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Janvier 2000
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Conseil Municipal
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2 - Condoléances

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2000


M. LE MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, le Conseil de Paris a appris avec tristesse et émotion le décès de notre collègue, Maurice COUVE de MURVILLE, ancien Premier Ministre, ancien député de Paris, ancien sénateur et conseiller de notre Capitale, disparu le 24 décembre dernier.
(Les Conseillers se lèvent).
A son épouse, à ses enfants et à tous les siens, je tiens à dire ici notre profonde sympathie et je vous invite à lui rendre avec moi l'hommage de notre Conseil, des Parisiens et des Parisiennes.
Maurice COUVE de MURVILLE avait conçu très jeune une véritable passion pour la géographie et les pays lointains. Primé dans cette discipline au Concours général des lycées, il ignorait alors qu'il lui appartiendrait bientôt de redessiner le visage de l'Europe et d'affirmer avec talent la place de la France au sein du concert des nations.
Le Général de GAULLE, que Maurice COUVE de MURVILLE avait rejoint en 1943, connaissait cette dilection particulière qu'ils avaient en partage pour la géographie et les questions internationales.
En 1944, il nommait le jeune inspecteur des finances, qui avant la guerre avait été directeur adjoint du Trésor, à un poste délicat et stratégique où Maurice COUVE de MURVILLE allait faire la démonstration de ses talents de négociateur : délégué auprès de la Commission consultative alliée pour les questions italienne et balkanique, des talents qui lui valaient, en 1945, d'entrer au Ministère des Affaires étrangères et d'y commencer une brillante carrière diplomatique. De 1950 à 1958, il fut ainsi ambassadeur de France au Caire, puis à Washington et enfin à Bonn.
C'est donc à un diplomate chevronné que le Général de GAULLE faisait appel pour diriger le Quai d'Orsay en 1958. Pendant plus de dix ans, Maurice COUVE de MURVILLE allait être un collaborateur sans faille du Général, tant pour l'élaboration que pour la direction de la politique étrangère de la France qu'il définissait ainsi lors d'un discours à l'Assemblée nationale, le 26 avril 1964 : "Ma politique étrangère est faite de deux principes fondamentaux qui ont toujours été ceux de la France au cours de l'Histoire : celui de l'indépendance nationale et celui de la solidarité humaine".
Si c'est à lui qu'il revint de mettre en oeuvre la décolonisation, il fut surtout l'un des principaux artisans de la réconciliation franco-allemande et de la difficile construction de l'Europe. Aujourd'hui encore, les principes définis et mis en oeuvre lors de cette décennie continuent d'inspirer l'action de la France sur la scène internationale.
En juillet 1968, il devenait, dans des circonstances difficiles, le dernier Premier Ministre du Général de GAULLE, avec la délicate mission de gérer les conséquences de la crise de mai 1968, qu'il s'agisse de rétablir les grands équilibres économiques ou de préparer le référendum sur la réforme du Sénat et la régionalisation.
Après son départ du gouvernement, Maurice COUVE de MURVILLE continua de manifester un intérêt jamais démenti pour la politique étrangère de la France et il présida ainsi, à l'Assemblée nationale, la Commission des Affaires étrangères.
Rémois d'origine, il portait également un grand intérêt à Paris, qu'il contribua à faire une très grande Capitale diplomatique et dont il aimait à rappeler le rôle premier dans le destin de la Nation.
Député du 8e arrondissement de Paris, puis conseiller et sénateur de Paris, Maurice COUVE de MURVILLE avait acquis, dans l'exercice de ses mandats successifs, une réelle expertise des défis que rencontre une grande Capitale et il sut, notamment au sein de la Commission des finances de notre assemblée, délivrer des avis toujours éclairés.
Celui qui embrassait avec tant de virtuosité les grands enjeux de notre temps fut ainsi un grand élu local, un parfait connaisseur du terrain, en prise avec les préoccupation des Parisiens.
Mes chers collègues, toute sa vie Maurice COUVE de MURVILLE fut un exemple de volonté et de rigueur au service de la plus belle des causes : la France, mais aussi Paris.
Aujourd'hui, alors que nous célébrons sa mémoire, nous avons une pensée émue pour un homme dont tous s'accordaient à reconnaître l'intelligence, l'autorité et la stature.
(L'Assemblée, debout, observe une minute de silence).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, le Conseil de Paris a appris avec beaucoup de tristesse et d'émotion le décès, survenu le 14 janvier 2000, de M. Raymond LONG, ancien Conseiller de Paris.
(Les Conseillers se lèvent).
Docteur en droit et licencié ès lettres, M. Raymond LONG entre dans l'Administration préfectorale en octobre 1944. Il appartiendra au Cabinet de Georges Pompidou, Premier Ministre, en 1962, avant d'exercer les responsabilités de Préfet du Cantal, en 1962, et de Secrétaire général adjoint de Paris, de 1968 à 1973.
Elu Conseiller de Paris dans le 16e arrondissement en 1977, réélu en 1983 et 1989, M. Raymond LONG s'intéresse tout particulièrement aux affaires économiques (services industriels et commerciaux, tourisme, commerce, artisanat, travail, emploi).
A ce titre, il exerce les responsabilités de vice-président de la 6e Commission de 1977 à 1983 et siège ensuite à la 7e Commission. Il fut également Conseiller délégué auprès du Maire de Paris.
Elu au Conseil régional d'Ile-de-France, dont il sera vice-président de 1981 à 1982, M. LONG assurera par ailleurs la vice-présidence du syndicat interdépartemental de l'assainissement de l'agglomération parisienne.
Préfet honoraire, M. Raymond LONG était commandeur de la Légion d'honneur et grand officier de l'Ordre national du Mérite.
Bon connaisseur de l'administration, attaché aux valeurs du service public, M. Raymond LONG était apprécié par ses collègues pour sa courtoisie et sa compétence.
Et mon nom et au nom du Conseil de Paris, j'exprime à la veuve et aux enfants de M. Raymond LONG les condoléances émues de notre Assemblée.
(L'Assemblée, debout, observe une minute de silence).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, c'est avec une profonde émotion que nous avons appris le décès de Constant TEFFRI, survenu dimanche 16 janvier. A tous les siens, je tiens à dire ici notre profonde sympathie et je vous invite à lui rendre avec moi l'hommage de notre Conseil et celui des Parisiens au service desquels il s'est consacré durant ces quarante dernières années.
(Les Conseillers se lèvent).
Retracer le parcours d'un homme qui aura vécu deux changements de siècle n'est pas chose aisée. Par amitié et respect pour la mémoire de ce cher ami, j'évoquerai devant vous les grandes étapes de sa carrière, marquée par la diversité des fonctions et des responsabilités qu'il a assumées.
Né le 17 mai 1898 à Lille, Constant TEFFRI, âgé d'une vingtaine d'années, décida de faire de Paris sa ville d'adoption et débuta sa longue carrière au service des Parisiens comme secrétaire parlementaire du député de Paris, Louis ROLLIN. Il fut successivement haut fonctionnaire, administrateur et directeur de sociétés, pour devenir maire du 18e arrondissement.
Servir ses concitoyens, servir la démocratie, aura été la ligne directrice de sa belle carrière.
Ces valeurs, Constant TEFFRI les a d'abord défendues sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale, où il fut blessé en 1918. Membre de nombreux cabinets ministériels de l'entre-deux-guerres, il fut aussi le fondateur du Salon de la France d'Outre-Mer. Nommé en 1960 par le Préfet premier magistrat du 18è arrondissement de Paris, poste qu'il occupa jusqu'en 1968, il fut l'un de ces précurseurs qui, avant même que Paris ne redevienne une municipalité de plein exercice avec Jacques CHIRAC, ont ouvert dans notre Capitale les chemins de la concertation et de la démocratie, notamment de la démocratie locale.
En septembre 1998, nous avions fêté son centenaire à l'Hôtel-de-Ville, en présence d'Alain JUPPÉ, et j'ai eu l'immense joie de l'accueillir de nouveau il y a quelques mois à peine pour qu'il reçoive des mains de notre collègue et ami, le professeur CABROL, les insignes d'Officier de l'Ordre national de la Légion d'honneur.
L'Hôtel-de-Ville, avec la République de Montmartre dont il était le Président d'honneur, garderont la mémoire de ce Parisien qui avait lié son histoire à celle de sa Ville, notre Ville.
(L'Assemblée, debout, observe une minute de silence).
Merci.