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Fevrier 2016
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2016 DGRI 8 - Subvention (280.000 euros) et convention avec l'association "Maison de l'Europe de Paris, Centre de rencontres internationales" (4e).

Débat/ Conseil municipal/ Février 2016


 

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Nous examinons le projet de délibération DGRI 8 relatif à l'attribution d'une subvention de 280.000 euros et d'une convention avec l?association "Maison de l?Europe de Paris, Centre de rencontres internationales". La parole est à M. Alexandre VESPERINI, qui n?est pas là, donc à Mme Raphaëlle PRIMET, pour cinq minutes maximum.

Mme Raphaëlle PRIMET. - Madame la Maire, comme ma collègue Fanny GAILLANNE l'avait rappelé en mars dernier, nous ne rejetons pas l'idée que la Ville de Paris subventionne une institution qui a pour but de plus et mieux faire connaître les institutions et les politiques européennes auprès de la population parisienne. Comme nous le disions aussi ici il y a un an, ce n'est pas la personnalité de Mme LALUMIÈRE que nous mettons en cause, même si nous ne partageons pas sa vision de la construction européenne. Nous souhaitons que cette maison soit plus et mieux en prise sur l?actualité et les débats qui traversent l'Union européenne aujourd?hui. Si des efforts ont été faits pour une approche plus pluraliste des questions européennes, nous continuons de penser qu?il n?est pas sain que nous dépensions autant et surtout principalement pour des locaux, alors que l'argent devrait être consacré à des informations ou des initiatives en direction des Parisiennes et des Parisiens. Nous aimerions savoir où en sont les pistes de relocalisation de cette institution et quel dialogue avez-vous entamé avec les responsables de la Maison de l'Europe pour diversifier ses approches et dynamiser ses projets ? Je vous remercie. Nous nous abstiendrons donc sur ce projet de délibération.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup. Pour répondre à vos interrogations, la parole est à M. Patrick KLUGMAN.

M. Patrick KLUGMAN, adjoint. - Merci, Raphaëlle PRIMET, de votre question. Cela me donne l'occasion de rappeler l'importance de cette belle association, institution, qu?est la Maison de l'Europe. Effectivement, la Maison de l'Europe est sujette à des réorientations rapides, puisque l'hôtel de Coulanges, qui est son siège historique, faisait partie de l'appel à projets "réinventer Paris" et est promis maintenant à de nouvelles destinations. Naturellement, nous accompagnons, à la place qui est la nôtre, c'est-à-dire de partenaire fidèle, la Maison de l'Europe dans son relogement. Actuellement, il y a plusieurs pistes qui ont été identifiées, notamment avec les services de la Ville, et que nous sommes en train d'étudier avec l'équipe de la Maison de l'Europe : une qui serait d'ailleurs assez proche d'ici, une autre un peu plus éloignée dans Paris. Il faut un site qui permette d'accueillir l'équipe et d'accueillir le public. C'est la difficulté que nous avons pour la relocalisation de la Maison de l'Europe. En attendant, il faut continuer notre soutien à cette institution. S'agissant de l'orientation politique de la Maison de l'Europe, vous le savez, elle se veut et elle est extrêmement pluraliste. J'ai envie de dire que si nous la soutenons avec une telle fidélité, c'est en raison de son pluralisme. J?ai noté que depuis le début de la mandature, il y a eu 14 conférences ou débats avec des personnalités issues notamment du Front de Gauche ou du Parti Communiste ou de leurs sensibilités. Ils ne sont pas nécessairement sur une vision européenne telle que vous pourriez la critiquer. J?ai noté par exemple que Patrick LE HYARIC a été invité, Marie-Christine VERGIAT, Patrick POCHET, Frédéric VIAL ou Raquel GARRIDO que nous connaissons bien. Vous voyez que la Maison de l'Europe fait ?uvre de pluralisme. Je pense que c'est son intérêt parce que si on ne débat pas de l'Europe, ce projet est de moins en moins compris et identifié par les citoyens. Nous avons besoin de ce débat, y compris à la Maison de l'Europe. Nous veillerons, bien entendu, au respect du pluralisme de toutes les opinions sur ce sujet. Je vous remercie donc de voter cette importante subvention à destination de la Maison de l'Europe.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DGRI 8. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2016, DGRI 8). 2016 DGRI 9 - Partenariat stratégique avec Platforma.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Nous examinons le projet de délibération DGRI 9 relatif à un partenariat stratégique avec Platforma. La parole est à Jérôme GLEIZES, pour 5 minutes maximum.

M. Jérôme GLEIZES. - Merci, Madame la Maire. Je serai moins dur que pour le projet de délibération DGRI 2. Ce projet de délibération concerne le partenariat très intéressant et stratégique de 3 ans entre la Ville de Paris et Platforma. C'est suite à la mise en place en 2007 du programme de la Commission européenne "acteurs non étatiques et autorités locales", finançant les projets de coopération pour le développement mis en place par les autorités locales et régionales, que les associations de ville et de région se sont regroupées autour d?une plateforme européenne des autorités locales et régionales pour le développement baptisée "Platforma", cofinancée par la Commission européenne et active depuis 2008. Platforma est un partenaire solide des collectivités locales et c'est bien que la Ville de Paris s'associe avec lui. Il a participé au Sommet de Lyon passé et sera présent au futur Sommet "Climate Chance" de Nantes, en septembre, qui a vocation à devenir le rendez-vous régulier de l?ensemble des acteurs non étatiques engagés dans la lutte contre le réchauffement climatique. Nous nous réjouissons donc de ce partenariat et je laisserai Patrick KLUGMAN nous en dire un peu plus sur celui-ci. Merci.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - La parole est donc à M. Patrick KLUGMAN.

M. Patrick KLUGMAN, adjoint. - Une fois n'est pas coutume, l'examen de notre partenariat avec Platforma me permet de rappeler au passage mon prédécesseur dans mes fonctions, Pierre SCHAPIRA, puisque Platforma est un héritage qu?a laissé Pierre SCHAPIRA, notamment au Parlement européen où il avait remarqué que les villes, notamment dans leurs actions vis-à-vis du développement et vis-à-vis du sud, n?étaient pas organisées, n?étaient pas identifiées. Les collectivités, les réseaux de collectivités se sont donc organisés pour être identifiés vis-à-vis de la Commission européenne, et donc, Paris est un membre fondateur du réseau Platforma, et nous en assurons depuis le début un porte-parolat pour les villes. Ce partenariat, effectivement, a évolué. Vous l?avez salué, Jérôme GLEIZES. Maintenant, il y a un soutien extrêmement important de la part de la Commission européenne et c?est un accord politique qui a été signé également avec des réseaux de villes : C.G.L.U., C.G.L.U.A, le C.C.R.E. et donc, Platforma. Les bénéfices pour la Ville sont importants. Vous savez que Platforma était un de nos partenaires du sommet des élus locaux pour le climat, à hauteur de 60.000 euros. Et également, il y a des co-financements d?activités de sensibilisation aux enjeux du développement sur le territoire parisien à hauteur de 6.000 euros par an, que donc nous percevons. Platforma est un outil important, un outil multilatéral, un outil qui nous permet d?agir avec d?autres villes à destination du sud et de mutualiser nos efforts, et, je dirais, notre influence sur ces sujets auprès de la Commission européenne. Voilà pourquoi je vous demanderai de voter favorablement ce projet de délibération.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Monsieur KLUGMAN. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DGRI 9. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2016, DGRI 9). V?u déposé par l'Exécutif relatif à la condamnation du boycott d'Israël et à la promotion de la paix entre Israéliens et Palestiniens. V?u déposé par le groupe les Républicains relatif à la condamnation du mouvement de boycott contre le pays d'Israël. V?u déposé par Mme SIMONNET relatif à la criminalisation des citoyens engagés dans la campagne en faveur du boycott des produits israéliens.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Nous allons passer à l?examen de v?ux non rattachés, et nous allons donc examiner les v?ux référencés nos 69, 70 et 71, qui ont trait à la condamnation du mouvement de boycott d'Israël. Je donnerai la parole successivement à Mme KOSCIUSKO-MORIZET, puis à Mme Danielle SIMONNET, et pour répondre à M. Patrick KLUGMAN, je me permets de vous rappeler, chers collègues, que sur un v?u non rattaché, le temps de parole est de deux minutes, même si je sais que le sujet est complexe. Madame KOSCIUSKO-MORIZET ?

Mme Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET. - Merci. Vous présentez ce v?u après avoir rejeté notre v?u de septembre, et nous avions été surpris et choqués lorsque vous aviez déclaré, dans cet hémicycle et avec une véhémence incroyable, que notre v?u était inutile et que vous en étiez atterré. Nous n?avons pas renoncé, en dépit de votre violence. Il y a deux semaines, nous avons à nouveau présenté ces v?ux en Conseil d?arrondissement, et je salue Jérôme COUMET, qui a été le premier d?entre vous à assumer ce choix de condamner le mouvement B.D.S. Notre groupe présente logiquement une nouvelle fois en Conseil de Paris un v?u pour condamner B.D.S., ce sera le douzième en tout, et pour la première fois, l?Exécutif en présente un. Eh bien, tant mieux. Nous ne sommes pas sectaires. Vos inconséquences et vos ambiguïtés ne nous ont pas découragés et ne nous feront pas renoncer à nos combats. Nous espérons seulement que votre revirement est sincère. Aussi, nous voterons votre v?u, à condition que nous rajoutions les considérants que je vous ai fait passer avant la séance et qui font mention simplement des dépôts de nos v?ux précédents, ce qui est bien la moindre des choses, vous en conviendrez. Sur le fond, je voudrais insister sur quelques points, le mouvement B.D.S. prend de l?ampleur et nous inquiète, pas à Tel-Aviv, pas à Jérusalem, pas à Ramallah ; non, à Paris. Il nous inquiète pour les Parisiens. On a tenté d?interdire, de censurer des artistes qui se produisaient à l?Opéra. C?est grave. Cela devrait être inimaginable dans notre pays. Des mairies d?arrondissement ou des établissements culturels de la Ville de Paris ont accueilli, avec la caution de l?élu de l?Exécutif, des manifestations proches de B.D.S. Délivrer une parole de haine contre un peuple est terrible et doit être condamné par tous. Organiser des prises de parole en conseil d?arrondissement, comme cela a été le cas dans le 14e, pour qualifier mon groupe d?élus, je cite, de "mandataire d?Israël" est difficilement tolérable également. Loin de vouloir rentrer sur le terrain de la politique étrangère et du conflit israélo-palestinien, comme certains sur les bancs de cette Assemblée seraient tentés de le faire, j?en suis sûre, nous voulons simplement dire, nous, avec vous, qu?il n?y a pas de place à Paris pour ce genre de dérives sectaires et haineuses. Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci. La parole est à Mme Danielle SIMONNET, pour deux minutes.

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, la campagne "boycott, désinvestissement, sanctions", B.D.S., est une campagne citoyenne, antiraciste et non-violente contre la politique de l?Etat d?Israël, tant qu?il ne se conformera pas au droit international, notamment du fait de sa stratégie, condamnée par l?O.N.U., d?extension de la colonisation. Cette campagne répond à l?appel lancé en 2005 par plus de 170 organisations de la société civile palestinienne, campagne inspirée par le boycott qui avait contribué à mettre fin au régime d?apartheid en Afrique du Sud. Les actions de boycott pour pousser à des changements sur le plan social, politique ou économique ont toujours été considérées par les pays démocratiques comme des formes protégées de liberté d?expression. Non, Madame N.K.M., il ne s?agit pas de paroles de haine contre un peuple, mais d?une opposition à la politique menée par le Gouvernement d?un état, et cette distinction est essentielle. D?ailleurs, lors du boycott de l?Afrique du Sud, c?était le boycott contre la direction de l?apartheid en Afrique du Sud, c?était le boycott de la politique menée, et non pas le boycott du peuple d?Afrique du Sud. Hélas, l?arrêt de la Cour de cassation du 20 octobre 2015 a confirmé la condamnation de citoyens pour avoir appelé au boycott des produits israéliens, notamment des territoires occupés, compte tenu des violations par l?Etat d?Israël du droit international, qui suscite une indignation légitime de nombreux citoyens. Mes chers collègues, au-delà des positions diverses qui peuvent être celles des Conseillers de Paris comme celles des citoyennes et des citoyens sur la campagne de boycott, que l?on soit pour ou contre, l?indignation se doit d?être unanime face à cette volonté de condamnation et face à une telle atteinte aux libertés publiques. Il n?est pas acceptable de faire l?amalgame entre l?antisémitisme, qui est un délit, et le droit de boycotter des produits israéliens tant que ce pays viole le droit international. Cette action citoyenne doit cesser d?être criminalisée en France, alors qu?elle ne fait l?objet nulle part ailleurs dans le monde de poursuites judiciaires. Voilà pourquoi je vous invite à adopter ce v?u, qui demande à ce que la Maire de Paris interpelle le Président de la République et le Gouvernement français pour soutenir la demande d?abrogation immédiate des circulaires Alliot-Marie et Mercier, qui demandent au Parquet de poursuivre les citoyens qui appellent au boycott des produits d?origine israélienne exclusivement, et en marquant de manière claire et publique les limites entre l?antisémitisme, qui est un délit, et l?action citoyenne contre les dénis du droit international commis par l?Etat d?Israël, qui est un droit citoyen imprescriptible. Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci, Madame SIMONNET. Pour vous répondre et présenter le v?u déposé par l?Exécutif, la parole est à M. Patrick KLUGMAN.

M. Patrick KLUGMAN, adjoint. - Merci, Madame la Maire. Je crois que ce qu?il convient tout d?abord ici, c?est de rappeler d?une part ce que sont les positions de chacun, les principes qui nous guident et qui, je pense, pour les uns ou pour les autres, ne sont pas nouveaux. La Ville de Paris a un engagement extrêmement fort, parce que les actions de Paris résonnent, et résonnent évidemment au Proche-Orient, les actions de Paris résonnent en Israël et en Palestine, et du reste, cela ne nous gêne pas ; au contraire, nous en sommes, quelque part, heureux, parce que nous pensons que cela fait partie de la vocation de notre Ville. La Ville de Paris est engagée dans ce domaine-là, pas dans ce conflit ; au contraire, pour tout ce qui rapproche. La Ville de Paris a des actions importantes auprès de collectivités israéliennes comme auprès de collectivités palestiniennes. La ligne, j?ai envie de dire, la doctrine, employée modestement, de Paris - mais je n?en suis pas l?auteur, j?en suis quelque part le dépositaire -, la doctrine de Paris, c?est de refuser tout ce qui isole, tout ce qui sépare, et il n?est pas ici question de porter ni des acclamations, ni d?ailleurs des bannissements sur des actions politiques, parce que ce n?est pas de cela dont il est question. Et si la Ville de Paris est opposée, en tout cas, l?Exécutif, au boycott d?Israël, c?est précisément parce que c?est un mouvement qui, notamment dans ses applications parisiennes, vise tout sauf la politique de l?Etat d?Israël. La campagne B.D.S., ce sont des universitaires dont on veut annuler les invitations dans des colloques internationaux ; ce sont des chanteurs, comme Matisyahu, qui voulait se produire en Espagne et, sur le simple fait qu?il soit israélien, une campagne a eu lieu pour empêcher qu?il se produise ; ce sont des danseurs, des danseurs israéliens devant lesquels on a manifesté pour empêcher qu?ils se produisent à l?Opéra de Paris, à l?Opéra Garnier. Je ne vois pas là le rapport avec une politique que vous pouvez combattre par ailleurs. Et vous nous rappelez le droit international. Je n?ai pas vocation ici à répondre sur le droit international, mais sur le droit local, si le boycott d?Israël est interdit, ce n?est pas par approbation d?une politique gouvernementale, c?est parce que quand on cherche à interdire des chercheurs, des chanteurs ou des danseurs, cela n?a rien à voir avec la contestation d?une politique, mais à de l?incitation à la discrimination. Et je le dis ici pour la justice française, qui n?est à la solde d?aucun gouvernement étranger. Voilà pour le rappel, non pas au règlement, mais à la loi. C?est la raison pour laquelle, moi, ici, je ne souhaite rien changer à la politique de la Ville de Paris. Je souhaite que nous poursuivions nos engagements des deux côtés, je souhaite qu?avec les maires israéliens et palestiniens, nous arrivions à les faire travailler ensemble. Je crois que Paris ne pourra rien faire de mieux et de plus intelligent. Mais, en attendant, nous devons quand même?

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Monsieur KLUGMAN, je vous invite à aller à votre conclusion.

M. Patrick KLUGMAN, adjoint. - Refuser les anathèmes et continuer sur la voie de l?appel à la paix et au dialogue. C?est pourquoi, chers collègues, je vous demande de renouveler notre ligne maintenant traditionnelle, de rejeter le boycott d?Israël et de continuer sur la voie de la paix entre Israéliens et Palestiniens.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci. Nous allons mettre successivement aux voix le v?u n° 69 de l?Exécutif, le v?u n° 70 et le v?u n° 71. J?ai été saisie d?explications de vote. Je voudrais vérifier que je n?ai oublié personne, chers collègues : Raphaëlle PRIMET, Mme NAHMIAS, M. GOASGUEN, M. BELLIARD, M. FÉRAUD. C?est bon ? Très bien. Pardon, Danielle SIMONNET, pour ce langage de signe. Une explication ? Théoriquement, nous sommes un peu à la limite de l?exercice d?une explication de vote sur un v?u qu?on a présenté. Voilà. Oui, je réponds et attendez la fin de la phrase, Madame SIMONNET. Si vous le souhaitez, évidemment, je vous repasserai la parole pour une courte explication de vote. La parole est à Mme Raphaëlle PRIMET pour commencer.

Mme Raphaëlle PRIMET. - Merci, Madame la Maire. Effectivement, en septembre dernier, le groupe les Républicains avait déjà déposé un v?u demandant la condamnation des appels au boycott des produits israéliens. La majorité, unie, avait alors voté contre ce v?u de manière unanime, mais les Républicains sont revenus à la charge et malheureusement, cette fois-ci, vous leur avez emboîté le pas. En faisant cela, vous occultez volontairement le fait majeur de ce conflit qu?est la colonisation des territoires palestiniens. C?est pourtant ce qui motive ces actions citoyennes qui visent à faire pression pour que le droit international soit enfin respecté. Les élus communistes sont opposés à cette autre exception française qu?est la criminalisation du boycott. Les circulaires Alliot-Marie et Mercier permettent d?engager des poursuites pour des personnes non-violentes et nous demandons l?abrogation de ces deux textes. Dans certains cas d?ailleurs, les appels au boycott sont tolérés. Je pense par exemple au boycott de la Birmanie au temps de la junte militaire ou à celui du Mexique durant l?affaire Florence CASSEZ. Le groupe communiste avait déjà eu l?occasion de dire ici qu?il n?est pas possible de mettre sur le même pied, de tirer un trait d?égalité entre l?occupant et l?occupé. Et le v?u du groupe socialiste va malheureusement à nouveau dans ce sens.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Madame PRIMET, je me permets de vous rappeler qu?une explication de vote, c?est une minute. Je profite pour le rappeler à tout le monde.

Mme Raphaëlle PRIMET. - Vous m?avez dit 2 minutes ! Quel autre moyen pour les citoyens de s?opposer à l?expansion des colonies ? Vous êtes contre ce qui isole, j?espère donc que vous êtes contre le mur de la honte. Les maires de Ramallah, Jéricho et Bethléem ont fait part à la Mairie de Paris de leur inquiétude suite à la publication de ce v?u. Nous partageons leurs craintes. Voilà pourquoi nous voterons contre le v?u de l?Exécutif et contre le v?u du groupe les Républicains. Pour notre part, nous continuerons à défendre le recours au boycott tant que le peuple palestinien ne sera pas libre.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Madame PRIMET. Madame NAHMIAS, vous avez la parole.

Mme Valérie NAHMIAS. - Madame la Maire, mes chers collègues, en septembre 2015, le groupe les Républicains déposait un v?u pour condamner le boycott illégal du BDS. Dès lors, notre position au sein du groupe UDI - MODEM aura été sans équivoque : nous avons condamné fermement les agissements illicites de cette organisation et de ses filiales. Nous avons soutenu ce v?u. Février 2016, le groupe Les Républicains renouvelle son v?u contre le boycott du BDS et nous vous confirmons que notre groupe le votera favorablement. La surprise vient de la majorité, avec un v?u que nous présente M. KLUGMAN. A l?époque, vous le trouviez, je cite, "d?une inutilité parfaite", mais les événements récents ont prouvé le contraire et c?est tout à votre honneur d?y avoir été sensible. Je dois dire que votre v?u est clair et très équilibré. Suite au déluge de mails que nous avons tous reçus et pour apaiser les esprits embrasés, ici dans cette enceinte, nous travaillons pour Paris. Comme le soulignaient certains de mes collègues du groupe UDI - MODEM, nous ne sommes ni l?ONU ni une organisation diplomatique internationale. Il ne nous appartient pas de juger, de se positionner sous tel ou tel parti, mais de condamner une organisation qu?est le BDS, de se demander si c?est réellement pour la défense des uns et pas seulement pour la haine de l?autre. Comment peut-on parler de liberté d?expression, de protection des droits de l?homme quand la diffamation, la propagande, le rejet quasi exclusif sont utilisés ? Ce mouvement a démultiplié ses actions délictueuses dans tous les domaines, dans l?art, la culture, l?enseignement, l?alimentation, la santé, le sport, signe de partage et d?enrichissement mutuel. Est-ce une action pacifique et citoyenne ou des actes de stigmatisation et de discrimination ? Je rappelle que le droit pénal réprime des actions et appels au boycott. La circulaire Alliot-Marie du 12 février 2010 réclame que soient systématiquement poursuivis les acteurs qui appellent au boycott. C?est la jurisprudence de la Cour de Cassation avec des arrêts du 20 octobre. Je pourrais en citer d?autres mais tout récemment, le Premier ministre, M. Manuel VALLS, et comme Valérie PÉCRESSE, présidente de la Région Ile-de-France, ont eux aussi condamné fermement les actions du BDS. C?est la raison pour laquelle le groupe UDI - MODEM votera contre le v?u de Mme SIMONNET qui fait preuve d?une grande crédulité quand elle évoque une association citoyenne, antiraciste et sans violence. Ne banalisons pas la haine, c?est préjudiciable pour chaque Parisien, chaque Francilien. Et quelle indignation sélective quand on sait que dans le même temps des civils?

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Je vous invite à conclure, Madame NAHMIAS.

Mme Valérie NAHMIAS. - J?en ai pour 10 secondes ! Des civils sont massacrés par dizaine de milliers en Syrie, Irak, des chrétiens sont massacrés et des femmes sont mises en esclavage. Je termine. La paix se gagne pour les Israéliens et pour les Palestiniens par des actions communes sur le terrain, par des coopérations décentralisées, par des associations, par le sport, par le culturel, par l?économique, par l?emploi, la sécurité, le respect des uns et des autres. Monsieur KLUGMAN, le groupe UDI-MODEM votera favorablement votre v?u.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci, Madame NAHMIAS. Je donne la parole à M. GOASGUEN, pour le groupe les Républicains.

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. - Merci, Madame la Maire. Monsieur KLUGMAN, les yeux dans les yeux, je vous absous, je vous donne ma bénédiction d?avoir changé d?avis depuis le mois de septembre ! A tout péché, miséricorde ! Vous voyez, c?est un chrétien qui parle. Vous vous êtes trompé au mois de septembre, vous vous êtes totalement trompé, vous en revenez, tant mieux. Je voudrais dire simplement, maintenant, que le problème qui reste, c?est l?application des textes. Et c?est vrai que, quel que soit l?arrêt de la chambre criminelle, quelles que soient les circulaires diverses qui ont été envoyées par les gardes des Sceaux successifs, Mme ALLIOT-MARIE et M. MERCIER, en réalité, l?application ne suit pas. Ce n?est pas seulement le cas de la France. Aujourd?hui, en Grande-Bretagne, il est vrai que le système n?est pas le même, en Grande-Bretagne, on vote une loi spécifique BDS anti-israélien. M. OBAMA, hier - là encore le système juridique n?est pas tout à fait le même - a déclaré qu?il fallait faire une loi spécifique sur le BDS anti-israélien. Cela veut dire qu?en réalité, malgré les textes pénaux et les textes législatifs, continue à se développer une campagne insidieuse dans les universités, dans les foyers culturels, dans les écoles un peu partout, qui se couvre en général de l?activité citoyenne. Eh bien, je crois qu?il faut maintenant aller un peu plus loin. C?est la raison pour laquelle, dans le texte que nous avons soumis, il y a simplement un paragraphe. Il n?est pas essentiel, mais je voulais le rappeler ici, c?est presque une affaire gouvernementale. Je voulais rappeler qu?il faut maintenant faire respecter la légalité. Alors faudra-t-il faire, nous aussi, une loi sur le BDS ? Est-ce qu?il faudra dissoudre le BDS ? C?est une question qu?il faut poser. Je demande simplement, et je constate que finalement nous avons été entendus, que la Ville de Paris fasse exécuter, dans la mesure où elle le peut, dans les universités, dans les collèges et dans les écoles, des directives qui ont pour but de favoriser la paix dans cette région du monde, et la sauvegarde d?Israël. Merci en tout cas de votre revirement, Monsieur KLUGMAN.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur GOASGUEN. La parole est à M. David BELLIARD.

M. David BELLIARD. - Madame la Maire, mes chers collègues, c?est avec beaucoup d?inquiétude et de tristesse que nous intervenons sur ces v?ux. Comment en si peu de temps intervenir sur un sujet aussi complexe que la question du boycott. Nous aurions préféré un retrait des v?ux et nous regrettons le rapprochement de l?Exécutif vers la droite. Comment, en effet, condamner indistinctement toute forme de boycott, comme vous, Monsieur KLUGMAN, nous condamnons fermement le boycott culturel, en cohérence d?ailleurs avec le v?u voté en juillet 2013 sur l?étiquetage obligatoire différencié des produits en provenance des colonies israéliennes établies en Palestine, mais nous demandons l?interdiction de l?importation et de la vente des produits issus des colonies illégalement occupées selon le droit international. Israël est régulièrement condamné, comme dans le dernier rapport de "Human Rights Watch" de janvier 2016 appelant les entreprises à mettre fin à leurs activités dans les colonies, car cela favorise les violations des droits humains. Les maires des trois villes palestiniennes, Jéricho, Ramallah et Naplouse, demandent clairement à la Ville de Paris de reconsidérer sa position, car un tel v?u, le les cite, "donnerait un signal à contresens des efforts de paix et du droit international. Il risquerait d?encourager l?occupation et la répression du peuple palestinien". La construction continue des colonies, pourtant illégale, menace directement la viabilité du futur Etat palestinien et donc la solution à deux Etats que nous soutenons. Nous ne voterons donc bien évidemment ni le v?u des Républicains ni le v?u de l?Exécutif qui nie cette réalité et condamne indistinctement les actes de boycott. Concernant le v?u de Danielle SIMONNET, si nous ne partageons tous les attendus de son v?u, nous en partageons sa conclusion et nous le voterons. Nous demandons le retrait des circulaires Alliot-Marie et Mercier. BDS, c?est aussi les campagnes de désinvestissement et de sanction. Concernant la jurisprudence de la Cour de Cassation, elle peut évoluer. Le boycott reste une action citoyenne non violente de celles et ceux qui n'ont pas d'autre moyen que celui-ci pour agir contre l?impunité d'un Etat. La France est le seul pays démocratique du monde où une telle interdiction existe, partout ailleurs, le boycott reste un outil d?expression démocratique reconnu, accepté et qui a mobilisé des mouvements citoyens et participé à d'importantes avancées en faveur de la démocratie comme, notamment, en Afrique du Sud. Si l'action était détournée de ce message, il existe déjà des lois, notamment pour sanctionner les actes antisémites que nous condamnons. Je termine. Il faut éviter tout amalgame car c'est cela qui nuit à une sortie négociée entre Palestiniens et Israéliens. Il faut juger au cas par cas mais pas de manière indistincte. Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur BELLIARD. La parole est à M. Rémi FÉRAUD, pour le groupe Socialiste.

M. Rémi FÉRAUD, maire du 10e arrondissement. - Merci, Madame la Maire. Je vais essayer de respecter le temps de parole très limité. D?abord pour dire que le groupe Socialiste se réjouit du dépôt du v?u de l'Exécutif et le votera, qu'il n'y a ni ambiguïté ni changement et que notre position a toujours été celle de la promotion de la paix fondée sur deux Etats pour deux peuples, comme l?a encore démontré récemment la grande manifestation organisée à l'Hôtel de Ville à l'occasion des 20 ans de l'assassinat d?Yitzhak Rabin, que dans ce cadre, le boycott est incompatible avec cette position et qu?il est dangereux car il remet plus ou moins explicitement en cause la légitimité d'Israël. Ensuite, comme l'ont dit plusieurs orateurs, notamment Patrick KLUGMAN, ce boycott ne consiste pas seulement à boycotter des produits mais aussi des citoyens, des artistes et entraîne des dérives graves. Je me réjouis par ailleurs que dans le v?u de l'Exécutif et dans les propos de Patrick KLUGMAN, dont je veux saluer l'action avec Anne HIDALGO et l'ensemble de la Ville de Paris, il y ait un quatrième point qui nous importe au plus haut point, à toute la majorité municipale, c'est que Paris poursuive et renforce ses relations avec les villes israéliennes et palestiniennes dans tous les champs des politiques municipales, comme c'est le cas avec Tel Aviv et avec plusieurs villes palestiniennes, comme Ramallah et Jéricho ou Bethléem. Je souhaite donc que ce v?u de l?Exécutif soit adopté, peut-être que cela va mieux en le disant, nous le ferons en tout cas et nous voterons avec conviction et aussi beaucoup de sérénité. Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup. La parole est donc à Danielle SIMONNET. Ce sera la dernière explication de vote.

Mme Danielle SIMONNET. - Non, Monsieur FÉRAUD, le boycott ne remet pas en cause la légitimité de l'Etat d'Israël. Les actions de boycott remettent en cause la légitimité de la politique du Gouvernement allié à l'extrême-droite de l'Etat d'Israël qui poursuit la colonisation et crée les conditions pour que ne soient plus possibles l'existence et la reconnaissance d'un Etat palestinien. Ecoutez, mes chers collègues, c'est un moment très grave que nous vivons ici dans cette Assemblée, parce que dans le v?u présenté par le Parti socialiste, il n'y a pas un mot sur la condamnation de la poursuite de la colonisation par l'Etat d'Israël, pas un mot sur le fait que ce Gouvernement bafoue allègrement le droit international et, en cela, c'est une rupture avec l'héritage de Bertrand DELANOË. J'aimerais savoir, mes chers collègues, si vous assumez cette rupture politique, stratégique, qui engage Paris, la capitale, ville des Lumières de la République française. Par ailleurs, mes chers collègues, c'est une rupture y compris avec la diplomatie française. Vous êtes en train de vous aligner avec la ligne de M. Manuel Valls qui n'est pas celle de la diplomatie française. Alors oui, il y a eu ce courrier des trois maires des villes palestiniennes avec lesquelles nous sommes en coopération. Nous sommes aujourd?hui en coopération. Est-ce que nous allons l'être encore demain, si le message que nous envoyons est un message de condamnation, de condamnation des citoyens engagés dans ces actions de boycott ? On ne vous demande pas de soutenir ou d'approuver la démarche du boycott. Moi-même, je ne suis pas en accord avec l?ensemble des démarches de boycott. Je suis pour ma part très attachés au boycott des entreprises qui investissent au niveau des territoires occupés, et je suis en désaccord avec certains boycotts culturels, oui, parce qu'il me semble qu'il faut dénoncer cela et que la question culturelle est différente. Mais, mes chers collègues, je demande à tous les socialistes en conscience d'assumer un devoir d'insoumission sur ce vote.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Madame SIMONNET. Je vais donc mettre successivement aux voix le v?u n° 69. Je demanderai à Patrick KLUGMAN, avant que nous ne votions le v?u n° 69, de répondre aux propositions d?amendement qui lui ont été faites par le groupe les Républicains, puis le v?u n° 70, puis le v?u n° 71. Monsieur KLUGMAN ?

M. Patrick KLUGMAN, adjoint. - Merci, Madame la Maire. Concernant les demandes d'amendement qui nous ont été présentées sur le v?u n° 69, je les accueille favorablement, à savoir, si j?ai bien compris, que c'était la mention du dépôt des v?ux LR dans les différents Conseils d?arrondissement et le rappel du v?u en Conseil de Paris du mois de septembre, dans les visas qui précèdent les considérants du v?u.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Très bien, le v?u ainsi amendé est donc mis aux voix. Je mets aux voix, à main levée, le projet de v?u amendé, déposé par l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de v?u est adopté. (2016, V. 26). Nous allons mettre aux voix le v?u n° 70, s'il n'est pas retiré. Est-il retiré, Madame la Présidente ? Il est maintenu. Nous allons le mettre aux voix, avec un avis?

M. Patrick KLUGMAN, adjoint. - Le v?u pour moi n'a plus vocation à être voté. Je n?ai pas envie de rentrer dans une nouvelle polémique. Je propose une abstention sur le v?u des Républicains, d?autant que nous avons accueilli leurs amendements.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Très bien, le concept de sagesse de l'Assemblée s'invite au Conseil de Paris. C'est formidable ! Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe les Républicains. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? La proposition de v?u est adoptée. (2016, V. 27). Je n?ai pas dit contre ? Pardon, toutes mes excuses. Qui est contre ? Si, j?ai vu des gens voter contre, chers amis. Si, j?ai dit contre puisque j?ai vu des gens voter contre. Il est donc adopté. Néanmoins, je vais mettre aux voix le v?u n° 71, avec un avis défavorable de l'Exécutif. Nous sommes en train de voter, mes chers collègues. Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par Mme SIMONNET, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? La proposition de v?u est repoussée. V?u déposé par le groupe Ecologiste de Paris relatif à l'organisation d'une conférence des villes inclusives.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Nous passons au v?u référencé n° 72, déposé par le groupe Ecologiste de Paris, relatif à l'organisation d'une conférence des villes inclusives. Je donne la parole à M. David BELLIARD pour 5 minutes, non pardon pour 2 minutes maximum. Sur les villes inclusives. C?est Marie ATALLAH !

Mme Marie ATALLAH. - Merci, Madame la Maire, mes chers collègues. Alors que le débat sur l'accueil des réfugiés au niveau de l'Union européenne continue et s'accélère, avant le sommet crucial des 18 et 19 février à Bruxelles, et contrairement aux positions inadmissibles de notre Premier ministre, notre majorité municipale continue à agir et avancer dans le calme et avec responsabilité, relevant le défi de rester une ville accueillante et solidaire, face au drame sans fin des migrants de la Méditerranée. Et si nous avons réussi à relever le défi difficile porté à Paris pour faire face à l'arrivée massive de migrants dans notre ville, c'est bien grâce à la grande mobilisation de nos services publics, nos partenaires associatifs et surtout, et notamment au magnifique élan de solidarité et de générosité de nombreux Parisiens qui se sont fortement impliqués dans l'accueil et l?aide des migrants. Après toutes ces expériences vécues tout récemment et en prenant en compte celles qui ont, dans le passé, marqué l'histoire de Paris et forgé son caractère de ville cosmopolite et ville-monde, nous pensons que le moment est venu de pouvoir valoriser, partager et échanger des savoirs et des savoir-faire entre villes engagées dans une vision de ville inclusive et solidaire. L'enjeu étant de réfléchir pour savoir comment la ville inclusive peut être un moteur d'intégration positive, en prenant en compte la diversité sociale et culturelle de la population et en permettant d'éviter des déséquilibres territoriaux ou des phénomènes d'exclusion sociale. Pour cela, nous nous sommes appuyés, Madame la Maire, sur votre démarche d'impulser l'émergence d'un réseau de villes inclusives et sur votre volonté d'ouvrir un champ transversal de coopération portant sur l'inclusion sociale, pour proposer aujourd'hui que le Conseil de Paris émette le v?u, dans le cadre de la plate-forme des villes inclusives, que Paris organise dans le courant de l'année 2016 une conférence relative à la prise en compte des migrants dans les politiques urbaines des grandes villes européennes. Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci, Madame ATALLAH. Pour vous répondre, la parole est à M. Patrick KLUGMAN.

M. Patrick KLUGMAN, adjoint. - Je remercie Marie ATALLAH de son v?u sur l'organisation d'une grande conférence des villes inclusives portant sur les politiques urbaines en faveur de l'intégration des populations migrantes et, évidemment, j'y donnerai un avis favorable. Sachez quand même que la Ville accueillera en novembre prochain la seconde édition du forum "Cities for Life", qui est une conférence internationale pour les villes inclusives. La première édition s'était tenue à Medellin et a été un très grand succès. Elle permet un échange entre villes, décideurs, experts, citoyens, à travers des sessions de cocréation et notamment sur ces sujets. Pour finir, je voudrais également rappeler l'action internationale de Paris qui est pleinement mobilisée dans la réponse à apporter aux migrants, au-delà évidemment de la politique municipale conduite sur le territoire. Notre politique internationale, ce sont des aides d'urgence pour les camps de réfugiés, 260.000 euros en 2015, l'adoption par l'A.I.M.F., dont Anne HIDALGO est la présidente, d?une charte des maires francophones pour les villes inclusives en octobre 2015, l'accueil de l'assemblée générale du réseau "ICORN" dont nous venons de parler, et enfin, le projet de Maison des défenseurs. J'en profite pour vous dire que tout à l'heure, vous avez cité la Maison des solidarités internationales, qui est un projet que nous n'oublions pas. Autant j'aurai le plaisir à travailler avec vous sur ce projet de conférence, mais également sur un projet de Maison des solidarités internationales pour les voir se concrétiser tous les deux.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur KLUGMAN. J'ai été saisie d'une explication de vote du groupe les Républicains. C'est M. HONORÉ.

M. Christian HONORÉ. - Madame la Maire. Nous allons voter contre ce v?u car encore une fois, vous émettez un mauvais message. Vous le savez, les solutions se situent au niveau international, pas au niveau de Paris. Le laisser croire est dramatique pour toutes celles et tous ceux qui croient pouvoir s'y installer, et il faut au contraire maîtriser les flux de population et assurer un contrôle aux frontières extérieures. Votre politique va à contresens de celle du Gouvernement. M. VALLS l?a encore répété récemment, Paris ne peut pas servir de champ d'expérimentation des conflits politiques entre votre majorité et votre Gouvernement. Les Parisiennes et les Parisiens ne peuvent pas être les victimes des désaccords politiques entre Mme HIDALGO et M. VALLS. Nous savons bien qu?il s'agit d'un jeu politicien auquel vous sacrifiez Paris. Vous parlez de migrants. Ceux qui sont en situation irrégulière doivent être reconduits aux frontières. Quant aux réfugiés, ils ne peuvent en aucun cas rester de manière pérenne sur notre territoire. Le Gouvernement ne cesse de le dire et il a raison. Encore faudrait-il que, de son côté, les actes suivent les déclarations d'intention et que de votre côté, vous évitiez d'aggraver la situation et que vous écoutiez les Parisiens, surtout les plus défavorisés que vous pénalisez par votre attitude et vos projets qui vont à l'encontre de ce qu'ils attendent.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Ecologiste de Paris, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? La proposition de v?u est adoptée. (2016, V. 28). Je vous en remercie. V?u déposé par le groupe Communiste - Front de Gauche relatif au soutien à Ashraf FAYAD.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Le v?u référencé n° 73, déposé par le groupe Communiste - Front de Gauche, est relatif au soutien à Ashraf FAYAD. Je donne la parole à Mme Raphaëlle PRIMET, pour 2 minutes.

Mme Raphaëlle PRIMET. - Madame la Maire, Ashraf FAYAD est un poète palestinien condamné à mort pour apostasie en Arabie Saoudite, le 17 novembre 2015. Grâce à la mobilisation, sa peine a été commuée en 8 ans de prison et 800 coups de fouet, mais cette peine reste non seulement cruelle, mais constitue une grave atteinte à la liberté d'expression et aux droits de l'Homme, ces droits dont, hélas, l?Arabie Saoudite s'affranchit le plus souvent. Nous demandons donc à Mme la Maire que la Ville de Paris apporte son soutien officiel à Ashraf FAYAD et demande sa libération immédiate. Je vous remercie.

(Mme la Maire de Paris reprend place au fauteuil de la présidence).

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame PRIMET. Je donne la parole à M. Patrick KLUGMAN pour vous répondre.

M. Patrick KLUGMAN, adjoint. - Je voudrais remercier Raphaëlle PRIMET et Nicolas BONNET-OULALDJ, les élus du groupe Communiste - Front de Gauche pour permettre à notre Conseil de s'exprimer sur la situation du poète palestinien Ashraf FAYAD, un poète dont l?histoire nous rappelle tristement celle du blogueur Raïf BADAWI, prix Sakharov 2015, condamné à 10 ans de prison et 1.000 coups de fouet, ou celle d?Ali AL-NIMR, condamné à mort pour avoir manifesté contre les autorités. Le régime saoudien s'illustre ainsi une nouvelle fois par ses atteintes aux droits de l'Homme, de manière d'ailleurs assez indifférenciée et de plus en plus préoccupante. Plus de 150 personnes ont été exécutées en Arabie Saoudite en 2015. Ashraf FAYAD est âgé de 35 ans, de parents réfugiés palestiniens. C'est une figure majeure de l?art contemporain saoudien. Il a notamment représenté l?Arabie Saoudite en 2013 à la biennale de Venise. Il a été arrêté une première fois en août 2013 pour des propos jugés blasphématoires tenus dans un recueil de poèmes. Il a été accusé lors de son procès d'avoir, je cite, "des idées athées et d'avoir insulté dieu et le prophète". Relâché sous caution, de nouveau arrêté le 1er janvier 2014, accusé cette fois d'apostasie, condamné à 4 ans de prison, 800 coups de fouet et après avoir fait appel de cette peine, jugé à nouveau en novembre 2015 et condamné à mort. Cette condamnation a particulièrement choqué l'opinion publique qui s'est fortement mobilisée. Vous mentionnez à juste titre la pétition qui a recueilli à ce jour plus de 270.000 signatures. Des rassemblements se sont tenus dans le monde entier. Une soirée de soutien a été organisée à la Maison de la poésie le 14 décembre. Le 2 février 2016, le tribunal d?Abha commue finalement la peine capitale en 8 ans de prison et 800 coups de fouet au rythme de 50 coups par séance. Ce nouveau jugement demeure autant insupportable qu'incompréhensible. Ashraf FAYAD doit être libéré. Vous émettez le v?u, mes chers collègues, que la Ville de Paris apporte son soutien officiel à Ashraf FAYAD et demande sa libération immédiate. Je tiens évidemment, conformément à l'engagement de notre Ville en faveur des droits de l'Homme, à y apporter l'avis le plus favorable en vous en remerciant encore.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur KLUGMAN. Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Communiste - Front de Gauche, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? La proposition de v?u est adoptée à l'unanimité. (2016, V. 29). Je vous remercie. 2016 DPE 37 - Communication sur le renforcement de la propreté et la stratégie "zéro déchet". V?u déposé par le groupe les Républicains relatif aux balayeurs supplémentaires.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, nous passons à présent, conformément à ce que la Conférence d'organisation a décidé, au débat organisé sur la question du renforcement de la propreté et la stratégie "zéro déchet". Cela figure dans une communication DPE 37, sur laquelle le groupe les Républicains a déposé le v?u référencé n° 14. Avant de donner la parole à chacune et chacun des orateurs inscrits, je vais introduire ce débat. Mes chers collègues, en tant qu?élus de Paris, il nous appartient de garantir à chacun de nos concitoyens un cadre de vie agréable et de leur donner les moyens de cultiver leur bien-être. Or, il n'est de bien-être possible sans un environnement sain, salubre et propre. Au-delà, la protection du bien-être est indissociable de l'urgence de la préservation de l'environnement, à laquelle nous devons apporter des réponses concrètes, adaptées à la complexité des enjeux. Paris et les villes qu?elle a fédérées autour de la COP 21 ont démontré le rôle central des territoires dans les réponses à apporter aux grands défis globaux. Si nous pouvons répondre à ces défis, c'est notamment grâce à la qualité de nos services publics, ancrés dans les réalités, capables de se mobiliser rapidement et massivement. Je veux ici remercier Mao PENINOU, adjoint en charge de ce secteur, ô combien stratégique pour notre Capitale, remercier le Secrétariat général et la direction qui veille à la propreté au quotidien. D'ailleurs, l'hommage unanime dont ils ont fait l'objet depuis les attentats du 13 novembre atteste à la fois du caractère stratégique mais aussi essentiel de ce service pour notre Ville. Le service public de la propreté à Paris a pleinement rempli ses missions. Ces circonstances exceptionnelles ont révélé collectivement et individuellement le haut niveau de professionnalisme et de savoir-faire de ces agents. Mais, au-delà de ces circonstances tragiques qui nous rappellent l'essentiel, la propreté comme la gestion des déchets sont avant tout des défis du quotidien sans cesse renouvelés et qui suscitent de légitimes exigences. Nous avons, dans ce domaine, des progrès à faire, c'est incontestable. Je le dis ici solennellement. Les Parisiens méritent mieux que l'état dans lequel se trouvent régulièrement leurs rues. Je partage leur souhait de voir la situation s'améliorer rapidement, en sachant que cette amélioration passe aussi par une prise de conscience collective de chacun des Parisiens. C'est pourquoi, si la propreté est l'affaire de tous, il revient avant tout à la Ville d'en assurer le service et de donner aux citoyens les moyens de ne pas salir l'espace public. L'exercice de cette mission est parfois facilité par les mobilisations citoyennes ou les nouveaux engins de nettoiement, mais il est parfois contrarié par l'intensité de l'usage de l'espace public ou des incivilités. Ces difficultés nous obligent à renouveler nos efforts sans relâche, à renforcer nos moyens malgré les contraintes budgétaires car il est impératif que Paris soit pour tous une ville propre, de façon constante et homogène. A l'heure de la transition écologique et de l'économie circulaire, ce défi s'articule avec celui de la prévention et du recyclage des déchets. Les interfaces entre propreté et déchets sont nombreuses. Que ce soit ici, au sein de la Métropole, où là-bas, avec les villes-mondes partenaires de Paris, nous voulons faire de notre ville le moteur d'une société qui prend soin d'elle-même et de ses ressources. Ensemble, nous pouvons faire de Paris une métropole modèle en Europe si nous en avons la volonté et que nous nous en donnons les moyens. C'est donc dans cette perspective que nous vous présentons aujourd'hui, avec Mao PENINOU, un grand plan pluriannuel de renforcement de la propreté, aussi ambitieux que pragmatique, qui fait le lien entre enjeux de propreté et gestion écologique des déchets. Ce plan stratégique sera associé à des moyens importants. Il sera financé à hauteur de 25 millions d'euros en 2016. D'abord, ce plan vient parfaire le dispositif existant. Nous avons mis en ?uvre plusieurs mesures clés dans ce domaine, en lien d'ailleurs avec les agents municipaux dont le haut-niveau de professionnalisme est largement reconnu. Nous avons ainsi installé 30.000 nouvelles corbeilles de rue dotées d'éteignoirs, soit en moyenne une tous les 100 mètres. Nous avons renforcé le plan estival de propreté, étendu les horaires d'ouverture de 129 sanisettes, mené une campagne de sensibilisation et de verbalisation contre les jets de mégots et les tags au sol. Nous avons ouvert des éco-points mobiles et modernisé le matériel utilisé par les agents de la propreté. Parce que notre mission première consiste à garantir un service public juste et performant, nous entendons consolider et moderniser le service public de la propreté. 100 nouveaux postes ont été créés cette année dont 79 éboueurs et 20 conducteurs de bennes et engins. Ces postes constituent le premier volet d'un plan pluriannuel de recrutement qui se poursuivra en 2017. Les formations initiales et continues des agents seront renforcées. 15 millions d'euros seront consacrés à l'achat de nouveaux matériels. Nous allons ainsi pouvoir renforcer nos moyens mécaniques et répondre plus efficacement aux besoins du terrain dans le strict respect de l'environnement. Le copilotage existant avec les arrondissements sera renforcé par la délégation d'une enveloppe budgétaire d'investissement dédiée dans les arrondissements. Nous l'avons dit - et nous n'en démordrons pas : la propreté, c'est l'affaire de tous. Associer les citoyens à la préservation de leur propre environnement est une nécessité autant qu'une évidence. Si chacun fournit un effort à son échelle, nous pouvons obtenir de grands progrès. Toutefois, ce n'est qu'avec la participation de tous que nous parviendrons à avancer, et le civisme doit encore être renforcé. Pour encourager l'évolution des usages et donner aux Parisiens les moyens de ne pas salir l'espace public, nous distribuerons 125.000 cendriers de poche au premier semestre 2016 dans le cadre d'un partenariat avec la S.N.C.F., la R.A.T.P., le Syndicat national des hôteliers restaurateurs que je remercie, cafés et traiteurs, les buralistes d'Ile-de-France et le C.R.O.U.S. de Paris. Par ailleurs, 50 sanisettes seront installées cette année et 150 supplémentaires seront ouvertes toute la nuit. Une version améliorée de l'application "DansMaRue" sera d'ailleurs lancée pour permettre aux habitants de signaler en temps réel et d'une façon encore plus efficace les dommages qu'ils constatent. Une nouvelle édition de l'opération "Paris fais-toi belle" sera organisée le 4 juin prochain, puis plus régulièrement au niveau local. Ces opérations de nettoyage participatif, très efficaces, permettent également de sensibiliser aux enjeux de propreté dans un cadre convivial et familial. Enfin, en complément de ces nouveaux moyens de prévention, une brigade chargée de la verbalisation de toutes les incivilités dégradant notre espace commun et notre environnement sera créée cette année. Toutes ces mesures servent une stratégie volontairement très ambitieuse. Notre objectif, je le réaffirme ici, c'est le zéro déchet. Nos efforts portent leurs fruits et nous en avons la preuve : en cinq ans, Paris a su remplir son objectif de réduction de 7 % de ses déchets. Ce sont ainsi 80.000 tonnes de déchets qui n'ont pas été produits. Nous sommes déterminés à poursuivre et à amplifier ces efforts qui ont un impact budgétaire. Moins de déchets, c'est moins de coûts pour la collectivité. 2016 marque pour Paris le début de la mise en place du tri à la source, de la collecte en porte à porte de bio-déchets ménagers dans deux arrondissements pilotes : le 2e arrondissement et le 12e arrondissement. Je remercie les maires de ces arrondissements d'avoir accepté d'être pilotes. Une troisième poubelle de tri, destinée à recevoir tous les déchets de table et de cuisine, sera ainsi mise à disposition des ménages. Ces déchets pourront ensuite être valorisés en compost et en biogaz. Nous proposerons également davantage de moyens de tri, en augmentant le nombre de bacs pour les collectes sélectives dans les immeubles, en déployant 190 nouvelles colonnes à verre, en installant des bacs de tri dans les parcs et jardins et en simplifiant les consignes de tri des cartons et plastiques. 10 nouvelles déchetteries parisiennes et une ressourcerie par arrondissement seront ouvertes d'ici 2020. D'ailleurs, ces propositions émanent aussi du travail qui a été conduit par Antoinette GUHL, à l'échelle métropolitaine et bien sûr à l'échelle de notre ville, dans le cadre des Etats généraux de l'économie circulaire et de la soixantaine de propositions qui ont été faites et que nous mettons aussi en ?uvre à travers ce plan pour la propreté. Nous lancerons cette année l'expérimentation "Trilib'" dans cinq arrondissements volontaires, avec une quarantaine de modules en partenariat avec "Eco Emballages". Il s'agit là d'un dispositif innovant de collecte et de tri des déchets, mis à disposition des Parisiens dans l'espace public. J'ai la conviction que nous ne devons pas cacher ce qui nous permet de faire de la ville une ville propre et que des dispositifs comme "Trilib'", visibles mais beaux, sur l'espace public, nous permettrons de montrer aux Parisiens où ils doivent déposer leurs déchets. Ce dispositif d'ailleurs sera progressivement installé sur tout le territoire parisien à 2017. En gros, pour que Paris soit propre, il ne faut pas cacher les poubelles. Notre action se révélera d'autant plus efficace et intelligente qu'elle saura s'appuyer sur le réseau des grandes métropoles du monde. En accueillant la COP 21 et en y intégrant un Sommet des Maires de très grande envergure, Paris a manifesté sa détermination à prendre une part active dans la transition écologique mondiale en liant des relations avec les métropoles étrangères. La solidarité internationale est essentielle et particulièrement féconde sur le plan environnemental. Nous avons dévoilé le 20 janvier dernier la charte des événements écoresponsables qui définit les bonnes pratiques à adopter pour réduire considérablement l'impact des manifestations, notamment internationales, sur l'environnement. 400.000 euros d'aides seront par ailleurs accordées au soutien de projets émanant de pays engagés dans une démarche de réduction des déchets. Nous travaillons d'ailleurs avec Tunis, avec Kinshasa ou encore avec Brazzaville. Mes chers collègues, la propreté est l'affaire de tous. Nous sommes déterminés à améliorer considérablement notre action, à l'adapter aux nouveaux usages et à donner aux Parisiens, comme à tous ceux qui visitent notre ville, qui y étudient ou y séjournent, les moyens de ne pas la salir. En effet, si elle est salie, c'est parce que certains s'y complaisent. Il faut donner ces moyens de ne pas la salir. Cette volonté se prolonge avec notre politique de gestion vertueuse des déchets qui vise à relever le défi de la transition écologique. Cet impératif se retrouve dans chacune des mesures que nous vous soumettons aujourd'hui. Je remercie à nouveau Mao PENINOU que je sais résolument engagé pour la réussite de ce projet ainsi que l'ensemble de ses équipes et les directions qui ?uvrent à ses côtés, ainsi que les autres adjoints, notamment Antoinette GUHL, mais aussi Patrick KLUGMAN sur le volet international et Célia BLAUEL, parce que tout cela est extrêmement réparti, et les maires d'arrondissement qui ont pris eux-mêmes ce sujet à bras-le-corps. Notre volonté, c?est de faire de Paris une ville propre. Nous l?avons dit. Je l?avais dit avant d?être élue Maire. Nous nous y engageons résolument et nous y parviendrons. Je vous remercie. L?ordre qui a été décidé par la Conférence d?organisation m?amène à donner la parole à Mme Joëlle MOREL, pour le groupe Ecologiste de Paris.

Mme Joëlle MOREL. - Merci, Madame la Maire. Le groupe Ecologiste salue le plan de renforcement de la propreté et la stratégie "zéro déchet" que la Ville met en place sous la responsabilité de Mao PENINOU, mais nous souhaitons réaffirmer que l?objectif est de fabriquer moins de déchets. Il faut qu?en amont, la Ville de Paris s?engage aussi à accompagner toutes celles et tous ceux qui travaillent à la réduction de la production de déchets. Tout ce que l?on ne peut pas réutiliser, tout ce que l?on ne peut pas composter, ni recycler, alors, l?industrie ne devrait pas le fabriquer. C?est aussi cet objectif qui doit être popularisé auprès de toutes et tous, à tous les niveaux de la société. La Ville de Paris peut être moteur pour développer, favoriser le Paris de l?écoconception, qui a pour but de réduire la production de déchets. La démarche de l?écoconception est de tenir compte, dès l?amont, de l?impact environnemental du projet durant l?ensemble de son cycle de vie. C?est s?interroger sur les matériaux utilisés : sont-ils renouvelables ou non ? De l?efficacité énergétique, de la consommation d?eau du produit, de l?ensemble du processus de fabrication. Plusieurs pistes peuvent être entreprises auprès des entrepreneurs, des commerçants, de manière transversale : développer les formations auprès des entrepreneurs locaux parisiens ; donner des critères de choix et d?évaluation aux responsables des achats dans les entreprises locales, aux grossistes, aux distributeurs, aux commerçants ; populariser les démarches d?écoconception aux citoyens pour leur permettre d?orienter leurs choix de consommation ; communiquer sur le combat contre l?obsolescence programmée en développant, dans les arrondissements, des espaces de réparation ; favoriser le partage des savoirs, des techniques de fabrication et des données ; et développer l?open source, qui rend potentiellement la réparation d?un objet plus facile. Et bien évidemment, la Ville, par ses propres achats, peut créer un effet d?entraînement. Je souhaite également mettre l?accent sur l?importance de mettre en place des opérations exemplaires, qui peuvent être lancées rapidement, pour y associer le maximum de Parisiens. Je n?en citerai que quelques-unes, à côté de celles qui sont présentées dans la communication de Mao PENINOU : - La mise en application de la loi pour interdire les sacs plastiques a encore une fois été reportée. De nombreux Parisiens et Parisiennes sont pourtant prêts à s?engager dans cette démarche. La Ville de Paris pourrait être exemplaire en ce domaine. Une action populaire, participative, efficace visuellement apporterait une grande satisfaction à nos concitoyens. - Deuxièmement, Antoinette GUHL a initié une politique de développement des composts de proximité. Je me fais ici le relais de tous les habitants et les habitantes qui souhaitent se mettre au compostage. Ils veulent passer à l?action. Nous avons là une belle opportunité à saisir. - Troisièmement, pour terminer, je citerai une action envers les commerçants. Avec la S.E.M.A.-EST que je préside, je travaille à l?élaboration de la nouvelle économie de proximité. Nous avons initié, il y a quelques mois, la première boutique Biocoop, zéro emballage, 100 % vrac. Cette boutique a eu beaucoup de succès. Le succès de cette expérimentation va permettre dorénavant une accélération de l?accompagnement des commerçants dans cette démarche. L?écoconception, associée à des gestes responsables, des éco-gestes au quotidien, sont le meilleur moyen pour avancer le plus rapidement possible vers une ville durable, vers un Paris durable. De nombreux Parisiens et Parisiennes sont prêts : à nous, élus, d?être réactifs pour leur donner la possibilité d?agir le plus vite possible. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame MOREL. Monsieur LE RESTE, vous avez la parole, pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

M. Didier LE RESTE. - Merci, Madame la Maire. Si tous les débats du Conseil de Paris sont habités par l?intérêt général, la propreté fait partie de ces sujets sur lesquels nous sommes particulièrement attendus, écoutés et regardés. C?est une problématique importante dans toutes les municipalités, et une question touchant à la qualité de vie des habitantes et des habitants, comme à la sécurité et la salubrité de la ville. Mais la spécificité parisienne démultiplie ces enjeux. Paris est à la fois une des zones résidentielles les plus denses de France et un pôle économique central de notre pays. Son patrimoine culturel en fait une des villes les plus visitées au monde, et son dynamisme en fait un lieu reconnu de convivialité et de création culturelle. Ce caractère multiple de Paris nous confère une grande responsabilité. Nous devons impérativement assurer à la Propreté de Paris les moyens d?être un service public mobilisé et efficace, pouvant s?adapter aux changements d?une ville perpétuellement en mouvement. C?est pourquoi cette question doit être régulièrement mise au c?ur du débat parisien, afin d?en faire un bilan serein et de lui tracer de nouvelles perspectives. En ce qui concerne le bilan, un examen objectif, sérieux de la Propreté à Paris montre que ce service public fonctionne et qu?il fonctionne plutôt bien. Cette efficacité, nous la devons en premier lieu à ces agents de terrain travaillant jour et nuit à rendre notre ville plus belle. Des éléments de votre communication, Madame la Maire, sont d?ailleurs éloquents : c?est 2.900 kilomètres de trottoirs et 1.600 kilomètres de voies qui sont nettoyés chaque jour par ces équipes. Il faut saluer leur implication sans faille, qu?ils soient en régie publique comme dans les entreprises privées délégataires. Et la meilleure façon de préserver cette efficacité, c?est d?aller continuellement vers une amélioration et une sécurisation des conditions d?exercice de ces agents. Cela passe par des moyens supplémentaires pour leur direction, à la mesure des besoins constatés, mais également par un vrai plan de formation des personnels et une amélioration de la reconnaissance de leurs qualifications. C?est pourquoi nous approuvons et appuyons le renforcement des équipes par l?arrivée de 100 nouveaux agents, une décision dont le groupe Communiste - Front de Gauche est en partie à l?origine, car nous demandions justement le renforcement de ces effectifs dans le budget 2016. Au regard des enjeux en présence et aux fins d?atteindre nos objectifs, nous considérons toutefois qu?il faudra effectivement amplifier ce plan de recrutement au statut des agents de la propreté. Il faut garder à l?esprit que l?espace public a fortement augmenté depuis deux mandats, et que cette direction souffrait déjà de déficit d?effectifs important dans les années 2000. Ce premier renfort s?accompagne d?un investissement solide en faveur de la rénovation des équipements et d?une organisation des équipes au plus près des territoires. Cette réorganisation permettra, nous l?espérons, de tisser des liens encore plus forts entre les agents et les usagers du service public. Des moyens supplémentaires, donc, pour un combat qui concerne l?ensemble de ceux qui font vivre Paris. Il concerne les agents, bien entendu, mais également les habitants, les visiteurs, les voyageurs, les travailleurs et les entreprises, pour aller ensemble vers une ville plus belle. Il faut créer un nouveau pacte pour la propreté de notre espace public. Notre collectivité doit être motrice pour faire émerger un cadre commun de la propreté, nécessitant l?implication et la responsabilisation de tous. Il n?a pas vocation à contraindre les activités sur l?espace public, mais justement à rendre possible leur développement par l?adoption de règles qui permettent leur cohabitation. Il ne s?agit ici de pointer personne du doigt, car l?incivilité et la dégradation de l?espace public est un phénomène qui touche toutes les catégories de populations et toutes les classes sociales. Nous pensons que l?espace public est un des principaux vecteurs de lien dans notre société et qu?il est, à ce titre, fortement sous-estimé. L?émergence de ce cadre devient de plus en plus indispensable, alors même que notre ville ouvre davantage d?espaces à la disposition de la population. C?est pourquoi il faut aller plus vite et plus loin dans la sensibilisation, l?éducation et la simplicité d?usage des différents équipements de tri des déchets. C?est la direction qui est prise par l?Exécutif et nous la soutenons. Ce nouveau plan pour la propreté qui est soumis à notre Conseil est le produit d?un travail sérieux. Il pose des bases solides au développement d?un service public, qui est, par essence, au plus près des citoyennes et des citoyens, et qui est profondément lié à leur qualité de vie. Notre groupe y souscrit, tout en apportant quelques remarques. La première est celle de la place de la régie publique. Si le modèle mixte entre public et privé à Paris fonctionne, nous devons pousser à une plus grande part de régie publique lorsque cela est possible. Nous pensons tout d'abord que la gestion en interne est plus économique que l'externalisation dans de nombreux cas. Elle permet également à notre administration de disposer d'une puissante force de frappe qui dispose de moyens suffisants pour adopter rapidement et sur un périmètre très large des innovations techniques ou organisationnelles. Alors que nous sommes pleinement ancrés dans la transition écologique, disposer de moyens pour innover et adopter de nouvelles pratiques est une richesse qu'il ne faut pas négliger. Mais la régie permet surtout de garantir aux agents de meilleures conditions de travail et une meilleure sécurité professionnelle par leur statut. C'est pourquoi nous examinerons systématiquement, au cas par cas et à la fin de chaque marché, le retour en régie de compétences externalisées et déléguées à des entreprises du privé. Nous regrettons d'ailleurs que cette question ne soit pas développée dans votre communication. Enfin, notre dernière remarque sur votre communication portera sur l'économie circulaire. L'engagement ambitieux de la Ville en faveur du recyclage répond à une réelle nécessité et nous sommes satisfaits que cette question soit prise à bras le corps par l'Exécutif. La question du réemploi de nos déchets et de leur insertion dans un nouveau cycle d'utilisation devient primordial. Nous apprécions les pistes que vous dessinez, notamment par l?utilisation des biodéchets pour le monde agricole. La mise en place de l'économie circulaire n'est pas seulement une nécessité dans le monde d'aujourd'hui, elle est également un vecteur puissant de création de nouveaux emplois. La gestion des déchets, le recyclage, la récupération et la réparation présentent un important potentiel de développement. Du point de vue environnemental, économique et social, elle est porteuse de progrès à travers les créations d'emplois qu'elle est susceptible de générer. Nous disposons de véritables atouts pour mettre en place cette nouvelle économie. L'utilisation des voies navigables ou ferroviaires, comme la petite ceinture, aux fins de transporter les déchets dans les usines de traitement, permettrait de limiter les va-et-vient de camions et par extension les embouteillages et la pollution. C'est pourquoi nous devons aller plus vite dans la création d'un système performant de recyclage des déchets et que nous devons l'inscrire dans une stratégie qui touche tous les niveaux institutionnels. Au niveau parisien, métropolitain, régional comme national, un plan de réutilisation des déchets doit émerger pour inscrire notre modèle de société, sur des bases plus saines. L'économie circulaire est un des moyens d'entamer à notre échelle la transition écologique. Nous le répétons, cette transition relève d?un intérêt général majeur et ne doit pas être polluée par les questions de marge financière et de rentabilité à court terme. La question de la mutation écologique doit être portée principalement par la puissance publique afin que ce progrès environnemental, économique et social soit partagé par tous. C'est pourquoi nous avons besoin de moyens supplémentaires à tous les niveaux institutionnels pour mettre en place cette transition et garantir à tous le progrès humain. C'est dans ce sens que nous demandons régulièrement dans ce Conseil, des recettes supplémentaires pour nous mettre en capacité de répondre à ces enjeux primordiaux. Nous devons sortir au plus vite de cette logique comptable de réduction des dépenses publiques, ce dogme de l'austérité qui est en décalage total avec les défis que nous aurons à relever. Le plan que vous nous proposez, Madame la Maire, va vers une application plus fine du service public dans les questions environnementales. Il faut que les autres échelons institutionnels, et particulièrement l'Etat, nous suivent afin de permettre à tous de profiter pleinement de l'espace public et d'un environnement plus sain. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - C'est moi qui vous remercie, Monsieur LE RESTE. La parole est à M. Buon Huong TAN, pour le groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants.

M. Buon Huong TAN. - Merci, Madame la Maire. Madame la Maire, mes chers collègues, au nom du groupe RGCI, je tiens tout d'abord à saluer le travail des agents mobilisés au service de la propreté de la ville. Ces personnels travaillent dans un cadre urbain en évolution constante. De nouveaux quartiers sortent de terre, l'espace public s'agrandit, de nouveaux usages apparaissent. Face à ces mutations, nous devons apporter des réponses adaptées, localisées et efficaces, pour garder notre ville propre. Les équipes en charge de la propreté doivent être accompagnées et renforcées pour cela. Les mesures prises par ce plan de renforcement de la propreté sont à la hauteur de cette exigence. Le recrutement qui débute cette année avec la création de 100 nouveaux postes permettra ainsi de renforcer les effectifs dans les nouveaux quartiers. Des situations locales appellent bien souvent des réponses locales. Nous nous réjouissons des nombreuses orientations qui vont dans ce sens. Les équipes seront fidélisées et autonomes pour affiner leur connaissance du terrain et échanger durablement avec les usagers. Des engins de nettoyage seront adaptés à la particularité des rues et des quartiers et, enfin, la politique de propreté sera davantage décentralisée et le copilotage avec les maires d?arrondissement sera renforcé. Assurément, nous ouvrons une approche plurielle de l'entretien de Paris. La propreté est l?affaire de tous. Déployer de nombreuses dispositions visant à responsabiliser les citoyens et, au-delà, tous les usagers de la ville est essentielle. Le groupe RGCI s'est toujours engagé à valoriser le civisme pour améliorer durablement la qualité de vie au quotidien. Nous avions d'ailleurs interpellé l'Inspection générale de la Ville de Paris afin qu?elle mène une inspection annuelle des incivilités volontaires. L'année dernière, notre Assemblée a adopté la majoration de l'amende sanctionnant le jet de mégots, d'ordures ou de tout autre déchet sur l'espace public. Ce plan permettra son application effective par la création d'une brigade chargée de verbaliser ces incivilités. Seule des sanctions réelles permettront de faire changer le comportement de ceux qui dégradent au quotidien notre cadre de vie. La réappropriation de l'espace public par les citoyens passe aussi par la nécessaire atténuation de la pression publicitaire. Elle constitue trop souvent une pollution anarchique et agressive. Notre groupe s'était mobilisé sur cette question en 2014, notamment par un v?u visant à lutter contre les tags publicitaires au sol. Dans cet esprit, nous continuerons à porter dans cette Assemblée la lutte contre l'affichage sauvage et la stricte application de notre règlement intérieur de publicité. La prise en compte des objectifs de développement durable constitue également l'un des axes majeurs du plan présenté. En matière d'écologie, Paris a souvent montré l'exemple. C'est encore le cas aujourd'hui et nous sommes donc favorables au processus de commande publique de matériels innovants et non polluants. Je souhaite également intervenir sur le renforcement de l'économie circulaire et du tri. Nous devons nous engager dans un plan ambitieux de recyclage et de valorisation de tous les déchets qui peuvent l'être, et ils sont nombreux. 75 % des déchets contenus dans les poubelles vertes pourraient être recyclés ou valorisés. La stratégie Zéro déchet va pour nous dans ce sens. Elle change le regard que l'on porte sur les déchets, pour les considérer comme une ressource. En effet, enfouir ou incinérer un déchet revalorisable est une aberration écologique mais aussi économique. Pour un emploi créé par l'enfouissement des déchets, le tri et la collecte en créent 30. Ce changement de paradigme autour du déchet nécessite un processus de co-construction. L'approche ne peut être seulement verticale. L?action politique doit s'accompagner d'une large concertation associant citoyens, usagers, associations, acteurs économiques et institutionnels. Sans cette prise de conscience commune et le partage de cette ambition, réussir serait une gageure car pour valoriser en aval, il faut trier en amont. Et force est de constater que le tri est encore loin d'être réellement approprié par les usagers. Malgré la généralisation du tri pour les particuliers, de nombreux immeubles n'ont pas la place d'accueillir tous les bacs nécessaires. Nous soutenons donc ainsi la mise en place des tris libres à proximité de ces immeubles déficitaires. A titre personnel, je me réjouis que le 13e soit l'un des 5 arrondissements qui expérimentent le tri libre, cette année. Je ne manquerai pas d'en suivre la mise en place et de faire remonter les retours d'expérience. Les collectes dans les marchés couverts et les cantines doivent aussi être poursuivies. L?expérimentation d'un nouveau bac dans les immeubles va dans le bon sens, tout comme l'installation d'un composteur dans chaque jardin public parisien. Mais aujourd'hui déjà, peu de Parisiens connaissent les composteurs déjà à la disposition. Des particuliers mais aussi des commerçants et des restaurateurs doivent être associés à cette démarche ambitieuse pour permettre son succès et sa généralisation. Vous l'avez compris, pour un Paris agréable à vivre, le groupe RGCI apporte tout son soutien à ce plan de renforcement de la propreté. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Buon Huong TAN. La parole est à M. Jean-Didier BERTHAULT, pour le groupe les Républicains.

M. Jean-Didier BERTHAULT. - Merci. Madame la Maire, mes chers collègues, enfin, l?Exécutif municipal nous présente une communication sur un sujet qui avait été un thème majeur de la campagne municipale et annoncé comme prioritaire depuis avril 2014, et il semblerait que le terme communication soit particulièrement bien adapté à l'exercice de ce matin. Le document n'a été porté à la connaissance des Conseillers de Paris que le jeudi 4 février, à la limite des délais réglementaires. Cette rétention semblait justifiée par la primeur des annonces réservées à la presse, rassurez-vous, cela ne nous étonne plus. Les annonces n?en sont d?ailleurs pas, tant tout avait été présenté lors du budget dernier. J?aurai d?ailleurs pu reprendre au mot près l?intervention que j?avais faite au mois de décembre. Pour preuve, pour dissimuler cette pauvreté, vous adjoignez à la communication la stratégie zéro déchet. Revenons donc sur le problème majeur de la propreté à Paris. Une gestion des ressources humaines de la DPE défaillante. Il ne suffit pas de recruter 80 éboueurs supplémentaires pour rayer d?un coup de baguette magique l?ensemble des problèmes. Je le rappelle, cette direction est celle qui subit et de loin le plus fort taux d?absentéisme de la Ville de Paris. Cela découle évidemment d?un niveau de pénibilité élevé, mais celui-ci ne permet pas de tout expliquer. Il suffit de discuter avec les agents pour saisir le manque de considération dont ils font l?objet et la démotivation qui en découle. Le matériel de nettoiement est parfois d?un autre âge, souvent mal adapté à leurs missions et donc rarement pleinement opérationnel. Ils ne disposent tout simplement pas aujourd?hui des moyens minimaux pour assurer leurs missions. Le lavage des trottoirs est aujourd?hui très complexe à organiser du seul fait que le matériel demeure en panne parce qu?il n?y a pas de crédits pour les réparer. Il est donc urgent de bâtir un programme pluriannuel de remise à niveau des moyens matériels de la DPE, comme nous le suggérions lors du débat budgétaire. La mécanisation accrue des tâches est la seule manière de s?attaquer aux racines de la pénibilité. Des matériels ont récemment été testés mais ils ne répondent que partiellement aux attentes des agents de la DPE. La communication le reconnait, la fidélisation des agents à leur territoire d?intervention est un gage de motivation. Cependant, votre communication ne propose aucune piste d?amélioration. Vous auriez pu évoquer, par exemple, la question du stationnement pour les agents habitant en grande banlieue et ne disposant pas de la possibilité de venir en transports en commun en raison de leurs horaires de travail décalés. Avant de créer de nouveaux postes budgétaires, il faudrait déjà pourvoir ceux qui sont ouverts. Depuis plusieurs années maintenant, nous vous demandons de cesser de repousser les commissions de recrutement. Cela désorganise lourdement les divisions locales et rend difficile l?organisation des opérations de nettoiement. Je renouvelle au nom de mon groupe notre demande de connaitre l?ensemble des effectifs de chaque arrondissement. Il semble que les nouveaux postes ne serviront qu?à déployer des moyens humains dans les nouveaux quartiers, ce qui signifie qu?à périmètre constant, les renforts sont inexistants. Juste un mot sur la question des déchets puisqu?elle apparaît dans cette communication. Les objectifs en matière de développement de la collecte des biodéchets sont louables, et vous auriez d?ailleurs pu prendre en exemple le projet d?unité biogaz porté par le S.I.A.A.P., le plus gros en Ile-de-France, pour un investissement de près de 300 millions d?euros, et qui fera l?objet d?un partenariat ambitieux avec le SYCTOM. Cet oubli fâcheux est assez symptomatique du peu de consistance accordée à cette communication, éloignée des solutions qu?attendent les Parisiens et je laisse à mes collègues le soin d?en détailler toutes les lacunes. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci. La parole est à Mme Edith GALLOIS, pour le groupe UDI - MODEM.

Mme Edith GALLOIS. - Merci, Madame la Maire. En Tunisie, une jeune chambre économique a pris l?initiative de promouvoir la beauté de l?art pour la propreté, en faisant faire par des artistes des peintures murales. Au Maroc, c?est le Conseil des jeunes leaders d?Agadir qui a pris l?initiative d?un court métrage intitulé "La propreté, c?est un signe de civilisation". Oui, la propreté est un signe de civilisation et de modernité. Visiblement, votre communication prouve que vous en prenez maintenant conscience, c?est une bonne chose parce qu?il y avait urgence. Je rappelle que 68 % des Parisiens sont mécontents de la propreté de Paris. La propreté est une condition incontournable de l?hygiène et donc de la santé publique, mais c?est aussi le respect des autres, vous l?avez dit vous-mêmes, une forme de politesse, une caractéristique de la civilisation et donc de la culture. Pourquoi l?avoir niée et négligée ? La propreté, c?est beaucoup plus qu?un aspect technique de la vie quotidienne. Freud dans "Le malaise dans la civilisation", une ?uvre tardive publiée en 1930, décrit la beauté, la propreté et l?ordre comme les caractéristiques de la conquête de la civilisation et de la culture. Et celle-ci, selon lui, s?efforce d?endiguer l?agressivité humaine. Ce préambule peut vous paraître surprenant mais, pour moi, il est très important parce qu?il faut définitivement ôter de l?esprit collectif que prôner la propreté serait ringard. On n?est pas un vieux ronchon racorni quand on demande le respect des rues, des quais, des espaces verts. C?est tout l?inverse. On est dans le développement durable, dans l?éco-responsabilité et donc dans la modernité. Vous, Mao PENINOU, qui aviez joué sur les mots en disant que Paris n?était pas une ville sale mais salie, par cette communication, la Maire de Paris et vous-même déclarez l?intention de prendre toute la mesure du problème et d?agir plus et mieux que vous ne l?avez fait jusqu?à présent. Nous vous en savons gré. Vous nous proposez un dispositif à deux niveaux, deux étages dans la fusée pour le grand saut organisationnel vers la propreté. Le premier est la communication et la sensibilisation des Parisiens, sur ce que j?appellerai le devoir de propreté qui, selon nous, doit être compris comme un devoir civique. Il faut effectivement accompagner cette évolution des états d?esprit et de la conscience collective par des moyens appropriés. Ce premier volet nous paraît plutôt satisfaisant. Concernant le deuxième étage de la fusée, celui de la gestion du nettoiement, le saut organisationnel et technique que vous nous annoncez ne peut pas se faire avec les moyens que vous nous proposez malheureusement, parce que vous restez sur l?ancien système de copilotage entre la mairie centrale et les mairies d?arrondissements. Ce système qui a pourtant fait la preuve de son inefficacité, vous le reconduisez. Pourquoi ? Les mairies d?arrondissement doivent avoir de vrais pouvoirs en matière de propreté. Il faut rétablir une politique de proximité pour la propreté, comme vous comptez le faire pour la police. Il faut donner l?autorité fonctionnelle et hiérarchique aux maires d?arrondissement sur les personnels, ce qui n?est pas prévu. Pourtant, la dilution des responsabilités est un frein à la réactivité et donc à l?efficacité. Le système actuel n?est pas satisfaisant et pour personne, ni pour les élus d?arrondissement et surtout pas pour les employés qui souffrent d?un énorme malaise chez les agents public de nettoyage. L?importance démesurée de l?absentéisme, au sein de la DPE, selon un rapport de l?administration parisienne de 2008, n?a pas diminué depuis. Elle est bien l?expression d?une gestion du personnel très insatisfaisante. Les mettre sous l?autorité directe des maires leur donnerait davantage le sentiment d?appartenance à une équipe, à un quartier. Il est certain, comme vous le dites, qu?il est important de faciliter et de valoriser leur travail qui peut revêtir beaucoup d?ingratitude. La gestion mixte du personnel permet d?ailleurs de comparer les chiffres de rentabilité : 570 tonnes de collecte de déchets par an par agent du privé pour 491 tonnes par agent en régie à Paris. Je rappelle que le coût moyen de la collecte par habitant est de 81 euros alors qu?il est de 21 euros à Londres. Il serait temps donc de se poser effectivement les bonnes questions. Pour conclure, je dirai que votre communication prouve une tardive mais réelle prise de conscience. Il faudrait que les moyens déployés soient tout aussi réels. Je vous propose une solution, Madame la Maire, changez de logiciel. Changez de logiciel, acceptez la déconcentration, responsabilisez les maires, faites jouer la proximité, sans quoi nous craignons que votre saut organisationnel ne se réduise à un simple petit rebond. Cela n?est pas notre souhait, ni celui des Parisiens. Il en va de notre fierté de Paris qui a été bien mise à mal. Le syndrome de Paris et l?association "Green Bird" sont des exemples que l?on aimerait vite oublier. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame, mais je crois que, hier, vous étiez présente dans le débat que nous avons eu sur la déconcentration, le statut de Paris et le rôle des maires en la matière. La parole est à M. Rémi FÉRAUD, pour le groupe Socialiste et Apparentés.

M. Rémi FÉRAUD, maire du 10e arrondissement. - Merci, Madame la Maire. Mes chers collègues, parmi les mesures annoncées pendant la campagne municipale de 2014, celles concernant le renforcement de la propreté étaient importantes. Elles sont attendues, car nous savons combien les Parisiens et les usagers de Paris sont exigeants en ce domaine. Depuis une vingtaine d?années, Paris a beaucoup évolué. De nouveaux quartiers ont été créés, beaucoup de lieux de la capitale ont vu leur fréquentation augmenter et les pratiques, notamment sur l?espace public, se sont modifiées. Les avancées majeures affirmées lors de la COP 21 ont également imposé des changements de pratiques, en matière de déchets et de consommation, que nous devons prendre en compte et porter chaque jour dans nos politiques publiques. C?est pourquoi je veux saluer, au nom du groupe socialiste, le très important plan de renforcement de la propreté, présenté aujourd?hui grâce au travail de Mao PENINOU et de l?ensemble des équipes de la Ville de Paris. Ce plan est équilibré, car il permet d?agir sur plusieurs leviers, de changer d?approche aussi, afin que la mobilisation en faveur de la propreté, soit totale, partagée et responsable. Ce n?est pas un problème de vieux ronchons racornis, pour reprendre l?expression de Mme GALLOIS, mais il faut sortir du "y?a qu?à faut qu?on" et d?une certaine culture de l?irresponsabilité. La Chambre régionale des comptes a déjà souligné le service remarquable que Paris offre en matière de propreté, avec 2.900 kilomètres de trottoirs, 1.600 kilomètres de rues nettoyées chaque jour, sans équivalent dans les autres grandes villes françaises, je cite le rapport. Pour l?améliorer, le plan prévoit à la fois un renforcement des moyens budgétaires pour renouveler et moderniser les engins de collecte et de nettoyage, c?est indispensable, mais aussi de recruter du personnel supplémentaire avec, comme vous l'avez dit, 100 postes budgétés dès cette année. Cela permettra d'améliorer le nettoyage des nouveaux quartiers et d'étendre l'amplitude horaire du nettoyage car nous savons que c'est une évolution nécessaire. C'est le premier volet d'un plan pluriannuel. Les marges de man?uvre budgétaires sont limitées, mais cet effort quantitatif est nécessaire; il devra être poursuivi. En matière de recrutement, la propreté est bien l'une de nos priorités. Une des innovations majeures contenues également dans ce plan consiste à mieux répartir les services - je le disais - tout au long de la journée et de la soirée pour répondre aux nouveaux usages, aux nouvelles fréquentations des lieux, festifs, touristiques. Nous devons mieux adapter nos services à des réalités qui évoluent. Cette réactivité est évidemment un défi pour un service public dont l'organisation est très complexe. Je salue également l'important relais ressources humaines du plan qui mise sur la richesse que confèrent à nos personnels la proximité, la connaissance du terrain. Leur métier n'est pas toujours assez valorisé alors qu?ils possèdent beaucoup de savoir-faire qu'il faut transmettre et également faire connaître aux Parisiens. Le renforcement de la formation est également très bénéfique dans cette optique. Comme maire d'arrondissement, je suis sensible bien sûr au rôle plus important donné au copilotage de la propreté à l'échelle des arrondissements, à la proposition de nommer un "référent propreté" par conseil de quartier, notamment pour suivre l'évolution de la situation de chaque quartier. Charge désormais aux maires d'arrondissement de se saisir de ce copilotage. Charge à nous tous de ne pas être dans le "y a qu'à, faut qu'on", de prendre nos responsabilités. Il n'est pas nécessaire pour cela de remettre en cause le statut de la Fonction publique parisienne, son unité. Ce n'est pas une question de hiérarchie, c'est une question d'investissement des équipes municipales d'arrondissement dans l'organisation du service public de la propreté dans l'arrondissement. Le deuxième volet ensuite du plan consiste à renforcer le rôle actif des Parisiens à l'amélioration de la propreté, c'est indispensable. Nous sommes dans une ville où à la fois beaucoup d'usagers de Paris salissent l'espace public, souvent par négligence, et, en même temps, où une grande majorité des Parisiens veulent voir la situation s'améliorer. Il faut que la responsabilité soit partagée par une prise de conscience de la société parisienne. Cela passe par l'amélioration des moyens existants. Nous le faisons avec l'installation de nouvelles sanisettes, la construction de nouvelles déchetteries, une ressourcerie par arrondissement, l'expérimentation de Trilib' avant sa généralisation en 2017. C'est l'amélioration de l'application "DansMaRue" qui permet de signaler des lieux sales, d'y remédier au plus vite. C'est le cas avec la nouvelle édition de "Paris fais-toi belle" qui a remporté un grand succès et qui sera renouvelée cette année. C'est le cas avec la multiplication - j'en témoigne dans le 10e arrondissement autour du canal Saint-Martin ou du quartier La Chapelle - des opérations dites "Clean-up day". Je salue également les campagnes de communication de la Ville qui permettent de sensibiliser les usagers à l'importance du tri et de la collecte. En matière de propreté, nous devons absolument poursuivre la sensibilisation pour faire changer les comportements et aussi accentuer la répression, la verbalisation pour que ces comportements changent. C'est l'objet de la création de la brigade de lutte contre les incivilités, très attendue dans beaucoup de quartiers de Paris. Il ne faut pas craindre cette augmentation de la verbalisation. Il faut au contraire en espérer un changement des comportements. L'augmentation du tarif des amendes, passé de 35 à 68 euros, pour abandon de mégots sur l'espace public - et le volontarisme de la Ville en la matière - a déjà eu un impact. Il faut poursuivre dans cette voie car, dans le même temps, ce plan prévoit également, par exemple, la mise à disposition de 125.000 cendriers de poche. Cela montre que la verbalisation s'accompagne des moyens offerts aux Parisiens pour accompagner ce changement de comportement. Enfin, le dernier volet de ce plan, c'est l'inscription de notre stratégie "zéro déchet" dans la démarche d'économie circulaire mise en place avec Mao PENINOU et Antoinette GUHL. Nous devons changer nos comportements là aussi, considérer les déchets comme une ressource durable. Le tri doit encore être renforcé pour collecter les bio-déchets. L'expérimentation qui sera menée dans les 2e et 12e arrondissements permettra à terme de récupérer plus de 50 % des poubelles vertes et de les transformer en biogaz ou en compost. C'est donc un défi considérable qui s'ouvre à nous. En même temps, c'est un impératif pour à la fois améliorer la vie quotidienne et participer à la construction d'un monde écoresponsable. Les partenariats avec des villes du monde entier dont vous avez parlé, Madame la Maire, montrent que nous partageons avec beaucoup cette préoccupation. Soyons fiers du rôle que Paris joue aujourd'hui pour tracer une voie nouvelle en la matière. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - C'est moi qui vous remercie, Monsieur le Président et maire du 10e arrondissement. Votre avis m'importe énormément aussi en tant que maire d'arrondissement. Madame SIMONNET, vous avez la parole, pour deux minutes.

Mme Danielle SIMONNET. - Chers collègues, la stratégie "zéro déchet" va, bien évidemment, dans le bon sens. Elle implique de mener une politique écologique et sociale qui prenne en compte le fait que nous vivons dans un monde où nos ressources sont limitées. C'est donc un très bon objectif qui vise à changer notre rapport aux déchets dans nos modes de consommation et de production. J'applaudis la volonté de la Ville de Paris d'installer une troisième poubelle de tri dans les immeubles, qui sera destinée à collecter les déchets organiques. Il faut impérativement tendre vers la collecte des bio-déchets en porte à porte afin de réduire la quantité de déchets qui finit dans l'incinérateur. Oui, cette collecte devrait être assurée en régie publique et j'applaudis le fait qu'elle le sera dans l'expérimentation menée dans deux arrondissements. Seul le service public est à même de garantir l'intérêt général et un service de qualité pour toutes et tous. Cette communication dit également que la politique de la propreté est indissociable de celle de la gestion des déchets. Elle insiste sur le fait que de nombreux déchets pourraient être recyclés au lieu d'être brûlés et de polluer l'atmosphère. Alors, pourquoi soutenir le projet du SYCTOM ? A quoi bon reconstruire l'incinérateur d'Ivry-Paris XIII ? A quoi bon construire un centre de T.M.B.-Méthanisation ? C'est totalement illogique. Le collectif 3R propose un plan alternatif bien plus en phase avec la stratégie "zéro déchet". Appuyez ce plan plutôt que celui du SYCTOM et défendez-le au sein du SYCTOM. Ce projet citoyen, c'est le plan B.O.M. : baisse des ordures ménagères. Comme quoi, il n'y a pas que sur les questions européennes qu'un bon plan B existe. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame. Madame BERTHOUT, vous avez la parole, pour le groupe les Républicains.

Mme Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement. - Madame la Maire, mes chers collègues. Vous avez le sens de la formule : stratégie "zéro déchet". Vous annoncez un grand plan de propreté de Paris quand le dernier remonte à il y a à peine deux ans. Il utilisait quasiment les mêmes mots et les mêmes intentions. Les Exécutifs passent, la saleté reste. Pas une journée, je devrais dire "pas une heure", sans que nous ne soyons interpellés sur l'état de saleté de la Capitale. Les sondages convergent tous : pratiquement les trois quarts des Parisiens sont insatisfaits. Pour TripAdvisor, la capitale arrive à la 33e place sur les 40 villes de son classement. Pourtant, le poids de la fiscalité liée à la propreté n'a cessé d'augmenter ces dernières années. Le taux d'enlèvement des ordures ménagères et les redevances versées par les professionnels sont bien plus élevés que le coût réel de collecte et de traitement des déchets, vous le savez. Entre 2001 et 2013, les recettes de cette taxe et les redevances versées par les professionnels ont augmenté de 55 % - excusez du peu. Quant à la taxe de balayage, elle a également connu une augmentation vertigineuse pouvant aller jusqu'à plus de 600 % pour certains ménages entre 2011 et 2012. Les moyens déployés sont importants, c'est vrai. M. PENINOU d'ailleurs les rappelait : 4.900 éboueurs, 690 conducteurs, 500 bennes, 500 engins, un demi-milliard de budget. Toutefois, ces moyens sont inégalement répartis et surtout totalement inadaptés à la réalité du terrain. Nous manquons, par exemple, systématiquement de balayeurs, pour tenir compte du seul roulement des équipes, des congés et des absences. La Direction de la propreté utilise encore trop souvent, qui plus est, du matériel vieillissant pour ne pas dire "vétuste", ce qui retarde les opérations de nettoiement, sans parler des véhicules diesel qui représentent encore plus d'un tiers du parc de la Régie de la Ville de Paris. Cela génère autant de pollution que de nuisances sonores. S'ajoute la question qui prête, hélas, trop souvent à sourire, même si elle ternit considérablement l'image de la capitale auprès des touristes, celle du déploiement notoirement insuffisant des sanisettes. Je suis intervenue à plusieurs reprises auprès de vous, cher Mao PENINOU, pour que le 5e arrondissement, notamment aux abords des quartiers les plus touristiques, bénéficie de sanisettes supplémentaires, par exemple, sur des emplacements libérés par les cabines téléphoniques boulevard de Port-Royal, place du Petit-Pont, quai de la Tournelle, rue Censier, rue Mouffetard, rue Saint-Jacques, rue des Écoles. Or, à ce jour, seuls deux projets seraient à l'étude, ce qui est notoirement insuffisant. De la même manière, je demande avec mon groupe l'extension des horaires d'ouverture desdites sanisettes. Vous annoncez un renforcement des moyens humains et techniques sur la propreté, très peu d?ailleurs sur le renforcement des sanisettes, et poursuivez les efforts sur les deux volets. Bien sûr, nous serons à vos côtés, mais attention à ne pas stigmatiser les Parisiens, même si les incivilités doivent être sanctionnées. Paris n'est pas une ville salle mais une ville salie, disiez-vous. Nous allons vers une verbalisation massive. Il y a encore de mauvais médecins qui préconisent de traiter le mal par le mal. En l?état, une verbalisation massive ne réglerait rien. Il est impossible de mettre un agent verbalisateur derrière chaque contrevenant et la saignée risque d'aggraver l'état du malade si les moyens supplémentaires ne servent pas prioritairement à réduire l'état de saleté de l'espace parisien. Il faut avant tout accepter d?adapter le travail des équipes de nettoyage aux nouveaux usages de la voie publique. Les habitudes des touristes et des Parisiens dans les lieux publics ont en effet considérablement évolué ces dernières années. On stationne aujourd?hui là où on ne faisait que passer hier. Oui, vous avez raison sur ce point, Mao PENINOU, la tradition du grand coup de propre du matin, et uniquement de ce grand coup de propre, ne suffit pas. Cette question de l'adaptation du travail des équipes est d'autant plus indispensable qu'au sein des services techniques de la Propreté de Paris, la priorité est toujours donnée à la collecte pour des raisons d?ailleurs bien compréhensibles de salubrité publique au détriment de la propreté des rues. La collecte des objets encombrants signalés et la collecte des dépôts sauvages sont quotidiennes, tandis que la propreté des rues se fait selon une planification sur des zones prioritaires souvent en fonction aussi des moyens humains disponibles. Cette situation aléatoire explique en partie le fait incompréhensible pour les Parisiens que les axes secondaires sont souvent, voire toujours moins bien traités, voire pas du tout le week-end. Cette organisation souvent déconnectée de l'état de propreté en l'espèce de saleté de l'espace public parisien ne pourra notoirement être améliorée sans une implication des maires d?arrondissement avec, par exemple, la création de pôles logistiques et techniques sous l'autorité hiérarchique et fonctionnelle des maires, comme je l'évoquais hier. Voilà un domaine important dans lequel, ma collègue le disait tout à l?heure et elle a bien raison, un transfert de compétences ferait sens, pour peu qu'il soit évidemment assorti des moyens nécessaires. Cela permettrait d'améliorer la situation et surtout de valoriser les équipes malmenées et désorganisées, équipes sans lesquelles il est impossible d'obtenir des résultats probants. Ce sont à ces équipes, dont le travail est souvent ingrat, mais qui sont très impliquées, à qui je voudrais rendre hommage, ces équipes qui sont le nerf de la guerre. Merci.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - La parole est à Mme Maud GATEL, pour le groupe UDI-MODEM.

Mme Maud GATEL. - Merci, Madame la Maire. Madame la Maire, mes chers collègues, beaucoup de choses ont été dites et je ne reviendrai pas sur la perception négative des Parisiens et des visiteurs sur la propreté de notre Capitale. Le volontarisme en la matière doit être de mise car ce sont le cadre de vie des Parisiens et l'image de notre ville dont il s'agit. Il faut donc se donner des obligations de résultat et pas seulement de moyens, car c'est seulement ainsi que l'on permettra un changement des comportements individuels, l'exemplarité appelant l?exemplarité. Dans cette communication, certaines annonces vont dans le bon sens - c?est le cas de l?annonce de la création de 100 postes -, mais il faut aussi s'attaquer aux causes du mal-être des agents qui fait de la DPE la direction où le taux d?absentéisme est le plus fort. Certaines pistes sont évoquées dans la communication mais elles paraissent aussi timides que tardives. Cet élément est pourtant central pour améliorer significativement le service rendu aux Parisiens. Les investissements dans du nouveau matériel y contribueront, mais cela a été dit par Jean-Didier BERTHAULT, pour un véritable saut qualitatif, il faut veiller à leur entretien. Aujourd'hui, les pannes de matériel sont très fréquentes, avec des conséquences immédiates sur l?efficacité des tournées. Nous le demandions dès 2008, donc mieux vaut tard que jamais ; je me réjouis de la mise en place de la Brigade verte qui doit permettre des interventions rapides en cas de nuisances. Nous avions également demandé que des lieux de collecte supplémentaires puissent être installés sur les nouveaux lieux de rassemblement. A l?époque, il nous avait été répondu que c?était inutile. Vous avez changé d'avis, tant mieux. Le déploiement des corbeilles de rue et l?annonce de la diffusion des cendriers de poche devraient permettre de diminuer significativement le nombre de mégots dans nos rues. Je redis néanmoins la nécessaire mobilisation de tous en la matière et particulièrement des restaurateurs à travers le balayage des terrasses et la mise à disposition de leurs clients de cendriers. Enfin, l'annonce d'une version 2 tant attendue de l'application "DansMaRue" va évidemment dans le bon sens, tant les dysfonctionnements de la version actuelle sont nombreux. Je voudrais également insister sur une dimension qui est absente de la communication, celle des déchets de chantier. Nous considérons qu'une plus grande fermeté doit être de mise, certaines sociétés s'affranchissant régulièrement de leurs obligations. Or, ces dépôts sauvages en appellent d'autres. Pour mesurer les efforts accomplis et le chemin qui reste à parcourir, nous proposons que soit mis en place un dispositif d?évaluation de la politique de propreté à travers un baromètre plus efficace que celui qui existe actuellement. Toujours dans une perspective d?évaluation, mais également d'information des riverains, une carte des interventions en temps réel pourrait être mise en place. Dans le 15e arrondissement, on s?aperçoit que certaines rues ne sont pas nettoyées pendant 10 jours, et ceci n'est pas normal. La réactivité des interventions est en effet la clé pour l'amélioration de la propreté dans les arrondissements. Je regrette, comme d'autres orateurs l'ont fait avant moi, que la question de la subsidiarité n'aille pas plus loin. Aujourd'hui, le système actuel dilue la responsabilité et ne permet pas une réelle réactivité que les Parisiens sont en droit d?attendre sur cette question. Il nous faut donc une délégation réelle de la gestion de la propreté aux maires d?arrondissement, assortie des moyens humains et financiers correspondants. Vous en convenez, les résultats du tri sélectif à Paris restent encore trop limités. Pour remplir les objectifs de la politique "zéro déchet", plusieurs éléments nous semblent nécessaires. Nous avons eu l?occasion de le dire, 2 espaces propreté et 7 CVAE, c'est trop peu pour Paris. L'augmentation du nombre de déchetteries doit donc être une priorité. Ne tardons pas. 2020, ce n'est pas loin. 58 % des Parisiens souhaitent plus d'informations sur le tri et le recyclage. Les actions menées à destination des enfants vont évidemment dans le bon sens, mais il serait utile qu'elles soient déployées à l'égard de l'ensemble de la population. Nous vous proposons, par exemple, qu?au moment de leur installation dans la Capitale, les Parisiens se voient remettre un guide du recyclage, car les pratiques varient d?un lieu de résidence à un autre. Enfin, parce que la réutilisation est le meilleur moyen d?accéder au zéro déchet, nous vous proposons de systématiquement coupler la collecte des encombrants avec le travail des ressourceries. Au-delà des annonces qui sont présentes dans cette communication, c'est leur déploiement effectif dans des délibérations à venir qui nous permettra de juger de l'efficacité réelle de ce nouveau plan propreté, et plus encore, son évaluation détaillée dans le prochain rapport annuel. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame. La parole est à Mme Frédérique CALANDRA, pour le groupe Socialiste et Apparentés.

Mme Frédérique CALANDRA, maire du 20e arrondissement. - Je vous remercie. Madame la Maire, vous l'avez très bien dit, la propreté est, en tout cas doit être, désormais, l'affaire de tous. Cela signifie qu'elle ne peut être que le résultat d'une coproduction, d'une co-élaboration entre le service public municipal et les citoyens, nos habitants. On ne peut, comme l'a dit Rémi FÉRAUD, continuer avec un face-à-face stérile entre d'un côté ceux qui seraient les fournisseurs ou les producteurs de propreté, et de l'autre, des consommateurs de propreté. Moi-même, je suis témoin, année après année, de ces débats, notamment dans le cadre des conseils de quartier, où cela commence toujours par des habitants qui râlent sur la saleté des rues, jusqu'à ce que l?on en vienne à faire le vrai diagnostic. Comme l'a dit Mao PENINOU, et pardonnez-moi de vous le dire, ce n'est pas un jeu de mots, ce n'est pas jouer sur les mots : si la ville est sale, c'est effectivement qu'elle est salie. Tant que des personnes - et Madame BERTHOUT, ce ne sont pas seulement des touristes de passage, ce sont aussi nos habitants -, sortiront sournoisement la nuit pour faire faire des déjections à leurs chiens sans qu?elles soient ramassées, tant que des artisans indélicats sortiront leurs gravas, notamment sur la rue Pierre-Soulié dans le 20e arrondissement, tant que des commerçants sortiront leurs bacs en dehors des horaires de collecte, tant que des personnes feront mal le tri dans les bacs, nous aurons des problèmes. Nos équipes ne sont pas désorganisées, elles se sentent souvent méprisées et maltraitées par les habitants eux-mêmes. Permettez-moi de vous dire que cela pèse sur leur moral et cela pèse sur le mien. Je suis maire d'arrondissement, ce n'est pas moi le soir qui sors des encombrants. Ce ne sont pas nos équipes qui vont salir les rues. Nous nettoyons tous les matins les rues, nous ramassons les bacs de façon très correcte à Paris et nous constatons que les rues sont régulièrement salies de façon excessive. Je rappelle que nous sommes la seule ville de France à fournir un service, le 3975, totalement gratuit pour nos habitants. Il suffit de passer un coup de fil, le service est excellemment fait. Comment se fait-il qu'il continue à y avoir plus de 50 % des encombrants qui ne sont pas pris en compte, qui ne sont pas ramassés dans le cadre de ce service, alors qu?il suffit d?appeler ? J?ai joué moi-même au client mystère, je peux en attester. Il y a donc bien un problème de culture, d'éducation. Il y a un problème de comportement qui se pose dans les pays latins plus souvent que dans les pays d'Europe du Nord et de l'Est. Ce n?est pas mettre en accusation nos habitants, c?est le constater : nous devons y remédier. Nous ne pouvons continuer à étendre toujours plus les moyens. Ce n'est pas qu'une question de recrutement de personnel, même si, et j'en profite pour placer ma petite liste de courses auprès de l'adjoint à la propreté? Le 20e arrondissement, permettez-moi de vous le dire, mes chers collègues, a 200.000 habitants, et historiquement, il a été assez maltraité. Cela ne date pas de la gauche, je tiens à le dire. Le 15e aussi. Nous sommes deux, Monsieur GOUJON, et le diagnostic est posé par M. PENINOU et Mme HIDALGO très honnêtement.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je suis d'accord. D?ailleurs, ces deux arrondissements sont sous-dotés.

Mme Frédérique CALANDRA, maire du 20e arrondissement. - Ce n'est pas qu'une question d'effectifs, c'est une question de culture de la propreté. Cela se fait en travaillant avec les habitants au quotidien. C'est pourquoi je souscris totalement à la démarche entreprise par François DAGNAUD, puis par Mao PENINOU, de co-élaboration dans le cadre des plans de propreté des conseils de quartier. Le fait de désigner des référents renforcera ce processus. Cela se passe très bien dans le 20e arrondissement et les habitants ont pris conscience, en élaborant eux-mêmes le plan de charge de nos services, de la difficulté que cela représentait. Je n?ai cessé d'entendre des affirmations telles que : "ma rue n'est jamais nettoyée". Bien sûr que c'est faux. Certaines le sont moins que d?autres parce qu'on ne peut pas nettoyer toutes les petites rues du 20e aussi souvent que les grandes artères. Sinon, nous allons faire exploser les impôts des Parisiens et nous ne le souhaitons pas. Que faut-il faire ? Il faut faire tout ce qu'ont annoncé Mme HIDALGO et Mao PENINOU, c'est-à-dire améliorer le tri, le plan de recrutement pluriannuel qui passera à 100 postes, dont 79 éboueurs, dès cette année, continuer la sensibilisation des scolaires, car l?éducation aux bons gestes se fait très jeune, la prévention d'une façon générale, travailler sur la relance d'un nouveau matériel en veillant aux problèmes de pollution, et il faut donc nous-mêmes élaborer notre demande de matériels non polluants avec d'autres villes européennes, travailler à l'amélioration du tri domestique, à l?élaboration d'une charte des événements éco-responsables qui s'appliquera dès 2017, et j?en passe. Je ne vais pas tout lister, mais tout ceci, ce sont d'excellentes pistes. Je voudrais conclure en parlant de la répression des incivilités. Je suis navrée, Madame BERTHOUT, je pense que nous avons beaucoup fait de sensibilisation, beaucoup de prévention, beaucoup d'alertes. Désormais, nous devons renforcer la répression, sinon, nos compatriotes ne changeront pas d'attitude. Je me réjouis que les amendes, les contraventions, sur les jets sur la voie publique soient passées de 35 euros à 68 euros, notamment en ce qui concerne les mégots. Je me réjouis de la lutte contre les tags publicitaires sur les sols. Je me réjouis surtout que soit bientôt créée une brigade renforcée chargée de la verbalisation des incivilités qui portent atteinte à l'espace public et à l'environnement. Je veux terminer mon propos par ce projet que j?appelle de mes v?ux depuis longtemps. Cette création d'une brigade de lutte contre les incivilités déjà largement entamée aura deux objectifs : accompagner le développement des nouveaux usages de l'espace public et des espaces verts, et vous avez raison, Madame BERTHOUT, il y a de nouveaux usages. D'autres maires d'arrondissement l'ont dit, il faut les accompagner et y travailler. Renforcer les actions de prévention et de médiation, mais aussi la verbalisation. Elle rassemblera, comme vous le savez, les agents du CAPP de la DPP et des agents d?accueil et de surveillance de la DEVE. J'ai rencontré la cheffe du CAPP, Mme Muriel BERNARDIN - et j'encourage tous mes collègues maires d'arrondissement à le faire, parce que c'est une très bonne professionnelle -, de façon à voir avec elle comment travaillera cette brigade et comment travaillent dès aujourd'hui les agents verbalisateurs. Je suis leur travail de très près. D?ailleurs, comme maire d'arrondissement, je fais mes propres préconisations d'intervention au CAPP, en lien avec les autres services, dans le cadre de notre réunion mensuelle sur l'espace public. Sur la responsabilisation et la déconcentration au niveau des arrondissements, je soutiens très fortement ce mouvement. Je mets en garde contre le désir éperdu de gestion directe des personnels de la propreté. Je ne crois pas - je les rencontre régulièrement - qu'ils soient particulièrement malmenés ou désorganisés. Je crois qu?ils sont parfois découragés de voir, jour après jour, les incivilités se reproduire. En tout cas, je souhaite continuer à aller vers une cogestion des personnels avec l'Hôtel de Ville, mais certainement pas une gestion directe des personnels des services centraux déconcentrés sur nos arrondissements, parce que vous avez adoré les grèves sur le parvis de l?Hôtel de Ville et vous adorerez les camions bennes en grève sur vos parvis des mairies d'arrondissement. C?était une petite conclusion amusée mais je vous alerte sur ce sujet.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame Frédérique CALANDRA. La parole est à Mme BÜRKLI, pour le groupe les Républicains.

Mme Delphine BÜRKLI, maire du 9e arrondissement. - Merci, Madame la Maire. A la lecture de votre communication et en entendant les différents orateurs ce matin, on constate aisément que vous continuez à considérer que Paris n'est pas une ville sale mais une ville salie. C?est naturellement une lapalissade. Avec 2 millions d?habitants ajoutés à près de 50 millions de touristes par an sur un territoire de 105 kilomètres carrés, dire que Paris est salie est une évidence. Face à cette évidence, la Ville doit mettre vraiment les moyens pour assurer le nettoyage, ce qui n'est pas fait à 100 % pour plusieurs raisons. D'abord, la majorité de nos agents travaillent le matin. Pour ne prendre que l?exemple du 9e arrondissement, nous avons quatre ateliers le matin et un seul l'après-midi. Le matériel, que ce soient les aspiratrices de trottoirs ou les laveuses, est vétuste et leur nombre est insuffisant. Beaucoup de mes collègues avant moi ont pu le dénoncer. Enfin, les zones touristiques ne sont malheureusement pas gérées. Pour reprendre l'exemple du 9e, c'est notre division propreté, dimensionnée pour 60.000 habitants, donc sous-dotée, qui doit assurer le nettoyage du secteur Haussmann Opéra qui reçoit entre 150.000 et 180.000 visiteurs par jour. J?entends que le 20e est sous-doté, que le 15e est sous-doté. A cela se rajoute le 9e arrondissement. Un motif de satisfaction, cependant, dans cette communication, et qui répond à une demande que j'ai souvent formulée auprès de M. PENINOU, et je me réjouis qu'elle puisse être entendue aujourd'hui : vous annoncez des ateliers d'après-midi supplémentaires, puisque que les éboueurs supplémentaires qui seront embauchés viendront renforcer prioritairement les équipes d'après-midi, et c'est une bonne chose. Permettez-moi cependant de vous faire part de mon scepticisme sur les chiffres annoncés. Le recrutement de 79 éboueurs en 2016, à l?échelle de Paris, me paraît totalement insuffisant eu égard aux enjeux, rien que sur le 9e où un atelier supplémentaire est absolument nécessaire. Comme vous le savez, nous aurions besoin d'une vingtaine d?éboueurs supplémentaires, sans compter l'encadrement. Sur le matériel, ensuite, je souhaite que vous puissiez aller beaucoup plus loin. Il est aujourd?hui vétuste et souvent en panne. Pire, les nouveaux matériels - je cite par exemple les aspiratrices de chaussée électriques, dont vous continuez à faire la promotion dans ce document - sont particulièrement inefficaces. Je l'ai constaté moi-même. Les gens de la propreté le disent très souvent, le constatent et le déplorent. Aujourd'hui, vous nous présentez des orientations pour un renforcement de la propreté. Je parle d'orientations, puisqu?il s'agit d'une communication. Je regrette qu'aucun projet de délibération ne vienne concrètement accompagner ce document. Sur la stratégie "zéro déchet", rien que sur mon arrondissement, des actions concrètes ont été mises en place : collecte et recyclage des mégots de cigarettes grâce à 100 cendriers de rue qui ont été déployés sur l?espace public en début d?année : collecte des biodéchets dans les cantines des écoles, de collèges, de lycées ; installation de compost partout sur le territoire, dans les immeubles, à la mairie, dans les équipements publics. Je regrette que dans la communication, on ne parle pas aussi des expérimentations qui, conformément à la charte des arrondissements, ont été mises en place dans plusieurs arrondissements, dont le 9e arrondissement. Quand on parle de concertation, de copilotage avec l'arrondissement, pourquoi passer sous silence des expérimentations qui portent leurs fruits ? Plus qu'un renforcement de la propreté, c'est une profonde révolution qui a été engagée pour que ce service public soit à la hauteur des attentes des Parisiens : une révolution des horaires des agents qui doivent être plus adaptés au mode de vie des Parisiens, une révolution avec la mécanisation des prestations de nettoyage - il est très clair que nos rues doivent être davantage lavées et plus régulièrement -, des moyens humains et mécaniques dédiés aux zones touristiques. Sur ce point, je réitère ma demande de disposer d'une brigade dédiée pour les secteurs Opéra, Haussmann, Drouot, qui doit devenir prochainement une zone touristique internationale. Quand vous dites que Paris est une ville salie, vous pointez du doigt les nombreuses incivilités sur le territoire parisien. Quelque part, vous avez raison, et j'ai entendu avec beaucoup d?attention l?intervention de Frédérique CALANDRA. Les encombrements, les épanchements d?urine, les dépôts sauvages dégradent la propreté. Je dénonce aussi le fait qu'il y ait peu d'agents verbalisateurs. Nous aussi, nous travaillons très étroitement avec eux, mais deux agents sur l?ensemble du 9e, c'est bien peu. Cependant, je crois que la saleté attire la saleté et je fais avec vous le pari que si l'espace public était plus souvent lavé, les habitants et les touristes feraient certainement plus attention. Enfin, je terminerai mon propos en rendant hommage à une division propreté remarquable, inadaptée aux défis de la propreté de Paris, certes, mais impressionnante, une équipe d?encadrement déterminée et des agents de propreté motivés, soucieux de l'image qu'ils renvoient, avec un vrai sens du service public. Je rends hommage à leur travail, qui devrait être mieux mis en valeur car les agents de la propreté se considèrent comme les laissés pour compte de l'administration parisienne alors que leur mission de service public est essentielle. Avec des investissements et une mise en valeur du travail de nos agents - j'ai eu l'occasion d'intervenir à plusieurs reprises depuis 20 mois, ces agents sont le pivot de notre Ville -, je suis persuadée que nous pourrons parvenir à améliorer ensemble la propreté de Paris. Merci.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. Thomas LAURET, pour le groupe Socialiste et Apparentés.

M. Thomas LAURET. - Madame la Maire, mes chers collègues, qui de nous tous n'a effectivement jamais été interpellé sur le sujet de la propreté ? On voit bien dans les interventions aujourd?hui que chacun considère que son arrondissement est maltraité ou insuffisamment doté. Ce n'est pas nouveau. C'est une thématique permanente, comme d?ailleurs les efforts qui ont été faits par l'Exécutif pour y répondre, tant nos concitoyens portent sur la propreté de nos espaces publics une appréciation variable et difficile à mesurer. On le remarque encore aujourd'hui, chacun a une vision un peu différente du niveau de propreté de son arrondissement ou des moyens qui y sont alloués. Certains d'entre nous, surtout d?ailleurs quand ils sont dans l?opposition, en font d'ailleurs une des principales thématiques de campagne, avec la sécurité à coup de montages photo, dans mon arrondissement notamment, et reportent évidemment l'entière responsabilité sur la Ville, même quand ils refusent de participer à l'élaboration du plan local de propreté. Mais ne polémiquons point, agissons, c'est ce que nous faisons aujourd?hui et, oui, il est important de renforcer la propreté. Je veux saluer ce volontarisme et souligner quelques-unes des actions de ce plan, Madame la Maire, chère Anne, Monsieur l?adjoint, cher Mao, même si nous savons que d'autres plans suivront et que la perfection dans ce domaine est impossible à atteindre, car il s'agit d'agir tant sur les organisations que sur les comportements. D'abord, en ce qui concerne le volet propreté, je veux féliciter les services qui mettent en place de nouveaux outils innovants. L'application "DansMaRue", qui a déjà quelques années, fonctionne très bien et sa nouvelle version, j'en suis certain, permettra d'accroître sa popularité. Elle permet aux Parisiens de signaler des problèmes et participe de cet esprit de qualité. Frédérique CALANDRA l?a testée, je l'ai également testée, c'est un outil formidable. L'acquisition de matériel électrique est plébiscitée par le budget participatif et le renforcement de matériel de mécanisation - 15 millions d'euros pour 2016, je crois - plus efficace, moins bruyant, moins polluant et de nature à réduire la pénibilité physique de ces métiers. Troisièmement, la relocalisation des garages, par exemple les bennes qui traitent le 16e arrondissement seront positionnées pont du Garigliano au lieu d?Ivry-sur-Seine, ce qui limite foncièrement les déplacements et permet de gagner du temps, donc indirectement des ressources qui peuvent être réaffectées aux priorités et notamment au nettoyage des trottoirs. Ensuite, je veux saluer les efforts de responsabilisation des citoyens. L?expérimentation dans le 2e et dans le 12e puis, je l?espère très rapidement, la généralisation des poubelles pour déchets organiques. L'opération "Paris, fais-toi belle", renouvelée. La fameuse verbalisation. J'entends à droite que l'on dit que c'est trop où que ce n'est pas le sujet. Mais 68 euros, cela reste minime, des brigades renforcées pour appliquer cette verbalisation, tant il est difficile de verbaliser sur le fait. Il y a encore de la marge quand on regarde ce que font d'autres pays. On parlait de San-Francisco dans ce domaine. Dans une région de Californie, on est à 500 dollars d?amende pour laisser des déchets sur la voie publique. Je crois comme Frédérique CALANDRA que c'est un moteur important qui permettra de réduire la saleté de nos rues. Enfin, je veux souligner aussi l?approfondissement du copilotage et de la mise en place des enveloppes budgétaires déléguées aux maires d'arrondissement en lien aussi avec les conseils de quartier. Evidemment, la proximité et la responsabilisation sont de nature à favoriser la réussite de ce plan, à condition que chacun ne se renvoie pas la balle. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur LAURET. La parole est à Mme KUSTER, pour le groupe les Républicains.

Mme Brigitte KUSTER, maire du 17e arrondissement. - Madame la Maire, mes chers collègues, depuis l'arrivée de la gauche à la Mairie de Paris, la malpropreté est un sujet d?insatisfaction générale, Bertrand DELANOË l?a rapidement reconnu, sitôt d?ailleurs son mandat achevé. La situation est devenue dans certains sites parisiens insupportables car subie au quotidien et semble même devenue maintenant impossible à éradiquer, particulièrement à la périphérie de Paris, mettant en exergue avec les communes voisines la différence de traitement et de moyens mis en ?uvre. Notre espace public n?est pas tenu et dans trop d?endroits, le non-droit devient d?ailleurs la règle dans certains quartiers, où la saleté attire la saleté et où elle n?est que très faiblement réprimée. Il faut dire que les moyens fournis par la Mairie de Paris ne sont pas au rendez-vous. Sans parler du fort taux d'absentéisme à la Direction de la Propreté, les effectifs utilisés pour verbaliser les comportements inciviques sont dérisoires. On compte par exemple 4 agents verbalisateurs pour 171.000 habitants dans le 17e arrondissement. C?est pourquoi le transfert envisagé des A.S.P. pour renforcer les effectifs qui combattent les incivilités ne pourra être qu'une bonne chose. Par ailleurs, avec la hausse vertigineuse de la taxe de balayage, taxe dont vous remarquerez au passage qu?elle est particulièrement inéquitable, nos trottoirs devraient pour le moins être propres. Il n?en est évidemment rien et les Parisiens sont même appelés cyniquement à contribution, dans tous les sens du terme, avec l'opération "Paris, fais-toi belle" par laquelle ils fournissent ainsi le beurre et l'argent du beurre. Cette saleté engendre aussi une perte d'attractivité économique d'autant plus préjudiciable qu'elle confère à la France une image désastreuse auprès des visiteurs étrangers. Notre Capitale a ainsi le triste privilège d'avoir donné son nom à un trouble psychologique appelé "syndrome de Paris". Il n?est pas étonnant dans ces conditions, même si ce n'est pas l'unique facteur, que Paris ne parvienne jamais à surpasser sa rivale Londres dans les classements internationaux des métropoles les plus attractives. Ainsi, face au constat d'échec acté par votre communication, nous devons imaginer de nouveaux modes de fonctionnement. C'est pourquoi nous proposons que les maires d'arrondissement soient au c?ur de la stratégie de propreté de Paris, puisqu'ils sont les premiers sollicités par leurs administrés qui ne conçoivent pas qu'ils n'aient pas plus de pouvoir pour améliorer leur quotidien. Il faut davantage de pragmatisme et d'ambition. En tout premier lieu, même si cela semble être une évidence, il faut que les agents verbalisateurs soient présents au moment des infractions. Or l?évolution de leur rythme de travail telle qu?elle nous été annoncée semble très restrictive. Il faudrait donc intégrer une souplesse alors que, nous le savons, les incivilités suivant leurs origines ont des horaires nécessitant une grande amplitude. Paris doit aussi être plus volontaire sur certains phénomènes qui empoisonnent la vie de ses habitants comme les étiquettes publicitaires autocollantes qui vandalisent les murs des immeubles, les poteaux électriques ou les feux tricolores. Il y a également les prospectus qui sont posés sur les pare-brise et que l'on retrouve bien trop souvent par terre. Nous avions d?ailleurs, à l?époque, proposé un v?u que vous avez rejeté sans même formuler la moindre contre-proposition pour interdire ces prospectus sur les véhicules. Je ne me lasserai pas non plus de répéter combien je déplore que vous ayez joué "petits bras" pour la collecte pneumatique des déchets sur la Z.A.C. "Clichy-Batignolles", 81e futur quartier de Paris présenté par vous-même comme un écoquartier. Seulement, en limitant aux seuls immeubles d?habitation cette collecte pneumatique, vous avez ruiné l'espoir de créer un quartier pionnier sans camion-benne. Pour conclure, contrairement aux apparences, la propreté mérite un grand professionnalisme et une véritable volonté politique. C?est une affaire sérieuse dont les enjeux sont beaucoup plus importants que l'on ne pourrait le croire. Les comportements sont longs à faire évoluer et nécessitent rigueur, astuce, volontarisme et constance. En tant que maire du 17e et je m'exprime ici aussi au nom d'autres maires les Républicains, nous l?avons dit, la frustration est quotidienne quant au manque de moyens donnés. Vous venez de nous annoncer des nouvelles sanisettes, des milliers de cendriers de poche. Formidable, mais sachez que nous ne vous avons pas attendu, avec nos faibles moyens d?arrondissement pour sensibiliser les habitants à des comportements plus civiques tant au niveau du tri sélectif qu'à un éco-civisme. Ce matin, vous disiez dans "le Parisien", Madame la Maire, je vous cite : "Paris, ce n?est pas 20 maires mais un maire qui s'appuie sur 20 arrondissements pour travailler. Il y a une unité à conserver." Madame la Maire, merci sur la propreté d'en faire une réalité.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. Jacques BOUTAULT, pour le groupe Ecologiste de Paris.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Madame la Maire, chers collègues, assurément ce plan de renforcement de la propreté accompagné de la stratégie "Zéro déchet" sont les bienvenus. Certes, nos rues sont loin d'être nettes, mais incontestablement le geste du ramassage de la déjection canine entre peu à peu dans les habitudes et la multiplication des corbeilles de propreté, avec leur éteignoir pour cigarettes, concourt à améliorer la situation. La mise en place de la verbalisation pour jet de mégot, concomitamment à une campagne de communication pérenne, devrait en outre peu à peu contribuer à changer cette mauvaise habitude, car on l?ignore souvent, mais un mégot va polluer jusqu?à 7 litres d?eau et en plus, il est très difficile à balayer lorsqu?il va se nicher dans les interstices des dalles de trottoirs. Tous les agents de propreté de Paris vous l?expliqueront. Je voudrais aussi me réjouir de la plus grande implication des maires d?arrondissement dans la définition des politiques locales de propreté que va rendre possible l?évolution du statut de Paris, avec notamment un budget déconcentré pour les investissements locaux liés à la propreté, et bientôt, je l?espère, pour le fonctionnement local lié à la propreté. Mais je voudrais essentiellement axer mon intervention sur la stratégie "zéro déchet", car en effet, le meilleur déchet, c?est celui que l?on ne produit pas. Et lorsque nous en produisons, nous devons prendre conscience qu?il peut être une ressource valorisable par recyclage ou le simple réemploi. Avec la ressourcerie Paris Centre ouverte en 2013, que vous avez inaugurée, Madame la Maire, le 2e arrondissement s?est très tôt inscrit dans cette démarche. Depuis cette date, il est possible aux habitants du centre de Paris d?éviter que les objets, disques, vêtements, meubles ou appareils ménagers dont ils veulent se débarrasser soient envoyés en centre d?enfouissement ou en usine d?incinération. Grâce à cette initiative soutenue par la Mairie de Paris, qui s?inscrit dans le cadre de l?économie solidaire, nous parvenons à réduire considérablement notre empreinte écologique : 300 tonnes de déchets sont évitées par an. Le gain est économique et écologique, mais aussi social, puisque la ressourcerie Paris Centre favorise l?insertion de personnes en difficulté : huit salariés, dont six en contrat d?insertion, font vivre la structure. Les écologistes souhaitent que l?objectif d?une ressourcerie ou recyclerie par bassin de 100.000 habitants soit atteint durant la mandature. Le 2e arrondissement a aussi été pionnier en matière de collecte des biodéchets : depuis janvier 2015, les déchets alimentaires de tous les restaurants scolaires du 2e y sont collectés pour être valorisés. Montrer que gaspiller n?est pas une fatalité et faire des déchets organiques une richesse sont les deux objectifs de cette démarche. Ces restes alimentaires des restaurants scolaires sont collectés quotidiennement et acheminés vers une usine de méthanisation, où ils sont transformés en énergie électrique, en chauffage et en compost. Cette action permet aussi de faire prendre conscience aux enfants qu?il n?y a pas de déchet ordinaire. Dans la réalité, rien ne se perd. Les vrais déchets, c?est la pollution qui résulte de notre incapacité à recycler. Sur les 12 écoles du 2e, ce sont tous les mois 6 tonnes de déchets qui sont ainsi collectées. Une fois méthanisés, les déchets servent à produire un total de 2.000 kilowatts-heures de chaleur, 2.000 kilowatts-heures d?électricité et près de 5 tonnes de compost, une production d?énergie qui correspond à la consommation électrique d?une centaine de foyers pendant une semaine. Il s?agit maintenant d?aller plus loin et de généraliser aux ménages la collecte des biodéchets en plaçant un bac supplémentaire dans leurs immeubles. Je suis très heureux que le 2e arrondissement ait été choisi avec le 12e pour expérimenter cette collecte que, parmi les grandes villes, seules San-Francisco et Milan mettent aujourd?hui en ?uvre. Cette collecte en porte-à-porte dans les arrondissements denses comme le 2e arrondissement est un véritable défi que les services de propreté municipaux s?apprêtent à relever. Chaque ménage de l?arrondissement devrait se voir doté d?un bio-seau à placer dans sa cuisine et destiné à collecter uniquement les épluchures de préparations de repas et les restants d?assiettes. Aujourd?hui, on estime que les trois-quarts du volume des bacs verts sont constitués de déchets qui pourraient être revalorisés sous forme de méthane ou de compost, alors qu?ils sont incinérés, générant ainsi de la pollution. Evidemment, cette évolution doit s?accompagner de beaucoup de pédagogie et de communication pour encourager les changements d?habitudes, même si de nombreux Parisiennes et Parisiens sont volontaires pour ce geste, qui, s?il se répète à grande échelle, peut largement contribuer à réduire notre empreinte carbone et nous aider à nous rapprocher des objectifs de la COP 21. Enfin, dans la mesure où beaucoup d?immeubles, pour cause de manque de place, ne disposent pas de bac jaune, et encore plus, manquent d?espace pour la poubelle blanche, des lieux de collecte sur voie publique, appelés "Trilib'", vont être installés dans plusieurs arrondissements : dans le 2e, mais aussi dans les 4e, 13e, 18e et 19e, représentant 40 points d?apport. C?est une très bonne idée. "Trilib'" permettra l?apport volontaire, sur l?espace public, de matériaux recyclables comme le papier, le carton, le verre, le textile et certains types de plastiques, avec pour objectif principal de remédier à cette lacune des immeubles dépourvus de bacs de tri car trop étroits. La gestion des déchets est un outil essentiel de la transition énergétique. Aussi, je voudrais remercier Mao PENINOU et Antoinette GUHL pour leur démarche et pour la confiance qu?ils accordent au 2e arrondissement, en l?ayant proposé comme arrondissement pilote pour expérimenter "Trilib?" et pour la collecte des déchets en pied d?immeubles. Je remercie aussi la direction de la DPE et tous les agents du service municipal de la propreté qui, au quotidien, contribuent au recyclage et à la propreté de nos rues. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, Monsieur le Maire. Madame Claire de CLERMONT-TONNERRE, vous avez la parole, pour le groupe les Républicains. Il reste deux orateurs pour les Républicains, avec 2 minutes 30 pour les deux.

Mme Claire de CLERMONT-TONNERRE. - Madame la Maire, souvenez-vous, pour votre première sortie en tant que Maire, vous aviez choisi de vous rendre dans un atelier du 15e pour annoncer la présentation prochaine d?un plan général d?action afin d?améliorer la propreté de Paris, un enjeu que vous aviez alors qualifié de priorité. C?était le 9 avril 2014. Depuis, mois après mois, annonces et reports se sont succédé. Mois après mois, nos agents en sous-effectifs ont effectué leur mission avec un déficit de moyens techniques et un matériel vétuste. Mois après mois, les habitants du 15e ont dénoncé la saleté de leur quartier. Or, si la propreté est votre priorité, Madame la Maire, donnez au 15e les moyens humains et matériels indispensables pour assurer le balayage et le lavage de nos 150 kilomètres de rues et 300 kilomètres de trottoirs, soit plus d?un million de mètres carrés à nettoyer dans un arrondissement qui a gagné 15.000 habitants en 15 ans. Si la propreté est votre propriété, augmentez le nombre de sanisettes à Paris, qui dispose d?un ratio deux fois plus faible qu?à Berlin, mais aussi améliorez le système d?enlèvement des encombrants qui défigurent Paris, notamment dans le 15e, où vous venez de nous doter de véhicules, certes neufs, mais dont la capacité de charge a été diminuée de près de la moitié. Si la propreté est véritablement votre priorité, mobilisez l?ensemble des services municipaux pour améliorer la qualité de l?espace public, car la propreté, ce n'est pas seulement ramasser les détritus, c?est aussi lutter contre toutes les détériorations ; c?est entretenir les pieds d?arbres en les confiant à un service unique ; c?est exiger des chantiers avec des palissades propres ; c?est retirer les autocollants qui masquent les panneaux de signalisation routière ; c?est remettre en place les potelets descellés et remplacer les plots écrasés ; c?est effacer les tags injurieux qui fleurissent sur les trottoirs ; c?est entretenir les bancs recouverts de fientes de pigeons ; et c?est aussi agir plus efficacement contre le vandalisme des réceptacles de collecte. Si la propreté est votre priorité, vous pourriez, Madame la Maire, comme vous l?avez fait pour le logement en juin 2014, lancer une mobilisation générale de l?ensemble des acteurs du secteur, car la propreté requiert une mobilisation de tous, qu?il s?agisse de la S.N.C.F., pour l?entretien de la sous-face des viaducs et des bordures de voies ; de La Poste, pour "détaguer" les boîtes aux lettres ; de la R.A.T.P., afin que cesse l?entreposage quotidien de dizaines de sacs non triés aux sorties des métros ; des concessionnaires E.R.D.F. et ORANGE, pour que l?entretien de leurs édicules implantés sur l?espace public soit convenable ; de la Préfecture de police, pour une meilleure gestion des barrières Vauban ; ou encore des S.E.M., afin que cessent leurs parties de ping-pong avec la Ville?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Il va falloir conclure, Madame !

Mme Claire de CLERMONT-TONNERRE. - ? pour l?entretien de certaines emprises à l?abandon, faute de clarté sur la propriété du foncier. Madame la Maire, puisque vous exigez des Parisiens qu?ils contribuent à l?amélioration de la propreté, il faut que la Ville soit elle-même exemplaire en entretenant son patrimoine, et notamment en ravalant les façades crasseuses du 9, place de l?Hôtel de Ville, qui n?ont pas été nettoyées depuis 30, voire 40 ans. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame Claire de CLERMONT-TONNERRE. Très bien. Après ce débat extrêmement utile et fort, je vais donner la parole à M. Mao PENINOU pour vous répondre.

M. Mao PENINOU, adjoint. - Merci, Madame la Maire, et merci, bien évidemment, à l?ensemble des intervenants et merci à l?ensemble des groupes d?avoir commencé par souligner la qualité et l?engagement du travail de nos agents au sein de la DPE. Je tiens aujourd'hui à les saluer moi aussi, car il est évident que sans eux, nous ne pourrions pas faire grand-chose. Je sais que les campagnes de communication de la Ville, y compris celles qui ont valorisé leur travail, ont été ressenties par eux de manière extrêmement positive. J?en profiterai aussi pour saluer la direction, et en particulier Patrick GEOFFRAY, Philippe CHEVAL et Sylvie BORST, avec lesquels je travaille quotidiennement pour améliorer la propreté de notre ville. Merci donc à l?ensemble des intervenants d?avoir salué la qualité du service public parisien de propreté. Néanmoins, j'ai tout de même remarqué que nous n'avons pas forcément tout à fait la même conception de ce service public. L'action que nous menons à la Ville, centrée sur le service public, centrée sur son développement, centrée sur sa qualité, centrée sur les agents et sur les rapports avec eux ne peut certes pas être compatible avec une action visant à privatiser des pans entiers de la propreté comme cela se fait aujourd'hui dans de trop nombreuses villes, à l'étranger comme en France, ni même d'ailleurs à éclater le service public parisien de propreté comme dans les demandes que j'ai entendues de gestion au niveau des arrondissements. Les personnels sont des personnels parisiens. Je peux vous assurer, pour les rencontrer extrêmement souvent - et d'ailleurs, je sais que nombre d'entre vous le font aussi -, qu'ils sont aussi extrêmement attachés à leur statut. Leur statut est un statut de fonctionnaires parisiens, qui leur garantit de pouvoir circuler au niveau, y compris entre les divisions, tout au long de leur carrière. Construire une carrière pour un agent de la propreté, ce n'est pas toujours facile. On ne démarre pas très haut en revenu, on ne finit pas très haut non plus. Construire une carrière, c'est pour nous une responsabilité. C'est la responsabilité que nous assumons avec la D.P.E. et franchement, elle ne se satisferait pas d'être éclatée et divisée au niveau des arrondissements. Nous préserverons - j'en suis ici le garant avec la Maire de Paris - l'unité et le statut de nos agents. Je tiens à vous le dire à tous. Renforcer la propreté en s'appuyant sur les agents, ce n'est pas bazarder leur statut. Renforcer la propreté en s'appuyant sur nos agents, c'est leur donner les moyens de faire mieux leur travail. Leur donner les moyens de faire mieux leur travail, pour nous, c'est une meilleure fidélisation, pas simplement au niveau des arrondissements, une meilleure fidélisation quartier par quartier pour qu?ils puissent connaître leurs interlocuteurs, leurs interlocuteurs gardiens d'immeubles, leurs interlocuteurs Syndic, leurs interlocuteurs commerçants. C'est le sens de la réforme que nous faisons là. C'est le sens de la réforme du fonctionnement de la D.P.E. où nous supprimons un certain nombre d'échelons hiérarchiques pour nous concentrer sur ceux qui font le travail sur le terrain, qu'ils soient éboueurs ou qu'ils soient conducteurs. Nous voulons le faire aussi par un renforcement de leurs formations, initiale et continue, de manière significative. Leur donner les moyens de faire mieux leur travail, c'est les respecter, c'est-à-dire pourvoir les postes qui existent avant d'en créer de nouveaux. Je tiens à saluer l'effort extrêmement important réalisé par la D.P.E. sur ce sujet. Nous avions recruté, en 2014, 200 agents. Nous avons recruté en 2015 300 agents. Aujourd'hui, alors que nous n'avons pas terminé le mois de février, depuis le début de l'année 2016, nous en avons déjà recruté 60 au cours de trois sessions de formation. Je salue de ce point de vue et la D.P.E. et la Direction des ressources humaines qui nous donnent les moyens aujourd'hui de faire ces recrutements. Leur donner les moyens de faire mieux leur travail, c'est aussi, en effet, renforcer les effectifs, renforcer les effectifs pour venir renforcer les arrondissements historiquement déficitaires. Oui, vous l'avez dit, Madame CALANDRA, vous l'avez dit, Madame de CLERMONT-TONNERRE : le 20e arrondissement et le 15e arrondissement sont des arrondissements historiquement déficitaires. Ils feront partie des priorités du plan de renforcement de la propreté. Je le dis ici. Ils feront partie de ces priorités comme en fera partie le renforcement d'équipes d'après-midi et de soirée pour accompagner les changements de rythme des Parisiennes et des Parisiens, cela aussi, c'est important ; comme en feront partie les arrondissements qui ont vu leurs territoires s'étendre ces dernières années parce que construire de nouveaux quartiers nécessite aussi de pouvoir les nettoyer. C'est, là aussi, un des critères qui sera extrêmement important pour nous dans ce plan pluriannuel dont, Madame la Maire, vous avez autorisé cette année la création de 100 postes. Effectivement, nous rencontrons des problèmes sur le matériel. On ne va pas se le cacher. Nous avons fait un choix de santé publique, celui de sortir du diesel le plus rapidement possible d'ici la fin de la mandature pour l'ensemble du matériel municipal. C'est un choix de santé publique car il en va de la santé des Parisiennes et des Parisiens et de nos enfants. On sait aujourd'hui comment cette dimension est en train de devenir extrêmement importante. Oui, il faut changer le matériel et il faut s'en donner les moyens. Il faut s'en donner les moyens financièrement. C'est ce que nous avons fait avec le plan d'investissement pour la mandature sur le matériel de nettoyage. Toutefois, il faut d'abord changer le matériel au niveau des constructeurs. C'est bien pour cela que je me suis rendu au Salon des constructeurs l'année dernière à Lyon, que j'irai probablement à celui de l'année prochaine à Birmingham. Surtout, c'est pour cela qu'avec la Maire de Paris, avec Patrick KLUGMAN, nous avons mis en place un plan avec l'ensemble des grandes villes européennes pour grouper nos achats pour faire pression sur les constructeurs automobiles. Il reste trois principaux constructeurs aujourd'hui en Europe qui font des moteurs susceptibles d'être utilisés dans nos machines : l'un en Allemagne, l'autre en Italie, le troisième en Suède. C'est auprès d'eux aujourd'hui que nous faisons l'ensemble des démarches pour avoir le matériel le plus performant possible. Néanmoins, il ne faut pas se faire d'illusions. Les premiers modèles qui sortent des usines sont rarement les plus performants. Nous le savons, je le sais, nos agents sur le terrain le savent et j'ai remarqué par les interventions des maires d'arrondissement que vous le savez aussi. Toutefois, nous ne relâcherons pas notre effort pour autant. Nous maintenons la pression sur les constructions. Nous maintenons nos commandes. Nous allons remplacer l'ensemble de ce matériel de la même manière que nous souhaitons qu'il soit plus adapté au terrain. Plus adapté au terrain, en achetant au niveau central du matériel qui n'est pas forcément valable pour tout Paris, mais qui peut être valable pour certains arrondissements, pour certaines rues ou pour certains urbanismes et puis, en donnant aux mairies d'arrondissement une enveloppe d'investissement localisé pour qu?elles puissent, elles aussi, choisir le matériel sur lequel elles s'appuient. Nous réfléchissons - je peux vous le dire aujourd'hui, ce n'était pas dans la communication, mais au cours des discussions qui l'ont précédée - avec Anne HIDALGO à une enveloppe qui puisse être une enveloppe de fonctionnement localisé, pour que les mairies d'arrondissement puissent solliciter notamment des régies de quartier pour, là aussi, intervenir plus précisément sur des quartiers car nous sommes convaincus que la propreté, c'est l'affaire de tous. On l'a dit : c'est l'affaire des Parisiennes et des Parisiens et c'est l'affaire de tous ceux qui aiment Paris. De ce point de vue-là, je suis désolé, Mme GALLOIS, mais nous ne comptons pas oublier "Green Bird". De la même manière que nous avons mis en place "Paris, fais-toi belle" l?année dernière, nous le renouvellerons cette année, le 4 juin. Nous nous appuierons aussi sur l?ensemble des associations, dont je salue l?action. Et je salue en particulier l?action d?une association comme "Green Bird" qui veut prendre en main, à nos côtés, avec nous, la propreté de Paris. Nous les encourageons et nous travaillons avec eux pour améliorer tout cela. Mais c?est aussi une politique partenariale qui se fait avec de nombreux adjoints de l?équipe municipale. Je tiens ici à saluer particulièrement : Pénélope KOMITÈS, avec laquelle nous travaillons sur le nettoyage et sur la mise en place du tri dans les parcs et jardins ; Célia BLAUEL, pour tout le travail qui est fait autour de l?eau, des canaux et de la Seine ; Olivia POLSKI, pour tout le travail qui est fait avec les commerçants, les artisans, car là aussi nous avons besoin de ce partenariat au quotidien. Je tiens à saluer Christophe NAJDOVSKI, avec lequel nous travaillons sur le déploiement de nouvelles sanisettes à Paris et leur élargissement horaire, car la Maire vous l?a dit tout à l?heure, un tiers des sanisettes à Paris seront maintenant ouvertes 24 heures sur 24. Nous avons un grand défi à relever de ce point de vue et sachez que nous le ferons. Nous le ferons sur les nouveaux usages de la propreté, mais aussi sur les nouveaux mésusages de Paris. Je tiens ici à dire que nous ne lâcherons rien sur la question de la propreté de nos trottoirs et des tags publicitaires sur nos trottoirs. Il est inadmissible de voir jour après jour des grandes entreprises, des boîtes de publicité ouvertement salir nos trottoirs avec leurs campagnes commerciales, en général par de fausses campagnes militantes à la faveur d?intérêts privés dont le capital est, on peut le dire, assez élevé. Nous ne lâcherons rien sur ce point et nous irons y compris sur le terrain judiciaire, car Paris a besoin d?être respectée par ses habitants, par ceux qui fréquentent la ville, par ceux qui y travaillent, par tous ceux qui l?aiment, mais aussi par les intérêts privés. Deux mots sur l?intervention de Mme BERTHOUT. Madame BERTHOUT, vous avez un talent certain, je dois dire, pour dire de manière extrêmement ferme et extrêmement dure qu?en fait nous sommes tout à fait d?accord sur les stratégies à mener. Car l?ensemble des éléments que vous avez pris, que ce soit sur le déploiement des sanisettes, que ce soit sur le renforcement de nos effectifs, que ce soit sur les horaires différents, nous les partageons. Ils sont d?ailleurs dans cette communication et je suis très heureux que nous puissions avec les maires d?arrondissement d?opposition - nous avions commencé et François DAGNAUD avait réussi à convaincre les maires d?arrondissement de la majorité - mettre en place le copilotage de la propreté. Sous cette mandature, les maires d?arrondissement de l?opposition ont décidé de nous rejoindre dans cette démarche. Moi, je m?en réjouis, je peux vous dire qu?on va avancer sur ce sujet. Je suis très content que quatre arrondissements aient déjà adopté leur plan de propreté, car je pense que ce sont des outils extrêmement importants pour pouvoir construire notre stratégie. Je voudrais terminer sur la stratégie zéro déchet ou plutôt sur le volet collecte de la stratégie zéro déchet. Comme Joëlle MOREL l?a dit au début de son intervention, le zéro déchet, ce n?est pas simplement améliorer la collecte et le tri. Le zéro déchet, c?est aussi produire moins de déchets. Le zéro déchet, c?est aussi l?éco-conception, mais là c?est vrai que nous sommes plus dans le domaine de ma collègue Antoinette GUHL, avec qui nous avons élaboré ce plan, avec qui nous travaillons aujourd?hui sur le tri et sur la collecte, mais qui se développe au-delà à travers les états généraux de l?économie circulaire et à travers toute la stratégie, notamment sur le compost de quartier, le compost de proximité, mais aussi l?éco-conception, mais aussi la discussion avec les industriels sur les emballages que nous avons à Paris. C?est grâce à cette stratégie que nous pouvons avancer sur le zéro déchet. L?ambition est extrêmement forte. Nous voulons arriver le plus rapidement possible à descendre sous les 50 % de déchets incinérés et sous le zéro % de déchets enterrés. Mais elle sera aussi à plus long terme, parce que l?objectif est d?arriver à des chiffres comme ceux de la ville de San Francisco qui est arrivée à 80 % de déchets aujourd?hui recyclés. Et pour cela, nous aurons besoin de tous. Je voudrais enfin vous dire que cette stratégie, qu?elle soit sur les déchets ou qu?elle soit sur la propreté, aura aussi son importance dans notre stratégie pour gagner les Jeux Olympiques de 2024. Il y aura des engagements très forts de la Ville pour arriver à cette stratégie "zéro déchet". Nous en avons là la première étape. Je vous remercie de l?avoir saluée.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup à vous, Monsieur Mao PENINOU, pour ces réponses et cet engagement qui est, on le voit, global, et pour cette détermination.

Je veux remercier tous les maires d?arrondissement, leur dire, quelle que soit leur couleur politique, majorité ou opposition, que je compte vraiment sur cette relation nouvelle mairie centrale et mairies d?arrondissement pour faire en sorte que notre ville soit propre. Ce n?est pas un combat de gauche ou de droite, c?est un combat de citoyens, c?est un combat qui s?inscrit dans les engagements que nous avons, à la fois pour notre ville, pour la qualité de vie, pour le développement durable. Je pense que, dans les formes d?organisation et les moyens que nous proposons aujourd?hui, il y a matière à faire cette alliance. En tout cas, comptez sur moi, je serai là aux côtés des maires d?arrondissement pour vous épauler et faire ensemble que cette ville soit propre, encore plus propre parce que les éléments d?insatisfaction, nous les avons, nous les avons débattus, nous les connaissons, mais nous savons aussi qu?il n?y a pas de solution simple. L?engagement de tous, c?est aussi cet engagement et cette alliance nouvelle que je propose entre mairies d?arrondissements et mairie de Paris pour venir à bout de la saleté de nos rues. Je vous remercie. Le v?u n° 14 est retiré et il n?y a pas de vote puisque c?est une communication.