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Janvier 2000
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Conseil Municipal
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46 - I - Questions du groupe "U.D.F. et modérés".QOC 2000-29 Question de M. Jean-Philippe HUBIN à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police concernant le nombre de taxis en activité à Paris

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2000


Libellé de la question :
"Le nombre de taxis en activité à Paris serait de l'ordre de 14.000. Or, une fraction importante de ces taxis est quotidiennement bloquée de façon involontaire, dans des files d'attente "taxis" des aéroports d'Orly et de Roissy-Charles-de-Gaulle.
Ces files peuvent atteindre une telle importance que les chauffeurs doivent patienter plus de 2 heures à Roissy-Charles-de-Gaulle et plus d'une heure à Orly avant de prendre leurs clients.
Le total des voitures ainsi bloquées pourrait être de l'ordre de 2 à 3.000, d'après des informations non vérifiées. Ce simple fait explique l'insuffisance du nombre des taxis constatée à Paris par tous les usagers.
Il serait bon que la Préfecture de police et la Municipalité parisienne prennent des initiatives dans ce domaine afin de corriger cette anomalie et ainsi remédier à cette situation."
Réponse (M. Bernard PLASAIT, adjoint) :
"Le nombre de taxis parisiens est actuellement de 14.900, avec 16.700 chauffeurs (dont 8.500 artisans).
La présence en grand nombre de taxis en attente dans les aéroports parisiens, et notamment à Roissy, et le manque de taxis signalé dans la capitale peuvent s'expliquer par deux facteurs :
Les courses à destination et au départ des aéroports sont très intéressantes financièrement pour les taxis, ce qui explique un attrait pour ces lieux. Par ailleurs, les difficultés de circulation à certaines heures sur le trajet aéroports - Paris les incitent à ne pas faire de retour à vide. Dès lors lorsqu'un chauffeur récupère une course à destination d'un aéroport, il préfère attendre sur place un nouveau client, le prix de la nouvelle course rentabilisant la durée d'attente, qui peut effectivement être de plus de deux heures. D'après le bureau de taxis de la Préfecture de Police, certains chauffeurs se "spécialisent" dans les courses "aéroports".
L'absence corollaire de taxis dans la Capitale aux heures de pointes trouve certainement son origine dans la tarification actuellement appliquée. En effet, à ces heures là, le prix de la course est basé principalement sur le régime de la "marche lente" réglé au tarif horaire qui est jugé trop faible par l'ensemble de la profession des chauffeurs de taxis. Ceux-ci préfèrent donc rechercher des clients en proche banlieue où s'applique un tarif kilométrique (tarif B) supérieur à celui retenu dans Paris (tarif A). La présence de nombreux taxis dans les aéroports s'inscrit également dans cette démarche.
Sur cette question, qui relève de la compétence de la Préfecture de police, il faut signaler que celle-ci travaille avec la profession, les associations d'usagers et le Ministère de l'Economie et des Finances, pour une évolution de la tarification, afin d'inciter les chauffeurs à être plus présents dans Paris à certaines heures. Elle n'exclut pas non plus de délivrer quelques autorisations de stationnement (licences) supplémentaires afin d'augmenter la flotte des taxis parisiens.
La Ville de Paris suit de près ce dossier, et d'une façon générale cherche à améliorer l'attractivité et le fonctionnement du service des taxis, en particulier au travers de groupes de travail mis en place par le Maire lors de la dernière commission extra-municipale des taxis du 3 juin 1999.
Par ailleurs, les actions déjà entreprises pour l'amélioration de la circulation des autobus (renforcement de la protection des couloirs), à l'image des aménagements réalisés sur une partie du boulevard des Maréchaux, bénéficient directement aux taxis qui les utilisent largement."
Réponse (M. LE PRÉFET DE POLICE) :
"Le nombre des taxis parisiens est de 14.900 conformément aux dispositions de l'arrêté préfectoral du 6 septembre 1990 portant augmentation du nombre des taxis parisiens.
Ces taxis sont compétents pour desservir Paris, les 80 communes de l'ancien Département de la Seine, les aéroports d'Orly et de Roissy ainsi que le parc des expositions de Villepinte.
Aux heures de pointe, on peut estimer qu'environ 2.000 à 3.000 chauffeurs de taxis préfèrent attendre une course plus rémunératrice sur les stations des aéroports d'Orly et de Roissy, plutôt que de servir la clientèle dans Paris.
Il ne s'agit en aucun cas d'une situation conjoncturelle mais d'un choix délibéré de conducteurs qui préfèrent attendre deux à trois heures aux aéroports pour obtenir une course Orly-Paris, comprise entre 150 et 200 F, ou une course Roissy-Paris, comprise entre 230 et 350 F, plutôt que de prendre en charge la clientèle dans Paris, où la densité de la circulation ne leur permet d'accomplir, durant les heures de pointe, qu'une à deux courses de 50 à 100 F.
Aussi, plusieurs solutions sont-elles envisagées pour mettre un terme à cette situation.
La première solution, qui a la préférence des organisations professionnelles de conducteurs de taxis, consiste à améliorer la fluidité de la circulation pour les taxis.
Cependant, ceci implique un respect accru des couloirs réservés aux autobus et aux taxis, de la part des autres usagers de la voie publique.
L'augmentation progressive de la mise en site propre de ces couloirs va dans ce sens avec, notamment, la protection du couloir de la "Petite ceinture", sur les boulevards des Maréchaux, qui est en voie d'achèvement et que les professionnels ont accueilli très positivement.
L'interdiction des livraisons aux heures de pointe, effective depuis le 6 septembre 1999, participe également à l'amélioration des conditions de circulation des taxis.
La seconde solution consiste à réduire les capacités des stations des aéroports d'Orly et de Roissy, afin de ne plus permettre l'accueil des taxis au-delà des besoins nécessaires au service de la clientèle.
A ce jour, l'aéroport de Roissy comprend cinq parcs de réserve des taxis, qui sont spécialisés dans la desserte d'une ou de deux aérogares.
Un projet est actuellement en cours de discussion entre les représentants d'aéroports de Paris, de l'administration et des organisations professionnelles, afin de remplacer les cinq parcs existants par un seul parc qui desservirait la totalité des aérogares.
La mise en commun des places d'attente nécessaires aux différentes aérogares permettrait de diminuer sensiblement le nombre de taxis en attente, sans que la satisfaction des besoins de la clientèle s'en ressente.
Les taxis qui ne pourraient plus stationner sur les places supprimées seraient alors contraints, de fait, à aller travailler sur Paris.
La dernière solution consiste à rendre plus incitatif le tarif des courses dans Paris aux heures de pointe, afin d'y attirer davantage de taxis.
Une étude doit être engagée, suite à une recommandation du conseil national de la consommation, afin d'aboutir à un tarif différencié entre les heures de pointe et les heures creuses.
Une expérimentation devrait être menée dans les tout prochains mois afin de déterminer les conditions d'une réforme de la tarification qui favoriserait le travail aux heures de pointe.
En effet, l'objectif de la Préfecture de police est naturellement d'obtenir une augmentation du nombre de taxis travaillant dans Paris et opérant aux heures de pointe afin de répondre, au mieux, aux besoins de la clientèle."