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Decembre 2015
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2015 DAC 609 - Convention avec l’association "La gare expérimentale" et fixation de la redevance pour l’occupation temporaire d’un immeuble communal 18, boulevard Serrurier (19e) et d’un espace de stockage.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2015


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Le projet de délibération DAC 609 porte convention avec l?association "La gare expérimentale" et fixation de la redevance pour l?occupation temporaire d'un immeuble communal situe 18, boulevard Serrurier, et d'un espace de stockage. La parole est à Mme Aurélie SOLANS.

Mme Aurélie SOLANS. - Merci, Monsieur le Maire. Mes chers collègues, l'association "La gare expérimentale" occupe et anime des lieux artistiques depuis plus de 10 ans en Région parisienne. Elle a transformé des lieux désaffectés en espaces dédiés à la culture et aux rencontres dans les 10e, 14e, 15e arrondissements et dans une ancienne gendarmerie à Montrouge. Depuis mars 2014, Paris Habitat leur a mis à disposition un espace de 1.000 mètres carrés dans le 12e arrondissement sur le site de la caserne de Reuilly. En 2014, "La gare expérimentale" a organisé plus de 40 événements publics et a rassemblé plus de 12.000 personnes : habitants de quartier, Parisiens, Franciliens et voyageurs de tous horizons. Les travaux de réhabilitation du site du 12e arrondissement démarrent et "La gare expérimentale" doit maintenant quitter les lieux, comme toutes les autres activités qui se sont déployées temporairement dans cette ancienne caserne. Aujourd'hui, notre Ville poursuit son soutien à ce collectif. Elle leur confie un ensemble immobilier au 18, boulevard Serrurier, près de la porte des Lilas, à Paris, dans le 19e arrondissement, qui abritait des logements de fonction pour des personnels de la Direction de la Protection et de l?Eau. Cette adresse, vacante depuis déjà plusieurs années, va devenir à terme une annexe des archives départementales de Paris avec un loyer au niveau symbolique de 3.466,80 euros hors charges par an. L'aide en nature dont bénéficiera l'association "La gare expérimentale" s?élèvera ainsi à 86.971 euros par an. Suite à cette convention, nous souhaitons tout d'abord faire deux remarques. D'abord, saluer ce soutien à de tels collectifs, producteurs de projets innovants et créatifs, tant du point de vue culturel que sur le plan social et environnemental. Voilà ce qu'ils annoncent pour leur implantation porte des Lilas et nous y sommes sensibles : "Café associatif, atelier de production artistique, jardin aménagé avec balade botanique, verger et potager sauvages. Ruche, poulailler, parc à sculptures, murs végétaux, danse, théâtres, ateliers collectifs, musique, bricolage, expérimentations en tout genre, de l'image, du volume, de la pâte à tartiner maison". Tout cela en continuant d'accueillir des publics et des résidences de création. L'occupation temporaire du domaine intercalaire semble devenir un réflexe avec des projets de délibération qui nous sont présentés à chaque Conseil. Les élus écologistes ont porté depuis toujours ce principe. Nous voulons souligner ici sa mise en ?uvre effective qui permet à tant d?associations de développer des projets créatifs, mais aussi d'animer le quartier dans lequel elles sont installées. Ces remarques faites, nous voulons, par ailleurs, revenir sur trois points de vigilance pour le groupe Ecologiste. Point qui peut sembler un détail, mais qui est de première importance pour "La gare expérimentale" : actuellement, l'association ne peut occuper qu'un cinquième de la surface, car des travaux de désamiantage vont être réalisés. Cela a pour conséquence une nullité des entrées pour l'association. Il est donc très important pour son équilibre financier que le calendrier des travaux soient tenus et que, dès avril/mai, "La gare expérimentale" puisse occuper l'ensemble de la surface tel que le prévoit la convention. Nous voulons attirer l'attention sur la méthode avec laquelle sont décidés les bénéficiaires de ces conventions d'occupation temporaire. Globalement, l'absence d'appel à projets ou autres modalités qui permettent une transparence vis-à-vis des Parisiens, vis-à-vis des porteurs de projets associatifs, fait clairement défaut. Nous souhaitons savoir comment ces points seront améliorés dans le futur afin que les habitants, les associations dans les quartiers de Paris où s?implantent des collectifs, aient connaissance des critères qui ont prévalu au choix de la Ville. D'une façon générale, les projets associatifs dans ces quartiers ne doivent pas être mis dos à dos avec les collectifs que nous décidons d'implanter de cette façon. Il nous faut bien formaliser nos attentes dans le cadre de ces conventions afin que, systématiquement, l'ancrage local soit effectif, qu'une place pour le tissu associatif local, les conseils de quartier, les acteurs locaux du vivre ensemble en général soit associée aux projets. Quand cela est possible, concertons et consultons les quartiers. Favorisons des ponts, des liens en amont qui permettront de vraies avancées pour le tissu associatif et éviteraient bien des frustrations, bien des incompréhensions. Pour conclure, j'en terminerai bien sûr sur une note positive sur l'arrivée du collectif de "La gare expérimentale". Je pense qu?il trouvera sa place et apportera sa dynamique dans un quartier limitrophe du périphérique qui a connu beaucoup de mutations ces 50 dernières années et où il manque très clairement de l'espace pour le vivre ensemble, les projets collectifs, les activités associatives. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. La parole est à M. Bruno JULLIARD.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Merci, Monsieur le Maire, et merci à Aurélie SOLANS. Je ne vais pas répéter tout ce qu?elle a parfaitement dit, si ce n?est dire que cette convention avec "La gare expérimentale" est à l'image de ce que nous souhaitons faire avec mon collègue Ian BROSSAT, à savoir la transformation de lieux de notre patrimoine la plupart du temps, souvent désaffectés ou inutilisés, en espaces temporaires dédiés à la culture ou à d'autres activités associatives et de loisirs de proximité. Je suis très heureux que "La gare expérimentale", devant quitter la caserne de Reuilly, nous ayons pu trouver un lieu d?accueil pour "La gare expérimentale" dans le 19e arrondissement, boulevard Serrurier. Deux éléments pour répondre à vos questions. Concernant la durée des travaux, on va tout faire pour que nous puissions tenir le calendrier. Si tel n?était pas le cas, ce que je ne souhaite pas, pour des raisons de désamiantage, il est possible qu'il y ait un léger retard. De toute façon, nous décalerions la date anniversaire de la convention et nous pourrions évidemment moduler la redevance en prenant en compte cette difficulté que, une nouvelle fois, je n'appelle pas de mes v?ux. Deuxième petite réflexion concernant l'appel à projets, Madame SOLANS, que vous souhaiteriez généraliser. Sur le principe, j'y suis très favorable. Tout de même, à une réserve près, notamment pour la raison que vous évoquez, à savoir la nécessité d'avoir un ancrage local dans les projets qui nous sont présentés dans le cadre d'appels à projets. En revanche, lorsque nous mettons certains collectifs, notamment les plus inscrits dans le paysage parisien et qui ont des activités tout à fait exceptionnelles, nous prenons systématiquement un engagement, qui est de les reloger quand les bâtiments ne sont plus disponibles. Or, on ne peut pas soumettre tous les collectifs à un appel à projets parce qu?il y aurait un risque que nous ne soyons pas en capacité de les reloger. Non pas parce que nous ne souhaiterions pas les reloger, mais parce qu'ils ne remporteraient pas certains appels à projets. Par exemple, on aurait un problème avec "la Générale", dans le 11e. On a déjà eu un problème avec "De rue et de Cirque". On a voté en Conseil de Paris plusieurs v?ux depuis de nombreuses années pour loger "De rue et de Cirque". On a toujours fait appel à des appels à projets. Il se trouve que pour X ou Y raison, ils n'ont pas remporté ces appels à projets alors qu?ils méritent un lieu définitif. Je pense donc qu'il faut probablement des solutions individualisées, lieu par lieu ; pourquoi ne pas mettre parfois, quand les élus locaux sont d?accord, un appel à projets, et parfois flécher sur certains collectifs des lieux pour garantir, honorer notre présence de reloger certains collectifs. Nous pourrions poursuivre cette discussion en 2e Commission qui est tout à fait intéressante. A mon avis, il faut être très pragmatique et en tout cas être efficace.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 609. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2015, DAC 609).