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Janvier 2000
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Conseil Municipal
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50 - QOC 2000-4 Question de M. Philippe LAFAY à M. le Maire de Paris relative à la fermeture de l'Hôtel-Dieu (4e)

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2000


Libellé de la question :
"Les restructurations de la carte sanitaire de l'Ile-de-France et la nécessaire maîtrise de dépenses de santé posent le problème de la fermeture de certains hôpitaux et, à ce titre, celui de la fermeture à court terme de l'Hôtel-Dieu. En effet, les arguments pour cette fermeture ne manquent pas : hôpital de structure de taille moyenne qui ne permet pas de contenir l'ensemble des spécialités médicales et chirurgicales d'un hôpital universitaire, monument classé qui se prête mal aux adaptations techniques et volumétriques incessantes dictées par le progrès des technologies médicales.
En résumé, cette structure de soins est architecturalement figée et médicalement inadaptée.
Cependant, M. Philippe LAFAY estime que cette analyse est imparfaite à plus d'un titre. La notion de grand hôpital universitaire "complet" découle d'une vision centralisatrice qui est commode pour les planifications théoriques, administratives et médicales, mais inadaptée aux usagers.
En effet, il faut tenir compte de 2 réalités : la première est que Paris n'est pas une ville nouvelle et la seconde, c'est que toute modification sanitaire n'a de pertinence que si elle préserve l'intérêt des usagers.
Il n'y a aucune nécessité, dans Paris, qu'un hôpital universitaire assure à lui seul un large éventail de spécialités. Il suffit que son activité soit complémentaire et qu'elle réponde à une demande locale.
Certes, le centre de Paris est peu habité, mais durant la journée, la densité humaine y est très élevée. Le secteur est très touristique (Louvre, Les Halles, Notre-Dame, Saint-Michel), très commerçant et il est à la croisée de plusieurs grands axes de circulation et de métros.
Une forte demande de soins médicaux concerne les consultations sur rendez-vous (tout le monde connaît celle des célèbres Centre diagnostic pour la médecine, Service pour le mal de dos, Service d'ophtalmologie et Service de diabétologie et de nutrition, et les consultations de pneumologie, d'hématologie et de chirurgie ne désemplissent pas.
La seconde forte demande de soins médicaux est celle centrée sur les urgences. En fait, les problèmes auxquels sont confrontés les services d'urgence de l'Hôtel-Dieu concernent la précarité, la petite et moyenne traumatologie avec, en particulier, l'épineux problème des urgences "ressenties" comme telles par les blessés. Au total, c'est environ 55.000 urgences par an qui sont traitées, dont 7.000 admises. En aval de cet accueil, le service de chirurgie s'est organisé afin de prendre en charge immédiatement toute la traumatologie courante. Cet accueil s'est traduit par l'hospitalisation de plus de 1.000 patients par an, avec plus de 100.000 K orthopédiques réalisés par an.
En résumé, pour certaines activités, l'Hôtel-Dieu est une structure de soins nécessaire et suffisante et la fermeture complète de l'hôpital aurait de graves répercussions sur l'offre de soins. Et sur un triple plan historique, symbolique et pratique, il serait aussi inconsidéré de cesser l'activité de soins dans le coeur de Paris que d'y retirer la Police et le Clergé.
Aussi, M. Philippe LAFAY souhaiterait-il que le Conseil de Paris fasse connaître au Gouvernement les graves conséquences qu'entraînerait la fermeture de l'Hôtel-Dieu sur la prise en charge des soins des Parisiens."
Réponse (Mme Marie-Thérèse HERMANGE, adjoint) :
"La Direction générale de l'A.P.-H.P. n'a jamais envisagé de fermer l'Hôtel-Dieu, qui comme le souligne justement le Docteur LAFAY, possède une dimension historique et symbolique très forte.
En revanche, dans le cadre de la réflexion que mène actuellement l'A.P.-H.P. pour élaborer son plan stratégique 2001-2004, et eu égard aux dispositions du nouveau schéma régional d'organisation sanitaire d'Ile-de-France, il est prévu d'adapter les activités de l'Hôtel-Dieu en prenant en considération les atouts et les contraintes de ce site, et les évolutions de son environnement, dans l'objectif de mieux desservir la population et en complémentarité avec les activités développées dans d'autres hôpitaux de l'A.P.-H.P.
A cet égard, une attention toute particulière sera apportée aux missions importantes et spécifiques d'hôpital de proximité au centre de la Capitale qu'assure l'Hôtel-Dieu, tout particulièrement en matière d'accueil des urgences.
Dans cette perspective, une mission d'étude a été confiée au Professeur Daniel COUTURIER, Président de la précédente Commission médicale d'établissement de l'A.P.-H.P., sur les orientations médicales à envisager pour cet hôpital. Il lui a été demandé d'approfondir tout particulièrement la possibilité d'un développement des activités d'hospitalisation de jour, reposant sur un plateau technique performant, compte tenu de l'atout que représente la situation de l'hôpital au c?ur de la cité et au carrefour d'un important réseau de communication.
De ce point de vue, la mise en ?uvre d'organisations nouvelles répondant aux souhaits de la population (hospitalisation "ambulatoires", développement de réseaux avec les médecins de ville, recours accru à l'hospitalisation à domicile...) sera recherché.
Parallèlement, une étude a été confiée au Centre national d'expertise hospitalier afin d'évaluer les contraintes d'une mise en conformité des bâtiments, tant au regard des normes de sécurité incendie et sécurité électrique que sous l'angle des conditions de l'accueil des patients.
A la lumière de ces deux études, en étroite concertation tant avec la communauté hospitalière de l'Hôtel-Dieu qu'avec l'ensemble des parties prenantes à ce dossier, sera proposée l'évaluation des activités médicales à inscrire au prochain plan stratégique de l'A.P.-H.P."