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Decembre 2015
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Conseil Municipal
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2015 DVD 238 - Mise en place de la Commission extra-municipale des déplacements et du partage de l’espace public (CEMD-PEP). Vœu déposé par le GEP relatif à la place des piétons dans l'espace public. Vœu déposé par le groupe RG-CI relatif à l'élaboration d'un plan piéton.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2015


 

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DVD 238, avec les v?ux nos 91 et 92 relatifs à la mise en place de la Commission extra-municipale des déplacements et du partage de l'espace public. La parole est à Mme KUSTER.

Mme Brigitte KUSTER, maire du 17e arrondissement. - Oui, Monsieur le Maire, en préambule, il y a une incompréhension tout à l'heure, entre mon intervention sur le tramway et la réponse de M. NAJDOVSKI qui parlait d'un v?u, pensant qu'il répondait à un v?u sur la sécurité. Or il y a un v?u que je n'ai pas pu défendre dans mon intervention, qui était celui concernant l'indemnisation des entreprises et des commerçants dans le cadre du prolongement du tramway T3. Nous avons donc voté un v?u que je n?avais pas présenté. Enfin, l?Exécutif a voté contre.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Nous ne l?avons pas adopté, donc ne vous inquiétez pas.

Mme Brigitte KUSTER, maire du 17e arrondissement. - Si, vous avez présenté un v?u et?

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Oui, le v?u n° 88, avec un avis défavorable et il a été rejeté, Madame KUSTER. Vous avez eu le temps d'intervention, vous n'avez pas parlé du v?u, j?en suis désolé.

Mme Brigitte KUSTER, maire du 17e arrondissement. - M. NAJDOVSKI s'est trompé dans sa réponse, pensant que je parlais d?un autre v?u sur la sécurité.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Non, M. NAJDOVSKI ne s?est pas trompé. Il vous a dit que vous parliez du v?u n° 98 et vous a fait remarquer que ce n'était pas le v?u n° 98 qui était attaché à ce projet de délibération.

Mme Brigitte KUSTER, maire du 17e arrondissement. - Si vous me laissez parler, je vous expliquerai que ce n?était pas le même thème. Le v?u portait sur l'indemnisation des commerçants. Je le dis donc juste maintenant pour que cela soit au PV et que ce v?u, qui n'a pas pu être présenté, accordait une exonération temporaire des taxes, de droits de voirie aux commerces impactés par le projet de prolongement du tramway dès le démarrage des travaux, même en cas d?un maintien réduit de leur activité. C?était l?objet du v?u, je tenais à le préciser car je n'ai pas pu le présenter et, malheureusement, vous n'avez pas vu M. Geoffroy BOULARD, en haut de l'hémicycle, qui était également présent.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Non, M. BOULARD n?était pas dans l?hémicycle, Madame KUSTER. J?en suis désolé.

Mme Brigitte KUSTER, maire du 17e arrondissement. - Il était là, je lui ai montré le v?u.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Poursuivez sur le projet de délibération.

Mme Brigitte KUSTER, maire du 17e arrondissement. - En tout état de cause, je voulais porter à votre connaissance qu'il y avait ce v?u et que vous avez donc refusé.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Je n?ai rien refusé du tout.

Mme Brigitte KUSTER, maire du 17e arrondissement. - Maintenant, je m'exprime sur la Commission extra-municipale des déplacements et du partage de l?espace public sur laquelle je suis en effet inscrite. Je voudrais vous dire que cette commission, pour l'avoir bien connue en son temps, avait d'ailleurs bien fonctionné. Elle avait été animée - puisque c'est lui qui en avait été à l'origine - par Michel BULTÉ puis par Denis BAUPIN et, à l?époque, même si nous ne partagions pas les mêmes points de vue, nous avions une capacité d'échange et c'était un véritable lieu de débats, d'informations. Malheureusement, cette commission a depuis périclité et le bilan des déplacements, pourtant outil majeur qui paraissait chaque année de plus en plus tard, est maintenant aux abonnés absents. Le dernier datant de 2013, il semblerait qu'à la DVD le thermomètre soit cassé. Il faut que cette commission soit réactivée et soit un lieu de débat au moment où les transports sont si importants. Il faut aussi que cette commission réfléchisse sans idéologie aux grands objectifs que nous devrions partager, comme, entre autres, le désencombrement de l'espace public. Il faudrait que cette commission puisse s'inspirer des exemples étrangers comme à Londres, où il est possible de se déplacer facilement. C'est là, en effet, une vraie leçon. Paris a un espace public encombré de partout, particulièrement par les deux-roues. Et pourquoi ? Parce que dès que nous sommes maires et que nous sommes sollicités pour faire du parking deux-roues, nous enlevons du parking voiture et, qu'avec Vélib?, Autolib', les transports de fonds, les voies pompiers, nous sommes dans un engorgement de l'espace public en surface car il n'y a plus de place de stationnement pour les voitures. De plus, les deux-roues, qui n'en ont pas assez, se mettent sur les trottoirs. Il y a donc une vraie réflexion à avoir et éventuellement, ce que nous souhaitons, regarder dans l'une des solutions que nous proposons, des parkings souterrains résidentiels afin de libérer l'espace public. Je pense que cela peut être un beau débat sans idéologie aucune, quartier par quartier au niveau de la Capitale. Enfin, il faut que cette commission puisse bénéficier d'expertises indépendantes, cela nous paraît nécessaire. La Mairie de Paris n'utilise pas du tout cette facilité d'expertise indépendante et c'est bien dommage car je pense que cela ferait largement avancer le débat. Il faut enfin étudier les effets pervers de certaines décisions comme, je le rappelle, non seulement le débat sur les parkings qui permettraient de libérer l'espace public, mais également les plans de circulation à une échelle d'arrondissement. Je vous remercie.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Merci, Madame KUSTER. La parole est à M. BROS.

M. Jean-Bernard BROS. - Merci, Monsieur le Maire. Mes chers collègues, l'enjeu de cohabitation des différents modes de déplacement dans l'espace public est essentiel dans une ville aussi dense que Paris. Il est donc important de créer du lien entre les différents types d'usages et d'usagers. La concertation proposée dans le cadre de la Commission extra-municipale est à ce titre pertinente. Dans ce cas, il est annoncé que sa prochaine rencontre sera consacrée à l'usage piétonnier, ce qui est une bonne nouvelle. En effet, la marche est le moyen de transport le plus utilisé à Paris intra-muros. La Ville développe déjà des espaces en faveur des piétons dans le cadre du réaménagement des berges de Seine, des places parisiennes et des espaces partagés. Nous ne remettons pas en cause ce travail, que nous saluons régulièrement au sein de cette Assemblée, mais nous pensons que l?Exécutif doit poser un cadre plus ambitieux, au-delà des grands travaux, pour créer un véritable maillage piétonnier sur l'ensemble du territoire parisien. La marche à pied est un transport économique, bon pour la santé et l'environnement. Elle permet aussi de faire vivre nos quartiers et nos commerces, même le dimanche. Le défi posé est ambitieux car, pour les piétons, chaque jour est un peu un parcours du combattant. Les obstacles sont nombreux, mobiliers urbains mal positionnés, stationnement sauvage des automobilistes, terrasses de café encombrantes, traversée de voies dangereuses, micro-trottoirs et j'en passe. Ainsi, nous proposons que la Ville soumette dans le cadre d'un Plan piéton ambitieux à la Commission extra-municipale des déplacements, un Plan piéton pensé pour l'ensemble de nos habitants et visiteurs, et particulièrement pour ceux qui ont des difficultés de mobilité. Nous pensons aussi qu'un projet de réseau vert pourrait être expertisé afin de créer des parcours piétons sans rupture urbaine dans les quartiers très denses. D'autres villes l'ont déjà fait, Paris doit être en capacité de le proposer. Les 3.000 kilomètres de trottoirs parisiens méritent bien une telle politique intégrée et transversale. Ainsi, mes chers collègues, nous souhaitons la mise en place de cette Commission extra-municipale des déplacements et espérons voir un Plan piéton présenté ici même en 2016. Je vous remercie.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Merci, Monsieur BROS. Monsieur BOUTAULT, vous avez la parole.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Monsieur le Maire, chers collègues.

La Commission extramunicipale des déplacements était en sommeil depuis 2009. Il était temps qu?elle se réveille, tant est importante la question du partage de l?espace public au profit des circulations douces et non polluantes, alors que notre pays et notre ville se sont pleinement investis dans les objectifs ambitieux de la COP 21.

Le fait d?intégrer cette dimension de partage de l?espace public, dans le nom même de cette commission, et qu?en outre sa première séance soit consacrée aux piétons et aux usages de la rue est un autre signal très encourageant.

La majorité des déplacements à Paris s?effectuent à pied. On estime la part modale de la marche dans les rues de la Capitale à plus de 60 % des déplacements. Pourtant, l?espace dévolu aux piétons est encore largement inférieur à celui réservé à la voirie qui occupe quelque 70 % de l?espace public dans notre ville. Notre marge de progression est donc considérable.

Très civiques mais fragiles, les piétons sont pourtant les plus victimes d?accidents. Les Parisiens, les Parisiennes et les visiteurs de Paris ont donc besoin d?espaces sécurisés et plus confortables.

Favoriser les déplacements piétons, c?est aussi prendre soin des plus fragiles : les enfants, les personnes âgées ou porteuses de handicap.

Des espaces plus confortables, ce sont, par exemple, des trottoirs plus larges et moins encombrés par le mobilier urbain et les terrasses qui débordent souvent au-delà de l?espace qui leur est dévolu. Des espaces sécurisés, ce sont aussi des traversées piétonnes plus visibles et la création de trottoirs traversant aux intersections, qui indiquent visuellement une priorité des piétons sur les voitures. Nous l?avons expérimenté avec satisfaction dans le 2e arrondissement, à l?intersection des rues Réaumur et des Petits-Carreaux, et des rues Montorgueil et Etienne-Marcel. Les traversées piétonnes doivent en outre être aménagées de façon à réduire le cheminement piéton et ne pas obliger ceux-ci à faire des détours pour accéder aux passages protégés au prétexte de leur sécurité. C?est aux automobilistes de faire un effort et de faire quelques détours. Les zones de rencontre où les automobilistes et conducteurs de deux-roues motorisés sont autorisés à ne pas rouler à plus de 20 kilomètres/heure doivent aussi être encouragées et développées. Le vélo pâtit également d?un manque d?aménagements. Nous en sommes convaincus, le développement de la pratique de la bicyclette passe par une moindre place accordée à la voiture. Pour cela, il ne faut pas hésiter à la pénaliser en réduisant son espace de stationnement, en récupérant les espaces qu?elle a annexés pour faciliter le déplacement et le stationnement du vélo. Les marges de progression sont énormes. Dans une récente étude conduite par la Direction générale et interdépartementale de l?équipement et de l?aménagement d?Ile-de-France, les auteurs démontrent que le rapport modal des modes motorisés vers le vélo conserve un potentiel important. La bicyclette pourrait représenter 14 % de la part modale en Ile-de-France contre 1,6 % aujourd?hui, soit 5,3 millions de déplacements quotidiens contre seulement 652.000 aujourd?hui. Les solutions pour favoriser les circulations douces sont donc multiples. Et la Ville de Paris prévoit de nombreux aménagements, dont notamment celui de généraliser les zones 30 et d?améliorer le franchissement des coupures urbaines, en clair des autoroutes, des voies ferrées ou encore des fleuves, mais aussi des portes, ponts et places qui constituent autant d?obstacles à la pratique de la marche et du vélo. Ces dix dernières années, les déplacements en transports collectifs ont augmenté de 20 % et les circulations douces dans des proportions encore plus importantes, alors que les enquêtes de mobilité des Franciliens depuis 1976 montraient une quasi-stagnation. C?est donc bien une rupture de tendance majeure qui est intervenue, sachons-nous en saisir et l?accompagner au mieux. Je vous remercie.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Merci, Monsieur BOUTAULT. La parole est à Mme MOREL. Madame MOREL, vous avez la parole. Oui ? Non ? Eh bien, pour répondre, la parole est à Christophe NAJDOVSKI. Vous deviez présenter un v?u, Madame MOREL. Mais la parole est à Christophe NAJDOVSKI.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire. Les déplacements ont une importance vitale dans la vie des Parisiennes et des Parisiens, et dans le fonctionnement de notre Métropole. Il mobilise un temps quotidien conséquent, des ressources financières importantes. Il conditionne en bonne partie l?organisation économique de la ville et ils sont facteurs de dynamisme. Ils ont une grande incidence sur la qualité de vie et la santé publique, notamment du fait de la pollution générée en fonction du mode utilisé. Compte tenu de ces enjeux, il nous est apparu important de relancer la Commission extra-municipale des déplacements, C.E.M.D. C?est une instance consultative des différents acteurs des déplacements, particulièrement précieuse pour enrichir nos politiques publiques en matière de déplacements et d?aménagements de l?espace public. Nous avons, certes, aujourd?hui des échanges réguliers avec nombre d?acteurs, via divers comités : comités vélos, autocars, deux-roues motorisés, taxis, marchandises. La Commission extra-municipale des déplacements est l?occasion de réunir l?ensemble de ces acteurs concernés par ces thématiques, et ils sont nombreux, pour faire se confronter les points de vue, les approches et les attentes sur les projets de la mandature. Nous avons souhaité enrichir la domination C.E.M.D. d?un P.E.P. - pour Partage de l?espace public - afin de souligner le fait qu?organiser les déplacements et l?espace public est indissociable et tout aussi important. Cette instance de concertation et de démocratie locale réunira donc les adjoints à la Maire de Paris concernés, les maires d?arrondissement, les différents groupes politiques de notre Conseil, les services de la Ville de Paris, les acteurs institutionnels, les professionnels, les associations d?usagers et les personnalités qualifiées. L?expertise ainsi apportée viendra enrichir nos projets et nos propres réflexions. Je réunirai cette commission régulièrement, au moins trois fois par an, et la première aura lieu fin janvier 2016 et portera sur deux sujets, comme cela a été évoqué : le lancement de la démarche qui aboutira à un Plan piéton au courant de l?année 2016 ; également la présentation du bilan des déplacements de l?année 2014 qui a été récemment publié. Avec cette Commission extra-municipale des déplacements et de partage de l?espace public, nous souhaitons enclencher une dynamique partagée qui rassemble l?ensemble des acteurs. Nous proposerons que notamment cette question des déplacements de piétons soit en premier engagée. C?est la raison pour laquelle nous donnerons des avis favorables aux deux v?ux qui ont été présentés à ce Conseil, aussi bien par le groupe des Ecologistes que par le groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants. Je vous donne donc rendez-vous au début de l?année 2016, fin janvier plus précisément, pour cette commission qui sera consacrée au lancement de la démarche participative et concertée du Plan piétons, pour développer la marche, rendre aux piétons la place qu?ils méritent, c?est-à-dire la première.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Merci, Monsieur NAJDOVSKI. Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 91 du groupe Ecologiste avec un avis favorable de l?Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Abstentions ? Le v?u est adopté. (2015, V. 379). Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 92 du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants avec les amendements de l?Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Abstentions ? Le v?u amendé est adopté. (2015, V. 380). Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 238. Qui est pour ? Qui est contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2015, DVD 238). Je vous remercie.