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Septembre 2015
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2015 DAC 470 - Plaques commémoratives en hommage aux victimes des attentats des 7, 8 et 9 janvier 2015.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2015


 

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DAC 470 concernant des plaques commémoratives en hommage aux victimes des attentats des 7, 8 et 9 janvier 2015. La parole est à M. François VAUGLIN, pour 5 minutes.

M. François VAUGLIN, maire du 11e arrondissement. - Chers collègues, je pense que l'on peut regretter que nos collègues soient si peu nombreux en séance pour le sujet dont nous discutons à l'instant. Car ce sujet c'est la suite du choc de ces attentats qui furent d'ampleur planétaire. Très vite est venue la réaction des Parisiens et des citoyens du monde entier, à travers l'expression d'une fraternité et d'une solidarité qui firent chaud au c?ur, car c'était l'expression du refus absolu de laisser au terrorisme l'emprise qu'il voulait imposer à nos vies, à nos sociétés, à nos valeurs. En cela, cette marche du 9 janvier fut un acte fondateur. En même temps, il a fallu panser nos plaies et je n'oublie pas que certaines des victimes qui ont survécu sont encore en train de panser les leurs. Aider celles et ceux qui étaient perdus, exprimer les sentiments qui nous ont traversés, reconstruire ce lien qui fait que nous sommes une société. C'est à cela qu'a servi le travail engagé dans les semaines qui ont suivi. Je pense notamment à cette magnifique conférence de partage qu'Anne HIDALGO a organisée ici, où des paroles essentielles ont été entendues. Je pense aussi à ces enfants des écoles du quartier de Charlie Hebdo, qui ont dessiné à leur tour des caricatures. Nous les avons exposés en mairie et c'était un magnifique message d'impertinence, de liberté et donc d'espoir. Je pense à cette soirée dans un gymnase à côté de Charlie, où les habitants du quartier se sont retrouvés le 13 janvier - Bruno JULLIARD était là -, et ont trouvé la force de décider de se reprendre en main. C'est ainsi que ces voisins se retrouvent régulièrement pour le seul plaisir d'être ensemble. Ils ont déjà organisé des pique-niques, allée Verte, fait des fresques, repeint des potelets, et porté bien d'autres projets encore avec le soutien de tous les acteurs du quartier. Aujourd'hui, le temps du souvenir est venu. Avec l'apposition de ces plaques, les noms des 16 personnes assassinées à Paris. 17 noms au total seront gravés dans nos rues et sur les murs de Paris. C'est l'une des étapes nécessaires pour accomplir ce travail de mémoire ô combien indispensable. Il se poursuivra avec le lieu qu'Anne HIDALGO a annoncé, place de la République, et avec les ?uvres qui seront implantées porte de Vincennes et boulevard Richard-Lenoir, cette dernière étant offerte par le Maire de Rome. Je veux le remercier et le saluer pour ce geste. Tout cela peut finalement sembler dérisoire face à la mort de 17 personnes, mortes pour avoir fait rire, mortes parce qu'elles étaient les remparts de la République, défendant la liberté et la démocratie - je pense aux policiers - et mortes parce que juives. Mais leur mort n'aura pas été vaine. La vie continue, même si elle n?est plus comme avant. La Maire de Paris a lancé un travail essentiel sur la citoyenneté, elle a ouvert les écoles pour faire du soutien scolaire, elle a lancé des ponts de fraternité pour la paix ici et dans le monde. Je voulais simplement dire merci pour avoir réagi ainsi, à l?opposé du repli, car c'est quand Paris est elle-même qu'elle est forte, plus forte même que le terrorisme.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Maire du 11e arrondissement. La parole est à Mme la Maire du 20e arrondissement. Madame CALANDRA, pour 5 minutes.

Mme Frédérique CALANDRA, maire du 20e arrondissement. - Mes chers collègues, je n?ai pas grand-chose à ajouter à ce qu?a très bien dit François VAUGLIN, le maire du 11e arrondissement. C'est un souvenir très traumatisant, affreux pour moi et pour mes habitants, pour les commerçants, pour les enfants des écoles, pour nous tous. Je voulais juste rappeler les noms de Philippe Braham, Yohav Hattab, Yohan Cohen et François-Michel Saada qui ont été abattus parce qu'ils étaient juifs. Je voulais remercier la Ville de Paris de continuer à la fois à accueillir des gens les bras ouverts, des gens qu'on stigmatise et dont on soupçonne a priori qu'ils soient des terroristes intégristes islamistes, et en même temps de continuer à lutter contre l'antisémitisme aussi clairement. Je voudrais nous tous, individuellement, dans nos paroles, dans nos écrits et dans nos actes à peser quotidiennement ce que nous faisons, pour lutter contre le déchaînement de haine auquel nous assistons. Après ces attentats, on a vu sur les réseaux sociaux un déchaînement de haine antisémite, je tiens à le rappeler, alors que des personnes avaient été abattues uniquement parce qu'elles étaient juives. Malgré cela, on a continué à lire des choses absolument effrayantes. Je voulais remercier la Ville de Paris et tous mes collègues, ici, qui vont voter pour cette commémoration et dire qu?au-delà des plaques et des arbres que nous allons planter, de ce que nous allons faire, il faut absolument que nous tenions, que nous soyons le rempart contre les dérives qu'elles soient de l?intégrisme islamiste ou qu?elles soient de l?antisémitisme, il faut absolument que nous tenions collectivement et peser le moindre de nos mots et le moindre de nos actes. Je vous remercie.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci, Madame la Maire. La parole est à Mme la Maire du 12e arrondissement, Madame Catherine BARATTI-ELBAZ.

Madame Catherine BARATTI-ELBAZ, maire du 12e arrondissement. - Huit mois après les dramatiques attentats de janvier, nous nous apprêtons à rendre hommage à ces 17 victimes. Nous avons traversé une épreuve terrible, effectivement, l?émotion est encore présente quand nous nous replongeons sur ce bilan. Ces initiatives visent donc à honorer la mémoire des victimes des tueries de Charlie Hebdo, de Montrouge et de l'Hypercacher à la Porte de Vincennes. Ainsi une plaque commémorative sera apposée à trois endroits, je m'en félicite. Je voudrais saluer la sobriété des textes retenus après discussion avec toutes les familles, et me féliciter que la plaque, sur le mur de l'Hypercacher, précise bien la nature antisémite de cet attentat, car n'oublions pas que ces quatre victimes sont mortes parce que juives, comme clients de ce magasin casher, en ce vendredi 9 janvier, ou comme salarié, pour l'un d'entre eux. Je voudrais aussi saluer la détermination des équipes du magasin qui ont tenu à rouvrir très vite, malgré le traumatisme, malgré le renouvellement des salariés pour réaffirmer que nous ne céderons pas face à la barbarie, que nous continuerons à défendre ce que nous sommes, à défendre que les Juifs de France ont toute leur place dans notre ville, dans notre pays, et à lutter inlassablement, contre l'antisémitisme, sous toutes ses formes. Je voudrais remercier également les personnels de la Ville, comme ceux de l'Education nationale, qui ont accueilli nos enfants, dès le lundi 12 janvier, alors même que certains n'avaient quitté l'école que le vendredi à 21 heures, certains mêmes étant rentrés chez eux accompagnés par la police au c?ur du périmètre de sécurité. Ces longues heures ont laissé des traces dans tous les esprits. Pourtant, il a fallu continuer à vivre, reprendre nos vies, après ces épreuves terribles, à deux pas des lieux des attentats. Nous les avons accompagnés au quotidien depuis et nous continuerons. Je me souviendrai de nos rassemblements place de la République, comme du terrible silence du boulevard Voltaire et de ces marseillaises, entonnées place de la Nation, comme jamais, en ce jour où Paris est devenue capitale du monde. Nous nous en souviendrons tous, mais de quoi se souviendront nos enfants ? La pose de ces plaques est un acte modeste, humble et respectueux des familles. Mais cela nous permet de graver à jamais dans ces lieux de notre ville, quels que soient leurs devenirs, ces drames de janvier pour que jamais notre ville n'oublie l'horreur qui nous a tous frappés. Ces plaques entretiendront notre mémoire collective, pour que de nos mémoires, ces vies prises par des barbares, entrent dans notre histoire, celle de Paris, de la France. Huit mois après, je sais que ces journées terribles sont encore très présentes dans la tête de tous ceux qui les ont vécues dans leur chair, petits comme grands. Cette démarche est importante pour l'ensemble des Parisiens, mais en particulier pour les habitants de nos quartiers, les riverains des sites concernés qui ont, pour certains, vécu les attentats de près, subit l'angoisse du confinement pendant de longues heures, entendu les coups de feu, l'assaut, et appris dans la détresse le dénouement. Ils sont en demande, je le sais, d'un acte de mémoire et d?hommage pour continuer à vivre dans ce quartier ensemble. Je me félicite que la Ville engage également la réflexion d'installation d'une ?uvre dans l'espace public, porte de Vincennes. Dans ce lieu aux confins des 12e et 20e arrondissements, à quelques mètres de la commune de Saint-Mandé, dans ce petit bout de Paris de l'autre côté du périphérique, nous ne pouvons pas ne pas marquer l'espace public plus fortement, pour que plus jamais nous ne puissions emprunter cette porte de Paris, sans avoir une pensée pour ces victimes. Je vous remercie.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci, Madame la Maire. La parole est à M. Jean-Bernard BROS, pour cinq minutes.

M. Jean-Bernard BROS. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, le mois de janvier 2015 est une date qui marquera à jamais l'histoire de notre ville, de notre pays et bien au-delà. Nous avons tous encore en mémoire l'horreur et la violence de la mort de 12 personnes auxquelles Paris doit rendre hommage. Ces citoyens de la République ont été emportés par la haine et la bêtise d'esprits fous, et à travers eux, c'est nos valeurs républicaines de liberté et de tolérance qui étaient visées. Nous garderons aussi en mémoire, avec beaucoup d?émotion, la mobilisation sans précédent des Parisiens. Quoi qu'en disent certains, c?est un témoignage citoyen qui s?est exprimé dans nos rues et il s?est étendu au monde. Face à ces événements tragiques, notre première responsabilité est de ne jamais permettre que le souvenir s?efface, ne jamais permettre que ces 12 victimes soient oubliées, nous devons transmettre et protéger leur mémoire. Je souhaitais par ces quelques mots saluer les actions menées depuis, le travail de tous pour que la Ville rende un hommage digne, ce qui, je crois, sera le cas. Je vous remercie.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci beaucoup, Monsieur le Président. La parole est à Mme Danielle SIMONNET, pour cinq minutes.

Mme Danielle SIMONNET. - Oui, comme vous toutes et tous, parler de nouveau des terribles événements de janvier dernier réveille une si forte émotion toujours intacte, et c'est sain. Oui, je me remémore les souvenirs de CHARB, comme si c?était hier, en train de dessiner à "La mer à boire", dans une soirée politique que je pouvais animer. Et, comme si c?était hier, les images se bousculent des terribles événements auxquels on ne voulait pas croire : le 7 janvier dans les locaux de Charlie Hebdo par la suite, et le 9 janvier dans l'Hypercacher dans le 20e. Comme si c?était hier, je repense, comme nous toutes et tous, à la mobilisation citoyenne, si forte, ce 11 janvier, qui nous a fait tant de bien. Un peuple qui a voulu signifier qu?il n?avait pas peur, qu?il ne se taira pas, qu?il refuse la division. Mais nous avons toutes et tous conscience que tout le monde n'était pas forcément là le 11 janvier, et que le combat pour défendre la liberté d?expression ou la liberté de conscience, la laïcité, la lutte contre l'antisémitisme et contre tous les racismes, et sans oublier notamment le racisme antimusulman qui a été si fort par la suite, doit se poursuivre. Leurs 17 noms doivent rester gravés dans nos mémoires, par les plaques commémoratives que nous allons apposer, nous n'oublierons jamais. Paris préservera et construira la mémoire de Frédéric Boisseau, Franck Brinsolaro, Cabu, Elsa Cayat, CHARB, Honoré, Bernard Maris, Mustapha Ourrad, Michel Renaud, Tignous, Georges Wolinski, morts, victimes d'un assassinat politique, parce qu'ils défendaient la liberté d?expression, le droit au blasphème, la liberté de conscience, la laïcité. Nous n'oublierons jamais le policier, Ahmed Merabet, mort pendant son service, parce qu'il défendait justement les conditions d'exercice de nos libertés à nous toutes et tous. Nous n'oublierons jamais Philippe Braham, 45 ans, Yohan Cohen vingt ans, Yohav Hattab, 21 ans, Fançois-Michel Saada, 63 ans, morts, victimes d'un assassinat antisémite, victimes du terrorisme. Ces plaques commémoratives, nous les apposons également en pensant aux familles et aux proches des défunts. Moi, je voterai ce projet de délibération en pensant tout particulièrement aux vivants, à mes amis, Marie CABRET, Patrick PELLOUX, je pense si souvent à vous. Lors de la Fête de l'humanité, les familles et proches des défunts nous ont montré tout leur courage et leur détermination à rester debout, et à honorer le combat qu'ils menaient pour nos libertés, pour la laïcité, contre tous les obscuratismes, forme de racisme. Ils nous ont montré leur courage de vivre, oui, parce qu'il faut du courage pour vivre avec ses souvenirs, avec la souffrance permanente de l'absence, avec la colère des horreurs innommables et lâches commises par des assassins, mais vivre, vivre pleinement et autant que les défunts aimaient vivre, aimaient la vie, sans jamais oublier cette citation de Victor Hugo, que j'adore beaucoup : "Ceux qui vivent, sont ceux qui luttent". Et continuez à rire, de ce rire qui émancipe, car je suis persuadée que pour tenir la lutte face à la dimension si tragique de l'histoire, l'humour est la meilleure arme de la contestation et de sa propagation. Je souhaiterais, pour terminer mon intervention, vous lire un petit texte de CHARB, même si, en fait, il ne fait pas rire du tout : "Dessine un Mahomet glorieux, tu meurs. Dessine un Mahomet rigolo, tu meurs. Gribouille un Mahomet ignoble, tu meurs. Réalise un film de merde sur Mahomet, tu meurs. Tu résistes à la terreur religieuse, tu meurs. Tu lèches le cul aux intégristes, tu meurs. Prends un obscurantiste pour un abruti, tu meurs. Essaye de débattre avec un obscurantiste, tu meurs. On n?a rien à négocier avec les fascistes, la liberté de nous marrer, sans aucune retenue, la loi nous la donnait déjà, la violence systématique des extrémistes nous la donne aussi. Merci bandes de cons ! Merci à vous encore."

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci, Madame SIMONNET. La parole est à M. Nicolas BONNET-OULALDJ.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, je m'associe à tous les témoignages qui viennent d'être faits par mes collègues et notamment, je partage l?émotion de la maire du 12e arrondissement, dans la proximité des faits dans laquelle on était. Ce choc que nous avons subi au mois de janvier dernier est encore gravé dans nos mémoires. Toutes et tous, nous nous souviendrons du lieu où nous étions ce 7 et ce 9 janvier dernier, quand le fanatisme a frappé notre ville, et 16 de nos concitoyennes et concitoyens. Nous nous souvenons de l?effroi, de la stupeur qui nous a saisis. Comment est-ce possible, en plein Paris, que les menaces proférées se soient transformées en actes criminels ? Il y a cette belle réaction du peuple de Paris, épaulé par le monde entier, car Paris appartient aussi à celles et ceux qui l?aiment, et ils sont nombreux de par le monde. Ce peuple qui a dit non à la barbarie, non au racisme, non à l?antisémitisme, mais surtout oui à la liberté de conscience et de création, oui aux droits, oui à la critique et à la caricature. Paris, en ces heures-là, dignement, silencieusement, a su faire rempart pour que s?éloigne le spectre de ceux qui voulaient nous faire peur. Je ne suis pas de ceux qui pensent que les grands moments de l?histoire marquent les consciences à jamais. Pour prendre un exemple qui m?est cher, le sport, souvenons-nous des éditoriaux au lendemain de la victoire de la France lors de la Coupe du monde 1998, et des propos des mêmes éditorialistes au lendemain du match France-Algérie. Je vous incite à les relire et à les méditer. Rien n?est jamais acquis éternellement, et il faut sans cesse penser à éduquer, à transmettre, à faire que les enfants en France connaissent l?histoire. Est-ce un remède suffisant pour éviter l?embrigadement, la perte de repères et de conscience ? Non. Tant de facteurs interviennent, qui poussent des enfants de nos villes et de nos quartiers dans les bras des extrémistes qui exploitent leur crédulité. Mais alors que désormais, les noms des victimes de Charlie comme de l?Hypercacher seront gravés dans le marbre, gravons-le surtout dans notre conscience. Avant de parler, réfléchissons, ne schématisons jamais, ne simplifions jamais, ne confondons jamais le musulman et l?intégriste, le juif et l?argent, le Rom et le voleur, le réfugié et le poseur de bombes. Que n?avons-nous entendu depuis le mois de janvier ? Les vieilles recettes rances de la peur ont à nouveau été agitées par certains, et je ne préfère pas les citer ici, car les "Charlie" les auraient critiquées bien mieux que moi. Je l?ai dit au moment où nous avions décidé de cet hommage de la Ville : ayons l?intelligence de l?ancien Premier Ministre norvégien après le massacre perpétré par Breivik : "J?ai un message pour celui qui nous a attaqués et pour ceux qui sont derrière tout cela : vous ne nous détruirez pas. Vous ne détruirez pas la démocratie et notre travail pour rendre le monde meilleur. Nous allons répondre à la terreur par plus de démocratie, plus d?ouverture, plus de tolérance". Alors, à chaque fois que nous passerons devant l?une de ces plaques, pensons à ce que nous allons faire pour qu?enfin, un monde de paix et de tolérance soit le futur que nous réservons à nos enfants. Je vous remercie.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Président. Pour répondre à l?ensemble des intervenants, la parole est à Bruno JULLIARD.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Merci beaucoup, Jean-François MARTINS, et merci à l?ensemble des intervenants. Et évidemment, à la fois au vu de l?émotion qui saisit notre Assemblée, comme au vu de la qualité des interventions précédentes, je n?aurai pas la prétention de répondre, mais peut-être d?apporter quelques éléments d?information sur ce que nous vous proposons en termes de commémoration et d?hommage aux victimes des attentats, parce qu?en effet, quelques mois après ces horribles crimes, nous souhaitons, la Ville de Paris souhaite rendre hommage à l?ensemble des victimes de ces attentats. Vous l?avez dit : certains sont morts parce qu?assassinés, parce qu?ils étaient journalistes et parce qu?ils défendaient la liberté d?expression. D?autres sont morts parce qu?ils étaient juifs, tout simplement juifs. D?autres sont morts parce qu?ils étaient policiers et parce qu?ils représentaient l?Etat français et les valeurs de la République française. Et nous avons l?occasion de rendre hommage à l?ensemble de ces victimes, à ce qu?elles étaient, à leur famille, mais même à travers elles aussi, à ce qu?elles représentent, la diversité de la République. Nous aurons aussi l?occasion de dire que la République est debout, devant tous les obscurantismes et devant tous les totalitarismes. Je pense que chacun d?entre nous, nous avons chaque jour un moment où nous pensons à la fois aux attentats, aux images que nous en gardons. C?est la tristesse, c?est l?indignation. Et puis, nous avons aussi peut-être chaque jour une pensée pour le sursaut du peuple français, et pour cette magnifique manifestation du 11 janvier dernier. Et les messages que nous souhaiterons délivrer, au-delà des hommages, à l?ensemble de ces victimes, c?est aussi ce message d?espoir d?une France qui est encore Charlie, d?une ville qui est encore Charlie et qui a vocation à le rester pendant longtemps. Un pays debout, digne, un pays qui souhaite regarder vers l?avenir, un pays et une ville qui ne cèdent pas. La France, ce n?est pas la barbarie, et c?est le message que nous adresserons pendant l?ensemble de ces commémorations. Certains d?entre vous ont dit que les 17 victimes ne sont pas mortes pour rien. Parfois, dans le débat politique, par les différents excès, d?où qu?ils viennent, on peut avoir quelques doutes. Comment est-il possible que le débat politique, citoyen, soit aussi sombre, quelques mois seulement après ces odieux attentats et après le sursaut démocratique, républicain du peuple français ? Et en même temps, j?ai la conviction que la flamme de la République, les valeurs de la République brilleront toujours. Mais pour que cette flamme brille et pour qu?elle soit toujours plus forte, il faut chaque jour l?entretenir, et c?est ce que nous ferons aussi à travers les hommages et les commémorations. Nous proposons de planter 17 arbres, un pour chaque victime, place de la République, des oliviers, symboles de paix et d?espoir. Nous proposons de renommer le Café "Monde et Médias", qui rouvrira en janvier, de le renommer "Café Charlie". Je remercie le groupe UDI, d?ailleurs, qui en a eu l?idée. Et puis, en effet, nous proposons que des ?uvres d?art pérennes, deux, soient installées dans l?espace public : une offerte par la Ville de Rome, seule ville jumelle de Paris en hommage aux victimes de Charlie - cette ?uvre sera dans le 11e arrondissement -, et puis une autre, financée par la Ville en hommage aux victimes de l?Hypercacher, porte de Vincennes. En conclusion, je me permets de rappeler une scène que nous avons vécue, un certain nombre ici : quelques jours après les attentats, nous avons, avec le Président de la République, avec la Maire de Paris et beaucoup d?autres, inauguré la Philharmonie de Paris. Le c?ur n?y était pas vraiment. Nous pensions évidemment à autre chose. Et en même temps, il s?est passé quelque chose dans l?assistance, au moment du discours, et encore plus au moment du concert qui était dédié évidemment à l?ensemble des victimes et à leur famille, parce que finalement, le message qui circulait, c?était que la liberté, la démocratie, la culture, la tolérance seront toujours, toujours plus fortes que toutes les haines et que toutes les intolérances. Et c?est ce message-là, une fois de plus, que Paris va donner dans les mois qui viennent.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 470. Qui est pour ? Qui est contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté à l?unanimité. (2015, DAC 470).