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Janvier 2000
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Conseil Municipal
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29 - 2000, DAC 7 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer avec la S.A.R.L. cinéma "Le Bilboquet" (6e) une convention. - Subvention d'équipement. - Montant : 360.000 F

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2000


M. Manuel DIAZ, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DAC 7 relatif à une autorisation à M. le Maire de Paris à signer avec la S.A.R.L. cinéma "Le Bilboquet" une convention - Subvention d'équipement - Montant : 360.000 F.
La parole est à Mme MOREAU.
Mme Gisèle MOREAU. - Ce projet de délibération relatif à l'attribution d'une subvention en faveur de la rénovation du cinéma indépendant, le Saint-Germain-des-Prés, m'amène à faire une remarque et à poser une question plus générale sur le soutien nécessaire au cinéma indépendant.
Tout d'abord, je me féliciterai de l'attribution de cette subvention à un cinéma qui constitue un élément pivot du cinéma d'art et d'essai à Paris et contribue pleinement à la richesse de l'offre cinématographique avec un caractère de proximité précieux.
Cette subvention est aussi un encouragement pour le gestionnaire de cette salle, M. HENOCHSBERG, qui ne ménage pas ses efforts pour le cinéma indépendant.
Je formulerai un regret, c'est que la somme attribuée soit assez sensiblement inférieure à la somme demandée, en se limitant aux seules dépenses de sécurité, soit 360.000 F, sur un coût total de travaux de 2.475.000 F.
J'insiste sur l'attention suivie pour que la salle puisse faire face à cette rénovation complète. Je rappelle l'attachement des élus communistes au cinéma d'art et d'essai qui souffre à une époque où la rentabilité fait loi. 135 salles ont été fermées en 7 ans, et les multiplex représentent une nouvelle menace. Ils écrasent les autres salles et réduisent l'offre cinématographique aux seuls films aptes à produire des recettes record. C'est tout le septième art qui est menacé.
Si des mesures ne sont pas prises au niveau voulu, la disparition de nouvelles salles est programmée.
Deux salles suscitent l'inquiétude : la Pagode, fermée depuis deux ans, et le Champollion menacé de fermeture. Le Maire de Paris a proposé au Ministère de la Culture d'établir un partenariat pour sauver ces deux hauts lieux du cinéma d'art et d'essai qui constituent chacun de précieux exemples d'architecture liés à l'histoire de la Capitale.
Une réponse a-t-elle été apportée à cette demande ? Sinon, que compte faire la Ville pour prolonger, appuyer cette démarche afin de débloquer la situation de ces deux salles de cinéma ?
Je vous remercie.
M. Manuel DIAZ, adjoint, président. - Pour répondre à Mme MOREAU, je donne la parole à Mme MACÉ de LÉPINAY.
Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY, adjoint, au nom de la 4e Commission. - Madame MOREAU, je veux vous remercier de soutenir et de voter favorablement cette subvention, tout en vous précisant qu'effectivement, l'aide de la Ville, traditionnellement, se limite à subventionner des dépenses de sécurité et des dépenses d'accueil du public.
Par ailleurs, je tiens à vous rappeler que le Maire et moi-même sommes très attachés à la vie du cinéma à Paris, et singulièrement à ce qui caractérise notre Ville, c'est-à-dire le grand réseau de salles et en particulier de salles indépendantes et d'art et d'essai.
Je vous rappelle que le Maire a demandé un moratoire sur l'installation des multiplex à Paris.
La situation des cinémas nous préoccupe depuis des années et chaque fois que c'est possible, lors de la campagne de travaux dans des salles de quartier, par exemple, nous les avons aidés. Il est quelquefois difficile de monter les dossiers, mais c'est une véritable volonté politique que de pouvoir aider ces salles indépendantes.
En octobre 1999, le Maire de Paris a interrogé le Ministère de la Culture pour connaître les initiatives que le Ministre entendait prendre afin d'élargir pour les cinémas d'art et essai les possibilités d'exonération de la taxe professionnelle ; en effet, une disposition de la loi de finances initiale de 1998, relative aux cinémas d'art et essai, s'avère plus restrictive que la loi SUEUR.
Pour ce qui concerne les deux cinémas évoqués, le Champollion et la Pagode, la Ville n'est pas restée inactive. Le Maire a engagé, à titre conservatoire, une procédure de préemption de l'immeuble du Champollion.
Une première réunion s'est tenue le 18 janvier entre la Ville et le C.N.C. afin d'évoquer la meilleure façon de consolider la situation du Champollion. Une deuxième réunion s'est tenue aujourd'hui même entre le C.N.C. et la Ville, au cours de laquelle la situation du Champollion et aussi celle de la Pagode a été évoquée.
Le propriétaire des murs de la Pagode, tout comme l'exploitant cinématographique, participaient à cette réunion. Notre souci, comme celui du C.N.C., est de parvenir au plus vite à concilier les points de vue des deux parties afin que la Pagode puisse rouvrir, au moins provisoirement, dans les meilleurs délais, après des travaux de confortation.
La Ville a précisé qu'elle pourrait éventuellement, au titre des Monuments historiques, s'associer au plan de financement des travaux de restauration de ce cinéma emblématique d'une certaine idée du cinéma à Paris.
Une prochaine réunion est fixée sur place le 15 février.
Comme depuis la fermeture de la Pagode, la Ville s'efforcera d'obtenir la réouverture de cette salle unique à tous points de vue et à laquelle les Parisiens sont tellement attachés.
Voilà les éléments que je pouvais vous apporter en vous remerciant de voter la subvention proposée ce soir.
M. Manuel DIAZ, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 7.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, DAC 7).