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Septembre 2015
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Vœu déposé par les groupes GEP et PCF-FG relatif au devenir de la parcelle du 37, rue Bisson/48, rue Ramponeau. Vœu déposé par le groupe les Républicains relatif à la création d'un pôle artisanal et artistique de Belleville. Vœu déposé par Mme SIMONNET relatif à la parcelle du 48, rue Ramponeau/37, rue Bisson.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2015


 

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Nous passons aux v?ux nos 125, 126 et 127 relatifs à la parcelle du 37, rue Bisson/48, rue Ramponeau. La parole est à M. GLEIZES pour deux minutes maximum.

M. Jérôme GLEIZES. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, à l?occasion de ce v?u, je reviens sur la situation d?un lieu plusieurs fois cité dans cette enceinte, plus connu sous le nom de "Grésillon", mais qui concerne une parcelle bien plus large si on inclut la partie anciennement occupée par l?entreprise "Maestrini" qui a fait faillite aujourd?hui.

Depuis le vote d?un v?u au Conseil de Paris en juillet, l?évolution semble avoir été favorable. Plusieurs réunions ont eu lieu entre juillet et septembre, avec notamment les porteurs d?un projet immobilier contesté : les trois gérants de la société "Grésillon" et les représentants de l?association "Collectif Ramponeau".

Lors du Conseil du 20e arrondissement, nous avons retiré un v?u présenté par les groupes Ecologiste et Communiste suite aux déclarations de Mme la Maire du 20e arrondissement. Les déclarations ont été confirmées par M. MISSIKA lors du débat sur la M.I.E. "Fabriquer à Paris". C?est pourquoi nous déposons ce v?u au Conseil de Paris pour confirmer tout ce qui a été dit. Pour résumer, ce que nous demandons dans ce v?u : - premièrement, la confirmation de l?abandon du projet hôtelier sur la parcelle ; - deuxièmement, que la concertation prévue lors du vote de juillet soit confirmée pour la mise en place d?un pôle artisanal et artistique sur cette parcelle ; - troisièmement, qu?un acteur public, peut-être la R.I.V.P., soit associé à ce projet pour participer au financement du devenir de cette parcelle ; - quatrièmement, élément très important aussi, qu?en toute hypothèse, la Ville de Paris soutienne et accompagne l'entreprise "Grésillon" afin d?en préserver l?activité économique dans Paris ; - enfin, pour terminer, que la situation de l?atelier de M. Mehdi HACHEM, qui était présent sur cette parcelle, soit pérennisée puisque pour le moment, il n?a comme seul texte juridique qu?un constat d?huissier lui demandant de partir.

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Merci. La parole est à Mme FANFANT pour deux minutes.

Mme Nathalie FANFANT. - Merci, Monsieur le Maire. Effectivement, concernant cette parcelle, les choses étaient un peu mal engagées avant l?été et il y a eu une forte mobilisation des habitants contre ce projet d?auberge de jeunesse de 130 ou de 140 lits. Bien évidemment, les élus du 20e arrondissement se sont déplacés, tant les membres, à l?invitation de Nicolas BONNET-OULALDJ, de la M.I.E. puisque nous avons été alertés, notamment mon collègue Atanase PÉRIFAN. Nous avons échangé avec les habitants du quartier et nous nous réjouissons, comme le disait mon collègue Jérôme GLEIZES, que les choses se soient un peu débloquées. Justement, pour aller dans ce sens, dans notre v?u, nous souhaitons que toutes les parties concernées reviennent à la table de la concertation afin que l?on puisse trouver une solution pour que tout le monde sorte par le haut de cette histoire et enfin, que la Ville de Paris puisse accompagner pour créer un pôle artisanal et artistique de Belleville sur le modèle du projet qui a été remis par le "Collectif Ramponeau".

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Merci. Mme Danielle SIMONNET a la parole.

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, c?est tout de même encore un nouvel exemple que la mobilisation sociale et citoyenne paie puisqu?il était prévu sur ce lieu que la S.E.M.A.-EST, discrètement, sans même prévenir les occupants du site, vende dans le cadre d?une opération spéculative pour un projet hôtelier privé. La mobilisation, notamment autour du collectif maintenant nommé en association 48, rue Ramponeau et avec l?implication de bons nombre d?acteurs de Belleville et je salue notamment les ateliers d?artistes de Belleville. Beaucoup d'habitants se sont émus que l?on puisse, à ce point-là, détourner les objectifs de la S.E.M.A.-EST, qui est censée normalement préserver la diversité d'activités et non pas de faire une opération spéculative pour continuer à vendre Belleville, alors qu?il y a déjà beaucoup d'autres projets hôteliers. On sait depuis le Conseil d'arrondissement qu?avec cette mobilisation, on a déjà gagné sur une chose, puisque le projet hôtelier est abandonné. C'est une très bonne chose, Monsieur JULLIARD, on est ravi que ce rapport de force paye. Deuxième chose, il faut absolument que la vente soit annulée. Il faut également que le projet qui a été co-élaboré par les habitants, par l'ensemble des acteurs, pour justement faire un pôle artisanal et artistique, qui est totalement dans la continuité, et on en a parlé hier et avant-hier, de la Mission d'information et d'évaluation "Fabriquer à Paris", totalement dans cet esprit, il faut absolument contribuer à préserver, et même à relocaliser de l'activité artisanale dans ce Belleville populaire. Donc, étudions ce projet, puisqu'il permet à la fois de maintenir "Grésillon", et si "Grésillon", il en a bien le choix, se décidait à partir, on pourrait y faire un autre projet artisanal, industriel, faire en sorte que, dans les anciens locaux de la miroiterie, il y ait une autre activité artisanale, artistique et que l'atelier d'artiste soit également préservé. Donc annulons cette vente, faisons en sorte que la S.E.M.A.-EST continue à faire la mission pour laquelle elle est mandatée et engageons une vraie concertation qui parte sur la base de ce projet et non pas d'un pseudo axe innovation, dont on ne sait pas le contenu, sachant que dans le projet initial, il y a aussi un "Fab Lab", donc il y a déjà des innovations. Je vous remercie.

(M. Mao PENINOU, adjoint, remplace M. Julien BARGETON au fauteuil de la présidence).

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci beaucoup. Jean-Louis MISSIKA pour vous répondre, puis il y aura une explication de vote de Nicolas BONNET-OULALDJ.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire. Je remercie tous les intervenants.

Je l'ai rappelé lundi, on a déjà évoqué ce sujet de "Grésillon" lundi, lors de la discussion de la M.I.E. sur le thème "Fabriquer à Paris", et la M.I.E. nous alerte sur le devenir des parcelles industrielles du territoire parisien et elle a bien raison.

Vous avez rappelé l'historique de cette opération, le projet d'auberge de jeunesse ne répond pas aux enjeux de préservation de l'activité industrielle au c?ur de Paris. Et c'est la raison pour laquelle ce projet est abandonné. Je vais donc émettre un avis favorable au v?u porté par le Front de Gauche et le groupe Ecologiste. Modulo un amendement dont vous avez la version écrite et qui nous a été demandé par les porteurs du v?u du groupe les Républicains. Dans un esprit de collaboration, et étant entendu que nous cherchons tous la meilleure solution à ce dossier complexe, je demanderai donc le retrait des v?ux portés par Danielle SIMONNET et celui porté par Atanase PÉRIFAN et Nathalie FANFANT. Il est important que nous montrions une volonté commune pour trouver une solution concertée associant l'ensemble des élus autour des idées suivantes : le projet d'auberge qui est abandonné, une large concertation pour bâtir un projet respectueux de l'histoire et de l'esthétique du quartier en garantissant le maintien d'une mixité des activités notamment industrielles et commerciales. Et je voudrais quand même rappeler quelques éléments de l'équation économique du dossier qui sont importants. Tout d'abord, l'enjeu économique pour la Ville, la parcelle est détenue par la S.E.M.A.-EST dans le cadre de la convention "Vital?Quartier 1", je vous fais grâce des raisons juridiques pour lesquelles il faut que cette parcelle soit vendue, mais on risque une perte nette de recettes de fonctionnement pour la Ville dans un contexte budgétaire que vous savez difficile et donc, nous devons définir un projet économiquement viable. D'autre part, il s'agit de concevoir un nouveau projet immobilier dont le modèle mixte permettra tout à la fois de répondre aux attentes en matière de charges foncières, mais aussi de développer un immobilier économique à loyers abordables. La M.I.E. appelle de ses v?ux une stratégie renforcée en matière d'actions foncières et immobilières pour reconquérir des espaces de fabrication dans Paris. Je vous propose donc que nous définissions sur cette parcelle un projet qui crée des mètres carrés pour développer un pôle artisanal et industriel sur ce site tout en respectant l'histoire de la cour. Et comme je le disais hier, nous ne devons pas opposer économie d'hier et de demain. Je pense que nous pouvons définir sur cette parcelle un projet immobilier qui a aussi ateliers partagés, fabriques communautaires, artisans traditionnels, utilisateur des nouvelles technologies, designers et artistes. S'il s'agit seulement de préserver l'existant et de ne rien toucher, il n'y a pas de solution. J'insiste sur ce point, nous devons inventer une solution qui permette à Belleville de redevenir un pôle industriel et artisanal de l'avenir. Alors, il y a la question de la ferronnerie "Grésillon" qui doit être intégrée et traitée dans notre réflexion. Cette ferronnerie connaît une situation financière extrêmement difficile et rencontre des difficultés à acquitter son loyer, elle a même déclaré souhaiter partir pour s'installer ailleurs. L?opération immobilière est donc une opportunité de reloger cette ferronnerie dans des locaux plus qualitatifs, tout en restant dans Paris. Là encore, il s'agira de concerter pour définir une solution viable. Enfin, un des sujets qui a été soulevé, qui est celui de l'activité de l'artiste Mehdi HACHEM, je rappelle que les projets développés prévoyaient un maintien identique de l'atelier existant, il peut y avoir d'autres solutions, mais qui seront concertées avec lui. Il faut s'engager, pour cette raison, à présenter une nouvelle étude de constructibilité. Cette étude sera soumise à concertation afin de présenter plusieurs scénarii, accompagnés pour chacun d?une étude financière et technique et d?une proposition de montage immobilier et de mode de gestion. Cette concertation inclura l'ensemble des groupes politiques qui se sont mobilisés, à commencer par les élus qui ont participé à la M.I.E, mais aussi les représentants des riverains, du quartier, le collectif Ramponeau et les autres parties prenantes. Je pense que nous pourrons trouver une solution qui conviendra à tout le monde. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci beaucoup. Je donne la parole à Nicolas BONNET-OULALDJ.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Monsieur le Maire. On nous demande un amendement à notre v?u. Je voudrais d'abord remercier Jean-Louis MISSIKA. Remercier pour le travail accompli, parce que ce sujet, vous l'avez dit, est un sujet emblématique de la Mission d'information "Fabriquer à Paris", et si on trouve une solution, ce soir, ce sera un acte symbolique, mais concret, de ce que l'on peut faire en tant que collectivité pour préserver l'artisanat dans notre ville. Je voudrais répondre sur l'amendement. L'amendement qui nous est proposé, vire à retirer une phrase, pour que l'on se retrouve tous sur le même v?u. Mais je voudrais rappeler quand même une phrase que dit la M.I.E. C'était l'esprit un peu de la phrase que l'on a mise, maladroite. Mais je voudrais quand même dire que ce que l?on signale dans la M.I.E. la disparition progressive de l'industrie dans les quartiers touchés par les grandes opérations d'urbanisme, là où l'habitat a pris le pas sur les autres activités dans la répartition de l'espace. Et plus loin, on dit : "Cela se traduit aussi par une modification de l'équilibre sociologique de la Capitale, les populations ouvrières suivant des emplois en proche puis en grande couronne, s?en vont." Vous voyez, c'est un enjeu qui dépasse la question de "Grésillon", c'est un enjeu aussi sociologique pour l?avenir de Paris. Et donc, avec cette solution en retirant notre amendement, si on se retrouve, on a le maintien de l'activité de "Grésillon", et de l'atelier d'artiste. On a une concertation avec la population sur le devenir de la parcelle, notamment sur un projet d'artisanat, innovation et tout ce que Jean-Louis MISSIKA a développé, mais aussi la possibilité d'un investissement public qui permet cette maîtrise citoyenne. Donc, c?est vraiment une solution concrète qui fait acte de l?importance de tout ce que l?on a dit dans la M.I.E. Bien sûr, nous acceptons l'amendement et nous voterons le v?u qui est proposé.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci, Monsieur GLEIZES. Acceptez-vous ?

M. Jérôme GLEIZES. - Bien sûr, si on arrive à voter à l'unanimité, c'est l'objectif recherché.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Parfait. Madame FANFANT ?

Mme Nathalie FANFANT. - Idem, évidemment, dans l'intérêt des habitants du 20e et je remercie M. MISSIKA d'avoir fait cet effort. On va tous dans le même sens, donc nous retirons notre v?u et nous voterons le v?u de nos amis et le v?u de l?Exécutif.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Parfait, Jean-Louis MISSIKA étant le grand rassembleur de cette Assemblée. Madame SIMONNET, excusez-moi.

Mme Danielle SIMONNET. - Il y a un oubli, c?est bizarre, personne n'est venu me voir pour me proposer ce v?u. Il y a un quart d'heure, on m'a sollicitée sur ce v?u. C'est vraiment étonnant, alors qu?il y a eu dans ce Conseil, je vous le rappelle, il y a eu sur d'autres sujets, où j'ai retiré mes v?ux au profit des v?ux de l?Exécutif, que j'ai même réussi à amender, comme quoi c'est possible, mais voyez-vous je trouve dommage que vous ne m'ayez pas plus exposé, Monsieur MISSIKA, les problématiques du coût qui font que l?annulation de la vente n'est pas possible et je le regrette. Je ne vois pas ce que vous mettez derrière la phrase : "le modèle mixte viable que l'on doit faire", cela veut dire comment cela va se traduire ? Forcément, il y a une angoisse par rapport à cela. Je terminerai par là, personne ne dit préserver l'existant. Le projet qui est porté par le collectif Ramponneau est un projet à la fois nouveau qui allie justement l'artisanat et l'innovant. Je suis désolée, mais en l'état, je maintiens mon v?u.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Je pensais que la délibération collective, vous la préfériez aux discussions individuelles, mais bon !

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 125 ainsi amendé, avec un avis favorable de l?Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Abstentions ? Le v?u amendé est adopté. (2015, V. 332).

Le v?u n° 126 est donc retiré. Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 127 de Danielle SIMONNET avec un avis défavorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ?

Abstentions ? Le v?u est rejeté.