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Decembre 2015
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe les Républicains relatif à la marche des dignités.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2015


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du v?u non rattaché n° 166 relatif à la marche des dignités. Jérôme DUBUS pour deux minutes.

M. Jérôme DUBUS. - Merci, Monsieur le Maire. Mes chers collègues, dans l'histoire de la France, il y a des événements tragiques qui rassemblent la Nation, comme ceux du 11 janvier ou ceux récents, malheureusement, du 13 novembre. Il y a aussi des événements totalement absurdes qui divisent inutilement la Nation. C'est le cas de cette prétendue marche des dignités qui a eu lieu à Paris au mois d'octobre dernier. C'est un événement qui divise avec des slogans honteux, des attaques gratuites contre les forces de police, des slogans antisémites. Cette marche a été un événement inacceptable pour la cohésion de la Nation et pour la cohésion de Paris. Ce v?u est donc d'autant plus d'actualité après le 13 novembre dernier. Tout ce qui rassemble doit être encouragé. Tout ce qui stigmatise l'autre - et c'est le cas avec cette marche - doit être évité. C'est la raison pour laquelle je demande au Conseil de Paris de condamner les messages antirépublicains véhiculés par certaines associations organisatrices de cette prétendue marche des dignités et qui tendent à remplacer une lutte des classes par une lutte des identités. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Je vois que vous préférez donc la lutte des classes. Cela me réjouit. Pauline VÉRON a la parole.

Mme Pauline VÉRON, adjointe. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, la marche des dignités organisée le 31 octobre dernier souhaitait faire écho à la marche organisée il y a plus de 30 ans, entre le 15 octobre et le 3 décembre 1983, dite "Marche des beurs". L'origine de cette marche avait été les affrontements entre policiers et jeunes dans le quartier des Minguettes à Vénissieux et dénonçait la multiplicité d'agressions racistes en France. A l'initiative du collectif des femmes pour la dignité, la marche des dignités s'est tenue symboliquement 10 ans après la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré à Clichy-sous-bois et avait pour objectif de dénoncer les discriminations racistes et xénophobes, en particulier dans les quartiers populaires. Cette manifestation a été autorisée par la Préfecture de police. Son principe était totalement conforme aux règles d?expression dans l?espace public. Monsieur DUBUS, vous dénoncez des propos tenus en marge de cette manifestation. Si vous estimez que certains de ces propos sont susceptibles de revêtir une qualification pénale, c'est-à-dire qu'ils seraient injurieux ou faisant l'apologie de crimes ou incitant à la haine raciale, alors je vous invite à les dénoncer et à déposer plainte. La Ville de Paris n'a pas vocation à poursuivre des propos dont nous ne sommes pas témoins et tenus dans une manifestation autorisée et qui, s'il s'avérait avoir été prononcés, auraient été tenus en marge de celle-ci. C'est pourquoi je vous demande de retirer votre v?u, sinon j'y émettrai un avis défavorable.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Vous maintenez, j'imagine ?

M. Jérôme DUBUS. - Evidemment. Ce n?était pas en marge mais en pleine manifestation.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - D?accord, vous maintenez. Explication de vote du groupe Ecologiste de Paris. La parole est à M. Pascal JULIEN.

M. Pascal JULIEN. - Que M. DUBUS prenne le Conseil de Paris pour un tribunal populaire, cela ne m'étonne plus puisqu?il a l'air de se faire maintenant le chantre de la lutte des classes, très bien, "why not ?" Mais je ne peux que souscrire, plus sérieusement, à la réponse très argumentée qu'a faite Pauline VÉRON et ne pas vous renvoyer dans les plumes avec certains épisodes de la Manif pour tous, où on a entendu beaucoup de choses. Faut-il rappeler, dans les circonstances de l'époque, des bananes qui étaient affichées, vous savez, en direction de Mme TAUBIRA et je pourrais donner bien d'autres exemples. Personne n'a saisi ici le Conseil de Paris pour lui demander de faire justice. La séparation des pouvoirs est quand même un des principes de la République. Vous le sauriez si vous étiez vraiment républicain !

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 166, avec un avis défavorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le v?u est rejeté.