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Septembre 2015
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2015 DDEEES 98 G - Subvention (15.000 euros) à l'association "Paris Europlace" pour le pôle de compétitivité "Finance Innovation".

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2015


 

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Nous passons aux dossiers de M. Jean-Louis MISSIKA. Nous examinons le projet de délibération DDEEES 98 G : subvention à l?association "Paris Europlace". Je donne la parole à M. VESPERINI, pour cinq minutes maximum.

M. Alexandre VESPERINI. - Merci, Monsieur le Maire.

Trois réflexions sur ce projet de délibération : la première réflexion, plutôt positive, est que cette subvention est bienvenue. Elle est d?autant plus bienvenue que nous, au sein du groupe les Républicains, nous nous étions beaucoup battus pour le maintien de cette subvention, qui avait failli clairement disparaître des subventions et de l?accompagnement de la Ville de Paris aux différents pôles de compétitivité. Elle avait failli disparaître en grande partie, je pense, pour des raisons, je dirais, idéologiques, voire politiciennes, et sur lesquelles j?aurai peut-être l?occasion de revenir un peu plus tard. Juste, du coup, quelque chose, quelques éléments, quand même, pour étayer un peu ce que je viens de dire sur le côté bénéfique de cette subvention. Je crois que ce pôle de compétitivité, qui est associé à l?institut "Paris Europlace", fait un excellent travail. Il y a beaucoup de résultats, et je crois qu?ils s?inscrivent pas mal dans le sens de l?après-crise. Je vais prendre quelques exemples : le fait que 50 % du "membership" soit confié à des P.M.E. et à des E.T.I. ; le fait que ce soit un pôle de compétitivité qui est beaucoup tourné sur l?environnement, avec notamment l?organisation, l?année dernière, du "climate finance day", qui a réuni plusieurs milliers de personnes au cours de cet événement ; et puis aussi, c?est un pôle de compétitivité et un institut qui sont très, très impliqués dans la compétition mondiale entre les différentes places financières et qui mènent régulièrement des accords, enfin, qui concluent des accords réguliers avec de grandes places financières, qui confond la concurrence à Londres et notre principale concurrente, c?est Londres. Je pense en particulier à Shanghai, à Moscou, et c?est un pôle de compétitivité qui est aussi très associé à ce que fait le Gouvernement pour la modernisation et la montée en puissance de la place financière de Paris, et notamment avec Paris 2020. La deuxième réflexion, quand même, pour nuancer un peu tout cela, c?est que cette subvention est très insuffisante, quand même ; en tout cas, insuffisante. C?est une subvention qui est divisée par deux, puisque ce pôle, je le rappelle, recevait 30.000 euros auparavant pour son fonctionnement, et que maintenant, on passe à 15.000 euros. Et c?est dommage que nous fassions trop peu sur ce sujet et sur ce secteur de l?industrie et de la finance. Le projet de délibération revient sur la place qu?occupent, dans l?économie parisienne, les industries de la finance, et c?est dommage que le Département ne fasse pas plus. Je rappelle juste une chose que j?ai vue dans le rapport que nous a fait passer M. MISSIKA au sujet des pôles de compétitivité, donc en 5e Commission : je constate que le soutien du Département de Paris représente simplement, pour ce pôle de compétitivité, 0,78 % du budget total du pôle. Alors, je sais que naturellement, le Département ne peut pas soutenir tous les pôles de compétitivité, mais enfin, cela montre bien quand même qu?il y a une priorité qui est donnée à certains secteurs au détriment d?autres, et je crains que ce détriment se fasse aussi au détriment des industries de la finance. Alors, ma troisième réflexion, pour conclure, finalement, est une réflexion très politique. Je n?ose croire que cette faible subvention s?explique par une orientation, je dirais, très gauchère, voire gauche, de l?Exécutif, parce que, lorsque nous avions évoqué, avant l?été, la question du soutien du Département de Paris à ce pôle de compétitivité, nous avions bien compris qu?au sein de la majorité, il y avait un certain nombre d?élus qui ne voulaient pas entendre parler de la finance. J?ai même entendu parler, sur les bancs du groupe Communiste, de finance des escrocs, voire du financement du terrorisme, donc à un moment donné, je crois qu?il faut faire des choix, et je regrette que le fait que la majorité tire à gauche n?ait pour résultat que l?affaiblissement de cette subvention. Voilà, donc je le dis pour conclure : nous voterons naturellement cette subvention, même si nous la trouvons clairement insuffisante et clairement pas à la hauteur de l?enjeu de la concurrence mondiale qui nous est livrée. Merci.

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Donc, il faut augmenter les subventions. Alors, la parole est à Mme Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Quelle drôle de subvention à une bien étrange association ! Et j?avoue que Monsieur VESPERINI, vous nous faites rêver. Vraiment, subventionnons la finance ! Oh, mais oui, soyons compétitifs ! Mais vraiment, ce discours ultra-libéral que vous développez sur ce projet de délibération se suffit, finalement. On aurait presque envie de se désinscrire, puisque vous avez tout dit sur les raisons pour lesquelles il faut au contraire voter contre ce projet de délibération.

"Europlace", "Paris Europlace", créée en 1993 pour promouvoir l?attractivité de la place financière de Paris et contribuer à son rayonnement européen et international. Voilà une belle association, qui vante tous les mérites du capitalisme financier transnational, qui continue néanmoins dans sa compétitivité et dans sa concurrence entre les places boursières. Et donc, il faudrait rajouter de l?argent des contribuables dans cette concurrence-là. Mais c?est une blague ! Qu?est-ce que c?est que cette "macronite" aigüe avant l?heure, qui datait déjà de 1993 ? Et oui ! Et depuis 2007, on nous vante, année après année, qu?il faut absolument, dans cette Assemblée, soutenir Paris Europlace, avec l?autre "JLM", qui nous explique tous les bienfaits de ce genre de dispositif. Alors, qui préside "Paris Europlace" ? Peut-être que tous les collègues ne le savent pas. Eh bien, le président de "Paris Europlace" est M. Gérard MESTRAILLET. Vous vous souvenez ? MESTRALLET, pardon. C?est bien, vous le connaissez très bien, visiblement. Excusez-moi, je n?ai jamais été intime avec M. MESTRALLET. M. MESTRALLET, en octobre 2014, s?est fait connaître avec un bon "buzz" médiatique pour sa retraite chapeau de 21 millions d?euros, en tant que P.D.G. de G.D.F. Suez Engie. On le félicitait ainsi des pertes record enregistrées par son entreprise. Alors, évidemment, une fois qu?on a dit tout cela, dans le projet de délibération, vous en avez des tartines sur l?accompagnement des P.M.E. innovantes. On a même rajouté, dans le projet de délibération, l?accélération de l?action du pôle dans l?économie sociale et solidaire, parce qu?évidemment, toutes les places financières et toutes les grandes banques et assurances qui sont impliquées dans "Paris Europlace" sont totalement soucieuses de développer l?économie sociale et solidaire. Et d?ailleurs, évidemment, elles ont toutes décidé de se transformer en coopératives. Evidemment, vous imaginez bien. Franchement, mes chers collègues, si nous souhaitons vraiment aider un certain nombre de P.M.E. à avoir accès à des prêts, des aides financières, des emprunts, étant donné que, justement, le système bancaire ne s'intéresse qu'à ses profits et, bien souvent, bon nombre de petites entreprises et de structures de l'économie sociale et solidaire n'arrivent pas à avoir accès à un prêt à des taux corrects et convenables. Cela prouve bien que l?on doit développer tout ce qui relève du pôle public bancaire et que notre collectivité ferait bien de plutôt renforcer des outils, comme le Crédit municipal de Paris, pour développer les accompagnements à ces structures de l'économie sociale et solidaire, P.M.E.-P.M.I., de trouver d'autres voies plutôt que de s'engouffrer à soutenir ce type de structure. Evidemment, comme depuis que je suis élue à ce Conseil de Paris, je voterai contre à toutes ces subventions pour "Paris Europlace". Je vous remercie.

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - La parole est à M. Jean-Louis MISSIKA.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Je voudrais préciser à Mme SIMONNET qu'il n'y a qu'un JLM - tous les autres sont des contrefaçons - et il est dans cette salle ! Nous avons entendu, avec les exposés de M. VESPERINI et de Mme SIMONNET, les deux points de vue - si j'ose dire - extrêmes que l'on peut entendre sur le sujet. Je pense que la position que tient l'Exécutif est une position équilibrée, sage, en ce qui concerne cette subvention au pôle Finance innovation. Le travail réalisé par le pôle, en lien avec la Direction du développement économique, justifie cette subvention. Il s'agit de l'accompagnement de T.P.E. et de P.M.E. innovantes à Paris et en Région Ile-de-France, le développement d'une action ambitieuse dans le domaine de la recherche avec, notamment, des chaires et des programmes de recherche avec les universités et les grandes écoles de la Région parisienne, la mise en place du laboratoire finance et croissance durable dans le cadre du programme d'investissement d'avenir, et l'accélération - oui, je suis désolé, Madame SIMONNET - de l'action du pôle dans l'économie sociale et solidaire, épargne de proximité, investissement socialement responsable, finance solidaire et environnementale. Je crois que nous avons une divergence d'appréciation, c'est-à-dire que je considère que c'est en soutenant des initiatives comme "Finance Innovation" qu'on lutte pour une finance durable et responsable au service de l'économie réelle. C'est pour cela que je suis favorable à cette subvention qui a pour objet de financer les actions du pôle et, en premier lieu, les actions qui bénéficient surtout aux "start-up", aux T.P.E. et aux P.M.E. Le pôle "Finance Innovation" doit annoncer en 2016 la création d?une charte de bonnes pratiques pour la mise en place et le suivi des relations entre les grands groupes financiers et les "start-up" du secteur. J'ai tout à fait conscience que tout n'est pas rose dans le monde de la finance. Je lutte contre des pratiques qui sont absolument scandaleuses de la part de certains grands établissements bancaires internationaux, mais nous devons aider toutes les tentatives, tous les efforts qui permettent d'aller vers une finance socialement responsable et au service de l'économie réelle. Je crois que cette subvention a cette vocation. Je vous remercie. Je voudrais dire quand même à M. VESPERINI que nous avons baissé toutes les subventions des pôles de compétitivité et qu'il n'y a pas un traitement spécial à l'égard du pôle de compétitivité "Finance Innovation". C'est simplement dans le cadre de la politique que nous menons d'une meilleure gestion des dépenses de la Ville, que nous avons fait cela. Il faudrait quand même que vous ne soyez pas dans une logique consistant à demander en permanence l'augmentation des subventions, tout en disant que les finances de la Ville sont mal gérées.

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Je ne peux qu'abonder dans votre sens sur ce point, Monsieur MISSIKA. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DDEEES 98 G. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s?abstient ? Le projet de délibération est adopté. (2015, DDEEES 98 G).