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Janvier 2000
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Conseil Municipal
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104 - QOC 2000-22 Question de M. Jean-Pierre REVEAU, élu du Front national à M. le Préfet de police au sujet de la lutte contre le phénomène de bandes dans le quartier des Olympiades (13e)

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2000


Libellé de la question :
"M. Jean-Pierre REVEAU demande à M. le Préfet de police quelles sont les mesures prises pour lutter contre le phénomène des bandes dans le quartier des "Olympiades" (13e), où viennent de se produire des incidents très graves, avec usage d'armes à feu."
Réponse (M. LE PRÉFET DE POLICE) :
Plusieurs incidents graves se sont récemment produits dans le 13e arrondissement, et plus particulièrement dans le quartier des Olympiades, laissant à penser à une exacerbation du phénomène de bandes, déjà révélé ponctuellement dans cette partie de la Capitale au cours de ces dernières années.
La période précédant les fêtes de fin d'année a ainsi été marquée par deux affrontements violents faisant trois blessés dont deux graves. L'un le 20 décembre et l'autre le 21 décembre dernier.
En l'état actuel des informations dont je dispose, je puis préciser que le mineur victime de coups de couteau, lors de la rixe survenue le 20 décembre, à hauteur de la rue des Frères d'Astier de la Vigerie, a pu être entendu, le 3 janvier 2000.
Les renseignements qu'il a été en mesure de fournir ont permis l'ouverture d'une information, suivie d'un important travail d'identification des individus, responsables des blessures qui lui ont été infligées. A l'issue de ce travail, une opération d'interpellation a été menée en une dizaine de points, situés dans le 13ème arrondissement, mais également dans les 15e et 19e arrondissements, ainsi que dans la commune de Gennevilliers. Neuf individus ont été interpellés, dont cinq mineurs.
Après 48 heures de garde à vue, pendant lesquelles ils ont été confrontés aux victimes et aux témoins, quatre d'entre-eux ont été confondus et ont reconnu en partie les faits. Bien que mineurs, ils ont été déférés et placés sous mandat de dépôt.
Intervenue sur la dalle des olympiades, le 21 décembre dernier vers 20 heures, l'autre rixe a opposé une trentaine d'individus, ayant tous le visage dissimulé par des écharpes ; armés de battes de base-ball et de fusils de type "gomme cogne" ils s'en sont pris à des jeunes regroupés aux abords de la tour "Grenoble", 17, rue du Javelot et en dépit de l'arrivée rapide des forces de police, aucun de ces individus n'a pu être interpellé.
L'état d'un jeune homme, gravement blessé lors de cet affrontement, n'a pas encore permis aux services de police spécialisés de l'entendre.
Ce travail d'investigation se poursuit. Dès que l'état de santé du mineur agressé le permettra, il sera auditionné par les fonctionnaires de la 3e division de police judiciaire et une seconde information sera ouverte concernant ces faits.
Ces incidents pourraient avoir pour cause la "défense d'un territoire", ou été commis pour des motifs futiles, à l'occasion desquels se forment des alliances de circonstances avec des bandes des communes limitrophes. Il demeure toutefois difficile de connaître les véritables raisons de tels affrontements, les protagonistes refusant de s'expliquer et réglant leurs différends en milieu totalement clos, excluant toute médiation.
Il est néanmoins certain qu'il existe un lien entre le trafic de drogue dans les cités du 13e arrondissement, que confirme la découverte importante, en décembre dernier, de 50 kilogrammes de cannabis dans un local proche du square Dunois, et ces affrontements.
Le dispositif mis en place dès le 22 décembre 1999 sur ces sites sensibles, à savoir la dalle des Olympiades, le secteur Simone Weil et la place Souham, a néanmoins constitué une réponse immédiate aux problèmes de maintien de l'ordre et de la sécurité.
Ce dispositif de sécurisation a mobilisé tout d'abord des effectifs locaux de la police urbaine de proximité, à savoir les fonctionnaires en tenue de la brigade anti-criminalité du 5e secteur, appuyés par un équipage en civil de la brigade anti-criminalité de l'arrondissement.
Ils ont été quotidiennement renforcés par des éléments issus des compagnies d'intervention de la direction de l'ordre public et de la circulation, de la brigade anti-criminalité en tenue du 6ème secteur et de la brigade anti-criminalité de nuit de la capitale, afin d'assurer une présence policière continue sur les sites considérés, de la fin d'après-midi au lendemain matin.
A partir du 7 janvier 2000, ce dispositif a été progressivement allégé, ces lieux ayant retrouvé une physionomie normale. Toutefois, la brigade anti-criminalité de nuit de la Capitale continue à relayer les effectifs locaux dès 23 h 30.
Face à ces nouveaux incidents, la mobilisation policière sur le 13e arrondissement doit, bien entendu, demeurer entière, comme le précisent les instructions que j'ai données, et dont l'application fait l'objet d'un suivi rigoureux."