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Decembre 2015
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Conseil Municipal
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2015 DASES 436 G - Subvention (30.000 euros) et convention avec l’association "Gaïa" Paris" (11e).

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2015


 

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DASES 436 G : subvention de 30.000 euros et convention avec l'association "Gaïa". La parole est à Mme PAWLIK.

Mme Déborah PAWLIK. - Merci. Madame la Maire, chers collègues, nous votons aujourd'hui l'attribution d'une subvention à l'association "Gaïa", association qui a pour objet de prendre en charge les toxicomanes. Comme le rappelle le projet de délibération, l'association "Gaïa" a effectué la mission de préfiguration relative à l'ouverture d'une salle de "shoot", dans le 10e arrondissement, son travail a été conçu comme tel. C'est sur ce point que je souhaiterais revenir. L'ouverture de cette salle a été annoncée avec force et fracas pendant des mois, d?abord au 39, boulevard de la Chapelle, puis c?est à la pression des riverains qui ne veulent pas de cette salle de shoot, et encore moins à proximité d'immeubles d'habitation, que Bernard JOMIER a déclaré que, finalement, elle serait installée au sein de l'hôpital Lariboisière. C?était le 25 mai. Depuis plus rien, aucune réunion de concertation avec les riverains, aucune communication, aucun élément d'information officiel de la part de l'Hôtel de Ville. Pourtant certains éléments commencent à fuiter, à tel point qu?une nouvelle pétition est en court de constitution et a déjà recueilli plus de 500 signatures. Il semblerait que les choses se précisent et les rumeurs vont bon train. Il serait question d'installer désormais la salle de "shoot", côté Ambroise Paré, à proximité de l'entrée principale de l'hôpital, à quelques mètres des immeubles d'habitation, des commerces, d'un parking souterrain et de la maternité, et ce, au début de l'année 2016. La direction de l'hôpital elle-même craindrait de se retrouver placée devant le fait accompli. La question du contrôle des entrées est en effet évidente, sans parler des risques pour les personnes entrant dans l'hôpital, de se retrouver face à une population souvent en détresse. Les craintes que j'avais déjà exprimées ici, avec mon collègue Philippe GOUJON, à l?occasion d?une question d?actualité, sont donc aujourd'hui amplifiées. Vous préparez de nouveau ce projet en catimini, dans le dos des riverains de la rue Ambroise-Paré et des alentours. Madame la Maire, je ne me résigne certes pas à l'ouverture de cette salle et je continuerai à combattre ce projet funeste. Mais aujourd'hui, je vous demande, pour les habitants de ce quartier, de vous expliquer et de faire état de l'avancement du projet. Est-ce que oui ou non le lieu exact de l'implantation de la salle de "shoot" a été décidé ? Est-ce que oui ou non la date d?ouverture de cette salle est déjà arrêtée ? Est-ce que oui ou non une réunion d?information sera organisée prochainement et avec courage à destination des habitants du quartier ? Et enfin est-ce que oui ou non les conditions de sécurité entourant cette salle sont enfin réunies ? Votre adjoint indiquait en 4e Commission la semaine dernière que vous n?attendiez plus que la promulgation de la loi qui devrait intervenir en janvier. Au-delà de l?information exhaustive et normale de l?ensemble des élus, notamment sur le montant exact des crédits que vous comptez inscrire pour ce projet en 2016, il est plus qu?urgent de venir le présenter à la population. La démocratie participative, ce n?est pas seulement de savoir si on plante des choux ou des carottes sur les toits de Paris, c?est aussi d?informer les citoyens en toute transparence sur un sujet aussi sensible. Je vous remercie.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Madame SOUYRIS, pour vous répondre, qui aura peut-être une position plus équilibrée sur le sujet.

Mme Anne SOUYRIS. - Merci, Madame la Maire. Effectivement, je voudrais commencer par dire que de nombreuses réunions ont eu lieu dans le 10e arrondissement et auprès des riverains du côté de la gare du Nord, et cela depuis des années, et les séances d?information n?ont pas manqué et - je pense pouvoir m?avancer également pour M. le maire du 10e arrondissement - continueront de se tenir avec toujours la vigilance des écologistes qui ont toujours milité pour cette question depuis le départ. La question de l?accompagnement et du suivi des usagers de drogues est une question fondamentale de notre politique de santé publique. Ce projet de délibération concernant l?association "Gaïa" nous rappelle le rôle primordial de cette association dans l?accompagnement de ces usagers en termes médicaux, sociaux et psychologiques. L?intervention des unités mobiles de cette association s?est particulièrement accrue dans les environs de la gare du Nord et le projet de délibération rappelle que les automates situés rue de Maubeuge et boulevard de La Chapelle totalisent 61 % du nombre de kits de prévention distribués à Paris. 113.586 seringues ont été distribuées en 2014. L?action des unités itinérantes de "Gaïa" est donc déterminante. Notamment dans l?attente de l?implantation de la salle de consommation à moindre risque dans ce secteur, l?instauration de maraudes supplémentaires est souhaitable et totalement légitime. En effet, la loi, qui vient d?être adoptée, prévoit une expérimentation de six ans à compter de la date d?ouverture de la première salle. L?expérimentation de salle de consommation à moindre risque a ainsi été rendue possible et aura bientôt lieu à Paris, Strasbourg et Bordeaux. C?est avec un vrai soulagement que les élus écologistes ont accueilli cette décision pour laquelle nous militons sans relâche depuis de nombreuses années. Loin de l?angélisme dont certains souhaitent nous affubler, l?installation d?une salle de consommation à moindre risque dans ce secteur de gare du Nord est une décision pragmatique qui nous permettra de franchir une étape déterminante dans l?accompagnement des usagers de drogue. En effet, ceux-ci sont bien souvent hors système de soins, hors système social et particulièrement fragilisés. L?accès à de telles salles a fait ses preuves dans de nombreuses villes du monde en termes de soins et de réinsertion, mais également de sécurité pour tous les usagers et riverains, n?en déplaise à Mme PAWLIK. C?est pour ces raisons que nous voterons favorablement ce projet de délibération. Je vous remercie.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Madame SOUYRIS. La parole est à M. JOMIER pour vous répondre.

M. Bernard JOMIER, adjoint. - Merci, Madame la Maire. Je suppose d?abord que Mme PAWLIK n?a pas de problème avec le projet de délibération qui est proposé et qui ne concerne pas, je le lui rappelle, la salle de consommation mais des actions de médiation, de sensibilisation des riverains, des associations et des institutions qui sont présentes sur le territoire, ainsi qu?un encadrement des usagers relais. Mais manifestement l?objet du projet de délibération ne vous passionne pas et vous souhaitez avoir plus d?information sur la salle de consommation à moindre risque. La première information que je souhaite vous apporter, Madame PAWLIK, c?est que l?Assemblée nationale, mais le Sénat aussi où vos amis sont majoritaires, a adopté le projet de création de salle de consommation à moindre risque. Donc heureusement que, dans notre vie politique, il existe, sur tous les bancs, des élus qui sont capables de regarder les problèmes qui se posent avec un minimum d?objectivité et de sang-froid et d?y apporter les réponses qui sont adaptées, et non pas des élus qui restent dans la même posture, indéfiniment, et qui répètent en boucle les mêmes arguments éculés. La salle de consommation à moindre risque, la question de sa localisation a été posée. Effectivement, après d?ailleurs avoir échangé avec nos collègues de Strasbourg et de Bordeaux, nous avons constaté que nous avions la même analyse et qu?il était souhaitable que ces salles soient adossées à un établissement hospitalier. C?est donc ce qui va se passer dans chacune de ces trois villes où l?ouverture va être autorisée par la Ministre de la Santé dès promulgation de la loi. Donc, à Paris, nous adosserons cette salle à l?hôpital Lariboisière. Et dans quelques semaines, avec le M. le Préfet et avec ma collègue Colombe BROSSEL, nous réunirons de nouveau le comité de pilotage, c?est-à-dire dès que la loi aura été promulguée, pour préparer l?ouverture de cette salle. Cette ouverture, dès que la loi nous y aura autorisés, se fera bien sûr avec un temps d?explication et d?information auprès des riverains, car ils ont tout à gagner à l?ouverture de cette salle. Vous ne pouvez pas à la fois dire que la situation actuelle n?est pas satisfaisante dans le quartier et refuser l?ouverture de cette salle. On dirait que tout va bien, on dirait qu?il n?y a pas d?usagers de drogue en déshérence dans le quartier de la gare du Nord, on dirait qu?il n?y a pas des occupations de l?espace public qui posent problème aux riverains. Eh bien, ouvrir cette salle, c?est apporter une réponse non seulement aux usagers de drogue qui y trouveront un encadrement social et sanitaire, mais c?est aussi apporter une réponse adaptée aux riverains, en réduisant les risques et les nuisances qui sont actuellement présents dans le quartier. Cette salle de consommation, Madame PAWLIK, est bénéfique pour toutes les personnes qui sont de bonne foi, elle est bénéfique pour l?ensemble de la population et, j?en conviens, elle ne convient pas à ceux qui se figent dans des postures complètement politiciennes.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Monsieur JOMIER, pour cette réponse. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 436 G. Qui est pour ? Qui est contre ? Abstentions ? Je ne vois pas votre vote, Messieurs, Mesdames des Républicains. Vous avez dit pour ou contre ? Abstention. Merci beaucoup. Le projet de délibération est adopté. (2015, DASES 436 G).