Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Fevrier 2002
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

54 - 2002, DVD 3 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché sur appel d'offres pour l'aménagement du carrefour "Alésia - Sarrette - Tombe-Issoire" (14e) et de solliciter des subventions de la Région d'Ile-de-France

Débat/ Conseil municipal/ Février 2002


Mme Myriam CONSTANTIN, adjoint, président. - Nous allons passer au projet de délibération DVD 3 relatif à l'autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché sur appel d'offres pour l'aménagement du carrefour "Alésia - Sarrette - Tombe-Issoire" (14e) et de solliciter des subventions de la Région d'Ile-de-France.
Je donne la parole à M. DUTREY.
M. René DUTREY. - Mesdames, Messieurs, chers collègues, il est demandé à notre Conseil d'approuver le principe d'aménagement du carrefour Alésia-Sarrette-Tombe Issoire dans le 14e arrondissement ainsi que les modalités d'attribution du marché correspondant.
Ce carrefour, situé à proximité immédiate d'un des groupes scolaires les plus importants de la Capitale est, depuis de nombreuses années, une source d'insécurité et de nuisances importantes pour les riverains.
Les deux principaux axes qui le composent sont, malgré leurs gabarits, des axes à forte circulation. La rue de la Tombe Issoire, en particulier, sert de déversoir au flot des voitures provenant de l'autoroute A6 et se dirigeant vers le centre de Paris. La vitesse des véhicules, leur nombre, le croisement de ces deux axes et la complexité d'un carrefour à cinq branches, tous les paramètres sont réunis pour faire de cette intersection le lieu de toutes les nuisances automobiles.
Depuis plusieurs années les associations de quartier, les parents d'élèves, n'ont cessé d'attirer l'attention des Pouvoirs publics sur cette situation. Leur combat que nous soutenions déjà avant le changement de majorité à Paris, n'avait jamais trouvé de réponse satisfaisante. Il faut dire que le problème était complexe, le passage à cet endroit de trois lignes de bus ne facilitant pas la recherche d'une solution. Si on ajoute à cela la volonté de l'ancienne municipalité de donner une priorité à la circulation des voitures, par rapport au bien-être des riverains, des piétons, on comprend que nos prédécesseurs n'aient jamais réussi à résoudre cette quadrature du cercle.
Pour trouver cette solution, il fallait être ambitieux et les élus du 14e, dont Mme BELLENGER, maire adjoint au transport du 14e, les services techniques et le cabinet de M. le Maire adjoint chargé de la voirie l'ont été. Il fallait vouloir redonner aux piétons la place dans la ville qu'ils n'auraient jamais dû perdre, faire de ce carrefour une vraie place au c?ur d'un quartier vert.
Ce projet est un projet ambitieux. C'est en insérant le problème dans son contexte et en traitant l'ensemble du quartier environnant en quartier vert qu'une solution a pu être trouvée. C'est ainsi un périmètre de 65 hectares dont le plan de circulation a été entièrement revu afin de supprimer toute circulation de transit. Grâce à la création de ce quartier, il va être possible de transformer ce que les habitants appellent "le carrefour de tous les dangers" en une place conviviale, arborée, dédiée aux piétons et agrémentée d'une fontaine. Cette place constituera en quelque sorte le point d'orgue, le point central du futur quartier vert.
Ambitieux, ce projet l'est aussi par les moyens dégagés dans cette opération. C'est, comme vous avez pu en prendre connaissance dans la délibération, près de 900.000 euros qui vont être investis dans cet aménagement. 900.000 euros, c'est une somme importante. Mais c'est le prix d'un aménagement de qualité qui se justifie parce qu'il ne s'agit pas de satisfaire les seuls riverains du carrefour mais bien de créer pour l'ensemble des habitants du quartier vert, au centre de celui-ci, un véritable lieu de vie et d'animation. Gageons qu'avec cet aménagement et l'élargissement de trottoirs prévu, nous aurons bientôt le plaisir d'accueillir de nouveaux petits commerces. Je suis en effet persuadé, malgré certaines idées reçues, que l'envahissement automobile ne profite pas à l'activité commerciale de proximité. Au contraire, regardons simplement l'évolution des commerces au bord des axes rouges...
Mme Myriam CONSTANTIN, adjointe, présidente. - Acheminez-vous vers votre conclusion, Monsieur DUTREY, s'il vous plaît.
M. René DUTREY. - Vous êtes très stricte, Madame la Maire ! J'avais encore beaucoup de bien à dire de cet aménagement...
Mme Myriam CONSTANTIN, adjointe, présidente. - Je crois que vous avez encore du temps. Veuillez m'excuser...
M. René DUTREY. - Je me dépêche...
En bref, l'aménagement de ce carrefour démontre une réelle volonté de reconquérir l'espace public au profit des piétons. Et le projet global dont il fait partie est à l'opposé des aménagements de type "quartier tranquille" qui sont, eux, extrêmement pratiques pour montrer de jolies cartes dans le journal de Paris, mais aussi inefficaces qu'ignorées des automobilistes et même des habitants.
J'aurais voulu m'attarder un peu plus longuement sur la méthode de concertation qui a été absolument exemplaire sur ce projet, mais je ne le ferai pas.
Je voudrais, par contre, parler du choix qui a été fait de la modification du trajet des lignes de bus 28 et 38, choix qui a été longuement discuté. En effet, alors que ces lignes ont vocation à assurer des liaisons à l'échelle parisienne - le 38 reliant la porte d'Orléans à la gare de l'Est - leur trajet avait été modifié pour qu'elles assurent en même temps la desserte locale du quartier Sarrette. La clientèle de ce trajet correspond à 0,01 % de leur clientèle totale mais ce détournement posait des problèmes d'efficacité et de lisibilité du trajet à la R.A.T.P.
Je crois que nous pouvons nous réjouir que ces lignes redeviennent ce qu'elles ont toujours été, c'est-à-dire des lignes de desserte globale au niveau parisien.
Mais ne nous trompons pas - et je vais conclure par là - après ce tableau un peu idyllique que je viens de vous faire, il ne s'agit pas ici d'un aboutissement. Le quartier vert est traversé par l'avenue du Général-Leclerc et la rue d'Alésia. Il faudra arriver à pacifier ces axes. La prochaine création d'un axe civilisé avenue du Général-Leclerc renforcera la cohérence du projet. Le problème de la circulation du bus 62 doit être pris à bras-le-corps. La mise en place très rapidement de bus de quartier pour assurer la desserte locale de notre futur quartier vert doit être une priorité, du fait en outre de la suppression du 38 et du 28.
Pour conclure, ce projet ambitieux ne constitue qu'une étape dans le difficile processus de reconquête de l'espace public face à l'automobile. Mais nous sommes dans la bonne direction et nous venons, avec ce projet, de faire un grand pas en avant.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Les Verts", socialiste et radical de gauche, communiste et du Mouvement des citoyens).
Mme Myriam CONSTANTIN, adjointe, présidente. - Je vous remercie, Monsieur DUTREY.
Mme CATALA s'est inscrite sur cette délibération.
Elle n'est pas là ?
Je vais donc donner la parole à M. BAUPIN pour la réponse à M. DUTREY.
M. Denis BAUPIN, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Merci, Madame la Maire.
Permettez-moi de regretter que Mme CATALA ne soit pas là, comme beaucoup de nos collègues parlementaires qui ont quasiment tous (pas tous, mais quasiment tous) déserté notre hémicycle à l'heure des questions d'actualité à l'Assemblée nationale. C'est un argument de plus pour ceux d'entre nous qui plaident pour le non cumul des mandats !
(Applaudissements sur les bancs du groupe "Les Verts").
M. Jacques BRAVO, maire du 9e arrondissement. - M. CARESCHE est là.
M. Denis BAUPIN, adjoint, rapporteur. - Je remercie M. DUTREY pour le soutien qu'il a apporté à cette délibération.
Je crois que l'aménagement de ce carrefour, qui est destiné maintenant à devenir une vraie place, est le premier résultat concret de la nouvelle politique des quartiers verts que nous avons initiée.
Je ne reviendrai pas sur l'ensemble des points qu'il a évoqués de façon très précise et très exhaustive. Je voudrais me féliciter surtout de la concertation qui a eu lieu autour de l'élaboration de ce quartier, largement organisée par la Municipalité du 14e arrondissement, avec un travail très important aussi des services de la voirie de Paris. Il a permis d'arriver à cet aménagement de qualité. Il montre comment, lorsque l'on souhaite limiter l'espace automobile et favoriser les circulations douces (notamment, là, les circulations piétonnes), on peut trouver des solutions concrètes qui permettent de regagner de l'espace.
Autour de ce quartier vert, M. DUTREY a rappelé un certain nombre d'autres projets en préparation : l'espace civilisé sur l'avenue du Général-Leclerc, la transformation des lignes 38 et 62 qui sont des lignes "Mobilien" (la ligne 38 sera la première ligne à être traitée en "Mobilien" dans les mois qui viennent) et puis, ce qui est aussi un projet très important, qui borde ce quartier : le projet du tramway des Maréchaux.
C'est donc un quartier qui à la fois va être requalifié pour limiter la circulation de transit et qui, en plus, bénéficie d'une desserte de réseaux lourds de transports en commun qui est particulièrement conséquente.
En tout état de cause, je vous invite évidemment à voter cette délibération.
Mme Myriam CONSTANTIN, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur BAUPIN.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 3.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2002, DVD 3).