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2015 DPE 81 - Convention avec le SYCTOM pour l’aide au développement du compostage de proximité. Vœu déposé par le Groupe Ecologiste de Paris relatif au développement du compostage de proximité.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2015


 

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Nous examinons, dernier projet de délibération, le DPE 81 et le v?u n° 180 : convention avec le SYCTOM. La parole est à Mme Aurélie SOLANS.

Mme Aurélie SOLANS. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, je souhaite présenter le v?u que nous portons à votre approbation sur un sujet qui peut sembler pour certains légèrement anecdotique ou pour d'autres même un peu champêtre, ou encore un peu utopique : mettre en ?uvre une politique ambitieuse en faveur du compostage de proximité à Paris.

Nous sommes convaincus que cette pratique est un levier en faveur de notre trajectoire "0 déchet" et en faveur d'une valorisation de nos biodéchets en complémentarité des collectes dont nous saluons les expérimentations ainsi que des projets annoncés lors de nos états généraux de l?économie circulaire. D'une façon générale, le compostage de proximité est un outil très efficace pour que chacun au quotidien envisage autrement sa production de déchets. En valorisant nous-mêmes nos biodéchets, finalement nous voilà en train d'appréhender nos épluchures non plus comme déchets, mais comme ressources. Cela est nécessaire pour que chacun s'empare de cette démarche "0 déchet". Nous voulons insister sur ce point, nous n'atteindrons pas nos objectifs ambitieux en la matière sans l'adhésion du plus grand nombre des habitants de Paris. Rappelons le potentiel de notre ville en termes de production de compost, ressource qui pourrait alimenter des filières bénéfiques à l'essor d'une agriculture respectueuse de l'environnement et de la santé de tous. Evidemment, au lendemain de la COP 21, nous souhaitons insister sur l'impact carbone de l'épandage du compost qui transforme ce qui était une source d?émission, les déchets organiques enfouis ou incinérés, en source de réduction des émissions de CO2 avec un bénéfice net de cette pratique en termes d'économie d?émission de gaz à effet de serre, qui est aujourd?hui établie par les recherches. Le compostage est bénéfique pour le climat, alors allons plus loin. Nous proposons que l'objectif de développement à grande échelle de composteurs de proximité en pied d'immeuble et en particulier dans l'espace public et sur voirie soit clairement affiché par la Ville. Il nous faut développer des partenariats avec les établissements publics, les écoles, les bailleurs sociaux, afin de favoriser des projets innovants. Et, parce qu?il va falloir innover pour lever les freins matériels concrets au compostage par les Parisiens, je pense notamment à l'approvisionnement en matière sèche, nous demandons qu'en privilégiant l'échelle métropolitaine parce qu'elle est pertinente, des projets d'économie circulaire visant à favoriser l?approvisionnement des composteurs en matière sèche soit expérimentés. Une campagne de sensibilisation des habitants à travers notamment la création et la pérennisation d'une journée proposant des activités spécifiques doit voir le jour au plus vite. Enfin, nous ne pouvons en tant qu?élus écologistes terminer ce propos sans l'élargir à la problématique de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères. Nous devons, dès le début de l'année 2016, lancer un travail pour que cet axe soit davantage incitatif à une diminution des volumes de déchets ménagers. C'est devenu un levier important dans une dynamique "0 déchet", la tarification incitative entraîne, selon les retours d'expérience, systématiquement une baisse des ordures et amène les habitants à s'emparer de solutions alternatives comme le compostage de proximité ou même les ressourceries. En termes de coût sur le long terme, avoir une taxe incitative pourrait entraîner une maîtrise, voire une baisse significative de nos coûts. Je conclurai mon propos par un point de vigilance. Notre ville s'est engagée dans cette stratégie "0 déchet" pour de bonnes raisons : nos modes de production et de consommation ne sont plus viables. Il est donc plus que temps d'opérer ensemble un changement de paradigme en allant plus loin que la simple intégration du recyclage dans notre gestion des déchets. Nous portons bien sûr cette stratégie au sein du SYCTOM et notons que le syndicat s'engage à investir sur certains dispositifs qui vont dans le bon sens. C?est le cas de ce projet de délibération. Néanmoins, cet engagement reste trop marginal encore au regard de la philosophie qu?il nous est donné de voir. Le véritable signal que le SYCTOM nous envoie, tant au niveau de son budget qu'au niveau des investissements qu'il prévoit, reste cette année encore le même que celui envoyé les années précédentes. L'incinération prime sur une montée en charge du soutien à la collecte sélective ou encore de l'effort nettement plus important qu'il faudrait fournir sur la prise en charge des biodéchets. Il nous revient donc le devoir de poursuivre nos discussions avec le SYCTOM afin que nos choix soient partagés de manière significative. Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame SOLANS. Pour vous répondre, la parole est à Mme Antoinette GUHL.

Mme Antoinette GUHL, adjointe. - Monsieur le Maire, chers collègues, chère Aurélie SOLANS, je voulais vous rassurer, Mao PENINOU et moi-même partageons votre passion pour le compost. Vous avez raison, c'est sans doute un des plus beaux exemples que la nature puisse nous proposer d'économie circulaire. Depuis la nuit des temps, les aliments, se compostent et vont amender les terres. Il se trouve effectivement que nous avons, depuis à peu près un siècle, trouvé la bonne idée d'incinérer ou plutôt trouvé la mauvaise idée d'incinérer les biodéchets. Mais, rassurez-vous, petit à petit la politique que nous menons vise justement à promouvoir le compost et la revalorisation de ces biodéchets. Il n'y a pas que Mao PENINOU et moi-même qui y sommes attachés, les Parisiens aussi y sont attachés. Ils l'ont prouvé lors du budget participatif, les premiers, en demandant que le tri des déchets à proximité soit un des projets soutenus. Le compost fait partie du budget participatif de cette année-là. Quatre composteurs collectifs ont été lancés dans le 12e, dans le 13e, dans le 14e et dans le 16e, et 5 sont encore à l'étude. Je note toutefois une petite disparité géographique, si nous avons 349 sites de compostage à Paris, nous nous rendons compte qu'à peu près les trois quarts sont dans les 10e, 11e, 13e, 14e, 18e, 19e et 20e arrondissements. C?est dire que certains arrondissements de l'Ouest de Paris sont très peu dotés de composteurs. Oui, je ne peux que répondre positivement à votre invitation. Oui, il nous faut renforcer le dispositif existant et il nous faut aller plus loin. Je vous remercie pour la suggestion concernant la matière sèche. C'est un sujet important en zone urbaine et dense comme à Paris. Je suis également attentive, ainsi que vous le proposiez, à ce que le compostage constitue un outil pour la végétalisation urbaine et aille ainsi amender cette nouvelle agriculture urbaine dont Pénélope KOMITÈS a parlé hier, car nous pouvons valoriser ces biodéchets. Je vous annonce que nous lancerons l'an prochain un plan compost d'envergure qui permettra aux Parisiennes et aux Parisiens de composter facilement à proximité. Quant à la tarification incitative, je tiens à vous dire qu'il y a un groupe de travail inter-directions qui a instruit cette question et que nous reviendrons prochainement vers vous.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame Antoinette GUHL. Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 180 avec un avis favorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le v?u est adopté. (2015, V. 411). Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DPE 81. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le projet de délibération est adopté. (2015, DPE 81).