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Juillet 2003
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18 - 2003, ASES 191 G - Attribution d'une participation de 418.767 euros à l'Association pour le dépistage des cancers à Paris (ADECA 75) (15e)

Débat/ Conseil général/ Juillet 2003


M. Christian SAUTTER, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération ASES 191 G relatif à l'attribution d'une participation de 418.767 euros à l'Association pour le dépistage des cancers à Paris (ADECA 75).
Il y a trois oratrices inscrites : Mme GÉGOUT, Mme BARLIS et Mme RENSON. M. LHOSTIS répondra.
Madame GÉGOUT, vous avez la parole.
Mme Catherine GÉGOUT. - Nous avons eu l'occasion à plusieurs reprises de parler de cette association puisque la mise en place du dépistage du cancer du sein chez les femmes est un projet de santé publique de grande portée dont le lancement a été la création de l'ADECA, que nous avons approuvée en janvier 2002.
Juste un coup de chapeau quand même, parce que ce n'était pas si simple d'initier ce projet et d'avoir réussi à fédérer autant de compétences au sein de l'ADECA pour son élaboration et son lancement. C'est chose faite.
Je voulais simplement remercier la Municipalité au nom de toutes les femmes de plus de 50 ans... ou de celles qui un jour auront plus de 50 ans.
Donc, depuis le printemps, toutes les femmes de 50 à 69 ans sont ou vont être contactées par courrier pour bénéficier d'un examen gratuit. Elles seront ensuite invitées automatiquement, tous les deux ans.
Dans Paris cela concerne 250.000 femmes. C'est l'opération la plus importante en France.
Il est trop tôt pour avancer des chiffres, mais ce qu'on peut dire, c'est que les premiers contacts montrent que cette opération est un succès qui promet de se développer à l'avenir.
Pour obtenir une baisse significative de la mortalité par cancer du sein, cette dynamique est absolument essentielle et les spécialistes ont insisté sur le fait qu'il faut obtenir un taux de participation des intéressées supérieur à 60 % pour que cela ait un réel impact.
Donc, nous devons, bien sûr, nous inscrire dans la durée et cela doit être l'engagement des membres fondateurs de l'ADECA (je pense à la Caisse primaire d'assurance maladie et au Département).
Je voulais aussi remercier l'ADECA d'avoir pris en compte le souci que nous avions formulé de contacter les associations travaillant régulièrement avec les femmes, notamment celles qui se trouvent dans les sites "politique de la ville". Cette démarche sociale, nous sommes tous assez convaincus qu'elle portera ses fruits, parce que c'est bien par un travail de proximité que l'on pourra toucher des femmes qui ne sont pas suivies par un gynécologue, vaincre les obstacles psychologiques, les obstacles d'accès à l'information. Il faut créer la confiance et pour cela il est bien indispensable de mettre en mouvement les relais de terrain, associations diverses, d'ailleurs, centres sociaux, notamment dans ces quartiers là.
La subvention 2003 est bien à la hauteur de l'engagement que nous avions pris dans cette action de santé majeure menée en coopération avec l'A.P., les centres de santé, les médecins du secteur privé et c'est aussi cette coopération que nous saluons. Je vous remercie.
M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame GÉGOUT.
Je donne la parole à Mme Corine BARLIS.
Mme Corine BARLIS. - Merci, Monsieur le Président.
Comme Mme GÉGOUT vient de le faire, je voudrais également féliciter M. LHOSTIS et Mme HIDALGO pour le travail qui a été fait parce que ce n'est pas évident de faire travailler les professionnels et les institutions sur un même dossier. Cela a pris du temps. Aujourd'hui l'association existe, on ne peut que s'en féliciter puisque le cancer tue encore aujourd'hui un certain nombre de femmes.
J'aimerais attirer votre attention sur deux choses, pour compléter ce que Mme GÉGOUT a déjà dit. Je pense qu'un point important est le fait qu'il est prévu par l'ADECA deux lectures des mammographies que vont faire les femmes. C'est un premier point qui est très important parce que c'est de nature à éviter de passer à côté de toutes petites choses qui pourraient avoir des conséquences fatales pour les Parisiennes.
La deuxième chose qui a été mise en place et sur laquelle je voudrais insister est la qualité des outils mis à la disposition des radiologues qui sont rentrés dans l'opération puisqu'un contrôle qualité est effectué très régulièrement sur tous les matériels. Certains matériels ont été changés exprès dans les établissements participant à l'opération et je pense que c'est vraiment important. C'est une chose sur laquelle nous devons insister pour rassurer les Parisiennes et les inviter à se faire dépister.
La dernière chose que j'aimerais dire sur cette délibération est que nous avons tous ici une responsabilité importante, Mme GÉGOUT le disait, il y a un objectif ambitieux puisque pour que nous arrivions à sauver des vies, plus de 60 % des femmes doivent se faire dépister, donc nous devons tous être le relais de cette opération auprès des Parisiennes dans nos arrondissements. Si nous voulons effectivement que ce travail ambitieux qui a été mis en place et qui est un travail de longue haleine, porte ses fruits nous devons vraiment relayer l'information auprès de toutes et de tous puisque même les hommes doivent se sentir concernés pour les femmes qui les entourent. Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen, communiste et "Les Verts").
M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame BARLIS pour cet appel qui s'adresse effectivement aux hommes et aux femmes de ce Conseil.
Je donne la parole à Mme RENSON.
Mme Cécile RENSON. - Merci, Monsieur le Président.
La question orale que je me proposais de poser rejoint ce projet de délibération et donc elle va trouver immédiatement sa réponse à la suite de cette délibération.
Lors du Conseil d'administration de l'ADECA 75, association pour le dépistage des cancers à Paris, la campagne de dépistage de cancer du sein a été lancée. Elle concerne 230.000 Parisiennes de 50 à 69 ans à raison de 10.000 invitations mensuelles, à commencer par les 15e et 16e arrondissements...
M. Philippe GOUJON. - Très bien !
Mme Cécile RENSON. - Or, après l'annonce de cette présentation, si à la date d'aujourd'hui toutes les femmes concernées ont reçu leur lettre leur annonçant cette campagne, bien peu à ma connaissance ont bénéficié du courrier concrétisant l'opération programmée, à savoir la liste des radiologues et la prise en charge de la mammographie par la C.P.A.M.
Donc, je suis un peu déçue puisque je suis marraine de l'opération dans le 15e et que je ne vois rien venir. Je suis d'autant plus déçue que je connais l'absolue nécessité de combattre ce fléau national qu'est le cancer, fléau dont le Président de la République lui-même a fait un enjeu prioritaire lors de son quinquennat.
Donc, Monsieur le Président, pouvez-vous me dire où en est cette opération ? Merci.
(Applaudissements sur les bancs du groupe U.M.P.).
M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame RENSON.
C'est M. LHOSTIS qui va répondre à cette question comme aux deux interventions précédentes.
M. Alain LHOSTIS, au nom de la 6e Commission. - Ceux qui suivent cette question savent que j'y suis extrêmement attaché personnellement et je dirai que depuis quelques jours je le suis encore plus. Donc je voudrais dire qu'il faut dépasser les polémiques sur cette question et je vais tout de suite rassurer Mme RENSON : toutes les femmes ont reçu un courrier pour leur dire qu'elles pourront disposer d'une mammographie gratuite tous les deux ans. Si vous n'avez pas entendu parler peut-être de la lettre que Mme Anne HIDALGO, le Président de la C.P.A.M., M. GARDEY et moi-même avons signée, je peux vous dire que j'ai reçu beaucoup de témoignages de femmes qui m'ont remercié en me disant de transmettre ces remerciements à la Ville et à la C.P.A.M. parce qu'elles avaient reçu ce courrier. Toutes les femmes concernées ont reçu un courrier.
Ensuite le Conseil d'Administration de l'ADECA que préside Anne HIDALGO, et dont je suis un des deux premiers vice-présidents, avec M. GARDEY, le Président de la C.P.A.M., a décidé que nous ne pourrions pas adresser en même temps 230.000 invitations accompagnées d'un bon permettant de passer la mammographie gratuitement parce que les moyens d'investigation n'existent pas à une telle hauteur. Nous aurions eu une embolisation et nous n'étions pas capables, ni le public ni le privé, de répondre du jour au lendemain à une telle attente, sinon nous aurions eu des délais extrêmement longs qui auraient plus inquiété qu'autre chose.
C'est d'ailleurs écrit dans la lettre. Chaque mois, 15.000 femmes qui ne sont pas de tel ou tel arrondissement, mais qui sont choisies en fonction d'autres critères, notamment des critères d'âge, seront reçues à tour de rôle et ce sera étalé sur 2 ans. En 2003, sont invitées, le mois de leur anniversaire, les femmes nées dans les années impaires. En 2004, seront invitées les femmes nées dans les années paires.
Toutefois, toutes les femmes qui en font la demande auprès de l'ADECA, parce qu'elles sont par exemple inquiètes, qui ont reçu ce courrier, peuvent recevoir immédiatement un bon pour pouvoir passer ce dépistage.
Voilà la réalité. Alors je veux vraiment remercier Corine BARLIS et Catherine GÉGOUT pour ce qu'elles ont dit. Et je veux être extrêmement clair là-dessus : nous ne réussirons que si nous mobilisons les réseaux, que ce soient les médecins libéraux, notamment les généralistes, les gynécologues et dans nos quartiers si nous mobilisons, si nous sensibilisons notamment les femmes-relais qui pourront aider celles qui ont encore des réticences, des craintes, de toutes natures, ou des angoisses, à venir se faire dépister, croyez-moi, vous le savez Mesdames, cette question là est absolument capitale.
C'est à cela que nous nous attachons. Nous travaillons au quotidien avec l'ADECA sur ce plan et je dois remercier très vivement la C.P.A.M. qui s'est engagée de façon exceptionnelle dans cette affaire. Je ne doute pas qu'avec le parrainage de toutes les femmes du Conseil de Paris que nous avons eu, et beaucoup d'autres femmes, nous puissions arriver à obtenir une victoire sur la mort et sur la maladie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").
M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur LHOSTIS.
Je crois, Madame RENSON, que vous n'aviez pas d'intention agressive dans votre intervention et que M. LHOSTIS vous a bien répondu.
Mme Cécile RENSON. - Pas du tout, mais je crois qu'il n'a pas très bien compris ma question.
M. Christian SAUTTER, président. - Je crois qu'il y a répondu.
Mme Cécile RENSON. - Non, parce qu'il était bien programmé - je suis administrateur de l'ADECA - que l'opération commencerait à partir du mois de mai et de juin par la population des 15e et 16e arrondissements, en fonction de leur âge. Or, aujourd'hui, 7 juillet, je n'ai encore vu aucune femme qui ait reçu ce qu'il fallait pour avoir sa mammographie.
M. Christian SAUTTER, président. - On ne va pas trop prolonger le débat, mais M. LHOSTIS va répondre d'un mot.
M. Alain LHOSTIS, rapporteur. - Je veux simplement dire que je conseille à Mme RENSON de prendre son téléphone et d'appeler "l'ADECA". Toutes les précisions lui seront données. Elle peut même être reçue. Elle est administratrice, tous les éléments lui seront donnés. Elle commet une erreur d'interprétation, cela peut arriver, mais je lui confirme ce que j'ai dit.
M. Christian SAUTTER, président. - Merci pour cette réponse apaisante.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 191 G.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, ASES 191 G).