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Juin 2010
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Conseil Municipal
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2010, DASES 26 - Signature d'une convention avec l'Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) relative à la fourniture d'informations sur la santé des Parisiens. Montant : 55.377 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2010


 

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Nous passons maintenant, mes chers collègues, à l?examen du projet de délibération DASES 26 concernant la signature d'une convention de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, plus connu sous le nom d?I.N.S.E.R.M., relative à la fourniture d?informations sur la santé des Parisiens pour un montant de 55.377 euros.

La parole est d'abord à Mme Fabienne GIBOUDEAUX.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Aujourd'hui, force est de constater que la santé dans les pays riches comme la France est une question d'actualité.

La mortalité par cancer est bien plus forte dans les pays développés que dans les pays en développement, et en France les maladies cardiovasculaires tuent chaque année entre 150.000 et 180.000 personnes. Paris ne déroge pas à cette sinistre règle et ses affections y sont les deux premières causes de décès chez les hommes comme chez les femmes.

Cependant, Paris jouit de deux caractéristiques notables qui lui permettent d'afficher une espérance de vie à la naissance record par rapport à la plupart des départements français.

L'offre de soins y est excellente, bien qu'insuffisante en capacité et bien qu'elle soit menacée et inégalement répartie sur le territoire.

La proportion de cadres et de professions intellectuelles est très forte à Paris. Or, ce sont ces catégories sociales qui statistiquement vivent le plus longtemps. En effet, on ne vit pas aussi longtemps et on ne succombe pas aux mêmes maladies selon que l'on est avocat dans le centre parisien ou ouvrier dans le nord de Paris.

L'étude qui nous est proposée est donc particulièrement intéressante car elle aborde cet aspect présumé mais mal connu de la santé des Parisiennes et des Parisiens que sont les disparités sociales en matière de santé. Les informations existantes sur la santé des Parisiennes et des Parisiens sont dispersées et il n'existe pas à ce jour de véritable tableau de bord de leur santé.

L'Observatoire régional de santé d'Ile-de-France a fait ce travail pour le département de la Seine-Saint-Denis, en abordant la santé d?un point de vue environnemental. Il est en effet avéré qu?un environnement dégradé est un facteur de risque accru pour le développement des maladies cardiovasculaires et des cancers.

Le choix qui est fait par l'Exécutif parisien est de recourir à l'expertise de l?I.N.S.E.RM., qui poursuit déjà des travaux pertinents sur les disparités sociales liées à la santé, et notamment aux maladies cardiovasculaires, et cela nous paraît judicieux.

D'autre part, les critères proposés pour établir un diagnostic sanitaire de la population parisienne nous semblent bons. Ils pourraient cependant être complétés par des données sur la qualité de l'air ou des informations plus précises sur le cadre de vie, lieux de résidence, lieux de travail, modes de transports, etc. Le laboratoire d'hygiène de la Ville de Paris et AIRPARIF disposent de données suffisantes sur la qualité de l?air pour compléter cette étude.

Il est en effet reconnu que la pollution de l'air, qu'elle soit liée à la pollution automobile, à la proximité d'usine d?incinération ou même à l'habitat, n'est pas sans lien avec la fréquence des maladies cardiovasculaires et respiratoires.

Nous attendons donc les résultats de cette étude avec impatience et nous nous garderons bien de nous satisfaire d'éventuelles bonnes nouvelles. Comme vous le savez, les chiffres ne disent pas tout. La santé peut être statistiquement bonne en termes d?occurrences de maladies, d?accès aux soins ou d'âge de décès, mais les Parisiens peuvent ressentir leur situation sanitaire de manière bien différente.

En cela, les critères liés à la santé perçue nous semblent devoir faire l'objet d'une attention particulière et être absolument maintenus dans la liste définitive des critères d'analyse.

Nous serons également vigilants quant aux suites à donner à cette étude, lorsqu'elle arrivera à son terme. Il serait en effet profitable qu'elle soit utilisée, non seulement dans le cadre de politiques sanitaires mais également de manière transversale à toutes les politiques impactant la santé de chacun d'entre nous : environnement, alimentation, transports, aménagements, etc.

D'autre part, nous serions favorables à une actualisation régulière des données recueillies, afin de mesurer l'évolution de la santé des Parisiennes et des Parisiens et d'évaluer aussi précisément que possible l'impact des politiques sanitaires mais aussi environnementales, d?aménagement, de transports sur la santé des Parisiennes et des Parisiens.

Je vous remercie.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Madame BRUNO, vous avez la parole.

Mme Catherine BRUNO. - Non.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président - Madame BRUNO donne son temps.

Madame STIEVENARD, vous avez la parole, puis nous voterons.

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, au lieu et place de M. Jean-Marie LE GUEN, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Je veux remercier Fabienne GIBOUDEAUX d'attirer l'attention sur ce projet de délibération important et qui est une initiative utile car il s'agit en effet de disposer de données objectives, rationnelles sur un état des lieux le plus complet possible et le plus précis possible de la santé de la population parisienne. C'est une façon de bien identifier les problématiques sanitaires prégnantes ou émergentes, et de construire des programmes et des actions de prévention pertinents.

Cette observation constituera un outil de connaissance approfondie pour tous les acteurs du champ sanitaire et bien au-delà, une aide à la décision politique qui vient éclairer la délibération collective, et aussi un outil d'évaluation de l'impact des politiques sanitaires mises en ?uvre. Vous avez souhaité des compléments à cette étude, je pense que M. LE GUEN examinera avec intérêt vos suggestions.

Il est vrai que cet état des lieux est réalisé dans quelques départements, à l'échelle de certaines régions mais n'a encore jamais été réalisé à Paris avec cette ampleur.

Pour élaborer ce diagnostic, la Ville, en lien avec la Caisse primaire d'assurance maladie, s?est rapprochée de l'Observatoire régional de santé d'Ile-de-France, et nous avons estimé utile de compléter ces informations par les résultats de travaux conduits à partir de données individuelles recueillies dans le cadre de l'étude Record réalisée sous la responsabilité de l?INSERM, dans l'unité de Basile CHAIX.

Son objectif m'intéresse particulièrement puisqu'il s'agit d'étudier les disparités de santé qui existent en Ile-de-France, avec un intérêt précis pour les différences observées entre quartiers favorisés et quartiers défavorisés, notamment sur la santé perçue, les comportements, le cadre de vie, la santé bucco-dentaire, le dépistage des cancers, la consommation de soins, la couverture sociale, etc.

C'est une étude très exhaustive qui est engagée. Les résultats et les conclusions de cette enquête innovante vous seront bien sûr présentés dès que possible.

(M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, remplace M. Christophe GIRARD au fauteuil de la présidence).

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci, Madame l'adjointe.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 26.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2010, DASES 26).