Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Mai 2003
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

7 - 2003, ASES 4 G - Subvention de fonctionnement à l'association "Alzheimer Formation" (14e). - Montant : 30.000 euros

Débat/ Conseil général/ Mai 2003


M. Christian SAUTTER, président. - Nous passons à la délibération ASES 4 G relatif à l'attribution d'une subvention de fonctionnement à l'association "Alzheimer Formation", pour un montant de 30.000 euros.
Il y a deux intervenantes : Mme Joëlle CHÉRIOUX de SOULTRAIT et Mme Violette BARANDA.
Mme Joëlle CHÉRIOUX de SOULTRAIT n'intervient pas, Mme BARANDA a donc la parole.
Mme Violette BARANDA. - Monsieur le Président, mes chers collègues, le projet de délibération qui nous est soumis aujourd'hui est une avancée concrète qui va dans le sens de la volonté de Mme HOFFMAN-RISPAL de former 1.700 aides à domicile auprès des malades souffrant de la maladie d'Alzheimer ; une première année qui verra la formation de 210 personnes est un début qui pourra monter en puissance dès l'année prochaine.
Cependant, faute d'issue thérapeutique de guérison au traitement de ces maladies, le nombre de patients atteints de cette affectation neurologique invalidante ne cessera d'augmenter.
Nous sommes amenés, dans un proche avenir, à promouvoir la formation de 300 aides à domicile, mais nous connaissons les limites de ces aides qui n'apportent pas une réponse à toutes les situations.
Des structures d'accueil en nombre croissant doivent être envisagées, nous ne pouvons que le répéter.
Le travail accompli par "France Alzheimer" est important sur ce point ; leur ambition correspond à celle de notre Assemblée. Cependant, la formation de ces personnes ne saurait être confiée à une seule association, quels que soient ses mérites ; d'autres pistes devront être suivies et développées. Par exemple, les plates-formes de coordination gérontologique, dont nous nous sommes dotés, doivent pouvoir apporter des réponses concrètes et rapides à cette nécessité, elles devraient pouvoir signer des conventions avec des hôpitaux spécialisés comme Brocca, Rothschild et Bretonneau ; ils doivent pouvoir accueillir du personnel en formation mis en situation concrète. De plus, une bonne formation valorisera cette profession qui doit être reconnue, tout le monde s'en féliciterait car c'est une métier difficile, ingrat, mais profondément humain ; un volet de formation à la psychologie des patients et de leur famille doit être intégré, la vie sociale des patients maintenue le plus longtemps possible. C'est une maladie où il faut apprendre à ne pas désapprendre.
Toutes les associations concernées, ainsi que les C.A.F. doivent être, à très court terme, motivées pour tenir compte de cette urgence de formation car il est vrai qu'en son absence, il y a trop d'incompréhension entre le personnel, les patients et leur famille et encore trop de maladresse.
Cette délibération est la bienvenue bien sûr, elle ouvre le chemin de ce qui doit se généraliser dans un proche avenir, mais pour le plus grand nombre d'associations.
Merci.
M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame BARANDA.
Mme HOFFMAN-RISPAL va répondre à cette intervention.
Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL, au nom de la 6e Commission. - Merci, Monsieur le Président.
Je vous remercie, Madame BARANDA, pour la qualité de votre intervention.
Chaque année la maladie d'Alzheimer et les autres troubles apparentés touchent plusieurs dizaines de milliers de personnes en France et plusieurs milliers à Paris.
Ces maladies ont la particularité de mettre les personnes âgées en situation de dépendance psychologique, elles conduisent à des situations de détresse des familles et un isolement renforcé par leur particulière vulnérabilité.
Depuis 2001, nous avons la volonté de mener une politique qui aidera concrètement les familles, d'abord les malades, en développant et coordonnant des solutions respectueuses des capacités et de la dignité des personnes, et j'insiste sur la dignité des personnes.
Je reprendrai une expression que vous m'avez déjà entendu citer, qui vient du Professeur GIRARD, qui illustre la politique que nous voulons mener : "Il faut médicaliser le diagnostic et démédicaliser la prise en charge", d'où ce besoin de formation à tous les niveaux pour pouvoir effectivement mieux médicaliser le diagnostic.
C'est pourquoi, en parallèle de l'allocation personnalisée d'autonomie, nous avons souhaité soutenir les actions de formation et de développement de la qualité des services et renforcer la professionnalisation des aides à domicile, et c'est bien sûr l'objet de cette présente délibération.
Mais vous connaissez la complexité de l'accompagnement des personnes âgées atteintes de cette maladie, la difficulté de la mission des professionnels qui, jour après jour, exercent un métier très difficile, confrontés à la fin de vie, à la vieillesse et à la mort.
Il est nécessaire de les aider, de mieux les former, pour qu'ils puissent soutenir ceux qui ont besoin d'eux.
Cette association "Alzheimer formation" assurera donc une nouvelle formation car c'est une nouveauté. Les négociations avec les organismes de formation régionaux se poursuivent pour assurer le coût de la formation, et vous avez, à ce titre, approuvé une disposition dans le contrat particulier Paris-Région Ile-de-France. D'ores et déjà, les caisses de retraite cofinancent l'association. Je vous rappelle également que le Département de Paris s'est engagé à soutenir la formation par convention en date du 15 janvier 2002, portant amélioration et diversification du soutien à domicile à Paris, et nous aurons au mois de juin une nouvelle délibération sur ce thème.
En parallèle, n'oublions pas que la maladie d'Alzheimer est une maladie qui affecte la famille, notre politique s'inscrit à destination des familles. L'intervention de psychologues et le développement de structures innovantes, type accueil de jour, sont essentiels pour les familles.
Un mot sur l'établissement : vous savez que nous développons un vaste programme de création d'unités de vie protégée au sein des résidences santé du Centre d'action sociale ; 75 lits en 2001, nous en avons déjà créé trois fois plus aujourd'hui et nous espérons un total de 500 lits en 2006, ce qui est aussi une réponse aux questions que vous évoquiez.
Je conclurai en vous disant que l'ensemble de ces mesures nous renvoient à ce devoir d'humanité ou à ce besoin d'humanité auquel nous confrontent ces malades, et je vous invite bien sûr à voter favorablement cette délibération.
M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame HOFFMAN-RISPAL, pour cette réponse à un dossier auquel vous attachez beaucoup de passion, à juste titre.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 4 G.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, ASES 4 G).