose d'atouts incroyables. Pour gagner, Paris va devoir progresser là où elle est à la peine aujourd'hui. Je pense à la qualité de l?air ou à la propreté ou encore à l?accessibilité handicap. Cette candidature doit collectivement nous tirer vers le haut. Nous voulons inviter le monde entier à Paris. Parce que nous sommes fiers de notre ville et du message qu?elle porte à travers le monde, nous ferons tout pour gagner derrière nos sportifs et nous le prouverons en nous améliorant quand c?est nécessaire et en valorisant ce qui fait déjà notre force. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Anne-Charlotte BUFFETEAU. Anne-Catherine JÉGO pour l?UDI-MODEM.

Mme Ann-Katrin JÉGO. - Merci, Madame la Maire. Mes chers collègues, chers Tony ESTANGUET et Emmanuelle ASSMANN, vous êtes un exemple pour nous, merci de votre présence aujourd?hui. Le groupe UDI-MODEM se réjouit de votre décision de porter la candidature de Paris pour l?organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 qui redonne à la Capitale une ambition qu?elle semblait avoir perdu depuis trop longtemps. Il y a aujourd?hui 1 milliard de touristes dans le monde et il y en aura 2 milliards dans quinze ans. Pour la seule Région Ile-de-France, le tourisme porte 600.000 emplois non délocalisables. C?est dire si l?enjeu est vital à l?heure où le chômage ne cesse de croître. Pour garder sa place et capter sa part de la croissance générée par ce secteur économique, Paris se doit d?être ouverte aux grands événements mondiaux. Avec plus de 3 milliards de spectateurs, les Jeux Olympiques et Paralympiques sont une exceptionnelle vitrine sur le monde. 2024 marquera le centenaire des derniers Jeux parisiens. Au-delà du symbole, cette perspective peut devenir pour la décennie qui vient un formidable moteur économique, social, éducatif pour une France qui se cherche une ambition collective. Cette candidature doit être celle de la France unie, à l?image du soutien que vous apporte unanimement votre position aujourd?hui. Alors que ce projet n?était pas dans votre programme électoral mais dans celui de votre opposante, alors qu?une partie de votre majorité ne semble pas enthousiaste, à l?image des groupes et des mairies d?arrondissement qui ne se sont pas prononcés en faveur de cette candidature, il vous faudra, Madame la Maire, faire de cette ambition un outil de travail collaboratif. Collaboratif avec les Parisiens, bien sûr, qui doivent comprendre pourquoi ce projet est majeur. Collaboratif avec les autres collectivités : la Région, la Métropole, l'Etat sans qui rien ne sera possible. Collaboratif avec le Mouvement sportif dans son ensemble qui ne doit pas être relégué au second plan, comme ce fut le cas lorsque Londres a été préférée à Paris. Permettez-moi de saluer à cette occasion le travail du président LAPASSET et l?esprit dans lequel il engage cette candidature, qui avant d?être celle de la Ville de Paris doit être celle du Mouvement sportif français et de la jeunesse. Enfin collaboratif avec tous les groupes du Conseil de Paris. Je dis bien tous les groupes, car l?esprit olympique, pour être incarné, vous obligera à sortir d?une forme d?enfermement partisan, voire dogmatique, dans lequel depuis un an l?Exécutif semble se réfugier trop souvent. La réussite de ce dossier ne sera pas celle d?un camp contre un autre, mais au contraire celui d?un collectif à l?image de ce que fut ce 11 janvier si présent dans cette démarche. C?est dire si le chantier que vous ouvrez aujourd?hui devra modifier bien des mauvaises habitudes et obliger à bien des sacrifices. Car, en effet, chacun est inquiet et tout d?abord les contribuables, ce type d?événement pouvant malheureusement entraîner d?importantes dérives en matière de coûts. Il faudra donc que la sobriété et la transparence soient au rendez-vous à chaque étape, afin d?éviter les réveils douloureux. Aussi je vous suggère dès maintenant d?envisager avec les autres financeurs de nommer un contrôleur financier totalement indépendant et de confier ce poste à une personnalité forte, ayant les moyens humains et l?autorité nécessaire pour rendre compte au fur et à mesure de la réalité financière des choses. C?est au fond la seule véritable crainte des Parisiens que celle de devoir payer pendant des années les dérives d?un projet qui aurait été mal maîtrisé. Dans le courrier que vous avez adressé au Président de la République, vous faite d?ailleurs part de vos inquiétudes concernant la baisse des allocations de l'Etat?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Il va falloir conclure, Madame JÉGO.

Mme Ann-Katrin JÉGO. - Ainsi que de votre volonté d?être en première ligne pour piloter l?opération. Je conclus.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Non, vous avez conclu et vous avez passé votre temps de parole.

Mme Ann-Katrin JÉGO. - Laissez-moi finir, l?enjeu est important.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Non, c?est un mot et c?est fini, vous avez terminé votre temps de parole.

Mme Ann-Katrin JÉGO. - Je voulais juste dire que vous serez la garante des enveloppes et des fonds publics. Soyez à la hauteur de cette ambition et nous serons à vos côtés. Merci.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Vous savez, Madame JÉGO, je préfère retenir le propos de votre président de groupe, Eric AZIÈRE, et celui de Marielle de SARNEZ. Je pense que nous étions dans quelque chose de très constructif jusque-là, poursuivons plutôt dans l?état d?esprit proposé par votre président de groupe. Thomas LAURET et David ASSOULINE, vous avez chacun 2 minutes. Thomas LAURET d?abord pour le groupe socialiste et David ASSOULINE pour le groupe socialiste, 2 minutes.

M. Thomas LAURET. - Madame la Maire, vous avez voulu engager Paris dans l?aventure des J.O. avec méthode et sérieux. Aussi vous vous êtes appuyée sur le rapport d?opportunité du Comité français du sport international pour engager l?ensemble des arrondissements, puis les groupes politiques dans un projet qui doit nous rassembler pour réussir. C?est en effet un projet qui doit être mené avec esprit d?équipe, avec ambition mais aussi avec raison, compte tenu des enjeux qu?il représente sur le plan économique et budgétaire. Cette candidature a du sens pour promouvoir l?engagement associatif des Parisiens, l?engagement sportif et les valeurs de l?olympisme, mais aussi pour la cohésion des Français, pour le dynamisme et la jeunesse de notre Région-capitale. Par ailleurs, le rapport confirme que nous avons toutes les capacités techniques à l?organiser à un coût raisonnable et que les investissements sportifs, qui ont été réalisés ou qui ont été décidés déjà à Paris, dont une partie est d?ailleurs dans l?arrondissement dont je suis élu, nous préparent naturellement : Roland Garros, Jean Bouin, Longchamp, le Parc des Princes, Bercy Arena, mais aussi le Grand Palais. Les infrastructures existent et seront complétées par des équipements existant ou à construire à d?autres endroits, en Seine-Saint-Denis notamment. Je pense à la piscine olympique et au village olympique. Dès lors, 2024 est bel est bien une fenêtre d?opportunité pour réussir une candidature gagnante. Parce qu?après l?Amérique Latine en 2016 et l?Asie en 2020, l?Europe n?est pas la plus mal placée. Parce que l?agenda 2020 du C.I.O. incite à développer des candidatures soutenables, socialement acceptables et conformes aux valeurs que nous portons à Paris. Le sport est un vecteur d?émancipation et de lutte contre le racisme. L?égalité des sexes sera favorisée en veillant à ce que la participation féminine soit de 50 % aux Jeux Olympiques. La cohésion sociale et la réduction de la fracture territoriale, entre Paris et la Seine-Saint-Denis notamment, seront recherchées. Les coûts des Jeux Olympiques seront réduits mais aussi?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci. Concluez.

M. Thomas LAURET. - C?est un point important et il me reste 30 secondes. ? la transparence de la procédure. Un mot pour finir de Nelson Mandela qui disait que le sport a le pouvoir de changer le monde. Je souhaite ici qu?il nous aide à changer la ville, à réduire les fractures au sein de la Métropole.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur LAURET. M. David ASSOULINE, dernier orateur de ce débat, pour 2 minutes également.

M. David ASSOULINE. - Merci, Madame la Maire. Puisque le temps est très contraint, je veux aussi saluer la présence de Tony ESTANGUET et dire que ce que nous faisons ce matin est regardé et important. Nous l?avons d?ailleurs auditionné au Sénat et je veux témoigner ici de la responsabilité que nous prenons et de l?enthousiasme que nous pouvons susciter, pas seulement pour la Région Ile-de-France mais pour l?ensemble de la Nation qui doit être derrière cette candidature. L?enthousiasme que notre groupe réaffirme ici doit maintenant sortir vite de ces murs et devenir un enthousiasme populaire. Pour cela, nous savons, et la politique l?oublie souvent, que pour susciter l?enthousiasme populaire, il faut donner du sens aux actes que nous posons. Le principal salut que je peux apporter, non seulement à ce v?u mais à ce que vous manifestez dans toutes vos déclarations publiques, c?est d?abord le sens que nous donnons, la conjugaison des valeurs universalistes des Jeux Olympiques, avec les valeurs universelles des Droits de l?homme mais aussi conjuguées aux valeurs de la République, si puissamment exprimées le 11 janvier. Parfois nous le disons peut-être de façon désincarnée, dans la situation actuelle où se pose cette candidature, les enjeux, l?adversité dans le monde, la mise en cause de ces valeurs fondamentales, le fait de les affirmer est quelque chose de fondamental. La deuxième chose que je veux souligner, c?est le fait que vous affirmez l?ambition du projet métropolitain, pas aussi de façon désincarnée ou uniquement institutionnelle, mais posée à partir d?un constat : ces Jeux ont la chance d?être dans un axe Paris Saint-Denis, et dans cet axe, il y a des choses concrètes à faire pour résorber la fracture territoriale, car c?est un concentré de ces inégalités qui existent. C?est cela que je voulais souligner et ma conclusion, c?est souligner la méthode : on n?a pas confondu vitesse et précipitation, enthousiasme et irresponsabilité et ce sera un gage pour gagner cette candidature, la crédibilité par la responsabilité et par l?exigence que vous avez manifestées.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, David ASSOULINE. Merci à l?ensemble des oratrices et des orateurs de ce matin qui ont exprimé leurs convictions, leurs propositions. Je donne la parole à Jean-François MARTINS pour répondre à ce débat. Je demande qu'on l'écoute, que celles et ceux qui ont besoin de parler et de régler leurs affaires le fassent mais à l'extérieur de l'hémicycle. Je demande aux collaborateurs de rester à leur place pour que tout cela se passe dans les conditions de sérénité et de dignité. Jean-François MARTINS ?

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Merci, Madame la Maire. Merci, chers collègues, et merci à tous les interlocuteurs qui ont pris la parole ce matin pour défendre avec nous et, en tout cas, s?exprimer sur ce projet olympique. Avant, évidemment, de revenir sur les nombreuses conditions, exigences que certains d'entre vous ont mentionnées et que la Maire de Paris avait déjà très largement mentionnées dans les mois qui viennent de s'écouler, je veux rappeler les raisons qui font qu'une candidature olympique, aujourd'hui, a du sens pour Paris. D'abord, parce que cette candidature nous rend fidèles à la tradition de Paris. La première d'entre elles est d'accueillir le monde à l'occasion de grands événements : des expositions universelles, de grands événements sportifs et évidemment les Jeux Olympiques. C'est une tradition, c'est la vocation de Paris de recevoir, tant les visiteurs d'affaires que les visiteurs de tourisme. Nous sommes une grande capitale touristique, notamment grâce à cela. La tradition de Paris, c'est aussi de porter des idéaux, un idéalisme et des valeurs universelles : la paix, la tolérance, la mixité, la lutte contre les discriminations et l?homophobie. Tout cela, tous ces idéaux font partie de l?idéal olympique et pourront trouver, dans une candidature olympique, une expression toujours plus ambitieuse. La fidélité aussi à la tradition de Paris, c?est tout simplement, fidèle à l?histoire de Paris avec le sport, celle de son amour pour le sport, celle qui fait que Paris est aujourd'hui une ville où près de 700.000 Parisiens pratiquent régulièrement une activité sportive, près de 300.000 d'entre eux dans des clubs, que l?ensemble des grands événements sportifs, que nous avons déjà organisés, nous permettent de disposer aujourd'hui d'installations comme Roland Garros, construit le jour où la France a dû, presque par surprise, organiser une coupe Davis et que nous avons construit le merveilleux site de Roland Garros. La Cipale dans le bois de Vincennes, si chère à Nicolas BONNET, vient elle aussi de notre héritage de grands événements sportifs. Le sport a façonné Paris et il doit continuer à le façonner. Je l?ai dit, donc, toutes ces raisons, c?est aussi et avant tout, la Maire l'a rappelé : les Jeux Olympiques sont une excellente et une unique occasion d?accélérer les politiques publiques, d?être un moyen de faire converger les priorités des Parisiens autour d'un seul et unique événement. La priorité donnée aux Parisiens en matière de logement, c'est demain un village olympique qui peut se transformer en logements, notamment pour les étudiants. Avoir d?ici 2024 une ambition olympique et l'obligation d?accueillir 20.000 athlètes, c?est la certitude que les grands projets d'aménagement en matière de transports en commun seront livrés à cette date. C'est ce que permettent les Jeux Olympiques. Et puis, au-delà de cet héritage matériel, les Jeux Olympiques, ce sont aussi un héritage immatériel. Pensez à cette génération qui, pendant 10 ans, va se lever pour construire un projet métropolitain, pour construire une société au service des autres, au service de l'ensemble des pays du monde, au service de la compréhension mutuelle et tout simplement au service de l'engagement local. Pensez à ces dizaines de milliers de bénévoles et volontaires qui resteront à jamais marqués par le sens de l'intérêt général et du service commun et qui seront pour ensuite, l'avenir, des bénévoles du quotidien dans nombre de nos associations. Et, donc, pour que ces raisons presque passionnelles, cet amour que nous avons du sport et des Jeux Olympiques trouvent une expression gagnante, parce que beaucoup d'entre vous l?ont dit, la vocation de Paris, ce n'est pas de porter des candidatures de témoignage. Il faut suivre ce que nous dit Edgar MORIN : "Il n?y a pas de raison sans passion et il ne devrait pas y avoir de passion sans raison." La raison, le choix de la rationalité d'éléments objectifs, ce sont les termes du débat qu'a porté et qu'a posé la Maire de Paris depuis plus d'un an, en exigeant des conditions budgétaires sobres - on en a beaucoup parlé -, en exigeant un projet qui soit volontaire et ambitieux sur le plan environnemental, en exigeant que la collégialité, que l'investissement de chacun, de la part de l?Etat, de la part de la Région, de la part de la Ville, soient partagés et enfin que cette candidature soit portée, vous l?avez tous relevé et je crois qu'il n'est pas la peine de s'appesantir, tant c'est désormais un élément de consensus : cette candidature sera portée par le monde sportif. Sur le point budgétaire, puisqu?un certain nombre d?entre vous en ont parlé, je veux vous donner trois éléments, peut-être sur les trois prochaines étapes budgétaires. La première pour répondre à M. LAMOUR : la prochaine étape, effectivement, c?est la création de l'association "Ambition olympique" qui verra les quatre acteurs engagés - le monde sportif, la Ville, l?Etat et la Région - partager un premier coût de 2 millions d'euros à parts égales. Et nous délibérerons, en tout cas nous soumettrons au prochain Conseil de Paris un projet de délibération d'une subvention de 500.000 euros à ladite association pour engager les travaux de dossiers techniques, d'analyses des sites, de mobilisation et pour avoir les premières ressources qui nous permettront de conduire cette candidature. Ensuite, cher Monsieur BELLIARD, sur le coût de la candidature elle-même, ma prof de maths m'expliquait, quand j?étais jeune, de ne pas ajouter des choux fleurs et des carottes et de bien respecter les périmètres? Oui, mes profs de maths étaient excellents quand j'étais jeune ! Donc, ne comparons pas le budget des sports de la Ville de Paris à l?ensemble du budget de la candidature. Nous ne porterons pas seuls, et c'est aussi l'une des exigences posées par la Maire de Paris : nous ne porterons pas seuls les 60 millions d'euros de coût de la candidature. Nous allons le partager avec le Mouvement sportif d?abord - il s?y est engagé -, avec l'Etat, avec la Région et avec nous-mêmes mais aussi avec les Parisiens, avec les sportifs, avec les Français eux-mêmes. Je crois que des éléments, et cela a largement été proposé, notamment par Denis MASSEGLIA, de financements participatifs feront partie? la part qui reviendra à la Ville sera, je le crois et je le sais, modérée. Enfin, le coût de la candidature elle-même : aujourd'hui, l'organisation des compétitions sportives elles-mêmes représente un coût aux alentours de 3 milliards d'euros, c?est-à-dire vraiment ouvrir les sites, assurer la sécurité des athlètes, organiser vraiment les compétitions sportives elles-mêmes. Ce coût est intégralement financé par une dotation du C.I.O., ainsi que par l?ensemble des recettes liées à la billetterie. Le reste du coût des 3 milliards d?euros, c'est de l'investissement pour de l'équipement public, pour créer une piscine, dont nous manquons, pour créer un village olympique, qui sera demain du logement, et nous en avons besoin en Ile-de-France. Et ce coût de 3 milliards d'euros, il sera partagé. Quant à le maîtriser, je suis évidemment, sur la question de la maîtrise des dépenses publiques, sérieux et sensible aux arguments d?un certain nombre de groupes et notamment ceux de l'UDI-MODEM. La chance que nous avons, la chance d?avoir une capitale qui a investi depuis plus d'une décennie en matière de sports, la chance d?avoir un Etat et une Région qui ont un plan de transports régulier depuis maintenant plusieurs décennies fait que nous pouvons concevoir une candidature olympique avec peu d'investissements à faire - la piscine, le village olympique, peut-être le centre des médias - et donc de pouvoir contrôler nos coûts parce que le nombre d?opérations restera limité. Limité, Monsieur BELLIARD, Madame SOUYRIS, au service, et Madame LEVIEUX, je vous remercie de l'avoir souligné, au service du sport amateur. Les Jeux Olympiques et Paralympiques sont avant tout des disciplines amateurs. Cher Tony, chère Emmanuelle, l?escrime, le canoé-kayak monoplace C1, ce n'est pas, je crois, du sport business ; ce sont des disciplines qui, uniquement à l?occasion des Jeux Olympiques, peuvent profiter de la visibilité d'opérations de promotion qui fait que ces disciplines peut-être moins aujourd'hui soutenues par le monde économique et les sponsors que d'autres, obtiennent une visibilité qui favorise la promotion de ces disciplines. Je sais que Tony et Emmanuelle y sont, évidemment, extrêmement attachés. Vous dire enfin, Madame la Maire, que notre atout, c'est, depuis le début, la méthode, le choix de la raison, le choix d'écouter notre c?ur mais de savoir le tempérer avec notre tête. Notre atout ce matin, chers Conseillers de Paris, c?est notre unité, l'unité que nous nous chargerons de continuer à nourrir, à animer. Des contacts réguliers avec les groupes seront assurés pour vous tenir à tout moment informés de la candidature et pour que chacun d'entre vous ait la place qu?il doit avoir dans cette candidature.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Jean-François MARTINS, pour cette excellente réponse complète. Voilà, nous sommes au terme de ce débat. C'est un moment important. Je vais demander à chacun de regagner sa place pour procéder à ce vote qui est un vote historique et qui marque un moment important dans notre vie collective. Je veux vous remercier des propos qui ont été échangés. Je crois que nous sommes tous tendus vers le même objectif. Nous savons que nous avons perdu trois fois les Jeux ces dernières candidatures ; nous l'avons éprouvé. Certains d'entre nous ont été plus impliqués, notamment dans la dernière candidature ; je pense notamment, bien sûr, à Jean-François LAMOUR. J'étais présente, je me souviens aussi de Jean-Bernard BROS et d'autres dans cette candidature-là. Nous savons qu'il nous faut aujourd'hui réunir. Les conditions sont posées. Les conditions sont posées, vous l'avez tous dit : union derrière le Mouvement sportif. C'est le Mouvement sportif qui doit porter cette candidature. Nous, nous devons être utiles, une gouvernance efficace, c?est-à-dire une gouvernance dans laquelle chacun sait ce qu'il a à faire. La Ville de Paris engage la candidature. C'est ainsi dans la relation entre le C.I.O. et la Ville organisatrice. Nous engageons cette candidature et nous partageons avec de très nombreux élus, sur un territoire qui est le territoire de l'Ile-de-France et, bien sûr, de la Métropole du Grand Paris, une responsabilité. Je retiens aussi de nos débats que nous souhaitons tous inscrire cette proposition, cette projection sur ce territoire, qui est vaste, mais dans lequel nous savons qu?il y a une fracture territoriale à résoudre, et que cette fracture territoriale qu?il nous faut résoudre doit nous pousser à agir, pas exclusivement, mais en grande priorité notamment avec la Seine-Saint-Denis, et avec bien sûr d?autres villes. Les activités nautiques ne se feront pas à Paris et dans la région. Nous avons d?ores et déjà beaucoup de villes qui souhaitent, que ce soit La Rochelle ou en Normandie, participer à cette aventure olympique avec nous. Tout cela sera décidé dans le cadre collégial, dans le cadre dans lequel le Mouvement sportif et l?ensemble des autorités territoriales, et bien sûr l?Etat, vont jouer leur rôle. Bien sûr que dans ce débat et dans ce travail de construction pas à pas qui vont nous engager, il ne s?agit pas d?être dans des positionnements politiciens ou des conflits de telle ou telle institution. L?Etat est un partenaire essentiel, d?abord du Mouvement sportif, mais aussi bien sûr de la Ville, qui va accompagner cette candidature et la porter avec le Mouvement sportif. La relation à l?Etat est exigeante, mais elle est confiante, et je suis heureuse d?ailleurs du dialogue que nous avons aujourd?hui avec l?ensemble des représentants au niveau étatique, parce que tous, nous sommes motivés. Nous savons qu?il y a un enjeu fort à donner de l?espoir, à engager cette génération 2024. Il faut, c?est vrai, une génération 2024. Elle est diverse, elle est extrêmement importante. Je reprends l?exemple de la Seine-Saint-Denis. C?est le département le plus jeune de France. Il faut qu?on donne et qu?on construise cet espoir avec cette population de jeunes, et qu?on le fasse dans les règles qui sont les nôtres, qu?on le fasse dans aussi ce projet ambitieux qui concerne, qui intègre l?écologie comme une donnée essentielle de la construction de cette candidature aux Jeux. Je suis très heureuse du débat que nous venons d?avoir. Nous allons maintenant procéder au vote. Je vais demander au groupe Communiste qui avait déposé un v?u n° 2 s?il est retiré, compte tenu du travail fait avec l?Exécutif. Monsieur le Président ?

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Oui, Madame la Maire, nous avons participé à l?enrichissement de ce v?u et vous avez retenu nos exigences. J?aimerais que les parlementaires qui sont sur ces rangs retiennent aussi notre proposition d?une loi olympique. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup à vous pour le retrait de ce v?u. Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 1 bis, déposé par l?Exécutif, qui se substitue au v?u n° 1, qui a intégré les remarques des différents groupes, et notamment du groupe Communiste. Qui est favorable à cet engagement d?une candidature de Paris pour les Jeux Olympiques de 2024 ? Qui est défavorable ? Qui s?abstient ? Ne prend pas part au vote ? Le v?u est adopté. (2015, V. 122). Mes chers collègues, mes chers amis, nous voilà engagés dans l?aventure olympique. Merci. Compte rendu de la 4e Commission.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Et la vie continue, et la vie qui continue, c?est l?examen de la 4e Commission, et conformément au Règlement intérieur du Conseil de Paris, je donne la parole à Mme Léa FILOCHE pour nous faire le rapport de cette commission.

Mme Léa FILOCHE. - Merci beaucoup, Madame la Maire. Chers collègues, très rapidement, juste pour vous faire le point sur les travaux qui nous ont réunis lors de la dernière 4e Commission. Nous avons eu 64 projets de délibération à l?ordre du jour. Un certain nombre ont fait l?objet de diverses? Je suis désolée, ce n?est pas très facile de parler dans ce brouhaha. Je sais que nous venons de faire quelque chose d?assez historique.

(Mme Pauline VÉRON, adjointe, remplace Mme la Maire de Paris au fauteuil de la présidence).

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Mes chers collègues, merci d?écouter Léa FILOCHE et pour des conversations, de bien vouloir sortir de l?hémicycle. S?il vous plaît, un petit peu d?attention. Je donne la parole à Léa FILOCHE.

Mme Léa FILOCHE. - Merci beaucoup. Je disais que nous avons travaillé la semaine dernière une petite heure avec les membres de la 4e Commission. Nous avons abordé les questions de prévention spécialisée et d?intégration, puisque nous avons échangé sur des subventions. Je pense qu?il y aura des discussions autour de ce sujet dans nos échanges à l?instant. Nous avons aussi échangé autour de la question de l?égalité femmes-hommes et des luttes contre les discriminations. Et puis, nous avons aussi examiné 12 v?ux qui ont été présentés par les différents membres qui étaient présents, sur lesquels là aussi il y a beaucoup d?enjeux et beaucoup de débats. La 4e Commission, je le rappelle, c?est la question des affaires sociales notamment, la question de la santé aussi, et que - c?est un peu pénible - du coup, c?est une commission qui a vocation à répondre, je pense, en tout cas, c?est comme ça que les membres de la 4e Commission ont travaillé, aux attentes importantes des Parisiens. Je voudrais remercier pour cette Commission en particulier Marie ATALLAH, qui m?a un peu suppléée puisque j?avais un petit empêchement personnel, mais qui a largement fait preuve, en tant que vice-présidente de cette Commission, de toutes les capacités et a permis à la Commission de travailler dans de bonnes conditions. Je vous remercie de m?avoir écoutée et je laisse les débats continuer dans le silence.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci beaucoup. Nous passons à l?examen des v?ux et projets de délibération de la 4e Commission. V?u déposé par Mme SIMONNET relatif à la discrimination faite aux femmes lors des concerts. V?u déposé par l'Exécutif.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Nous examinons le v?u non rattaché n° 24 et le v?u n° 24 bis, relatifs à la discrimination faite aux femmes lors des concerts.

La parole est normalement à Danielle SIMONNET, mais je ne la vois pas dans notre hémicycle. Elle ne doit pas être loin. Elle vient de sortir.

Bon, il y a un peu de difficulté à se remettre dans les débats après nos débats de ce matin, manifestement? Danielle SIMONNET, à titre exceptionnel, et je vous demanderai dans ce cas-là de faire peut-être moins long que ce que vous aviez prévu, puisque nous avons pris du retard et que vous n?étiez pas là, vous avez la parole sur les v?ux nos 24 et 24 bis. Merci d?être concise.

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, ce v?u fait écho à un événement qui s?est passé il y a peu de temps. Vous savez qu?il y a un groupe qui s?intitule "viol" et qui a par exemple une chanson très explicite d?incitation au viol. Je n?ai même pas envie de vous donner les paroles de cette chanson tellement elles sont inacceptables et totalement contraires à la loi. Ce groupe devait se présenter dans une salle de spectacles. Grâce à la mobilisation des associations relayée, et je salue la réactivité d?Hélène BIDARD et de nombreux élus qui sont intervenus, eh bien, nous avons réussi à obtenir que la salle déprogramme ce groupe. Je souhaiterais qu?on prenne date et que du coup, dans le cadre de l?Observatoire des violences faites aux femmes, des actions soient engagées, notamment vis-à-vis de l?ensemble des salles de spectacles, pour les sensibiliser contre ces groupes-là, et en même temps pour encourager les relais de la culture dans l?éducation contre les violences faites aux femmes au service des émancipations. Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci. Pour vous répondre, la parole est à Hélène BIDARD.

Mme Hélène BIDARD, adjointe. - Oui, rapidement, Madame SIMONNET, nous vous proposons, tardivement, certes, un v?u de l?Exécutif. Donc je vous proposerai ensuite de retirer ce v?u au profit du v?u de l?Exécutif. Pour vous dire trois choses : d?abord, comme vous l?avez dit, c?est la justice qui permet de délimiter la liberté d?expression et la liberté d?autrui, en l?occurrence celle des femmes à être en sécurité. Donc nous proposons très concrètement, dans notre v?u de l?Exécutif, que nous aidions aussi les associations à s?emparer de la justice lorsqu?elles en ont besoin pour faire valoir les droits. Ensuite, il est utile de rappeler que le viol est un crime et que la provocation à commettre un crime est également condamnée par la loi, et que 16 % des femmes et 5 % des hommes ont subi des tentatives de viol ou des viols au cours de leur vie. Donc ce v?u de l?Exécutif vous propose des actions extrêmement concrètes pour agir sur le sujet, tout en respectant la place des institutions que sont la justice et la police. Donc nous vous proposons de renforcer la campagne contre le harcèlement de rue par un aspect lutte contre le viol, d?ailleurs nous avons déjà commencé dans le Conseil de la nuit puisque le Collectif français contre le viol fait partie du Conseil de la nuit, donc de sensibiliser les professionnels au travers notamment du travail que nous faisons dans le cadre de l'Observatoire parisien des violences faites aux femmes. Nous proposons d'aider les associations à saisir la justice et bien sûr, nous rappelons les responsabilités du Préfet de police et du Procureur d?engager les poursuites nécessaires le cas échéant.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci. Madame SIMONNET, retirez-vous votre v?u au profit du v?u de l?Exécutif que Mme BIDARD vient de présenter ? Juste oui ou non !

Mme Danielle SIMONNET. - Oui, parce qu'il est excellent.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci beaucoup. Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 24 bis. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le voeu est adopté à l'unanimité. (2015, V. 129). Je vous remercie. V?u déposé par le Groupe Ecologiste de Paris relatif au projet d'Hôpital Nord.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Nous passons à l'examen du v?u n° 25 G, qui est relatif au projet d'hôpital Nord. La parole est à Mme Anne SOUYRIS.

Mme Anne SOUYRIS. - Madame la Maire, à propos du projet de l'hôpital Nord, nous avions voté le fait qu'il y aurait une grande concertation sur la question de l'hôpital, à l'image de ce qu'il y avait eu pour le nouveau Lariboisière qui va d?ailleurs exister, qui va être refait bientôt. Le projet ayant changé et l'hôpital Nord étant intervenu dans la réorganisation des hôpitaux Nord de Paris, nous estimions, et nous estimons toujours à ce jour qu'il est important de mettre en ?uvre cette concertation pour que ce projet soit à la hauteur du besoin de soins de proximité du Nord de Paris et de sa proche banlieue. Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci. Pour vous répondre, la parole est à Bernard JOMIER.

M. Bernard JOMIER, adjoint. - Merci, Madame la Maire. Le projet d'hôpital Nord consiste à répondre aux nécessités d'évolution de l'offre hospitalière et de modernisation de cette offre sur le bassin nord de population de Paris. Est donc débattue actuellement la construction d'un nouvel établissement hospitalier qui se situera en dehors des frontières géographiques de notre ville. C'est le premier point important que je veux souligner : nous devons avoir un abord, qui ne s'arrête pas aux limites du boulevard périphérique, des besoins de santé des populations du Nord de Paris. Actuellement, deux sites sont évoqués : celui de Clichy-La-Garenne et celui de Saint-Ouen. En fonction du choix définitif du site, qui devrait être opéré d'ici quelques mois, se pose la question du devenir du site Bichat - Claude-Bernard. Je crois que, comme vous le dites dans votre v?u, il est important que sur ce site existe une offre hospitalière adaptée aux besoins de santé de la population et que le débat doit s'ouvrir publiquement sur ces questions. Pour répondre à votre v?u, je peux vous dire premièrement que la première réunion publique aura lieu cette semaine, puisque jeudi 15 avril, dans le 18e arrondissement, aura lieu un premier débat public sur le projet d?hôpital Nord et donc sur le devenir du site Bichat - Claude-Bernard. Deuxièmement, outre que d'autres réunions devront se tenir dans les arrondissements, j'y suis tout à fait favorable, que lors des assises de la santé qui vont bientôt débuter et se tenir jusqu'en 2016, je vous propose que cette question de l'offre hospitalière fasse l'objet d'un débat singulier. Donc, pour ces raisons, je donne évidemment un avis favorable à votre v?u. Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci beaucoup. Je suis saisie d'une demande d'explication du groupe Communiste - Front de Gauche. M. Hervé BÉGUÉ a la parole.

M. Hervé BÉGUÉ. - Merci, Madame la Maire.

Chers collègues, le groupe Communiste - Front de Gauche votera contre ce v?u car nous pensons qu'en l?état actuel, le projet hôpital Nord va contribuer à la dégradation de l'accès aux soins dans le Nord de Paris et en Seine-Saint-Denis.

Le désengagement financier de l'Etat ne permettra pas à l'A.P.-H.P. de mener à bien ce projet sans vendre son patrimoine hospitalier. L'A.P.-H.P. prévoit déjà de fermer les urgences et la maternité de Bichat et de Beaujon pour faire place à un nouvel hôpital géant qui devra couvrir un territoire de plus d'un million d'habitants. Les hôpitaux géants, nous en avons déjà, à Pompidou, où les scandales sur les risques sanitaires se sont accumulés ; en Essonne, où le montage en partenariat public-privé du Sud francilien a fait multiplier les coûts de contribution par trois au cours de ce chantier. Dans ce contexte, nous ne pouvons pas soutenir ce v?u de soutien à l'A.P.-H.P. Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Je mets aux voix le v?u? Ah ! Je suis saisie d?une demande du maire du 18e arrondissement, Eric LEJOINDRE.

M. Eric LEJOINDRE, maire du 18e arrondissement. - Quelques mots pour dire que je voterai bien sûr ce v?u et rappeler, comme Bernard JOMIER l?a fait, que la concertation va commencer, en tout cas qu?une première réunion publique est organisée.

Je voudrais saluer pour ma part le choix de l'A.P.-H.P. d'avoir enfin investi pour le Nord-Est parisien. Il y a eu beaucoup d?investissements de l?A.P.-H.P. dans le Sud de Paris. Il était temps que s'opère un rééquilibrage, et les montant importants qui vont être consacrés au grand hôpital Nord et, je l'espère, et je me battrai pour, sur le site de Bichat, sont indispensables pour la population du Nord. Pour le reste, il va falloir que l'on discute de façon assez serrée avec l'A.P.-H.P., et vous pouvez compter sur moi pour le faire, pour savoir ce qui va rester sur le site de Bichat - Claude-Bernard, et dans quelles conditions. Pour le coup, rien n'est fermé à ce stade.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Très bien. Nous pouvons maintenant passer au vote. Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 25 G, avec un avis favorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le v?u est adopté. (2015, V. 26 G). Souhaits de bienvenue.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Je voudrais saluer la délégation de l'Ecole de la deuxième chance qui est parmi nous ce matin dans les tribunes, en présence de son président, également. Bienvenue dans nos débats !