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Decembre 2015
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Conseil Municipal
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2015 DASES 396 G - Participation (4.916.858 euros) et subvention (72.243.euros) aux activités 2015 du GIP Samu social de Paris (12e) et adoption d’un protocole concernant le suivi social des familles sans suivi social.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2015


 

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Nous examinons le projet de délibération DASES 396 G : il s?agit de la participation et subvention aux activités 2015 du Samu social de Paris. La parole est à Mme SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Bonjour.

Chers collègues, dans ce projet de délibération, la Ville poursuit sa participation financière au Samu social, à hauteur de 5 millions d?euros, mais je trouve que dans ce projet de délibération il faut que nous prenions conscience qu?il nous explique que les demandes non satisfaites de prise en charge des familles ont augmenté de 54 %. 54 % ! Du fait de la croissance de la demande d?hébergement d?urgence, de l?insuffisance de solutions de sortie de l?hôtel, de toute cette crise qui précarise bon nombre de familles. Et pourtant, alors qu?il y a cette augmentation de 54 % des besoins, le budget, lui, n?augmente que de 3,8 %. Il y a donc un fossé que j?aimerais que l?ensemble des élus regarde bien franchement. L?hôtel coûte cher, l?hôtel coûte beaucoup plus cher que les autres solutions de prise en charge d?hébergement. On sait que l?écrasante majorité du budget est dépensée justement par ces prises en charge hôtelières, et le reste des dépenses, hors nuitées, correspond à la masse salariale. Il y a aussi énormément de souffrance au niveau des personnels qui sont en charge de ces tâches, du fait de sous-effectif. L?Etat a soi-disant un plan triennal pour réduire le recours aux nuitées hôtelières, car tout le monde est conscient, tout le monde est d?accord sur le constat que ça n?est pas la solution, non seulement d?un point de vue économique, mais aussi parce que se retrouver pour une famille avec enfants à l?hôtel, eh bien, généralement, on ne vit pas de la même manière. C?est tout un tas de difficultés terribles pour pouvoir avoir une vie normale, se nourrir normalement, que les enfants puissent avoir un espace pour faire leurs travaux scolaires. C?est tout sauf une solution. A titre d?exemple, une nuitée hôtelière coûte environ 17,08 euros par jour, quand une intermédiation locative, elle, coûte environ 6,55 euros par jour - par exemple, c?est les dispositifs "Louez solidaire" - et quand le logement adapté, lui, en pension de famille, coûte, certes, 15 euros par jour, mais toujours moins cher que la nuitée hôtelière. L?hébergement d?urgence est ce qui coûte le plus cher : 24 euros par jour. On voit donc que ce logement adapté, par exemple, "Louez solidaire", doit être absolument développé. Il y a, dans cette séance du Conseil de Paris, d?autres projets de délibération très intéressants : celui concernant "Louez solidaire" et qui montre un engagement de la Ville pour 1.000 places de plus. Il y a donc bien une prise de conscience de ce problème-là. Il y a aussi deux autres projets de délibération qui portent sur la création de pensions de famille. Mais on est quand même en deçà de ce qu?il faudrait faire. On est en deçà de ce qu?il faudrait faire, car quand il y a une augmentation de 54 % des familles, eh bien, on devrait augmenter de manière bien plus conséquente ces prises en charge alternatives à l?hôtel. Voilà l?intervention que je souhaitais faire. Je voudrais aussi en profiter pour dire, même si ce n?est pas l?objet directement de ce projet de délibération, que vous ne savez peut-être pas, mais hier, dans le budget, pour ceux qui ont approuvé le budget lundi, vous avez, dans le cadre du budget annexe des établissements départementaux de l?Aide sociale à l?enfance, sans aucun débat, sans aucun échange, sans aucune discussion, voté la fermeture du centre Pontourny. Alors, vous ne savez peut-être pas exactement ce dont il s?agit. J?avais présenté un v?u l?an passé sur cet établissement Pontourny, cet établissement qui fonctionnait très bien, qui permettait d?accueillir des mineurs isolés étrangers, mais qui aurait, par exemple, pu aussi être réorienté pour accueillir des familles. En tous les cas, c?était un établissement hors Paris, dans un autre département, dans le 37, en Indre et Loire. Il a été fermé alors qu?il n?y avait aucun problème en termes d?équipes, en termes de professionnalisme. Cet établissement est fermé alors qu?on en avait besoin et qu?on a une telle augmentation des familles qui se retrouvent sans solution à la rue. Je trouve cela déplorable. Si le v?u n?avait pas été présenté l?an dernier, il n?y aurait même pas eu un seul échange dans ce Conseil sur cet établissement. Je vous remercie.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Merci beaucoup. Je demande aux élus de bien vouloir être un tout petit peu plus discrets. J?entends le contenu de vos échanges depuis la tribune. Je donne maintenant la parole à M. Bernard JOMIER.

M. Bernard JOMIER, adjoint. - Merci, Madame la Maire. Effectivement, la convention qui nous est proposée aujourd?hui est une convention importante qui porte sur le financement du Samu social, et comme vous l?avez noté, Madame SIMONNET, ce financement est en hausse. Il est en hausse de 3,8 %, ce qui marque l?engagement permanent de notre collectivité en faveur des populations les plus précarisées. Dans le même temps, certains indicateurs, et vous en avez relevé un qui est particulièrement parlant, traduisent une forte demande : la hausse de 54 % des demandes d?appel, des appels parvenus au Samu social. Et c?est bien pour cette raison d?ailleurs qu?au-delà de cette participation qui est soumise à votre approbation aujourd?hui de budget en faveur du Samu social, un certain nombre d?autres dispositifs sont mis en place pour répondre à cette demande. Dans quelques instants, vous allez étudier le projet de délibération DVD 234, je crois, rapporté par Dominique VERSINI, qui prévoit la création d?hébergements, allée des Fortifications dans le 16e arrondissement. Je peux aussi vous citer à l?A.P.-H.P. l?ouverture de places à Necker destinées à des femmes avec enfants. Donc il y a un ensemble de places qui sont créées, qui n?apparaissent pas là dans ce projet de délibération particulièrement, mais qui ont pour objectif de répondre à la hausse importante de la demande. Par ailleurs, les populations appelantes sont extrêmement diverses, et parmi elles, il y a un certain nombre de personnes migrantes qui sont arrivées récemment à Paris, et je vous rappelle le "plan migrants", qui a été présenté également par Dominique VERSINI au Conseil précédent, et qui apporte un certain nombre de réponses. Donc voilà, c?est un ensemble de mesures au-delà de la hausse, malgré tout, de subventions apportées au Samu social qui vont permettre de répondre à la situation que tout à fait justement vous soulevez. Par ailleurs, et ce sera le dernier point, le dernier exemple que je prendrai, un partenariat est actuellement travaillé avec le Samu social afin de mettre en place un dispositif de mise en relation avec des logements vacants et des réfugiés, similaire à ce que fait l?association "Singa", mais on y ajoutera, Dominique VERSINI y travaille, l?expertise et l?accompagnement social du Samu social, justement, et des passerelles avec différents acteurs institutionnels. Je vous remercie.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Monsieur JOMIER. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 396 G. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s?abstient ? Le projet de délibération est adopté. (2015, DASES 396 G).