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Janvier 2000
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Conseil Municipal
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84 - QOC 2000-33 Question de M. Christophe CARESCHE et des membres du groupe socialiste et apparentés à M. le Préfet de police concernant la présence de jeunes enfants handicapés se livrant à la mendicité, boulevards de Clichy et de Rochechouart (9e et 18e)

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2000


Libellé de la question :
"Depuis quelques mois, les boulevards de Clichy et de Rochechouart ainsi que différents lieux de Montmartre (9e) voient s'installer des mendiants physiquement handicapés, dont certains sont de très jeunes enfants. La vision de ceux-ci, mutilés, abandonnés seuls toute la journée sur un coin de trottoir, le visage à la hauteur des gaz d'échappement, est insupportable.
Il semblerait que ce phénomène soit lié à l'existence de réseaux organisés.
M. le Préfet de police peut-il indiquer de quelles informations il dispose à ce sujet et quelles mesures ils compte prendre pour assurer en particulier la protection des mineurs concernés."
Réponse (M. LE PRÉFET DE POLICE) :
"Les boulevards de Clichy et de Rochechouart situés de part et d'autre de la place Pigalle ainsi que le quartier de Montmartre connaissent, comme tous les lieux très fréquentés de la Capitale, ces pratiques de mendicité exercées par des enfants, dont la plupart sont d'origine roumaine.
Pour mieux susciter la compassion des passants et par là-même leur générosité, les enfants apparaissent souvent comme souffrant d'un handicap ou d'une mutilation. Fort heureusement la réalité est généralement tout autre, ainsi que les services de police sont amenés à le vérifier à l'occasion de leurs interventions sur le terrain.
En effet, très rares ont été les cas dans la Capitale où le diagnostic d'un handicap a été confirmé chez ces enfants.
En 1999, une telle situation n'a concerné que deux jeunes roumains qui ont fait l'objet d'un placement par l'aide sociale à l'enfance sur ordonnance du parquet.
Je rappellerai que ce problème de la mendicité pratiqué par les enfants, accompagnés ou non par des adultes, est régulièrement évoqué à cette tribune et j'ai à plusieurs reprises développé les difficultés auxquelles se heurtent les services de police pour y apporter à leur niveau une réponse satisfaisante.
J'évoquerai néanmoins que ces enfants sont, dès lors que leur minorité est établie, conduits à la brigade de protection des mineurs et généralement remis à leur famille après avis du parquet.
Il convient de noter la difficulté pour entreprendre une quelconque action de prévention envers ces enfants compte-tenu de l'absence habituelle de domicile fixe de leurs parents.
Si les services de police parviennent à établir qu'il ne s'agit pas de pratiques isolées mais s'inscrivant plutôt dans une organisation bien structurée, des règles très précises doivent être observées pour l'établissement des procédures, dont seul le bon respect peut permettre de mener les poursuites judiciaires à leur terme.
Ces règles font l'objet d'une circulaire interne qui insiste sur la coordination de l'action des directions actives de la Préfecture de police afin que leur application soit la plus stricte possible.
C'est dans ce cadre que se poursuivent les surveillances, notamment dans le secteur des boulevards de Clichy et de Rochechouart, mais aussi dans le quartier de Montmartre."