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Juillet 2003
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Conseil Général
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20 - 2003, ASES 51 G - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer une convention triennale fixant la participation du Département de Paris au budget de l'association "La Chorba" (12e), au titre de 2003, pour son activité de distribution de repas chauds aux personnes démunies à Paris

Débat/ Conseil général/ Juillet 2003


M. Christian SAUTTER, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération ASES 51 G sur lequel l'Exécutif en la personne de Mme STIEVENARD déposera un amendement technique. Il s'agit d'autoriser M. le Président du Conseil de Paris de signer une convention triennale avec l'association "La Chorba" pour son activité de distribution de repas chauds aux personnes démunies à Paris.
Il y a deux intervenantes : Mme GÉGOUT et Mme GUIROUS-MORIN. Mme STIEVENARD, Mme BOURCART et Mme STAMBOULI seront en mesure de leur répondre.
Mme GÉGOUT a la parole.
Mme Catherine GÉGOUT. - Merci, Monsieur le Président.
Ce projet de délibération qui permet la prise en charge par notre collectivité des loyers afférents aux locaux dans lesquels "La Chorba" doit s'installer est une marque importante de l'effort consenti envers les personnes en grande difficulté.
"La Chorba", à ne pas confondre avec "La Chorba pour tous", est une association qui assure, six soirs par semaine, sous le pont de la gare d'Austerlitz, 600 repas pour des personnes presque toutes sans abri et également pendant le week-end gare du Nord.
Ce sont des gens qui sont vraiment des militants et, jusqu'à l'an dernier, ils n'avaient aucune aide publique. Ils assuraient ces repas par des aides bénévoles et des dons, installés pour faire la cuisine et distribuer des colis à la Maison des Ensembles dans de très mauvaises conditions.
Il faut aller voir comment ils s'y prennent : leurs repas sont chauds, copieux, des sans-abri bénévoles participent à la distribution des repas, il n'y a pas de problème dans les files d'attente, ils arrivent à gérer les problèmes de bousculade, de violence, etc. C'est vraiment tout à fait spectaculaire ! Je leur tire mon chapeau vraiment ! Même si, malheureusement, de toute façon, les personnes n'ont que le trottoir pour s'installer pour manger, mais ce n'est pas de leur fait.
En 2000 d'ailleurs, "La Chorba" n'avait pu poursuivre ses activités que grâce à une solidarité très active d'autres associations qui accueillent des sans-abri. Ils connaissaient l'importance de "La Chorba". Les élus communistes n'ont pas été pour rien dans cette solidarité. Depuis l'an dernier, leur situation a changé. Ils sont financés par la DDASS, le FASILD, etc. Ils ont pu aussi bénéficier d'emplois aidés et aujourd'hui c'est le Département qui leur apporte une aide importante.
Dans ces conditions, le bail a été signé début juin pour les nouveaux locaux.
Dans ces conditions, il est choquant - et je regrette que le Préfet de police ne soit pas là puisque nous sommes en Conseil général - et incompréhensible que la Préfecture de police n'ait pas au moins attendu que "La Chorba" ait pu s'installer dans ses nouveaux locaux pour pratiquer les expulsions de la "Maison des Ensembles". Or, c'est ce que la Préfecture a fait le 23 juin.
Pour les nouveaux locaux, si le bail est signé, ils n'ont pas encore la clé des locaux. Il y a des travaux à faire en septembre, c'est quelque chose d'assez complexe.
Le premier soir ils ont assuré tant bien que mal des repas, mais depuis le 24 juin, 600 personnes se sont tournées vers les autres lieux de distribution de repas, sachant qu'en plus, en juillet, maintenant, les Restos du c?ur ont arrêté, comme tous les ans, le service.
Le résultat, c'est que ces lieux de distribution n'arrivent plus à répondre, qu'il y a des problèmes de bousculade, de violence ; c'est donc absolument inévitable... car la tension est grande.
"La Chorba" a bien dit qu'elle cherchait à se tourner vers d'autres associations pour trouver un moyen de se débrouiller en attendant, mais pour l'instant, ils n'ont pas trouvé.
Il y a vraiment urgence à trouver une solution. On ne peut pas passer l'été comme cela, avec tous ces gens dans la rue qui n'ont plus ce service.
Est-ce qu'on ne pourrait pas les installer maintenant dans les locaux, quitte à faire du camping provisoire ?
Peut-être est-il possible de les installer dans les nouveaux locaux a minima, stocker les denrées, distribuer des colis, quitte à adapter le type de repas à ce qui est possible ; ils en sont tout à fait capables.
Un petit mot : je me tourne encore vers notre collectivité. Il y avait aussi, à la "Maison des Ensembles" un petit bureau occupé par l'association "PARTENIA 2000", association de Monseigneur GAILLOT, qui, depuis, est hébergée dans un bureau de la mairie du 12e. Ils n'ont pas de moyens mais leurs besoins en surface sont limités et j'insiste pour qu'une solution soit trouvée pour que cette association puisse continuer son activité.
Je vous remercie.
M. Christian SAUTTER, président. - Je donne la parole à Mme GUIROUS-MORIN.
Mme Isabelle GUIROUS-MORIN. - Merci, Monsieur le Président.
Chers collègues, nous ne pouvons que nous féliciter que l'association "La Chorba" ait pu être relogée dans de nouveaux locaux adaptés à ses activités, conformément aux promesses de la Ville de Paris, suite à son évacuation de la Maison des Ensembles le 23 juin dernier.
En effet, cette association fournit environ 600 repas par soir en direction des plus démunis et 200 repas supplémentaires à la gare d'Austerlitz et à la gare du Nord le samedi.
Elle oriente également les personnes vers des associations et le C.A.S.V.P. pour les démarches administratives ou vers le SAMU-social pour les problèmes d'hébergement.
Concernant les soins médicaux, elle accompagne les personnes démunies ou appelle les premiers secours.
30 bénévoles assurent quotidiennement ces activités et l'association distribue environ 182.000 repas sur l'année.
Nous ne pouvons que saluer l'attribution d'une subvention de 82.648 euros à "La Chorba".
Néanmoins, nous tenons à rappeler ici, puisqu'elle était au nombre des associations qui ont été évacuées de la "Maison des Ensembles", que quatre associations n'ont pas, à ce jour, fait l'objet de relogement. Il s'agit de "PARTENIA 2000", "RHEA", Le Mouvement d'Initiative citoyenne et "Point Ecoute Chômeurs".
Ces associations, qui font un travail de solidarité et qui négocient depuis plusieurs mois pour obtenir de nouveaux locaux sont aujourd'hui à la rue malgré les promesses faites par la Ville de Paris, avant l'évacuation.
La solution provisoire trouvée pour "PARTENIA" à la mairie du 12e, pour assurer ses permanences, ne peut être considérée comme suffisante.
Nous ne pouvons qu'alerter nos collègues sur cette situation, ainsi que sur celle de 16 sans papiers qui vivaient dans les lieux depuis 1999 et ont été jetés à la rue sans promesse de régularisation, ni réponse adaptée.
Il est incompréhensible que l'arrêté d'évacuation pour péril imminent, du 27 mai 2003, intervienne dix mois après deux rapports de la Commission de sécurité des 16 et 21 août 2002, et surtout deux mois après que l'intégralité du système électrique ait été remis à neuf grâce à un investissement de la Ville de Paris de 30.000 euros.
Les 6 associations s'étant solidarisées du début à la fin avec le collectif des sans papiers de la "Maison des Ensembles", il aurait été difficile de dissocier les deux problèmes.
Les sans papiers, personne ne l'ignore ici, étant les plus démunis parmi les plus démunis, il eut été inconcevable de ne pas les mentionner.
A la décharge de Mmes BOURCART, STIEVENARD et STAMBOULI, elles n'ont pas été sollicitées par l'adjoint chargé des questions de sécurité pour participer à l'élaboration d'une solution acceptable.
Nous invitons nos collègues à voter pour la subvention destinée à "La Chorba".
Merci.
M. Christian SAUTTER, président. - La parole est à Mme BOURCART.
Mme Khédija BOURCART, au nom de la 6e Commission. - Quelques mots techniques et je passerai sur le fait de la nécessité de soutenir cette association qui, née en 1998, organisait au départ essentiellement des repas en direction, j'allais dire, des musulmans.
En effet, ces repas étaient uniquement servis en période de ramadan. Très vite, l'association s'est rendue compte de la nécessité de poursuivre cette action tout au long de l'année.
Le nombre de repas a été cité, il s'agit ainsi de plus de 182.000 repas servis sur l'année, et ces repas sont en hausse constante.
La Ville de Paris, dès le début de cette mandature, s'était engagée à reloger cette association. Evidemment, il n'était pas facile de trouver un local adéquat. Après maintes visites et maintes négociations avec cette association, un local a été trouvé, avenue de Poniatowski. Effectivement, l'expulsion des locaux de la "Maison des Ensembles" n'est pas du fait de la Ville. Nous-mêmes, nous souhaitions pouvoir libérer en toute sécurité ces locaux mais cela ne s'est pas fait. Cela nous a mis dans une situation d'urgence.
Je voudrais quand même rappeler que depuis plusieurs mois, l'Exécutif et le cabinet du Maire travaillent avec cette association et les autres associations présentes pour trouver des solutions de rechange.
Concrètement, aujourd'hui, un local a été trouvé boulevard Poniatowski pour l'association "La Chorba". Il sera partagé avec les services de la Ville. Bien sûr, il faut le remettre aux normes et c'est pourquoi ce local ne sera disponible qu'au 1er septembre.
Il a aussi fallu donc trouver une solution d'attente. Actuellement, les marchandises sont stockées dans les locaux, mais bien évidemment, il y a impossibilité de faire de la cuisine, les locaux n'étant absolument pas aux normes.
Nous cherchons des solutions en accord avec l'association. Ces solutions pourront éventuellement consister en des repas préparés en lien avec le C.A.S.V.P. ou d'autres associations qui pourront prendre en charge la cuisine, sur la période du mois de juillet.
Je voudrais rappeler qu'au mois d'août, traditionnellement, cette association ne distribue aucun repas. Le problème se pose donc sur la période du mois de juillet.
Voilà ce que je voulais en dire. J'en profite également pour vous soumettre un amendement technique, qui a pour objet de ramener la subvention de 82.638 euros à 60.025 euros. Cette subvention est une compensation de loyer. Après calcul, il s'est avéré que la somme proposée pour la subvention était plus élevée et donc le prorata a été rapporté à sa juste valeur.
Précision d'importance : c'est en accord avec l'association que nous avons fixé cette somme de 60.025 euros.
Je vous demande de voter cet amendement et de voter la subvention.
Merci.
M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame BOURCART.
Je mets d'abord aux voix, à main levée, le projet d'amendement référencé n° 2 dans le fascicule, déposé par Mme BOURCART, au nom de l'Exécutif.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet d'amendement est adopté.
Maintenant, je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 51 G ainsi amendé.
Qui est pour ?
Contre ?
Le professeur CABROL est contre.
Abstentions ?
Le projet de délibération amendé est adopté. (2003, ASES 51 G).