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Decembre 2015
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Conseil Municipal
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Discussion budgétaire - Explications de vote.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2015


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, nous revenons sur le budget et nous allons entamer maintenant les explications de vote, conformément à la conférence d?organisation, de chacun des groupes, à la suite de quoi nous procéderons au vote des différents chapitres et sections du budget. Le premier orateur est Jean-Bernard BROS. Bon ! La deuxième oratrice est Mme Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, pour le groupe les Républicains.

Mme Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET. - Madame la Maire, mes chers collègues, je serai courte, car il y a hélas peu à dire face à l?absence d?écoute de la majorité. Vous répondez à nos propositions, celles que nous avons pu faire ce matin, par la provocation. La proposition qui est celle d?intensifier notre politique de sécurité en doublant le nombre de caméras de vidéo-protection, en équipant en dispositifs de sécurité les établissements scolaires et les établissements de la petite enfance, en intensifiant le soutien de la Ville à l?A.P.-H.P., ou encore en améliorant l?équipement des agents de sécurité. Des propositions intégralement financées et étalées dans le temps, pour permettre à la Ville de les appliquer de manière progressive. Votre enveloppe sécurité ne représentant que 0,06 % du budget de la Ville, je le rappelle, vous auriez pu vous grandir à reprendre certaines de nos propositions guidées par le seul souci de protéger les Parisiens à la suite des attentats qu?a connus notre capitale. Au lieu de cela, vous choisissez la provocation. Est-il vraiment indispensable et urgent de subventionner une mission de préfiguration pour la création du centre d?archives LGBT ou de prévoir une nouvelle subvention de 200.000 euros en faveur de l?économie sociale et solidaire ? Est-il vraiment indispensable et urgent de redécorer la place de la République ? Certaines de ces dépenses pourraient éventuellement se justifier dans un contexte ordinaire, mais nous ne sommes pas dans un contexte ordinaire. Sans même reprendre une seule de ces propositions, votre seule réponse, par adjoint interposé, est de nous faire un procès en démocratie parce que nous osons dire tout haut ce que bien des Parisiens pensent tout bas, à savoir que ces mesures sont plus prioritaires que le budget participatif. Non, Madame BARATTI-ELBAZ, le budget participatif n?est pas la quintessence de la démocratie. Il serait paradoxal que les choix faits par environ 60.000 Parisiens s?imposent à une priorité revendiquée par la grande majorité de la population. Il est navrant, Madame la Maire, de constater le fossé entre vos déclarations sur la sécurité et vos actes concrets. Car vous allez de déclaration en déclaration sur votre action exemplaire pour prévenir le terrorisme et promouvoir le vivre ensemble. Notre Assemblée toute entière pourtant sortirait grandie, si vous preniez la mesure de ces responsabilités. Dans ces conditions, notre groupe ne peut que voter contre le projet de budget 2016, dont les priorités sont à ce point éloignées de nos convictions et de notre sens des responsabilités. Nous voterons ponctuellement pour certaines mesures, comme le renforcement des moyens de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris - rappelons que vous les aviez considérablement rabotés l?année précédente -, l?indemnité kilométrique vélo ou encore le dispositif "Tous collégiens", et la formation des Parisiens au secourisme. Mais dans l?ensemble, votre budget est à l?opposé des attentes des Parisiens, tellement en décalage avec le besoin de sécurité renforcée que nous ne pouvons que regretter que le mot sécurité ne reste qu?un vague élément de langage au sein de votre communication. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. Jean-Bernard BROS, président du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants.

M. Jean-Bernard BROS. - Merci, Madame la Maire. Mes chers collègues, le budget primitif 2016 fixe le cap de l?action municipale, en faisant des compromis au service de l?intérêt général, mais ces compromis n?empêchent pas des ambitions fortes pour l?avenir de Paris. Notre groupe a souligné ce que signifiera pour les Parisiennes et les Parisiens un tel engagement. C?est tout d?abord des services publics efficaces. Il nous faut ainsi s?adapter au mieux aux évolutions des pratiques des Parisiennes et des Parisiens. Je pense particulièrement aux horaires d?ouverture de l?administration municipale. C?est un enjeu crucial pour notre collectivité. La responsabilité de la Ville était aussi de répondre aux conséquences des attentats, de savoir travailler pour répondre aux attentes et aux inquiétudes des habitants. Je crois que l?engagement en ce sens est fort. Notre bonne santé financière signifie également que nous pouvons mener une politique d?investissement sans précédent, notamment pour les quartiers populaires de Paris. Investir à un tel niveau, c?est porter une ambition sur le long terme, c?est un gage, je le crois, de sérénité et de confiance. Nous devons collectivement marquer la mandature d?empreinte durable, ce que nous faisons avec le logement et la transition énergétique par exemple. Mais il nous faut le faire aussi avec des projets directement visibles des Parisiennes et des Parisiens. Au nom des élus de mon groupe, je souhaitais aussi exprimer une vigilance sur la dette, car elle pèsera immanquablement sur les générations futures. Nous devons être vigilants. Nous avons voulu aussi porter des propositions dans une perspective de bonne gestion pour que notre collectivité s?adapte au mieux aux évolutions. En tant que groupe membre de la majorité municipale, soucieux d?une ville qui se modernise et avance tout en restant solidaire, nous saluons le budget primitif 2016. Nous respectons nos engagements et nos ambitions. Pierre Mendès France disait "Gouverner, c?est choisir", et les choix faits par l?Exécutif sont la preuve de ses capacités à maintenir notre Ville vers le bon cap, celui d?un service de qualité, de proximité et de sécurité rendu aux Parisiennes et des Parisiens. Les membres du groupe RGCI voteront unanimement le budget primitif qui nous est présenté aujourd?hui. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - C?est moi qui vous remercie, Monsieur Jean-Bernard BROS. La parole est à M. Éric AZIÈRE, président du groupe UDI-MODEM.

M. Eric AZIÈRE. - Madame la Maire, mes chers collègues, c?est évidemment dans un contexte particulièrement pesant et encore douloureux que vous nous présentez ce budget 2016, dit budget de combat pour partie, véritable riposte à la menace obscurantiste et aux assassinats fanatiques dont le peuple parisien a été la cible.

C?est la raison pour laquelle je commencerai par deux intentions que nous soutiendrons dans les objectifs fixés par votre budget : la sécurité et la culture. La sécurité parce que les enjeux n?ont jamais été aussi essentiels, en termes de sécurité publique, et qu?il n?est pas de liberté fondamentale garantie sans garantir la sécurité. Ce budget de la sécurité, abondé de 16 millions d?euros, 5 en fonctionnement et 11 en investissement, et particulièrement les 6,3 millions prévus pour accélérer le déploiement du nouveau plan de vidéo-protection pour Paris, nous paraît un minimum bienvenu. Éric HÉLARD a développé ce matin les propositions du groupe UDI-MODEM en matière de prévention et de sécurité, tout en soutenant les initiatives destinées à sécuriser les équipements publics et à renforcer les moyens d'action de la Municipalité. D'ailleurs, sur ce chemin, vous nous trouverez toujours volontaires, toujours à contribution pour vous amener, en vous tenant le bras s'il le faut, à l'installation à Paris d'une force de sécurité, de proximité, de tranquillité publique, qui peut, à partir des nouveaux pouvoirs récupérés sur la PP ou sur l'Etat, par une réforme du statut de Paris, à laquelle nous travaillons ensemble, permettre de répondre à une partie des inquiétudes des Parisiens en matière d'insécurité. A ce rythme-là, Madame la Maire, faites-nous confiance. Vous allez faire, grâce à nous sans doute, comme M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir, une police municipale sans le dire. Si c'est le mot qui fâche, nous nous contenterons du résultat. La deuxième approche commune que nous avons avec vous, c'est la sanctuarisation du budget de la culture. Comme Fadila MÉHAL l'a rappelé ce matin, la culture et les moyens prévus dans ce budget sont, dans cette période tragique où le malheur et la violence se sont à deux reprises abattus sur notre Ville, en janvier et en novembre, autant de façons de résister aux barbares. La culture pour Paris, c'est ce qui nous relève, c'est ce qui nous grandit, c'est ce qui nous unit, c'est ce qui nous permet de ne pas oublier les souffrances, mais de dépasser la douleur, l'absence, la révolte et la colère. Dans ce budget, la culture n'est ni une question, ni un débat. C'est une priorité que nous soutenons à hauteur de 3,97 % de notre budget global. J'ai commencé par le meilleur. Pour le reste, Madame la Maire, il faut l'avouer : ce budget est un bateau ivre sur des fleuves plus tumultueux qu'impassibles qui, emportés par une dérive déficitaire chronique depuis le début de votre gestion, va nous amener à nous fracasser sur les récifs d'une dette abyssale. Le contexte est connu de tous : la baisse de la dotation globale de fonctionnement, l'augmentation des dépenses du personnel, l'augmentation de la péréquation, l'augmentation de la solidarité. C'est le même trou, un gouffre, que nous avons déjà connu l'année dernière. On se spécialise à Paris dans la spéléologie budgétaire. On manque d'air et de clarté. Face à ce constat, ce qui inspire votre budget, au fond c'est une certaine forme de laxisme, car il n'y a pas véritablement de plan d'économies, il n'y a pas véritablement de maîtrise des dépenses de fonctionnement, il n'y a pas vraiment de réformes structurelles. Ce laxisme est caractérisé par ce que vous appelez "une diminution de l'augmentation tendancielle prévue". La formule est éloquente pour illustrer l'absence de volontarisme. Ce budget n'est ni soutenable, ni responsable, car il est basé sur l'emprunt qui alimente la dette, le court terme, après le court terme, toujours le court terme. On comble un trou de 400 millions d?euros par des recettes complémentaires : taxe additionnelle de séjour, recettes de loyers capitalisées pour 361 millions d'euros. 50 ans de loyers en une seule fois, la manne du conventionnement. Ce budget est d'ailleurs - c'est une constante - dangereusement accoudé au comptoir de l'immobilier parisien. C'est toujours ce dernier qui paye la tournée : logements vacants, résidences secondaires, hausses au taquet des droits de mutation, conventionnements, préemptions. Remettez-nous cela ! Ce sont les Parisiens qui trinquent. J'ai parlé d'un bateau ivre. Quant à la dette bancaire et obligataire, elle s'établit au 27 novembre 2015 à un montant de 4,3 milliards d'euros, auxquels s'ajoutent les autres dettes contractées dans le cadre d'opérations d'aménagement, et de l'échéancier d'emprunt de la Philharmonie à hauteur de 162 millions d'euros, soit un total de plus de 4,5 milliards d'euros au 31 décembre 2015. Au 31 décembre 2016, la dette devrait atteindre plus de 5 milliards d'euros : 5 fois plus qu'en 2001. Et ce n'est pas fini. A ce rythme "rock and roll", la dette devrait dépasser les 8,7 milliards d'euros en décembre 2020, soit un taux d'endettement pour Paris de 86 %. Vous comprendrez dans ces conditions, Madame la Maire, qu'attachés comme nous le sommes au groupe UDI-MODEM à une gestion qui préserve les équilibres, qui épargne aux générations futures la facture douloureuse de nos dépenses inconséquentes, nous ne votions pas ce budget 2016. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - la parole est à M. Rémi FÉRAUD, pour le groupe Socialiste et Apparentés.

M. Rémi FÉRAUD, maire du 10e arrondissement. - Merci, Madame la Maire. Le groupe Socialiste et Apparentés votera le budget 2016, car il est d'abord le budget des promesses et des engagements tenus. Il inscrit en actes et en chiffres les priorités que nous avons proposées aux Parisiens il y a bientôt deux ans. Sécurité, nous connaissons ce mot, mais nous en connaissons d'autres également : logement, environnement, petite enfance, éducation, solidarité, transport, culture, innovation. C'est un vrai budget de gauche, car il assume des politiques différenciées bénéficiant avant tout aux Parisiens les plus fragiles. 2,3 milliards d'euros sont ainsi consacrés à la solidarité et 25 % du budget d'investissement de la Ville sont localisés dans les quartiers populaires classés en "politique de la ville". De même, dès 2016, les 100 mesures du pacte parisien de la lutte contre l'exclusion seront mises en ?uvre. L'éducation occupe également une place très importante dans ce budget, que ce soit pour la construction ou la rénovation d'établissements, pour l'embauche d'animateurs nécessaires aux activités périscolaires. Mon groupe a d'ailleurs déposé un amendement pour financer la rénovation de salles de sciences dans quelques collèges. La priorité au logement s'est traduite par le financement de plus de 10.500 logements en 2015, dépassant notre objectif. Un plan 1.000 immeubles est également lancé pour soutenir la rénovation thermique des bâtiments privés afin d'améliorer la performance énergétique, de réduire la facture de chauffage et d'économiser 4.500 tonnes de CO2 par an. Il nous faut poursuivre dans cette direction. C'est un budget de combat qui trouve des sources d'économies dans la Ville elle-même, mais assume aussi d'aller chercher des financements nouveaux qui ne pèsent pas sur la fiscalité des Parisiens. Rappelons-le encore une fois : les dépenses n'augmentent que de 0,6 %. 1,7 milliard d'euros sont consacrés à l'investissement, notamment pour que Paris reste la première ville universitaire du monde. Nous ne renonçons à aucune ambition pour Paris. Je veux remercier la Maire de Paris, mais également Julien BARGETON, Bruno JULLIARD, Emmanuel GRÉGOIRE, Colombe BROSSEL, pour le sérieux de leur travail et leur capacité à associer les groupes de la majorité à cette élaboration collective. Heureusement que nous ne devons pas compter sur les suggestions de l'opposition municipale pour boucler le budget, car nous n'avons entendu pour l'essentiel que des demandes de dépenses supplémentaires - l'intervention de Mme KUSTER tout à l'heure en était presque caricaturale - ou bien alors la proposition de renier nos engagements. Je pense bien sûr au budget participatif auquel nous ne renoncerons pas. Je n'ai d'ailleurs entendu aucun maire d'arrondissement issu de l'opposition municipale proposer de renoncer au budget participatif concernant son arrondissement. Ce n'est pas un gadget pour nous. La participation citoyenne, qui fait partie du vivre ensemble, du modèle de société que nous construisons, ne s'oppose pas à la demande de sécurité, elle la renforce. Nous la maintiendrons, car c'est absolument indispensable à cette cohésion parisienne que nous devons construire ensemble pour la sécurité de tous, sécurité au sens large. Bref, ce débat, et parfois même une forme d'absence de débat entre nous, a montré une fois de plus, comme l'an dernier, qu'il y a d'un côté des paroles, pas toujours cohérentes - c'est le moins que l'on puisse dire - et de l'autre des actes qui seuls importent. Les actes, ce sont les nôtres. Nous voterons sans hésitation le budget proposé. Merci à vous.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, Monsieur le Président. La parole est à Mme Anne SOUYRIS, présidente du groupe Ecologiste de Paris.

Mme Anne SOUYRIS. - Madame la Maire, Monsieur l'adjoint en charge des finances, cher Julien, mes chers collègues, je souhaite d'abord remercier, pendant cette phase de préparation du budget, pour le travail important qui a été mené par les différents cabinets de nos adjoints concernés par nos v?ux, notamment Mme VERSINI, M. GRÉGOIRE, Mme KOMITÈS et le cabinet de notre Maire, ainsi que tous ceux que nous n'avons eu de cesse de solliciter.

Je tiens enfin à remercier Julien BARGETON et ses collaborateurs pour tout le travail effectué, pour la qualité de son écoute et, en particulier, sur les sujets innovants que nous avons portés, comme les monnaies complémentaires. Ce débat a donné lieu à de nombreuses discussions et échanges qui ont été - je le crois - de qualité, même si malheureusement nous ne sommes pas parvenus à un point d'accord concernant notre amendement sur les traverses, mode de transport collectif de proximité à destination des populations fragiles pour lesquelles le déplacement est difficile, voire impossible, sans ce type de micro-ligne adaptée. Dommage, car le maintien de ces traverses aurait été un signe positif en termes de lutte contre les inégalités de vivre ensemble intergénérationnelles, mais vous pouvez compter sur nous, nous y reviendrons. Nous saluons, en revanche, votre décision d'accorder une première enveloppe d'amorçage pour financer le remboursement d'une indemnité kilométrique pour les salariés de notre Municipalité qui prennent leur vélo pour se rendre sur leur lieu de travail. Alors que cette question a fait tant de débats au Sénat et à l'Assemblée, nous sommes heureux de constater que notre Ville s'engage dans cette direction. Une action simple, concrète, bonne pour la santé et l'environnement, qui coûte peu, mais peut apporter beaucoup. Dans le même esprit, votre décision d'accorder 100.000 euros supplémentaires pour l'Agence parisienne du climat, qui est un acteur essentiel pour la rénovation énergétique des bâtiments, permettra à l'agence d'accompagner, comme elle le fait jusqu'ici au mieux, le processus de transition écologique de notre ville. Même si on peut regretter la faiblesse de ce montant, c'est un coup de pouce profitable et utile pour l'avenir. Notre énergie consacrée à la fabrication d'une ville résiliente trouve enfin une concrétisation dans les fonds attribués pour renforcer la direction des espaces verts impliquée dans la réalisation du budget participatif. Car, contrairement à ce que disent nos collègues de droite, non il ne faut pas moins de vert dans la ville, non il ne faut pas moins de démocratie. Non, la vidéo-surveillance n'est pas une mesure de protection des inégalités, oui, Madame KOSCIUSKO-MORIZET, dans une période post-attentat il faut apaiser et inclure les Parisiennes et Parisiens dans la construction des projets qui les concernent. Et le maintien du budget social que nous avons appelé de nos v?ux, ainsi qu?une légère augmentation du budget culturel, parce que ce sont des garants majeurs du lien social, vont dans le bon sens et, Madame la Maire, nous nous en félicitons. Enfin, deux éléments nous semblent constituer un véritable progrès, ainsi l'effort supplémentaire de 200.000 euros pour l'économie circulaire qui permettra de renforcer la structuration des filières dans ce champ émergeant. Ensuite, les 12.000 euros pour préfigurer un centre des archives LGBT. Ce projet de centre, discuté depuis des années, pourrait prendre un nouveau départ. L'absence d'un tel centre dans la Capitale, alors que Paris porte en elle nombre de combats sur l'émancipation et l'égalité des droits, constitue en effet un vrai manque auquel nous allons pallier aujourd'hui, en tout cas, le signal est là. Dans ces conditions, au regard des engagements budgétaires que l'Exécutif a su nous donner, nous voterons le budget et nous retirons l'ensemble de nos amendements au profit de la lettre rectificative. Madame la Maire, chers collègues, je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, Madame SOUYRIS. La parole est à M. Nicolas BONNET-OULALDJ, président du groupe Communiste - Front de Gauche, dernier orateur.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Madame la Maire. Mes chers collègues, je ne redirai pas ici le contexte qui a marqué notre discussion budgétaire, beaucoup y sont revenus. Nous avons pu constater qu'il y a un gouffre entre les propositions de la majorité, et celles de l'opposition de droite. Nous avons eu trois objectifs clairs dans la préparation de ce budget. Premièrement, continuer de dénoncer la politique nationale du Gouvernement qui continue à pressurer les finances locales et qui maintient, contre vents et marées électorales, le cap de l'austérité. J'en veux pour exemple le chiffre de l'augmentation du SMIC au 1er janvier, qui n'est qu'une aumône alors que le pouvoir d'achat de nos concitoyens est en berne. Que ce soit sur les DMTO, ou les taxes sur les logements et bureaux vacants, nous avons continué de porter ici, comme au Parlement, notre requête pour trouver de nouvelles recettes. De l'argent il y en a à Paris, encore faut-il vouloir aller le chercher. Le deuxième objectif est de répondre aux préoccupations des Parisiennes et des Parisiens, réaliser notre programme, tout notre programme. Notre collègue Ian BROSSAT a cette année créé avec vous, Madame la Maire, la majorité, plus de 10.000 logements à Paris, dont une très grande part de logements sociaux. Il a mis en place des projets innovants qui ont tous pour but de lutter contre la spéculation immobilière et favoriser la plus grande mixité sociale dans notre ville, et même dans le 16e arrondissement. Je comprends que cela vous dérange, Monsieur GOASGUEN, cela ne vous autorise pas à transgresser les règles, la courtoisie et la décence dans cet hémicycle. Il semblerait aujourd'hui que les méthodes staliniennes soient chez vous, comme l?a rappelé votre présidente ce matin dans la presse. Je voudrais saluer le travail qu'ont mené nos collègue Colombe BROSSEL et Jacques BAUDRIER qui ont travaillé à ce que 25 % de notre investissement concernent en priorité les quartiers populaires et en particulier ceux qui sont en "politique de la ville", rattrapant l'abandon des années de gestion de la droite qui a méprisé ces quartiers. Nous nous félicitons par exemple de l'autorisation de programme pour une halle alimentaire dans le 14e arrondissement. Je salue aussi nos deux adjointes, Catherine VIEU-CHARIER et Hélène BIDARD, qui vont pouvoir porter les dossiers qui nous mettent en lien avec le tissu associatif indispensable à la vie démocratique de notre cité. Leurs domaines d'intervention sont essentiels en cette période où il est nécessaire d'affirmer les valeurs de la République et de son histoire. Nous souhaitons aussi que ce budget participatif soit renforcé en direction des populations et des quartiers populaires, que l'on soit attentif à accroître leur participation à la délibération collective. Ce sera chose plus aisée en aidant les associations qui interviennent dans ces territoires. Troisième objectif, nous avions souhaité que l'on travaille à un plan qui réponde à l'envie des Parisiens de s'engager et de maîtriser les gestes de premier secours et aussi aider les plus jeunes à mieux comprendre les enjeux du monde qui les entoure. C'est le sens de notre amendement, "Toutes et tous secouristes à Paris" dont nous sommes heureux que notre contribution ait servi d'ossature à un v?u de l'Exécutif en la matière. Ce plan comprend aussi évidemment des mesures pour la protection des bâtiments ouverts aux publics, en particulier ceux qui concernent l'enfance, et une meilleure protection des agents au contact avec la population. Nous souhaitons que le volet prévention et éducation, ne soit pas absent de notre budget. C'est aussi le souhait que nous portions de pérenniser le dispositif d'appel à projets citoyenneté, laïcité et valeur de la République et qu'il soit abondé car nous pensons que nos concitoyennes et concitoyens doivent être plus et mieux formés pour décrypter les enjeux de société et qui, mieux que l'éducation populaire, peut y répondre ? Comme nous avons agi pour que, dans les meilleurs délais soit ouvert un lieu anonyme et gratuit où les jeunes pourraient aborder, avec une équipe de professionnels pluridisciplinaires, l'ensemble des comportements à risques. Notre v?u a désormais un soutien de la majorité de notre Assemblée. Nous avons aussi obtenu satisfaction sur ce point comme sur le renforcement des politiques d'aide à l'emploi pour les populations les plus éloignées du retour au travail. Sur le personnel, nous demandions la création de 40 postes supplémentaires à ceux déjà créés dans le budget, à la DPE et à la DFPE, et nous avons été suivis par l'Exécutif. Notre demande est un premier pas pour continuer cet effort pour les prochaines années. Nous continuons de penser que c'est en renforçant l'emploi public et la présence humaine que l'on peut le mieux répondre aux attentes des Parisiens, y compris en matière de sécurité. Mais nous devons, comme élus de gauche, regarder comment nos décisions sont appréciées et comment nous pouvons corriger les aspects les plus négatifs lorsque ces décisions entraînent, qu'on veuille ou non, une réduction du pouvoir d'achat pour les Parisiens. Nous serons attentifs aux évolutions sur ces sujets dans les prochains mois. Bien entendu, nous aurions préféré que l'on aille plus loin sur la politique en direction des mineurs isolés étrangers. Le droit de revoyure existe et nous verrons si les prévisions budgétaires correspondent à la réalité. Si le Gouvernement ne change pas de cap, il y a fort à parier que cela deviendra de plus en plus difficile pour continuer à investir, continuer à créer de l'emploi et avoir une politique volontariste en matière de logement. Nous faisons pourtant le pari que c'est ainsi que doit se construire un pacte à gauche pour notre ville, contrairement à la droite qui additionne les dépenses et ne fait jamais de propositions de recettes, si ce n'est en coupant dans les dépenses de personnel. Nous avons tenté de tenir les deux bouts, trouver des nouvelles recettes et orienter certaines dépenses. Nous y sommes parvenus. C'est pour cette raison, Madame la Maire, que nous voterons ce budget et nous serons attentifs à sa bonne exécution. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur le Président. Je vais remercier les présidents de groupe d'avoir présenté leur orientation pour ce vote. Nous allons maintenant procéder au vote des amendements, des v?ux, des dossiers inclus dans la discussion budgétaire et des différents budgets. Nous allons mettre successivement aux voix les budgets d'investissement et de fonctionnement de la Ville et du Département, puis les budgets spécifiques. Les votes des budgets de la Ville et du Département s'effectueront par chapitre, puis globalement. Je vous rappelle qu'il n'y aura pas de nouvelles prises de parole et je demanderai à M. Julien BARGETON son avis sur les différents amendements et v?ux puis nous voterons. Nous allons commencer par le budget primitif d'investissement et de fonctionnement de la Ville de Paris pour 2016. Je demande bien sûr que l'on soit silencieux et attentifs pendant les opérations de vote.