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Janvier 2000
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Conseil Municipal
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16 - IV - Question d'actualité déposée par M. CABROL, au nom du groupe "Rassemblement pour Paris", à M. le Maire de Paris relative à la situation des personnels de l'Assistance publique de Paris

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2000


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - La question suivante a été posée par M. Christian CABROL sur la détérioration des conditions budgétaires ainsi que la situation d'épuisement des personnels de l'Assistance Publique de Paris.
Monsieur le Professeur, vous avez la parole.
M. Christian CABROL, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, la situation actuelle est grave à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris. Elle s'aggrave tous les jours.
Le budget qui a été attribué par l'Etat à cet établissement - établissement essentiel à la santé des Parisiens dont il est au premier chef responsable et en particulier pour les plus défavorisés d'entre eux - ce budget est notoirement insuffisant.
Il est insuffisant pour le fonctionnement de l'Assistance publique, il est insuffisant pour ses investissements.
Il est insuffisant en premier lieu pour le fonctionnement normal de nos hôpitaux, en particulier les urgences auxquelles manquent cruellement les moyens et le personnel.
De même, pour les services aux personnes âgées qui demandent beaucoup de disponibilité du personnel.
Egalement, les services de réanimation et de soins intensifs, tous endroits où l'insuffisance de moyens est dénoncée par tout le personnel de l'Assistance publique, aussi bien les administrateurs que le personnel soignant et non soignant et les médecins de tous grades.
Ce budget, en second lieu, est insuffisant pour permettre les investissements prévus pour équiper certains établissements et certains centres qui doivent ouvrir dans les prochains mois.
L'Assistance publique a besoin d'évoluer, de s'adapter aux exigences nouvelles. Pour cela, elle doit créer de nouvelles structures, en regrouper d'autres en centres compétitifs aux équipements appropriés.
Faute de moyens adéquats, la Direction de l'Assistance publique doit faire des choix parfois malgré elle, arbitraires, dépouiller Pierre pour habiller Paul. Il en résulte des retards, pire encore, des insuffisances qui pèseront lourd dans un avenir proche et menaceront gravement la qualité des soins que les Parisiens peuvent attendre de ceux qui ont la charge de leur santé.
Il importe que tous ici, collègues de tous bords, et surtout ceux qui peuvent peser sur les décisions à prendre, soient bien conscients du caractère dramatique de cette situation et conscients de l'urgence à réagir comme il le convient. C'est notre santé à tous qui est menacée et il faut y penser maintenant et non pas, comme on m'en fait souvent la demande, au moment où l'un des nôtres ou nous-mêmes avons besoin d'être secourus. Merci.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Merci.
Mme HERMANGE a la parole pour répondre au Professeur Christian CABROL.
Mme Marie-Thérèse HERMANGE, adjoint. - Monsieur le Maire, merci à Christian CABROL de sa question, d'autant que le Conseil de Paris sait combien Jean TIBERI est attaché au devenir de l'Assistance publique et combien il tient à faire en sorte que Paris reste non seulement une capitale culturelle et scientifique, mais aussi une capitale médicale et, pour ce faire, il est impératif effectivement que les personnels, qu'ils soient médicaux ou qu'ils soient paramédicaux, n'aient pas un sentiment d'épuisement et j'ai envie de dire, voire de souffrance.
Or, aussi bien les propos tenus par le Directeur de l'Agence régionale d'hospitalisation publique, indiquant que l'Assistance publique serait aujourd'hui un "modèle dépassé" - que je sache, ce sont les hommes et les femmes qui sont à l'Assistance publique qui sont, par ces propos, visés - aussi bien ces propos que les budgets qui nous sont imposés depuis deux ou trois ans font qu'aujourd'hui, nous ne pouvons plus tenir. C'est la raison pour laquelle...
(Protestations sur les bancs des groupes socialiste, communiste et du Mouvement des citoyens).
(Applaudissements sur les bans des groupes "Rassemblement pour Paris", "Paris-Libertés" et "U.D.F. et Modérés").
... Ecoutez, l'année dernière - c'était le plan JUPPÉ ? - on nous a imposé 300 millions d'économie, aujourd'hui, on nous impose 156 millions d'économie...
(Brouhaha)
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Seule, Mme HERMANGE a la parole et est en train de répondre à votre question.
Mme Marie-Thérèse HERMANGE, adjoint. - On nous demande de restructurer, de fermer quatre hôpitaux et d'ouvrir un grand hôpital si critiqué... Héritage puisque c'est une lettre signée de MM. TEULADE, CHARASSE, KOUCHNER, qui, dans les années 1989, a approuvé la construction de cet hôpital.
Deuxièmement, on nous demande de faire de la proximité et, au moment où on nous demande de faire de la proximité, aujourd'hui même, le C.R.O.S. vient de nous signifier que par exemple, le service de chirurgie ambulatoire de Rothschild n'aura pas d'agrément.
Troisièmement, on nous demande de continuer à faire des économies.
Quatrièmement, on nous demande en plus, on ne le dit pas ouvertement, de fermer l'Hôtel-Dieu et Saint-Vincent-de-Paul.
Les équipes n'en peuvent plus ! C'est la raison pour laquelle le Maire de Paris a décidé de convoquer un conseil d'administration extraordinaire - Madame CAPELLE, vous étiez là - qui a émis le même vote que celui qu'il avait émis le 17 décembre. Donc nous avons demandé, suite d'ailleurs à une suggestion de Mme MOREAU, d'aller en délégation voir nos autorités de tutelle pour appeler l'attention de nos autorités de tutelle sur les difficultés du personnel de l'Assistance publique, qu'il soit personnel médical ou personnel paramédical.
Voilà, Monsieur le Maire, les quelques indications que je voulais donner très brièvement. Effectivement, dans un certain sens, l'Assistance publique a besoin de se restructurer, mais vouloir faire tout en même temps, c'est impossible. Quand on demande à un seul C.H.U., comme celui de Rouen, de se restructurer, c'est plus facile à gérer que lorsqu'il y a quarante hôpitaux. En même temps, pour le personnel, l'unité de l'A.P.-H.P. est un atout, puisqu'elle facilite la mobilité.
Je suis convaincue que le conseil d'administration, syndicats, personnel et élus de tous bords politiques, représentant non seulement Paris, mais aussi la Région parisienne, car le Maire de Paris est Président du conseil d'administration de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, dont les établissements sont répartis sur l'ensemble de la Région parisienne, je suis convaincue que s'il y avait un autre vote à émettre, ce ne serait pas un vote politique, mais un vote exclusivement dans les intérêts, d'une part, des Franciliens, et d'autre part, du personnel de l'Assistance publique.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe "Rassemblement pour Paris").