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Septembre 2015
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2015 DEVE 126 - Adoption du Carnet Adaptation du Plan Climat Energie de Paris. Vœu déposé par le GEP relatif à l'expérimentation de trottoirs semi-végétalisés. Vœu déposé par le GEP relatif à l'adaptation au changement climatique lors du réaménagement des places.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2015


 

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DEVE 126 ainsi que les v?ux nos 76 et 77 relatifs au carnet adaptation du Plan Climat Energie de Paris. La parole est à Galla BRIDIER.

Mme Galla BRIDIER. - Merci, Monsieur le Maire. Mes chers collègues, c'est avec grand plaisir que j'interviens sur ce projet de délibération porté par votre adjointe, Célia BLAUEL. En effet, à quelques semaines de la COP 21, au cours de laquelle les Etats auront la lourde charge de trouver un accord contraignant pour limiter à 2 degrés l'augmentation de la température de notre planète, la Ville monde - notre Ville monde, Paris - se doit d'être exemplaire. Car c?est bien au niveau local que les politiques d'adaptation au changement climatique auront un réel impact sur notre planète. Paris doit donc s'adapter pour résister au changement climatique, mais aussi agir pour en limiter les conséquences sur notre territoire. C'est une impérieuse nécessité pour notre planète, mais c'est également un combat de justice sociale car ce sont d'abord les plus pauvres d'entre nous qui sont touchés par les inégalités environnementales. C'est la raison pour laquelle nous avions porté au cours de la mandature 2001-2008 la réalisation d'un Plan Climat, dont le carnet d'adaptation qui nous est présenté est l?une des traductions opérationnelles concrètes. Tout d'abord, je tenais à me féliciter au nom de mon groupe de la méthodologie choisie pour construire ce carnet d'adaptation qui fait suite à celui sur le logement et sur l'administration. En effet, vous avez lancé au printemps dernier une consultation publique afin de faire participer les citoyens à la structuration de ce carnet d'adaptation. Cette méthode a permis, je le crois, une plus grande prise de conscience collective. Je ne rappellerai évidemment pas ici l'ensemble des propositions avancées dans ce carnet, mais je reviendrai sur quelques dispositions qui me paraissent emblématiques de notre ambition collective. Il s'agit tout d'abord de protéger les Parisiens face aux événements climatiques extrêmes. A ce titre, votre souhait d'ouvrir les parcs et jardins parisiens, 24 heures sur 24 pendant les périodes de canicule, comme nous l'avons fait cet été à la demande des écologistes, nous semble très utile. Ensuite, faire de Paris une ville plus résiliente passe par garantir l'approvisionnement en eau, en alimentation et en énergie des Parisiens et des Parisiennes. Il faut, par exemple, rapprocher les lieux de production agricole. Les 33 hectares d'agriculture urbaine prévus d'ici 2020 vont dans le bon sens. Je rappelle aussi que le plan d'alimentation durable que nous avons adopté en juillet dernier, nous pose l'objectif que 25 % des denrées consommées à Paris devront être produites en Ile-de-France d'ici 2050. S'adapter au changement climatique, c'est aussi aménager la ville et construire autrement. A ce titre, la modification en cours du Plan local d'urbanisme sera l'occasion d'améliorer les performances énergétiques et environnementales des bâtiments neufs, mais aussi de dé-imperméabiliser la ville. C'est le sens du v?u que nous déposons, relatif à l'expérimentation de trottoirs semi-végétalisés, comme cela peut se faire au Danemark et qui permettent de créer des îlots de fraîcheur dans la ville. Enfin, je me félicite que le carnet d'adaptation rappelle l'intérêt de la petite ceinture ferroviaire comme espace de respiration et de promenade. Ce carnet d'adaptation est un pas supplémentaire dans notre engagement collectif pour faire de Paris une ville exemplaire dans la lutte contre le changement climatique. J'espère vous avoir démontré, avec ces quelques exemples, que l'ensemble de nos politiques publiques peuvent et doivent être irriguées par les enjeux de la lutte contre le réchauffement climatique. Vous pouvez compter sur nous pour y porter une attention de tous les instants. Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame BRIDIER. La parole est à Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, ce projet de délibération qui vise à adopter un carnet d'adaptation pour assurer la résistance et l?adaptation de Paris aux effets à venir du réchauffement climatique est important. Je souhaiterais profiter de ce projet de délibération pour exprimer plusieurs choses. D'abord, un grand regret extrêmement fort qui ne dépend pas de cette Assemblée, qui est celui que François HOLLANDE semble d'ores et déjà avoir renoncé à ?uvrer pour un accord contraignant à l'issue de la COP 21 qui a lieu très bientôt, si bien qu?il n?en sortira que de belles paroles sous la pression des multinationales lobbyistes du "greenwashing" - du capitalisme vert - et qui sponsorisent l'événement, tout simplement pour se donner une image écologiste à peu de frais. La situation est pourtant extrêmement critique. Nous ne devons pas pour autant renoncer à "changer le système, pas le climat", pour reprendre le slogan des Alternatiba de ce week-end. Pour répondre aux enjeux du réchauffement climatique - je reprends votre document - vous proposez plusieurs choses. D'abord, le développement de la végétalisation dans notre ville. J?y suis tout à fait favorable. Mais attention, quand on défend la végétalisation de la ville, il ne faut pas non plus avoir des projets d'aménagement urbains qui visent à grignoter les espaces verts, les espaces des terrains d'éducation physique, comme c'est le cas - on en a parlé à plusieurs reprises dans ce Conseil - du projet du stade Championnet ou du projet du stade Ménilmontant dans le 11e arrondissement. Il faut arrêter d'avoir cette vision de densification à l'extrême de la ville, car cette vision de densification à l'extrême de la ville conduit à une situation où vous avez moins de 5 mètres carrés en moyenne d'espace vert par habitant. Non seulement ce n'est pas une condition de vie acceptable, en termes de droit aux espaces verts, mais en plus, on sait que cela pose de gros soucis pour réduire la température de la ville, permettre aux citoyens de se trouver un lieu agréable pour passer des périodes de grosse chaleur. Il faut absolument démultiplier les espaces verts, les espaces de respiration, les endroits où l?on met des espaces de fontaine en accès libre. Vous développez des objectifs ambitieux en matière de développement de la production alimentaire locale et vous avez un bon discours sur l'action des terres agricoles. C'est vrai qu'on doit avoir une réflexion et repenser. Serait-on capable de penser l'autosuffisance alimentaire pour Paris à travers l'espace francilien ? Mais le problème, c?est que l'on en est extrêmement loin. Pour ce faire, il faudrait assumer que cette Assemblée se dise : "Le projet du Triangle de Gonesse, d?Europa City nous concerne". Ce n?est pas sur le territoire de Paris, mais qu'on aille "bousiller" des terres agricoles pour mettre en place le plus grand centre commercial d'Europe, on ne peut pas être indifférent. Il faudrait absolument que la Ville de Paris s'engage dans ces batailles-là, au lieu à chaque fois de retoquer : "Ce n?est pas sur notre territoire, cela ne nous préoccupe pas". De la même manière, il faudrait réaliser que toutes les logiques productiviste de fermes à 1.000 vaches, à 1.000 ou 10.000 poules - je ne sais plus, je me perds dans les chiffres - sont une aberration. Qu?il y ait un engagement de la Ville de Paris dans cette réflexion-là et comment la Ville de Paris peut aussi soutenir des projets agricoles qui ne sont pas sur son territoire. Après, évidemment, il faut innover et réfléchir sur les projets d'agriculture urbaine. Mais attention également que les projets d'agriculture urbaine que nous défendons ne se fassent pas au détriment d'autres priorités écologiques. Là, je pense aux réservoirs de Grenelle. Je ne suis pas convaincue, à cette étape-là - on en reparlera sur un autre dossier - qu'il faille faire sur les réservoirs de Grenelle de l'agriculture urbaine parce que la question des réservoirs d'eau non potable a un autre objectif écologique qui ne saurait être substitué par un autre. Il ne me reste plus énormément de temps. Sur la question des énergies renouvelables, j'ai parlé hier et je reparlerai aujourd'hui de la question de "Nexcis" parce que je pense que c'est vraiment une question dont on doit faire un symbole. On doit développer et encourager les entreprises innovantes dans le domaine énergétique. "Nexcis" développe des panneaux photovoltaïques intégrés aux fenêtres, ce qui permet de contribuer à des bâtiments auto-suffisants d'un point de vue énergétique, dans une logique de sobriété. Je pense qu'il faut absolument les soutenir. Pour conclure d?une manière générale, les objectifs sont louables - je voterai bien entendu le projet - mais je souhaiterais vraiment dénoncer le sentiment d?une absence totale de mention des moyens, notamment budgétaires, mis en ?uvre pour aboutir à ces objectifs louables, et l?absence également de mise en place de dispositifs contraignants pour le secteur privé, notamment les promoteurs privés qui interviennent sur le territoire parisien. Et surtout, les objectifs qu?on se fixe, qu?il s?agisse de la végétalisation des terres agricoles, je trouve, sont en contradiction avec des mesures qui ont été prises. Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci, Madame SIMONNET. La parole est à M. Yann WEHRLING.

M. Yann WEHRLING. - Monsieur le Maire, dans le cadre des Plans Climat, l?adaptation au changement climatique est une partie souvent négligée des réflexions des collectivités locales. Je me réjouis donc que nous prenions ce sujet à bras le corps. Le diagnostic est posé. Je le partage. Notre principal point de faiblesse, à l?avenir, ce seront les canicules d?été. Je dis "à l?avenir", mais au fond, soyons clairs : nous y sommes déjà. La canicule de l?été dernier était pire que celle de 2003, les dix années les plus chaudes jamais mesurées étaient toutes entre 2000 et 2015. Comme le déclamait un illustre personnage de notre République, qui disait que le changement, c?est maintenant, je dirai que le changement climatique, c?est maintenant. A ce titre, je ne peux que saluer toutes les réalisations déjà programmées. Je crois que nous devrons réellement mesurer que plus que la juxtaposition de mesures prises ici ou là, il y a quelque chose de systématique à prévoir dans toutes nos décisions d?aménagements urbains. Nous avons par exemple réussi à préserver les bassins de Grenelle dans le 15e arrondissement. Cette décision n?était pas acquise, mais nous avons réussi à convenir ensemble qu?il était important de préserver les rares points d?eau existants dans la ville. Il faudra sans doute d?ailleurs en créer d?autres. Les arbres, notamment les plus grands, ont un pouvoir rafraîchissant dans la ville. La végétalisation, c?est bien, mais maintenir l?existant, surtout quand il a mis des dizaines d?années à devenir vraiment efficace, comme peuvent l?être les grands arbres, autant faire tout pour les préserver. Faire tout pour les préserver, tel ne semble pourtant pas être le cas dans nos décisions d?aménagement, qui peuvent trouver utile de couper des arbres. On cède trop souvent à la facilité de couper sans réfléchir à des solutions pour l?éviter. Vous citez l?exemple de la place de la République dans votre document. Je ne partage pas votre analyse. Cette place participe moins que par le passé au rafraîchissement de l?air. Elle est moins végétale qu?avant, bien plus minérale, elle agit comme un véritable radiateur amplifiant et créant ce que l?on appelle justement les phénomènes d?îlots de chaleur. Je crois précisément que c?est l?exemple à ne pas suivre dans les futurs aménagements de places à Paris. Et puis, Monsieur le Maire, je ne puis m?empêcher de vous dire que la densité de la ville, que vous évoquez d?ailleurs dans ce rapport comme un fait compliquant notre capacité à nous adapter au changement climatique? Il est certain qu?une ville comme Berlin, disposant dans la plupart de ses quartiers, notamment en plein centre, de vastes espaces verts, a plus de capacité à réguler les canicules que des villes denses et minérales comme Paris. Dès lors, est-il utile de vous dire qu?il y a donc une forme de contradiction à vouloir poursuivre la densification de Paris, ce qui est, je crois, votre option ? L?emblème de cela restera à mes yeux la tour Triangle, excusez-moi d?y revenir, vaste serre géante qui, pour être supportable par ceux qui vont l?occuper, devra être massivement climatisée, ce que prouve d?ailleurs le volet énergétique du projet, qui précise que le premier poste des dépenses énergétiques ne sera pas, comme dans tous les immeubles parisiens, le chauffage, mais la climatisation. Vous ne voulez pas l?admettre, mais ce n?est pas exactement un modèle d?adaptation au changement climatique. Pour ne pas finir sur une note polémique, je voudrais vous inviter dans ce plan à profiter du volet d?information des Parisiens aux gestes d?adaptation, pour les inviter également à faire un lien plus fort avec la responsabilité de chacun d?entre nous dans la réduction des gaz à effet de serre. Nous avons tous une part de responsabilité, et je crois que la prise de conscience individuelle que le changement climatique est un phénomène qui n?est pas futur, mais présent, qu?il ira immanquablement en s?aggravant, doit nous inviter à agir au quotidien et sans attendre. Les gestes et les changements qu?on peut opérer sont nombreux. Nul besoin de tout changer dans son quotidien : une vigilance ponctuelle, un choix différent, ponctuel, mais régulier, peut avoir un impact considérable s?il est démultiplié. Nous abordions hier la question de la promotion d?une alimentation végétarienne. Je regrette que le v?u présenté par les Verts n?ait pas été adopté. Dans son esprit, il disait pourtant une chose fort juste : manger moins de viande participe en réalité fortement à la lutte contre le changement climatique. La chaîne économique de l?alimentation en France et dans le monde, de la production aux consommateurs, en passant par la distribution, est en effet trois fois plus contributrice aux gaz à effet de serre que les déplacements automobiles, par exemple. Il faut, je crois, redoubler d?efforts dans la communication qui peut être faite sur la liste de tous les efforts que nous pouvons faire. Il faut associer pour cela, notamment dans le sillage de la COP 21, mais bien au-delà, dans le temps également, tous les relais de messages : commerçants, R.A.T.P., médias et autres. Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Monsieur WEHRLING. Rappelons que place de la République, il y a plus d?arbres aujourd?hui qu?il n?y en avait auparavant. Mme Joëlle MOREL a la parole.

Mme Joëlle MOREL. - Merci, Monsieur le Maire. J?interviens sur le v?u "réaménagement des places". Le groupe Ecologiste se réjouit de la volonté de la Ville de Paris de réaménager les sept places parisiennes. Dans ce cadre, nous souhaitons que les différents projets de réaménagement prennent en compte les éléments liés à l?adaptation au changement climatique. Il faut faire mieux que sur la place de la République. Nous réaffirmons donc fortement la responsabilité de la Ville à agir, tant sur l?atténuation des émissions de gaz à effet de serre que sur l?adaptation des territoires aux effets attendus de dérèglement climatique. Agir sur les aménagements dans l?espace public a un impact fort sur le climat urbain, sur la température en ville, la température ressentie. Comme pour les trottoirs semi-végétalisés, la Ville de Paris doit être ambitieuse et doit être exemplaire. Nous savons tous que la présence de l?eau est indispensable dans les espaces publics, sous formes multiples : des miroirs d?eau, bassins, fontaines. C?est pourquoi nous demandons que les places parisiennes fassent l?objet d?un aménagement durable, qui tienne compte des exigences d?adaptation de l?espace public aux conséquences du dérèglement climatique, que l?opportunité de création de miroirs d?eau soit étudiée, y compris sous forme d?une réalisation expérimentale, qu?une partie significative des places soit végétalisée, que les matériaux utilisés présentent des caractéristiques thermiques facilitant l?évacuation de la chaleur, notamment de couleurs claires. Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame MOREL. Pour répondre à l?ensemble de ces interventions, la parole est à Célia BLAUEL. Un mot tout de même auparavant pour vous informer qu?au vu de l?état actuel de nos travaux, nous pensons finir demain matin à 11 heures. C?est-à-dire que nous aurions 2 heures de travaux demain matin. Si on travaille aussi bien qu?hier, nous pouvons gagner ces 2 heures dans la journée. Nous pourrions ainsi terminer dès ce soir, mais évidemment, j?en appelle à la responsabilité de tous. Et sans aucune pression, Célia, je te donne la parole.

Mme Célia BLAUEL, adjointe. - C?est ce que j?allais dire, sans aucune pression, merci, Monsieur le Maire. Mes chers collègues, merci à toutes et tous pour vos interventions. Je dois dire que c?est effectivement un plaisir pour moi que de présenter ce projet de délibération devant notre Conseil ce matin. Un projet de délibération et un débat qui nous rappellent d?abord, qu?à quelques semaines de la COP 21, les villes sont effectivement en première ligne pour faire face au dérèglement climatique. C?est ce que Galla BRIDIER a rappelé dans son intervention. C?est ce que nous faisons avec responsabilité depuis une dizaine d?années à la Ville de Paris avec le Plan climat-énergie territorial. Ensuite, la question du climat, vous l?avez compris, va bien au-delà de la simple question environnementale. Il s?agit bien aujourd?hui de trouver et mettre en ?uvre à l?échelle locale des solutions pour faire face aux enjeux du XXIe siècle, le dérèglement climatique, la raréfaction des ressources, mais aussi les crises économiques, et la nécessité de plus en plus de solidarité tant à l?échelle du territoire de notre ville qu?à l?échelle internationale. C?est une logique qui, à mon avis, en tout cas, est bien reflétée au c?ur de cette stratégie d?adaptation, puisqu?elle a une vocation vraiment transversale. Elle doit toucher l?ensemble de l?action de notre Ville et je pense que la lecture du document, si vous en doutiez encore, le confirme. Elle a d?ailleurs été élaborée avec nombre de mes collègues, que je souhaite remercier, au premier rang desquels Jean-Louis MISSIKA, Christophe NAJDOVSKI, Pauline VÉRON, Pénélope KOMITÈS et Emmanuel GRÉGOIRE, qui ont passé beaucoup de temps sur ce document. Une stratégie d?adaptation d?ailleurs qui nous permet d?ouvrir une nouvelle page pour les politiques climats de notre Ville, avec une ambition certaine, puisqu?à l?instar d?autres villes à travers le monde, qui sont encore peu nombreuses à s'être penchées sur ces questions, nous allons nous préparer encore mieux à faire face aux événements climatiques extrêmes, au premier rang desquels la canicule, comme le signalait Yann WEHRLING. Mais c?est un document aussi qui va nous amener à anticiper beaucoup plus l?avenir et en cela, nous sommes la première capitale à faire ce travail-là, en travaillant sur la sécurité de notre ville à très long terme en matière d?eau, d?énergie, d?alimentation, mais aussi en travaillant sur nos politiques d?urbanisme et/ou encore sur les modalités de solidarité telles que je les évoquais précédemment. A ce titre, je voudrais d?abord saluer les deux v?ux portés par le groupe Ecologiste de Paris, par Galla BRIDIER et Joëlle MOREL, qui sont vraiment des propositions de mise en application concrète, opérationnelle de cette stratégie dans nos projets de voirie. J?accueille donc très favorablement ces deux v?ux sur lesquels je souhaiterais tout de même apporter deux amendements oraux : - un amendement d?abord sur le v?u relatif à l?expérimentation des trottoirs semi-végétalisés pour simplement modifier les deux premiers attendus, en précisant que les grands axes concernés seront en priorité dans les arrondissement les plus populaires pour faire l?objet d?un aménagement expérimental d?une bande végétale d?un mètre cinquante sur ces trottoirs ; - sur le deuxième v?u, un deuxième amendement plus léger sur la question des sept places pour simplement remplacer le terme de "miroir d?eau" par le terme d?"espace ludique avec utilisation de l?eau" pour élargir le champ de nos réflexions. Si ces amendements vous convenaient, je pourrais donc donner un avis favorable à ces deux v?ux. Je souhaiterais après répondre à Danielle SIMONNET et à Yann WEHRLING. Vous vous éloignez quelquefois très loin de ce carnet d?adaptation. Danielle SIMONNET est notamment partie sur les grands projets inutiles. J?aurais envie déjà de nous concentrer sur Paris. La question du réservoir de Grenelle, nous y reviendrons. Un point sur lequel je souhaitais revenir sur l?intervention de Yann WEHRLING, vous parlez de la sensibilisation du grand public, j?aurais deux choses à dire. D?abord, oui, la sensibilisation du grand public est effectivement extrêmement importante. D?ailleurs, le bilan carbone de la Ville de Paris montre que, face au dérèglement climatique, nous ne pouvons pas simplement agir seuls et qu?il faut emmener l?ensemble de la société parisienne dans cette dynamique. C?est pourquoi depuis trois ans, un certain nombre de dispositifs sont mis en ?uvre pour amener plus de personnes à prendre des engagements, des dispositifs qui s'inscrivent dans une logique d?accompagnement des dynamiques du territoire par la Mairie de Paris. Je vous rappelle simplement un de ces dispositifs : le réseau des acteurs du Paris durable. C?est l?ensemble des acteurs aujourd?hui, individuels, associations, entreprises, engagés dans le développement durable et qui regroupent aujourd?hui quasiment 8 % de la population parisienne, ce qui est considérable. Nous sommes effectivement dans cette dynamique, tout en n?oubliant jamais qu?on ne peut pas faire porter sur le simple individu ces questions de dérèglement climatique et qu?il faut effectivement prendre nos responsabilités en matière de politique publique. Je conclurai en disant que, pour ma part, je trouve que nous ouvrons avec ce carnet d?adaptation un travail extrêmement enthousiasmant puisque cette stratégie d?adaptation alliée au Plan Climat énergie territorial positionne un nouveau Paris à la pointe sur les questions des politiques climat face au dérèglement climatique. C?est aussi notre façon de participer aux débats qui s?ouvrent avec la négociation de la COP 21. Je n?aurai pas la prétention de dire que nous allons avoir une influence sur François HOLLANDE comme le souhaite Danielle SIMONNET. En tout cas, c?est une fois de plus la démonstration de l?action des villes qu?il existe des solutions locales à ce problème global et surtout l'occasion de mettre sur la table ce problème de l?adaptation. En effet, si à Paris on parle de canicule, dans d?autres régions du monde, on parle d?aspects vitaux, d?accès à l?eau, à l?alimentation qui sont pris en considération. Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame BLAUEL, pour ce projet de délibération très important. Il a été demandé au groupe Ecologiste de Paris deux amendements concernant les deux v?ux. Madame MOREL, c?est bon ?

Mme Joëlle MOREL. - Nous acceptons les amendements.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Mme BRIDIER aussi, c?est parfait. Donc, je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 76 amendé avec un avis favorable de l?Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s?abstient ? Le v?u amendé est adopté. (2015, V. 309). Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 77 amendé avec un avis favorable de l?Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s?abstient ? Le v?u amendé est adopté. (2015, V. 310). Enfin, je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DEVE 126. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s?abstient ? Le projet de délibération est adopté. Félicitations ! C?est mérité. (2015, DEVE 126).