Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Juillet 1996
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Général
> Type de document (Débat / Délibération)  

8 - 1996 GM. 292 - Subventions à des organismes participant à l'opération "Ville vie vacances".

Débat/ Conseil général/ Juillet 1996





Mme Nicole CATALA, président. -Nous passons au dossier GM. 292 qui concerne des subventions des organismes participant à l'opération "Ville vie Vacances".
Je donne la parole à l'orateur inscrit qui est Mme CAPELLE.

Mme Liliane CAPELLE. -Madame le Président, mes chers collègues, il est évidemment trop tôt pour tirer un premier bilan des activités menées en faveur des jeunes parisiens cet été. Mais je voudrais vous faire part des observations que m'inspire la visite de quelques centres d'animation dans mon arrondissement.
La fréquentation des différentes structures, centre d'initiation sportive, centre de loisirs, centre d'animation, semble satisfaisante et les activités proposées répondent dans l'ensemble à l'attente des jeunes.
Je voudrais adresser mes remerciements pour la qualité de l'encadrement proposé par les forces de police. Je les félicite très sincèrement car leur dévouement est total.
En revanche, on observe quelques difficultés d'accueil pour certaines des activités et pour les séjours en particulier.
Si pour Paris la demande est globalement satisfaisante, ça n'est pas toujours le cas pour les sorties à la journée et les mini-séjours hors de la Capitale.
Le nombre de places est notoirement insuffisant. C'est pourtant vers ce type d'activités que la demande est la plus forte.
Je comprends parfaitement la nécessité d'un travail de proximité mais, comme je le soulignais déjà lors de la dernière séance du Conseil de Paris, il est indispensable qu'un maximum de jeunes quitte la capitale.
Or force est de constater que des restrictions budgétaires font que des destinations pour les bases de loisirs sont limitées ce qui diminue les capacités d'accueil.
De ce fait chaque jour une vingtaine d'enfants ne peut prendre place dans les cars.
Vous imaginez leur amertume. Les situations exceptionnelles exigent des moyens exceptionnels et comme dans beaucoup d'autres domaines il vaut mieux prévenir que guérir. Et encore, peut-on ensuite parler de guérison quand le mal est trop profond ?
Par exemple dans le XIe arrondissement, dans le cadre de l'opération "Ville-Vie-Vacances" seules 28 places sont proposées pour 3 mini-séjours et une randonnée dans la Vienne. Ailleurs, ce sont 12 places pour des activités sportives et de loisir en Charente-Maritime. Ou encore, 12 places pour 3 randonnées batelières.
Au total, c'est un peu plus d'une centaine de places pour les adolescents. Les associations qui organisent ces séjours sont souvent désemparées devant l'obligation de refuser des demandes d'inscription faute de places suffisantes.
Cette situation appelle de ma part deux remarques : ce dispositif a été présenté aux élus le 20 juin dernier lors d'une réunion présidée par l'Adjoint au Maire de Paris, chargé de la Prévention et de la Protection. C'était une réunion courtoise et intéressante mais ce n'est pas une réunion de concertation avec les élus des arrondissements concernés. Je crois donc nécessaire, à l'avenir, de préparer ce dispositif en amont et en étroite collaboration avec les mairies d'arrondissement afin de définir avec précision les besoins réels de chaque arrondissement.
Seconde remarque : un grand nombre d'associations acteurs des opérations "Ville-Vie-Vacances" ont été informées tardivement du nombre de projets subventionnés par la ville. Ne pensez-vous pas utile d'informer plus tôt les associations des projets retenus ? Ce dispositif gagnerait en efficacité si les associations connaissaient dès le mois de janvier, le montant de la subvention accordée par la Municipalité ?
Le principe général en matière de subventions devrait être de favoriser les associations participant de manière réelle à la vie locale par des actions de terrains. Or nombre d'entre elles doivent se contenter d'aides parfaitement symboliques, souvent inférieures ou égales à 5.000 francs, ou sans aucun rapport avec le soutien attendu par la Municipalité parisienne.
Quand une association comme le Centre social "Solidarité de la Roquette" demande 90.000 F à la Ville pour emmener une dizaine de jeunes en province, elle reçoit 10.000 F.
L'association "La Rue" demande pour un séjour linguistique à Londres, trois mini-séjours en juillet, des mini-séjours culturels en France, divers chantiers en province, pour 238.000 francs. La Ville lui offre 46.000 francs.
Madame le Président, sans vouloir nous éloigner du sujet qui nous intéresse, la Ville subventionne plusieurs grandes associations sans que le bénéfice soit évident pour les Parisiens. Est-il vraiment indispensable d'aider à hauteur de 8 millions de francs l'association Internationale des Maires francophones, alors que les actions concrètes en faveur de la francophonie sont quasi-inexistantes ? Peut-on vraiment justifier un budget de 3 millions de francs alloué au Commissariat de Paris à Tokyo ?
Je crois nécessaire de reconsidérer à la baisse de telles dépenses et de redéployer les sommes engagées en direction des associations qui travaillent sur le terrain.
Avant de conclure, je souhaiterais évoquer en quelques mots la situation des Centres aérés de la ville de Paris. Ce qui frappe, c'est le nombre restreint de centres d'accueil dans les arrondissements et le manque d'animateurs et de moyens.
Croyez-vous juste, Madame le Président, de laisser une dizaine d'enfants toute la journée dans la cours de récréation en présence d'un seul animateur, car il n'y avait plus assez de places dans l'autocar chargé de déposer les enfants dans un Centre de loisirs ?
Il faut corriger au plus vite les problèmes que posent l'inscription et la répartition des enfants dans les centres d'accueil.
Enfin le bon fonctionnement des centres de loisirs d'été suppose l'organisation d'activités et de sorties variées pour les enfants. Or, par exemple, l'affectation d'un seul maître-nageur-sauveteur pour l'ensemble des centres de loisirs d'été dans le 20e arrondissement, aboutit à un nombre dérisoire de sorties en piscines au cours de cet été.
Il me semble que l'affectation en nombre suffisant de maîtres nageurs sauveteurs pour assurer les sorties en piscine fréquentes est justifiée par l'intérêt des enfants dans cette discipline et le climat estival.
Voilà, Madame le Président, les observations que je souhaitais porter à votre connaissance afin de donner aux opérations de prévention-été un caractère plus efficace et mieux adapté à la situation.
Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs du groupe du Mouvement des citoyens).

Mme Nicole CATALA, président. -Monsieur GOUJON va vous répondre.

M. Philippe GOUJON. -Merci, Madame le Président.
J'interviens pour dire que je trouve un petit peu injuste et polémique l'intervention de notre collègue qui nous a fait une description tout à fait misérabiliste de ces opérations dans lesquelles bien sûr nous ne pouvons que reconnaître l'action menée par les administrations de la Ville, par les associations, par les travailleurs sociaux auxquels, dans un premier temps, je tiens à rendre hommage en raison du travail tout à fait important, et je dirai même exemplaire, qu'ils font sur le terrain.
Pour ne pas polémiquer, je ne rappelle pas que c'est en 1984 que l'Etat s'est totalement retiré du financement de ces opérations et que c'est à ce moment-là que le Département de Paris a dû prendre le relais.
A l'époque je ne me souviens pas avoir entendu nos collègues socialistes critiquer ce retrait financier par le Gouvernement de l'époque des opérations prévention-été.
Nous avons voulu récemment, nous, avec l'Etat, aller plus loin en faisant en sorte que ces opérations prévention-été soient menées tout au long de l'année dans le cadre des opérations Ville-Vie-Vacances. Opérations qui s'adressent aux jeunes, pré-adolescents, adolescents et jeunes majeurs pour lesquels il convient de tout mettre en oeuvre afin d'éviter un désoeuvrement trop souvent à l'origine de conduites inciviles ou même délictueuses.
En ce qui concerne les jeunes pris en charge, je peux d'ailleurs préciser que tous ont des problèmes familiaux et scolaires graves - car c'est sur cette population que nous nous concentrons - les 3/4 sont plus ou moins de petits délinquants, la moitié d'entre eux a été confrontée à la prise de produits toxiques. C'est pour vous dire l'importance que nous accordons à ces jeunes en voie de désinsertion et de marginalisation.
L'objectif est donc de leur faire découvrir des centres d'intérêts nouveaux, de les initier à des pratiques sportives ou de les faire participer à des activités culturelles de toutes sortes.
Il s'agit également de créer des liens étroits entre eux et les associations de prévention, afin de déboucher sur une prise en charge plus individualisée pendant le reste de l'année.
C'est la qualité des actions menées qui compte plus que leur quantité.
Cette année encore, une priorité a été donnée d'ailleurs aux promoteurs qui peuvent assurer, au niveau des associations, ce suivi tout au long de l'année, directement ou en partenariat.
Il ne s'agit pas d'une action isolée pendant l'été mais d'une action que nous souhaitons mener pendant toute l'année en faveur de ces jeunes.
Ces opérations s'ajoutent évidemment aux actions habituelles menées par les organismes financés par la collectivité parisienne, et par d'autres. La collectivité parisienne n'étant pas la seule à consacrer un budget spécifique à ces opérations. Elle en assure néanmoins l'infrastructure générale tout au long de l'année.
C'est donc en juin 1995 que les OPE sont devenues les opérations Ville-Vie-Vacances, étendues à l'ensemble des vacances scolaires.
La Ville qui s'y associe très largement, a fait progresser son effort budgétaire de 568.400 francs, en 1995 pour les OPE, à 968.400 francs en 1996 pour les opérations Ville-Vie-Vacances, soit une augmentation de 70 , ce qui, me semble-t-il, correspond à un effort particulièrement important de notre collectivité pour proposer des types d'activités de trois sortes :
- les séjours hors Paris : visite du Futuroscope, descentes en rafting dans les Pyrénées, un camp en Côte d'Ivoire, du cyclo-tourisme en Picardie et un séjour à Londres en sont quelques exemples.
- des animations et des sorties à la journée en région parisienne comme, par exemple, du canotage sur la Marne, l'édition de cartes postales anciennes, des ateliers vidéo-photo, des activités sportives très diverses...
- des activités d'insertion par l'économique qui permettront à ces jeunes d'appréhender la réalité du monde du travail par des petits travaux saisonniers, des travaux d'aménagement de courte durée, des ventes itinérantes ou encore des réalisations culturelles destinées à la vente.
Cette opération, menée sur l'ensemble de la Capitale, concerne d'abord les quartiers du Nord et de l'Est de Paris ainsi que le centre, comme le Forum des Halles ou le quartier Beaubourg, et le Sud, notamment les 13e, 14e et 15e arrondissements. Et sur l'ensemble de l'année, ce sont près de 6.000 jeunes qu'accueillent ces associations.
Dans le détail, plus de 40 projets d'animation pour 3.500 jeunes, près d'une centaine de séjours hors Paris pour 2.300 jeunes et 12 chantiers pour près de 200 jeunes.
Il convient de remarquer que si le nombre de jeunes n'augmente pas dans la même proportion que la subvention globale consacrée à ces projets, les associations ont accueilli, comme je le disais, les adolescents et pré-adolescents tout au long de l'année.
Cette année, la Ville a souhaité s'attacher à mieux prendre en considération les projets destinés aux filles ainsi qu'au plus jeunes et, sur l'ensemble des activités retenues au titre des opérations "Ville-Vie-Vacances", sept concernent notamment exclusivement les filles.
Les Zones urbaines sensibles ont également, dans le cadre de la Politique de la Ville, fait l'objet d'une attention particulière puisqu'elles représentent un quart du budget consacré à ces opérations.
Je n'évoquerai pas, Madame le Président, pour ne pas allonger les débats, les actions qui sont également menées par la D.J.S., avec ses 26 centres d'initiation sportive, avec des ouvertures nocturnes des terrains dans plusieurs quartiers, ni celles menées par la D.G.A.P.P. ou la D.A.S.C.O., qui permettent au total à plus de 80 associations, à plus de 270 centres de loisirs, à près de 40 centres d'animation et à 26 centres d'initiation sportive de proposer ces activités diversifiées qui répondent, je crois, aux attentes et aux besoins des jeunes et privilégient cette année les actions menées en partenariat avec les associations, celles proposées aux jeunes filles ainsi que les projets prenant en compte l'avenir socio-professionnel des jeunes.
Je voudrais dire également que le 11e arrondissement, dont Mme CAPELLE est élue, s'il a fait l'objet, cette année encore d'actions importantes, sera sans doute en mesure, l'année prochaine, par une concertation peut-être mieux adaptée, à laquelle je souscris bien volontiers, de faire encore davantage, ainsi que tous les arrondissements concernés par ces difficultés.

Mme Nicole CATALA, président. -Merci, mon cher collègue.
Monsieur PICOURT, vous souhaitez intervenir ?
Je vous donne la parole.

M. Patrick-Olivier PICOURT. -Merci, Madame.
Je voudrais répondre à Mme CAPELLE qui a remis en cause l'association Paris-Tokyo et l'A.I.M.F.
D'abord, pour ce qui concerne Paris-Tokyo, la subvention n'est pas de 3 millions de francs mais d'un peu moins de la moitié. J'ai effectivement fait réduire cette subvention qui correspond à une présence parisienne à Tokyo qui a donné lieu à un certain nombre d'échanges culturels importants ; vous avez connu (parce que c'est une manifestation qui vient d'avoir lieu et qui a eu beaucoup de succès), le "Japonisme dans la mode" à Galliéra, et puis surtout c'est une association qui marque une présence parisienne importante à Tokyo.
Je crois que je vais ré-augmenter le budget de cette opération parce que, aujourd'hui, il s'agit de relancer le tourisme japonais en France, nous avons besoin de développer notre image et d'améliorer notre image là-bas, en sachant que cela représente pour l'économie parisienne un solde extrêmement favorable et important.
Pour ce qui concerne l'A.I.M.F., Madame, vous avez raison, cela ne concerne pas des enfants parisiens, cela concerne une aide essentiellement sur l'Afrique, d'infrastructure.
Personnellement, je souhaite que l'on poursuive cette aide.

Mme Nicole CATALA, président. -Je vais mettre aux voix le projet de délibération GM. 292.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
Il est adopté à la majorité, Mme TAFFIN et M. DUMAIT s'étant abstenus. (1996, GM. 292).