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Decembre 2015
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe Socialiste et Apparentés relatif à la situation de la place Raoul Follereau.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2015


 

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Nous examinons les v?ux non rattachés. Le v?u n° 125 est relatif à la situation de la place Raoul Follereau. La parole est à M. Rémi FÉRAUD.

M. Rémi FÉRAUD, maire du 10e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire. La Chapelle, Pajol, Austerlitz, Jean Quarré, porte de Saint-Ouen, République : l'action de l'Etat et de la Ville de Paris pour mettre à l'abri les migrants, les réfugiés depuis le mois de juin dernier, est tout à fait exceptionnelle et a permis d?héberger plusieurs milliers de réfugiés présents dans des campements bien souvent au c?ur de notre ville. Ce v?u adopté à l'unanimité par le Conseil du 10e arrondissement a pour objet la demande que la place Raoul Follereau bénéficie de cette action indispensable des pouvoirs publics. Il ne s'agit pas à proprement parler d'un campement, mais d'une installation, chaque nuit, de 50 à 300 personnes suivant les semaines, plutôt 100 à 200 aujourd'hui, qui sont installées sur et autour de cette place piétonne qui domine le canal Saint-Martin. Je sais que la Ville de Paris, le Préfet de police, sa représentante ici, connaissent la situation. Ce v?u adopté à l'avant-dernier Conseil du 10e arrondissement a pour but de demander solennellement à l'Etat et à la Ville de mettre en ?uvre l'action de mise à l'abri des migrants, pour la plupart des Afghans présents sur la place Raoul Follereau pour trois raisons. Des raisons humanitaires pour eux-mêmes : ils le souhaitent, alors que nous rentrons dans une période de grand froid, d?hiver. Deuxièmement, pour les habitants du quartier qui subissent forcément les difficultés liées à la présence de ces réfugiés dans la rue sans hébergement et sans sanitaire. Troisièmement, pour une question de durée. Autant, ce genre de situation peut être accepté quelques semaines avant une action des pouvoirs publics, autant lorsque cela dure depuis plus de six mois, les difficultés ont tendance à s'incruster et à s'accroître. Je sais que la Préfecture de police et la Ville connaissent bien cette situation. Elles m?ont dit leur volonté d'agir. Ce v?u a pour but de le demander solennellement pour qu?avant la fin de cette année 2015, cette situation puisse trouver un règlement comme sur les autres sites où elle a pu être réglée précédemment, avec un véritable engagement de la part de moi-même, de la mairie du 10e arrondissement, de la Ville de Paris, pour faire en sorte qu'elle ne se reproduise pas quelques semaines après, en aménageant l'espace public en conséquence, mais qu'en attendant, les migrants présents puissent être mis à l'abri en ce mois de décembre. Pour conclure, je dirai que notre patience a été grande et c'est normal. Il faut comprendre la complexité des situations. Mais comme cette situation dure depuis le mois d'avril ou mai dernier, il est vraiment temps d'agir. Je vous remercie.

(Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, remplace M. Bruno JULLIARD au fauteuil de la présidence).

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur FÉRAUD. La parole est à Mme VERSINI pour vous répondre.

Mme Dominique VERSINI, adjointe. - Merci, Madame la Maire. Monsieur le Maire du 10e arrondissement, effectivement, sous les arcades de la place Raoul Follereau située dans votre arrondissement, s'installent de façon récurrente des hommes, plutôt des hommes isolés, pour la plupart en provenance d'Afghanistan. Depuis plusieurs mois, vous avez demandé une intervention. Nous l'avons faite de façon régulière, mais sans aboutir jusque-là à une solution totalement satisfaisante. Les services de l'unité d'assistance aux sans-abris de la Ville de Paris, les associations "Emmaüs", "France Terre d?asile" ont effectué la semaine dernière un diagnostic social des personnes présentes. Il a montré que la majorité d'entre elles s'inscrit dans une démarche de demande d'asile, comme en attestent les récépissés ou autorisations provisoires de séjour, les rendez-vous pris auprès de "France Terre d'asile" pour une domiciliation, les rendez-vous pris avec la Préfecture de police. Sachant que ces rendez-vous, tant à la Préfecture qu?à "France Terre d?asile", sont très longs à être honorés. Il n'est pas possible de maintenir de façon aussi longue des personnes à la rue. La nécessité de proposer un hébergement s'impose d'autant plus. Effectivement, nous avons mis à l'abri - et vous l'avez rappelé - plus de 4.000 personnes qui étaient installées dans des campements sur Paris depuis le début du mois de juin. Nous devons régler la question de la place Raoul Follereau, comme vous le demandez depuis des mois, d'abord pour ces personnes, car il n'est pas normal que des personnes dorment au long cours à la rue, d'autant qu?elles ont des droits et qu'elles sont demandeurs d'asile, et qu?elles doivent pouvoir accéder à l'ensemble de leurs droits. Néanmoins, les derniers échanges que nous avons eus avec la Préfecture de région et de police laissent augurer une prise en charge dans les meilleurs délais, à laquelle, bien évidemment, la Ville de Paris participera pour mettre à l'abri les personnes les plus vulnérables. Parallèlement, nos services étudient avec vous la meilleure façon de faire en sorte que cet espace, qui n'est pas très facile à sanctuariser, puisse être organisé de façon à éviter de nombreux regroupements massifs sur ce site. De toute façon, comme nous le verrons dans les projets de délibération suivants, différents centres vont s'ouvrir encore à Paris cet hiver. Evidemment, j'émets un avis plus que favorable à votre v?u, Monsieur le Maire.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Merci, Madame VERSINI. La parole est à Mme CHARBONNEAU, représentante du Préfet de police.

Mme LA REPRÉSENTANTE DU PRÉFET DE POLICE. - Merci, Madame la Maire. J'abonde dans le sens de ce qui a été dit jusqu'à présent. Il y a eu en effet un important effort des pouvoirs publics dans un souci de partenariat très étroit, en s'appuyant sur des associations comme "Emmaüs Solidarité" et "France Terre d?asile", pour mener une action de lutte contre les campements illicites qui se sont multipliés cette année dans la Capitale à la faveur des flux migratoires très importants auxquels l'Europe est confrontée depuis le début de l'année. Plus de 4.036 places ont été offertes par les pouvoirs publics au cours de 14 opérations successives qui se sont déroulées, et que M. le Maire du 10e arrondissement a rappelées dans son intervention, avec beaucoup de précision. Je confirme que nous travaillons étroitement sur la situation de la place Raoul Follereau qui n'est pas satisfaisante à de nombreux points de vue. Je partage le diagnostic qui est fait. Il y a une centaine de personnes regroupées. Cela monte un peu plus par moment, cela descend, c?est évolutif, mais une bonne moitié de ces personnes sont engagées dans un processus de demande d?asile. Il faut le prendre en compte. Nous travaillons étroitement en ce moment, en lien avec la Préfecture de région, pour pouvoir dégager des places d'hébergement pour faire une opération de mise à l'abri. Dans le même temps et sans attendre, il y a une action déterminée des services de police, mais également de la Brigade d'action pour les personnes sans-abris, qui passent très régulièrement sur le site pour pouvoir maintenir une situation d'ordre, de calme et prendre en considération les situations les plus délicates. Une réunion s'est tenue vendredi dernier en votre présence, Monsieur le Maire, pour élaborer les solutions à court terme pour résoudre la situation. Nous nous mettons en ordre de bataille pour pouvoir agir rapidement et traiter cette situation, sachant que cela passera également par un nécessaire réaménagement du site qui a une configuration qui favorise les regroupements de personnes et qu'il faut donc traiter sur le long terme.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Merci beaucoup. Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 125 avec un avis favorable de l?Exécutif.

Vous n'êtes pas inscrite et vous n'êtes pas présidente de groupe. Explication de vote ? Allez-y, Madame PAWLIK.

Mme Déborah PAWLIK. - Merci, Madame la Maire. Madame la Maire, chers collègues, depuis plus de sept ans maintenant, chaque soir des réfugiés viennent s'installer sous les arcades de la place Raoul Follereau. Cette situation n'est acceptable ni pour les demandeurs d'asile, qui vivent sur cette place dans des conditions d?hygiène et de sécurité alarmantes évidemment, ni pour les riverains, car les habitants de la place subissent eux aussi cette situation, puisque chaque soir, des cris, des bagarres émergent des arcades. J'ai moi-même alerté à plusieurs reprises tant le maire du 10e arrondissement que le Préfet de police sur le sujet, et j'ai déposé un v?u sur la situation en Conseil d'arrondissement le 14 septembre dernier, dont les termes ont été largement repris dans le v?u qui nous est présenté aujourd'hui. Alors oui, nous voterons ce v?u, parce que cela dure depuis sept ans et que je suis une élue responsable. J'ai toutefois trois points d'alerte. Premièrement, je souhaiterais simplement rappeler, notamment à M. le Maire du 10e arrondissement, que les mots ont un sens et que l'on parle bien ici de réfugiés et non de migrants, il ne faut pas mélanger ici les deux types de situation. Deuxièmement, il est indispensable que des éléments de calendrier puissent être avancés. J'ai bien entendu les propos de Mme la représentante du Préfet de police, mais il semblerait indispensable que l?évacuation, la mise à l'abri puissent intervenir avant la fin de l'année?

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Trois minutes d?explication de vote !

Mme Déborah PAWLIK. - Madame la Maire, M. Rémi FÉRAUD a eu la possibilité d?intervenir trois minutes, alors que la présentation d?un v?u c?est normalement deux minutes. J?aimerais aussi qu?il puisse y avoir une impartialité dans cet hémicycle. Je terminerai donc mon propos.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Ne vous en déplaise, Rémi FÉRAUD est maire d?arrondissement.

Mme Déborah PAWLIK. - Et alors ? Troisièmement, il faut envisager dès maintenant les mesures à prendre pour éviter que la situation ne se reproduise et je souhaiterais vraiment que l'on puisse avoir des précisions sur les dispositifs, les moyens qui seront mis en place pour que la place ne redevienne pas dans quelques semaines un campement à ciel ouvert.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Une explication de vote à suivre de Jérôme GLEIZES.

M. Jérôme GLEIZES. - Merci, Madame la Maire. Les Ecologistes voteront bien sûr ce v?u, mais nous aimerions rappeler tout de même que la situation sur cette place dure depuis plus de 10 ans. Les réfugiés qui se trouvent sur cette place font partie de la première vague de réfugiés qui sont venus en France, notamment suite au conflit en Afghanistan avec les Talibans. Et donc, il faut penser aussi qu'il y a le problème général du droit d'asile et si le fait que la France ne donne pas assez de droits d'asile, notamment aux gens issus de l'Afghanistan, ce problème risque de perdurer longtemps encore.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur GLEIZES. Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 125 avec un avis favorable de l?Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Abstentions ? Le v?u est adopté. (2015, V. 392). Je vous remercie.