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Janvier 2000
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Conseil Municipal
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57 - QOC 2000-52 Question de M. Jean-Pierre BURRIEZ et des membres du groupe "Paris-Libertés" à M. le Préfet de police à propos du bilan détaillé de la délinquance à Paris, au titre de l'année 1999, arrondissement par arrondissement

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2000


Libellé de la question :
"M. Jean-Pierre BURRIEZ et les membres du groupe "Paris-Libertés" demandent à M. le Préfet de police de bien vouloir leur communiquer les chiffres détaillés de la délinquance à Paris, au titre de l'année 1999, globalement et arrondissement par arrondissement."
Réponse (M. LE PRÉFET DE POLICE) :
"Depuis mon arrivée à la Préfecture de police, j'ai régulièrement présenté et commenté, au début de chaque année, les données statistiques de la délinquance au titre de l'année précédente.
Pour ce qui concerne les chiffres de 1998, je rappellerai que cette présentation a eu lieu le 16 février 1999 et que tous les élus de la capitale ont ensuite été destinataires d'une brochure détaillée sur ce thème, accompagnée d'un tableau récapitulatif des faits constatés pour chacun des 20 arrondissements.
A ce jour les chiffres globaux de la délinquance à Paris sont d'ores et déjà disponibles et je puis vous en communiquer les grandes tendances.
Le relevé complet des crimes et délits enregistrés par les services de la Préfecture de police montre une progression de 2,1 % de 1998 à 1999. Toutefois, en ajoutant à ce chiffre les constatations effectuées par les divers services à vocation judiciaire habilités à exercer à Paris (gendarmerie nationale, services centraux de la police judiciaire et de la police aux frontières), l'augmentation réelle de la délinquance à Paris est de 1,99 %.
La délinquance a augmenté sur un rythme nettement moins soutenu qu'en 1998 où la progression était de 4,60 %. Malgré cette hausse légère, on ne saurait tenir 1999 pour une année particulièrement marquée par l'insécurité. En effet, si l'on prend pour référence l'année 1990 affectée d'un indice 100, l'indice relevé en 1999 n'est que de 97. La délinquance enregistrée en 1999 est inférieure de 4 % à la moyenne des 10 dernières années (1990-1999), et de 7,5 % à la moyenne des 20 dernières années (1980-1999).
D'autres signes encourageants méritent d'être soulignés :
- la délinquance diminue au cours des trois derniers mois de l'année ;
- la délinquance de voie publique est en baisse de 2,25 % et c'est là l'enseignement le plus important.
Sont ainsi en recul :
- les cambriolages (-6 %) ;
- les vols d'automobiles (-7,2 %) ;
- les vols à la roulotte (-6,5 %) ;
- les vols à la tire (-6 %).
Une partie de l'augmentation générale des crimes et délits enregistrée en 1999 est artificielle, car elle est une conséquence directe de la réforme mise en place le 18 avril 1999, dont les objectifs visent à rapprocher la police et le public, à améliorer le service rendu à la population et à accroître l'efficacité de la lutte contre la petite et moyenne délinquance.
La concrétisation de ces objectifs a entraîné des conséquences immédiates sur les statistiques de la délinquance en révélant des faits qui, jusqu'ici, n'étaient pas ou peu portés à la connaissance de la police. En effet, les facilités nouvelles offertes par la police urbaine de proximité incitent les victimes à déposer plainte plus largement pour des faits de faible gravité.
Ainsi, les atteintes aux personnes sont en hausse de 6,8 %, mais cette augmentation porte exclusivement sur des faits mineurs, tels que les simples menaces. En revanche, les formes de violences graves n'augmentent pas. Les coups et blessures volontaires régressent de 1,5 % et le nombre des homicides est l'un des deux plus bas de ces 25 dernières années.
Les plaintes pour des faits de vandalisme, qui sont désormais scrupuleusement enregistrées par les services de la police urbaine de proximité, augmentent très modérément (+2,8 %), souvent pour des dégradations minimes.
Par ailleurs, l'élargissement du champ de compétence des services de police locaux a accru leur activité générale et favorisé la découverte de nouveaux délits. C'est ainsi que les infractions à la législation sur les stupéfiants ont vu leur nombre progresser de 11,1 % en un an. Ce domaine était, avant la réforme, l'apanage exclusif de la brigade des stupéfiants. Les services de la police urbaine de proximité sont désormais habilités à traiter des affaires à caractère local. Cet élargissement du champ d'activité améliore l'efficacité de la lutte contre le trafic. Ce sont, en effet, les interpellations pour des faits de revente et de trafic qui augmentent, alors que les interpellations pour simple usage de drogue diminuent.
Les états des crimes et délits ventilés par arrondissements sont actuellement en préparation. Je ne manquerai pas de les rendre publics d'ici quelques jours, avec le détail des statistiques générales de la délinquance parisienne dont je viens de vous livrer les grandes lignes. Vous serez, bien entendu, aussitôt rendus destinataires de l'ensemble de ces données statistiques."