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Fevrier 2002
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Conseil Municipal
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103 - QOC 2002-107 Question de M. Claude DARGENT et des membres du groupe socialiste et radical de gauche à M. le Préfet de police à propos de l'alternance des feux tricolores aux carrefours

Débat/ Conseil municipal/ Février 2002


M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Nous passons à la question posée par M. Claude DARGENT à M. le Préfet de police concernant l'alternance des feux tricolores aux carrefours.
Monsieur DARGENT, vous avez la parole.
M. Claude DARGENT. - Merci, Monsieur le Maire.
C'est une question qui porte sur le rapport qui existe aujourd'hui entre piétons et voitures particulières dans Paris et sur la situation de concurrence pouvant exister entre ces deux modes de déplacement.
On sait que la marche représente 50 % alors que la voiture particulière n'en représente que 14 %. Or, le rythme choisi pour les feux tricolores en vigueur depuis de nombreuses années privilégie clairement la voiture, en obligeant les piétons à de longues attentes ou à des stations inconfortables, au milieu de la chaussée, signalées par les panneaux bien connus : "Piétons, traversez en deux temps".
D'autre part, à de nombreux carrefours, les aménagements, qu'il s'agisse des barrières ou emplacements de passages protégés, obligent les piétons à de longs détours dans le but évident de ne pas gêner les automobiles.
Je voudrais savoir quelles sont les règles qui président à l'alternance des feux aux carrefours et si ces règles correspondent bien à l'état actuel de la politique municipale de déplacements qui considère que la Ville appartient d'abord aux piétons et encourage et accompagne la réduction du flux automobile dans la Capitale. Ne convient-il pas de diminuer la priorité donnée aux automobiles dans l'aménagement des carrefours et, si oui, selon quel calendrier ?
M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci, Monsieur DARGENT.
La parole est à M. le Représentant du Préfet de police.
M. LE REPREÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - L'accroissement important du trafic automobile pendant de nombreuses années a conduit la Ville de Paris à mettre en place une gestion centralisée des feux tricolores en adaptant leur fonctionnement aux conditions réelles de la circulation afin d'offrir à l'ensemble des usagers les meilleures conditions de déplacement.
Le système ainsi mis en place a simultanément pris en compte tant la nécessité d'assurer l'écoulement du trafic que celle visant à garantir la sécurité des piétons considérée comme une priorité absolue.
C'est ainsi que les plans de feux tiennent compte du temps nécessaire aux piétons pour franchir la chaussée en toute sécurité, la base de calcul étant d'un mètre ce qui correspond au déplacement moyen d'une personne âgée ou ayant des difficultés.
Par ailleurs, la durée du temps de feu vert est un compromis entre les différents utilisateurs de la voie publique (piétons, voitures, transports en commun, véhicules à deux roues) et prend en considération le volume de flux des piétons dans les secteurs les plus animés de Paris, afin de limiter leur attente aux heures d'affluence.
Toutefois pour optimiser la sécurité de ces usagers, sans pénaliser pour autant la circulation générale, y compris celle des transports en commun de surface, des traversées de chaussées en deux temps ont été instaurées pour les piétons.
De même pour garantir leur sécurité et éviter qu'ils ne s'engagent sur la chaussée en dehors des passages prévus à cet effet, des barriérages visant à canaliser les cheminements des piétons viennent parfois compléter, au droit des intersections, les dispositifs piétonniers.
S'agissant de la réduction du flux automobile dans la Capitale, je puis indiquer que la prise de conscience d'une progression très sensible de la pollution d'origine automobile en ville a débouché sur l'élaboration de plans de déplacements urbains, dont en 2000, celui de l'Ile-de-France, de manière à réduire significativement la circulation automobile au profit des transports en commun et des modes plus économes en énergie et moins polluants.
A Paris, les choix opérés s'insèrent dans ce cadre et sont fonction des caractéristiques particulières et des possibilités d'une ville placée au c?ur d'une agglomération de onze millions d'habitants.
La réduction de la place de l'automobile mise en ?uvre depuis plusieurs années, devrait s'accentuer mais ce rééquilibrage doit prendre en considération à la fois les nécessités économiques et le délai indispensable aux mentalités pour s'adapter à tout changement.
Il ne fait cependant pas de doute que ces différentes logiques devront, dans un avenir proche, puisque le plan de déplacement de Paris est en cours d'élaboration, apprendre à cohabiter et qu'un nouveau partage de la voie publique, notamment au profit des piétons et de toutes les circulations douces, devra en découler.
M. Eric FERRAND, adjoint président. - Merci.
La parole est à M. DARGENT.
M. Claude DARGENT. - Une petite seconde pour faire remarquer que ce nouveau partage doit forcément passer par une modification de l'équilibre ancien. Et l'équilibre ancien accordait une priorité de l'automobile par rapport aux piétons ce qui ne correspond plus, me semble-t-il, aux nouvelles orientations.