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Decembre 2015
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Conseil Municipal
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2015 DAC 602 Subventions de fonctionnement et d’équipement (15.658.233 euros) et convention avec l'établissement public Cité de la musique - Philharmonie de Paris (19e).

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2015


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DAC 602 concernant l'attribution d'une subvention de fonctionnement et d?équipement et convention avec l?établissement public : Cité de la musique - Philharmonie de Paris. Je vais donner la parole successivement à M. CRAVENNE et à Mme SOLANS, M. Bruno JULLIARD vous répondra. La parole est à M. François-David CRAVENNE, pour cinq minutes maximum.

M. François-David CRAVENNE. - Merci, Monsieur le Maire. Mes chers collègues cette subvention comporte deux parties. La partie fonctionnement n'appelle pas ici de commentaires spécifiques de notre part, mais malheureusement la seconde partie de cette subvention est consacrée au remboursement des intérêts de la dette, contractée à l'époque, afin de construire l'établissement. Les taux d'intérêt ont été - c?est peu de le dire - très, très mal négociés d'où l'importance du poids de leur remboursement dans cette subvention. J'y reviendrai. Je profite de ce projet de délibération pour féliciter l'équipe dirigeante de la Philharmonie pour leur remarquable travail concrétisé par une réussite reconnue par tous. Je remarque au passage que notre groupe, les Républicains, a toujours cru en l'aspect grand public de ce projet, contrairement à vous, Monsieur JULLIARD, qui jugez son orientation trop élitiste et éloignée du plus grand nombre. Nous sommes ainsi très heureux de constater que vous avez enfin abandonné vos ?illères et compris désormais que la stratégie de l'offre haut de gamme était la bonne. Je souhaitais également vous remercier, Monsieur le premier adjoint, de nous avoir enfin entendus, en acceptant de transformer le statut de la Philharmonie en établissements public depuis l'automne dernier. Notre bonheur serait complet, Monsieur l'adjoint à la culture, si vous annonciez, comme nous vous le demandions, là encore depuis longtemps, que vous vous atteliez à la renégociation des taux d'intérêt du prêt. La Ville, en effet, perd bien trop d'argent à rembourser cette mécanique financière infernale que vous avez mise en place et qui empêche des centaines de milliers d'euros de servir directement l'intérêt des Parisiens. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

La parole est à Mme Aurélie SOLANS.

Mme Aurélie SOLANS. - Merci, Monsieur le Maire. Mes chers collègues, désormais, comme cela était attendu et souhaité, l'établissement public, Cité de la musique Philharmonie de Paris, créé le 1er octobre 2015 se substitue à l?association Philharmonie de Paris, qui était, jusqu'alors, chargée de la maîtrise d'ouvrage et de la préfiguration de la Philharmonie de Paris. Nous avons déjà eu l'occasion de le dire ici, la Philharmonie s'est installée dans le 19e arrondissement avec réussite. Aujourd'hui, nous pouvons l'affirmer, un établissement de prestige peut exister dans nos quartiers populaires du Nord-Est parisien, et même s?y développer. Avec un taux de remplissage de 98 % en moyenne, et près d'un million de visiteurs à la fin de l'année 2015, toutes activités confondues, la Philharmonie a su trouver, avec un projet artistique innovant indéniablement, son public. Elle va devoir, pour la suite, poursuivre son inscription territoriale, continuer de diversifier ses publics, développer son rôle pédagogique, dans et hors les murs. Comme nous l'avions espéré à son ouverture, ce sont toutes les origines sociales et géographiques qui doivent être encore et bien plus représentées parmi ces visiteurs dans la diversité de la société. Les habitants du 19e représentent déjà près de 10 % des abonnés. L'ouverture vers les communes limitrophes doit permettre de faire une part plus large aux habitants de Seine-Saint-Denis, ses voisins limitrophes. Ce renouvellement générationnel et social du public est nécessaire pour l'avenir de la musique classique, tout autant que pour l'avenir de tels établissements de prestige. Rappelons que l'âge médian des publics du classique est aujourd'hui de 60 ans, contre 36 ans en 1973. C'est aussi très important pour les quartiers populaires, où elle est ancrée, pour leur cohésion. Elle doit être obligatoirement plus ouverte, accueillante, plus active en faveur de l?égalité dans l?accès à la culture. De ce point de vue, je souhaite relever un élément très positif dans ce sens : l'emblématique projet Démos - porté maintenant par la Philharmonie - entre dans sa troisième phase, avec une extension, en particulier en Ile-de-France, pour aller jusqu'à 30 orchestres d'ici 2018. Objectif : permettre à des enfants, issus de quartiers "politique de la ville" ou de territoires ruraux, de pratiquer la musique en orchestre, favoriser leur accès à un répertoire classique. Ce type de dispositif d'éducation musicale doit se développer et nos efforts en la matière à Paris doivent pouvoir prend appui sur l'expérience de DEMOS, du point de vue pédagogique notamment. Toutes ces considérations faites, ce projet de délibération porte aussi, en grande part, sur le remboursement de l'emprunt des travaux du bâtiment. La charge financière des intérêts sur le budget de la Ville pèse cette année encore : près de 8 millions d'euros. Avec un taux d'intérêt négocié trop élevé, lors de la conclusion du prêt, et qui reste bien au-dessus des taux pratiqués en 2015. Et, quoi qu'il en soit, c'est bien au-dessus de ce que la cotation bancaire de la Ville de Paris permettrait d'exiger. Nous l'avions voté ensemble, nous l?avons répété à de nombreuses reprises devant cette Assemblée, la renégociation de ce prêt qui pèse sur les finances de la Ville doit être bien plus qu'un simple geste commercial. Notre ville doit bien être en capacité de peser avec un organisme bancaire comme la Société générale. Dans le contexte budgétaire largement décrit lors de ce Conseil nous avons l?obligation de tout tenter pour ne pas laisser filer l'argent public au profit d'une banque. Nous en avons bien trop besoin, par exemple pour des projets culturels dans nos quartiers populaires. Encore une fois, nous vous demandons, Monsieur le Maire adjoint, Madame la Maire, de mettre tout en ?uvre avec les services juridiques de la Ville et, à présent, dans l'urgence, pour renégocier cet emprunt. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Pour vous répondre, la parole est à M. Bruno JULLIARD.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Merci, Monsieur le Maire, et merci aux deux précédents intervenants. Je saisis l?occasion de ce projet de délibération pour saluer à mon tour l'excellence du travail réalisé par les équipes de la Philharmonie, le grand succès que constitue cette première année de fonctionnement, puisque le bilan est très positif d'un point de vue qualitatif et d?estime. La programmation de la Philharmonie de Paris est probablement l'une des plus belles programmations symphoniques au monde. Et surtout, le bilan de fréquentation est tout à fait exceptionnel puisque dès la première année, nous espérons atteindre au total un million de visiteurs à la Philharmonie de Paris, avec un public diversifié, notamment d'un point de vue social ou générationnel, nettement plus en tout cas que le public de la salle Pleyel jusqu'à aujourd'hui. En effet, des actions, notamment sur demande insistante de la Ville de Paris, des actions très conséquentes à l'égard des jeunes publics. Nous souhaitons amplifier encore cette politique d'éducation musicale grâce à la Philharmonie. L'équipe de direction de la Philharmonie a notre totale confiance. D'ailleurs, la Maire de Paris a demandé et obtenu que le directeur actuel, Laurent BAYLE, puisse se voir proposer un nouveau mandat à la fin de celui-ci. C'est une excellente nouvelle. Concernant le projet de délibération, et notamment les subventions de fonctionnement, il s'agit d'une reconduction de la subvention 2015. Concernant les subventions d'équipement, notamment de remboursement du prêt contracté par la Philharmonie, c'est en effet le montage initial qui a été choisi, à savoir un endettement - à l'époque - de l'association de préfiguration de la Philharmonie qui était elle-même endettée, la Ville étant garante de cet emprunt et versant une subvention chaque année à l'association de la Philharmonie, aujourd'hui à l'établissement public Cité de la musique - Philharmonie de Paris. Le taux a été négocié en 2011, un peu plus de 5 %. C'était l'année où les taux étaient les plus importants et trop importants aujourd'hui pour un montant total de 152 millions d'euros. On était à l'époque en pleine crise financière. Une négociation avec la Société générale est en cours. Elle est effectivement très compliquée, car la banque n'a, d'un point de vue commercial et financier, absolument aucun intérêt, surtout aucune obligation, d'accepter une renégociation, d'autant plus que les niveaux de rémunération demandés par les investisseurs pour des émissions obligataires - comme c?est le cas pour cet emprunt - demeurent aujourd'hui à des niveaux quasi similaires à ceux de 2011. Il existe par ailleurs dans les contrats d'émissions obligataires des conditions d'indemnités de résiliation qui sont elles-mêmes très importantes. Bref, nous travaillons depuis de nombreux mois à cette renégociation avec la Société générale. Plusieurs réunions de travail ont eu lieu, dont une avec la Maire de Paris elle-même et les principaux dirigeants de la Société générale. Ce n?était pas conclusif, mais cela nous a permis nettement d'avancer. C?était à l'été dernier. Plusieurs réunions de travail ont eu lieu entre moi-même, Julien BARGETON, le cabinet de la Maire, la Direction des Finances, les services de la DAC et des équipes de la Société générale. Aujourd'hui, je ne suis pas encore en capacité de vous présenter un état définitif de nos négociations avec la Société générale, mais je vous propose que, peut-être lors du mois de mars dans la 2e Commission - je l?espère en tout cas - nous puissions vous proposer un accord avec la Société générale. En tout cas, cela reste, de notre point de vue, un objectif total. Nous ne cédons pas à la volonté de renégocier l'emprunt. Nous y mettons - croyez-le - beaucoup de temps et beaucoup de conviction. J'espère que le résultat sera à la hauteur de cet investissement.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 602. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2015, DAC 602).