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Septembre 2015
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2015 DASES 377 G - Participations et subventions (4.590.110,50 euros) avec les 30 centres sociaux associatifs parisiens pour des actions mises en œuvre au titre de l’exercice 2015, 29 avenants et 1 convention.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2015


 

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Nous examinons à présent le projet de délibération DASES 377 G : participations et subventions avec les 30 centres sociaux associatifs parisiens pour les actions mises en ?uvre au titre de l?exercice 2015. Je donne la parole à Mme Fatoumata KONÉ.

Mme Fatoumata KONÉ. - Monsieur le Maire, chers collègues, au-delà de la subvention des vingt-neuf centres sociaux associatifs parisiens pour des actions mises en ?uvre en 2015, ainsi que la signature d?une convention avec l?association "Rosa Parks" qui ouvrira un centre social situé dans le quartier du même nom pour répondre aux attentes des habitants du 19e arrondissement et 18e arrondissement, ce projet de délibération rappelle le renouvellement par la C.A.F. de l?agrément de onze centres sociaux en 2014, soulignant la démarche participative opérée par les centres à chaque renouvellement d?agrément qui associe les habitants et les usagers, et les acteurs des quartiers dans la construction de nouveaux projets. Ainsi, à travers des questionnaires, enquêtes, rencontres, les habitants peuvent donner leur avis et faire des propositions correspondant à leurs attentes. Actuellement, il semble que seuls les élus en charge des centres sociaux dans les arrondissements reçoivent les documents de travail issus de ces concertations. Il serait appréciable et utile que ces documents soient plus largement partagés, c?est-à-dire auprès de tous les élus de Paris et des arrondissements. Les centres sociaux constituent, pour les acteurs de terrain comme pour les collectivités, un dispositif essentiel de la politique en matière de vivre ensemble dans nos quartiers. Servant souvent de socle, ils restent toutefois financièrement très fragiles. Notre groupe était d?ailleurs intervenu l?an passé pour exprimer son inquiétude par rapport aux difficultés financières rencontrées par de nombreux centres sociaux associatifs parisiens. Le sous-financement structurel des centres sociaux les oblige à répondre à une multitude de petits appels à projets présentés par la Ville. Cela peut atteindre, pour une seule année, 50 dossiers par centre social. Une certaine dépendance est alors créée au fil des années pour parvenir à un équilibre budgétaire. Il s?agit donc d?un vrai risque auquel nous devons être attentifs. En effet, cette fragilité financière nuit à la capacité des centres sociaux à pleinement agir dans des quartiers dont les besoins ne cessent d?augmenter et de devenir de plus en plus complexes dans un contexte de crise économique et sociale qui pénalise en premier lieu les habitants les plus modestes et les plus fragiles. Multiplicité des dossiers, lourdeur des procédures, recours intensif aux emplois aidés, nos centres sociaux, mais également toutes les petites associations qui interviennent dans notre ville, sont en extrême difficulté. Ces structures sont devenues indispensables dans l?équilibre de nos quartiers. Des changements sont-ils prévus pour assurer les moyens nécessaires pour stabiliser leur financement d?une manière plus durable ? Merci.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Madame KONÉ. Merci d?avoir tenu votre temps de parole. Mme Danièle PREMEL pour 5 minutes maximum également.

Mme Danièle PREMEL. - Merci, Monsieur le Maire. Effectivement, dans le même sens que ma collègue qui me précède, si nous sommes conscients que l?aide et le soutien de la Ville de Paris sont indispensables aux centres sociaux, nous savons tous ici que les subventions de l?ensemble des partenaires ne suffisent pas pour que vivent ces équipements de proximité sans les professionnels qui y travaillent, sans les administrateurs bénévoles qui les gèrent, sans les habitants qui l?investissent, sans le réseau social qui les soutient. Toutes ces forces vives et positives permettent d?offrir un espace, où se découvre le pouvoir d?agir dans des actions collectives de promotion personnelle à travers les permanences sociales et de l?emploi, les activités d?éveil et culturelles, les lieux de parole et de soutien scolaire ou linguistiques. La dynamique des centres sociaux permet la rencontre entre les organismes institutionnels, le mouvement associatif et les populations dans sa diversité et sa réalité intergénérationnelle. Ce projet social co-construit et partagé porte la promotion et l?émancipation individuelle et collective des territoires et des populations. Mais à elles seules, ces finalités que nous partageons ne peuvent faire oublier la réalité difficile dans laquelle se trouvent les centres sociaux. Je ne parle pas de leur environnement territorial et social, mais de leur fragilité financière relevée par l?Inspection générale de la Ville de Paris dans son rapport. Le groupe Communiste - Front de Gauche a depuis longtemps conscience de ce problème qui oblige les centres sociaux à multiplier les projets et les directeurs à investir plus dans la gestion et la course aux subventions qu?au développement et aux projets intégrés du territoire. C?était d?ailleurs le sens de l?amendement que nous avions fait adopter en décembre 2013 et qui a permis d?augmenter le soutien de la Ville à la prise en charge des loyers. C?est avec le même souci que nous avions alerté sur l?accompagnement sociolinguistique, qui est une des interventions des centres sociaux, dans un v?u en février afin que le financement de l'Etat n?intègre pas de critères de durée minimum de présence sur le territoire national. Bien que la Ville apporte un soutien aux centres sociaux, dans la période actuelle où leur présence est essentielle sur les territoires fragilisés et au sein des populations en difficulté, cet effort et cette aide doivent être renforcés, en regroupant toujours plus les financements au sein de la dotation globale pour sécuriser les centres, dégager du temps pour les directeurs et alléger le travail des services de la Ville, en redonnant toute sa dimension à la fonction d?accueil par un financement relevant d?un poste de droit commun et non d?un emploi aidé, afin de stabiliser les équipes. Ce qui doit représenter de mémoire 12.000 euros par centre selon le rapport de l?Inspection générale de la Ville de Paris. Nous réaffirmons notre reconnaissance au travail des centres sociaux et nous soutiendrons ce projet de délibération qui prévoit, en plus de la subvention des 30 centres sociaux, la convention avec l?association "Rosa Parks" préfigurant un futur centre social des 18e et 19e arrondissements dont les habitants se sont fortement mobilisés pour sa mise en ?uvre. Je vous remercie.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Madame PREMEL. Pour vous répondre, à l?une et à l?autre, je donne la parole à Dominique VERSINI.

Mme Dominique VERSINI, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire. Je me ferai le porte-parole de Colombe BROSSEL qui m?a demandé de répondre sur ce projet de délibération. C?est un projet de délibération vraiment important, qui concerne les trente centres sociaux associatifs parisiens, dont nous savons tous combien le rôle est absolument fondamental pour créer du lien avec les habitants, aller au-devant d?eux, créer du maillage. Cette année, comme vous le savez, nous passerons de vingt-neuf à trente centres sociaux soutenus par la Ville de Paris, avec l?ouverture à la fin de l?année du centre social "Rosa Parks" situé boulevard MacDonald et qui est une initiative en fait des habitants des 18e et 19e arrondissements. C?est important, cela correspond aux besoins des habitants des quartiers Nord de Paris, et particulièrement au fait de l'arrivée de nouveaux habitants dans ce territoire. Dans ce cadre, comme vous pouvez le constater, la subvention allouée aux centres sociaux est en augmentation puisqu?elle passe de 4,36 millions à 4,5 millions d'euros pour cet exercice 2016. Cette augmentation est due à l'ouverture du centre "Rosa Parks" et à l'alignement du Département sur l'augmentation du plafond de la participation de la C.A.F. pour l'animation globale, qui est en légère hausse cette année. En fait, je crois qu?il faut retenir que c'est une hausse qui marque l'intérêt que la Ville de Paris porte aux centres sociaux et les liens très forts qui nous unissent à eux. Bien sûr, ce projet de délibération intervient au moment où le Département débute la mise en ?uvre des préconisations du rapport réalisé par l'Inspection générale de la Ville de Paris, qui a d'ailleurs été communiqué à l'ensemble des centres sociaux et des maires d'arrondissement et qui est en ligne depuis plusieurs jours. En termes de méthode, Colombe BROSSEL a elle-même présenté les conclusions du rapport de l'Inspection générale à l'ensemble des centres sociaux en juin dernier. D'ailleurs, elle n'envisage pas du tout de faire le travail autour de ces préconisations autrement qu?en lien, en partenariat et en discussion avec les centres sociaux et dans la concertation. C'est pourquoi elle les a tous rencontrés le 8 juillet dernier pour parler de la méthodologie qui permettra d'améliorer le fonctionnement de ces structures associatives dès le prochain conventionnement qui aura lieu en 2016. Voilà ce qu'il ressort du rapport de l'Inspection générale. C'est un travail sur la simplification administrative, l'engagement d'un dialogue de gestion, l'expertise sur le financement de bases nécessaires, et des groupes de travail sur les missions principales des centres sociaux. C'est ce que Colombe BROSSEL va mettre en place, veut mettre en place. Le travail de simplification qui doit permettre aux directeurs de centre de gagner du temps dans leur organisation est déjà engagé. La désignation d'une direction-pilote des relations avec les centres est en cours. Une analyse des trésoreries des centres et de ce qui constitue leur besoin est en cours, en partenariat avec la C.A.F., principal cofinanceur. Je pense donc vous avoir répondu et j'espère vous avoir rassurés sur le fait que la situation des centres sociaux dans le cadre du travail que mène Colombe BROSSEL avec eux et dans une pleine concertation et une pleine confiance est la marque de l'importance que la Ville attache à ces lieux indispensables surtout dans les quartiers prioritaires. Je vous remercie.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Madame VERSINI. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 377 G. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le projet de délibération est adopté. (2015, DASES 377 G).