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Avril 1996
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7 - 1996, GM. 160 - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer, d'une part, un marché négocié d'études en vue de la réalisation de l'opération de restructuration de la maison d'accueil spécialisée et du foyer occupationnel du Centre psychothérapique du Glandier (Corrèze) et, d'autre part, un marché négocié de prestations intellectuelles pour la coordination en matière de sécurité et de santé des travailleurs sur le chantier et un marché négocié de contrôle technique.

Débat/ Conseil général/ Avril 1996




M. LE PRÉSIDENT. -Nous passons au projet référencé GM. 160 concernant le centre psychothérapique du Glandier. La parole est à Mme PIN.

Mme Malvina PIN. -Monsieur le Président, mes chers collègues, le Glandier fut acheté par la Préfecture de la Seine en 1920. Il fut utilisé comme sanatorium au départ puis comme préventorium, puis fut converti en centre psychothérapique pour enfants.
Le 5 janvier 1966, un premier groupe d'enfants s'installait au Glandier, géré par le Département de Paris. Mais depuis, une nouvelle restructuration permettait la mise en place d'autres structures accueillant cette fois-ci des adultes handicapés mentaux.
Depuis, ce centre est donc considéré comme un établissement médico-social public, selon la loi de 1975.
Il y a peu, j'ai visité ce centre dans le cadre d'une mission que vous m'avez confiée, mes chers collègues : celle de vous représenter à la commission administrative paritaire à l'égard des personnels de ce centre. Je reviendrai d'ailleurs tout à l'heure sur le travail exceptionnel fait par ces agents qui se trouvent bien loin de nous géographiquement.
Je sais que très souvent le nom même du Glandier fait sourire, car il évoque en nous les nombreux crédits votés pour les toits des bâtiments constituant le domaine de cette chartreuse.
Grâce à cet espace, plusieurs services ont le mérite d'exister.
1°) Tout d'abord, la Maison d'accueil spécialisé, dite la M.A.S., hébergeant 30 personnes très déficientes intellectuelles et souffrant de troubles sensoriels et de la personnalité importants.
Chaque prise en charge éducative résulte d'un projet individuel de la personne accueillie défini par l'équipe éducative, médicale et psychologique.
Plusieurs petites unités ont été créées en fonction du degré de la déficience.
La balnéothérapie et l'équitation au centre même, l'écoute de la musique et bien d'autres activités permettent à ses occupants d'essayer de progresser.
Les locaux doivent faire l'objet d'un réaménagement progressif sur une projection de plus de quinze ans. En effet, les personnes accueillies vieilliront certainement sur place et il faudrait prévoir dès maintenant des aménagements nécessaires tels, entre autres, un ascenseur à cette fameuse Maison d'accueil spécialisé.
D'autre part, à ce jour, plusieurs résidents de la M.A.S. sont hébergés à plusieurs dans une chambre et qui, je le rappelle, sont des adultes.
2°) Ensuite, le foyer occupationnel, où 95 résidents présentent des déficits intellectuels avec quelquefois un sur-handicap moteur. L'objet éducatif va vers une certaine autonomie et un statut d'adulte. 15 de ces résidents, essentiellement parisiens, sont hébergés au château de Lubersac, qui se trouve à 12 km, qui est une propriété privée prêtée gratuitement au Département, mais dont l'entretien est à la charge du Département de Paris.
3°) Le Centre d'accueil par le travail, le C.A.T., qui permet à 42 travailleurs d'être accueillis dans différents ateliers de travail pour le compte d'entreprises locales privées.
Les principales activités sont la cueillette des fruits, la taille et l'arrachage des plants de châtaigniers, la culture et le conditionnement de plantes médicinales, les ateliers menuiserie, peinture et espaces verts, et surtout l'élevage des lapins du Glandier, primés cette année au Salon de l'Agriculture.

(Applaudissements sur tous les bancs de l'Assemblée).
4°) Le foyer d'hébergement du Centre d'aide par le travail reçoit 30 travailleurs du C.A.T.
Quelques résidents vivent en couple dans des studios aménagés. Dernièrement, il a été possible de procéder à l'installation de quelques-uns dans des appartements en location dans un village proche.
Mes chers collègues, à travers ce compte rendu de visite, je ne sais si j'ai pu faire passer l'émotion que j'ai ressentie à rencontrer toutes ces personnes qui font que le Glandier existe :
-le personnel, auquel j'ai remis des médailles du travail pour des périodes de 15, 20, 25 et 30 ans de présence au Glandier. Un personnel dévoué à ce travail très particulier, qui non seulement demande beaucoup de compétence mais en plus d'énormes qualités de coeur ;
-des résidents heureux dans un espace prévu pour eux et où l'exclusion n'existe pas. D'ailleurs, Monsieur le Président, je suis chargée d'un message pour vous...
En effet, tout le monde souhaite votre visite et celle des élus (entre autres, de la 5e Commission). Ils se sentent un peu (un peu beaucoup) abandonnés et surtout oubliés.
Un des résidents m'a demandé comment vous étiez et qui vous étiez.

M. Michel BULTÉ. -Une photo dédicacée !

Mme Malvina PIN. -... car il connaît votre nom et un peu votre visage, par le biais de la télévision. Il est très heureux là-bas, il m'a demandé de vous le dire, il est fier d'être Parisien et il aime notre Capitale. Il attend votre visite et je lui ai promis de transmettre sa requête de vous présenter sa fiancée rencontrée au centre.
Aujourd'hui, mes chers collègues, la première tranche des travaux de réaménagement est soumise à votre approbation, qui va enfin permettre d'appliquer une politique à plus long terme au centre du Glandier. Il est vrai que cette première tranche correspond à 6 millions de francs, prélevés sur un budget total d'investissements sociaux de 21 millions de francs pour cette année. C'est ce budget global de 21 millions de francs qui est plus qu'insuffisant et il ne faudrait pas que la réhabilitation indispensable du Glandier soit l'excuse pour fermer la porte à d'autres priorités parisiennes.
Néanmoins, nous voterons ces crédits car le devoir d'une société est de s'occuper de ceux qui sont les plus fragiles et les plus démunis.
Je vous remercie.

(Applaudissements sur tous les bancs de l'Assemblée).

M. LE PRÉSIDENT. -Je vous remercie, Madame, de ce que vous avez dit.
C'est sans aucun doute un centre de qualité et je crois que c'est un bon "placement" que nous faisons en entreprenant ces travaux.
Reprenant les propos que vous avez tenus, je tiens à m'associer à l'hommage rendu aux activités de ce centre, qui est remarquable à tous égards.
Nous verrons, les membres de la 5e Commission et moi-même, dans quelles conditions nous pourrions lui rendre un hommage plus particulier.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération GM. 160.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Il est adopté à l'unanimité, merci. (1996, GM. 160).