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Mars 2016
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Conseil Municipal
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2016 LR 1 - Moratoire sur le réaménagement de la voie sur berges rive droite.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2016


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je vous propose maintenant, conformément à la Conférence d?organisation, le débat organisé relatif à la proposition de délibération du groupe les Républicains. Il s?agit d?une proposition de moratoire sur le réaménagement des voies sur berges rive droite. Je donne tout d?abord la parole à Mme KOSCIUSKO-MORIZET.

Mme Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET. - Bonjour.

Madame la Maire, Monsieur le Préfet de police, son représentant, mes chers collègues, à quelques jours de la "Nuit des débats", nous avons choisi de revenir sur un projet qui n?emporte pas à ce jour une franche adhésion. Il faut dire que la concertation, proposée l?été dernier, manquait cruellement d?intérêt. Le projet sonne comme un air de déjà vu, dont il s?agit ni plus ni moins qu?une version allégée des aménagements de la rive gauche.

La précipitation est la caractéristique principale du projet de fermeture des voies sur berges rive droite. Le calendrier imposé est manifestement incompatible avec le respect des procédures. Le projet nécessite de tenir une enquête publique. On nous annonce que celle-ci va se tenir à la toute fin du premier semestre. Sa durée ne pourrait pas être inférieure à trente jours, c?est la loi. Une fois le rapport du commissaire enquêteur transmis, le Conseil de Paris doit approuver le bilan de l?enquête. Ce sera donc, au mieux, le Conseil de Paris de septembre qui sera amené à valider le projet. Il serait juridiquement périlleux de vouloir réaliser des aménagements à la suite de Paris-Plages dans ces conditions.

Mais pour que l?enquête publique puisse avoir lieu, encore faut-il fournir à l?autorité environnementale des études d?impact précises et réalistes, pour qu?elle puisse donner son propre avis. Or, à ce jour, ces études ne sont pas réalisées car je ne doute pas, Madame la Maire, si tel avait été le cas, que vous nous les auriez transmises, comme vous vous y êtes engagée.

Vos partenaires, et en premier lieu la Préfecture de police ont également besoin de ces études pour se positionner. Ils vous demandent d?ailleurs, depuis plusieurs mois, une étude de l?impact cumulé des différents projets que vous avez lancés, en vain. Depuis l?annonce du projet de fermeture des voies sur berges rive droite, le contexte a profondément changé. Le 13 novembre a créé une rupture douloureuse et nous impose de revoir nos politiques publiques à l?aune d?une menace malheureusement appelée à durer. Or, ce projet ne nous semble pas compatible avec le niveau élevé du risque terroriste. Nos forces de police et de secours ont besoin de pouvoir se projeter rapidement dans n?importe quel endroit de la capitale. Inévitablement la fermeture de la berge en rive droite va renforcer la congestion, obérant par là même ces temps de parcours. Les impacts prévisibles du réaménagement de la voie sur berge vont se cumuler avec d?autres projets, comme le réaménagement des places ou la mise en ?uvre du plan vélo, à tel point que la marge de man?uvre en matière de circulation risque d?être réduite à néant. A chaque accident majeur ou travaux d?importance, Paris risquera la thrombose. Mais surtout les chantiers se multiplient. Le chantier des Halles va se poursuivre encore jusqu?en 2018. Des chantiers de réaménagement de la Samaritaine, de La Poste du Louvre ou encore du site Morland nécessitent de nombreux mouvements de poids lourds et la neutralisation de voies de circulation pour y réaliser des aires d?attente déportées. Les quais hauts, principal itinéraire de substitution aux quais bas, vont également subir d?intenses travaux durant les prochaines années. Climespace va déployer son réseau de froid urbain à compter de cet été ; un chantier étalé sur deux ans. Le Louvre va prochainement procéder au ravalement de ses façades donnant sur la Seine. Le réaménagement de la place du Châtelet, concomitant aux travaux sur les théâtres, va rendre encore plus difficiles les traversées nord-sud et est-ouest de Paris. L?ensemble des Parisiens, spécialement ceux qui vivent dans les arrondissements centraux, redoutent à raison des niveaux de pollution et de nuisance sonore sans précédent. C?est la raison pour laquelle il nous semble sain de différer le réaménagement des berges à l?été 2018, une fois l?essentiel des travaux que je viens d?énumérer achevés. L?idée de différer ce projet semble désormais s?imposer auprès de nombreux partenaires de la Ville et des Parisiens dans la continuité du v?u déposé par le groupe UDI-MODEM en novembre dernier. Nous le répétons : ce projet nécessite du temps, ne serait-ce que pour proposer aux Parisiens et aux habitants de la Métropole des alternatives solides en matière de transports en commun. C?est d?ailleurs la raison pour laquelle notre projet alternatif, balayé d?un revers de main, dépassait le cadre d?une seule mandature. Il faut prendre le temps de bâtir un projet à la fois ambitieux, réaliste et surtout partagé par le plus grand nombre. Un concours d?architectes aurait fait sens pour l?ensemble de la voie sur berge, et pas seulement quelques sites, comme le prévoit l?appel à projets "Réinventer la Seine". Faisons confiance à l?innovation et la créativité des urbanistes pour ce site exceptionnel. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. Didier LE RESTE, pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

M. Didier LE RESTE. - Merci, Madame la Maire.

Madame la Présidente du groupe les Républicains, votre proposition de délibération nous laisse à vrai dire un peu perplexes. L?aménagement des berges de Seine est un projet structurant du mandat de la majorité. Il mérite à ce titre un débat mené dans de bonnes conditions et l?indispensable confrontation des points de vue.

Vouloir poser et même reposer la question de la pertinence de ces aménagements, sur le fond comme sur la forme, fait partie du débat démocratique. Vous vous servez de l?outil de proposition de délibération pour faire valoir votre rôle d?opposition dans cette Assemblée, et c?est votre droit le plus total. Vous défendez un moratoire sur le projet d?aménagement des berges de Seine, très bien. Mais encore faut-il que les arguments pour le défendre suivent et ce n?est visiblement pas le cas. Vous dites, par exemple, que ce projet ne suscite que peu d?enthousiasme. Nous pouvons opposer à cela le véritable succès populaire des aménagements sur la rive gauche qui a permis à des milliers de personnes de s?approprier des espaces publics. Ce succès, vous le reconnaissez maintenant du bout des lèvres, mais il faut tout de même rappeler que l?aménagement des berges sur la rive gauche était un de vos sujets d?opposition de prédilection lors du mandat précédent. C?était pour vous la pire des solutions et une catastrophe annoncée. La droite a désormais changé d?avis sur cette question, vous poussant désormais à jouer les Mesdames et Messieurs Plus. Nous avons tendance à penser que la confiance dans l?Exécutif, lors du précédent mandat, nous a plutôt donné raison et nous ferons de même pour celui-ci. Ce que vous reprochez dans le fond, c?est que la majorité ne prenne pas pour objectif de travail le projet que vous avez vous-mêmes présenté comme une contre-proposition. Or, celui-ci n?a pas su convaincre le Conseil de Paris, au moment où vous l?aviez présenté. Il n?a pas non plus soulevé les foules. Là où nous partageons certaines de vos inquiétudes, en revanche, c?est sur la question du report de la circulation automobile. Et là encore, on a du mal à croire les représentants d?un parti qui prône une réduction encore plus forte des dépenses et des investissements publics pour qu?ils puissent trouver les moyens nécessaires de donner la seule solution viable dans l?avenir : celle du renforcement du transport propre de personnes comme de marchandises. Plus qu?une véritable option politique, on ne discerne dans votre proposition qu?une volonté maladroite de récupérer les mécontentements que peuvent occasionner les grands travaux. Vous présentez comme une catastrophe l?articulation des grands projets de notre mandature, mais nous notons que vous nous auriez taxés d?immobilisme si nous avions fait l?inverse. Pour tout vous dire, Madame la Présidente, nous avons un peu de mal à suivre la logique de votre proposition. Vous voulez faire de grands projets tout en rejetant les conséquences de ces grands projets. Vous voulez réduire la pollution à Paris sans pour autant rien toucher. Nous vous sentons un peu perdus sur cette proposition qui ne nous donne pas réellement raison de changer d?avis sur ce projet et encore moins de vous suivre. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - C?est moi qui vous remercie, cher Didier LE RESTE. Je donne la parole à Jean-Bernard BROS, président du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants.

M. Jean-Bernard BROS. - Merci, Madame la Maire.

Madame la Présidente, mes chers collègues, votre proposition de délibération nous donne l?occasion de réaffirmer le soutien du groupe RGCI au projet de réaménagement des berges de Seine rive droite.

Trop longtemps les Parisiens ont été privés de leur fleuve et les voies sur berges ont pris des allures d?autoroute urbaine. C?était la France du tout voiture, la France de Pompidou, la France d?hier.

Aujourd?hui, les Parisiens aspirent à circuler dans un espace apaisé. Ce n?est pas un hasard si le projet retenu, à l?issue de la concertation, est le plus ambitieux. Au c?ur d?une ville très dense comme Paris, le fleuve et ses berges se doivent d'être un espace de respiration, de loisirs, de rencontres, de vie tout simplement. Si je parle de circulation apaisée, car, oui, les Parisiens souhaitent continuer à circuler dans leur ville, quels que soient les moyens de transports utilisés, notre groupe a d'ailleurs déjà exprimé son entière vigilance au sujet du report de la circulation automobile et de ses impacts.

Or, les éléments fournis par ces dernières études semblent répondre à nos préoccupations. De plus, le scénario retenu à l'issue de la concertation est le moins impactant pour la circulation. Enfin, l'expérience de la rive gauche a révélé que l'augmentation effectuée du temps de parcours s'est avérée trois fois moins importante que celle prévue lors des études.

Mes chers collègues, ne soyons pas frileux et respectons le calendrier initial annoncé, d'autant plus que l'attente des Parisiens est au rendez-vous. Depuis juin 2013, ce sont plus de 4 millions de Parisiens et de touristes, piétons ou cyclistes qui ont profité de ces 2,5 kilomètres de promenade de la rive gauche. Aujourd'hui, nous avons l'occasion de faire vivre le second ventricule de ce c?ur de Paris. L'occasion est trop belle pour passer à côté.

Pour vous rendre compte de cela, Madame la Présidente, il faut avoir un usage honnête des chiffres. Vous affirmez que seuls 422 des 933 avis déposés font part de leur soutien, ce qui est juste. En revanche, vous omettez de dire que parmi les 511 avis restants, 190 n?expriment aucune opinion, soit plus de 20 % du total des personnes concertées. Que vous le vouliez ou non, 57 % des avis exprimés se déclarent en faveur du projet. Dans d'autres circonstances, d'aucuns considéreraient ce résultat comme très confortable.

Permettez-moi également d'exprimer ma consternation de vous voir utiliser l?argument sécuritaire dans le contexte de risque terroriste pour faire reporter ce projet. D'ailleurs, souhaitez-vous réellement un moratoire ? La question se pose, tant il ne fait aucun doute que la date de 2018 n'est pas choisie au hasard. Dans cette Assemblée, personne n'a oublié le blocage gouvernemental des travaux rive gauche en 2012, et vous non plus. Ainsi, vous l'avez compris, pour toutes ces raisons, les élus du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants voteront contre cette proposition de délibération. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur Jean-Bernard BROS, pour la clarté de votre propos. La parole est à Mme Maud GATEL pour le groupe UDI-MODEM.

Mme Maud GATEL. - Merci, Madame la Maire. Madame la Maire, mes chers collègues, le groupe les Républicains, en reprenant notre v?u sur le report du calendrier du projet d'aménagement des berges rive droite, nous donne l'occasion de reparler d'un projet majeur pour la Capitale et la Métropole, et j'espère que ce nouveau débat et les réponses qui seront apportées laisseront de côté postures et dogmatisme, tant ce débat structurant mérite mieux. Rappelons que le Centre proposait, dès 2008, la suppression de cette autoroute urbaine d'un autre âge qui défigure Paris et empêche que soit renoué le lien entre les Parisiens et la Seine. Un aménagement des berges permettant un meilleur partage de l'espace public et contribuant à l'impérieuse nécessité de lutter contre la pollution. Avoir été parmi les premiers promoteurs de cette mesure nous rend particulièrement exigeants. Or tout concourt à démontrer que les conditions permettant l?adhésion de tous aujourd'hui, ne sont pas réunies. Comme en novembre dernier, nous vous exhortons à prendre le temps. Prendre le temps de la concertation, notamment avec les communes de la Métropole qui sont au moins aussi concernées que notre Assemblée par les conséquences de ce projet en termes de report de circulation. Prendre le temps de proposer de réelles alternatives en matière de transports en commun. Ceux-ci sont aujourd'hui totalement saturés. Dans le projet de l'Exécutif, aucune alternative n'est envisagée avant 2020. Par ailleurs, je rappelle le calendrier de rénovation des voies du RER A, dont on sait combien il est vital. Le tronçon parisien de la ligne la plus empruntée d'Europe sera fermé tous les étés jusqu'en 2018, un élément insuffisamment pris en compte dans le calendrier proposé dans le projet actuel. Prendre le temps d'une ambition globale. Compte tenu du caractère structurant des berges rive droite, il ne peut être pensé sans tenir compte de son environnement. Prenons le temps de déterminer un plan global des déplacements, un plan conçu en tenant compte des fermetures des berges, de l'aménagement des zones 30, en pensant les reports de circulation et en intégrant les questions de logistique urbaine. Enfin, prendre le temps de l'innovation et mettre à profit cette période pour lancer un appel à projets innovant, afin que chacun - Parisien, Francilien - puisse se saisir de ce projet de réaménagement des berges. Il est, en effet, étonnant qu'un sujet aussi structurant, d'une telle importance, ne se construise pas de la manière la plus ouverte et la plus collaborative possible, à l'image de ce qui a pu être fait pour "Réinventer la Seine", par exemple. Le groupe UDI-MODEM souhaite la réussite de ce projet, que les Parisiens et les Franciliens se l'approprient pour faire évoluer le visage de notre ville et l'adapter aux enjeux du XXIe siècle, mais pas de manière coercitive, imposée, subie. Cela doit se faire avec dialogue, concertation, pragmatisme et en proposant de véritables solutions alternatives. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame. La parole est à M. Rémi FÉRAUD, président du groupe Socialiste et Apparentés.

M. Rémi FÉRAUD, maire du 10e arrondissement. - Madame la Maire, chers collègues, "la précipitation semble être le marqueur de ce projet". C'est une phrase issue de la proposition de délibération, mais qui me paraît mieux s'appliquer à la proposition de délibération elle-même qu'au projet de réaménagement des voies sur berges sur lequel nous travaillons depuis longtemps.

Cette proposition de délibération m'apparaît d'abord être une facilité et même une grosse ficelle. Elle est d'abord peu commune puisqu?elle demande de repousser après l'été 2018, comme l?a rappelé Jean-Bernard BROS, la fermeture à la circulation des voies sur berges. On se demande d'où vient cette date, même si elle a peut-être un caractère un peu politicien, et s'il n'aurait pas été plus honnête de demander un report aux calendes grecques.

Ensuite, c'est une proposition de délibération qui est bien révélatrice de la droite parisienne. Sur tous les grands sujets, elle est pour dans l'absolu, mais dans la pratique, elle est toujours contre. La droite n'est jamais pour refuser le progrès, mais il y a toujours un prétexte pour ne pas passer à l'acte. C'est comme pour le logement social ou l'hébergement d'urgence dans le 16e arrondissement : vous n'êtes jamais contre, vous êtes tellement pour la solidarité, mais pas là, pas à ce moment-là, pas avec ces gens-là, pas comme cela. On est toujours dans le même raisonnement. Vous demandez des mesures fortes contre la pollution, mais lorsqu'il s'agit de réduire l'impact de la voiture en ville, c'est toujours non, ou plus tard, ou pas comme ça, ou pas à cet endroit-là. Vos contradictions se sont encore fait jour hier, lors du débat sur le réaménagement des places. Vous voulez que l'on aille plus loin dans la réduction de la pollution, mais surtout que l'on contraigne le moins possible, voire pas du tout, l'usage du véhicule automobile. Nous avons en tête vos prétendus contre-projets d'aménagement des voies sur berges, passant alternativement des quais hauts aux quais bas, créant un embrouillamini qui créerait d'ailleurs beaucoup plus d'embouteillages, qui n'ont pas été retenus au Conseil de Paris, comme l'a dit Didier LE RESTE, et qui, en réalité, ménagent un certain nombre d'intérêts particuliers. Nous ne voterons pas pour cette proposition de délibération, car elle ne s'inscrit pas dans le cadre d'une opposition constructive. La seule proposition, c'est l'attentisme. Nous avons largement débattu, lors de précédents Conseils, des projets soumis à la concertation qui évolueront encore dans le cadre des consultations. Nous devons rendre les berges, Patrimoine mondial de l'UNESCO, aux piétons, aux touristes, aux amoureux de Paris. Ils méritent mieux qu'une autoroute urbaine. Même si nous nous y sommes, avec le temps, habitués, il faut changer.

Nous faisons confiance à l'équipe municipale pour avancer dans ce sens, proposer des projets responsables et ambitieux, sortir du diesel à l'horizon 2020, réduire de 60 % les émissions de gaz à effet de serre, liés essentiellement à la circulation automobile. Pour cela, il faut du volontarisme, peut-être un peu de courage.

Je conclurai avec une phrase du livre de Mme KOSCIUSKO-MORIZET, page 19. Lisez-le et, surtout, tirez-en toutes les conséquences : "Nous devons fuir le conservatisme et même combattre, car il revient en force". Merci.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - C'est une belle citation. Elle ne demande qu'à être mise en application. Merci, Monsieur Rémi FÉRAUD. La parole est à David BELLIARD, président du groupe Ecologiste de Paris.

M. David BELLIARD. - Merci, Madame la Maire. Mes chers collègues, les berges de Seine de la rive droite vont être rendues aux piétons, aux vélos et aux transports doux, conformément à ce qu'a voté notre Conseil en décembre dernier. Cette reconquête est une ambition que, nous, écologistes, portons depuis longtemps. C'est aujourd'hui une nécessité d'autant plus pressante à Paris que la congestion du trafic, le manque d'espaces verts et la densité exceptionnellement élevée de notre ville, génèrent une ville et un espace trop souvent subis et contraints. Que dire de l'exposition chronique à certaines nuisances, comme la pollution de l'air ou le bruit, qui dégradent notre quotidien et notre santé. Oui, mes chers collègues, redonner de la vie aux berges de la Seine, c'est redonner de la vie à Paris. Reconquérir la Seine, c'est aussi reconstituer une continuité écologique et permettre à la biodiversité de s'épanouir le long du fleuve en reliant, à terme, les bois de Vincennes et de Boulogne, les deux poumons verts de notre ville. Nous avons l'opportunité d'offrir à nos concitoyennes et concitoyens de nouveaux espaces qui restent à imaginer, marché flottant, péniche associative, activités de réparation et généralement des activités en lien avec la citoyenneté et l'innovation sociale, qui pourront faire vivre nos berges. L?opposition veut une nouvelle fois repousser ce projet et crie à l'absence de concertation, mais au-delà d'une concertation dynamique menée l'automne dernier, qui a été un véritable succès, vous avez fait entendre vos arguments et réticences en décembre dernier, comme cela a été rappelé, et ces arguments et réticences n'ont pas été retenus par notre Conseil. Il est aujourd'hui déplorable que vous souhaitiez une nouvelle fois rejouer la partie au lieu d'utiliser votre droit de proposition de délibération annuel pour faire des propositions qui pourraient nous rassembler pour l'intérêt de notre ville, plutôt que de vouloir une nouvelle fois retarder ce projet attendu. Bien sûr, nous ne nions pas que la transition du Paris bétonné de Georges Pompidou vers une ville du XXIe siècle, plus apaisée et aménagée de façon à inciter à de nouvelles pratiques de mobilité ne se fera pas sans difficulté, mais il faut agir et changer la ville et c'est ce que notre majorité fait aujourd'hui. Votre opposition systématique vous rend caricatural, bien fragile au regard de ce projet important pour le Paris que nous construisons, une ville apaisée et respirable. C'est pour toutes ces raisons que nous voterons évidemment contre cette proposition de délibération.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, David BELLIARD, pour ces arguments percutants. Madame SIMONNET, dernière oratrice.

Mme Danielle SIMONNET. - Que rajouter de plus, ce débat-là nous l'avons eu tellement et tellement de fois ? Il faut quand même prendre conscience une bonne fois pour toutes que l'on a un seul écosystème et qu'il y a un intérêt général humain au-dessus de tout, qui est à défendre. Et que, oui, si l'on veut lutter contre la pollution atmosphérique, il faut absolument contribuer à réduire l'emprise de la voiture. Et je ne vois pas de réflexion véritablement alternative à cette question justement des berges sur Seine. Je ne vois pas quel autre projet résolument vous souhaitez porter, et je pense qu'il faut au contraire assumer ce projet et permettre vraiment aux Parisiens et Parisiennes de se réapproprier les berges de Seine et vouloir être plus ambitieux, plus audacieux pour repenser la ville et réduire l?emprise de la voiture dans l'espace urbain. Ce n'est pas l'aménagement des berges sur Seine qui règle l'entièreté des difficultés du droit à la mobilité qui sont devant nous, la question du développement des services publics doit toujours être renforcée. La question des mobilités douces doit être renforcée, mais à un moment, il faut assumer. On ne peut pas soutenir et défendre le développement ou la poursuite de l'usage de la voiture individuelle en centre-ville et assumer ces positions-là. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame SIMONNET. Christophe NAJDOVSKI pour les réponses de l?Exécutif.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci, Madame la Maire. Je voudrais rappeler à la droite de cette Assemblée que la Maire de Paris s'est engagée devant les Parisiens à poursuivre la reconquête des berges de Seine, qui avait été initiée par Bertrand DELANOË sous la précédente mandature. Et les Parisiens ont fait leur choix, il y a maintenant deux ans jour pour jour, en donnant une majorité de voix aux listes conduites par Anne HIDALGO. Deux ans après, vous voudriez rejouer le match des élections municipales que vous avez perdu.

En décembre dernier, quand nous avons adopté le projet de reconquête des berges de Seine, vous avez défendu un contre-projet. Contre-projet qui propose de maintenir du transit automobile au c?ur de la Capitale, et cela à rebours de tout ce qu?ont fait toutes les métropoles de par le monde.

Et puisque, Madame la présidente du groupe les Républicains, vous parlez de précipitation, en la matière vous vous y connaissez puisque vous proposez un contre-projet à 60 millions d'euros, excusez du peu, pour créer des rampes automobiles. Notre collègue Rémi FÉRAUD a parlé d'embrouillaminis, on aurait pu parler de gymkhanas automobiles au Centre de Paris, qui plus est, rampes automobiles qui seraient en contradiction avec la loi sur l'eau qui aujourd'hui nécessite de respecter le lit du fleuve.

Et donc ce projet, cette proposition de délibération apparaît clairement pour ce qu'il est, c'est-à-dire le choix de l'immobilisme et une man?uvre dilatoire pour refuser l'évolution de Paris. S'opposer encore et toujours au projet de reconquête des berges de Seine revient à ne pas saisir le sens de l'histoire. A Séoul, à New York, à Portland, à San Fransisco, à Seattle, à Madrid, à Barcelone, partout les initiatives de reconquête d'autoroutes urbaines sont vivement saluées et appréciées. En France, on pourrait citer l'exemple de Lyon ou de Bordeaux, où la reconquête piétonne des berges du Rhône ou des quais de la Garonne a enthousiasmé les habitants. Avant le projet des berges de Seine rive gauche, vous promettiez déjà l?apocalypse automobile. C?était aussi le cas avec le projet de la place de la République. Or, d'apocalypse il n?y en eut pas et le succès de la reconquête des berges rive gauche, comme le succès d'usage de la place de la République, ne se dément pas. Pour ce qui est de la berge rive gauche, ce sont 2 millions de visiteurs par saison qui profitent aujourd'hui de ces berges rendues aux piétons. Le projet de reconquête des berges de Seine en rive droite est un projet maîtrisé. En effet, sur la question du report du trafic, nous sommes aujourd'hui sur un volume automobile qui a déjà diminué de 25 % depuis les aménagements réalisés en 2012, et qui est aujourd'hui proche de celui enregistré sur la rive gauche avant sa piétonisation.

Les études de circulation ont montré qui n'y avait pas d'impact sur la circulation en dehors de Paris et que l'impact était localisé dans le centre avec une augmentation estimée du temps de parcours dans le cas de la fermeture complète entre le tunnel des Tuileries et le tunnel Henri IV, de 5 à 7 minutes. Il faut rappeler que pour les berges rive gauche, la circulation liée au report sur les quais hauts est finalement inférieure aujourd'hui à ce qu'avaient prévu les modèles théoriques. Ces impacts sur la circulation sont donc pris en compte et nous travaillons en parallèle à des renforts de transports collectifs sur les lignes de bus existantes et ce, dès l'automne 2016. La ligne 72 sera ainsi prolongée jusqu'à la gare de Lyon, l'objectif étant que la quasi-totalité de son parcours entre l?avenue de Versailles et la gare de Lyon se fasse en couloir de bus, ce qui garantira également pour les véhicules en charge de la sécurité, donc les véhicules de police, de bonnes conditions de circulation. Vous exprimez également, Madame la Présidente du groupe les Républicains, une inquiétude liée à la prise en compte des chantiers du Centre de Paris. Sachez que les études réalisées ont évalué les impacts et ont intégré les projets annexes du secteur. Que ce soit la Samaritaine ou les Halles, mais aussi les autres projets parisiens plus éloignés de la zone centrale. Quant aux travaux liés au réseau Climespace, ils seront phasés et organisés de façon à ne pas générer de perturbations supplémentaires sur les quais hauts. Quant au réaménagement de la place du Châtelet, il n?est pas prévu au même horizon que l'objectif de reconquête des berges. Je rappellerai que l'ensemble des études sont examinées avec nos partenaires que sont la R.A.T.P., la Préfecture de police, et leurs contraintes d'accessibilité et de circulation sont prises en compte. Compte tenu de ces éléments, nous poursuivons toujours l'objectif d'un calendrier d'ouverture à l'issue de l'opération "Paris-Plages", c?est-à-dire septembre 2016. Le calendrier est certes resserré, mais il est maîtrisé. Le dossier d'étude d'impact relatif au projet berge rive droite a été déposé le 10 mars à l'autorité environnementale, pour avis. Nous l'aurons au plus tard dans deux mois, vers le 10 mai, ce qui permet d'organiser l'enquête publique au mois de juin, et d?avoir le rapport de la commission d?enquête début août. Le Conseil de Paris sera donc en mesure de se prononcer sur la déclaration de projet en septembre, sur la base des conclusions de l'enquête publique, et les autorisations requises pour les travaux seront délivrées à l'issue de cette déclaration de projet. Les travaux d'aménagement se feront étape par étape tout en maintenant ouverte la promenade piétonne et cyclable à partir d'octobre. Voilà, le projet avance, la nature des aménagements s'affine avec une cohérence d'ensemble garantie par un cahier de prescriptions architecturales et paysagères sur l'ensemble du site. Un appel à projets va bientôt être lancé par la Direction de l'Attractivité Economique pour attribuer les locaux en fond de quai à des entrepreneurs permettant d'animer le linéaire avec de la petite restauration ou des services d?atelier, par exemple. De même, le tunnel des Tuileries deviendra une liaison douce piéton - vélo inédite et son aménagement pourra faire l'objet d'un appel à projets avec forte dimension artistique permettant de valoriser ce site unique dans le cadre de l'opération "Réinventer la Seine". Nous voterons donc contre votre proposition de délibération, vous l'aurez compris. Je dirai en conclusion que vos prédécesseurs ont rêvé de la ville du XXe siècle, la ville des années 1960 et 1970 qui s'adaptait à la voiture. Je constate, à regret, que vous en rêvez encore. Nous, nous sommes de plain-pied dans notre époque, nous rêvons de la ville du XXIe siècle et nous la ferons.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Bravo, Monsieur NAJDOVSKI, merci pour cette réponse. Je crois que c'est M. LEGARET pour 2 minutes qui reprend la parole.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Madame la Maire, mes chers collègues, effectivement tout est dit comme vient de le dire Christophe NAJDOVSKI. Nous sommes dans la recherche de la vérité, de la responsabilité et vous êtes dans le déni.

Vous nous dites que tout se passera bien, qu'il n'y aura aucun problème ; nous ne le croyons pas. Nous ne croyons pas à cette thèse de l'évaporation des voitures. Vous nous expliquez que lorsqu'on coupe un flux automobile les voitures disparaissent, nous ne croyons pas à cette proposition.

Comme l'ont rappelé Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET et Maud GATEL, la concertation n'a pas eu lieu, elle n'était absolument pas à l'échelle d'un tel projet. 422 personnes, Parisiens, se sont prononcés "pour". Jean-Bernard BROS nous a reproché tout à l'heure d'avoir oublié de noter les sans opinion. Cela ne changeait pas grand-chose au calcul du total, mais je veux bien qu?on rajoute les sans opinion.

422 Parisiens, où est la concertation avec les arrondissements concernés ? Où est la concertation avec les communes riveraines qui sont très directement impactées par le rallongement des temps de parcours ?

Madame la Maire, vous éditez ce journal diffusé très largement et qui s'appelle "àParis".

Je ne sais pas si vous avez été attentifs à la manière dont ce journal relate la concertation. C'est en haut de la page 12, je vais vous lire le paragraphe parce qu'il est assez court, mais cela vous donnera une parfaite démonstration du déni et de la contrevérité: "Les quais rive droite rendus aux piétons : après une large concertation, les Parisiens ont retenu le projet de piétonisation des quais bas de la rive droite".

Ce n'est pas le Conseil de Paris qui décide, ce n'est même pas la Maire de Paris, ce n'est pas le Préfet de police à qui revient la responsabilité, ce sont les Parisiens : 422. Voilà la relation qui en est faite dans le journal de propagande de la Mairie de Paris. Je vous laisse méditer sur la manière dont vous êtes attentifs au devoir de vérité.

Comme l'a rappelé également Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, nous sommes dans une période d'état d'urgence. Il y a malheureusement des risques et l'acheminement des véhicules de secours est une question qui nous préoccupe.

Enfin, vous aurez beau tourner la question sous toutes ses faces, il y a un cumul de très grands travaux ; et, cher Rémi FÉRAUD, si nous avons proposé cette date de l'été 2018, ce n'est pas tout à fait par hasard. C'est parce que l'été 2018 devrait coïncider, si tout va bien, avec la date d'achèvement de ces travaux. Nous faisons cette proposition de report. Nous demandons que la concertation soit faite. Nous demandons que des propositions d'itinéraires de délestage soient soigneusement étudiées. Nous demandons que le renforcement des transports en commun soit également proposé, y compris en utilisant au mieux le transport sur la Seine. Nous prenons date aujourd'hui avec cette proposition de délibération. Nous prenons nos responsabilités, prenez les vôtres.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous allons tous prendre nos responsabilités.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de délibération LR 1 avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ? Mes chers amis, cette proposition de délibération est rejetée. (2016, LR 1).

Mme LA MAIRE DE PARIS. - D'ailleurs, permettez-moi de vous dire que c'est la deuxième fois que ce Conseil se prononce pour, finalement, la poursuite de notre projet et contre la volonté de blocage de ce projet concernant les réaménagements des voies sur berges. Cela, je crois, fragilise votre position.

C'est dommage politiquement de vouloir absolument revenir faire un vote pour que ce vote redise une nouvelle fois ce que la majorité des élus issus de la majorité de ce que les Parisiens ont voulu il y a pile deux ans? Eh bien, vous avez la confirmation que vos arguments n'ont pas porté parce que vos arguments sont les mêmes que ceux qu'on avait entendus notamment pour la fermeture des quais sur la rive gauche, exactement les mêmes arguments. Il n'y a pas un argument différent.

A l'époque, c'est vrai que M. FILLON, Premier Ministre, avait bloqué le travail entre la Ville et la Préfecture. Cela nous avait obligés à attendre 2012 qu'un Premier Ministre accepte de considérer que les élus de Paris avaient un droit de regard sur leur ville.

Donc, aujourd'hui, dans un travail sérieux que nous avons engagé avec la Préfecture de police, tenant compte de l'ensemble des contraintes, bien évidemment, d'une ville qui doit continuer à avoir une mobilité et à fonctionner mais, en même temps, d'une ville qui doit résolument lutter contre la pollution, la décision que nous confirmons une fois de plus aujourd'hui, c'est la fidélité à nos engagements. Je le dis aux Parisiennes et aux Parisiens qui nous écoutent.

Oui, nous allons lutter contre la pollution atmosphérique. Non, je ne fais pas du sujet de la pollution, et notamment de la pollution aux particules liées au diesel, un non-sujet. J'estime que la santé des Parisiens est aujourd'hui véritablement en danger. Pour certains qui parlent encore de faire de la politique autrement, il s'agit tout simplement de faire de la politique, c'est d'exercer le pouvoir que nous ont donné les citoyens pour régler des problèmes. Je n'oublie pas qu'il y a deux ans, cette élection a eu lieu après des épisodes de pollution qui nous ont amenés à débattre notamment de la question de la circulation alternée. Je n'oublie pas que les Parisiens, il y a deux ans, ont voté en ayant en tête plusieurs mesures, plusieurs objectifs : l'objectif sans doute de mixité que nous portons, mais l'objectif de lutte contre la pollution que nous portons. Rien ne nous y fera renoncer, ni les volontés de retarder régulièrement, mais qui finalement permettent de confirmer qu'une majorité d'élus représentant les Parisiens est favorable à ces aménagements. Rien ne nous fera renoncer, dans la responsabilité qui est la nôtre, à faire passer la santé des Parisiens avant l'action de tout autre lobby. J'espère que nous nous retrouverons sur ce point. D'ailleurs, je veux vous dire en conclusion que lorsque la ville innove, c'est-à-dire quand elle redécouvre son fleuve, quand elle propose des modes de déplacement innovants, la ville est plus attractive parce que la ville s'inscrit dans ce mouvement mondial des grandes villes-monde qui est un mouvement dans lequel la lutte contre la pollution, la respiration, retrouver des espaces pour qu?on puisse se rencontrer, se promener, respirer, est l'objectif n° 1. Paris n'est pas une ville qu'on doit traverser comme une autoroute. Paris est une ville dans laquelle on vit et les Parisiens ont droit à la qualité de vie. Paris est une ville qui se soucie de sa mobilité, mais dans la modernité de ce que signifie aujourd'hui la mobilité dans les grandes villes-monde. Donc, mes chers collègues, merci d'avoir rejeté cette proposition de délibération qui nous aurait fait reculer d'un siècle. Merci à vous. Vous souhaitez prendre la parole, Madame la Présidente, je vous donne la parole.

Mme Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET. - Oui, merci.

C'est pour un rappel au règlement sur la base de l'article 15. L'article 15 rappelle que sur un certain nombre de sujets, le Représentant du Préfet de police doit être amené - ou alors c'est dans un autre article - à pouvoir nous répondre.

Or, le problème que je viens de soulever relève clairement de la Préfecture de police. Nous avons la chance d'avoir un Représentant du Préfet de police. Est-il possible qu'il puisse répondre notamment aux problèmes de sécurité que nous avons mis en avant ?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Le Préfet de police, sans même faire référence au règlement intérieur, peut parler dès qu'il le souhaite. Il va donc vous dire l'expertise qui est la sienne et d'ailleurs, une expertise bien plus fiable en matière de sécurité.

Monsieur le Représentant du Préfet de police, vous avez la parole avec plaisir.

Si, c'est à moi de donner la parole. Il se trouve, Monsieur LELLOUCHE, que je suis Maire de Paris, et que c'est moi qui dirige cette Assemblée et qui en assure la police, voyez-vous ! En tant qu'autorité assurant la police, je donne la parole à la police. Monsieur le Représentant du Préfet de police, vous avez la parole.

M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - Madame la Maire, de toute façon, j'ai des parents qui m'ont appris, avant de m'exprimer, à solliciter la parole et donc, à vous demander la parole pour intervenir quand besoin il y a. Simplement, je dirais ici devant votre Assemblée ce que le Préfet de police a déjà fait savoir, y compris à certains élus qu'il a reçus en audience, à savoir que, lui, assumera l'ensemble de ses responsabilités dans les domaines qui sont les siens évidemment, à savoir les problématiques de circulation en toute circonstance, à toute heure du jour et de la nuit, des véhicules de secours et des véhicules de police. De rappeler le calendrier. Vous l'avez fait sur un certain nombre d'aspects, de dire qu'en septembre dernier, Mme la Maire et M. le Préfet de police ont convenu de cette étude d'impact qui prenait en compte l'ensemble des projets d'aménagement sur la Ville de Paris. Cette étude, qui bien évidemment a nécessité quelque temps nécessaire à l'élaboration des différents scénarios, a été remise la semaine dernière officiellement par la Maire de Paris à M. le Préfet. Sur cette base, le Préfet de police a saisi durant le week-end l'ensemble des services opérationnels qui lui sont rattachés de manière à pouvoir objectiver, sur la base des études fournies, la réalité des impacts sur les aspects de circulation et sur les seuls aspects de circulation des véhicules d'urgence et de police. Laissons maintenant à ces services saisis le soin de travailler sereinement pour pouvoir apprécier les différents aspects. Il est évident qu'au-delà des grands chantiers, dans le cadre du programme de l'Exécutif seront pris en compte les grands chantiers liés à des travaux de voirie ou autres qui sont nécessaires, puisqu?on a parlé de Climespace par exemple. Tous ces aspects seront pris en compte et les services opérationnels devront rendre leur copie pour la fin du mois d'avril et c'est sur cette base que le Préfet de police pourra objectivement travailler sur la décision qu'il rendra par rapport à ce projet de fermeture de circulation sur les voies sur berge. Je n'en dirai pas plus puisque c'est ce qu'il vous a dit. C?est ce qu'il a entrepris immédiatement après avoir était saisi, dans le calendrier qui avait été initialement arrêté.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur le Représentant du Préfet de police. Je dois dire ici que le travail est fécond et fructueux et se fait en toute confiance. En tous les cas, ce qui est intéressant c'est qu'au moins on peut travailler. Il n'y a pas d'interdiction de travailler entre la Préfecture de police et la Ville de Paris, ce qui nous change par rapport aux voies sur berge rive gauche.

Madame la Présidente, vous souhaitez à nouveau la parole ?

Mme Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET. - Mais oui. Merci, Monsieur le Préfet, pour votre réponse. Le Préfet de police, lorsqu?il nous avait reçus, s'était engagé à nous transmettre sans délai l'étude d'impact. Serait-il possible après ce délai d'une semaine d'en avoir bien communication ?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Madame la Présidente, tous les documents seront remis dès qu?ils seront communicables. Nous les avons transmis pour expertise. Il va y avoir expertise et travail conjoint, d'ailleurs qui a déjà commencé, avec la Préfecture de police, et sachez que comme nous pratiquons l'"open data", nous le pratiquerons aussi sur ce document-là.