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Septembre 2015
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2015 DFPE 12 G - Dotation (1.304.299 euros) avec les centres de planification et d'éducation familiale gérés par des organismes de droit privé à but non lucratif.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2015


 

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Nous examinons à présent le projet de délibération DFPE 12 G. il s?agit de la dotation avec les centres de planification et d'éducation familiale gérés par des organismes de droit privé à but non lucratif. Je donne la parole à M. Jacques BOUTAULT, pour cinq minutes de temps de parole pour le groupe Ecologiste de Paris.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire. Ce projet de délibération intervient dans un contexte difficile pour les centres de planning et d'éducation familiale appelés plus simplement les "centres de planning familial", car leurs missions, et notamment l'accès aux droits des femmes qu'ils contribuent à garantir, sont encore, hélas, toujours menacées. Malgré les condamnations en justice répétées de militants anti-IVG, les plannings familiaux sont régulièrement mis en cause, d'autant plus dans cette période de crise et de grande crispation de nos sociétés, où le droit des femmes et leur libre choix sont régulièrement remis en cause. Ainsi, récemment cet été, début juillet, trois militants anti-IVG ont fait irruption dans le centre départemental du planning familial situé dans le 2e arrondissement, pour s'opposer à cette mission et ces droits. La Ville de Paris s'est honorée par une réponse rapide et exemplaire à ce nouvel acte visant à intimider le personnel et le public présent. Récemment, avec Bernard JOMIER, à l'occasion d'une visite au centre qui avait été victime de cette tentative d'intimidation, nous avons pu réaffirmer le soutien indéfectible de la Ville de Paris à la mission de ces centres et aux choix et aux droits des femmes. Pour rappel, depuis 1956, le planning familial milite pour une société plus juste fondée sur l'égalité entre les femmes et les hommes dans un esprit féministe et d'éducation populaire. Les centres de planning et d'éducation familiale assurent une mission d'information pour tous les publics et d'assistance notamment auprès des personnes les plus vulnérables. Les mineures peuvent, même sans l'accompagnement d'un adulte et dans l'anonymat, venir y chercher de l'aide, notamment si elles souhaitent avorter. Le dépistage des infections sexuelles transmissibles et du Sida y est également gratuit pour les mineures et les personnes ne bénéficiant pas de la Sécurité sociale. Les personnes victimes de violences conjugales ou sexuelles peuvent aussi y trouver conseil. Ce projet de délibération, chers collègues, est donc la traduction de ce soutien qu'il nous faut maintenir et réaffirmer, et même intensifier, aux centres de planning familial et au public qui les fréquentent, en particulier lorsque ceux-ci sont menacés. Je vous remercie pour votre attention.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Pour vous répondre, la parole est à Bernard JOMIER.

M. Bernard JOMIER, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire. Comme Jacques BOUTAULT l'a rappelé, effectivement, cet été, le centre rue Vivienne dans le 2e arrondissement a été l'objet, encore une fois, de ce qu'il faut bien appeler "une agression", une agression envers les femmes qui viennent à ce centre et c'est totalement intolérable. Dès que nous avons appris l'agression, ma collègue Hélène BIDARD a réagi en apportant son soutien. Au mois de septembre, récemment, avec le maire d'arrondissement, avec Jacques BOUTAULT, nous sommes allés dans ce centre pour rencontrer les équipes et réaffirmer notre attachement à un accès complet, juste et dans la tranquillité des femmes à l'I.V.G. J'ai rappelé à cette occasion les mesures que nous avions adoptées lors d'un Conseil de Paris récent, sept mesures pour faciliter l'accès des femmes à l'I.V.G., pour faciliter leur choix de la méthode d'I.V.G., pour améliorer les conditions d'accueil et l'information autour de l'I.V.G. Ces sept mesures sont inclues évidemment et en cohérence avec celles qui ont été annoncées par la Ministre sur cette question. Vous savez que, tout récemment, il y a quelques jours, le numéro national a été mis en place. C'était l'une des mesures qui étaient attendues nationalement. Dans ce contexte, comme vous l'avez noté, non seulement nous maintenons nos engagements envers les centres de planification familiale et - il faut le relever - dans un contexte difficile, mais l'ensemble des mesures mises en place fait que d'autres lieux de pratique de l'I.V.G. se développent. L'I.V.G. médicamenteuse s'étend dans nos centres de santé depuis quelques jours - j'allais dire, presque - puisque c'est tout récent. Cela date aussi du mois de septembre. Nous avons étendu cette pratique. Les différentes mesures mises en place, à la fois dans nos centres de santé et en direction des professionnels de ville, font que la pratique de l'I.V.G. - nous l'espérons - sera plus facilement accessible aux femmes parisiennes. Je crois que c'est ainsi que nous répondrons aussi le mieux à ceux qui continuent à s'opposer malgré la loi, qui continuent à nier aux femmes un droit qui leur appartient. C'est en multipliant les lieux, en multipliant les choix que nous les empêcherons de faire obstacle à l'application du droit à l'I.V.G. Je vous remercie.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Maire. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 12 G dont il était, à l'instant, question. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le projet de délibération est adopté à l'unanimité et nous en sommes tous heureux. (2015, DFPE 12 G).