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Decembre 2015
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2015 PP 68 - Budget spécial primitif pour 2016. Vœu déposé par le groupe les Républicains relatif au dispositif de citoyens vigilants. Vœu déposé par le groupe les Républicains relatif à la présence policière. 2015 PP 57 - Modification des effectifs budgétaires de la Préfecture de police au titre de l'année 2016.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2015


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Bien, mes chers collègues, je vous propose de reprendre la discussion sur le budget spécial de la Préfecture de police. Je vais rapidement introduire, avec bien sûr ensuite la parole donnée à M. le Préfet de police, puis le débat. Mes chers collègues, Monsieur le Préfet de police, comme j?ai eu l?occasion de le dire ce matin, notre budget donne à la sécurité et à la prévention toute sa place, toute la place qu?elle mérite dans un contexte marqué par la menace terroriste. Parce que notre ville a été ciblée et frappée pour ce qu?elle était et pour ce qu?elle incarnait, nous nous devons de tout entreprendre pour la protéger. C?est ce que nous faisons en sanctuarisant le budget spécial de la Préfecture de police, dont les crédits sont intégralement reconduits l?année prochaine, alors que nous sommes confrontés par ailleurs à la nécessité de conduire de nombreuses économies, en raison notamment de la baisse drastique des dotations de l?Etat. Il s?agit donc d?un geste politique fort et assumé. Parce que la sécurité des Parisiens n?a pas de prix, nous assumons son coût. C?est dans cet esprit de responsabilité que Paris contribuera à hauteur de 285,1 millions au fonctionnement des services de la Préfecture de police. Je vous demande vraiment de vous asseoir, s?il vous plaît. C?est très pénible. Ce sont des sujets très importants. Dans le même temps, nous consacrerons 15 millions au financement des investissements d?infrastructures de sécurité et de secours, et cette somme, bien sûr, vient s?ajouter aux 11 millions que nous dédions à la sécurisation des bâtiments municipaux les plus sensibles, comme les écoles et les crèches. Elle représente un sixième de notre programme d?investissement de la mandature et permettra à la Préfecture de police de poursuivre les ambitieux travaux de construction, de réhabilitation et de rénovation qu?elle a elle-même initiés. Les casernes de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris seront en particulier destinataires d?une grande partie de ces financements, par lesquels notre collectivité manifeste très concrètement son attachement aux forces de sécurité et aux services de secours, car c?est bien en effet aux hommes et aux femmes qui sont quotidiennement sur le terrain pour protéger les Parisiens que ces mesures s?adressent. Je tiens à nouveau à leur dire ici notre gratitude pour ce qu?ils accomplissent depuis le début de cette année, mais également notre confiance au seuil de l?année à venir. Monsieur le Préfet de police, je me fais l?interprète des Parisiens pour vous dire ici à quel point l?engagement des policiers, des pompiers, des militaires est apprécié dans la période de crise que nous traversons. Je sais à quel point ils sont éprouvés, et en même temps déterminés à ne rien lâcher pour accompagner leurs concitoyens. Ils peuvent compter sur le soutien de notre Ville, qui n?a jamais eu autant conscience qu?aujourd?hui de ce qu?elle leur doit. Je soutiens donc l?amendement déposé par le groupe Socialiste pour abonder de 321.000 euros le budget de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris, en donnant notamment aux pompiers les moyens de s?équiper de davantage de brancards, de garrots tactiques et de masques à gaz. Nous nous mettons en situation de faire face efficacement en cas de crise. Nous renforçons ainsi à la fois la sécurité et la solidarité dans une ville déterminée à rester unie face à ceux qui la menacent. Mes chers collègues, nous ne tomberons pas dans le piège qui consiste à opposer la liberté et la sécurité. Je sais, Monsieur le Préfet, que vous-même, vous êtes quelqu?un d?extrêmement attaché au fait que ces deux éléments vont ensemble. Vous êtes un grand commis de l?Etat et je tiens à le redire ici. Avec la Préfecture de police, c?est donc la liberté et la sécurité que nous garantissons aux Parisiens en 2016, en restant nous-mêmes et en restant debout, et en restant unis. Je vous remercie. Monsieur le Préfet, je vous donne la parole.

M. LE PRÉFET DE POLICE. - Merci beaucoup, Madame la Maire.

Mesdames et Messieurs les maires adjoints, Mesdames et Messieurs les conseillers de Paris, avant de vous présenter assez rapidement ce soir, à l?heure où nous sommes, le projet de budget spécial 2016 de la Préfecture de police, de vous commenter ses priorités pour 2016, je souhaite rappeler brièvement les principales caractéristiques de l?année écoulée en matière de sécurité. 2015 a été évidemment une année marquée par la prégnance permanente, constante du terrorisme dans notre politique de sécurité. Dès le début de l?année, les 7, 8 et 9 janvier, Paris et Montrouge ont été frappées par les terroristes, occasionnant la mort de 17 victimes. Le 19 avril, une nouvelle attaque avait lieu, partiellement déjouée, le terroriste, vous le savez, ne parvenant pas à mettre à exécution son intention de viser une église à Villejuif, assassinant néanmoins une innocente victime rencontrée sur son chemin. Le 26 juin, une nouvelle attaque, revendiquée par Daesh, était perpétrée contre une usine de produits industriels à Saint-Quentin-Fallavier dans l?Isère, avec l?assassinat d?un patron d?entreprise par son employé radicalisé. Puis, le 21 août, une nouvelle attaque terroriste était déjouée dans le Thalys par l?action héroïque de quatre passagers. Nous avons enfin tous en mémoire les attaques du 13 novembre dernier au Stade de France et à Paris, qui ont causé la mort de 130 innocents et ont fait plus de 300 blessés. Cet acte a également été revendiqué par Daesh. Vous le savez, la menace terroriste actuelle est toujours très élevée, et les modalités dans la violence des actes perpétrés sont allées crescendo sur toute cette année 2015. Pour y faire face, les forces de l?ordre sont pleinement mobilisées. La Maire le rappelait tout à l?heure, et je la remercie de cet hommage qu?elle a rendu aux forces de police et aux pompiers de notre ville. En anticipant, dès le 14 novembre, le dispositif que nous avions prévu pour la conférence sur le climat, pour la 21e conférence sur le climat, la COP 21, la présence policière a été significativement renforcée, garantissant la présence d?au moins 80 % des effectifs sur la voie publique, dès le lendemain du 13 novembre. Un effort très significatif - je l?ai commenté ici même il y a quelques semaines - a également été fait avec la mobilisation des forces armées, permettant l?arrivée en quelques jours seulement de 2.500 militaires dans le cadre de l?opération Sentinelle. Aujourd?hui, ce sont plus de 6.400 militaires, dont 2.900 sur Paris, et plus de 10.200 agents des forces de l?ordre, dont 3.500 sur Paris, qui assurent la sécurité des 33 sites par le biais de gardes statiques ou réalisent 434 rondes et patrouilles quotidiennes sur des zones de surveillance dans la Capitale. Des missions prioritaires de sécurisation ont été définies. Elles sont consacrées, nous en avons parlé, aux transports collectifs, dans les gares, dans les couloirs du métro, du R.E.R., dans les aéroports, dans les zones de forte fréquentation également, ou à forte visibilité ou sensibilité touristique, comme les grands magasins et tous les grands centres commerciaux. Ces missions de sécurisation incluent également la protection des médias, la protection des bâtiments officiels, des crèches, des écoles, des collèges, lycées, universités, hôpitaux et enfin, des lieux culturels, éléments essentiels dans notre ville-capitale, notamment aux heures d?arrivée ou de sortie des spectateurs. Les circuits de sécurisation et les territoires de sécurisation qui ont été retenus ont fait l?objet d?une concertation entre les forces militaires et la Préfecture de police. Ils sont adaptés en tant que de besoin localement par un échange avec les commissaires d?arrondissement et en relation étroite avec la Mairie de Paris. Et comme je l?avais évoqué lors de la réunion que nous avons eue avec l?ensemble des maires d?arrondissement et les parlementaires de Paris, en votre coprésidence, Madame la Maire, la Préfecture de police demeure à l?écoute de toute remarque, de toute suggestion, de toute demande d?adaptation de ces périmètres de sécurité et de façon à en tenir compte dans toute la mesure des disponibilités et des possibilités. Evidemment, il faut que ces propositions soient remontées par le centre de veille opérationnelle de la Ville de Paris, de façon à ne pas disperser les priorisations ou les adaptations que nous apporterons à ce dispositif. Deuxième caractéristique de l?année 2015 : elle a été marquée par la très forte pression migratoire qui s?est exercée sur toute l?Europe, en provenance de la corne de l?Afrique et du Moyen Orient. Notre pays a pris et prend sa part dans le nécessaire effort d?accueil par la demande d?asile qui est ouverte à tous ceux qui souhaiteraient s?engager dans cette démarche. Des efforts conséquents ont été mobilisés pour renforcer les capacités d?accueil, avec la mise en place par le Gouvernement, dès mi-juin dernier, d?un plan d?action intitulé "Répondre à la crise des migrants : respecter les droits, faire respecter le droit". Au total, 11.000 places sont en cours de création, notamment dans les C.A.D.A. ou dans les centres d?hébergement. Les moyens ont été renforcés, par ailleurs, pour réduire les délais d?instruction des dossiers de la demande d?asile, qui étaient excessifs. Et de ce point de vue, la réforme qui a été adoptée par le Parlement le 29 juillet dernier commence à produire ses résultats, pour notre Ville et pour notre Région parisienne. Enfin la France s'est engagée, vous le savez, à accueillir 30.000 migrants qui seront relocalisés au cours des deux années à venir à partir de deux "hotspot" mis en place par l?Union européenne en Italie et en Grèce. Cet effort s'est doublé, au cours des derniers mois, d'une indispensable lutte contre l'immigration irrégulière, notamment contre les filières et les passeurs qui exploitent la misère humaine. La Préfecture de police s?est engagée fortement dans ce plan d'action et a multiplié par deux les résultats en matière de filières d?immigration clandestine qui ont été démantelées. La Préfecture de police a également pris part, de manière très active, dans l'effort réalisé en étroit partenariat avec la Ville de Paris, la Préfecture de Région et les associations partenaires, comme "Emmaüs" et "France Terre d?Asile", pour mettre à l'abri des migrants regroupés dans divers campements insalubres sur la voie publique ou dans des locaux qu'ils occupaient dans Paris. Cette politique équilibrée a permis, en quelques mois, la mise à l'abri sur 14 opérations distinctes de plus de 4.000 personnes qui se sont vues offrir un hébergement et un accompagnement administratif et social pour engager leur démarche de demande d'asile. C'est la deuxième caractéristique, me semble-t-il, très forte de l'année 2015. Enfin, et dernier point, l'année 2015 évidemment a été marquée par l'accueil sur le dernier mois, à Paris, de la conférence sur le climat. Vous le savez, la France n'avait jamais jusqu'ici organisé une conférence diplomatique internationale de cette ampleur. Elle a vu plus de 150 chefs d'Etat et de Gouvernement se réunir au Bourget, le 30 novembre dernier, dans des conditions très satisfaisantes. Elle a vu plus de 40.000 délégués, observateurs, journalistes, être accueillis pendant près de deux semaines, malgré le contexte très difficile, évidemment, qui résultait de la menace terroriste dans laquelle nous nous trouvons. L'engagement exceptionnel des forces de l'ordre, particulièrement lourd, a permis d'assurer la parfaite sécurisation de l'événement tout en minimisant, autant que possible, les difficultés de circulation pour nos concitoyens. Le nombre de plaintes enregistrées sur Paris, ou sur la Région parisienne, sur ces 15 jours, pour l'ensemble des participants à la conférence sur le climat, il y en a moins de 200 sur 15 journées avec ses 40.000 visiteurs par jour. C?est vous dire ! Que ce soit sur la Seine-Saint-Denis, sur le site même de la conférence ou dans Paris. C'est montrer l'extrême mobilisation des forces et la réussite de cette opération en termes de sécurisation des visiteurs. Je vais sortir la belle phrase que l?on m?a préparée à ce moment-là, qui voulait dire que le c?ur de l'événement battait aussi à Paris où les maires des grandes capitales mondiales se sont réunis, où les entreprises ont pu exposer leurs innovations au public, ce qui n'était pas acquis, parce que le contexte était un peu compliqué pour se faire. Tout cela s'est fait dans une réelle sérénité. Au final, je pense que l'on peut considérer que l'expression citoyenne, qui était nécessaire sur ces sujets du climat et qui justifiait une appropriation citoyenne, a pu se tenir grâce à une action proportionnée et efficace des policiers. Dernier point que je voudrais souligner sur cette année 2015, pour conclure sur ce panorama un peu général : le fait que cette mission de maintien de l'ordre s'est exercée dans un contexte inédit qui est celui des interdictions de manifestations de voie publique, dont vous savez que cette règle a été prolongée jusqu'au 30 novembre, à la demande du Ministre de l'Intérieur, puis très rapidement adaptée afin d'être réduite aux seules zones très limitées de l'agglomération autour des Champs-Elysées et du Grand Palais et sur le site du Bourget. Il n'est pas nécessaire de rappeler que ces dispositions d'interdiction de manifester ont totalement été suspendues depuis dimanche soir. Les forces de l'ordre ont su, dans ce contexte particulier, faire respecter avec discernement ces interdictions de manifester. Nous pouvons dire qu?en étroite concertation avec la Maire, nous avons développé pendant cette période un dialogue avec les organisateurs de manifestations, leur permettant à la fois de se réunir en rassemblement statique sur des lieux définis ou en tolérant des chaînes humaines de plusieurs milliers de personnes lorsque celles-ci se déroulaient dans le calme mais, en même temps, en essayant d'éviter des interventions de minorités violentes, comme cela s'était produit le 29 novembre dernier place de la République. D'une manière générale, je rappelle simplement que ces interdictions récentes de manifestations n'auront pas changé le caractère de l'année 2015, qui a été une année pendant laquelle la sollicitation des unités de forces mobiles dédiées à l'ordre public a été beaucoup plus forte qu'en 2014. Elle a augmenté de plus de 24 %, encadrant plus de 6.600 événements dans la Capitale, soit 700 de plus qu'en 2014, dont certains ont été totalement inédits comme la marche républicaine du 11 janvier. Ces quelques chiffres pour vous souligner que l'année 2015 a été une année où toutes les sensibilités de la société parisienne ont pu s?exprimer sur la voie publique très largement et en forte progression par rapport à l'année précédente. Je vais maintenant brièvement, comme c'est l'usage, vous donner quelques éléments sur l'évolution de la délinquance en 2015, avant de présenter le budget 2016. L'évolution de la délinquance résulte désormais de nouveaux indicateurs, comme vous le savez, élaborés par l'Office national de l'O.N.D.R.P., l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, avec finalement deux orientations claires. D'une part, une stabilité des atteintes volontaires à l'intégrité physique, ce qui concerne finalement les atteintes aux personnes : stabilité sur les 11 premiers mois de l'année 2015. Ce chiffre est très positif parce qu?il était en progression l'année dernière. Il est contrasté parce que ces atteintes volontaires à l'intégrité physique recouvrent des violences physiques crapuleuses qui, elles, sont en forte diminution, c'est-à-dire des atteintes aux personnes pour les dépouiller ou pour enlever leurs biens. Sur les 11 derniers mois, les violences crapuleuses ont reculé de 12,9 %. Cette diminution est, par exemple, le cas pour les vols violents contre les femmes sur la voie publique et les lieux publics. C?était un sujet de préoccupation ces dernières années. Cette rubrique a baissé de 16,9 %. En revanche - c'est l'autre aspect de cette stabilisation - les violences physiques non crapuleuses, qui traduisent des violences entre personnes mais ne sont pas liées à une appropriation de bien qui est la cause de la violence, ont augmenté de 11 %. Elles traduisent la violence croissante qui prévaut dans certains secteurs de notre société. Cette hausse de 11 % tient en particulier à l'augmentation sensible des faits de violence intrafamiliale, qui ne concernent donc pas la voie publique ni même, dans un premier temps, les forces de l'ordre, et qui progressent assez fortement. Par exemple, dans la rubrique "faits de violence, mauvais traitements et abandons d'enfants", il y a eu une augmentation de 568 sur l'année 2014. On est passé à 815 faits, ce qui traduit la précarité, la difficulté sociale qui, dans certains cas, nécessite une action partenariale et pas uniquement une action policière. Je voudrais enfin souligner que les autres coups et blessures volontaires, qui représentent plus de deux tiers des violences, ont augmenté de 12,2 % de la même façon, traduisant là aussi la violence entre les personnes d'une manière générale. Concernant les harcèlements sexuels et autres agressions sexuelles, ils ont augmenté de 141 % chez les mineurs et de 53,8 % chez les majeurs. Cela traduit à la fois la capacité plus grande de dénoncer ces faits, mais aussi une société qui est traversée par un assez grand nombre de maux expliquant ces violences sexuelles. Dans de nombreuses affaires, on peut également remarquer que les femmes sont souvent rendues vulnérables par une alcoolisation excessive. Je me permets de mentionner ce point devant les maires d'arrondissement qui sont présents et nombreux dans cette enceinte. Nous avons sur ce point un vrai travail de prévention, d'explication, une campagne de précaution même à prendre, car il y a des prédateurs qui guettent ce type de situation qui s'est fortement développée et qui explique certainement la progression de ces chiffres que je viens de donner. Je terminerai en mentionnant également une nouvelle forme de délinquance qui se développe et que nous constatons en progression forte. Ce sont les faits de harcèlement, notamment via les réseaux sociaux, qui n'épargnent pas les jeunes, y compris en milieu scolaire et à un âge très jeune, d'où la forte hausse des faits enregistrés s'agissant des mineurs. C'est une nouvelle forme de délinquance. Il faut que la Préfecture de police s'adapte à la lutte, à la surveillance puis à l'attaque des faits qui seraient relevés sur ces réseaux sociaux. La deuxième rubrique dans ce bilan, vous le savez, est celle des atteintes aux biens qui, elle, continue à enregistrer une diminution. Cela a tendance à la diminution. Elles enregistrent une baisse de 9,6 %, ce qui traduit une excellente mobilisation des services de police. Sur ce point, la quasi-totalité des rubriques vont dans le bon sens. Les plans de lutte ont porté leur fruit. A titre d'exemple, les vols liés à l'automobile et aux deux-roues ont diminué de 7,1 % depuis janvier, notamment les vols à la roulotte qui ont diminué de plus de 10 %. Les vols à la tire sur la voie publique ou dans les espaces collectifs baissent de façon sensible : plus de 24 % de baisse sur les 11 derniers mois par rapport aux 11 premiers mois de l'année 2014. En résumé, pour les atteintes aux biens, dans cette diminution globale de 9,6 %, une seule rubrique marque une progression : ce sont les vols à main armée avec arme à feu - plus 26 % - qui constituent incontestablement un sujet de préoccupation. On peut penser que cette progression est due à la fois à la diffusion des armes - de ce point de vue, le plan gouvernemental mis en place est essentiel - mais aussi au fait que des particuliers, des zones pavillonnaires sont davantage prises pour cibles. Aussi, nous devons, dans le domaine des vols à main armée, renforcer notre action de façon à prendre en compte non seulement ceux qui aujourd'hui sont davantage protégés dans le cadre de ces plans - les bijoutiers, les transports de fonds, les banques - mais adresser des mesures de protection plus directement ciblées sur les particuliers ou dans des quartiers moins sensibilisés contre ce type d'agression. Enfin, je termine en rappelant que les cambriolages, qui étaient un sujet de préoccupation l'année dernière, enregistrent une baisse de 4,3 % des faits constatés à Paris. Et d'une manière plus générale, les comportements portant atteindre à la tranquillité publique de tout ce qui constitue des plaintes pour trouble de voisinage, pour trouble sur la voie publique ont également diminué de 10 % en novembre, du fait évidemment du contexte, mais de 5,4 % sur les 11 premiers mois de l'année. Permettez-moi, peut-être pour terminer ce bilan ou en tout cas ce point sécuritaire de l'année 2015, de dire un mot sur les zones de sécurité prioritaires pour lesquelles la mobilisation de la Préfecture de police a été très forte. Vous le savez, il y a 9 zones de sécurité prioritaires dans l'agglomération parisienne, nous en avons 3 qui sont situées dans les 18e, 19e et 20e arrondissements. Ce matin, dans les interventions, j'entendais que certains commentaires étaient apportés sur les résultats dans ces 3 Z.S.P. Je peux les objectiver sur ces 3 zones, les vols avec violence ont diminué de près de 10 % sur la zone de sécurité prioritaire de Barbès, de 20 % sur la zone de sécurité prioritaire de Stalingrad et de près de 30 % sur celle de Saint-Blaise, depuis leur création. On a donc des chiffres sur cette rubrique, notamment des vols avec violence, qui est précisément celle que j'évoquais comme une des plus difficiles, qui sont particulièrement positifs sur nos 3 Z.S.P. De la même façon, l'augmentation sensible qui a été effectuée sur les contrôles de halls d'immeubles, pour répondre aux doléances des riverains, a permis d'améliorer significativement la physionomie de certains quartiers, et il reste, je pense, à conforter cette démarche sur le trafic de stupéfiants, pour lequel des actions de répression ciblée et répétée afin de déstabiliser les trafics sera poursuivie en 2016. Bien évidemment, l'action dans les Z.S.P. relève de la prévention, je ne le développerai pas puisque nous avons de nombreuses actions dans ce domaine. Je veux simplement saluer l'excellent partenariat qui existe dans le cadre du Contrat parisien de prévention et de sécurité 2015-2020 qui a été adopté au printemps dernier, qui est en cours de déclinaison dans les arrondissements et pour lequel, avec les commissaires centraux, avec le cabinet du Préfet de police, nous développons maintenant la mise en ?uvre des actions, notamment en liaison avec le Parquet, le Rectorat et la Préfecture de Région. A l'issue de ce bilan, je vais maintenant vous présenter nos priorités 2016 et, très brièvement également, vous donner les commentaires sur le budget de la Préfecture de police pour 2016. Les priorités pour 2016, c'est d'abord la modernisation de la Préfecture de police. Le territoire francilien est en pleine mutation, les réseaux de transport se reconfigurent avec la création à venir de la Métropole, la construction du réseau du Grand Paris Express est entrée dans sa phase concrète, les zones aéroportuaires connaissent un développement considérable, elles interagissent de façon évidente avec la Capitale en termes de circulation de biens et de personnes, en termes d?évolution de la délinquance également. On est donc dans une situation d'interpénétration croissante à Paris, avec la grande couronne, qui affecte par son développement et ces modes de développement notre ville. En complément de la police d'agglomération qui a été mise en ?uvre sur Paris et sur les trois départements de la petite couronne, la Préfecture de police veille à renforcer son rôle de coordination zonale sur l'ensemble de la Région parisienne dans les domaines où cette échelle régionale est pertinente dans la lutte contre l'insécurité ou contre la délinquance. Je pense évidemment au renseignement, je pense à la lutte contre le terrorisme, je pense évidemment à la lutte contre les stupéfiants. Un de ces sujets à dimension régionale concerne la vidéo-protection, qui est devenue un outil opérationnel indispensable pour l'ensemble des services de police et pas uniquement pour ceux chargés de la sécurité publique. Qu'il s'agisse des services en charge du maintien de l'ordre, de la sécurisation des lieux, des transports publics également, pour la recherche de preuves judiciaires ou pour gérer des interventions, dans tous ces domaines, la vidéo-protection joue un rôle essentiel. Notre capitale, notre ville est couverte par le plan de vidéo-protection de la Préfecture de police, le P.V.P.P. Celui-ci sera complété et accéléré en 2016, et j'en remercie la Mairie de Paris. Mais cette vidéo-protection doit aussi se développer en Ile-de-France dans le cadre d'un plan de relance qui permette de capitaliser sur l'effet de réseau qui est offert par le P.V.P.P. Une démarche plus large, démarche de modernisation sur ces nouveaux outils mais aussi démarche de modernisation dans nos discussions, Madame la Maire, s'agissant du statut de Paris et d'un éventuel réexamen du partage des compétences entre nos deux institutions. Pour ce qui concerne la Préfecture de police, le processus de discussion est engagé et nos équipes entretiennent un dialogue constructif qui nous permettra, je pense, d'avancer sereinement sur ces questions difficiles. Des propositions concrètes ont été faites par le Préfet de police au Gouvernement et un mandat de négociation a récemment été donné par le Ministre de l'Intérieur, en accord avec le Premier Ministre d'ailleurs, au Préfet de police et au Préfet de Région en vue d'un arbitrage et d'un prochain projet de loi. Par ailleurs, nous avons mis en place, Madame la Maire, un groupe de travail commun afin de préparer la réflexion et les modalités de transfert des agents de surveillance de Paris, d?une partie des agents de surveillance de Paris en lien avec la décentralisation de la verbalisation du stationnement payant. Je pense que, sur ces points, nous pourrons avancer rapidement. Je souhaite enfin intensifier les efforts de mutualisation, de rationalisation et d'allégement des structures de la Préfecture de police pour répondre aux contraintes résultant du contexte budgétaire de l'Etat, contraintes qui pèsent évidemment sur le budget municipal. Je pense qu'il y a des gains potentiels sur les fonctions support, sur peut-être un certain nombre de fonctions d'état-major, qui peuvent permettre de remettre sur la voie publique davantage de policiers. Je pense aussi que le regroupement des commissariats, par exemple ceux du 5e et du 6e qui ont été réalisés dès novembre 2014, peuvent permettre d'envisager d'autres hypothèses. Nous avons actuellement deux hypothèses prévues en termes de regroupement de commissariats pour 2018 et pour 2020 sur les 1er, 2e, 3e et 4e arrondissements. Le second chantier, après celui de la modernisation, est évidemment celui de la préparation et de l'adaptation de la Préfecture de police à la lutte contre le terrorisme, un défi auquel notre pays va être durablement confronté. Au-delà des importants renforts militaires, du schéma de sécurisation dynamique de la Capitale que je viens d'évoquer, des mesures plus structurelles ont été prises par le Gouvernement. Ces mesures visent d'abord à renforcer le cadre réglementaire ou législatif au plan européen et, vous le savez, que ce soit sur le contrôle des armes, que ce soit sur la révision des directives de contrôle aux frontières, sur ces différents points, le Ministre de l'Intérieur a obtenu un accord des Etats européens, pour resserrer finalement la capacité de l'Europe à renforcer ces outils de contrôle, à la fois sur les frontières et dans ces modes mêmes de coopération. Au plan national, la loi sur le renseignement qui a été récemment adoptée, les réflexions en cours sur de nouvelles mesures législatives, voire peut-être constitutionnelles, vont permettre également, dans le respect du droit, de donner de nouveaux moyens dans la mesure où ils seront nécessaires à la police nationale. Il en est de même pour adapter les matériels, les armements et les doctrines d'emploi. C'est un des points que nous évoquerons tout à l'heure avec les agents de surveillance de Paris. L'équipement approprié des policiers primo-intervenants est en effet primordial au regard de l?évolution des méthodes des terroriste et, notamment, du fait maintenant de l'existence avérée d'un nombre significatif de terroristes qui n'hésitent pas à se faire exploser au milieu d'une foule importante et à sacrifier leur vie dans ces conditions. Dans le cadre du plan d'équipement qui avait été décidé au début du mois d'octobre, le Ministre examine actuellement le moyen de financer des besoins matériels en plus grand nombre, que j'ai exprimés en ce qui concerne la Préfecture de police, sur des demandes supplémentaires d'équipement de protection, des casques, des gilets haute protection, des boucliers pour les services, ainsi que des moyens d'armement adaptés au contexte dans lequel nous sommes rentrés et des moyens mobiles permettant d'aller plus vite et d'envoyer au plus vite les services qui agissent en deuxième intervention en cas d'attentat ou en cas de menace. Nous avons également mis en ?uvre - je ne pense pas qu'il soit utile de le développer plus longuement puisque je m'en suis expliqué il y a quelques jours ici -, nous avons mis en ?uvre avec détermination mais aussi avec équilibre les mesures liées à l'état d'urgence, qu'il s'agisse des assignations à résidence ou des perquisitions administratives. Vous connaissez les chiffres au plan national, 2.500 perquisitions administratives, 350 personnes assignées à résidence depuis l?instauration de l?état d?urgence le 13 novembre. Ces perquisitions administratives ont conduit à l?interpellation de plus de 300 personnes et au placement en garde à vue de plus de 267 d?entre elles. Sur Paris, nous avons enregistré une cinquantaine de perquisitions administratives et environ 500 sur la région parisienne. Au-delà des moyens répressifs, les événements tragiques de janvier ou de novembre ont également confirmé la nécessité pour les services de police et de renseignement de mieux appréhender le phénomène de la radicalisation, en se dotant d?outils pour la détecter et pour la prévenir. Le contrat parisien de sécurité propose un cadre à cet égard, mais l?accompagnement doit être développé et la Préfecture de police et les services de la Ville travaillent actuellement à des actions de prévention plus nombreuses et à un suivi plus fin et plus qualitatif des jeunes tentés par la radicalisation. De ce point de vue, je veux simplement souligner l?excellente initiative que constituent la mobilisation d?outils plus proches des jeunes, tels les réseaux sociaux, et le projet conduit par la Ville, auquel nous sommes associés et nous y tenons, de mobiliser la communauté des développeurs, des utilisateurs de réseaux sociaux et des "start-up" pour essayer d?être plus réactifs et plus résilients face à la menace. Et de ce point de vue, je veux également souligner l?excellente initiative de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris qui ouvrira plusieurs de ses casernes en 2016 pour enseigner les premiers gestes de secours. Cette formation de 2 heures, vous le savez, sera gratuite, et je suis certain que de nombreux élus parmi vous sont très sensibles à cette action. Le troisième axe enfin de l?année 2016 est celui de la poursuite des actions contre les foyers de délinquance. Il faut donc poursuivre, amplifier les plans de lutte ciblés sur certains phénomènes de délinquance, notamment pour ce qui est du trafic d?armes, de stupéfiants, la question des cambriolages même si les statistiques vont dans le bon sens, les vols de voitures. Une délinquance qui tend à s?ancrer dans certains quartiers et qui vise des personnes vulnérables. A titre d?exemple, le 1er décembre, c?est donc tout récent, la sûreté territoriale de Paris a interpellé trois individus qui étaient impliqués dans plus de 50 vols en réunion et qui ciblaient systématiquement les personnes de plus de 60 ans. On a donc à faire à des petits groupes ou à des bandes très organisés qui ciblent en particulier les personnes âgées qui sont souvent victimes de ces vols, notamment des vols à la fausse qualité, et nous allons poursuivre le plan qui a été lancé en 2015 sur ce sujet. Nous mènerons également une priorité sur les sites touristiques, avec les efforts de sécurisation, ce qui a permis en 2015 d?obtenir de bons résultats, même d?excellents résultats. Je rappelle que Paris accueille chaque année plus de 30 millions de visiteurs et, que ce soit sur le plan du déploiement sur les différents quartiers, avec en particulier les brigades spécialisées de terrain qui ont été créées aux Champs Elysées, aux Halles, à la gare du Nord, nous développons bien sûr toute une série d?actions, notamment pour faciliter, par des traductions, le contact avec les touristes, voire l?enregistrement de leur lettre de plainte au cas où elles sont victimes d?un vol. En dernier point, j?attache une importance particulière, et ce sera une des priorités de 2016, à la régulation de l?espace public pour réduire les campements illicites, les ventes à la sauvette et la régulation des débits de boissons. Tout cela représente beaucoup de chantiers, y compris pour certains regroupements. Il y a encore celui de Raoul Follereau, dont j?espère qu?il pourra être rapidement traité, une réunion ayant eu lieu récemment à ce sujet, auquel je n?ignore pas que le maire du 10e arrondissement est très attaché. Mesdames et Messieurs les Conseillers, Madame la Maire, je considère que l?ensemble de ces enjeux nécessite une capacité opérationnelle pour pouvoir y répondre avec efficacité. De ce point de vue, le budget spécial pour l?année 2016, qui va être soumis au vote, concilie à la fois la nécessaire maîtrise des dépenses publiques et le souci de préserver la capacité opérationnelle des services de police et de la B.S.P.P. plus directement. Je tiens à vous remercier, Madame la Maire, d?avoir sanctuarisé à hauteur de 285 millions d?euros votre participation à la section de fonctionnement en 2016, alors que vous avez évidemment à faire face à des contraintes budgétaires importantes. De mon côté, j?ai bien conscience que la Préfecture de police ne peut s?exonérer des nécessaires efforts sur les dépenses de fonctionnement et qui doivent engager toutes les structures publiques, même si la B.S.P.P. en sera épargnée cette année. Le budget spécial pour l?année 2016 est un budget qui est globalement en augmentation de 0,95 %, dont 0,47 % en fonctionnement et plus 5,92 % en investissement. La Brigade des sapeurs-pompiers en sera la principale bénéficiaire, avec une augmentation de ses moyens de 1,80 %, dont 1,16 % en fonctionnement et 13,92 % en investissements immobiliers par rapport au Budget primitif 2015. S?agissant de la section de fonctionnement du Budget primitif 2016 de la Préfecture de police, elle s?élèvera à 657,9 millions d?euros, soit une augmentation, je le redis, de 0,47 % au regard du BP 2015. Cela représente en volume 3 millions d?euros. La participation de la Ville, qui est identique à celle de 2015 conformément aux arbitrages de l?Exécutif municipal, représentera 43,32 % - c?était 43,58 % en 2015 - de cette section de fonctionnement. La B.S.P.P. voit donc sa dotation pour l?an prochain augmenter de 4 millions d?euros en masse, tous contributeurs confondus par rapport au budget primitif 2015. Les principales évolutions de ce budget primitif concernent les points suivants. Pour les administrations parisiennes, au global, les charges de personnel sont en baisse par rapport à celles inscrites au budget 2015. Ces dotations ont été calculées au plus juste, au regard du schéma d?emplois et elles doivent permettre d?assurer la prise en compte sous plafond des évolutions salariales obligatoires. Ces évolutions, vous le savez, sont contraintes, elles sont liées au G.V.T. et au régime indemnitaire des agents qui a été gelé en 2015. Néanmoins, le niveau des effectifs pour les activités de guichet a été maintenu, ainsi que les actions de police administrative en lien direct avec la qualité des services rendus aux Parisiens. S?agissant ensuite de la Brigade des sapeurs-pompiers, aucune suppression d?effectifs ne sera faite par rapport à nos prévisions, ce qui permettra de mettre en ?uvre le repyramidage des emplois de la Brigade avec la cible de 7.906 militaires en 2016. Le financement de la revalorisation de la catégorie C est bien prévu dès le Budget primitif 2016 et je remercie la Maire de l?avoir accepté. Nous avons pris en compte cette mesure salariale qui a été publiée d?ailleurs dès vendredi dernier dans le texte d?application. Je rajoute que cette mesure sera rétroactive avec effet au 1er septembre 2015 et que la Brigade n?a été pénalisée d?aucune façon par cette discussion. Au-delà de cette mesure très attendue par les sapeurs-pompiers, le fonctionnement courant pour la Brigade est globalement soutenable, grâce au soclage de la mesure de loyer votée en budget supplémentaire 2015 et grâce à une augmentation de crédits pour compenser la hausse de charges incompressibles. S?agissant de l?investissement, pour terminer, la section d?investissement augmente fortement de plus 5,92 % en crédits de paiement, ce qui représente une masse de 68,08 millions d?euros, contre 64,28 millions d?euros en 2015. La participation de la Ville de Paris s?établit, vous le savez, à 15 millions d?euros, identique à celle de 2015. Donc, le budget que nous avions négocié était un budget qui prévoyait le maintien de cette participation financière, permettant pour la B.S.P.P. d?effectuer les grosses réparations sur casernement, au titre desquelles la Brigade bénéficie de 2 millions d?euros supplémentaires par rapport à la dotation de 2015, puisqu?on passe de 4 millions à 6 millions d?euros en 2016. Le projet, que nous avions élaboré en octobre 2016 sur cette base, nous donnait satisfaction. Je tiens à le redire ici, Madame la Maire, en vous remerciant des efforts qui ont été faits pour nous donner satisfaction à ce moment-là. Depuis, les attentats du 13 novembre, le premier retour d?expérience que nous avons effectué et auquel vous avez été associés, m?ont conduit à solliciter une réévaluation des moyens nécessaires à la Brigade, dans un contexte nouveau et pour y faire face dans ce contexte nouveau. Ce n?était donc pas dans le dialogue budgétaire que nous avons fort bien conduit, mais dans un cadre différent. J?ai entendu tout à l?heure, et je vous en remercie, que votre Conseil a voté l?amendement parlementaire qui permet de financer le plan d?urgence que nous avions proposé à l?issue de ces attentats du 13 novembre. Ce plan d?urgence, vous le savez, je l'ai estimé à 1,280 million d'euros, dont 321.000 par la Ville, qui était destiné à permettre de faire face aux besoins les plus urgents, vous les avez rappelés tout à l'heure, notamment tous les moyens d'intervention adaptés aux types de blessures rencontrées chez les victimes d'attentat lorsque l'on se trouve dans une situation d'attentats multiples, coordonnés et quasi concomitants, nécessitant une très grande rapidité de premiers soins. Et donc, pour des garrots, des compresses hémostatiques ou des matériels d'interventions spécifiques, je pense aux brancards souples qui ne sont pas répartis de manière immédiate et pour lesquels, on a pu le voir au Bataclan, ce besoin est particulièrement avéré. Enfin, des matériels de protection adaptés pour les militaires, tels des masques NRBC, je rappelle qu?il y en a plus de 3.000 actuellement, dont sont dotés la brigade des sapeurs-pompiers, mais il peut y avoir nécessité d'en doter davantage ou de remplacer certains de ces matériels. C'est l'ensemble de ces besoins qui ont été chiffrés et que je vous remercie, une nouvelle fois, d'avoir pris en compte et d'avoir voté tout à l'heure dans votre amendement budgétaire. Cette demande avait d'ailleurs été présentée, lors de la Commission consultative de gestion, comme c'est la règle depuis le 1er décembre dernier, et le Conseil consultatif avait donné un avis favorable sur ce point. Voilà très brièvement, Madame la Maire, mesdames et messieurs les élus, les principaux points du budget spécial qui va être soumis à votre vote. La Préfecture de police, évidemment, veille à s?adapter au caractère évolutif des menaces qui pèsent sur l'agglomération parisienne. Dans le combat que nous menons, le financement est le nerf de la guerre, c'est pour cela que je suis sensible à l'attention que chacun porte à ce long résumé de notre cadre budgétaire et je suis prêt maintenant évidemment à répondre à toutes les questions s'il y en avait.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur le Préfet. Je crois que ces précisions étaient véritablement utiles, et vous nous avez permis de faire le point à la fois sur la situation et aussi sur ce que le budget va permettre et porte en soutien à la Préfecture de police. Je vais donner, à présent, la parole aux différents orateurs, et nous démarrons par Philippe GOUJON pour le groupe les Républicains.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Merci, Madame la Maire. Monsieur le Préfet, notre pays est en guerre contre le terrorisme. Il nous appartient donc de prendre les mesures que la situation exige et, notamment, d'adopter un budget de nature à protéger les Parisiens, ce qui implique de revenir d'abord sur la baisse sans précédent, de 2 %, du budget 2015, mais encore plus, de l'adapter à la situation de guerre décrite par le Premier ministre. Votre prédécesseur regrettait l'an passé, Monsieur le Préfet, que la part de Paris à ce budget ne représente même pas 4 % du budget de fonctionnement de la Ville et 1 % de son budget d'investissement : soit l'épaisseur du trait. Complémentairement, les mesures que vous nous avez annoncées, Madame la Maire, lors du débat que vous appelé "d'actualité", sont très loin d'être à la hauteur des enjeux sécuritaires. Vous ne nous proposez qu'une réserve de 5 millions pour financer les mesures destinées à favoriser le vivre ensemble post-attentat, mesures que nous ne connaissons pas, puisque vous en différez l?annonce, et une enveloppe de 11 millions d'euros pour les investissements, alors qu?il en faudrait au moins 50, comme nous le proposons dans nos amendements. Compte tenu de la persistance de la menace, selon le Préfet de police lui-même, et de la mobilisation massive des forces de l?ordre, la protection des Parisiens doit aussi passer par une nouvelle répartition des missions de sécurité. Alors, au lieu d'une réforme du statut de Paris, visant principalement à charcuter les arrondissements, exigez plutôt, Madame, de réels pouvoirs de police qui vous confèrent une compétence pleine et entière en matière de tranquillité publique afin que la police nationale se recentre sur ses missions d'investigation, de renseignement, d?ordre et de sécurité publique. Foin d'arguties, la création d'une nouvelle direction de la DPP, le transfert programmé d?ASP, préfigure de façon dissimulée cette réforme indispensable. C'est donc seulement l'esprit partisan, je pense, qui a conduit le Gouvernement à repousser les amendements que j'avais déposé dans ce sens à la Loi NOTRe, et que vous reprenez d?ailleurs en partie. Il ne faut pas avoir raison trop tôt, même si je crains, Monsieur le Préfet, que la réforme en préparation manque nettement d?ambition, et du coup rate son but. Il vous revient, Madame, de commander à cette police municipale de 3.000 hommes pour commencer, de les armer, comme vient de le décider le maire de Lyon, par exemple, et comme je vous exhorte à le faire déjà pour les ISVP, confrontés aux dangers de la voie publique. Vous en recrutez royalement, pour la première fois depuis 15 ans, 27, après en avoir supprimé 123 depuis 2003.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Vous interviendrez après, Madame BROSSEL, mais je reconnais là votre enthousiasme et votre conviction. C'est tout à votre honneur, mais nous allons écouter sagement M. GOUJON à cette heure tardive.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Si l'adjointe chargée de la sécurité peut garder son calme, c?est quand même le moins que l'on puisse lui demander.

Et d'ailleurs, je précise aussi, pour faire bonne mesure, que la Préfecture de police - il n'y a pas de raison que je m?en prive - n'a toujours pas recruté les 120 ASP lauréats du concours 2012, voilà trois ans et ne prévoit aucun recrutement pour 2016.

Avec la police municipale, aujourd'hui de première nécessité pour décharger la police de charges subalternes, la vidéo-protection est l'autre outil absolument indispensable pour protéger les Parisiens.

Vous vous y êtes cependant longtemps opposée et vous ne l'avez financée qu'à 4 % alors qu?elle a permis d'interpeller plus de 10.000 individus depuis sa mise en ?uvre par l?ancienne majorité, bien sûr, fin 2011.

Les 165 caméras supplémentaires votées en septembre ne satisfont même pas la très modeste demande des 240 caméras exigées, au minimum, par la Préfecture de police.

En cas d'attaques coordonnées, la Préfecture de police ne sera pas en mesure de suivre le parcours d'éventuels terroristes par impossibilité d'effectuer de la vidéo-patrouille en continu, comme par exemple à Nice.

Bien que le réseau R.A.T.P.- S.N.C.F. compte 10.000 caméras, avec un taux d?élucidation double qu?en surface, il reste encore 800 rames à équiper. La S.N.C.F. va financer des portiques pour le Thalys, il en faudra aussi ailleurs, mais il faudra aussi généraliser caméras thermiques et logiciels de détection comportementale dans les réseaux de transport, aller plus loin encore que la loi Savary pour protéger au mieux les voyageurs, et sortir de la pagaille dans laquelle sont plongées police et RATP pour traiter les paquets suspects, génératrice de la grève monstre du RER A. Paris, avec une caméra pour 2.017 habitants est très en retard, et bien moins dotée que Nice, Lyon ou Strasbourg, si vous voulez d'autres villes, qui comptent respectivement une caméra pour 340, 961 et 1.077 habitants. Comme vous avez finalement consenti au premier plan de 1.000 caméras, vous ne pourrez longtemps différer, malgré les divisions de votre majorité, Madame, une seconde tranche équivalente - nous avons un amendement de 1.000 caméras sur deux ans - tout comme 5.000 caméras devront surveiller la zone de police du Grand Paris. Alors, Monsieur le Préfet, vous avez eu raison d?appeler, lors de notre dernier Conseil, et encore ce soir, au déploiement d'un plan zonal de vidéo-protection à l'échelle de la Région, pour interconnecter les caméras existantes et renforcer la vidéo-protection des portes de Paris. Je le demande d'ailleurs au Ministre de l'Intérieur depuis trois ans. Les deux vagues d'attentats ont démontré, en effet, l'urgence de mieux surveiller les portes de la capitale, et vous avez tort, Madame, de vous y opposer. Encore faut-il aussi que la Ville mette à l'étude le déploiement des caméras dans les équipements municipaux sensibles, les 200 à 250 ensembles locatifs sociaux où prospère la délinquance sur fond de trafic d?armes et de drogue, sans omettre une aide à l'équipement des commerçants. Il va de soi que le contrat parisien de sécurité, présenté en septembre, doit être révisé en urgence par l'ajout d'un volet terrorisme, et décliné dans chaque arrondissement. C'est une demande que j'avais faite après les attentats de janvier et que vous aviez rejetée. Je prétends en effet que la protection des lieux de culte, crèches, écoles et malgré des efforts certains, je ne le nie pas, est encore bien insuffisante et nous proposons des amendements. Et avec l'esprit visionnaire qui vous caractérise, vous avez diminué, en 2015, d?un million la protection des bâtiments municipaux, supprimé carrément la subvention pour la surveillance des parkings et baissé de 11 % le budget municipal consacré à la sécurité. La pose de 80 visiophones est loin de couvrir l?ensemble des 1.400 crèches et écoles, dont un tiers seulement est sécurisé. Nous réitérons donc notre demande d'un audit de sécurité de la totalité des équipements municipaux. Le volet du contrat parisien de sécurité consacré à la lutte contre la radicalisation doit spécialement être renforcé. Monsieur le Préfet, des fermetures de mosquées intégristes ont été décidées, combien à Paris ? Avec combien d?imams radicalisés expulsés ? Combien de djihadistes et d'individus fichés S, actuellement présents à Paris et de Parisiens sur le sol syrien ? Combien assignés à résidence ? Les perquisitions permises par un état d'urgence - au passage la suppléante d?un ministre socialiste parisien, aujourd'hui conseillère régionale d?Ile-de-France n?a pas voté - ont permis de trouver des armes et des éléments préparatoires d?actes terroristes dans des logements de la Ville de Paris. Alors quelles mesures la Ville et les bailleurs sociaux prennent-il pour ne pas reloger de terroristes ? Combien d'expulsions ont-elles été engagées par les bailleurs sur ce fondement ? Si au niveau national les prestations sociales des djihadistes sont gelées, qu'en est-il des prestations municipales ? Enfin la Ville, comme la R.A.T.P., mais aussi l?A.P.-H.P., la S.N.C.F., etc. criblent-elles systématiquement leur personnel, quelles dispositions nouvelles ont été prises à cet égard ? Le Gouvernement a annoncé des centres de radicalisation, mais la seule cellule de la Région parisienne, la MPF ferme ses portes faute de subventions promises par la Préfecture de police, l'inverserez-vous ? De nombreux dysfonctionnements apparaissent aussi dans les dispositifs militaires, sous l?autorité de la Préfecture de police, découvrant des failles dans la surveillance des sites sensibles comme des hôpitaux, des églises, des établissements tels que, pour ne citer que le 15e, par exemple : l'Institut Pasteur, le Parc des Expositions, le Centre commercial Beaugrenelle, jusqu'au nouveau Ministère de la Défense menacé, comme chacun sait, par l'héliport, mais pas seulement. Chacun sait que l?armée ne pourra pas dans le long terme affecter 10.000 hommes à cette mission pour laquelle elle n'est ni préparée, ni adaptée. Alors que la question d?ailleurs de l?hébergement des soldats est critique, des mairies - la mienne ou celle du 5e arrondissement -, se trouvant contraintes de les loger dans l'improvisation la plus totale, maintenez des casernements dans Paris car leur disparition du paysage parisien est tout à fait inappropriée dans les circonstances actuelles. Malgré les annonces récentes de recrutement dans la police et la gendarmerie, il faudra au moins deux ans, Monsieur le Préfet, pour que les nouvelles recrues arrivent sur le terrain. Recourrez-vous aux heures supplémentaires pour étendre la présence policière dans l'immédiat alors que le nombre des patrouilles a été divisé par 2 depuis trois ans ? Déploierez-vous la Garde républicaine ? Dans le métro, par exemple, ferez-vous appel à la réserve de la police nationale ? Et où en est celle de la Ville ? Avec la gestion que je pourrais qualifier de chaotique depuis quelques années de l'ordre public ces derniers temps par la Préfecture de Police jusqu'à la polémique récente sur une instrumentalisation de la manifestation COP 21 du 29 novembre sur laquelle je n'insisterai pas, je m?inquiète pour l?Euro 2016 avec sa "Fan Zone" de 150.000 supporters au Champ-de-Mars, davantage encore, bien sûr, pour les J.O. Je ne suis pas convaincu non plus, Monsieur le Préfet, de la pertinence de la césure administrative entre la D.G.S.I. et les R.G.P.P., qui n'a guère facilité, vous le savez, le suivi des frères Kouachi. "Multiplier les écoutes et les fiches S ne sert à rien si l?exploitation judiciaire ne suit pas", rappelle le juge TRÉVIDIC. A contretemps, vous avez même repoussé un v?u que j'avais présenté avec Frédéric PECHENARD, autorisant les policiers à être armés hors service dans les transports en commun, que le Gouvernement vient pourtant d'adopter. Enfin, les 300 hommes de la police régionale des transports, soit un quart de l'effectif, qui ont été redéployés ailleurs l'an dernier, doivent être réaffectés en urgence à la sécurité des transports. La lutte contre le terrorisme ne doit pas nous faire perdre de vue la sécurité du quotidien. Passé l'effet de sidération, comme après les attentats de janvier, les délinquants reprennent leurs activités, même à moins de 50 mètres de l?Élysée et du Ministère de l'Intérieur d'ailleurs ! Dans un contexte de hausse de la délinquance à Paris. Monsieur le Préfet, comment comptez-vous mener de front - il est vrai que vous avez exposé vos plans - la lutte antiterroriste et pour inverser la courbe de la délinquance puisqu?elle continue à monter ? Le dernier bilan que dresse l'O.N.D.R.P. est sans appel, ainsi que les chiffres que vous avez cités ; en matière d'atteintes aux biens, oui, la récente baisse ne suffit pas à inverser l'augmentation massive de 12 % depuis trois ans. Des indicateurs sont en hausse : vol d'automobiles, vols simples, vols à main armée, vous l?avez dit, à rebours de la baisse nationale d'ailleurs. Quant aux vols à la tire, ils n'ont baissé que de 2 % alors qu?ils ont doublé depuis 2012. Les atteintes aux personnes continuent à augmenter, près de 100 agressions par jour à Paris ! La violence gratuite - vous l?avez dit - monte de 12,5 % dont 10 % de coups et blessures involontaires et Paris figure parmi les zones où il y a le plus de viols. "Comment continuer avec des politiques pénales et sécuritaires à ce point en désaccord ?", résume Alain BAUER. Alors, oui, la loi Taubira a acté assurément un vaste désarmement pénal, avec la contrainte pénale qui fait de la prison l'exception et la transaction pénale qui, elle, dépénalise les délits de masse. Dans ce contexte, je trouve que la volonté de légaliser le cannabis de plusieurs ministres et élus socialistes sur ces bancs même d?ailleurs, associée à l?autorisation d'ouvrir des salles de shoot - oui, vous le reconnaissez, c'est très bien, j'en prends acte -, que dénoncera d'ailleurs Déborah PAWLIK, entretient un climat permissif, alors que la lutte contre ce fléau devrait être implacable dès le plus jeune âge avec, par exemple, un dépistage systématique au lycée comme l'a proposé Valérie PÉCRESSE. Ce débat sur la sécurité va-t-il se dérouler dans l'anarchie et le désordre ?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Laissez parler M. GOUJON. Il a les 20 minutes de temps de parole de son groupe. Laissons-le parler. Après, ce sera un autre orateur. Allez-y, Monsieur GOUJON.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Et j'aimerais bien que l'on ne me décompte pas ce temps de parole.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Ce sera 21 minutes. Allez-y.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Merci beaucoup pour votre générosité.

Les défis de la sécurité sont de plus en plus lourds et nombreux à relever. Des outils existent, encore faut-il les mettre en ?uvre. Alors que plusieurs villes se sont dotées de logiciels de prédiction du crime, où en est la Préfecture de Police, Monsieur le Préfet ? Alors qu?un rapport de l'O.N.D.R.P. a révélé qu'à Paris, le quart des cambriolages, le tiers des vols à la tire sont le fait d'Européens de l'Est réitérants, renouvellerez-vous les arrêtés anti-mendicité que votre prédécesseur a supprimés à tort, dans l'attente de l'entrée en vigueur d'ailleurs des interdictions de circulation et de séjour sur notre territoire qui sont contenues dans le projet de loi droit au séjour des étrangers ? Alors que la délinquance des mineurs le justifierait pleinement, quand Paris se dotera-t-elle enfin d'un centre éducatif fermé ? Pour aider la police, appliquerez-vous enfin, Monsieur le Préfet, à Paris le dispositif des "citoyens vigilants" déjà déployé en départements sous le contrôle de la gendarmerie ? Comment résorber les désordres de voie publique qui continuent à pulluler ? Vous venez d'en décrire un certain nombre : ventes à la sauvette, marchés de la misère comme sur le boulevard de la Chapelle, petits trafics de stupéfiants, vols, mendicité agressive, racolage, dégradations, nuisances nocturnes, alcoolisation sur la voie publique, occupation intempestive de l?espace public et des halls d?immeubles. Dotez aussi les gardiens de ces grands ensembles d'un pouvoir de verbalisation des infractions au règlement intérieur et raccordez à la police les caméras qui commencent à en équiper les parties communes. Vous avez, Madame la Maire, au contraire, diminué de 100.000 euros en 2015, après l?avoir baissée d'un million d?euros en 2014, la subvention du G.P.I.S., compromettant ainsi sa capacité d'intervention. L'identification des fauteurs de troubles doit être suivie de procédures d?expulsion également par les bailleurs sociaux ; combien cette année ? La question des migrants, vous l'avez abordée, Monsieur le Préfet, est tout aussi problématique. Le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur ont dévoilé que des terroristes, oui, se glissaient parmi les réfugiés, jusqu'à 10 peut-être sur un seul bateau accostant en Grèce le 3 octobre, accueillis d?ailleurs par le chef du commando du Bataclan, Abaaoud. Tout en diminuant sa contribution à la sécurité, la Ville de Paris a consacré cette année 10 millions d?euros à l'accueil indifférencié de tous les migrants et y consacrera 14 millions d'euros en 2016, au moment même où les gouvernements français et allemands exigent la réduction des flux, s?apprêtant à remettre en cause d'ailleurs les quotas décidés en septembre dernier que vous avez évoqués, Monsieur le Préfet. Il est particulièrement malvenu, je crois, de vous vanter de la hausse dérisoire de 0,47 % de la section de fonctionnement du budget spécial, soit 3 millions d?euros, d'autant plus qu'une comparaison avec 2014 change un peu les choses et laisse au contraire apparaître une diminution de 749.000 euros. Vous n'avez même pas rattrapé la chute vertigineuse des crédits de 2015 et vous osez prétendre faire face à la menace terroriste ? Circonstances aggravantes, la contribution de la Ville, mes chers collègues, n'est pas reconduite à l'identique, comme vous le prétendez dans l?exposé des motifs, page 3. En effet, dans la page 111 du budget, on lit une baisse de 65.000 euros. C?est peu, certes, mais comparé à 2014, la bonne référence car précédant la baisse historique de 2015, on voit la participation de la Ville non pas en hausse ou au même niveau, mais en baisse de 5,740 millions d'euros, ce qui est un peu différent. D'où sortez-vous donc que vous donnez à nouveau les moyens de fonctionner à la Préfecture de police ? Une preuve supplémentaire nous est apportée par la constatation que vous faites vous-même, que les services administratifs dont la charge incombe pourtant essentiellement à la Ville seront financés pour ce qui concerne les mesures obligatoires - écrivez-vous - par des redéploiements de crédits. A la Préfecture de Police donc de gérer la pénurie face au désengagement de la Municipalité ! Ainsi, les dépenses de personnel baissent de 1,257 million d?euros. Les crédits de paiement de la section d'investissement, destinés à l'achat de matériel amortissable, baissent de 1,350 million d'euros et de plus de 2 millions d?euros même si on compare à 2014. Je conteste aussi absolument, formellement, l'assertion selon laquelle : "Le budget de la Brigade des sapeurs-pompiers a été privilégié afin de maintenir sa nécessaire capacité opérationnelle". Certes, les dépenses de fonctionnement courant augmentent, de 1,5 million d?euros environ, comme celles des personnels destinées d'ailleurs exclusivement, à 99,9 %, à revaloriser les bas salaires : catégorie C, 1,6 million d?euros. Toutefois, après la baisse de 0,16 % du budget de la Brigade en 2015, cette augmentation de 0,9 % ne couvre même pas, Monsieur le Préfet, l'inflation sur deux années. Ce résultat est dramatique, mes chers collègues, parce que c'est une baisse de 262 pompiers à la Brigade et même 344 comparé à 2014. On va recruter à la place 700 volontaires du service civique. De qui se moque-t-on ? Il faut ajouter d'ailleurs, pour faire bonne mesure, l'abandon de la deuxième tranche du plan de modernisation, la suppression de huit engins-pompe, de deux casernements, la stagnation des moyens N.R.B.C., quand le Premier Ministre lui-même dit craindre une attaque chimique ou bactériologique sur Paris. Beaucoup moins de moyens donc pour affronter le terrorisme, même si - oui, vous vous en glorifiez, vous vous en gargarisez - même si un minuscule amendement de 321.000 euros du parti Socialiste - on se demande bien pourquoi - qui se substitue ainsi bizarrement à l?Exécutif, va permettre de payer les quelques garrots et brancards manquants : quelle misère ! Il y a un problème, Madame ?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Non, je disais que je n?imprimais plus tout à fait, mais bon, cela doit être moi. Continuez, cela doit sûrement être moi.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Je pense que c?est vous, absolument. Comme vous ne vous êtes jamais intéressée à la sécurité, je comprends que vous n?imprimiez pas. Vous n?avez jamais imprimé sur ces sujets...

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Continuez, Monsieur GOUJON. Nous sommes passionnés par vos propos. Allez-y, allez-y !

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Vous n?avez jamais imprimé sur ces sujets et vous continuez à ne pas imprimer, ça, c?est clair ! Vous venez de le prouver. Je sais que cela ne vous intéresse pas, que cela vous passionne encore moins...

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Mais passionnée, totalement passionnée.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Vous n?avez jamais imprimé sur la sécurité et cela continue. Ce n?est pas une surprise pour moi. Voilà. Je peux continuer, quand vous aurez fini de m?interrompre, Madame la Maire ?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Mais oui ! Je ne vous interromps pas, Monsieur GOUJON. Allez-y, on vous écoute tous !

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Si, si, vous ne faites que ça ! Quand ce n?est pas votre groupe, c?est vous. C?est un peu compliqué !

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Allez-y ! Nous sommes suspendus à vos propos. Continuez !

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Je n?en demande pas tant. Je demande simplement un peu de silence et un peu de respect. C?est trop, je sais !

Mme LA MAIRE DE PARIS. - On laisse terminer M. GOUJON.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - C?est comme ça qu?on élève le débat, oui. Bien. On va essayer de continuer dans la sérénité. Malgré le vieillissement du parc immobilier de la Brigade, les investissements baissent de 15 % et je rappelle qu?aucune construction nouvelle n?est prévue dans les cinq ans. Si on considère la section d?investissement de la Préfecture de police dans son ensemble, les autorisations de programme chutent de 27 millions. Si les crédits de paiement augmentent de près de 4 millions, c?est vrai, il manquera 7 millions pour revenir simplement au niveau de 2014. La Ville refuse donc d?exercer ses responsabilités budgétaires à l?égard des services dont, juridiquement, elle est pourtant tenue d?assumer intégralement la charge, obligeant la Préfecture de police à des redéploiements importants depuis des années, ce qui fait qu?aujourd?hui, je crois qu?on peut le dire, on est à l'os et que la Brigade, pour ce qui la concerne, est loin, très loin de retrouver le niveau de 2014 et se voit effectivement affaiblie dans ses capacités opérationnelles. Les hausses budgétaires, la prise en considération du risque terroriste, oui, c?est dans les discours à cette tribune uniquement, mais pas dans les chiffres ! En conclusion, puisqu?il faut que je termine - je sais que vous le regrettez, mes chers collègues, mais les meilleures choses ont une fin ! -, le budget que vous nous proposez constitue une sanctuarisation en trompe-l'?il, car vous ne compensez pas la baisse historique de la contribution de la Ville de Paris de 5,7 millions opérée l?année dernière. La situation exige une politique radicalement nouvelle, dont vous n?avez pas pris la mesure. Pour notre part, cependant, soucieux de témoigner, et uniquement pour ce souci, soucieux de témoigner notre confiance aux forces de l?ordre, Monsieur le Préfet de police, avec esprit de responsabilité, dans un état de guerre, qui doit nous amener à dépasser les débats subalternes, nous voterons. On peut aussi voter contre ! Je ne sais pas. Cela a l?air de faire rire Mme la Maire. J?aimerais bien terminer. J?ai encore une phrase. Si on peut éviter de faire dans l?hilarité et le grotesque...

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Terminez. Allez-y. Une phrase encore. Allez, allez, Monsieur GOUJON. Allez. Il est tard. Tout le monde est fatigué.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Je reprends, pour terminer, surtout qu?il me semblait que j?évoquais l?esprit de responsabilité, la dignité, l?élévation du débat, mais je crois que c?est très difficile ici. Donc je vais tout simplement terminer en disant que nous voterons ce budget, qui a au moins le mérite de renoncer aux coupes claires, à défaut de porter une vision ambitieuse de la sécurité à Paris et d?assurer une protection optimale aux Parisiens.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci. Je pense qu?on peut tous applaudir M. GOUJON qui vote le budget de la Préfecture de police, après des propos largement... Voilà. Bref, je ne les commenterai pas. La parole est à M. Eric HÉLARD, pour le groupe UDI-MODEM.

M. Eric HÉLARD. - Merci beaucoup, Madame la Maire. Monsieur le Préfet de police, mes chers collègues, tout d?abord, permettez-moi, au nom du groupe UDI-MODEM, de saluer l?action de la Préfecture de police dans la gestion de la crise des attentats de novembre et le renforcement des moyens humains déployés sur le territoire parisien et francilien pour sécuriser les espaces à risques de la Capitale. Sous votre autorité, l?effort de mobilisation demandé à vos hommes pour assurer la sûreté de l?espace public parisien, déjà important avec le plan "Vigipirate", et plus encore avec le niveau "alerte attentats", puis l?état d?urgence, mérite toute notre considération. Alors, on le voit, quand les forces de l?ordre sont présentes et visibles, la petite et la grande délinquance diminuent. A ce titre, l?ouverture du nouveau commissariat, au printemps dernier, dans la gare du Nord, l?une des principales portes d?entrée sur la Capitale, le prouve efficacement. C?est une réussite qu?il convient de saluer. C?est pourquoi, à nos yeux, la Préfecture de police doit vraiment recentrer ses forces pour le maintien de la sécurité. Or, si la subvention de 285 millions d?euros, égale au montant voté l?année dernière, mais en baisse de 6 millions d?euros par rapport à 2014, peut apparaître comme une bonne nouvelle pour la maîtrise de nos finances publiques, elle appelle néanmoins deux remarques : premièrement, les moyens alloués à la sécurité sont insuffisants par rapport aux besoins à venir. En effet, l?année 2016 sera marquée par de grands rassemblements à Paris, notamment à l?occasion de l?Euro 2016, et le maintien, pour les premiers mois au moins, de l?état d?urgence, avec un risque d?attentats élevé. Nous sommes en guerre contre le terrorisme, pour longtemps. Il faut en prendre conscience dans les choix et les arbitrages budgétaires. Le maintien de la subvention de la P.P. à son niveau de 2015 semble donc insuffisant au regard des besoins de sécurité accrus de la Ville pour les temps qui viennent. On aurait pu attendre le déploiement de mesures de sécurité supplémentaires, notamment, par exemple, sur l?ampleur de l?extension du nombre de caméras de vidéo-surveillance. Nous l?avions proposé ici même, en septembre. C?est d?autant plus justifié aujourd?hui. Ce ne sont pas 165 caméras supplémentaires qui suffiront à répondre aux nouveaux besoins. Le doublement du nombre de caméras sur la mandature, sur les six ans de la mandature, n?aurait pas été superflu. De même, et je l?ai mentionné ce matin, la délinquance touche l?ensemble du territoire parisien, et pas seulement les zones de sécurité prioritaires. Elle gagne des quartiers, jusqu?alors tranquilles, comme par exemple Pernety, ou la porte de Saint-Cloud. Quant aux mesures de police renforcées dans les zones de sécurité prioritaires, j?entends, Monsieur le Préfet, que des premiers effets se fassent sentir. Peut-être faut-il alors en créer de nouvelles ? Deuxième élément : nous souhaitons que la subvention qui finance l?exercice des missions de police municipale par la Préfecture de police soit la dernière que nous votions dans ces proportions, grâce au transfert des pouvoirs de police municipale du Préfet de police au Maire de Paris, que nous appelons de nos v?ux depuis plusieurs années déjà. En effet, à ce jour, la Ville finance l?exécution des pouvoirs de police municipale par la Préfecture, mais sans pouvoir en contrôler l?efficacité de l?exécution. Ainsi, comme l?année dernière, 75 millions d?euros sont consacrés à la verbalisation sur les parcs de stationnement payants de la Ville. La Maire a en effet la compétence de police en matière de stationnement, mais alors qu?elle édicte la réglementation sur le stationnement - rappelons la fonte du parc de stationnement de surface comme peau de chagrin et la multiplication par trois du prix du stationnement résidentiel - et qu?elle finance donc le contrôle du stationnement, la Maire de Paris n?a aucun contrôle sur l?action des A.S.P. et leur mission de verbalisation. Je mentionne d?ailleurs au passage que le nombre de verbalisations du stationnement est passé de 4,1 à 3,7 millions de P.V. dressés entre 2012 et 2013, mais que les données pour 2015 et les objectifs de 2016 sont pour le moment indisponibles. La Ville fait donc, cette année encore, un chèque de 75 millions d?euros pour des objectifs et des priorités inconnues. Du point de vue de l?organisation de l?autorité de police municipale, il nous semble urgent de retrouver une cohérence entre l?autorité qui réglemente, l?autorité qui exécute, l?autorité qui finance et l?autorité qui contrôle, entre autres, la politique du stationnement, dans une logique de décentralisation voulue par la loi Maptam, avec la perspective pour les villes de percevoir le produit des amendes de stationnement. Par ailleurs, près de 120 millions d?euros sont consacrés à la prise en charge des personnels affectés aux services parisiens de police administrative, péril d?immeuble, le service vétérinaire, lutte contre les nuisances. Ces financements permettent à la Préfecture de police d?assurer sa compétence en matière de police de l?habitat insalubre, partagée avec la Municipalité et le Préfet de Région, dans le cadre d?une co-production qui mériterait d?évoluer. Si la Ville de Paris prend en charge le signalement des immeubles insalubres, près de 5.500 signalements chaque année, et contrôle les règles d?hygiène, c?est le Préfet de police qui édicte chaque année les 250 arrêtés d?insalubrité, et lui qui détermine les travaux à réaliser, mais si le propriétaire ne s?exécute pas, la Ville peut faire exécuter les travaux d?office. Il faut donc bien le constater, la multiplicité des acteurs nuit à l?efficacité optimale d?une politique pourtant essentielle à nos yeux qu?est la lutte contre le logement insalubre. Nous appelons là encore à retrouver une cohérence entre l?autorité qui finance, celle qui réglemente, celle qui exécute, dans une logique de décentralisation, dans la logique du transfert des compétences, relevant, en droit commun, de la police du Maire, ou de la police municipale, du Préfet vers le Maire. Nous espérons donc que la participation de la Ville de Paris au budget spécial soit la dernière de cette ampleur et finance à l?avenir une Préfecture de police recentrée pour plus d?efficacité sur des missions de police judiciaire, d'une part, et de protection civile assurée par la Brigade des sapeurs-pompiers, d'autre part. Mais sur ce point, je laisserai le soin à ma collègue, Anne TACHÈNE, d'évoquer la position de notre groupe. En tout état de cause, nous voterons le budget spécial de la Préfecture de police. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur HÉLARD. Monsieur FÉRAUD, vous avez la parole, pour le groupe Socialiste et Apparentés.

M. Rémi FÉRAUD, maire du 10e arrondissement. - Merci, Madame la Maire. Je serai bref, car nous sommes déjà à un temps avancé de nos débats. Je voudrais moi aussi réitérer nos remerciements et notre gratitude aux policiers, gendarmes, pompiers, militaires, mais aussi à la protection civile et à la Croix-Rouge pour le courage et le professionnalisme dont ils ont fait preuve et qui ont sauvé tant de vies cette année. Nous savons combien les Parisiens leur sont reconnaissants d'assurer leur sécurité et combien aussi leurs attentes sont grandes. Notre partenariat avec la Préfecture de police est très construit. Le budget spécial en témoigne. Je voudrais remercier Colombe BROSSEL, votre adjointe en charge de la sécurité et de la prévention, pour le travail qu'elle mène avec la Préfecture de police, ainsi que Catherine VIEU-CHARIER qui, comme adjointe, est également correspondante défense. Je voudrais remercier aussi M. le Préfet de police et ses services pour les relations de travail avec les élus, notamment les élus d'arrondissement. Ce budget partenarial prévoit 300 millions d'euros, dont 15 millions d'euros d'investissements. C?est une contribution majeure - on entend parfois le contraire en prenant certains chiffres en pourcentage - pour financer de très importants services rendus aux Parisiens. Je me réjouis que ce budget présente une hausse de 0,47 % qui bénéficiera notamment aux évolutions salariales de la B.S.P.P. Je voudrais insister sur le budget de la B.S.P.P. qui augmente de 0,9 %, soit 3,9 millions d'euros supplémentaires, prenant en compte les drames que nous avons connus en 2015. Le groupe que je préside propose également un amendement afin de financer du matériel supplémentaire pour un montant de 321.000 euros. Cela n'a rien de dérisoire. Qu'il puisse y avoir des initiatives de groupes politiques, des initiatives constructives, j'en remercie l'Exécutif ici. C'est un budget qui se concentre sur le bénéfice aux usagers, comme celui de la Ville de Paris. Aux côtés de la Préfecture, en partenariat avec elle, la Ville de Paris consacre elle-même depuis 2001 des moyens toujours plus importants pour assurer la sécurité et la tranquillité au quotidien de nos administrés. J'en ai parfois assez d'entendre que la Ville, depuis 2001, n'aurait rien fait. Elle est partie de peu pour augmenter, développer de nouveaux moyens, parallèlement à ceux de la Préfecture de police. Je pense aux correspondants de nuit, à la montée en puissance de la DPP qui, encore cette année, reçoit 40 postes supplémentaires au budget, au plan de vidéo-protection qui, cette année encore, est amendé, à la création du G.P.I.S. qui est un maillon important qui comprend plus de 200 intervenants. Ce sont des outils importants que nous avons mis en ?uvre pour assurer la sécurité des Parisiens, complémentaires de ceux des services de police. Le budget prévoit cette année aussi la création d'un mécanisme d'intéressement des A.S.P. pour améliorer la verbalisation. Je salue l'engagement de M. le Préfet de police dans ce domaine, car il est indispensable que les incivilités reculent en cette matière également. La lutte contre l'incivisme, c'est notre conception du vivre ensemble et c'est aussi pour cela qu?en lien avec l'évolution du statut de Paris, nous souhaitons que les brigades mises en place par la Ville permettent de lutter plus efficacement et sans surcharger le travail de la Préfecture de police contre les incivilités sur l'espace public. C'est un progrès important sur lequel nous travaillons et dont je sais que la mise en ?uvre est attendue par les Parisiens et se verra dans l'espace public. Madame la Maire, je voudrais conclure en vous disant que mon groupe votera ce budget, que la sécurité des Parisiennes et des Parisiens passe par une coopération efficace entre la Ville et l'Etat. Nous serons nombreux à voter ce budget. Je veux aussi rappeler que la sécurité des Parisiens passe par des personnels en nombre suffisant et bien formés. Pendant 20 minutes, avec mon collègue de gauche, j'ai écouté M. GOUJON et je me suis dit : avec un tel élu, si un gouvernement avait voulu supprimer 13.500 postes de policiers en France, dont 1.500 à Paris, il aurait lutté pied à pied ; il n'aurait rien lâché. Une détermination sans faille ! Au lieu de cela, Monsieur GOUJON, vous avez tout voté, tout accepté, tout fait subir aux Parisiens, tout justifié. Je pense que vous devez aux Parisiens la vérité et à nous, dans cet hémicycle, un peu de modestie. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Rémi FÉRAUD. A présent, la parole est à M. Pascal JULIEN, pour le groupe des Ecologistes de Paris.

M. Pascal JULIEN. - Après une baisse de 2 % l'an dernier, cette année, le budget de la Préfecture est en hausse avec un 0,9 % dont bénéficie, notamment, la B.S.P.P. Cet heureux changement de cap n'est pas étranger à l'action des écologistes l'an dernier. En effet, dans le cadre de la commission consultative de gestion de la B.S.P.P. en décembre 2014, en ne votant pas le budget, nous avions clairement annoncé l'éventualité d'un vote contre au Conseil de Paris, si de plus amples moyens financiers n'étaient pas accordés aux pompiers afin de leur permettre de préserver leurs capacités opérationnelles.

L'adoption de nos v?ux et amendements budgétaires, liés notamment à la catégorie C ou au recrutement des réservistes, montrèrent que le message des écologistes avait été compris. Nous avions donc approuvé le budget 2015 et sans regrets, puisque la tendance baissière est aujourd'hui inversée. Oui, les écologistes avaient voté pour le budget de la Préfecture de police, contrairement à la droite qui avait refusé de l'approuver, se complaisant déjà dans une vision idéologique et catastrophiste de la réalité, dont on a eu tout à l'heure à nouveau un spectacle extraordinaire. Je dirai un spectacle FN, comme Fox News évidemment. Vous savez, ce journaliste américain qui s'est ridiculisé en noircissant à l'excès certains quartiers du 18e arrondissement.

J'ai trouvé M. GOUJON un peu mou du genou. Si, mon cher. Je peux dire "Philippe" parce que c'est presque un ancien copain de régiment. Vous avez oublié quand même, mon cher Philippe, que l'on peut aussi dépister le cannabis dès les crèches. Pensez aux nourrissons ! Ils inhalent l'odeur du cannabis de leurs parents et vous n'avez rien proposé à ce sujet. Je suis très déçu ! Vous auriez pu reprendre la proposition de votre collègue, Patrice CALMÉJANE, lors de la commission concernant la B.S.P.P. l'autre jour, qui a proposé d'armer les pompiers : le flingue dans une main et le pansement dans l'autre. Je ne vous raconte pas la manière dont il s'est fait envoyer balader par le général des pompiers après qu?il eût fait cette proposition. Mais, cela dit, ce que vous avez dit ne m'inquiète pas, parce que quand je vois ce que vous avez fait quand vous étiez au Gouvernement - cela a été dit - franchement, vous ne ferez pas tout cela. Vous allez recommencer sans doute à réduire les effectifs, etc., à investir une fortune dans des caméras de vidéo-surveillance, dont il n'est toujours pas prouvé qu'elles servent à quoi que ce soit, sinon peut-être à élucider certains faits. Franchement, à 72.000 euros la caméra ! Puis vous êtes tous obsédés par les caméras. La caméra, cela dépend comment on s?en sert, qui la regarde. C'est tout le contexte de la caméra qui peut la rendre éventuellement efficace. Je me tourne encore vers vous. Avez-vous entendu l'an dernier des Parisiens se plaindre du service de la police ou des pompiers ? Avez-vous eu à vous plaindre, le 13 novembre, d'un manque de moyens matériels, logistiques ou humains pour permettre aux services de l'Etat de faire leur devoir. Ils ont fait leur devoir. Or, c'est un budget que vous n'aviez pas voulu approuver. Pourtant, il était bon, ce budget, puisqu'il a fait face à des événements exceptionnels. Je trouve un peu étrange qu'aujourd'hui vous approuviez ce budget. Il vous a fallu 130 morts et des centaines de blessés par balles pour accepter de voter un budget que vous n'approuviez pas précédemment. Cela dit, Madame la Maire, je n'explose pas de joie non plus pour une hausse de 0,9 % qui compense juste l'inflation, permet de préserver l'existant - je parle de la B.S.P.P. - sans pour autant offrir davantage ni en fonctionnement, ni en investissement. Si 0,9 % est acceptable pour 2016, je doute qu'il en soit de même dans les années à venir. En effet, les besoins de la B.S.P.P. sont condamnés à croître, pour au moins trois raisons. Sous l'effet du vieillissement et de la précarisation, le nombre de situations de détresse et d?urgence augmente et donc le nombre d'appels aux pompiers aussi. Deuxièmement, au plan démographique, les 4 départements couverts par la B.S.P.P. vont gagner au moins 600.000 habitants supplémentaires d'ici à 2030. Enfin, de grands chantiers en cours de toute nature se traduiront par un fort accroissement du nombre d?équipements à protéger. Pensons, par exemple, au Grand Paris Express et à ses dizaines de nouvelles stations. Dans le cadre d'un budget contraint à cause, hélas, de la politique gouvernementale, des efforts de productivité ont été demandés à la B.S.P.P. Celle-ci a déjà beaucoup répondu. Le nouveau système de traitement des appels, la modulation de la capacité opérationnelle ou bien encore les économies réalisées sur le chauffage, l'habillement, la pharmacie, le stock stratégique de gasoil, passé de 3 à 1 mois, une certaine mutualisation des matériels avec les S.D.I.S., et j'en passe. Par ailleurs, le temps de travail des sapeurs-pompiers s?accroît démesurément et atteint, me semble-t-il, sa limite. N'abuse-t-on pas déjà de ces hommes que le statut militaire rend corvéables à merci ? Ils travaillent 944 heures de plus que les pompiers professionnels de la grande couronne qui, eux, et tant mieux, disposent du droit syndical et de grève. Par année, 94 gardes de 24 heures pour les uns, 125 pour les autres. Paris dispose des meilleurs pompiers du monde pour le coût le plus faible du monde et j'affirme que le courage de la B.S.P.P. ne réside pas seulement dans l'action mais qu?il se révèle aussi dans sa gestion. Alors disons-le tout net, la hausse de la productivité ne suffira pas ou ne suffira plus à financer les besoins de la B.S.P.P. Il faudra très vite consentir à une augmentation des crédits à un niveau supérieur à l'inflation, tôt ou tard. Le 1er juillet dernier, en réponse à l'amendement de mon groupe, un v?u de l?Exécutif, adopté à l?unanimité de notre Conseil, demandait que la Préfecture présente avant la fin de l'année 2015 un plan d'action pour que la B.S.P.P. prenne sa part dans la lutte contre la pollution et le réchauffement climatique en améliorant son parc automobile et de bâtiments. Qu'en est-il ? Pourquoi l'échéance n'a-t-elle pas été respectée ? Pourquoi la volonté politique d'aboutir sur ce point a-t-elle fait défaut ? Une partie des questions soulevées par la B.S.P.P. valent aussi pour l'autre versant du budget de la Préfecture, celui qui finance une diversité de services et de missions comme la circulation, le stationnement, l?hygiène, la sécurité préventive, la sécurité des bâtiments, les autopsies, la délivrance des titres de séjour et d'identité. C'est ce budget-là que nous votons, c?est celui de la vie quotidienne des Français et vous ne parlez que d'attentats, que de sécurité. Dieu merci, les attentats sont rares. La vie quotidienne, c?est tous les jours. Or ces services publics se dégraderont si, dans un contexte d'accroissement des besoins, on se contente de leur chanter la petite musique libérale : sois inventif, sois innovant, adapte-toi, sans jamais songer à réévaluer les crédits qui leur sont alloués. Enfin, mon groupe a déposé un v?u pour qu?une aide financière à la personne soit accordée par la Ville aux Parisiennes et aux Parisiens désireux de suivre une formation au secourisme. Les attentats de novembre ont rappelé de manière extraordinairement spectaculaire l'utilité des gestes de premiers secours prodigués par des citoyens. Cela, en des circonstances bien plus fréquentes que celles d'un attentat, qu'elles soient d?ordre domestique, sportif ou liées aux accidents de la route. Nous voyons là un signe tangible de la solidarité humaine. Solidarité humaine et pas seulement nationale, et cela mériterait les encouragements de notre Conseil de Paris. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Pascal JULIEN. La parole est à M. Didier LE RESTE, pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

M. Didier LE RESTE. - Madame la Maire, Monsieur le Préfet, je ne débuterai pas mon propos - cela ne surprendra personne - comme l?a fait de façon dangereuse, me semble-t-il, M. GOUJON, qui, en insistant sur le fait que l?on serait en guerre et en reprenant les menaces d'attaques bactériologiques et chimiques brandies par Manuel VALLS, ajoute à l'anxiété ambiante et de ce fait vise à instrumentaliser les peurs qu'expriment certains de nos concitoyens. Je tiens pour ma part, au nom de mon groupe, à remercier de nouveau les forces de police pour le travail difficile qu?elles ont dû effectuer en cette année 2015, qui a commencé par les attentats ciblés contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes et, il y a un mois, durant cette nuit d'horreur dont tous les Parisiens et les Français garderont la mémoire. Les forces de police ont été très sollicitées. Elles le sont encore et nous savons combien les personnels sont épuisés par cette mobilisation permanente due à l'état d'urgence et à ses conséquences en matière d'enquêtes, de perquisitions mais aussi de rondes, de présence auprès des Parisiennes et des Parisiens. La police a perdu cette année des agents qui ne faisaient que leur devoir et nous nous inclinons devant leur famille et leurs collègues. La police nationale a-t-elle su retrouver l'image proche et protectrice auprès de nos concitoyens qui n'aurait jamais dû la quitter ? Je l'espère et je souhaite aussi que le Gouvernement s'interroge sur l'après-période d'urgence liée aux attentats. Si les Parisiens conçoivent qu?il s?agit d?une période exceptionnelle, ils ne comprendraient pas qu'à terme on réduise à nouveau les moyens affectés à leur sécurité. Je dis cela à l'encontre de ceux qui aiment le service public et en particulier la police dans les moments de nécessité extrême mais qui, dès l'orage passé, n?ont comme obsession que de réduire la présence policière dans notre Capitale. Je pense en particulier à l'opposition municipale de droite qui ne peut cacher, comme l'a rappelé à juste titre Rémi FÉRAUD, qu'elle a soutenu les mesures de réduction massive d?effectifs de police avec la mise en ?uvre de la R.G.P.P., et qui est aujourd'hui obligée de reconnaître qu'elle a eu tort. Oui, la police est indispensable dans un état de droit. Elle doit être mobilisée mais aussi exemplaire, et les prérogatives qui lui sont attribuées au titre de l'état d'urgence doivent être contrebalancées par une grande vigilance citoyenne. Voilà pourquoi nous vous demandons par un v?u, Monsieur le Préfet, de nous tenir au courant du nombre d'arrestations, de perquisitions administratives, de contrôles judiciaires ou d'assignations à résidence qui ont eu lieu sur le territoire parisien depuis le début de l'état d'urgence. Le Gouvernement s'y est engagé devant la représentation nationale et nous souhaitons qu'il en soit de même pour les élus parisiens, même si dans votre propos liminaire vous nous avez donné les premiers chiffres. De même, nous souhaitons que dès que possible, soient assouplies les règles d'autorisation de manifester et que Paris résonne à nouveau des pas et des slogans de manifestants pacifiques qui souhaitent faire entendre leurs revendications. Certains syndicalistes que je connais bien vous ont fait part de leur incompréhension, de l'interprétation restrictive du droit de manifester alors que, dans le même temps, de grands rassemblements à caractère commercial étaient maintenus dans notre Capitale. Vous comprendrez qu?à titre personnel et au nom de mon groupe qui est attaché à la sécurité des Parisiens mais aussi à l?exercice plein et entier des libertés publiques, cette question vous soit directement adressée, Monsieur le Préfet. Car, voyez-vous, il y a sur nos bancs un réel attachement au service public et à ses agents, pas simplement au moment des crises aiguës, où nous avons noté que nos services publics ont été salués pour leur réactivité, disponibilité, efficacité faisant taire sur le coup ceux qui n'ont de cesse de les démanteler ou comme le Ministre MACRON qui veut précariser le statut des fonctionnaires. Nous voulons une police nationale en nombre suffisant et formée. Nous voulons une présence policière de dissuasion dans nos quartiers qui réinstaure de la confiance entre les citoyens et ceux qui sont chargés de les protéger. Voilà pourquoi nous ne nous résoudrons jamais à l'abandon par la droite des expériences menées en matière de police de proximité. La police, ce sont les enquêtes et la scientifique, le renseignement et la "crim". Mais ce sont pour les Parisiens ces centaines d'agents qu'ils souhaiteraient encore plus proches et plus visibles. Contrairement à ce que pense la droite locale, nous n'avons pas besoin d'une police municipale armée, nous avons besoin d'une police nationale présente sur le territoire auprès des populations. Nous nous réjouissons que ce budget marque une pause dans la baisse structurelle qui était annoncée. Bien entendu, nous avons suivi les avancées du groupe de travail sur l'évolution du statut de Paris et nous savons que nombre des missions que vous exercez en lieu et place de l'administration locale nous vient de l?histoire. Du fait que Paris est notre capitale et que donc des missions particulières existent au sein de la Préfecture de police parisienne. Nous sommes en accord avec Anne HIDALGO quand elle demande à avoir les prérogatives d'une maire de plein exercice, consciente qu'elle aura toujours à mettre en application des directives propres à une capitale siège du Gouvernement. Mais tant au sujet de la voirie que des règlements de police du Maire sur l'insalubrité, les professions réglementées, les horaires d?ouverture des débits de boisson et la gestion des dimanches ouverts pour les commerces et j?en passe, il est archaïque et anormal que nous dépendions des autorités préfectorales, alors que nous sommes une Assemblée majeure et souveraine. Nous souhaitons donc que ce statut évolue et que la Préfecture se concentre sur ses missions régaliennes qui, pour nous, ne doivent pas être dévolues aux services municipaux. Voilà pourquoi nous soutenons aussi la nécessaire clarté qui doit être faite sur l?utilisation des personnels A.S.P. Je sais que vous avez ouvert ce chantier avec les organisations syndicales, Monsieur le Préfet. Peut-être pourriez-vous profiter de ce moment pour nous en dire un peu plus. Ces personnels sont parfois désarçonnés par leur double tutelle et peut-être aussi par des injonctions contradictoires. Nous avons nous-mêmes en tant qu?élus à travailler à cette modification et à l?amélioration des profils de postes et des missions de ces agents qui ont un rôle difficile, mais qui contribuent aussi par leur présence dans l?espace public parisien à un meilleur sentiment de sécurité. Nous voulons que cette discussion soit tripartite et que la Ville, la Préfecture et les agents s?attellent à un travail commun autour d?une nécessaire évolution. En revanche, je sais que vous avez été interpellé, Monsieur le Préfet, sur la reprise de la verbalisation dès le 14 novembre au matin. Les agents auraient souhaité pouvoir être associés à cette décision. Ils pensaient à leur sécurité, bien sûr, mais aussi à la peine des Parisiennes et des Parisiens. Je pense qu?il s?agissait pour le moins d?une maladresse. Oserais-je aussi vous demander un point sur les "reçus-recalés" du concours des A.S.P. de 2012 ? J?avoue ne pas avoir eu d?échos sur ce dossier depuis l?année dernière. Où sont ces 120 lauréats de ce concours ? Enfin, Monsieur le Préfet, je sais que vous vous félicitez de la décision de la Ville d?accélérer le Plan de caméras pour Paris. Vous connaissez notre position. Ces caméras ne sont en rien protectrices ou dissuasives. La preuve en a d'ailleurs, malheureusement, été faite la nuit du 13 novembre dernier. Face à des fanatiques qui ne prennent même pas la précaution de se masquer, ces caméras ne sont pas d?une grande utilité, vous en conviendrez, même si elles peuvent contribuer dans certains cas à élucider des affaires. Nous continuerons de défendre la présence humaine car elle est porteuse d?une protection beaucoup mieux perçue par la population. Ce n?est pas par ringardise que nous ne soutenons pas la "machine", mais parce que la présence d?agents publics rassure dans les trains, dans les stations de métro, comme dans l?espace public. Mieux, à chaque fois que nous avons remis du personnel qualifié, en nombre suffisant, doté de moyens appropriés dans les transports publics, nous avons fait reculer les actes d?incivilités, les fraudes et les agressions. Nous apportons donc notre pierre à l?édifice, en approuvant ce budget de la Préfecture de police, aussi parce que nous sommes attentifs à l?amélioration des conditions de vie et de travail des sapeurs-pompiers qui, comme d?habitude, ont été exemplaires au cours des événements de novembre. Provision pour gager l?éventuelle augmentation de leur salaire en cours d?année, mais aussi de l?investissement pour que le matériel de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris, très sollicité, soit remplacé et modernisé. Voilà deux chapitres visibles dans ce budget. C?est aussi parce que nous sommes conscients que la place de la B.S.P.P. et des pompiers est particulière dans le c?ur des Parisiens que nous avons posé un amendement budgétaire pour renforcer l?action de l?association des anciens cadres de la Brigade qui intervient auprès des plus jeunes Parisiens mais aussi banlieusards dans les écoles et les collèges. Nous avons bon espoir que cet amendement, modeste mais si sincère, soit adopté à l?unanimité de notre Conseil. Le budget de l'année prochaine dépendra, nous le savons tous, du sort réservé aux propositions que nous ferons au Gouvernement pour modifier le statut de Paris. Plus de clarté, de simplicité, c?est mieux pour les Parisiens. Est-ce à dire que nous souhaitons dépecer la Préfecture de police ? Bien sûr que non. Mais nous voulons qu?elle se concentre sur ses missions, qu?elle le fasse encore mieux et qu?elle démine ainsi toutes tentative de créer une police municipale armée dans notre capitale qui n?est pas, pour nous, la réponse adaptée aux enjeux. Notre groupe votera donc les crédits budgétaires de la Préfecture de police.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur LE RESTE. Pile dans temps de votre groupe. Si on peut faire un peu moins pour les groupes suivants, ce ne serait pas mal. La parole est à M. Jean-Bernard BROS, pour le groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants.

M. Jean-Bernard BROS. - Merci, Madame la Maire. Monsieur le Préfet de police, mes chers collègues, avant d?en venir à la question stricte du budget, je souhaitais encore une fois rendre hommage aux agents de la Préfecture de police et de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris. Au service des citoyens, dans des moments dramatiques, ils ont agi avec courage et dignité. Leur mobilisation continue aujourd?hui dans le cadre de la sécurisation renforcée de nos rues, elle est particulièrement intense. Nous savons aussi qu?ils ont été fortement engagés pour assurer, dans de bonnes conditions, la tenue de la COP 21 et cet effort doit être souligné. La sécurité est en effet un élément essentiel pour garantir la cohésion au sein de notre territoire. C?est un droit que les autorités publiques doivent garantir aux habitants et aux visiteurs. Cette exigence, à Paris plus qu?ailleurs, est particulièrement forte. Le déploiement important des forces de sécurité vitales pour la collectivité, nécessite bien sûr des moyens conséquents, même si cela ne nous empêche pas de mener une réflexion sur l?allocation des moyens destinés à la Préfecture de police afin de garantir un service public efficace et utile au plus grand nombre. Le budget spécial de la Préfecture de police pour 2016 applique un sérieux budgétaire que nous pouvons saluer. Globalement, c?est un budget en stabilité, avec des dépenses de fonctionnement qui augmentent seulement de 0,47 % par rapport à 2015. Derrière cette apparente stabilité, nous connaissons les efforts importants de redéploiement des crédits et d?optimisation des ressources. Dans un contexte budgétaire compliqué, la priorité est l?exigence du service aux Parisiens. Ainsi, grâce aux économies, le budget de la B.S.P.P. a pu, par exemple, être privilégié pour maintenir sa capacité opérationnelle. Mais notre réflexion ne doit pas s?arrêter là. En effet, l?action de la Préfecture de police pourrait être mieux réorientée. Sa mission première est de lutter contre les faits d?une certaine importance, que ce soit au niveau criminel ou délictuel. Pour cela, il nous faut mieux agir en complémentarité et dans le respect des compétences de chacun. Notre collectivité doit prendre plus largement sa part pour lutter contre les petits délits du quotidien. La création d?une brigade municipale de lutte contre les incivilités a été annoncée et nous la soutenons. Dans cette optique, la place des agents de surveillance de Paris doit être soulevée. Sous l?autorité de la Préfecture de police, la masse salariale que représentent ces agents, est prise en charge par la Ville à hauteur de 66 millions d?euros environ. C?est une somme non négligeable qui nous pose encore cette année question. Les A.S.P. travaillent majoritairement à la surveillance des règles de stationnement, mais pourraient voir leurs missions s?élargir. Les petits faits de délinquance, les manquements au vivre ensemble et le refus de s?acquitter de ses obligations de citoyen dégradent le cadre de vie dans nos rues. C?est la Ville, plus que la Préfecture de police, qui a toute légitimité à agir contre les incivilités. Nous savons aussi, comme l?avait fait remarquer la Chambre régionale des comptes, que la gestion des 1.800 A.S.P. à la Préfecture de police pose problème depuis de nombreuses années. Ainsi, nous réitérons notre soutien à l?intégration de ces agents. Si ce n?est pas la totalité, au moins d?une partie, à une police parisienne du quotidien, tel que vous l?aviez annoncée, Madame la Maire, dès septembre. La réflexion sur le statut de Paris permettra, je l?espère, de confirmer cette nécessaire réforme. Si la Ville parvient à mettre en place un service public efficace en ce domaine, les actions de la Préfecture de police pourront être véritablement tournées vers la sécurisation de nos rues et de nos concitoyens. En ce domaine, nous le savons, les enjeux sont importants, ils sont avant tout de la compétence de l?institution policière. Nous croyons en l?efficacité de la coproduction de sécurité et nous espérons que les acteurs concernés sauront mieux mettre en commun leurs efforts. Ainsi, tout en espérant des avancées, nous saluons les efforts et la volonté partagée entre nos deux institutions pour arriver à ce budget spécial de la Préfecture de police. Les élus du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants voteront bien sûr ce budget. Je vous remercie, Monsieur le Préfet.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur le Président. La parole est à Mme Danielle SIMONNET, pour deux minutes.

Mme Danielle SIMONNET. - C?est dur. Les terribles événements du 13 novembre ont fait prendre conscience à toutes et à tous que nous avons besoin de plus d?Etat, de plus de service public, de plus de moyens pour la santé, la justice, le renseignement, pour mettre en ?uvre notre droit à la sûreté, mais les budgets ne sont pas à la hauteur. C?est bien sous le Gouvernement de Nicolas SARKOZY, n?en déplaise à M. GOUJON, que les suppressions de poste ont été les plus dures. Oui, je parle du droit à la sûreté, ce qui est différent de la sécurité. La sûreté est un concept révolutionnaire, mes chers collègues, qui inclut à la fois la protection des individus dans leurs relations les uns avec les autres, ce qu?on appelle aujourd?hui la sécurité, mais également la protection des citoyennes et des citoyens contre l?arbitraire du pouvoir et de l'Etat. C?est dont un faux débat d'opposer la liberté individuelle à la sécurité, car le véritable enjeu est d?accroître la sûreté de toutes et tous et donc de permettre la sécurité individuelle, sans porter atteinte aux libertés ni accroître l?arbitraire du pouvoir. Des mesures prises dans le cadre de l'état d?urgence, qui risque bien de devenir permanent hélas, ont clairement augmenté cet arbitraire et restreint les libertés, comme l?absence du contrôle du juge judiciaire, des décisions de perquisitions ou d'assignation à résidence ou encore les cas concrets d'abus par lesquels des individus, que personne ne peut soupçonner d'être des terroristes, comme des militants écologistes, mobilisés dans "Action climat", à l?approche de la COP 21, ou contre l'aéroport de Notre-Dame des Landes, se sont retrouvés assignés à résidence ou perquisitionnés. C'est clairement un contournement de l'état de droit, une atteinte au droit à la sûreté qui n'est d'aucun effet dans la lutte contre le terrorisme. La vraie solution pour améliorer la sûreté de toutes et tous, ce n?est pas l?état d?urgence permanent, mais au contraire plus de moyens matériels et humains pour la police, la présence sur le terrain, le renseignement, la justice, les pompiers. La solution ce n'est pas, bien sûr, la surenchère à la vidéosurveillance généralisée ou le flicage par internet, la course à l'armement des agents municipaux, ou la création d'une police municipale qui ravit la droite. D'ailleurs, sur la question de l'armement des agents municipaux, Madame la Maire a paru dans la presse vouloir se rallier, j'espère que nous aurons des précisions qui iront dans le bon sens, car je crains ce genre de solution que nous devons au contraire rejeter. D'ailleurs, Madame la Maire, je préfère quand vous fustigez les dogmes libéraux de Bercy, quand vous exigez un pacte social supérieur au pacte de stabilité et que vous vous dites prête même à "envoyer bouler" Bruxelles. Oui, Madame la Maire, je termine une phrase, la République a été attaquée, si nous voulons renforcer notre droite à la sûreté et à la sécurité, il faut sortir de l?austérité.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Il faut respecter ses temps de parole, parce que le temps de parole correspond à ce que l'on pèse, Madame SIMONNET. Madame TACHÈNE, vous avez la parole, pour le groupe UDI-MODEM.

Mme Anne TACHÈNE. - C'est par une pensée particulière pour les quelques 8.000 femmes et hommes de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris que je souhaite commencer mon intervention. Bien sûr, le secours à personnes, la lutte contre le feu et la gestion des risques technologiques font pleinement partie des missions des pompiers de Paris. Mais il est nécessaire de rappeler ici, au préalable, qu'au cours de la nuit atroce du 13 novembre dernier que nous avons tous ici en mémoire, la B.S.P.P. a su faire face à une situation d'une exceptionnelle gravité, tout en continuant à assurer, par ailleurs, ses missions dans l'ensemble de son périmètre d'intervention. Après une année 2015 particulièrement lourde pour la brigade, c'est donc avec une reconnaissance non feinte que nous pouvons saluer l'ensemble des actions de cette unité d'exception. Ce soir, et dans le cadre de la discussion budgétaire, nous examinons donc le budget de la Brigade des sapeurs-pompiers. Tendre vers un objectif de maîtrise des dépenses publiques tout en assurant une capacité opérationnelle de la B.S.P.P., mais en répondant à un niveau d'exigence élevée, voici l'enjeu de ce budget pour 2016. Au sein du budget de la Préfecture de police, dont le budget de fonctionnement pour 2016 s'élève à 658 millions d'euros, le budget de la B.S.P.P. s'élève à 332,6 millions d?euros, soit 54 % du budget de l'ensemble de la Préfecture de police. La Ville de Paris en assume 25 %, soit 84 millions d'euros pour les dépenses de fonctionnement, et 15 millions d'euros pour la participation à la rénovation des casernes. Si la section de fonctionnement est en hausse de 3 millions par rapport à 2015, ce que nous saluons bien évidemment, cette hausse est destinée à financer la revalorisation des rémunérations, mais également les augmentations de charges de fluides, de carburant et de loyers. Aussi, et alors que le nombre d'interventions est toujours en augmentation, la suppression des postes engendrés par la baisse du budget l?an dernier est un poids supplémentaire sur les épaules des hommes et des femmes de la brigade et impacte de façon sensible la charge opérationnelle. Pour la section d'investissement, nous notons 19,3 millions d'euros d'autorisations de programme et 23,37 millions d'euros de crédits de paiement, en hausse de 3 millions, pour des constructions et améliorations de caserne, des réparations et des études. Ainsi, à l'horizon 2020 du Grand Paris, six grands chantiers immobiliers doivent être réalisés. Nous pouvons le constater avec les documents fournis. La maîtrise des dépenses et la recherche de l'efficience est toujours à l'esprit de la B.S.P.P., aussi bien pour l'opérationnel que pour le fonctionnel. Soulignons à nouveau toutes les actions menées pour le "débruitage", c'est-à-dire l'effort sur la gestion de la qualité de l'engagement opérationnel, ou encore la mise en place d'une plate-forme commune de réception des appels des numéros d'urgence pour la Préfecture de police et la B.S.P.P. Mais à toutes ces actions et ces éléments, vient de s?ajouter un contexte spécifique : une menace d'attentat élevé, un risque de crue centennale attendue, l'augmentation de la population et son vieillissement.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Il va bientôt falloir conclure. Votre collègue a pris le temps, vous aviez 3,45 minutes, donc vous avez encore quelques secondes.

Mme Anne TACHÈNE. - La perspective de grand rassemblement - cela a été rappelé tout à l'heure - et le démarrage des grands travaux pour la réalisation du Grand Paris express. Si l'opérationnalité de l'état-major, l?efficacité des exercices, la zonalité de l'organisation sur trois départements et la disposition d'équipes médicalisées ont pu être appréciées, certaines carences se sont fait ressentir, notamment en matière d'équipement, tels que des brancards, des équipements pour des blessures à l?arme de guerre, des protections d'urgence de type masque.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Il va falloir conclure !

Mme Anne TACHÈNE. - Je voulais simplement, de façon très brève, regretter que, dans le cadre du droit de tirage, ce soit le groupe Socialiste qui ait repris à son compte la demande de la Préfecture. Pour notre part, le groupe UDI-MODEM soutiendra la demande de la B.S.P.P. et votera le budget ainsi amendé.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Ne regrettez pas que le groupe Socialiste aille dans un sens qui vous va aussi. C'est très bien quand des élus de la République arrivent à s'entendre sur l?intérêt général. Ce ne sont pas des regrets, vous auriez pu saluer cela. Je vous remercie en tous les cas de voter le budget de la B.S.P.P. Madame Véronique LEVIEUX, vous êtes la dernière oratrice. Je vous demande vraiment de faire court, parce que je crois que tout a été dit ou presque.

Mme Véronique LEVIEUX. - Merci, Madame la Maire. Tout à fait. Tout a été dit, sauf un sujet sur lequel je me permets d'intervenir très directement, il s'agit du sujet de la sécurité routière à Paris. En effet, en 2014, ont été dénombré près de 6.500 accidents, plus de 7.000 victimes, dont 647 blessés graves et 39 tués. Parmi ces éléments, quelques-uns que je voudrais mettre en évidence. 23 % des accidents sont liés à une vitesse excessive, les trois quarts des victimes tuées sont des personnes âgées de plus de 65 ans, majoritairement piétonnes. Par ailleurs l'implication des deux-roues, qui sont également en situation de vulnérabilité, plus de 4.000 accidents en 2014. On peut souligner également que ces véhicules sont source d'insécurité dans certaines zones, comme les zones 30, voire les zones semi-piétonnes, souvent du fait d'un manque de respect de leur part du Code de la route. Dans ce cadre la ville travaille déjà à l'heure actuelle, et je tiens à souligner, Colombe BROSSEL et Christophe NAJDOVSKI, sur la nécessité de lancer une campagne d'information et de sensibilisation très large, compte tenu de la multiplication des dispositifs zones 30, zones de partage, ou sas vélo à installer. Cela nécessite effectivement, une campagne assez importante. Dans ce cadre je voulais simplement solliciter l'avis de la Préfecture de police sur la question de la sécurité routière, dont les chiffres pour 2014, ne semblent pas aller en s'améliorant.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Vraiment merci, vous avez raison ce sujet n'avait pas été évoqué. Je vous remercie de l'avoir porté, il est très important. Je donne la parole à Colombe BROSSEL, puis à Monsieur le Préfet pour vous répondre avant de procéder au vote du budget. Je nous propose d'essayer de faire vite, n'est-ce pas Madame BROSSEL ? Je vous donne la parole.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - D'abord, évidemment, merci à l'ensemble des collègues pour leurs interventions dans le cadre de ce budget spécial. Merci, à chacun d'entre vous, ou presque chacun d'entre vous, d'avoir salué dans vos interventions ce qui est derrière l'adoption de ce budget. Ce sont des femmes et des hommes qui se mettent au service des autres, qui se mettent au service des Parisiens et qui, parfois au péril de leur vie, transcendent leurs inquiétudes, leurs craintes pour être au service des Parisiennes et des Parisiens.

C'est bien cela qu'il faut saluer, c'est bien cela aussi qui est derrière ce budget, et merci aux uns et aux autres de l'avoir de facto souligné. Nous avons eu l'occasion avec la Maire de Paris, avec François VAUGLIN, avec Rémi FÉRAUD, d'aller à la rencontre des personnels des commissariats du 3e, du 10e, du 11e, d'aller à la rencontre des agents des casernes de sapeurs-pompiers qui ont été impliqués dans les attentats du 13 novembre pour leur exprimer notre reconnaissance, c'est le mot qui a été employé par Rémi FÉRAUD. Cette reconnaissance est infinie, et merci à la grande majorité d?entre vous de l'avoir souligné. Oui, cette subvention à la Préfecture de police est cette année stable, une légère hausse, mais je rappelle pour les collègues qui auraient oublié de le souligner que, dans le budget de la Ville, il y a évidemment des impacts, et en fonctionnement et en investissement, sur un certain nombre de mesures de sécurisation, ainsi que sur le déploiement sur une seule année du plan de vidéo-protection dans son avenant, que nous avons adopté au mois de septembre. Ne l?oublions pas, même si je sais que cela fait débat. Mais n?oublions pas évidemment de comptabiliser l?ensemble des mesures qui sont mises en ?uvre. Je vous ai déjà dit beaucoup de choses dans cette Assemblée sur le chantier en matière de lutte contre les incivilités. Nous aurons l?occasion de réunir l?ensemble des 20 maires d?arrondissement et les représentants de chaque groupe politique au mois de janvier pour faire le point sur cette réforme. Je serai évidemment totalement à votre disposition à d?autres moments, et je ne vais donc pas vous redire ce que je vous ai déjà dit dans cette Assemblée. Depuis que nous l?avons évoqué en Conseil de Paris, les différentes directions se sont mises au travail et nous présenterons aux 20 maires d?arrondissement ainsi qu?aux représentants des groupes au mois de janvier les premières étapes de ce chantier. Chantier important parce qu?en effet, il permettra d?abord une meilleure façon de fonctionner pour la Ville de Paris en matière de lutte contre les incivilités. Mais aussi grâce à la présence des groupes - enfin de presque l?ensemble des groupes car certains d?entre vous ont choisi de ne pas participer à ce travail d?élaboration collective -, car évidemment, ce travail sur la lutte contre les incivilités est enrichi par ce dont nous discutons lorsque nous travaillons ensemble, ou presque, au statut de Paris et à un certain nombre de transferts de compétences. Merci en tout cas à ceux qui se donnent la peine de contribuer à ce travail, pas uniquement de donner des leçons, mais aussi de contribuer à ce travail, car c?est un travail qui a vocation à être enrichi par chacun et chacune d?entre vous. Bien sûr, remercier et saluer Rémi FÉRAUD, qui a pris l?initiative, avec l'assentiment de chacun d?entre nous, de porter devant notre Assemblée les besoins légitimes de la Brigade des sapeurs-pompiers après les attentats. Je crois que c?est important que notre Ville ait pu se mobiliser aussi rapidement sur ce sujet. C?est important pour nous, mais c?est surtout important pour les Parisiens et pour la Brigade, et qu?ils soient évidemment confortés dans leur mission et dans notre volonté collective d?avancer avec eux. Permettez-moi de terminer par deux petits points : d?abord, vous dire que Jean-Louis MISSIKA chapeautera un travail extrêmement intéressant et en partenariat très fort avec la Préfecture de police sur l?organisation d?un "hackathon" au mois de janvier, qui va nous permettre? Jean-Louis n?est pas là?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Il est toujours surprenant. Il n?est jamais là où on l?attend.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Toujours avec des bonnes propositions ! Donc un travail très intéressant, en partenariat avec la Préfecture de police et la Brigade des sapeurs-pompiers, pour voir de quelle façon la nouvelle économie collaborative, les Parisiens eux-mêmes peuvent contribuer à tirer leçon et expérience de la mobilisation citoyenne qui s?est exercée le 13 novembre au soir et dans les jours qui ont suivi. C?est important, parce que c?est aussi cela, notre rôle d?élus : c?est de permettre à ce que tous ceux qui ont envie de contribuer et de participer puissent le faire. Évidemment, nous vous tiendrons informés avec Jean-Louis de tout ceci. Permettez-moi, pour conclure mon propos rapide, d?abord de vous remercier, mes chers collègues, puisque nous aurons un vote unanime sur le budget de la Préfecture de police. Permettez-moi donc de vous remercier. J?ai bien entendu les propos des uns et des autres sur le chemin qu?il nous reste à construire pour les années à venir. Nous aurons, je le crois, la même capacité à dialoguer l?année prochaine et les années suivantes, que nous avons eue cette année, pour que ce budget soit un budget qui conforte les hommes et les femmes qui se trouvent derrière les missions, et pas uniquement les chiffres. Permettez-moi néanmoins, avant de donner l?avis de l?Exécutif sur les v?ux qui sont présentés, deux remarques. Suite à l?intervention de l?orateur du groupe les Républicains - et je ne reviens pas sur tout ce qu?a dit Rémi FÉRAUD en matière de casse du service public et de disparition de postes -, permettez-moi d?abord juste de faire remarquer que si la ville qui a été décrite pendant 20 longues minutes était la ville dans laquelle nous vivons, j?ai la faiblesse de penser, mes chers collègues, que les Parisiens qui se sont beaucoup déplacés hier pour venir voter ne se seraient pas déplacés de la façon dont ils l?ont fait. Ils n?auraient pas placé notre majorité dans toute sa diversité en tête et à quasiment 50 % des suffrages. Peut-être auraient-ils eux aussi eu une vision différente, mais il se trouve que la ville qui nous a été décrite pendant 20 minutes n?est pas la ville de Paris que nous connaissons, et elle n?est pas avec les Parisiens que nous connaissons. Nous les connaissons, parce que nous vivons à Paris, parce que nous travaillons à Paris, parce que nous militons à Paris, parce que c?est là où nous avons l?ensemble de notre vie quotidienne, et la ville qui a été décrite n?est fort heureusement pas la ville dans laquelle nous vivons, n?est pas la ville de cette créativité, cette générosité, parfois cette intransigeance des Parisiens, et fort heureusement ! Permettez-moi aussi de redire, Monsieur GOUJON, et là aussi, tout aussi sereinement : ce n?est pas parce que l?on affirme des mensonges plusieurs fois que ces mensonges deviennent réalité. Ce n?est pas parce que vous affirmez que c?est aujourd?hui la première fois que des postes sont créés pour les inspecteurs de sécurité de la Ville de Paris dans le budget que c?est une réalité. Il y en avait 30 l?année dernière. Il suffit de savoir lire un budget. Ce n?est pas parce que vous dites qu?il y a une baisse du budget alloué à la sécurité des Parisiens dans ce budget que cela en fait une réalité. Ce n?est pas parce que votre président de groupe a affirmé ce matin qu?il y avait eu des destructions de postes d?I.S.V.P. que cela remet en cause le fait qu?ils étaient un peu plus de 530 en 2000 et qu?ils sont un peu plus de 1.000 aujourd?hui. Ce n?est pas répéter des mensonges qui les fait devenir réalité. Ce n'est pas vrai de dire que des armes de guerre ont été trouvées dans des logements sociaux au cours de perquisitions administratives. Tout ceci est faux, et permettez-moi juste de vous redire que ce n?est pas l?allitération de propos faux qui en fait des vérités. Mais surtout, et ceci est à lier avec les propos de Rémi FÉRAUD tout à l?heure, surtout, ce serait prendre les Parisiens pour ce qu?ils ne sont pas que de croire qu?ils ne connaissent pas leur ville et de croire qu?ils n?ont pas de mémoire. Cher Monsieur GOUJON, les Parisiens ont de la mémoire, et d?ailleurs, il me semble qu?ils ont su le rappeler hier.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci. Tout à l?heure, je vous demanderai la position de l'Exécutif sur les v?ux, les uns après les autres, mais je vous remercie beaucoup, Colombe BROSSEL, pour ce travail remarquable qui est fait aux côtés de la Préfecture de police. Monsieur le Préfet, peut-être souhaitez-vous apporter quelques précisions ?

M. LE PRÉFET DE POLICE. - Très rapidement, Madame la Maire.

Tout d'abord vous remercier collectivement de ce vote favorable, auquel le Préfet de police est sensible. Votre vote intervient à un moment où le budget de l'Etat en matière de sécurité a été augmenté sur Paris et la Région parisienne, et dans le contexte d'excellentes relations et de dialogue qui est le nôtre pour gérer cette crise exceptionnelle. Je réponds sur quelques points. S'agissant des 120 policiers A.S.P. 2012 qui n'ont pas été recrutés - c'est une question qui a été posée par plusieurs d'entre vous -, je mentionne simplement que, sur ces 120, 15 emplois ont été pourvus dans le cadre du schéma d'emploi. C?est-à-dire que si nous avons des diminutions, des départs, ce concours permettra de pourvoir les postes qui seraient vacants suite à des départs d'A.S.P. Mais il ne s?agissait pas d?augmenter le schéma d'emploi car ils étaient à l'intérieur du schéma d'emploi. C?est le premier point. Sur la question des assignations à résidence et des perquisitions administratives, dont j'ai vu qu'elles préoccupaient beaucoup de monde, je redonne les chiffres que j'ai indiqués brièvement dans mon intervention liminaire. Sur Paris, il y a eu 48 perquisitions administratives à ce jour. Sur les 570 qui ont été notifiées sur les 8 départements de la région parisienne, ces perquisitions administratives ont donné des résultats significatifs, contrairement à ce qui peut se dire dans tel ou tel organe de presse. Elles ont été effectuées dans le respect du droit, en fonction d'éléments dont nous avions connaissance, qui justifiaient des mesures de vérification, en accord systématique avec le Parquet compétent, en ce qui nous concerne, M. le procureur de la République de Paris. Ces opérations ont produit des résultats appréciables : nombreuses saisies dans lesquelles on trouve des canons 9 millimètres, des cartouches, des pièces pour fusil d'assaut, du matériel de visée laser, des outils de montage pour pistolet, etc., 55.000 euros non justifiés, d'assez importantes quantités de cannabis ou de cocaïne. Ces perquisitions administratives, validées en relation avec le Parquet, feront l'objet d'un bilan régulier à la Maire de Paris, comme j?ai commencé à le faire et comme je le ferai désormais au moins une fois par mois et si nous avons un nombre de dossiers plus significatifs, plus souvent. Quant aux assignations à résidence, je rappelle qu?il n'y en a eu que 16 notifiées pour ce qui concerne des personnes résidant à Paris. Vous le savez, tous les recours introduits ont été rejetés par les tribunaux administratifs, voire le Conseil d'État. Voilà pour ce qui est de ces mesures exceptionnelles qui me conduisent à rappeler que l'interdiction générale de manifester - c'est une précision que je donne également à M. LE RESTE - est une mesure prise à la demande du Gouvernement, tout de suite après le 13 novembre, qui a été interrompue depuis le 30 novembre. Ce qui s'est passé à Bruxelles quelques jours après, en Suisse dernièrement, l'état de sidération dans lequel a été placé la population pendant quelques jours après les attentats, ne justifiait-il pas une mesure de très courte durée et de précaution pour éviter des rassemblements risquant de constituer des cibles potentielles et de provoquer des mouvements de panique ? Nous avons d?ailleurs vu ce qui s'est produit sur la République dès le week-end suivant. Deuxièmement, il n'y a plus aujourd'hui application d'arrêtés d'interdiction de manifester sur Paris. Je le rappelle, je le redis. La liberté de se rassembler, d'aller et venir, de manifester ses convictions sur la voie publique, que les Parisiens savent pleinement utiliser, est tout à fait rétablie aujourd'hui sauf circonstances particulières. Le dernier point concerne les A.S.P., les agents de surveillance de Paris. J'indique simplement que la verbalisation du stationnement payant - puisqu'on demandait les chiffres - a été fortement augmentée sur le dernier semestre, à partir du mois d'août. Sur chaque mois, j?ai des chiffres, 82 % d'augmentation en août 2015 par rapport à août 2014, 24 % en septembre 2015 sur septembre 2014, 32 % en octobre 2015 sur octobre 2014, 28 % en novembre 2015 sur novembre 2014. Si nous poursuivons cette progression en décembre, ce que je souhaite évidemment et ce que j'essaye d'accompagner avec les services de la Mairie, nous pourrions atteindre environ 3,4 millions à 3,5 millions de procès-verbaux. Cela ne représentera qu'une diminution de 7 % à 8 % sur le chiffre de l'année 2014. Le premier semestre avait été fortement perturbé, vous le savez, par les suites de l'attentat de janvier et la nécessité de doter les agents de surveillance de Paris de matériels de protection et de gilets pare-balles. Je redis que sur cette question des A.S.P., nous sommes aujourd'hui dans un dispositif co-piloté avec la Ville, dans la transparence, dans une stratégie co-construite arrondissement par arrondissement sur la base d'un logiciel qui a été établi par la Mairie et sur lequel travaillent les agents de la Ville de Paris, en résumé un pilotage partagé dont je suis personnellement les résultats. Dernier point - puisque c?est l'occasion de le dire, cela fera l'objet de débats ultérieurs : le Préfet de police ne voit aucun inconvénient à ce que l'on s'oriente vers la création d'une brigade d'incivilités s'appuyant sur une importante partie des effectifs des A.S.P. Un dernier point concernait la sécurité routière. Je veux simplement indiquer sur ce sujet qu'effectivement, les chiffres en matière de sécurité routière, Madame LEVIEUX, sont mauvais en ce qui concerne les tués puisqu'on a une progression du nombre des tués, notamment chez les personnes âgées. En revanche, le nombre des accidents a diminué : 5,8 % de moins qu'en 2014. Le nombre des blessés a également baissé de 7,6 %. On est donc dans un bilan mitigé, avec des accidents plus graves, qui ont touché des personnes âgées notamment, puisqu'on est passé à 43 accidents en 2015, représentant une augmentation de 43 % de plus qu'en 2014. Il y a donc une situation qui appelle des mesures particulières. Nous avons mis en place un plan de renforcement des opérations de sensibilisation, et je signale ici une opération qui s'appelle "Faire son chemin en ville" que nous mènerons avec la Mairie et qui vise à accompagner les seniors dans la gestion de ces risques. Je terminerai mon propos en remerciant M. FÉRAUD en tant que rapporteur et porte-parole de l'amendement qui a conduit à ce financement complémentaire que vous avez voté à l'unanimité et que je salue tout particulièrement pour conclure mon propos.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur le Préfet de police. Merci à nouveau à Colombe BROSSEL et à tous les orateurs de ce débat très important pour l'ensemble. Nous allons maintenant passer au vote. Je demanderai à chacune et chacun d'être attentif. Je demanderai bien sûr à Colombe BROSSEL l'avis de l'Exécutif sur les différents amendements. Nous allons donc passer au budget spécial de la Préfecture de police pour 2016, PP 68. Avis de l'Exécutif sur l'amendement n° 57 déposé par le groupe Socialiste et Apparentés. C'est un avis favorable. Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition d'amendement n° 57 déposée par le groupe Socialiste et Apparentés, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? La proposition d'amendement n° 57 est adoptée. Avis de l'Exécutif sur le v?u n° 58 déposé par le groupe les Républicains.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Comme à chaque fois qu?il est déposé, avis défavorable.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Il est donc soumis au vote avec un avis défavorable de l'Exécutif. Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe les Républicains, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? La proposition de v?u est repoussée. Avis de l'Exécutif sur le v?u n° 59 déposé par le groupe les Républicains.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Ce qui est dedans ne relevant absolument pas des compétences du Préfet de police, l?avis est défavorable.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe les Républicains, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? La proposition de v?u est repoussée.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération PP 68 ainsi amendé. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération amendé est adopté à l'unanimité. (2015, PP 68). Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération PP 57 relatif à la modification des emplois budgétaires de la Préfecture de police au titre de l'année 2016. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2015, PP 57). Le budget et le projet de délibération sur les emplois budgétaires de la Préfecture de police sont adoptés. Je vous remercie. Je vous remercie, mes chers collègues. Merci, Monsieur le Préfet. Nous nous retrouvons, pour ceux qui le souhaitent, au dîner de Noël. Merci et bonne soirée.