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Septembre 2015
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Vœu déposé par le groupe les Républicains relatif à l'hébergement des militaires de l'opération "Vigipirate".

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2015


 

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Le v?u n° 64 est relatif à l'hébergement des militaires de l'opération "Vigipirate". La parole est à Mme Catherine LECUYER, pour deux minutes.

Mme Catherine LECUYER. - Madame la Maire, chers collègues, à la suite des attentats de janvier, le Gouvernement a déployé plus de 10.000 militaires sur le territoire dans le cadre de l'opération "Sentinelle". C'est ainsi que 2.000 militaires sont déployés à Paris afin de surveiller 119 sites constituant des cibles potentielles d'actes terroristes. La persistance de la menace terroriste va conduire vraisemblablement à prolonger cette opération sans limitation de durée. Cette mobilisation sans précédent doit conduire chacun - Etat, collectivité et citoyens - à contribuer à l'effort fourni par l'armée. Cependant, nous ne pouvons être qu'interpellés par les conditions dans lesquelles ces militaires exercent leur devoir à Paris et en Région parisienne. Provenant de la France entière, ils souffrent de conditions de vie difficiles sur le territoire parisien, logés dans des casernes, éloignées de leur lieu de patrouille, ce qui les conduit à solliciter parfois des hébergements civils, y compris chez des particuliers. En outre, il manque un millier de lits pour ces militaires assurant la surveillance à Paris intra-muros. Ce déficit d'hébergement conduit des militaires à être logés dans le 11e arrondissement, alternativement dans la mairie et dans un collège en construction. La Ville de Paris s'associe déjà à l'opération "Sentinelle" par des mesures de gratuité pour faciliter l'accès des militaires aux établissements culturels et de loisirs de la Capitale. Mais il importe également de se mobiliser pour assurer des conditions d'hébergement dignes à nos soldats. C'est pourquoi nous vous proposons, d'une part, d'associer la Ville de Paris au Ministère de la Défense pour mettre en ?uvre un plan d'hébergement amélioré des soldats déployés à Paris, d'autre part, d'?uvrer à l'amélioration du quotidien de ces militaires en favorisant notamment les activités de récupération physique et psychologique par un accès facilité à davantage d'infrastructures de la Capitale : sport, restauration, loisirs, etc. Il incombe, en effet, aux Parisiens d'assurer des conditions dignes à ceux qui les protègent. Je vous remercie.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci, Madame LECUYER. Pour vous répondre, la parole est à Mme Catherine VIEU-CHARIER.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Mes chers collègues, les liens et les contacts réguliers qui unissent le Gouverneur militaire de Paris et la Mairie de Paris ne sont plus à démontrer. Au-delà des cérémonies qui jalonnent nos agendas et qui permettent aux élus que nous sommes de rencontrer le Gouverneur, l'actualité dramatique de ce début d'année a encore renforcé cette relation privilégiée qui existait, d'abord avec le Général Hervé CHARPENTIER - que je salue au passage puisqu'il nous a quittés pour prendre sa retraite - et avec le Général Bruno LE RAY qui le remplace et avec qui nous avons commencé à avoir un travail extrêmement fructueux. L'urgence dans laquelle l'opération "Sentinelle" a été déployée à la suite des attentats de janvier dernier, a conduit le Ministère de la Défense, les services du Gouverneur militaire de Paris et les institutions protégées par les soldats, à trouver des solutions d'hébergement rapide. Ainsi, et par souci de faciliter les choses, de nombreuses démarches se sont faites localement auprès des mairies d'arrondissement et des institutions protégées. Je veux d'ailleurs saluer ici la réactivité dont tout le monde a su faire preuve. La diversité des lieux concernés - je veux vous en rappeler le nombre : 119 - a dessiné une cartographie extrêmement large des hébergements. Je rappelle que, dans le mode opératoire de l?opération "Sentinelle", les militaires ont des missions de six semaines sur la même position. Ils patrouillent deux jours d'affilée et bénéficient d'une journée de repos. Pourquoi j'explique tout cela ? Parce que les hébergements concernent les deux nuits passées sur leur site de déploiement. Les conditions, certes, sont parfois proches de celles qu'ils peuvent avoir en opération extérieure. N'oublions pas que nous sommes en situation de guerre. Ce constat est valable aussi pour certaines enceintes militaires. Quelques 10 mois après sa mise en place et dans la pérennisation évidente du dispositif, une actualisation du plan d'hébergement de l'opération "Sentinelle" a été envisagée avec la volonté du Gouverneur militaire de Paris de recentrer celle-ci dans les enceintes militaires fermées et sécurisées. Pourquoi ? Parce que la Ville, dans le flux extrêmement tendu que nous connaissons, n'est pas en mesure de proposer ce type d'hébergement. Il ne s'agit pas d'une dizaine de lits ici ou là. Les solutions envisagées doivent favoriser la cohésion et la concentration des unités, faciliter la transmission des consignes, privilégier les déplacements courts et pratiques pour se rendre sur les lieux de mission et, surtout, protéger la sécurité des hommes et des femmes qui sont engagés. Les contacts que nous avons avec les services du Gouverneur militaire de Paris laissent entrevoir pour le moment des solutions internes. Des initiatives locales au coup par coup, comme c'est d'ailleurs déjà le cas dans certains arrondissements, peuvent effectivement accompagner ce recentrage, mais ceci est une action de longue haleine. De plus - je tiens à vous le dire - nous n'avons pour l?heure aucune demande de l'armée en ce sens.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Je vais vous demander de conclure, Madame VIEU-CHARIER. Je sais que c?est un sujet important.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - C?est un sujet important et je pense que si on ne développe pas, on ne comprend rien à cette affaire. J'en viens au point. S'agissant du quotidien des militaires, et conformément à la volonté de Mme la Maire de Paris, depuis avril 2015, de nombreux échanges entre les services de la Ville et l'Armée ont permis aux soldats de profiter des offres de loisirs, de sport, de culture dans toute la Capitale. Ainsi, on a pu, chaque fois qu?ils l?ont demandé, apporter détente et divertissement. D'ailleurs, un tableau a été effectué par nos services pour savoir quelles avaient été les demandes des soldats et ce qui leur avait été attribué. Nous allons continuer et, vraiment, on peut dire que l'année 2016 s'annonce riche en événements qui sauront détourner l'espace de quelques heures l'esprit des hommes et des femmes attachés à la mission qui leur a été confiée. Vous le voyez, l'accès aux infrastructures de la Ville est facilité et nous veillons à ce que nos soldats puissent au cours de leur journée de repos oublier un peu de leur quotidien pour faire preuve dès le lendemain de la vigilance et du professionnalisme que nous leur connaissons. Aussi, pour toutes ces raisons, je vous demande de retirer votre v?u.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci, Madame VIEU-CHARIER. Madame LECUYER, acceptez-vous de retirer votre v?u n° 64 ?

Mme Catherine LECUYER. - Non.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - D?accord. Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 64 avec un avis défavorable de l?Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Abstentions ? Le v?u est rejeté.