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Septembre 2015
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2015 DVD 137 - Modernisation des grilles tarifaires des parcs de stationnement - 24 Avenants à des conventions de délégation.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2015


 

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Et là, nous avons un débat important : modernisation des grilles tarifaires des parcs de stationnement. Pas mal d?inscriptions, donc j?invite tout le monde à être raisonnable. Nous commençons par M. Yann WEHRLING.

M. Yann WEHRLING. - Monsieur le Maire, mon commentaire sur ce projet de délibération n?est pas tant sur le mécano tarifaire que vous nous proposez et dont il faut comprendre, je crois, grosso modo, qu?il consiste une fois encore à trouver de nouvelles recettes pour la Ville. Non, globalement, je voudrais savoir quelle est votre vision prospective sur le stationnement à Paris. Est-ce une simple recette ? Une organisation plus ou moins heureuse des emplacements où est autorisé le parking des voitures ? Plus ou moins heureuse, car il faut bien l?avouer, l?esthétique n?est pas toujours au rendez-vous. Les rues de Paris sont bondées de voiture stationnées, y compris dans des quartiers les plus pittoresques, où il est parfois presque difficile de circuler. Que l?on soit piéton, cycliste ou automobiliste, l?anarchie y règne. Alors, bien sûr, il faut permettre aux automobilistes de stationner, mais cela, c?est le présent. Quelle est votre vision de demain ? Je ne la perçois pas dans les idées que vous nous soumettez, et encore moins dans les tarifications que vous proposez, qui évidemment sont en théorie des leviers qui peuvent être soit incitatifs, soit dissuasifs. En 2001, votre prédécesseur baissait le tarif de surface pour inciter les automobilistes à y laisser leur voiture. Une voiture qui ne roule pas ne pollue pas, disait-on. Cette année, machine arrière : vous les augmentez massivement pour favoriser le souterrain, un peu pour remplir les caisses, disons-le quand même, et maintenant, vous augmentez le tarif souterrain. Et je suppose que l?année prochaine, le tarif de surface augmentera à nouveau pour se différencier du souterrain. Bref. Où voulez-vous aller ? Je voudrais, Monsieur le Maire, vous livrer quelques remarques, néanmoins, et impressions qui dépassent un peu ce débat, que j?imagine être important, mais les mobilités de demain, auxquelles notre politique de stationnement pourrait réfléchir et se préparer, me paraissent plus importantes. Elle doit aussi pouvoir s?y adapter, l?accompagner en réalité, peut-être soutenir pleinement ces mobilités de demain. Cette évolution, c?est même une petite révolution en réalité. Tous les constructeurs automobiles, les équipementiers, et surtout l?économie numérique comme Google, ou l?économie collaborative comme BlaBlaCar, Drivy, OuiCar, Hitch, Ubeeqo, Parkadom, voire UberPop, y réfléchissent et font même plus qu?y réfléchir, puisqu?ils proposent tous des solutions totalement nouvelles pour l?usage de la voiture en ville aujourd?hui. Les constructeurs vendent de plus en plus de voitures à des entreprises pour alimenter leur flotte, bien plus d?ailleurs qu?aux particuliers, aujourd?hui. Mieux : le constructeur devient de plus en plus un vendeur de services de mobilité, plus qu?un vendeur de voitures. Les équipementiers vont toujours plus loin dans les technologies qui rendent la voiture plus intelligente. Elle se garera bientôt toute seule. Elle roulera bientôt toute seule. Grosso modo, la question de demain n?est plus de savoir si on a besoin de posséder une voiture, mais c?est celle d?y avoir accès ponctuellement, en tant que de besoin, en complémentarité de tous les autres modes. Posséder une voiture n?aura plus grand sens si vous pouvez en disposer, avec ou sans chauffeur, le plus aisément du monde. Imaginez que dans chaque quartier avec une simple carte magnétique, voire avec votre smartphone, vous puissiez emprunter aisément une voiture qui n?est pas la vôtre. L?usage, plus que la possession, c?est cela, l?avenir. Quand on sait qu?une voiture passe près de 80 % de sa vie à l?arrêt, on devine tout l?intérêt qu?il y aurait à la partager massivement. Dès lors, prendre une voiture dans un parking ou une place de stationnement ordinaire, la remettre à l?endroit où l?on va, fait du parking une solution globale, qui pourrait d?ailleurs être facturée non plus à chaque automobiliste, mais dans une forme de forfait global à un ou plusieurs prestataires de solutions d?autopartage. Cette économie des mobilités nouvelles, usant à plein régime des nouvelles technologies, faisant de chaque possesseur d?un véhicule un micro-loueur ou un micro-taxi, arrive vite, et je ne suis pas certain que nous ayons été bien inspirés de balayer aussi rapidement les solutions de type UberPop, alors même que nous sommes là face à des solutions rapides et pratiques, et je crois alternatives à la voiture individuelle. Un tel mouvement, assurément, c?est dans l?ensemble plus de fluidité, moins d?engorgement, des véhicules plus partagés, qui sont globalement moins nombreux, et pour peu que la flotte soit en plus globalement électrique, le sujet est d?ailleurs très pertinent en milieu urbain et pour des usages fréquents. On voit bien qu?on est bien, là, peut-être dans des solutions d?avenir. Et c?est là où le stationnement et le parking deviennent un outil-clé pour permettre tout cela. Demain, les parkings souterrains seront des plates-formes de mobilité de ce type. C?est un débat que nous devons avoir entre nous, mais aujourd?hui, je trouve que nous ne prenons pas la bonne direction, ou du moins, elle est timide, car nous restons, je le crois, sur des schémas anciens qui étaient, c?est vrai, justes. Ce schéma, c?était celui de la voiture individuelle qu?il ne faut pas privilégier. On est d?accord. Ceci a justifié votre politique de restriction de construction de parkings souterrains. Or, dans l?ensemble, le parking souterrain a bien des avantages : il permettrait de dégager les espaces de surface dont nous avons tant besoin, mais surtout, comme je le développais à l?instant, il peut participer d?un accompagnement des mobilités nouvelles de demain. Il suffit de le penser, le prévoir, réserver les accès, les organiser en lien avec ceux qui réfléchissent intelligemment. Bref, Monsieur le Maire, tentons d?avoir ensemble cette vision d?avenir qui, pour l?heure, transparaît assez peu dans ce que je comprends de votre politique de stationnement et du parking. Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci, Yann WEHRLING. La parole est à Sandrine MÉES.

Mme Sandrine MÉES. - Merci, Monsieur le Maire. Le projet de délibération qui est présenté ici a pour objet de moderniser les grilles tarifaires de 24 conventions de délégation, afférentes à 28 parcs de stationnement souterrain. Il s?agit de procéder à un ajustement modéré des tarifs de référence dans le cadre du passage à la tarification au quart d?heure. Tout d?abord, il s?agit d?appliquer la loi votée le 17 mars 2014 relative à la consommation, entrée en vigueur le 1er juillet 2015. Ensuite, la tarification au quart d?heure a été initiée par des associations de consommateurs. Les associations de consommateurs, ce sont aussi elles qui sont à la source du mouvement écologiste, avec "Que choisir", etc. Ce sont donc des gens qui, très tôt, ont pris conscience des problèmes écologiques. Ce n?est donc pas du tout? Il n?y a rien d?étonnant à ce qu?elles s?intéressent aussi à ce genre de sujets. Et la tarification au quart d?heure permet aussi un turn-over par rapport au stationnement, ce qui permet aussi de ne pas avoir besoin de construire de nouvelles places, aussi bien en surface qu?en sous-sol. Donc le souci du consommateur, ce n?est pas quelque chose de superfétatoire, mais c?est quelque chose de très important, donc pour des prix justes et pour? Voilà. Ce souci, cette modernisation des tarifs, va permettre aux usagers de payer le prix juste, et dans la majorité des cas, de payer moins cher. Un automobiliste paiera par exemple 1,10 euros contre 4 euros pour un stationnement d?une durée de 15 minutes, ce qui fait quand même une réduction très importante : 72 % de réduction ; ou 5,50 euros contre 8 euros pour un stationnement d?une heure et quart. Donc là, on voit qu?il y a vraiment un bénéfice pour l?usager. Alors, en contrepartie de cette baisse importante, les concessionnaires demandaient une forte réévaluation du prix de l?heure pleine. Cette hausse est de fait limitée à 9 %, grâce au travail de négociation des services de la Ville et grâce à notre adjoint. Non seulement le prix du stationnement souterrain va baisser pour nombre de Parisiens, mais aussi pour une partie des abonnés des parkings, et là encore, grâce à l?action de la Ville. Les abonnements ne sont en effet pas concernés par la tarification au quart d?heure. Cependant, la Ville de Paris a profité de cette nouvelle grille tarifaire pour obtenir des concessionnaires la mise en place de tarifs réduits pour de nombreux usagers, notamment les petits rouleurs et les propriétaires de véhicules électriques ou gaz naturel de ville. Cette tarification va donc dans le sens d?une plus grande justice sociale, et va aussi dans le sens de diminuer le nombre de voitures stationnées à Paris et en circulation à Paris. Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci, Madame MÉES. La parole est à M. Thomas LAURET, pour le groupe Socialiste.

M. Thomas LAURET. - Monsieur le Maire, mes chers collègues. Manifestement, la droite a quelques difficultés de calcul, et notamment la droite du 16e arrondissement. Je voudrais simplement donner un exemple qui est du niveau de l?école primaire, et plutôt CE1 que CM2 d?ailleurs. Si on prend un exemple avec un stationnement de 1 heure 30, dans un parking qui coûtait auparavant 4 euros de l?heure, on payait avant la réforme 8 euros pour 1 heure 30. Tout le monde est d?accord et tout le monde suit. Avec la tarification au quart d?heure, pour 1 heure 30, on paie désormais 6 euros. Cela induit donc une perte de chiffre d?affaires importante, pour un certain nombre de concessionnaires, qu?ils évaluent à un peu plus de 13 %. Quand on accède à une négociation, en augmentant de 9 ou 10 % les tarifs, ces 6 euros pour 1 heure 30 passent à 6,60 euros. Donc on est désormais à 6,60 euros au lieu de 8 euros pour 1 heure 30. Les usagers sont donc encore gagnants par rapport à la situation antérieure. J?ajoute qu?ont été mis en place des tarifs résidents petits rouleurs à compter de 2005 dans toutes les D.S.P. renouvelées, ainsi que des abonnements à tarif spécifique pour les personnes à mobilité réduite, pour les voitures GPL, pour les voitures en auto-partage, pour les véhicules électriques, pour les deux-roues motorisés, pour Autolib? et pour les vélos. Enfin, je précise que le projet de délibération concerne seulement 24 conventions sur 80 et que les autres, et on peut citer par exemple, cher Philippe DUCLOUX, la S.A.E.M.E.S., tous les autres ont déjà adopté un tarif au quart d?heure. Ainsi, je crois que les postures "démago" n?ont pas lieu d?être. En revanche, s?il faut du soutien scolaire pour les élus républicains, on peut toujours étudier ! Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci, Thomas LAURET.

Pour les Républicains, la parole est à M. Franck LEFEVRE.

M. Franck LEFEVRE. - Merci. Après ce petit cours d?arithmétique où on nous explique que les Parisiens vont payer moins et les concessionnaires s?enrichir un peu plus, j?ai un peu de mal à comprendre. Mais bon ! Surtout après avoir augmenté massivement les tarifs du stationnement en surface, après nous avoir expliqué que ces augmentations étaient justifiées par une volonté de rendre le stationnement souterrain plus attractif, voilà que vous nous proposez, à travers ce projet de délibération, je cite : "Une modernisation des grilles tarifaires". Je dis bien : modernisation. Attention, mes chers collègues, la syntaxe ne doit pas masquer la sémantique, parce qu?en effet, sous couvert d?une modernisation, c?est bien en réalité une augmentation des grilles tarifaires des parcs de stationnement, quelle que soit la démonstration d?arithmétique que l?on vient de nous faire. Il s?agit là, je le rappelle, d?une manne de 40 millions d?euros par an pour la Ville. Manne que la Ville ne souhaite pas voir se tarir. Ainsi vous répondez favorablement à la demande des concessionnaires qui se plaignent d?un manque à gagner suite à la généralisation de la tarification au quart d?heure. Précédemment, nous l?avions dénoncé, cela se confirme aujourd?hui, les tarifs du stationnement, ce sont les impôts indirects servant de variable d?ajustement pour combler le déficit budgétaire de la Ville. Les coûts du stationnement semblent entrer cette fois-ci dans une spirale inflationniste. L?étape d?après, mes chers collègues, on nous expliquera qu?il faut augmenter le prix du stationnement en surface, afin que le stationnement en ouvrage soit de nouveau attractif. Tout ceci traduit, et cela a déjà été dit, également l?absence d?une réflexion globale portant sur la politique des déplacements dans cette ville. Vous dites souhaiter lutter contre la pollution, mais les schémas de circulation mis en place créent embouteillage sur embouteillage, et donc pollution. Vous dites souhaiter favoriser le stationnement en parcs et vous en augmentez les tarifs. Tout ceci est brouillon, dicté à la fois par des principes, des préoccupations budgétaires, et cela coûte fort cher aux Parisiens. Pour toutes ces raisons, mes chers collègues, nous voterons contre ce projet de délibération. Merci.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup. La parole est à Mme Brigitte KUSTER.

Mme Brigitte KUSTER, maire du 17e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire. Les élus, vous l?avez bien compris, de la droite parisienne, et notamment ceux issus du 17e, se sont battus pendant des années - je veux d?ailleurs avoir ici une pensée pour Laurence DOUVIN - pour demander la tarification au quart d?heure dans les parcs publics de stationnement. Et ce, en vain. Vous nous expliquiez alors qu?une tarification au quart d?heure, dans les parcs publics concédés, ferait baisser les recettes des exploitants et, par ricochet, celles de la Ville. Encore une fois, après les zones touristiques, il a fallu que le Gouvernement rectifie vos excès et rétablisse, pour y parvenir, une forme d?équité grâce à la loi qui oblige les exploitants à tarifer au quart d?heure, ce qui, entre parenthèses, prouve le bien-fondé du combat que nous menions alors. Le projet de délibération qui nous est présenté aujourd?hui est particulièrement abscons, à l?image de la politique tarifaire du stationnement conduite par la Mairie de Paris, qui distingue de multiples catégories d?usagers, en espérant inciter à réduire l?usage de la voiture. Dans les faits, cette stratification conduit à l?illisibilité de la politique du stationnement et à un usage non optimal des parcs publics. En réalité, comme je le disais, le passage à une tarification au quart d?heure se traduit par une baisse de recettes pour les exploitants, qu?ils espèrent voir combler par une décision de la Mairie de Paris, qui est toujours bonne fille avec ses délégataires, comme on l?a vu avec Decaux qui a obtenu satisfaction en tout point pour ses demandes concernant Vélib?. Ainsi, sous couvert de nouveaux services anecdotiques, qui de plus iront essentiellement dans l?intérêt des exploitants, la Ville va permettre aux exploitants justement d?augmenter leurs tarifs de 15 %. Ceci est contraire au bon usage du stationnement qui voudrait que le stationnement en surface soit plus cher que le stationnement en ouvrage. Or, c?est l?inverse qui perdure et que vous voulez amplifier, puisque le tarif horaire du stationnement en surface dans les quartiers périphériques est de 2,4 euros contre 4 euros, par exemple, pour le tarif de base sans la hausse, dans les deux parkings du 17e arrondissement concernés par ce projet de délibération. Ceci explique très certainement la baisse d?usage des parcs publics de stationnement de la Ville, que vous déplorez mais qui n?étonnera personne dans ces conditions. Le plus simple d?ailleurs eut sûrement été de garantir au moins une parité entre les tarifs des parkings souterrains et ceux de la voirie. Ainsi, les automobilistes en recherche de place auraient pu sans crainte s?engager directement dans un parc public, sachant qu?ils ne seront pas en plus matraqués par les prix pratiqués. En définitive, les parkings concédés sont une vache à lait pour les finances municipales. C?est la raison pour laquelle les intérêts de la Ville rejoignent ceux des exploitants, et que la Ville accède à leur demande sans broncher. Le tout se fait sur le dos des Parisiens et bien sûr particulièrement des automobilistes. Les premiers continueront à subir l?encombrement des rues et la pollution, puisque la politique du stationnement incite à chercher pendant des dizaines de minutes une place en surface, et à saturer l?espace public, tandis que les seconds se feront assurément taxer davantage l?occupation d?un emplacement. Ne nous dites pas que cette disposition favorisera un meilleur environnement puisque chacun sait que le temps passé à tourner à la recherche d?une place n?a jamais amélioré la qualité de l?air, et que l?encombrement des rues constitue une pollution visuelle autant qu?un usage inadapté de l?espace public. Pour toutes ces raisons, nous voterons contre ce projet de délibération dont la finalité met en lumière le décalage entre vos objectifs énoncés en faveur de l?environnement et la réalité bassement financière de vos décisions. Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci, Madame la Maire. La parole est à Mme Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, ce projet de délibération est tout simplement inacceptable !

En décembre dernier, vous avez augmenté les tarifs de stationnement de surface sous un prétexte : il fallait favoriser plutôt le stationnement en sous-sol, libérer l?espace en plein air. Peu importait que les plus pauvres soient sans doute les premiers à payer cette hausse, parce qu?ils n?ont tout simplement pas les moyens de se payer un parking privé. Peu importait que les parkings souterrains que vous favorisiez ainsi soient pour beaucoup gérés par les entreprises privées qui réalisent des profits pharamineux. Il y avait surtout urgence à faire entrer de l?argent dans les caisses par n?importe quelle forme de taxe anti-redistributive puisque vous refusez de vous opposer sérieusement aux baisses de dotations de l?Etat. Maintenant, on apprend que, parce que les exploitants de ces parkings seraient insatisfaits du passage à la tarification au quart d?heure et de son impact sur le chiffre d?affaires, vous allez augmenter les tarifs de stationnement souterrain. Mais regardons la situation d?ensemble. Si tous les parcs ne sont certes pas forcément au bénéfice, au total un exploitant comme Vinci retire entre 40 et 45 millions d?euros nets de profit par an sur l?ensemble des parkings municipaux qu?il gère. 45 millions d?euros ! Je ne sais pas combien de fois je l?aurais dit et redit dans cette séance, cela me semble tellement scandaleux. Et tous les autres exploitants sont également en bénéfice souvent de plusieurs millions d?euros. Il n?y a donc aucune raison de céder à la rapacité de ces entreprises et de faire payer aux Parisiens une nouvelle augmentation des tarifs de stationnement. La seule politique qui conviendrait en matière de gestion des parkings municipaux, ce serait de cesser systématiquement de concéder les parkings à une gestion privée, de les reprendre systématiquement en régie publique à échéance du contrat, voire même d?étudier la rupture de tous les contrats en cours pour motif d?intérêt général pour instaurer une régie publique. Car lorsque de tels bénéfices se font sur le dos des Parisiens, il y a manifestement lieu d?envisager une telle solution. Ce serait en effet un cadre bien plus propice pour penser le stationnement et ses tarifs, d?une manière qui, sans pénaliser les classes populaires, permettrait par une initiative publique de repenser aussi les usages de la voiture, en rendant son usage beaucoup moins systématique et en libérant l?espace public en surface des véhicules motorisés, voitures et deux-roues, qui dominent. Pour améliorer la qualité de l?air et pour libérer l?espace public de la domination de la voiture et des deux-roues, plutôt que d?augmenter sans cesse les tarifs de stationnement pour le plus grand bonheur de "Vinci" et de ses compères, vraiment, "remunicipalisons" enfin les parkings souterrains. Je vous remercie. Evidemment, je voterai contre ce projet de délibération.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci, Danielle SIMONNET. Pour répondre à toutes ces interventions, Christophe NAJDOVSKI a la parole.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire. En écoutant la droite et le centre de cet hémicycle, mais aussi en écoutant Mme SIMONNET, je trouve qu?il y a de curieuses connexions parfois, me vient à l?esprit la parabole de la paille et de la poutre. Vous connaissez cette parabole : pourquoi vois-tu la paille qui est dans l??il de ton frère et n?aperçois pas la poutre qui est dans ton ?il ? J?ai l?impression que la droite et le centre de cet hémicycle ont une poutre dans l??il en ne voyant pas ou en feignant de ne pas voir finalement la baisse de tarifs qui concernera la très grande majorité des situations et des usagers, avec l?application de la tarification au quart d?heure et de la loi qui est une obligation légale depuis le 1er juillet. Je rappelle l?esprit de cette loi de tarification au quart d?heure. Elle impose aux exploitants des parkings d?appliquer une tarification plus juste, au plus proche de la consommation réelle. Nous appliquons ce système de tarification qui est avantageux pour les usagers depuis longtemps sur nos horodateurs en voirie et systématiquement maintenant sur toutes les nouvelles concessions depuis 2013. Dans la très grande majorité des situations, elle se traduira par une baisse du prix payé par les usagers qui n?auront plus à payer en entier une heure de stationnement entamée. Je rappelle également que la Ville de Paris est propriétaire de 89 parcs de stationnement qui sont concédés à des exploitants, que certaines de ces concessions ont été signées pour plusieurs dizaines d?années quand la droite municipale était au pouvoir. Je lui rappellerai, à la droite de cet hémicycle, que la durée moyenne de concession était de 43 ans avant 2000, elle est aujourd?hui de 8 à 10 ans. Dans ces vieilles concessions qui ont été signées avant 2000, il nous était très difficile jusqu?à présent d?intégrer de nouvelles tarifications avantageuses pour les résidents, mais aussi pour les petits rouleurs ou encore les véhicules propres. Justement, la mise en place du paiement au quart d?heure, sans évolution des grilles tarifaires, cela aurait eu un impact sur les parcs de stationnement, qui a été estimé à 13 % pour les parcs qui tarifent à l?heure et à 8 % pour ceux qui tarifent à la demi-heure. Comme nos contrats de concession doivent garantir un équilibre économique aux exploitants, nous avons dû adapter les grilles tarifaires, mais nous en avons profité pour imposer des tarifications avantageuses dans 28 nouveaux parcs. Je précise donc pour M. WEHRLING, pour Mme KUSTER ou encore pour Mme SIMONNET que cette nouvelle tarification n?engendrera aucune recette supplémentaire pour la Ville et ses concessionnaires. L?application de la tarification au quart d?heure a pour conséquence qu?un visiteur qui stationne 15, ou 30 minutes, ou 45 minutes, ou une heure quinze ou une heure trente et ainsi de suite paiera moins cher son stationnement. D?une manière générale, les usagers paieront un prix correspondant mieux à la réalité de ce qui est consommé. Un automobiliste paiera, par exemple, 1,10 euro contre 4 euros auparavant pour un stationnement d?une durée de 15 minutes ; cela représente une diminution de 72 %. Il paiera 5,50 euros contre 8 euros pour un stationnement d?une heure quinze, cela représente une diminution de 31 %. Il est donc faux et je dirai même intellectuellement malhonnête de parler de hausse du stationnement dans les parkings souterrains quand dans la réalité des cas, dans la grande majorité des cas, les tarifs diminueront. Je rappellerai par ailleurs que les tarifs sont variables suivant les parkings, que le quart d?heure de stationnement va de 70 centimes à 1,10 euro, que le tarif maximum en parkings souterrains est très proche de celui en voirie dans le centre, avec seulement 10 centimes de différence au quart d?heure pour un service tout à fait différent puisqu?en ouvrage, on bénéficie à la fois de la sécurité et aussi, on est à l?abri des intempéries. S?agissant de notre tarification, nous avons introduit dans les grilles tarifaires horaires de tous ces parcs une réduction de 50 % en faveur des personnes à mobilité réduite. Je n?ai entendu personne, sauf peut-être Mme MÉES, en parler. Nous avons également introduit une réduction du tarif horaire normal et un abattement de 65 % en faveur des deux-roues motorisés. J?ajouterai en parallèle que nous offrons aux Parisiens des solutions pour stationner en parkings souterrains à des prix attractifs. Outre ces 28 nouveaux parkings qui disposeront d?offres tarifaires avantageuses, nous travaillons avec les bailleurs sociaux, avec mon collègue Ian BROSSAT, mais également avec Jacques BAUDRIER afin d?ouvrir les parkings de ces bailleurs sociaux à des tiers à des tarifs avantageux. Une première expérimentation débutera la semaine prochaine dans le 20e arrondissement. Une réunion publique se tiendra d?ailleurs en mairie du 20e le lundi 5 octobre. C?est ainsi 1.000 places de parking en souterrain, pour un tarif réduit de 15 %, qui seront proposées à des tiers. Nous poursuivons ainsi notre politique de régulation du stationnement, avec l?application de cette loi qui sera favorable aux usagers pour des déplacements motorisés maîtrisés et un juste prix de l?usage des parcs de stationnement parisiens. Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Christophe NAJDOVSKI. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 137. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s?abstient ? Le projet de délibération est adopté. (2015, DVD 137).