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Mai 2015
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Conseil Municipal
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Etude complémentaire concernant l'extension de Roland Garros. Vœux déposés par le GEP relatif à l'extension du stade Roland Garros.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2015


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous démarrons notre séance avec un débat organisé sur l'étude complémentaire concernant l'extension de Roland Garros. La commission d'organisation a souhaité qu'il y ait un débat organisé et donc nous allons le démarrer. Je rappelle que cette étude est une étude qui avait été demandée, sur laquelle bien sûr j'ai accepté qu'il puisse y avoir encore une étude sur un projet alternatif, qui avait déjà été d'ailleurs étudié. Le débat que nous avons ce matin n'est pas lié à une quelconque décision du Conseil de Paris sur le sujet. Il donne lieu à des v?ux, ou à un v?u, mais il ne se rapporte à aucun projet de délibération. C'est un débat tout à fait intéressant et essentiel, mais qui ne relève pas, en ce qui concerne son impact, de décisions relevant de notre Conseil. Mais le débat est bien sûr ouvert et je donne la parole à M. le Maire du 16e arrondissement, Claude GOASGUEN, pour l'UMP.

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. - Mes chers collègues, ce matin j'ai une grave nouvelle à vous annoncer, mais très grave. Non, ce n'est pas le budget, non. Le budget ce n'est rien. Non, il n'y a pas eu d'attentats terroristes, non. C'est beaucoup plus grave que cela. Comme le dit la presse : "qui veut la peau de Roland Garros ?" La France entière attend ce résultat, ce résultat dramatique. Toute la France ne parle que de cela. Il faut être un peu sérieux quand même ! Comme l'a dit Mme HIDALGO, en fait, ce débat n?est pas un débat. Il ne sert à rien. Je me demande d'ailleurs pourquoi il se tient à vrai dire. Mais enfin, on va y participer. Ne pavoisez pas trop tôt. Vous aurez des mauvaises surprises probablement cet hiver. Alors qui veut la peau de Roland Garros ? Je voudrais dire une chose, si Roland Garros est à Paris, est maintenu à Paris - parce que Roland Garros restera à Paris - c'est parce que votre prédécesseur, vous-même d'ailleurs, et moi-même, avec l'adjoint au sport de l'époque que je salue, qui s'appelait M. VUILLERMOZ, à un moment où l'adjoint au sport d?aujourd'hui, M. MARTINS était totalement contre le fait que Roland Garros reste à Paris, eh bien, nous avons été un certain nombre à dire : oui Roland Garros restera à Paris. C'est bien acquis, que les journalistes qui ne sont pas là, bien entendu, se rassurent, Roland Garros ne partira pas. Cela étant, on a eu une discussion, parce qu?il y a eu de nombreuses réserves sur Roland Garros, que nous avons surmontées plus ou moins bien. Deux Ministres de l'environnement successifs Mme KOSCIUSKO-MORIZET - qui avait fait des réserves - puis le Préfet est intervenu sur ce sujet, on ne sait pas trop pourquoi d?ailleurs, ce n?était pas son rôle, et puis Mme ROYAL, qui a refait des réserves. Deux Ministres de l?Environnement font des réserves, ces réserves suscitent des interrogations, c'est bien légitime, ils sont Ministres. Et une commission se réunit. Cette commission obéit à un cahier des charges. Ce cahier des charges aboutit à un rapport intéressant, mais un rapport dont vous comprendrez très bien, mes chers collègues, qu'il n'est pas fiable. Comment un rapport pourrait-il être fiable, alors qu?il est organisé par une société, par une société qui s'appelle "EGIS", que cette société qui s'appelle "EGIS" travaille avec le maître d'ouvrage de Roland Garros, qu'il travaille avec l'architecte, de renom international, j'en reparlerai tout à l'heure, qui s'appelle M. MIMRAM - ne pas confondre avec le grand architecte de l'univers quand il allait très loin. Mais cette société n'est pas crédible. Nous ne sommes pas dans le conflit d'intérêt, mais on n'en n'est pas loin. J'ai lu ce rapport avec beaucoup d'intérêt, mais enfin il a conclu que le projet initial était le bon projet. A vrai dire le contraire eut été étonnant. On ne voit pas très bien comment il aurait pu conclure autrement. Vous comprendrez qu'au bout d'un moment on se pose des questions. Pourquoi cette précipitation ? Pourquoi tout d'un coup la F.F.T., qui est riche, 90 millions d?euros par an de bénéfice net, budget de 400 millions, tout d?un coup la F.F.T. essaie de nous faire croire que Roland Garros va disparaître, parce qu?elle n?a pas assez de moyens ! Elle met de la publicité partout et se précipite, pour des raisons que je ne comprends pas, mais dont j'ai eu déjà à connaître des conséquences. Dans le 16e arrondissement, cet arrondissement qui ne sert à rien, comme chacun sait, et qui n'est jamais écouté, nous avons été dotés d'une splendide construction, splendide ! Visitez là, cela vaut la peine. Cela s'appelle le C.N.E. Le C.N.E. est un endroit où normalement les jeunes professionnels de tennis peuvent venir vivre à côté de Roland Garros, parce qu'ils ne peuvent pas prendre le train, ni le métro, ni le taxi c'est trop loin, ils sont fatigués, il ne faut pas les user. On nous a mis le C.N.E. Franchement, l'architecte de l'univers, M. MIMRAM aurait pu quand même se dispenser de faire un projet comme cela. On aurait mieux fait de donner le projet à une classe de quatrième qui aurait fait exactement la même chose pour pas cher, parce que l?on nous a fait une splendide caisse à savon. Une caisse à savon sur le stade Hébert, une caisse à savon, allez, je suis gentil. J'ai l'impression que c'est plutôt un hangar à bestiaux, ce machin. La maquette était superbe. Il y avait des arbres partout, des vitres partout, magnifique ! Des espaces. On avait l'impression?, vraiment on avait envie d'y habiter. Allez voir, allez faire une visite. J'avais expliqué à Jean GACHASSIN, qui est un ami personnel, que ce n'était pas la peine de s'énerver et de se précipiter pour faire ce projet. Ils avaient des difficultés internes, parce qu'ils sont pauvres, parce qu?ils sont tendus, alors on nous a accolé le C.N.E. Le C.N.E., c'est une catastrophe, c'est une caisse à savon, je répète, qui pollue l'espace des Parisiens et qui pollue l'espace de ce point. Alors comme c'est le même architecte de l'univers, M. MIMRAM, qui va nous faire le projet fastueux que vous avez vu, ce projet est magnifique. Quand vous le regardez sur les photos, on dirait une piscine, on a envie de s'y baigner, c?est extraordinaires ! Sauf que je n'ai plus confiance. Comme je n'ai pas le temps de vérifier à la truelle, toujours l?architecte de l'univers, je n'ai pas le temps de voir à la truelle ce qui va être fait, je me dis : "Attention. Ce n'est pas la peine de s'énerver. La Fédération de tennis a les moyens de faire." Elle nous dit : "si vous refusez, cela va être affreux, on va prendre cinq ans de retard." Cinq ans de retard, c'est une plaisanterie ! On peut très bien commencer les travaux qui ne sont pas contestés à l'intérieur de Roland Garros. Cela nécessite peut-être un changement, mais l'architecte est payé pour cela après tout. Il peut commencer par mettre le toit sur le grand court, que personne ne conteste, pour que l'on ait le temps d'étudier, peut-être, la possibilité de voir sa construction à venir, cette fameuse piscine, avec des fleurs partout et des crocodiles dedans sans doute.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Ils sont dehors les crocodiles.

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. - Pas dehors, peut-être dedans, je n'ai pas vu l'intérieur encore. Il y a peut-être des crocodiles autour, méfiez-vous, il y a toujours des crocodiles dans les fédérations sportives, il semble que le football soit touché, mais il n?y a peut-être pas que le football qui sera touché un jour. Vous savez, les fédérations sportives mériteraient beaucoup de transparence, sujet dont on parle beaucoup en ce moment. Passons. Ce projet, je le dis, il faut faire attention et ce n'est pas la peine de se presser. Le comble du comble, chère Madame le Maire, c'est vous. En fait, vous venez de nous dire, tout à l'heure, qu'en réalité nos débats ne servent à rien. Car ils sont une simple consultation formelle, à laquelle nous participons tôt le matin. C'est intéressant. Mais visiblement cela ne vous fait absolument rien. Et même votre cabinet, actif au téléphone en particulier, votre cabinet nous dit VALLS appuiera sur le bouton - je reprends les mots - lundi. Je me marre un peu en pensant au Premier Ministre qui appuie sur le bouton, parce que je lui dis : "Attention, les pétards peuvent exploser aussi à la figure !" Parce que, de toute façon, l'affaire est décidée, on va tout mettre en cours. Enfin, Madame le Maire ! Est-ce que c?est digne du Conseil de Paris de nous dire en toute hypothèse c'est le Premier Ministre qui va décider à votre place ? Est-ce que vous croyez que c'est une incitation à soutenir une commission, qui par ailleurs a été une commission fictive et qui nous a raconté un rapport bidon sur un Maire qui considère qu'on l'a doté d'une verrue, au sein de son arrondissement, supplémentaire et vous croyez que cela nous inciterait à voter ? Que cherchez-vous ? Vous cherchez, en fait, à donner au Gouvernement la possibilité de décider à notre place. Je trouve que de la part d'un Maire de Paris, c'est singulier. De plus je ne suis pas sûr que le Premier Ministre appuiera si facilement sur le premier bouton. Car il y a plusieurs boutons dans ce Gouvernement, on voit bien. Les boutons se multiplient d?ailleurs, de partout. Donc, moi, je vous le dit tout net : si vous appuyez sur le bouton au Gouvernement lundi, alors méfiez-vous, méfiez-vous des conséquences. La COP 21 va se réunir. C?est une belle chose et je souhaite vraiment que la COP 21 soit une réussite. Les gymnases de Paris sont pleins de gens qui vont venir pour la COP 21. Je vous le dit tout net : les gens en question ne sont pas des "mémés à chiens-chiens", comme on dit dans "Le nouvel observateur". Ce sont plutôt des gens qui sont aptes à manifester pour l?environnement. Je crois que mettre un bulldozer dans l?enceinte du bois de Boulogne, cela ne leur plaira pas, parce qu?ils vont nous parler tout d?un coup des serres d?Auteuil avec des tremblements dans la voix, comme ils l?ont fait il y a des décennies, voire même il y a quelques années. Vous savez donc très bien que les travaux ne commenceront pas tout de suite, parce que le Gouvernement est assez sage, même si le Préfet de police n?est pas là. Je connais l?efficacité du Préfet de police, d?ailleurs, lorsqu?il y a des manifestations. J?ai eu l?occasion d?apprécier sa fougue et sa tendance à réprimer fortement au Trocadéro. Cela a donné de très bons résultats. Eh bien, moi, je vous conseille d?attendre un peu et de réfléchir. Ce serait vraiment la chose la plus digne pour le Conseil de Paris de lui redonner la décision en prenant un peu de temps. Et je répète, pour conclure : Roland Garros ne partira pas, la F.F.T. vivra encore, elle est riche, elle peut attendre quelques mois. Parlons de l?intérêt général des Parisiens et ne nous précipitons pas, car nous risquons de faire une grosse bêtise qui va nous retomber sur le nez. Merci, en tout cas, de votre attention.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur le Maire du 16e arrondissement. La parole est à M. Eric AZIÈRE, président du groupe UDI-MODEM.

M. Eric AZIÈRE. - Oui, Madame la Maire, mes chers collègues, je voudrais moi aussi m?étonner un peu sur la tonalité que prend ce débat, et qui me paraît un peu révélatrice d?une certaine fébrilité, voire d?une certaine panique. Alors que le rapport effectué par la société "EGIS", qui n?a d?ailleurs trouvé ni mon numéro de téléphone, ni mon mail, ni celui du secrétariat du groupe UDI-MODEM, ni celui de Pierre-Christophe BAGUET, confirme la faisabilité du projet alternatif, et notamment la couverture partielle de l?A13, je suis étonné de voir que sur un sujet aussi important que l?harmonisation à trouver entre un projet d?extension d?un site sportif et la défense et la préservation des équilibres écologiques d?un espace voué à la nature, les méthodes, les moyens, les arguments, les mots se dressent en vis-à-vis comme de véritables barricades de mai. Et à qui la faute ? Les promoteurs du projet porté par la F.F.T. devraient peut-être marquer un temps d?arrêt, un "break" et se détendre un peu. Je lis que les associations porteuses de ce projet, qui se battent avec la combativité des désespérés, sont dans l?abus de droit, ainsi que ceux qui les soutiennent. Nous sommes, oui ou non, dans un état de droit, et est-ce abuser que d?en user ? Je lis que l?opposition au Conseil de Paris est manipulée par ces mêmes pseudo-associations. Rassurez-moi : l?opposition au Conseil de Paris est bien légitime ? Elle peut se déterminer sur ce dossier avec tout le discernement dont elle est capable ? Je lis que les soutiens apportés par les pseudo-écologistes, comme Nicolas HULOT, par exemple, ou les pseudo-écrivains, comme Erik ORSENNA, ou les pseudo-chanteurs ou chanteuses, comme Françoise HARDY, sont des réactions d?"écolos" du dimanche, de "bourges" des beaux quartiers. Je ne sais pas qui est dans l?abus, mais je dis à tous ceux qui, à force d?inonder le tout Paris d?une propagande sur papier glacé aussi manipulatrice que mensongère et dépensière, qu?ils confondent le fonctionnement de la démocratie, l?esprit du débat et l?esprit de l?intérêt général avec l?arrogance du fric et la prétention du pouvoir. Il ne s?agit pas de remettre en cause la volonté de conserver Roland Garros à Paris, mais au contraire de trouver le meilleur projet possible. Que ce soient les conclusions incontournables de ce rapport, malgré tout son côté tendancieux, les réserves de la Commission des sites et ce que nous considérons comme étant une plus-value indéniable que représenterait la réparation urbanistique et écologique qu?elle propose par la couverture de l?A13, et qui va au-delà de la simple extension de Roland Garros, ces enjeux sont trop importants pour être balayés par les élites qui nous gouvernent d?un simple revers de la main. J?ai envie de dire, pour conclure, à tous ceux qui ne pensent pas comme eux, qu?il n?y a pas qu?un seul projet, celui des dirigeants, et dans un mélange de provocation et pour ramener un sourire sur ce débat, je dirai qu?après la terre battue, les serres piétinées, où s?arrêtera le massacre ? Merci.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur AZIÈRE. La parole est à M. Rémi FÉRAUD, président du groupe Socialiste et Apparentés.

M. Rémi FÉRAUD, maire du 10e arrondissement. - Madame la Maire, mes chers collègues, notre Conseil s?est fréquemment penché ces dernières années sur le projet d?extension du stade Roland Garros, car les travaux d?agrandissement du stade de Roland Garros, le Conseil de Paris en a débattu pour la première fois en septembre 2008. Et rappelons qu?aujourd?hui, ils sont absolument nécessaires pour maintenir l?attractivité et le statut du tournoi de Paris, l?un des tournois du Grand Chelem. J?entendais M. GOASGUEN dire qu?il est urgent d?attendre. Pour nous, alors que les débats ont commencé en 2008, il est temps désormais de passer aux actes. Et je vous propose de faire reposer mon intervention sur la bonne foi, la cohérence et un peu de rationalité, et puis, de m?appuyer sur l?étude que nous avons nous-mêmes demandée à l?unanimité au dernier Conseil de Paris, plutôt que de la balayer d?un revers de main aussitôt après l?avoir demandée, car c?est à l?unanimité que nous avons demandé une étude complémentaire, dont les conclusions viennent d?être rendues. Donc appuyons-nous sur ces conclusions, qui indiquent en effet très nettement les avantages du projet porté par la Fédération française de tennis par rapport au projet alternatif. Pourquoi ne pas le reconnaître ? En effet, le projet alternatif ne répond pas aux nécessités du tournoi, ni pour l?extension du site, ni pour les besoins du tournoi lui-même. Il ne permet pas d?organiser de manière satisfaisante le flux des visiteurs, alors que la question de la superficie limitée et de la sécurité du public est actuellement posée. En proposant de couvrir une partie de l?autoroute A13, le projet alternatif est également beaucoup plus cher, avec un surcoût, excusez du peu, d?au moins 68 millions d?euros hors taxes. Il est certes techniquement possible, mais il se révèle incomparablement plus onéreux, et qui payera la note ? Dans le meilleur des mondes, peut-être pourrions-nous envisager ces couvertures de l?autoroute, voire de tout le périphérique, mais le coût est parfaitement déraisonnable par rapport aux avantages, et j?ajoute, en particulier en direction de nos partenaires de la majorité municipale, que si nous devions décider d?une nouvelle couverture partielle d?une autoroute urbaine, je pense qu?ensemble nous choisirions une zone habitée et populaire plutôt qu?un site quasiment vide d?habitants. Il suffit de se rendre sur le site de Roland Garros et des serres d?Auteuil. Il suffit de visualiser l?implantation du futur stade et les serres techniques qui devront être démolies à cette occasion pour se rendre compte de la pertinence du projet et du respect des serres historiques d?Auteuil. Rappelons d?ailleurs que certaines serres de la Ville, qui se trouvaient déjà sur ce site, ont été transférées à Rungis lors de la construction de l?échangeur d?Auteuil et du boulevard périphérique à la fin des années 60. Mais les serres classées, celles de Jean-Camille Formigé, celles que nous aimons tous, elles sont, quant à elles, évidemment protégées et leur cohabitation avec le stade actuel tout proche n?est pas problématique. Elle ne l?est pas aujourd?hui, elle ne le sera pas demain. Il n?y a pas plus de raisons pour que le futur stade gêne davantage les promeneurs, les amateurs de botanique et les amoureux des serres d?Auteuil demain qu?aujourd?hui. Je perçois vraiment beaucoup de mauvaise foi dans les arguments qui sont échangés lorsqu?il s?agit de défendre ces serres, et les serres d?Auteuil, elles sont trop belles pour être réduites à un prétexte pour refuser l?extension de Roland Garros pour d?autres raisons. J?invite tous les élus, mais surtout, tous les Parisiens à aller eux-mêmes constater la réalité sur place. Et puis, le projet alternatif comporte également un inconvénient majeur : il rallonge considérablement les délais de livraison et entraîne des délais incompatibles avec l?échéance des Jeux Olympiques en 2024. Or, le stade doit faire partie du dossier de candidature de Paris et le moindre retard, et encore plus un report du projet, constituerait un handicap pour une candidature parisienne aux J.O. 2024. Renvoyons la droite parisienne à son incohérence sur le sujet. J?arrêterai ici la liste des critiques dans l'étude. Le projet alternatif ne répond pas non plus aux exigences environnementales. Ceci dit - rappelons-le - ce sont des exigences de limitation du bilan carbone puisque le projet alternatif double ce bilan carbone avec un bilan écologique qui serait beaucoup moins favorable que celui présenté par la Fédération française de tennis. L'étude effectuée par le cabinet "EGIS" vient confirmer les conclusions de tous les précédents rapports. Ceci dit, cela n'est pas étonnant. Il a été réalisé en toute transparence et conformément aux v?ux adoptés au mois d'avril dernier par le Conseil de Paris. Le rapport fait clairement la démonstration de la supériorité du projet actuel sur quasiment tous les items. Je crois qu'il faut maintenant agir vite, que c'est l'intérêt de Paris de consolider son tournoi international de tennis, que c'est l'intérêt de Paris et des Parisiens de s'en donner les moyens. Nous arrivons à la fin d'un débat et il faut maintenant mettre en ?uvre ce projet avec la Fédération française de tennis. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur le Président, d'avoir remis ce sujet dans son histoire, dans ce Conseil et dans une rationalité qui est toujours utile, y compris dans la vie politique. Je dirais même : "surtout dans la vie politique". La parole est à M. CONTASSOT, pour le groupe Ecologiste de Paris.

M. Yves CONTASSOT. - Merci, Madame la Maire. Mes chers collègues. Enfin la Fédération française de tennis tombe le masque. Depuis plusieurs années, les responsables de la F.F.T. abreuvent les médias et leurs interlocuteurs de discours lénifiant sur leur bonne volonté, la transparence, la sincérité, la fiabilité de leurs dossiers. Depuis plusieurs années, ils méprisent avec une arrogance incroyable celles et ceux qui ne sont pas en total accord avec eux. Oui, mais voilà que le voile se lève progressivement étape après étape sur la réalité. Cette réalité est assez sensiblement différente du discours de la F.F.T. Après avoir renié les engagements pris en 1991 de ne plus jamais s'étendre sur place, la F.F.T. prétend qu?elle a aujourd'hui toutes les autorisations pour poursuivre son ?uvre destructrice du jardin des Serres d'Auteuil. Elle n?hésite ainsi pas à déclarer que la Commission supérieure des sites lui a délivré un blanc-seing pour son projet. Or, dans le courrier adressé par la Ministre de l'Ecologie au Préfet de Région le 20 mars 2012, il est précisé que le plan-guide a reçu un avis favorable sous certaines réserves et, notamment, sortir de la concession les deux bâtiments en meulière, réduire l'emprise de la concession temporaire dans la partie nord du jardin japonais. De plus, la F.F.T. n'aura plus le droit d'utiliser le petit Jean Bouin. Le courrier de la Ministre précise : "Ces réserves devront impérativement être prises en considération dans la poursuite de l'étude du projet", réserves reprises dans le v?u que nous avons voté à l'unanimité en mars 2015. Que la F.F.T. méprise l'avis du Gouvernement et n'entende pas modifier en quoi que ce soit son projet d'origine, cela ressort clairement de l'étude "EGIS". Pour comparer les deux projets, il aurait fallu que la F.F.T. intègre ses réserves et dise clairement comment elle entend compenser l'absence d'utilisation des bâtiments en meulière. Le projet associatif, honnête pour sa part, explique qu?il faut donc accroître la densité bâtie sur le périmètre actuel, ce dont se sert la F.F.T. ensuite pour dénigrer cette vision, justifiant ainsi que cela diminuerait la fonctionnalité du site. Comment ne pas souligner la duplicité d?une telle man?uvre ? Comment croire que la F.F.T. aurait oublié cette contrainte ? Cette omission volontaire a évidemment bien d'autres conséquences. Ainsi, au plan des surfaces disponibles par spectateur, cela majore de façon non négligeable le ratio du projet F.F.T. et minore d'autant celui du projet associatif. Au plan financier, cela fait apparaître un différentiel significatif en faveur du projet de la F.F.T., au détriment du projet associatif. Au vu des sommes avancées par "EGIS" - et sur lesquelles je reviendrai - cela représente déjà un écart de presque 10 millions sur les soi-disant 47 millions de différence entre les deux projets. J'ajoute qu'en matière de coût, là encore, la vérité apparaît progressivement. Ainsi, pour un budget annoncé de 273 millions d'euros lors du lancement du projet, M. YSERN reconnaît maintenant qu'il avoisine les 400 millions d'euros, soit une dérive de presque 50 %. On voit bien qu?à cette aune, la différence entre les deux projets n'est pas du tout celle avancée. Les aléas de près de 11 millions, le soi-disant besoin de reprendre les études pour le court Philippe-Chatrier à hauteur de plus de 4 millions, alors qu?il n'est pas impacté par le projet alternatif, l'estimation à plus de 5 millions des études pour le triangle historique : tout cela ne sert à l?évidence qu?à tenter de démontrer que la solution alternative coûte plus cher, ce qui n'est même pas certain. Une contre-expertise réalisée par le même spécialiste qui avait donné le bon chiffrage pour la couverture de l?autoroute arrive à un différentiel d?au maximum 10 millions d?euros. Quant à l?analyse des conséquences en matière de délais, c?est du délire ! Une étude d'archéologie préventive pour couvrir l'autoroute, un défrichement qui n?est prévu nulle part, une saisine de la C.N.B.P. que la F.F.T. récuse par avance, la police de l'eau car l?autoroute est sans doute une zone humide à protéger, une étude I.C.P.E. alors que rien n'étaye cette stupidité. Je dois dire qu?il a fallu une imagination importante à "EGIS" pour dénicher tout ce qui pouvait justifier un retard de cinq ans. Mais il y a bien pire. Lors de l'entretien que j'ai eu avec "EGIS", il m'a été dit de façon précise - je cite : "Les deux projets ont le même programme, les mêmes fonctionnalités, les mêmes caractéristiques. Restent à étudier les coûts et les délais, mais les chiffres avancés par les associations sont réalistes". Une semaine plus tard, quelles sont les conclusions ? Malgré des phrases qui confirment les termes utilisés, on voit nettement poindre la patte de la F.F.T. qui déclare que cela, je cite : "ne répond pas à des objectifs fonctionnels majeurs de la F.F.T.". Mais quid de ces objectifs majeurs ? Mystère. Vous n'en saurez rien car cela n'est pas expliqué. Il faut croire la F.F.T. Pourtant, l?origine de cette conclusion n?est pas à chercher dans le rapport, mais dans un autre document. Il s'agit de la liste des experts qu'"EGIS" dit mobiliser pour mener l'étude. Qu'est-il écrit ? Je cite et je tiens à disposition le document : "L'analyse fonctionnelle sera réalisée par le consultant spécialisé proposé par la F.F.T." Oui, mes chers collègues, vous avez bien entendu. Les conclusions relatives aux fonctionnalités ne sont pas le fruit d'une expertise d?"EGIS", mais celle d'un expert inconnu mandaté par la F.F.T. Je pense que personne dans cet hémicycle ne pouvait imaginer une telle chose, que personne n?était informé. La F.F.T. croyait sans doute berner tout le monde, à commencer par notre Assemblée. Quel mépris de sa part, quelle arrogance ! Comment faire pire que cela, comment oser prétendre que ces conclusions sont le fruit d'une étude indépendante ? Madame la Maire, vous avez aujourd'hui la lourde responsabilité de demander que la transparence, le respect de la parole donnée, la mise en ?uvre de la démocratie participative, ne soient pas que des mots. C?est le sens des deux v?ux que nous avons déposés. Nous sommes convaincus que vous faites vôtres les propos du Président de la République - déclaration d?exigence d'accomplir des progrès supplémentaires dans la participation des citoyens à l'élaboration de la décision publique - et que, pour débloquer une situation, le recours à un référent local vaut toujours mieux que le fait accompli ou l?enlisement. Accepter ces v?ux, c'est reconnaître le sens de l'engagement, le sens de la parole donnée. C?est prendre au sérieux les risques d'un enlisement judiciaire inéluctable et éviter tout danger d?affrontements tels qu'ils se sont produits à chaque fois que l'entêtement l'a emporté sur le bon sens. Nous faisons appel à votre capacité de sortir par le haut de ce dossier mal engagé. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci. La parole est à M. Sergio TINTI, pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

M. Sergio TINTI. - Merci, Madame la Maire. Aujourd'hui, grâce à la restitution des études effectuées par le cabinet "EGIS", nous pouvons comparer d'une manière objective deux projets qui portent sur la modernisation du stade Roland Garros, point final d'une procédure d'expertise demandée par la Ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie. Cette étude nous éclaire sur la pertinence et la cohérence de ces deux projets. Le premier est porté et défendu depuis plusieurs années par la Fédération française de tennis, dit "des Serres d'Auteuil". Il envisage une modernisation et une extension des installations en restant sur sa localisation actuelle, dans le but de trouver sa place dans les grands tournois internationaux, notamment au niveau des conditions d'accueil des spectateurs et des athlètes. Le second, porté par des associations, consiste en grande partie en l'installation de courts de compétition sur l?A13. Les analyses présentées à la fin de l'étude mettent, à notre avis, et au-delà des notions techniques, un terme à une instrumentalisation politique qui avait fait de ce sujet une tribune médiatique pour quelques personnalités issues de notre Assemblée. C?est le contraste d'ailleurs avec le processus démocratique, l?échange avec les riverains, concrétisé par de nombreuses rencontres sous la précédente mandature, animées par la Fédération française de tennis et par notre ami, Jean VUILLERMOZ. Ces démarches constructives ont permis de tenir compte des différents avis des associations et des riverains. Nous prenons donc acte des résultats de cette étude. D'un point de vue fonctionnel, le projet de couverture de l?A13 n'offre aucune réponse aux objectifs majeurs de la Fédération française de tennis, en raison du déséquilibre qu'il créerait dans la densité des spectateurs en offrant une surface inférieure de site et de cheminement. Il faut garder à l'esprit que le projet d'extension du stade doit permettre de répondre et de résoudre des dysfonctionnements identifiés, notamment en termes de circulation et de densité de spectateurs. Ce à quoi le projet porté par la F.F.T. apporte une réponse, mais qui est omise par le projet porté par les associations. La mobilité en dehors du stade et, par là, la circulation automobile et la question de l?accessibilité est aussi à prendre en compte. Le projet porté par les associations nécessiterait la privatisation de l?avenue de la porte d?Auteuil en période de tournois. Ce qui impliquerait la mise en place de dispositifs alternatifs de circulation importants et contraignants au regard des flux de circulation déviés. D?un point de vue environnemental, nous voulons d?abord rappeler les garanties apportées sur la sauvegarde des plantes rares présentes dans les serres. Par ailleurs, nous sommes conscients du souci des riverains et des associations de défense du patrimoine et de l?environnement quant à l?impact que peuvent avoir de tels projets et des travaux dans un site comme le bois de Boulogne. A ce titre, il faut être cohérent. Le projet porté par les associations, parmi lesquelles figurent des associations de défense de l?environnement justement, présente un bilan carbone deux fois plus élevé que le projet soutenu par la Fédération française de tennis. C?est un comble ! N?est-ce pas ces mêmes personnes qui, pour s?opposer à la candidature de Paris à l?organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques 2024, arguaient un bilan carbone jugé excessif. D?ailleurs, je cite le rapport : "Aucun des deux projets n?est de nature à porter atteinte aux continuités écologiques, locales et régionales. La question du coût de travaux d?une telle envergure est un point aussi sur lequel il faut évidemment se pencher. Le projet soutenu par les associations représenterait un surcoût réel de 54 millions d?euros par rapport au projet porté par la Fédération française de tennis. Or, la même fédération indique être dans l?incapacité d?absorber seule ce coût, ce qui mettrait finalement à mal le projet de modernisation. Enfin, et c?est un point central, le projet porté par les associations entraînerait un retard de cinq à six ans, selon le rapport d'"EGIS" dans la livraison du stade modernisé. Ce retard serait en grande partie lié à la nécessité de relancer intégralement des procédures juridiques longues et formalistes, susceptibles de nombreux recours. Si la fin des travaux est espérée pour mai 2019 dans le cadre du projet dit des serres d?Auteuil, elle n?interviendrait pas avant mai 2025 dans le cadre du projet porté par les associations. Or, je vous rappelle, mes chers collègues, que nous nous sommes prononcés favorablement pour l?engagement de Paris dans une candidature aux Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. Je vous rappelle aussi qu?une des principales qualités de notre futur projet est la préexistence de nombreuses structures sportives sur notre territoire. Opter pour le projet de couverture de l?A13 reviendrait à tirer un trait sur l?utilisation de Roland Garros dans le cadre de notre projet olympique, compte tenu de l?impossibilité de livraison du stade modernisé avant le second semestre 2025 et par la même occasion se passer d?un atout sérieux dans la compétition que sera l?obtention des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. Devons-nous entrevoir dans la position des opposants au projet de la Fédération française de tennis l?esprit qui anime les signataires du comité anti-Jeux Olympiques et Paralympiques récemment créé ? Ne tuons pas dans l??uf ce beau projet, chers collègues. Donnons-nous dès à présent les moyens de nos ambitions. Pour toutes ces raisons, nous soutenons le projet porté par la Fédération française de tennis qui nous semble répondre aux ambitions sportives et culturelles de notre ville. Merci, Madame la Maire.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur TINTI, d?avoir aussi rappelé qu?en termes d?exigence écologique, le projet que nous portons, que je porte depuis des années avec vous, avec différents groupes qui ici de façon constante ont soutenu tout en étant très exigeants, ce projet est beaucoup plus écologique avec un impact nettement moins grave sur l?environnement que le projet dit alternatif. Et puis merci d?avoir relié aussi, comme vous l?avez fait dans votre propos, ce projet à notre candidature aux Jeux Olympiques. Elle est quand même là. Ce projet est né de la précédente candidature aux Jeux Olympiques et ce projet est un élément clé dans la candidature de 2024 aux Jeux Olympiques. Merci de l?avoir rappelé, je crois que les vérités sont toujours bonnes à dire. Je donne la parole à Jean-Bernard BROS, président du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants.

M. Jean-Bernard BROS, président du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants. - Merci, Madame la Maire. Mes chers collègues, la restructuration du site sportif de Roland Garros est un projet porté par la Fédération française de tennis depuis 2011. Elle répond à une nécessité de transformation du site qui ne correspond plus aux nécessités d?accueil d?un grand événement international et d?un tournoi du Grand Chelem. L?agrandissement des allées de circulation, de la capacité d?accueil, de la protection face aux aléas climatiques, des aires de jeux et d?autres évolutions du site sont à ce titre essentiels. Sur cette nécessaire transformation, nous ne pouvons plus reculer, au risque de mettre en difficulté un des événements sportifs qui participe le plus au rayonnement de Paris. Au-delà du tournoi de Roland-Garros, il nous faut également et évidemment nous armer pour la candidature des Jeux Olympiques de 2024. Et la livraison dans les temps d?un site rénové et agrandi constitue un argument de poids dans le cadre de notre candidature. L?élément financier nous semble essentiel dans le contexte contraint que nous connaissons. Il faudrait ajouter au bas mot 80 millions d?euros de plus en cas de réalisation du contre-projet. C?est un élément à considérer. Nous souhaitons aussi souligner que les partenaires publics ont laissé le temps à l?expertise de se faire. Je dirais presque au-delà du raisonnable, la preuve en est : nous sommes encore aujourd?hui en débat sur cette question. Rappelons, car nous ne le faisons jamais assez, que la Ville, l'Etat et la Fédération française de tennis sont sur la même ligne concernant ce projet. Quand les principaux décideurs, et pas des moindres, convergent à ce point, il faut, je crois, savoir se rendre à l?évidence. Mais voilà, la politique politicienne est une réalité. Actons d?abord une divergence avec une partie de notre majorité, qui n?est ni la première et qui, je le crains, ne sera vraisemblablement pas la dernière, mais par contre, chers collègues de l?opposition, on ne peut pas voter et applaudir l?engagement de Paris à organiser les Jeux Olympiques et un mois plus tard participer à une démarche d?obstruction. Soyez lucides, cela fait même sourire, je crois, nos collègues écologistes, mais vous êtes pour ceux qui soutiendrons les deux v?ux proposés complètement à contre-emploi de ce que vous avez l?habitude de porter au sein de cet hémicycle. Cette posture politicienne est une réalité dont personne n?est dupe et je pense que la presse va d?ailleurs largement et allègrement se faire l?écho de cette démarche d?obstruction qui répond à des considérations fumeuses. Mes chers collègues, il nous faut aujourd?hui nous donner les moyens de l?ambition olympique que le Conseil de Paris a décidé de soutenir le mois dernier. Paris et sa métropole ont vocation à devenir le territoire mondial du sport au-delà des Jeux Olympiques. Il faut en responsabilité nous en donner les moyens et nous rassembler, comme nous avons su le faire le mois dernier en votant la candidature. Madame la Maire, Monsieur l?adjoint en charge des sports, mes chers collègues, il faut maintenant avancer sur ce dossier et les élus du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants vous réitèrent leur plein soutien dans toutes les démarches et les initiatives que vous prendrez à cet effet. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, Monsieur le Président, là aussi pour ces rappels tout à fait justifiés. La parole est à Mme SIMMONET, vous avez une minute.

Mme Danielle SIMMONET. - On nous avait promis une étude comparative indépendante. Résultat : quelle mascarade ! On ne peut pas toujours se gargariser de discours sur la déontologie. On se retrouve là avec une étude d?"EGIS" qui conclut totalement en faveur de la F.F.T. et qui va jusqu?à inventer des fouilles archéologiques pour une couverture d?autoroute pour discréditer le projet alternatif ! Et pour cause : "EGIS", le cabinet chargé de l?étude, conseille l?architecte chargé du projet de la F.F.T. Comment, Madame la Maire, pouvez-vous accepter, cautionner de telles méthodes de conflits d?intérêt ? J?exige, comme le demande le groupe Europe Ecologie les Verts qu?une réelle étude comparative et indépendante ait lieu et puisse réellement étudier et évaluer le projet associatif alternatif préservant les serres d?Auteuil. Et quel cynisme ! Hier, Paris signait la charte pour le respect de la biodiversité et aujourd?hui on s?apprête à remettre en cause les serres d?Auteuil. Et que faites-vous de votre soi-disant attachement à la concertation jamais respecté quand vous sentez qu?il y a contestation ? Madame la Maire, si l?organisation des Jeux Olympiques est à l?image des magouilles sur Roland Garros, cela promet ! Pour ma part, je voterai le v?u du groupe Ecologiste de Paris.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci. La parole est à Mme KOSCIUSKO-MORIZET, présidente du groupe UMP, pour 1 minute.

Mme Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET. - Merci, Madame la Maire. Avant toute chose, je tiens à rappeler que notre groupe est évidemment pour que ce tournoi demeure à Paris et nous sommes tout autant favorables à son extension qui doit bien sûr lui permettre de se mettre au niveau de ses concurrents du Grand Chelem. Pour autant, cela n?autorise pas à faire n?importe quoi n?importe où. C?est pour cela que nous avons voté la demande d?une réalisation d?étude complémentaire. Nous souhaitons que plus aucun doute ne soit permis quant à la qualité du projet d?extension de Roland Garros. L?étude, qui nous a été présentée lundi dernier, permet d?avoir une vision plus claire du projet soutenu par les associations. On comprend que la couverture de l?autoroute A13 est faisable et qu?elle est moins coûteuse que les estimations entendues jusque-là. C?est un tort d?avoir négligé le sérieux de cette proposition au départ. L?étude permet également de constater que le projet présenté par la F.F.T. n'a toujours pas intégré la totalité des réserves formulées par la Commission supérieure des sites le 15 décembre 2011, réserves que j'avais reprises comme Ministre de l'Ecologie. On comprend mieux le psychodrame du mois de mars et le refus du Gouvernement et de la F.F.T. de présenter les demandes de permis à la Commission des sites dont on imagine mal qu'elle puisse donner un avis favorable dans ces conditions. En revanche, il est surprenant, alors que les réserves formulées par la Commission des sites ne sont pas levées, de constater que l'étude les passe par pertes et profits, et je comprends la démarche de nos collègues du groupe Ecologiste qui contestent sa neutralité, au regard d?un certain nombre de conclusions et qui demandent un complément d'étude. Ils demandent également que la Ministre de l'Ecologie, supposée rendre un avis sur le projet d'extension avant novembre prochain, sursoie à statuer car, finalement, c'est bien là le n?ud du problème : en 2011, le Ministre de l'Ecologie avait trouvé, avec la F.F.T. et votre prédécesseur, les compromis nécessaires permettant la poursuite du projet. Eh bien, c'est aujourd'hui le Gouvernement qui bloque le dossier. On peut penser, Madame la Maire, au regard des bonnes relations que vous devriez avoir avec ce Gouvernement, que vous auriez pu, que vous auriez dû débloquer la situation. Espérons ensemble que la Ministre de l?Ecologie et vous-même puissiez arriver à un accord rapidement.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Il va falloir conclure, Madame la Présidente.

Mme Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET. - A ce stade, au regard des réserves soulevées de part et d?autre, et en soutien au Maire du 16e arrondissement, notre collègue Claude GOASGUEN, au premier chef concerné, je voterai pour les v?ux déposés par le groupe Ecologiste de Paris.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je donne la parole à Mme JÉGO, pour l?UDI-MODEM.

Mme Ann-katrin JÉGO. - Merci, Madame le Maire. L'étude qui est soumise à notre Assemblée porte sur la perspective d'une solution alternative à l'extension de Roland Garros. Nous sommes tous attachés à la pérennité des équipements de Roland Garros à Paris et conscients de la nécessité de donner à cet équipement une nouvelle dimension internationale. La médiatisation exceptionnelle du tournoi de Roland Garros fait partie des éléments constitutifs de l?image mondiale de Paris. Il est donc de notre devoir de veiller à maintenir et à faire prospérer ce capital. Pour autant, les enjeux écologiques, urbanistiques et historiques concernant les serres d'Auteuil vous ont amenée à accepter que la solution alternative défendue par les associations, à savoir la couverture partielle de l?A13, soit évaluée par des experts "indépendants". Je mets des guillemets, car chacun aura bien compris que le cabinet "indépendant" se devait de défendre le projet porté par la F.F.T. dont la maquette trône déjà dans la boutique de l'Hôtel de Ville, rue de Rivoli. Pour autant, il faut relever, dans le travail du cabinet "indépendant", un certain nombre de points extrêmement positifs qui, jusqu'à ce jour, n?avaient pas été attestés par des experts. Les estimations financières du montant de la couverture, issues du travail des associations, sont notamment validées par le cabinet "indépendant", ce qui va à l'encontre de ce qu'avait toujours affirmé la F.F.T., pour qui la couverture partielle de l?A13 était hors de portée sur le plan financier. Par ailleurs, l?étude démontre que ce projet alternatif permet de répondre totalement au cahier des charges de la F.F.T., tant pour le nombre de courts de tennis que pour la capacité d'accueil du public. Je dirai même que le projet alternatif aurait dû prendre une longueur d?avance dans cette étude, si le cabinet "indépendant" avait respecté dans son étude comparative les réserves émises par la Commission supérieure des sites, comme notre collègue Yves CONTASSOT l?a rappelé parfaitement tout à l'heure. La non-prise en compte de ces réserves dans l'étude du cabinet "indépendant" entraîne des appréciations erronées qui faussent en particulier la comparaison des coûts puisque, par exemple, pour tenir compte de ces réserves, la F.F.T. devra construire un nouveau bâtiment dans son périmètre actuel. Le sentiment est que le rapport du cabinet "indépendant" a essayé de tordre au maximum les réalités pour conclure dans le sens souhaité par la F.F.T., notamment à travers une appréciation pour le moins erronée des délais. Quel dommage que le choix d'un expert vraiment indépendant n'ait été fait, ce qui aurait évité bien des suspicions et des interrogations ! Comment ne pas sourire lorsqu?on lit que la couverture de l?A13 nécessiterait des "fouilles archéologiques préventives" ou encore "le strict respect des procédures de la loi sur l?eau" ? Sans parler non plus des préconisations d'une étude de défrichement qui n?a aucun sens puisque le bois de Boulogne n'est pas impacté ou encore, cerise sur le gâteau, une saisine de la Commission nationale du débat public, saisine que la F.F.T. elle-même a toujours contestée. Bref, on a le sentiment que, puisque la couverture de l?A13 était économiquement et matériellement conforme, il fallait trouver un prétexte pour la refuser.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Il va falloir conclure, Madame JÉGO.

Mme Ann-katrin JÉGO. - C'est ainsi que l'étude conclut que le projet alternatif souffre d'un défaut majeur : celui de ne pouvoir être livré à temps pour les Jeux Olympiques de 2024. Notons la faible qualité de cet argument?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame JÉGO. Vous avez largement dépassé votre temps, il faut conclure.

Mme Ann-katrin JÉGO. - Je conclus que l?on peut imaginer que, dans les neuf ans qui nous séparent des J.O. 2024, il ne soit pas possible de gagner les quelques mois qui semblent être le principal prétexte pour en rester à la vision actuelle de la F.F.T.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame. Thomas LAURET, dernier orateur de notre débat, pour le groupe Socialiste et Apparentés.

M. Thomas LAURET. - Merci, Madame la Maire. Mes chers collègues, cela fait presque sept ans, Rémi FÉRAUD l'a rappelé, sept ans cette année que le projet d?extension du stade de Roland Garros s?est invité dans nos débats. Alors, quand on parle de précipitation, on ne risque pas de rattraper la balle à cette vitesse ! Il a déjà été tranché plusieurs fois par notre Assemblée, comme par le chef du Gouvernement. Voilà encore un exemple de l?essoufflement de la capacité d'entreprendre de notre pays et, parfois, de notre 16e arrondissement, tellement conservateur !

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Mais tellement beau !

M. Thomas LAURET. - Et ceci, à cause des excès de la procédure. Des excès de l?utilisation de la procédure dont certains font un sport ! Et de quelques attitudes politiciennes qui n'honorent personne et surtout pas ceux qui changent d'avis au gré des circonstances, Monsieur le Maire du 16e arrondissement ! Conseiller d'arrondissement depuis 2008 sous la précédente mandature, j'ai eu l'occasion, en Conseil du 16e, d'assister et de prendre part à de nombreux débats, alors même qu'à l'annonce de ce projet, je m?interrogeais sur son opportunité. J'ai hésité un temps et j'ai pris position en 2010, à la vue du projet architectural de Marc MIMRAM. Avec le temps et les précisions qui ont été apportées, le projet de la F.F.T. m'est apparu ambitieux et sérieux, moderne et respectueux de l'environnement. J'ai étudié aussi attentivement la contreproposition des associations et je remercie ces associations d'avoir fait cette contreproposition, mais je n'ai pas changé d'avis, pour une raison simple : le projet est beau et le site des serres en sera valorisé. Alors, les conclusions de ce nouveau rapport sont sans appel, même si certains voudraient réécrire ces conclusions et demander un énième rapport, jusqu'à ce que les conclusions de ce rapport viennent conforter leur position initiale. Rappelons le bilan carbone de cette couverture : il a été enfin calculé et il s'avère catastrophique. Le projet de couverture de l?A13 est deux fois plus émetteur que le projet porté par la F.F.T. Alors que le principal argument des associations est la préservation de l?environnement, si elles sont cohérentes avec les valeurs qu?elles défendent, elles ne peuvent accepter le bétonnage de 11.000 mètres carrés supplémentaires. Notons, à ce titre, que le projet de la F.F.T. crée un espace vert supplémentaire avec la pelouse de la place des Mousquetaires, qui sera ouverte au public en dehors du tournoi. Par ailleurs, la couverture de l?autoroute prolongerait un tunnel dans lequel la pollution atmosphérique se concentrerait naturellement aux extrémités, notamment à l'entrée côté Boulogne, justement là où vivent des riverains à proximité de l'hôpital Ambroise Paré. Ensuite, la mobilité des spectateurs s'en trouverait gênée. L'une des particularités de tous les tournois du Grand Chelem est de s?organiser sur un site unique, permettant ainsi aux spectateurs de déambuler d'un court à l'autre, en toute sécurité et dans l?ambiance du tournoi. Or, l?accès aux courts aménagés sur la couverture de l?A13, qui nécessiterait l'installation d'une liaison contrôlée soit par la fermeture de l?avenue de la Porte d'Auteuil, soit par la réalisation d?une passerelle au-dessus de l?avenue de la Porte d'Auteuil, viendrait perturber la cohérence de cette manifestation. Elle viendrait également perturber la circulation entre Boulogne et la Porte d?Auteuil lors des tournois. En outre, le projet, et cela a été rappelé, porté par les associations coûterait entre 47 et 54 millions d'euros hors taxes, plus l'actualisation à prendre en compte d'un minimum de 14 millions d'euros. Ce surcoût ne pourrait peut-être pas être assumé par la F.F.T., mais en tout cas il ne serait pas assumé par la Ville. Si une telle somme d'argent public devait être utilisée pour améliorer les conditions de vie des Parisiens, elle serait avantageusement utilisée pour couvrir des secteurs du périphérique auxquels sont exposés davantage de riverains, alors que les alentours de la partie de l?A13 concernée ne sont pas du tout habités. Enfin, il semble nécessaire de rappeler que la F.F.T. propose de réaliser un stade semi-enterré, entouré de nouvelles serres, présentant sur chacun des côtés la flore d'un des quatre continents : Amérique, Asie, Afrique et Océanie. Et elles sont en harmonie avec les serres historiques de Formigé. Des sénateurs, de sages sénateurs, notamment UDI et UMP, de la Commission de la culture, de l?éducation et de la communication au Sénat, ont d'ailleurs pu observer la semaine dernière que le projet de la F.F.T. respectait pleinement l'harmonie du lieu, tant sur le plan esthétique qu'environnemental. Sa mise en ?uvre permettra de donner une nouvelle visibilité aux serres historiques de Formigé auprès d'un très large public et d'accueillir les plantes rares dans de nouvelles serres techniques, bien plus performantes sur le plan énergétique. Les collections des serres chaudes seront donc en totalité maintenues sur le site pour la grande satisfaction des visiteurs et amateurs de botanique. En conclusion, c?est parce que je suis sensible au respect de l?environnement et à la beauté du projet architectural que je vous invite, mes chers collègues, à dépasser le temps de la réflexion pour laisser enfin place à l?action, avec bonne foi et sportivité. Merci.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Thomas LAURET, pour ces précisions et les convictions que vous portez avec brio. Je vais donner la parole à Jean-François MARTINS pour répondre à ce débat, et j?espère que chacun va, dans l?esprit sportif qui devrait nous animer sur un sujet comme celui-là, alors que le tournoi de Roland Garros bat son plein, eh bien, que chacun voudra bien entendre les arguments de l?Exécutif. Jean-François.

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Merci, Madame la Maire. Merci à tous les orateurs, en particulier M. FÉRAUD, M. BROS, M. TINTI, pour la clarté de leurs propos, la justesse de leur analyse et la constance de leurs propos, constance que je dois aussi reconnaître au groupe Ecologiste de Paris sur ce sujet.

Rappelons en quelques secondes et en quelques mots le contexte de cette modernisation. Le contexte de cette modernisation, vous le savez : Roland Garros est l?un des quatre grands tournois dits des tournois du Grand Chelem, qui se trouve aujourd?hui dans une situation de compétition internationale importante. Des villes comme Madrid, mais des villes aussi du Moyen-Orient, avec des tournois de plus en plus importants, avec des "prize money" de plus en plus importants, avec des installations de plus en plus importantes, viennent depuis quelques années concurrencer Roland Garros comme l?une des grandes places du tennis mondial. Et de ce point de vue, le projet de modernisation se trouve extrêmement nécessaire. Pensez qu?aujourd?hui, Wimbledon, l?Open d?Australie, l?U.S. Open, c?est 15 à 20 hectares, pour seulement 8,5 à Roland Garros. Il est désormais urgent de donner à Roland Garros les moyens de rester une place forte du tennis mondial. Et bien que le Maire du 16e se drape aujourd?hui dans le costume "anti-riches", la Fédération française de tennis est riche à 90 millions d?euros. Monsieur le Maire, Roland Garros, ce qu?il finance avant tout, c?est le tennis amateur. L?argent du tournoi vient financer le tennis amateur, le T.C. 16, le Tennis club de Paris. Les plus de 7.000 licenciés du tennis parisien dans le 16e arrondissement sont financés, leur pratique amateur est financée par le succès de ce tournoi. L?argent de ce tournoi revient au sport amateur. C?est un modèle unique qu?il faut préserver, et pour le préserver, chers amis, il faut effectivement le moderniser. Pour le moderniser, il nous faut, et vous le savez maintenant depuis cinq ans, un grand projet d?aménagement sportif, ambitieux et vital, à la fois pour le tennis, pour le sport français et pour Paris. Pour réaliser ce type de grand projet d?aménagement très ambitieux, il faut, première condition, avoir un porteur de projet, celui qui est prêt à mettre 400 millions d?euros, et ce n'est pas la Ville de Paris qui les met, c?est la Fédération française de tennis. Souffrez donc qu?ils expriment le cahier des charges et les besoins de ce qu?est un tournoi sportif. Souffrez donc qu?ils décident eux-mêmes du projet qu?ils ont envie de porter. Nous ne sommes pas - excusez de heurter certains - dans un système planificateur urbanistique autoritaire où il nous reviendrait de décider pour chacun et pour chaque porteur de projet ce qu?il doit faire au centimètre carré près. Cependant, ce genre de grand projet d?aménagement ambitieux a une deuxième condition : le temps, la concertation et l?expertise. Du temps : admettons, chers collègues, qu?après cinq ans de débats, après 20 délibérations en Conseil de Paris, 20 délibérations adoptées par le Conseil de Paris, des dizaines de v?ux, durant cinq ans, je crois que le temps, nous l?avons largement donné. De la concertation et de l?expertise : ayons tous en tête ces différents éléments qu?il convient de rappeler aujourd?hui : - dix réunions publiques à Roland Garros et en mairie du 16e arrondissement, - un comité d?information sur le déroulement du projet depuis 2010, - 24 novembre 2010 : la Commission départementale de la nature, des paysages et des sites se saisit du projet de schéma directeur paysager de Roland Garros et approuve le projet d?extension, - décembre 2011 : la Commission supérieure décide des perspectives et des paysages et donne un avis favorable sur le plan guide, - 28 décembre 2011 : arrêté du Ministère des Sports inscrivant Roland Garros dans la liste des enceintes d?intérêt général, - 20 juin 2012 : avis favorable du commissaire-enquêteur intervenant sur la révision simplifiée du P.L.U. Le commissaire-enquêteur, Monsieur GOASGUEN, je ne résiste pas à l?envie de vous lire, considère que le projet, le dossier de révision simplifiée du P.L.U., répond à la notion d?intérêt général, garantit la réalisation d?un projet cohérent par sa démarche, par ses objectifs, dans le respect, cher Yves CONTASSOT, des enjeux environnementaux et patrimoniaux du site, - 25 juillet 2013 : dépôt des deux demandes de permis de construire principaux, qui sont accompagnés d?une étude d?impact détaillée, avec une instruction par les services de l?Etat, la police, les A.B.F., la D.R.A.C., qui ont tous, tous, unanimement rendu un avis favorable, - 11 décembre 2013 : avis favorable de l?Autorité environnementale et du C.G.E.D.D. sur cette étude d?impacts, - 19 décembre 2013 : avis favorable de la Commission départementale de la nature, des paysages et des sites de Paris. L?avis indique, Monsieur CONTASSOT, cette commission des sites à laquelle vous êtes attaché : la F.F.T. a montré qu?elle a bien pris la mesure des enjeux de l?insertion de son projet dans le site et que ce projet est bien respectueux de l?environnement très sensible dans lequel il s?inscrit, - février 2014 : le Tribunal administratif rejette les recours déposés par les opposants, qui avaient mis en cause la révision simplifiée du P.L.U., la C.O.D.P., signée le 6 mai 2013, ainsi que le permis de construire du, si cher au c?ur de M. GOASGUEN, centre national d?entraînement, - 4 novembre 2014 - excusez-moi d?être exhaustif, mais je pense que c?est nécessaire : avis favorable de la commissaire-enquêtrice, après une enquête publique longue, fouillée, avec un nombre de réunions publiques interminables. On citera notamment dans son rapport un projet dont la cohérence s?apprécie globalement, un projet de modernisation résultant d?un long processus d?études, un projet participant au renouveau du Jardin botanique de Paris. Le projet présente une bonne cohérence d?ensemble, ses objectifs s?inscrivent dans le cadre des orientations communales et supra-communales : S.D.R.I.F., Grand-Paris, Schéma régional de cohérence écologique, Plan biodiversité de Paris, Charte du bois de Boulogne, P.L.U. etc., etc. Ainsi, depuis cinq ans, dix rapports rendus par des autorités administratives ou environnementales ont émis un avis favorable. Alors, je veux bien qu?on soit tous plus intelligents que les services de l?Etat, que les cabinets d?études indépendants, que la Commission des sites, que l?enquête publique, que le Tribunal administratif, mais à un moment donné, il y a 10 avis favorables, 20 délibérations du Conseil de Paris qui, depuis cinq ans, ont laissé la place à l?expertise, à la concertation pour juger désormais que ce projet est satisfaisant. Et malgré tout, dans notre grande mansuétude, et pour suivre l?avis de la Ministre de l?Environnement, nous avons commandé, à la grande unanimité du Conseil de Paris, une étude complémentaire pour analyser sérieusement ce scénario bis dit "scénario de l?A13", à la fois pour respecter l?avis du Ministère, mais aussi respecter la mobilisation des riverains, à qui il faut apporter des réponses. Cela fait partie de la concertation. Cette étude "EGIS"? Et je ne peux pas laisser, sur différents bancs, tant de l?opposition que de la majorité, dire tout et n?importe quoi et mettre en cause la probité, tant du cabinet d?études que de l?architecte. Le cahier des charges a été rédigé par tous les groupes, collectivement, a été validé par tous les groupes du Conseil de Paris. Si, si, Monsieur AZIÈRE. Le cahier des charges a été rédigé collectivement par l?ensemble des groupes du Conseil de Paris. Le choix du cabinet "EGIS" vous a été soumis et a été accepté par l?ensemble des groupes du Conseil de Paris. Le cabinet "EGIS", conformément à la demande de la Ville, a fourni l?ensemble des déclarations de prévention des conflits d?intérêts, démontrant qu?il n?avait pas d?affaires particulières et de contrats avec la F.F.T. "EGIS" avait même perdu des contrats précédents sur le projet Roland Garros avec la F.F.T. Et les consultants extérieurs qui ont été consultés, Monsieur CONTASSOT, sont ceux de Keneo, et des représentants choisis par Keneo et recommandés par Keneo qui est, là aussi, un des acteurs majeurs de l?expertise sportive dans le monde. Que dit cette étude ? Elle dit d?abord - je relève que personne ne l?a souligné, alors que c?était un argument il y a un mois et demi - que l?utilisation de Jean Bouin, du Parc des Princes ou de Pierre de Coubertin pour faire Roland Garros est saugrenue, et n?a aucune chance de voir le jour. Que dit le rapport "EGIS" ? Il dit que sur les neuf points d?analyse, sept sont plus favorables au projet de la Fédération française de tennis qu?au scénario alternatif, et que sur ces sept points, quatre points sont des points de blocage critique sur le scénario bis, sur le scénario de la couverture de l?A13, et en particulier, celui de la pertinence fonctionnelle. C?est-à-dire, en mots simples, que le projet de l?A13 ne répond pas aux besoins d?un tournoi sportif, que Roland Garros ne pourrait pas être organisé dans les conditions de la compétition internationale avec ce scénario bis. Souffrons de pouvoir accepter que le premier critère, c?est : est-ce qu?éventuellement, le projet bis répond aux besoins d?un tournoi sportif ? Car c?est avant tout de ça dont il s?agit. Par ailleurs, Monsieur GOASGUEN, vous avez raison. Vous avez raison ! Je vais me calmer, Monsieur GOASGUEN. Ça va vous permettre de tout intégrer et de tout digérer.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Jean-François, tu peux prendre ton temps pour parler, pour que le langage des signes puisse suivre. Continue parce que c?est passionnant ce que tu racontes, c'est notre histoire avec Roland Garros. Vas-y, Jean-François ! Poursuis !

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - M. GOASGUEN a raison. Monsieur le Maire du 16e arrondissement, écoutez-moi. Vous avez raison sur un point. Il y a la COP 21 qui arrive en décembre. Moi aussi, je suis très inquiet que les militants viennent faire des protestations dans le 16e arrondissement contre le projet de l?A13 qui a un bilan carbone deux fois plus important que le projet de la Fédération française de tennis. S'ils se mobiliseront, c'est probablement pour lutter contre ce bilan carbone catastrophique et pour cette construction de plus de sept mètres de hauteur qui grève la perspective sur le bois de Boulogne depuis la Porte d'Auteuil, ce qui est évidemment extrêmement regrettable. Par ailleurs, ce que dit le cabinet "EGIS" - et certains orateurs l'ont souligné - le projet, en plus de ne pas correspondre aux besoins d?un tournoi sportif, est beaucoup plus coûteux et prend beaucoup plus de temps. A vrai dire, quand j?écoute les orateurs de l?opposition et d?une partie de la majorité, ce qu?ils regrettent, le principal grief qu?ils ont contre cette étude, c?est qu?ils ne l'aient pas écrite eux-mêmes. Désolé, Monsieur CONTASSOT, si vous vous targuez d'une expertise d'ingénierie urbanistique à ce point, quittez vos fonctions et montez un cabinet, parce que "EGIS" est l'un des quatre plus grands cabinets d'architecture au monde, l?un des quatre plus grands cabinets de conseil urbanistique au monde. Si vous vous jugez légitime pour contester ses conclusions, je vous invite?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - C?est touchant de voir les soutiens qui sont en expression. C?est très touchant.

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - ? Monsieur CONTASSOT, à créer votre cabinet d?études et à venir concurrencer EGIS qui est une belle réussite française, un grand cabinet d'études, comme Marc MIMRAM est une grande réussite française. Il ne fallait pas accepter le cabinet "EGIS" si vous aviez des doutes. Pour répondre sur un point de votre si grande expertise qui vous permet la légitimité de contester "EGIS", quand on construit sur le périphérique, on doit faire des recherches en sous-sol pour soutenir ce que l'on va mettre sur le périphérique. Quand on recherche en sous-sol, on fait de l'archéologie préventive. Monsieur CONTASSOT, un cabinet comme "EGIS", qui est l?un des leaders mondiaux du sujet, le sait. Vous ne le savez pas, ce n'est pas grave. A vrai dire, Monsieur CONTASSOT, là où votre raisonnement est spécieux, c?est que l'ensemble des deux v?ux, parce qu?il s'agit de voter des v?ux, et pas l'étude, les v?ux se basent intégralement sur les réserves de la Commission des sites après 10 avis favorables de toutes les autorités, dont la Commission des sites, qui émet un avis favorable. Je peux le rappeler tous les jours pendant les cinq ans qui viennent : l'avis est favorable avec des réserves, y compris, là encore, dans le souhait concerté de la Ville de Paris de trouver des moyens de compromis. L'une de ces réserves, on a choisi avec la F.F.T. de décider de la lever, notamment celle qui concerne le Jardin japonais, on a fait l'objet d'un certain nombre de démarches pour la lever, alors même que l?avis est très favorable et que ces réserves n'ont ni force de loi, ni caractère d'injonction auprès de la Ville de Paris. Pour conclure, Madame la Maire, et pour ne pas faire plus long, il est temps pour des grands projets d'aménagement sportif?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - M. Jean-François MARTINS et simplement M. Jean-François MARTINS. Merci.

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Pour des grands projets sportifs d'ambition internationale, il faut du temps. Nous l'avons pris. L'expertise a confirmé l'intuition. Il faut de la concertation : elle a très largement eu lieu. Il faut, à un moment donné, choisir. La démocratie?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - La démocratie est d'écouter les arguments qui s'échangent. Il doit répondre avec précision. Si vous cessiez de l'interrompre, cela irait plus vite. Jean-François MARTINS.

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Le groupe UMP a eu 12 minutes. Souffrez que j'en ai autant. Excusez- moi. La démocratie, ce n'est pas l'unanimisme, ce n'est pas mettre tout le monde d'accord. C'est d?écouter tous les avis, de trouver un compromis. Je crois que nous l'avons trouvé. La démocratie, c?est de respecter le vote des Parisiens qui ont choisi une Maire de Paris dans le programme de laquelle ce projet de Roland Garros figurait, et un Maire du 16e arrondissement dans le programme duquel figurait également ce projet de Roland Garros. Enfin, pour conclure, je crois que nous devons savoir élever nos débats et écouter les grands penseurs de notre temps. Je veux citer l'un des grands penseurs de notre époque : Claude GOASGUEN. En mars 2013, je cite : "C'est bien de présenter des contre-projets alternatifs, mais, en réalité, on sait très bien que ceux qui présentent des contre-projets alternatifs n'ont pas envie que Roland Garros reste à Paris. Votre contre-projet est un leurre". Je cite M. GOASGUEN. Il y aura donc un avis défavorable sur ces deux v?ux.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci. D'abord, merci à l'ensemble des orateurs de s'écouter, de laisser les arguments s'échanger. Merci à Jean-François MARTINS d'avoir rappelé notre histoire avec ce dossier qui n'arrive pas sur la table sans qu?il y ait eu au préalable - et cela a très bien été dit - nombre de votes, tous favorables ici, dans cette enceinte, d'expertises, d'enquêtes publiques, avec des rapports qui tous ont été favorables, des commissions, les commissions d'experts, les commissions des sites, départementales et nationales. A l'époque, j'y ai participé et j'ai défendu avec conviction ce projet. Ce projet, je vais vous dire, bien sûr que c?est Roland Garros et sa capacité à rester un tournoi du Grand Chelem, comme cela a été dit à Paris. Ce projet est bien sûr une affirmation dans notre candidature olympique que nous sommes capables de porter des transformations au service du sport et dans le respect de notre ville, dans le respect de l'environnement et dans le respect de nos finances. En effet, le projet que nous soutenons depuis des années, j'avais tellement plaisir à être aux côtés de Claude GOASGUEN dans ces réunions qui resteront pour moi vraiment des moments extraordinaires de partage avec Claude GOASGUEN face à des salles très hostiles - c'est vrai, je l'avoue - mais tout n'est pas fini entre nous, Monsieur le Maire du 16e arrondissement. Je suis d'accord, mais cela restera pour moi - ces belles réunions - un grand moment d'émotion et de partage politique. Je le dis ici. Ma déception est réelle de vous voir aujourd'hui porter un autre projet, mais bon, je ne vous en veux pas. Les Parisiens, eux, ne sont pas dupes. Je regrette juste que l'esprit du sport, que ce qui nous a animés en votant tous ensemble la candidature olympique de Paris, que tout cela puisse partir un peu en fumée sur des considérations que j'ai toujours du mal à comprendre. Toujours est-il que toutes les procédures imposées, et que je revendique, de notre démocratie, ont été respectées et que nous sommes au bout de ce processus. C'est vrai que j'ai accepté qu'il y ait encore une étude pour être tout à fait dans la recherche, non pas de compromis, mais de solutions qui permettent d'apaiser les positions de chacune et de chacun et que, finalement, chacune et chacun soit en conformité avec l'engagement qui a été le sien ces dernières années, quelle que soit la place à laquelle chacune et chacun d'entre nous a opéré. J'ai accepté cette étude. Elle est réalisée. Elle conclut, une fois de plus, à l'idée que le scénario alternatif n'est pas un bon scénario. Les arguments très objectifs, très rationnels, ont été posés. Il nous appartient maintenant de poursuivre cette démarche. Que va-t-il se passer maintenant ? Il va y avoir, puisque c'est cela la procédure, une décision qui incombe au Gouvernement. Oui, je le dis, le Premier Ministre ne s'en est pas caché publiquement : il est extrêmement favorable, comme le Président de la République, à ce dossier, à ce projet de Roland Garros parce que l'un comme l'autre soutiennent la candidature olympique. Nous savons que c'est un élément déterminant pour être au rendez-vous de cette candidature olympique. Le Gouvernement prendra la décision qui lui incombe. Ensuite, reviendra la décision à la Maire de Paris, donc à moi-même, de délivrer les permis de construire, ce que je ferai dans le respect de l'ensemble des procédures, des avis et des décisions qui ont été prises dans cette Assemblée et qui ne sont pas balayées. Je ne balaye pas les 20 votes qui ont eu lieu ici et qui tous ont été des votes positifs. Beaucoup d'entre nous étaient déjà impliqués dans ce dossier à des places diverses et variées. Voilà ce qui va se passer à présent sur ce dossier. Moi, je veux prendre date. Je veux prendre date avec chacune et chacun d'entre vous et avec Claude GOASGUEN. Claude GOASGUEN a émis des doutes sur la qualité architecturale de ce que sera le nouveau stade proposé par Marc MIMRAM. Moi, j?ai confiance dans Marc MIMRAM qui est un très grand architecte comme j?avais confiance, et malheureusement il nous a quittés, dans Michel CORAJOUD qui était un très, très grand paysagiste et qui donnera aussi son nom à ce très beau projet. Deux personnalités respectées, dans leur profession et pas simplement dans leur profession. Moi, j?ai confiance dans la beauté de ce qui va être fait et construit, conformément aux images sur lesquelles nous avons tous travaillé, aux schémas et aux plans. Je donne date, à chacune et chacun d?entre nous, pour l?inauguration du nouveau cours de Roland Garros. Peut-être se produira-il le même miracle que sur d?autres projets ? Je pense notamment au tramway, je pense à beaucoup de projets qui ont été contestés. Je pense à la Fondation Vuitton, parce que j?ai entendu, ici et là, que l?affaire n?était pas finie et que maintenant il y aurait des recours. Cela ne m?a pas échappé que, sur chaque projet à Paris, il y a des recours. Cela ne m?a pas échappé qu?un certain nombre d?associations se sont inscrites, parfois en lien avec les groupes ici, parfois non, dans cette démarche de judiciarisation. Je l?accepte, cela fait partie de la démocratie. Mais il ne m?a pas échappé non plus que, même si tout cela prend beaucoup de temps, dès lors qu?on a été respectueux de toutes les démarches, eh bien les projets se réalisent et, lorsqu?on les inaugure, tout le monde est là pour en vanter la beauté. Je vous donne le même rendez-vous que j?avais donné sur la Fondation Vuitton, où on avait entendu le pire, où on avait même dû arrêter le chantier avec 400 personnes qui travaillaient sur place parce qu?il y avait des recours et une guérilla judiciaire. Je vous donne rendez-vous sur ce beau projet comme sur les autres. Paris ne va pas rester dans le formol. Paris va continuer à se transformer. Paris est une ville du XXIe siècle qui n?a pas peur de l?architecture contemporaine et des transformations. Mais Paris le fait toujours dans le respect de son histoire et de son passé. Quand Marc MIMRAM s?inspire des serres Formigé pour faire le nouveau court de tennis, eh bien, je dis bravo. C?est cela le génie de la modernité, c?est cela que nous portons. Je vous le dis en conviction, vraiment en conviction, ce projet verra le jour. Ce projet sera salué par les Parisiens, par vous aussi, et nous serons tous là au rendez-vous pour son inauguration. Je vous assure que je ne rappellerai pas ces moments que nous vivons là. Ce que je retiendrai, quand nous serons réunis pour inaugurer ce nouveau Roland Garros et ce beau stade de Marc MIMRAM, ce que je retiendrai, c?est le sourire qu?il y aura sur vos visages et la fierté que nous aurons en tant que Parisiens d?avoir surmonté cette épreuve. Je vous remercie. Je vais mettre aux voix les deux v?ux, mais j?ai une demande d?explication du groupe les "Verts". Les explications ont été données dans le tour de table.

M. David BELLIARD. - Je ne vais pas rajouter aux débats et je remercie M. Jean-François MARTINS de s?intéresser à la reconversion de nos élus ! Je vais demander un vote au scrutin électronique, s?il vous plaît.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Bien. La parole est à M. GOASGUEN, maire du 16e arrondissement.

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. - Je voudrais donner une explication de vote pour le groupe UMP. Madame la Maire, chère Anne?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Cela baigne entre nous !

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. - Je crois que vous vous trompez, quelle que soit l?affection que nous pouvons vous porter et qui est grande?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, merci.

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. - Je vous en prie. Je voudrais vous dire que vous faites une erreur. Vous faite une erreur car la F.F.T. vous a fait croire que tout cela devait être précipité, avec des arguments qui ne sont pas toujours vraiment honnêtes. Je trouve aussi regrettable que vous mettiez dans la main du Gouvernement la décision ultime. Le Conseil de Paris, quel que soit le résultat sur les v?ux qui seront présentés, montrera qu?il est profondément divisé. Quel que soit le résultat, on verra bien qu?il y a une fracture, qui est une fracture importante au sein du Conseil à ce sujet. Je crois qu?il eut été de l?intérêt de la Ville de Paris que cette fracture se réduise. Car, en toute hypothèse, je ne crois pas qu?avec un résultat, qu?il soit dans un sens ou dans l?autre, on puisse se dispenser de consulter la Commission des sites. C?est dire que la Commission des sites devra encore - elle le devra et je le demande - examiner de nouveau la situation avant le 25 novembre. Je ne souhaite pas qu?il y ait une décision unilatérale prise par le Premier Ministre. Elle serait malsaine pour lui, car les conséquents seraient très dommageables, mais surtout pour Paris. Chère Anne, je crois que vous devriez écouter l?opposition. Votre majorité est en miettes. Puis j?ai apprécié beaucoup le discours de votre adjoint, qui est quand même un expert puisque votre adjoint était particulièrement éloquent pour attaquer le projet qu?il défend aujourd?hui, assez mal d?ailleurs puisqu?il se contente de citer des actes administratifs. Franchement, si vraiment vous avez trouvé, à la place de M. CONTASSOT, un adjoint pareil, à votre place je serais inquiet.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - D?abord, je respecte le droit. Et le droit, c?est que maintenant c?est au Gouvernement de prendre les décisions d?autorisation qu?il lui revient de prendre, et ensuite ce sera à moi d?autoriser les permis de construire. Deuxièmement, ce qu?on retiendra du Conseil de Paris, c?est qu?il y a eu 20 votes positifs sur les délibérations qui ont concerné Roland Garros et ce, depuis le début de l?examen de ce projet dans notre hémicycle. Alors, il a été demandé un vote électronique. Est-ce que chacune et chacun a son bulletin ? C?est sur les deux v?ux. On prend 2 minutes pour préparer le vote.