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Juillet 1996
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Conseil Général
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9 - 1996, GM. 293 - Participation financière du Département de Paris au fonctionnement des clubs et équipes de prévention au titre de 1996 et solde 1995 pour ces mêmes activités.

Débat/ Conseil général/ Juillet 1996





Mme Nicole CATALA, président. -Nous passons au dossier GM. 293, relatif à la participation financière du Département de Paris au fonctionnement des clubs et équipes de prévention au titre de 1996 et solde de 1995 pour les mêmes activités.
Je donne la parole à l'orateur inscrit, Mme TROSTIANSKY.

Mme Olga TROSTIANSKY. -Madame le Président, mes chers collègues, la prévention spécialisée est une véritable force de pointe dans le domaine de l'action sociale. Elle représente le plus souvent le seul contact éducatif et adulte pour beaucoup de jeunes, même s'il faut éviter l'amalgame de l'ensemble des jeunes parisiens avec les délinquants.
La souplesse et l'autonomie de fonctionnement de ces associations permettent de répondre de manière précise et novatrice aux difficultés. Le suivi régulier permet d'effectuer dans un grand nombre de cas un relais vers les structures dites normales de la société.
Nous nous prononcerons donc de manière favorable pour ce mémoire.
Néanmoins, nous souhaiterions qu'une politique plus volontaire soit développée dans ce sens.
Depuis le lancement du plan "Paris-Espoir" qui a vu augmenter le budget de 50 à 70 millions de francs, aucun effort supplémentaire n'a été programmé. 70 millions de francs représentent à peine 1 du budget global du Département de Paris et il semble que Paris se situe plutôt en dessous de la moyenne nationale quant à l'effort réalisé, alors que l'essentiel des coûts est constitué de frais de personnel qui représentent une masse financière plus importante à Paris.
D'autre part, aujourd'hui nous n'enregistrons qu'une augmentation liée au coût de la vie, environ 2 . Et encore, pour certaines associations, une évolution de 1,16 a plutôt tendance à affaiblir leurs moyens.
Pour ARC 75, vous nous avez expliqué en Commission que le coût des éducateurs est supérieur aux autres associations. Mais il correspond à l'expérience acquise et à la compétence dont ont besoin ces associations. Pour citer un exemple, dans le 10e arrondissement où ARC 75 est essentiellement présente sur le secteur de la gare du Nord, la gare est un terrain très particulier : gigantisme du lieu, absence de structures, passage, accueil de très jeunes dans le cadre de drogue et de prostitution masculine qui implique un travail quasiment expérimental de la part des éducateurs. Le travail est ici encore plus long et plus difficile qu'ailleurs, il nécessite des éducateurs très compétents et expérimentés.
L'augmentation du budget alloué serait un élément essentiel pour améliorer le travail de prévention auprès des populations les plus jeunes.
Par ailleurs, il convient de rappeler qu'il existe à Paris beaucoup de secteurs à découvert où la présence d'équipes de rue et d'animateurs serait hautement souhaitable et nécessaire : dans le 19e arrondissement, dans les secteurs rue d'Alsace-Lorraine, Gaston-Pinot, Solidarité, et dans le 18e arrondissement, le secteur de la Chapelle, notamment.
Pour faire place réellement aux actions éducatives et de prévention par rapport au "tout sécuritaire", nous attendons que vous passiez du discours aux actes et, par exemple, quand vous avez proposé une réduction de l'enveloppe financière des vigiles dans les logements, que vous abondiez au niveau du budget de prévention.
Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste).

Mme Nicole CATALA, président. -Merci, ma chère collègue.
Pour vous répondre, je donne la parole à M. GOUJON.

M. Philippe GOUJON. -Avec l'autorisation du Président LAFAY, je voudrais intervenir également sur ce projet de délibération, là encore pour regretter le discours catastrophique et pessimiste de notre collègue qui, évidemment, ne trouve aucun charme à la politique municipale, bien qu'elle ait reconnu dans le même temps que nous avions augmenté considérablement - je crois qu'on peut dire qu'on met en accord notre discours avec nos acte - le budget consacré à Paris à la prévention spécialisée, avec ma collègue, Marie-Thérèse HERMANGE, par la mise en place du plan Paris Espoir en 1990 auquel elle a rendu hommage, et je l'en remercie.
Ce plan a permis à la fois un développement, une augmentation et un redéploiement des moyens de la prévention spécialisée à Paris de façon, justement, à pouvoir nous adapter aux nouveaux problèmes rencontrés par d'autres populations plus touchées qu'autrefois et d'agir également sur d'autres secteurs.
Aujourd'hui, c'est tout de même pas moins de 12.000 jeunes en situation difficile, en voie de marginalisation ou de désinsertion qui sont encadrés par plus de 200 éducateurs spécialisés. Et si nous avons récemment actualisé les conventions de ces clubs-équipes de prévention, c'est pour rendre plus homogène et plus rationnel le dispositif. Nous avons aussi souhaité, pour des soucis de bonne gestion auxquels on nous rendra grâce également, de réduire les écarts entre les différentes associations en fonction du coût trop élevé par éducateur de certaines d'entre elles.
Pour ce qui concerne le 19e arrondissement, et à la demande du Maire précédent, à l'époque, M. Michel BULTÉ, nous avons engagé des fonds importants pour quatre associations gestionnaires d'actions de prévention spécialisée dans cet arrondissement : la Casa, la maison des copains de la Villette, la Fondation Jeunesse Feu Vert, et l'OPEJ qui vient d'être agréé, soit six équipes de prévention spécialisée correspondant à une trentaine de postes équivalents temps plein d'éducateurs salariés pour une dépense de près de 9 millions en 1996 pour ce seul arrondissement qui est sans doute mieux couvert par la prévention spécialisée que ne l'indiquait notre collègue.
Lorsque nous avons mis en place le plan "Paris Espoir", la subvention pour la prévention spécialisée était de 50.600.000 francs. Aujourd'hui, en 1996, c'est près de 72 millions de francs qui y sont consacrés, ce qui équivaut à une progression de près de 42 de cette subvention, correspondant à 21 millions et au moins 12 millions pour la progression des prix et des charges de personnel. L'effort net est donc de plus de 8 millions pour la prévention spécialisée dans notre capitale et de plus de 40 postes.
L'ensemble des dotations votées et des budgets autorisés dans ce domaine sera, en 1996, de plus de 83 millions de francs. Et sur cette somme, 11,2 millions correspondent aux mesures prises dans le cadre du plan Paris Espoir. L'effort net est supérieur à 11 millions pour l'ensemble de la prévention en faveur des jeunes en difficulté à Paris. Bien sûr, des ajustements ponctuels sur les quartiers encore insuffisamment couverts pourront être examinés et le cas échéant, décidés.
C'est un budget important, avec un effort considérable, que nous consacrons à ce plan "Paris Espoir", à l'issue duquel la prévention spécialisée, dans notre capitale, a vu la mise en place d'équipes nouvelles, le déplacement vers des secteurs prioritaires et le renforcement d'équipes existantes. Il est nécessaire d'adapter en permanence ce dispositif aux problèmes que rencontre notre Ville et il s'adaptera encore.
Je terminerai en citant Jean-Jacques ROUSSEAU et en rappelant que si ce sont les maisons qui font les villes, ce sont les hommes qui font les cités, et mieux insérer les jeunes dans la cité est l'objectif que nous partageons tous sur les bancs de notre Assemblée.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").

Mme Nicole CATALA, président - Merci, mon cher collègue. Madame HERMANGE, je vous donne la parole.

Mme Marie-Thérèse HERMANGE. -Simplement pour dire à Madame TROSTIANSKY que nous n'avons pas attendu pour passer des discours aux actes. La politique de prévention, la prévention spécialisée, est passée de 50 à 70 millions, mais c'est aussi toute la politique que nous conduisons à travers les centres maternels, à travers les 10.000 enfants que nous soutenons à l'aide sociale à l'enfance, la politique de médiation familiale mise en place, la politique de fonds d'aide aux jeunes, et notamment aux adolescents, et toute la politique qui est conduite enfin par la Direction des Affaires Scolaires notamment, qui concerne le soutien scolaire, la politique d'accueil dans certaines crèches totalement spécialisées pour enfants en difficulté ou dont les parents sont en difficulté.
Vous voyez, Madame TROSTIANKSY, qu'à côté des 70 millions spécialement affectés pour les jeunes pendant les vacances, il y a bien d'autres actions qui peuvent concourir à la politique de prévention que le Maire de Paris a décidé de conduire.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").

Mme Nicole CATALA, président. -Je mets aux voix le projet GM. 293.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
Il est adopté à l'unanimité. (1996, GM. 293).