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20 - 2000, SG 2 - Communication de M. le Maire de Paris sur le bilan des festivités liées au passage à l'an 2000

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 2000


M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Mes chers collègues, nous allons donc passer au projet de délibération SG 2 relatif à une communication de M. le Maire de Paris sur le bilan des festivités liées au passage à l'an 2000.
Je donne la parole au premier orateur inscrit, Mme Soizik MOREAU.
Mme Soizik MOREAU. - Merci, Monsieur le Maire.
Mes chers collègues, Monsieur le Maire, nous ne pouvons que nous réjouir du fait que les festivités du passage à l'an 2000 se soient passées sans incident. Il faut d'ailleurs particulièrement féliciter le personnel de la Préfecture de police pour son action et rappeler que, si tout s'est passé dans le calme, si les rares perturbateurs ont pu être interpellés très rapidement, c'est parce que la réforme de la police parisienne fonctionne. Le police urbaine de proximité commence à faire la preuve de son efficacité.
Le feu d'artifice organisé par la Mission Paris 2000, à la Tour Eiffel, a été, c'est vrai, apprécié des Parisiens et de tous les visiteurs, malgré le couac final du comptage interrompu. Mais là encore, félicitons le personnel de la société d'exploitation de la Tour Eiffel pour son travail.
Ceci mis à part, Monsieur le Maire, que restera-t-il de ces festivités qui puisse marquer les générations futures ? Pas grand chose. C'est le règne de l'éphémère. Souhaitons que le programme à venir permette d'offrir aux Parisiens des manifestations de qualité plus durable.
Certes, nous dites-vous, ces festivités n'ont pas coûté au contribuable parisien mais c'est parce que, sans jeu de mots, la Ville se place dans la roue de l'Etat. C'est bien la mission nationale qui a financé le spectacle des Champs-Elysées.
Je tiens à vous le signaler, parmi les projets qui sont présentés, il est un loupé de taille. Il s'agit de "Paris en 80 quartiers", élaboré par l'Action artistique de la Ville de Paris, dirigée par Mme Béatrice de ANDIA.
Ce projet, pourtant porté par une grosse structure et correctement doté financièrement, est assez mal conçu et sans réelle pensée. M. SARRE avait demandé à Mme de ANDIA d'axer l'exposition qui concerne le 11e sur l'histoire des métiers d'art dans notre arrondissement. La mouture finale du projet qu'elle lui a présentée n'a tenu compte d'aucune de ses indications. Le recours aux technologies de pointe, bornes interactives, projections et autres, cache mal une rétrospective historique sans réelle perspective.
De plus, le concours d'idées architecturales prévu ne peut pas être présenté aux habitants puisqu'il montre des projets d'urbanisme qui n'ont été avalisés ni par la Ville, ni par les municipalités d'arrondissement.
Ainsi, vous voulez montrer un projet de maison de l'artisanat située Cour Saint-Louis. Cette maison, M. SARRE la demande depuis trois ans. Vous vous êtes engagé, en juin dernier, à la réaliser dans l'immeuble Meyssignac. M. REINA a promis de nous dévoiler en ce début d'année une autre localisation.
Alors pourquoi ce choix de la Cour Saint-Louis ? Est-ce un choix définitif de la Ville ? Est-ce une simple élucubration de l'Action artistique ?
A toutes ces questions, on aimerait avoir des réponses. Je vous remercie.
M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Je vous remercie, Madame.
La parole est à M. BLOCHE.
M. Patrick BLOCHE. - Merci, Monsieur le Maire.
Si je n'avais pas été amené, comme tous les Parisiens, à suivre ce qui s'est passé lors du passage à l'an 2000, si je n'avais pas lu la presse, rien qu'en prenant connaissance de la communication sur les manifestations de l'an 2000, je me serais dit sans doute, quelque part, qu'il y a anguille sous roche car près de la moitié de cette délibération est consacrée à des justifications, à une auto-justification qui amène à avoir de grands doutes sur la réalité et l'ampleur des manifestations qui étaient prévues.
Je vois qu'au passage d'ailleurs, cette auto-justification amène, pour sans doute cacher ses propres insuffisances, à pointer celles des autres et j'ai été assez surpris que l'ancien directeur des affaires culturelles de la Ville de Paris, qui préside la mission nationale mise en place pour les festivités prévues par le ministère de la culture, soit ainsi interpellé sur ses propres responsabilités.
Cela dit, si j'en reviens au dossier lui-même, je dois avouer, Monsieur le Maire, que si je résumais en un seul mot la pensée du groupe socialiste, je dirai que la montagne a accouché d'une souris. Car, pour qui a en souvenir le programme ambitieux que vous aviez rendu public il y a un an, on voit qu'il y a loin de l'effet d'annonce aux réalisations en ce début d'année.
Je pense qu'au départ, sans doute, y a-t-il eu fondamentalement une erreur qui a visé à ce qu'il y ait une conception très unilatérale de ce que devaient être les festivités à Paris pour le passage à l'an 2000.
Si, certes, l'appel aux projets fut large, malheureusement le choix des projets s'est ensuite passé en un comité restreint qui fait qu'il n'y a pas eu réellement de concertation et que les Parisiens n'ont pas été directement associés, comme cela aurait été sans doute nécessaire, au programme des festivités prévues.
De la même façon, si je me rapporte au projet de délibération que vous nous soumettez, je constate que beaucoup de projets que vous entrez dans le programme des festivités sont des manifestations habituelles à Paris qui se passent et qui se sont passées en 1999 ou en 1998 et qui se passeront en 2000 comme en 2001, mais sans doute l'insuffisance de réalisations estampillées "spécial 2000" nécessitait de remplir avec des manifestations habituelles.
Je voudrais surtout m'interroger sur l'intérêt qu'il a pu y avoir à donner de façon assez large un label à un certain nombre de projets qui avaient été proposés et qui, de ce fait, ont été sélectionnés et présentés ensuite dans la communication de la Ville.
Je m'interroge en effet car : à quoi sert-il de donner un label si ensuite la ville de Paris laisse les initiateurs de ces projets se débrouiller tout seuls ?
A quoi sert-il de donner un label s'il n'y a pas d'accompagnement, s'il n'y a pas d'appui, et notamment d'appui financier ?
Comme je suis, vous le savez, un élu raisonnable, il ne s'agit pas pour moi de dire, aujourd'hui, en cette séance du Conseil de Paris qu'il fallait que tous les projets soient financés complètement sur fonds publics, mais on aurait pu espérer que la Ville de Paris suive ces projets de manière plus forte afin notamment de lever un certain nombre d'obstacles financiers ou, pour tel ou tel projet, de pouvoir offrir à leurs initiateurs une garantie d'emprunt.
Je prendrai un exemple parmi d'autres qui est ce beau projet de "Livre capitale" dont la réalisation est remise à plus tard et qui a amené les initiateurs de ce beau projet à se tourner vers d'autres capitales étrangères, faute d'avoir pu trouver à Paris, et notamment de la part de la municipalité, les financements souhaitables.
Le Président de notre groupe, Bertrand DELANOË, vous a interpellé à la mi-décembre pour reprendre, et je ne le ferai pas compte tenu du temps qui m'est imparti, le détail de certaines opérations dont, d'ailleurs, vous avouez vous-même qu'elles ont été retardées. Le mot "retard" apparaît constamment d'ailleurs dans votre projet de délibération. "Les projets étaient prévus à telle ou telle date, ils n'ont pas encore eu lieu, mais rassurez-vous, cela va durer dix-huit mois, ils auront lieu un jour". Nous pouvons l'espérer, nous l'espérons et c'est sans doute dans un an que nous pourrons tirer un bilan plus complet.
Je voudrais néanmoins attirer votre attention sur un projet tout particulier qui est la carte Paris 20 ans 2000 qui devait être mise en place au printemps 1999 et qui doit permettre aux jeunes Parisiens âgés de 20 ans, âgés de 25 ans d'ailleurs depuis, en l'an 2000 de profiter de la gratuité ou de tarifs préférentiels pour toutes les activités culturelles, les transports et nombreux autres services.
Plusieurs dizaines de milliers de jeunes Parisiens sont concernés par cette initiative. Vous en avez annoncé le retard, mais là nous n'avons plus de date, et nous ne savons pas à partir de quand les jeunes Parisiens pourront bénéficier de ce passeport culturel.
En conclusion, Monsieur le Maire, je souhaiterais vous dire que le programme des festivités pour Paris prévu par la municipalité est un peu à l'image des choix qui sont faits en matière culturelle.
Je pense que des fonds publics insuffisants ont été mobilisés, et je ne saurai, à mon avis, laisser de côté les choix budgétaires qui vous ont...
M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Voulez-vous conclure, vous avez largement dépassé le temps !
M. Patrick BLOCHE. - Pour conclure, je voudrais rapprocher en termes de financement le manque de financement dont ont fait preuve ces projets visant à fêter l'an 2000 à Paris des choix budgétaires qui, il y a peu, ont conduit de manière automatique à baisser les subventions de 2 % en l'an 2000 pour les associations culturelles. Siégeant au conseil d'administration du T.M.P. j'en mesure, hélas, toutes les conséquences.
Je souhaiterais, Monsieur le Maire, vous poser deux questions pour conclure :
Première question : pouvez-vous nous présenter un programme plus complet, mieux daté et surtout mieux financé des opérations à mener durant l'année 2000 ?
Deuxième question : comptez-vous, dans le cadre d'un collectif budgétaire, revenir sur ces baisses arbitraires des subventions aux associations culturelles pour l'an 2000 ?
M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Merci, Monsieur BLOCHE.
La parole est à Mme SCHNEITER.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, Paris a franchi le cap de l'an 2000 avec un éclat exceptionnel, mais cela n'a été qu'un magnifique feu de joie sans lendemain.
Le feu d'artifice autour de la Tour Eiffel a été grandiose. N'oublions pas, au passage, de saluer le génie de Gustave Eiffel, qui a su innover en construisant un bâtiment "à nul autre pareil", si bien que la Tour Eiffel, plus de cent ans après, reste un monument phare, qui fait l'admiration du monde entier.
Que n'avons-nous eu un autre Gustave Eiffel capable d'ériger un monument hors du commun pour marquer le passage au nouveau millénaire !
Pour préparer ces projets de fêtes pour l'an 2000, vous savez bien que vous avez dû improviser à la dernière minute. Je ne vous le reproche pas, mais tout le monde le sait maintenant : l'an 2000, à Paris, n'avait été prévu par personne à la Mairie, notamment pas par votre prédécesseur, M. CHIRAC, lorsqu'il aurait été encore temps pour lui de réfléchir à célébrer cet événement par une ou plusieurs réalisations fortes et durables.
Le millénaire n'est marqué par rien que de l'éphémère.
Nous avons eu et aurons encore droit à une série de divertissements. Les Parisiens les oublieront vite, alors que tout le monde, un siècle après, se souvient de l'année 1900.
Il n'y a pas eu et il n'y aura aucune innovation qui fera date.
Certes, l'éphémère est l'un des ingrédients qui font la magie des fêtes, mais il est dommage de n'avoir rien laissé d'utile ou de durable aux Parisiens.
Il y a un an, lorsque vous nous avez fait part de vos projets, il était déjà trop tard pour le "Tramway de l'an 2000", sur la petite Ceinture ferroviaire, dont je vous ai rabâché les oreilles depuis 1995. Mais vous pouviez encore créer cinquante rues piétonnes significatives dans Paris, ou des rues semi-piétonnes appelées également dans beaucoup de pays en Europe "les rues de l'avenir".
Vous pouviez aussi lancer le principe de taxis collectifs, que j'ai appelé dans un livre "les taxis de l'an 2000", délimiter les surfaces de trois grands parcs, où Parisiens et touristes auraient pu aller pique-niquer et se détendre, ouvrir les équipements sportifs de proximité jusqu'à 22 heures en semaine, qui ajouterait beaucoup à la qualité de vie de nombreux Parisiens.
Voilà quelques idées nouvelles et il y en avait bien d'autres faciles à mettre rapidement en place.
La création des grands roues du temps infini sur les Champs-Elysées était une idée intéressante ; là encore, il aurait fallu les laisser sur place plusieurs jours, afin que de nombreux visiteurs puissent venir les admirer hors de la foule du 31 décembre. Il y a un moment où l'éphémère devient synonyme de frustration.
Le Village des Enfants du Trocadéro n'a pas été une réussite esthétiquement parlant, mais tant mieux s'il a attiré 430.000 enfants.
Comme M. BLOCHE, je regrette qu'il n'y ait rien de précis concernant les opérations destinées à favoriser les jeunes Parisiens.
En revanche, pour un certain nombre de spectacles ou d'expositions comme l'admirable exposition sur le Fauvisme, c'est une escroquerie de qualifier tous ces événements avec ce label du millénaire. Comme si, par ailleurs, il ne se passait jamais rien à Paris les autres années !
Alors, impréparation, certainement, ce qui ne nous empêchera pas d'apprécier, je l'espère, un certain nombre de manifestations à venir.
Je me félicite également que le budget de 40 millions de francs alloués à la mission Paris 2000 ne soit pas dépassé et je suis d'accord avec vous, lorsque vous soulignez que la mission nationale, placée sous l'autorité du Ministre de la Culture, a été dotée de 400 millions de francs. En espérant qu'elle ne fera pas n'importe quoi avec cet argent !
Vous avez déclaré avoir fait le choix pour Paris de la "générosité". Puissiez-vous ne pas exclure, pour tous les spectacles et manifestations à venir, les moins favorisés des Parisiens : R.M.istes, chômeurs, les familles les plus modestes devraient pouvoir, eux aussi, profiter de ces fêtes ouvrant le troisième millénaire. Pouvez-vous m'en donner l'assurance ?
M. Roger ROMANI, adjoint, président. - M. WLOS a la parole.
M. Jean WLOS. - Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs, au nom des élus communistes, je me félicite qu'une telle communication soit inscrite à l'ordre du jour de cette séance. Dans le même temps, son caractère assez approximatif, le manque de réponses à certaines questions posées, ne peut que nous laisser sur notre faim.
J'aurai plusieurs remarques à faire :
Avant toute chose, je tiens à signaler que pour les élus de mon groupe, le changement de siècle, de millénaire, ce sont des événements qui marqueront les esprits de la grande majorité de nos concitoyens.
Nous pensons qu'il est nécessaire de faire vivre l'esprit de fête, de rencontres, d'échanges et de solidarité entre les Parisiens. C'est pourquoi nous appuierons sans aucune réserve tout ce qui pourra contribuer à la réalisation de ces objectifs. C'est d'ailleurs ce qui nous a conduits à porter un jugement positif, dès le mois de janvier 1999, sur un certain nombre d'initiatives telles la nuit du 31 décembre à la Tour Eiffel, le Village des Enfants, le Mur de la Paix, et nous y associons également d'autres initiatives qui ne dépendent pas directement de la Ville, comme la Fête de la Musique sur le périphérique, le 14 juillet sur le tracé de la méridienne.
Mais, dans le même temps, nous avions exprimé certaines réserves quant à la manière de préparer cet événement, nous avons jugé que ces manifestations étaient organisées de manière trop centralisée autour de la mission Paris 2000 et que par ailleurs, le poids excessif des financements privés dans le montage des projets risquait de poser des problèmes.
Il semble bien que ces réserves soient aujourd'hui toujours d'actualité.
S'il est évident que les manifestations qui se sont tenues ont connu un grand succès touristique et populaire, nous continuons de penser qu'il manque une dimension importante. Nous estimons qu'il faut y associer un plus grand nombre de Parisiens, non seulement pour être des spectateurs, mais, plus encore, être acteurs de ce moment unique. Ce n'est qu'à cette condition que la fête sera complète.
Comme le soulignait Jacques SÉGUÉLA, l'an dernier, il faut faire vivre un certain nombre de valeurs propres à l'esprit des Parisiens, à savoir, disait-il, "cette espèce d'élégance, d'humour, de canaillerie, mais aussi de savoir-vivre, de gaieté des Parisiens" car notre gigantesque société de communication n'a été qu'une fabrique de solitude. Et contre cette fabrique à solitude, il faut dès maintenant agir pour préparer et penser le futur millénaire.
Or nous estimons qu'actuellement, la trop grande centralisation dans l'organisation ne le permet pas.
Nous apprécions bien évidemment que 500 jeunes aient eu le plaisir de voir leur projet retenu par la Mission Paris 2000, mais est-ce suffisant pour une ville de deux millions d'habitants ? Et les milliers d'autres qui souhaiteraient s'investir dans les projets dignes d'intérêt et qui ne savent pas comment s'y prendre, qu'en faisons-nous ?
A cette question de fond, les élus communistes pensent que la meilleure façon de préparer l'avenir est de tout faire pour les y associer. Il faut aller au plus près des Parisiens, jeunes et moins jeunes, afin de leur permettre de vivre pleinement ces célébrations.
C'est pourquoi nous estimons qu'il faut, dès maintenant, réfléchir à cet aspect des choses et ouvrir, en association avec les vingt mairies d'arrondissement, des antennes de la Mission Paris 2000 afin d'aider et de prendre en compte les propositions des habitants des différents quartiers.
Permettez-moi de souligner, à ce propos, combien de tels événements montrent la nécessité de donner aux mairies d'arrondissement des moyens pour développer des activités de proximité dans la Capitale.
Nous pensons que ce changement d'ère se doit de susciter l'envie de rencontres, de retrouvailles et d'échanges. Ce sentiment s'affirme d'ailleurs d'année en année, dans notre ville, grâce au travail d'un grande nombre de conseils de quartier, comités de locataires, associations, qui organisent des repas de voisinage et autres rencontres.
C'est pour cette raison que nous proposons que la Ville de Paris, en liaison avec les associations locales, décide d'une journée ou d'un week-end afin d'encourager les Parisiens à se retrouver autour d'un repas amical entre voisins, au pied des immeubles.
Ce serait insuffler une nouvelle conception citoyenne et démocratique de la fête, une manière originale de multiplier les points de rencontre et contribuer à créer une nouvelle solidarité.
Quant à la question des financements, elle nous préoccupe. Nous sommes inquiets pour le devenir de certains projets ; c'est le cas pour le très beau projet du "Livre Capitale" qui, par manque de moyens financiers suffisants, risque de voir sa durée réduite de trois quarts. Pourquoi ne pas décider de lui donner les moyens de sa concrétisation rapide ?
Qu'en est-il de la "grande parade de printemps", ce grand défilé populaire dans la rue de la Capitale qui représentait une des initiatives permettant aux Parisiens d'être en partie des acteurs des festivités ? A-t-il, lui aussi, disparu faute de sponsors ?
Si tel était le cas, il faudrait créer une autre manifestation de ce type, un carnaval, préparé avec les habitants des différents quartiers qui pourrait rassembler et faire converger les Parisiens dans le centre de la Capitale.
Une telle initiative pourrait s'inscrire dans le cadre de "l'année internationale pour la culture, la paix et la non-violence" de l'U.N.E.S.C.O. à laquelle, Monsieur le Maire, vous avez apporté votre soutien en février dernier.
Pour conclure, permettez-moi, Monsieur le Maire, de vous dire qu'au nom des élus communistes, j'estime normal et sain que des élus de notre Assemblée s'intéressent aux multiples actions de la Ville et qu'ils puissent, quand bon leur semble, interpeller l'Exécutif municipal sur leurs réalisations, mais il serait tout aussi normal qu'ils puissent avoir en retour des réponses leur permettant de juger l'état d'avancement de ces réalisations.
Or, concernant la programmation des célébrations du passage à l'an 2000, ces règles élémentaires n'ont guère été respectées. Alors que dans une question orale du mois d'octobre dernier, les élus communistes vous demandaient de les informer de l'état d'avancement des festivités de l'an 2000, votre réponse fut des plus lapidaires, vous nous invitiez à nous reporter à la lecture de "Paris-Le journal" du mois de décembre. Ce n'est pas le meilleur moyen d'associer les élus à la vie municipale et la meilleure façon de faire vivre la démocratie à Paris.
Je vous remercie de votre attention.
M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Je remercie M. WLOS.
Avant de donner la parole à M. Claude ROLAND et à M. POZZO DI BORGO, je voudrais vous manifester mon étonnement.
Je crois qu'il est dans votre rôle - vous l'avez dit, Monsieur WLOS - et dans le rôle des élus, à quelque groupe politique qu'ils appartiennent, de poser des questions, de contrôler l'utilisation des crédits, de faire des suggestions et de critiquer, mais je suis un peu surpris par un certain nombre de phrases qui ont été dites.
Deux collègues ont évoqué le caractère éphémère des manifestations et Mme SCHNEITER a parlé des Champs-Elysées... Malheureusement, là, c'est l'Etat qui a démonté rapidement ces roues que vous avez appréciées.
Je voudrais dire qu'aussi bien de la part des provinciaux que de la part des étrangers, en particulier l'illumination de la Tour Eiffel a été appréciée, au point que les deux plus grands hebdomadaires américains, "Time" et "Newsweek", en ont fait pour la première fois leur couverture.
Je ne peux pas imaginer un seul instant que vous n'ayez pas lu cette communication et, si l'on parle de participation populaire :
- 50.000 personnes pour le ballon FORTIF, qui malheureusement a dû s'arrêter, si l'on peut dire, à cause de la tempête ;
- 400.000 pour la grande roue de la Place de la Concorde ;
- 500.00 pour les Fêtes de la Seine ;
- 480.000 (vous l'avez dit, Madame SCHNEITER) pour le "Village des enfants" du Trocadéro, qui malheureusement n'est resté ouvert que huit jours ;
- plus d'un million, d'après les services de la Préfecture de police...
M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - 1.300.000.
M. Roger ROMANI, adjoint, président. - .. 1.300.000, me dit M. le Préfet de police, sur les Champs-Elysées ;
- plusieurs millions pour les "Champs de la sculpture", l'exposition sur le "Fauvisme" et d'autres manifestations.
Vous nous dites : votre programme est étroit... Il y a un certain nombre de festivités que vous pouvez lire dans la communication :
- le 14 juillet, avec Johnny HALLIDAY ;
- les Etats généraux de la Solidarité ;
- le Sommet des maires du monde ;
- les Fêtes de la Seine, avec les Champs nautiques les 8, 9 et 10 septembre ;
- Paris en 80 quartiers...
J'observe que les mêmes qui, aujourd'hui, disent qu'il n'y a pas assez de manifestations, ont trouvé qu'il y en avait trop lorsque le regretté M. Mourousi les a annoncées !
Il est de votre droit, je dirais même de votre devoir, de faire des critiques, mais quand un certain nombre de manifestations sont approuvées massivement, pour ne pas dire à l'unanimité, par la population parisienne, par tous les provinciaux et étrangers qui étaient à Paris ou qui ont vu ces manifestations à la télévision, je crois qu'il serait de bon ton de reconnaître que la Municipalité et M. BLED, qui a été l'animateur de cette Mission, ont fait du bon travail et qu'il conviendrait de les féliciter, car j'attendais au moins quelques félicitations (j'ai noté que quelqu'un avait félicité la direction de la Tour Eiffel...). Il faut être un peu tolérant et parfois apprécier les efforts et les succès.
Quoi qu'il en soit, quoi que vous puissiez dire, ces manifestations ont été considérées comme un grand succès par la grande majorité des Parisiens et de tous les assistants. Il faut cesser de critiquer sans arrêt.
Merci.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
Monsieur Claude ROLAND, vous avez la parole.
M. Claude ROLAND. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, n'en déplaise aux habituels grincheux, vous avez fait un "sans faute" ; le début des manifestations de l'an 2000 est un véritable succès. Je voudrais aussi rendre hommage à M. Bernard BLED et à la Mission "Paris 2000". Pas un des centaines de millions de téléspectateurs qui ont pu voir et admirer le feu d'artifice de la Tour Eiffel n'oubliera Paris embrasé, Paris illuminé de mille feux ! Pour preuve, Monsieur le Maire, la Une des principaux hebdomadaires et quotidiens français, ainsi que vous l'avez souligné à juste titre, et je rajouterai, comme vous l'avez dit justement tout à l'heure, la couverture inoubliable de "Newsweek" et de "Time Magazine" et d'une nombreuse presse étrangère. C'est l'unanimité devant cette Tour Eiffel qui, grâce à vous, Monsieur le Maire, est devenue le phare du monde et qui, chaque soir, offre aux Parisiens ses lumières qui scintillent et qui nous rappellent que nous sommes entrés dans le troisième millénaire.
Mais les manifestations de l'an 2000, ce ne sont pas seulement les fêtes de la Tour Eiffel, c'est aussi l'illumination des ponts de la Seine, qui met en valeur le patrimoine historique de notre Capitale, ce sont les Galas de l'an 2000, qui célèbrent un siècle de chanson française sur scène, du 7 janvier au 24 février 2000, c'est aussi partager l'opération "Agir pour l'emploi des jeunes", d'avril à juin 2000, c'est aussi innover le premier colloque international sur la qualité de l'air, les 16, 17 et 18 février 2000 (j'aurais bien voulu, Monsieur BLOCHE, vous entendre vous exprimer sur ce sujet), c'est aussi découvrir l'exposition itinérante sur les Grands boulevards, du 19 mars à novembre 2000, c'est aussi et toujours, depuis le 1er octobre 1999, le Châtelet rénové après plus d'un an de silence, c'est aussi (à venir) Paris Capitale mondiale de la photographie, à l'occasion du 20e anniversaire du "Mois de la Photo", l'exposition "Paris vu par les photographes étrangers", ainsi qu'un grand colloque sur la photographie du troisième millénaire.
Mais je voudrais aussi vous parler des "Champs de la sculpture" qui ont donné à Paris, par la qualité de leur programmation et leur retentissement, l'une des premières places culturelles dans le monde. Pour leur troisième édition, les "Champs de la sculpture" ont retrouvé un public toujours plus nombreux et ont permis d'exposer les artistes français et étrangers moins connus, que les Parisiens ont pu découvrir à cette occasion. Cette action de démocratisation culturelle et d'éducation artistique a été plébiscitée par les Parisiens et les Parisiennes, puisque des millions de personnes se sont promenées au milieu des sculptures à cette période.
A la lecture de ce programme de l'an 2000, Monsieur le Maire, je me réjouis que les Parisiens puissent se retrouver tout au long des années 2000 et 2001 dans tous les arrondissements parisiens autour d'événements culturels, de colloques, d'expositions et de spectacles.
L'an 2000 appartient à tous, je vois là un formidable message de solidarité que les Parisiens apprécieront.
Je vous remercie.
M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Merci, Monsieur ROLAND.
La parole est à M. POZZO DI BORGO.
M. Yves POZZO DI BORGO. - Monsieur le Maire, comme vous l'indiquiez dans votre intervention devant le Conseil de Paris, le 25 janvier 1999, l'an 2000, c'est d'abord une grande échéance symbolique, l'occasion de rêver et de vouloir un avenir meilleur. Pour rêver - et je vous cite toujours - la Tour Eiffel scintillant de 20.000 éclairs restera parmi les images les plus fortes de notre mémoire collective.
Vous aviez raison et les médias du monde entier ont salué l'exceptionnelle réussite esthétique et émotionnelle que représentait le feu d'artifice de la Tour Eiffel. Il a même fait - mon collègue ROLAND vient de le rappeler - la première page de "Time Magazine" et de "Newsweek".
La deuxième idée que vous aviez exprimée lors de ce Conseil de Paris "était de vouloir un avenir meilleur qui devait se concrétiser par des choses durables", qui puissent rester, et vous souhaitiez, en outre, la participation de tous les Parisiens à la conception et à la réalisation des projets.
C'est dans cet esprit de participation que les élus du groupe U.D.F., par un courrier du 30 avril 1999, vous ont soumis deux idées :
- la première, pour laisser une trace durable, nous vous proposions d'aménager l'axe de circulation majeur de Paris, à savoir le périphérique, qui actuellement défigure la Ville par une absence majeure de valorisation ;
- la deuxième consistait en l'organisation d'une grande manifestation populaire sur le thème de la paix.
Nous n'avons eu comme réponse à ces propositions qu'une lettre polie de non recevoir sans concertation ni discussion avec vous ou vos services.
Vous avez choisi de gérer les manifestations de l'an 2000 seul, avec votre Cabinet. Ainsi la Mission Paris 2000 n'est pas présidée par un élu, et aucun Conseiller de Paris n'est membre de cette structure. Laissez au nouvel élu que je suis le bénéfice de cette réserve, lui qui croyait que la Ville de Paris n'était plus une Préfecture, mais une Municipalité de plein exercice.
Malgré cela, nous nous réjouissons, avec vous, que toutes les manifestations annoncées, sauf une, ont eu lieu et que le programme annoncé se déroulera comme prévu.
Sur ce programme, nous avons une interrogation et un souhait : l'interrogation concernera le rôle de notre ville comme capitale intellectuelle est culturelle.
Je vois peu dans ce programme l'expression de la jeune création et du jeune génie français. Où sont nos chercheurs ? Où sont nos jeunes artistes plasticiens, nos cinéastes, nos peintres, nos sculpteurs ? Un peu sur les champs de la sculpture et peut-être de la photographie.
Où sont nos jeunes écrivains, nos jeunes musiciens et compositeurs ? Où sont nos jeunes cinéastes, nos acteurs, nos actrices, nos dialoguistes ? Où sont nos jeunes informaticiens, nos créateurs de sites Internet ? Où sont nos jeunes architectes et nos jeunes poètes ?
Ce sont eux, l'an 2000. Ils existent. Sont-ils dans leurs ateliers quand ils en ont ? Sont-ils dans leurs laboratoires ?
Pourquoi ne leur avons-nous pas permis à cette occasion de se montrer aux Parisiens et aux Français ? Pourquoi ne les avons-nous pas valorisés ?
Pour ne prendre qu'un exemple, pourquoi ne pas avoir fait, comme la ville de Turin, qui a confié l'illumination des 15 lieux symboliques de la ville à 15 artistes plasticiens ?
L'an 2000 était l'occasion unique de montrer toute cette énergie et toute cette création qui irrigue les rues et la Ville de Paris.
J'ai peur que le programme que vous nous proposiez, Monsieur le Maire, soit un rendez-vous manqué en ce domaine s'il n'est pas corrigé, et je sais que vous le corrigerez.
Nous avons un dernier souhait, Monsieur le Maire : comme vous le disiez dans votre intervention il est nécessaire d'inclure, dans la ligne budgétaire, concernant l'an 2000, non seulement les 40 millions de francs déjà inscrits pour la Mission Paris 2000 mais aussi les sommes engagées par les directions et les subventions, comme celle de 6 millions de francs attribuée le 12 juillet 1999 à l'association "Cité, la presse" nouvellement créée pour une manifestation inclue dans le programme de l'an 2000.
Nous aurons donc une vision plus claire. C'est à la suite de ce bilan complet que nous pourrions cautionner votre affirmation sur le coût faible des manifestations.
Nous avons à l'égard des Parisiens un devoir de transparence et nous savons que vous partagez ces motivations avec le groupe U.D.F.
Nous souhaitons que les manifestations soient un succès et nous espérons que le magnifique feu d'artifice de la Tour Eiffel ne soit pas le seul souvenir que nous garderons de ces manifestations de l'an 2000.
M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Merci. Monsieur LEGARET a la parole pour répondre aux intervenants.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, au nom de la 1ère Commission. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, je crois que je n'ai absolument rien à ajouter compte tenu de la réponse que vous avez déjà faite, il y a quelques instants, aux différents orateurs sur le contenu de cette communication et sur le caractère exceptionnel, spectaculaire et finalement très précautionneux des finances de la Ville, de ces fêtes de l'an 2000.
L'enveloppe de 40 millions qui a été précisée, sera respectée. C'est une des raisons pour lesquelles nous avons opté pour le système que vous ne paraissez pas soutenir, Monsieur BLOCHE, du label de l'an 2000.
Le label an 2000 est précisément la manière de respecter l'engagement budgétaire et de mettre en place des systèmes d'autofinancement pour l'ensemble de ces opérations.
Je dirai que l'exemple le plus spectaculaire de l'autofinancement concerne précisément le feu d'artifice et le spectacle de la Tour Eiffel qui a été autofinancé par la société de la Tour Eiffel.
Pour ce qui est de quelques autres questions complémentaires, je répondrai à Mme Soizik MOREAU que je regrette, comme elle, que la concertation n'ait pu s'établir et donner des résultats plus positifs en ce qui concerne l'opération "Paris en 80 quartiers".
L'observation sur le défaut de concertation fait par Mme Soizik MOREAU concerne, comme elle le sait sans doute, exclusivement le 11e arrondissement.
La concertation s'est bel et bien établie dans les 19 autres arrondissements. Il se trouve que le 11e arrondissement n'a pas souhaité s'associer à cette concertation. Je ne peux, comme elle, que le regretter.
Dans les 19 autres arrondissements, nous avons rencontré un appui beaucoup plus favorable et une véritable participation.
Sur le défaut apparent de solidarité, je voudrais signaler que les Etats généraux de la Solidarité se dérouleront sous l'autorité de la Ville de Paris et de la Mission Paris 2000 en avril prochain. Ce n'est pas encore fait mais cela va se faire dans le cadre de l'an 2000.
C'est très prochainement, mes chers collègues, que vous pourrez constater que la solidarité n'a pas été oubliée dans le cadre des manifestations exceptionnelles de l'an 2000.
Enfin je répondrai à M. BLOCHE que j'ai été surpris par son intervention sur notamment la diminution de 2 % sur les subventions de la Ville et notamment sur les subventions culturelles.
Moi j'en reste pantois. Pendant des mois, j'ai entendu les élus socialistes critiquer avec beaucoup de véhémence et alimenter un certain nombre d'échos de presse sur le thème : "la Ville de Paris jette l'argent par les fenêtres, il y a un scandale, c'est le fait que la Ville de Paris attribue trop d'argent pour des subventions aux associations".
Mme Soizik MOREAU. - A certaines associations.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, rapporteur. - Je peux vous citer vos déclarations. J'ai toujours considéré que ces propos étaient excessifs et je l'ai souvent dit. J'ai même souvent cité une statistique dont je peux confirmer la validité : c'est le fait que la Ville et le Département de Paris ne consacrent que 3,4 % de leur budget global à des subventions aux associations.
La moyenne nationale est à 9 %, je vous le rappelle.
En moyenne, les collectivités territoriales françaises, villes grandes et moyennes, et départements, consacrent 9 % de leur budget à des subventions aux associations. Nous y consacrons 3,4 % de notre budget. curieusement, on ne parle que du scandale des subventions de la ville de Paris.
Je n'ai encore jamais compris par quel mystère on avait atteint ce niveau d'aberration. Mais il faut bien répondre à vos critiques, à vous, élus de l'opposition.
C'est pour répondre à ces critiques que nous avons proposé ce qui effectivement n'est pas facile, et je vous confirme bien, Monsieur BLOCHE, que ça n'est pas facile à exécuter.
J'en parle en connaissance de cause, parce qu'en tant qu'adjoint chargé des finances, je me dois de passer la paille de fer, et appliquer aux subventions le taux de - 2 %.
Mais quand on propose - 2 %, vous nous dites que cela ne va pas du tout et que ce n'est pas ce qu'il faut faire.
Je vous pose la question : que faut-il faire pour avoir grâce à vos yeux ?
Quand on s'efforce de maîtriser le niveau des subventions, raisonnablement, et beaucoup plus raisonnablement qu'on ne le fait dans les autres villes françaises, vous nous critiquez avec beaucoup de véhémence.
Quand on propose de réduire l'enveloppe des subventions vous nous critiquez avec non moins de véhémence. Alors écoutez, je vous le répète, je reste pantois devant cette absence totale d'objectivité dans la critique.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Je remercie M. LEGARET.